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 Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]

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Amon Sørensen


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MessageSujet: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Ven 13 Jan - 17:46



Christmas For Two
ft. Sélène Mortiak


Six ans... Six ans que j'étais à Los Angeles... Et avec l'aide de Timmy Evans, j'étais maintenant diplômé en droit, ce qui me faisait une belle jambe étant donné que jamais je n'aurais été capable de plaider en tant qu'avocat dans une court ou quelque chose du genre. Et pourtant, c'était bien dans ce but (ainsi que celui de me défendre moi-même le jour où je retournerais au Danemark), que mon père, Lars, m'avait payé ces études, ainsi que le loft que j'occupais...

Pourtant, un travail, j'en avais un, depuis quelque mois. Mais plutôt que d'utiliser les capacités que j'avais acquises pour m'en sortir, je m'en servais pour me venger des médias qui, au Danemark, m'avaient fait passé pour un monstre quand j'avais juste sauvé une jeune fille de mon école d'un viol... C'était mon tour maintenant et L.A.People ainsi que les gens de L.A. qui lisaient ce genre de torchon m'adoraient/haïssaient déjà.

Aujourd'hui, c'était Noël et à l'heure qu'il était, la plupart des gens se réunissaient avec leurs familles et leurs amis autour d'une table trop pleine de victuailles en tout genre...

Moi, j'étais tout seul comme un con, assis sur un banc en bois de la salle de sport vide... J'avais acheté un paquet de clopes pour l'occasion et en avait allumé une. Je fumais pas, j'avais bien tiré une ou deux fois sur une cigarette à l'école quand j'avais quelque chose comme 12 ans, mais c'était dégueulasse.

Ça l'était encore aujourd'hui... Mais rien à foutre.

J'avais des raisons de tirer la gueule et de toute façon, personne était là pour le voir. Donc, j'emmerdais personne.

En short et en t-shirt alors que ça pelait de froid dans la salle, en train de fumer alors que je ne fumais pas, j'avais aussi la tronche complètement démolie par un match illégal que j'avais perdu hier. Et je l'avais perdu parce que je ne m'étais pas battu. Je m'étais juste laissé faire. Tout comme je laissais maintenant la fumée me niquer les poumons et le froid me rendre malade. De même que le sang gouttai par terre, depuis mes poings que j'avais laissés s'ouvrir après une heure à frapper sur ce foutu sac juste devant moi, sans aucune protection.

Il faisait noir dans la salle parce que je n'avais pas non plus allumer les lumières. J'avais pris trop de coups sur la tête hier et la luminosité avait tendance à me faire mal au crâne et aux yeux.

Mais au moins, je sentais autre chose que ce qui me tuait vraiment : la colère et la tristesse.

J'étais sensé être au loft, avec Freyia qui avait promis de venir à L.A pour Noël. Depuis des mois, on ne parlait que de ça.

Et hier, Freyia avait téléphoné, juste avant que je ne parte de chez moi pour le match, avec ce tremblement dans la voix qui signifiait qu'elle était sur le point de pleurer mais trop fière pour le faire vraiment. Lars avait organisé un gala pour Noël et vu que le seul foutu héritier était en exil, elle se devait d'être présente à cette cérémonie ennuyeuse afin que tous s'extasient sur sa beauté et que tout le monde oublie que son frère n'était qu'un assassin.

Elle avait ordre de ne jamais, durant toute la soirée, prononcer mon nom ou parler de moi. J'étais une tache qu'il fallait camoufler jusqu'à ce que mon nom soit blanchi.

C'était pour ça que j'avais choisi la salle de sport pour passer Noël. Ça ou un loft pratiquement vide, de toute façon... Au moins, ici, je pouvais encore frapper sur un sac en pensant que c'était Lars.

Perdu dans mes pensées, j'avais tiré trop fort sur ma cigarette et je fus pris d'une quinte de toux.

@ Billy Lighter











AMON
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Sélène Mortiak


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Ven 13 Jan - 20:50



Christmas For Two
ft. Amon Sørensen


"14... 15... 16... Ha non, 17!"

Allongée sur mon matelas, lui-même posé sur le sol, je fixais mon plafond et comptais les fissures qui zébraient la peinture. Les mains jointent sur mon ventre, j'essayais de ralentir ma respiration tout en pensant à autre chose. Un exercice que me recommandait Amon pour garder le contrôle lors de mes séances d'entraînement.
Il y a deux semaines, j'ai littéralement pété un câble sur lui, m'énervant pour tout et rien, frustrée de la journée merdique que j'avais passé. Évidemment, il avait retourné ma colère contre moi et si lui m'avait causé plusieurs bleus un peu partout, moi en revanche je n'ai réussi qu'a le toucher trois ou quatre fois. Je ne lui ai jamais dis, mais en rentrant chez moi au soir, j'ai saigné du nez, et un énorme bleu sur les côtes me fait encore souffrir quand je gonfle trop la poitrine.

C'est le jour de Noël. La population de L.A. n'est pas bien différente des Français. Réunion de famille, au coin du feu, avec un magnifique buffet bien chaud et un joli sapin décoré pour égayer la pièce. Une montagne de cadeaux pour les enfants, emballés avec du papier différent et agrémentés d'un petit nom, tous placés au pied du même sapin. Tout le monde sera heureux, joyeux et en pleine forme pour chanter, danser et faire les fous jusque tard le soir.

Et il y a moi, sur un matelas vieux comme le monde, qui se fait clairement chier. Joyeux Noël, mon cul. J'en ai marre d'entendre les chants de fêtes au magasin, de voir les gens acheter des bonnets de Père Noël pour leur chien, avec cette même phrase au bout des lèvres: "Passez un joyeux Noël, mademoiselle, et joyeuses fêtes." Je ne leur souris même pas en retour, tellement cela ne représente rien pour moi. Avec qui je passerais mon Noël, d'abord? Mon reflet? Et je m'offre un cadeau à moi-même aussi, tant que j'y suis?

Décembre, c'est vraiment le mois où je suis constamment en colère. Je râle, je boude, je fais ma rebelle. D'ailleurs, je me suis coupé les cheveux court pour bien montré que moi, ben je fais n'importe quoi. Crise d’adolescence à 20 ans, mais sans les parents.
La dernière séance d'entraînement avec Amon remonte à quelques jours, et depuis j'avais bossé tout les jours, sans l'opportunité d'aller à la salle me défouler seule. J'imagine qu'il est tranquillement installé dans son loft de riche, avec un fauteuil aussi confort que son lit double, avec sa famille (sait-on jamais) ou alors avec sa petite copine toute jolie qui va lui offrir un cadeau bien particulier.

J'inspirais profondément, fermant les yeux. Tais-toi Sélène, t'es juste jalouse. Je profitais du silence pour me concentrer sur mon pouls, mais c'était sans compter sur mes voisins qui rentraient de leur sortie, accompagné par toute la clique, vu le bruit. Les enfants crient, les vieux jacassent et les mères s'énervent. Je restais focalisée sur mon propre souffle, mais au plus le temps passe, au plus je suis énervée de tout ce boucan! J'ai attendu trop longtemps pour aller m'entrainer, si je n'y vais pas maintenant, je vais tout casser chez mes voisins!

Je me levais d'un bond, pressée tout à coup, attrapant mon sac de sport au passage et dévalant les escaliers comme si j'avais le diable au trousse. Je déboulais dans la salle, me dirigeant directement vers notre zone fétiche d'entrainement à Amon et moi, sans me soucier de l'obscurité qui régnait dans la pièce. Mais je ralentis, sentant une odeur de cigarette. Je parcourais la salle, plissant les yeux, jusqu’à ce que je vis une faible lumière rouge s'allumer près du mur, suivie par une quinte de toux. Je pressais le pas dans la direction du crétin qui ose fumer ici, prête à lui en mettre une, allumant les lumières grâce à un des nombreux interrupteurs dispatchés partout.

Qu'elle fut ma surprise quand je vis Amon, une cigarette à la main, le visage tuméfié et les mains en sang. Sans même réfléchir, je frappais sa main avec la mienne pour qu'il lâche cette merde, l'écrasant ensuite avec mon pied pour y mettre fin.

" Toi aussi tu veux mourir d'un cancer? Comme ma mère? Idiot, j'ai pas envie de compter une deuxième personne dans ma liste des personnes disparues inutilement!"

Je lui criais vraiment dessus, car la cigarette est intimement liée au cancer dans mon esprit, ce qui me ramène à la mort de ma mère, même si ce n'est pas à cause du tabac qu'elle est partie. Il n'a pas le droit de disparaître, il est le seul qu'il me reste.

" Et ton visage, tes mains? Tu t'entraîne sans moi maintenant?"

Voila, je piquais encore ma crise, déversant tout sur lui. Ce n'est pas la première fois que je le retrouve avec des hématomes et des coupures qui n'ont pas été causés par nos entraînements. Je n'ai jamais rien dis, attendant qu'il vienne de lui même me dire d'où il tient ça, mais Amon et une phrase complète, c'est trop demander. Cette fois, je veux savoir!

@ Billy Lighter


"C'est la métamorphose.
Un matin on se lève et on comprend que dans le silence et la discrétion,
on est devenu quelqu'un d'autre"
- Virginie Despentes -


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Amon Sørensen


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Mar 17 Jan - 16:57



Christmas For Two
ft. Sélène Mortiak


J'arrivais presque à me calmer, lentement mais sûrement. Frapper pendant une heure m'avait fatigué et la douleur lancinante dans mon visage et mes mains, sans compter mes poumons qui protestaient, commençaient à attirer toute mon attention.

Et c'était pas plus mal. Encore une heure à attendre d'être bien redescendu dans les tours et je rentrerai pour essayer de dormir un peu.

Mais ce fut sans compter sur un intrus que je n'entendis pas venir parce que les battements de mon propre cœur résonnaient dans ma tête et mes tympans, me donnant pratiquement la nausée, à moins que ça aussi, ce ne soit à cause de la clope... Il fallut que celui-ci, ou plutôt celle-ci, frappe sur ma main, faisant tomber ma cigarette à terre, pour que je me rende compte de sa présence.

Mais le pire, ce fut quand Sélène se mit à crier. La dernière chose dont j'avais besoin avec ma tête comme une foutue pastèque et mes nerfs à vif. Ma réaction fut donc rapide et à la hauteur de la douleur qui me vrillait le cerveau. Je me levai d'un bond et, l'attrapant par les épaules, la plaquai violemment contre le sac qui avait subit ma colère un peu plus tôt.

Je sifflai alors entre mes dents, mes yeux, gonflés à cause des coups, furibonds.

-Si je veux qu'on me traite comme un ado attardé, j'ai qu'à prendre l'avion.

Lars s'en chargerait avec brio. Sauf qu'il avait même pas spécialement envie que je revienne. Enfin si, mais pas maintenant. C'était pas le moment, qu'il disait.

Mes paupières battaient trop vite parce que je n'arrivais pas à stabiliser mon regard sans être pris d'une migraine et en plus, le coup de sang que venait de provoquer Sélène ne faisait vraiment rien pour arranger le bordel.

Et je la maintenais, je ne la laissais pas aller. Limite, je l'écrasais encore plus fort contre le sac qui, heureusement pour elle, penchait de plus en plus quand j'appuyais. C'était mon problème : la violence entraînait la violence. Et la dernière fois qu'un type m'avait mis hors de mes gonds, il l'avait pas raconté. Résultat, j'étais tout seul aujourd'hui donc, quelque part, je ne pouvais m'en vouloir qu'à moi-même.

Il me fallut quelques secondes pour réaliser qui j'avais devant moi. Et que Sélène n'en pouvait rien dans cette histoire de Noël foiré... Qu'au contraire, elle était peut-être la seule qui pourrait changer la donne ce soir.

Alors j'avais repris le contrôle. Mais je ne l'avais pas lâchée. Ses questions, j'y avais pas répondu, parce que je les avais pas vraiment assimilées. Tout ce qui m'avait fait réagir, c'était le fait qu'elle avait crié et que ça m'avait fait mal.

-Frappe.

Un seul coup. Dans l'état où j'étais, si elle osait me mettre un seul coup, même main ouverte, elle se déferait de mon emprise. Devant son hésitation, je la cognai à nouveau un coup dos contre le sac avant de reprendre sur un ton plus autoritaire :

-Allez, défends-toi!

Allez, sors de là!

Le même ton autoritaire, une voix presque semblable bien que légèrement plus grave que la mienne. C'est celle de Lars et moi, je suis haut comme trois pommes. J'ai quoi ? Quatre ans ? Cinq, peut-être. Je sais plus. C'était avant que maman meure et je crois qu'on l'a laissée à la maison avec la toute petite Freiya.

La neige monte bien plus haut que moi. Et j'étais content au début, parce que c'était rare quand je passais une journée avec mon père.

Mais là, je suis coincé dans une congère. C'est Lars qui m'y a jeté. Et derrière le rideau flou de mes larmes brûlantes, je le vois qui me regarde en croisant les bras. Il attend. Il attend de voir si je vais y arriver, si je vais seulement essayer, ou si je vais continuer à chialer pour « retourner dans les jupes de ma mère »... J'ai froid et j'ai peur. J'ai peur qu'il me laisse là si je continue à pleurer. Parce que je suis sûr que c'est ce qu'il va faire.

Alors j'arrête de pleurer et j'essaye de grimper mais ça glisse et mes gants de laine sont tout mouillés.

Lars a pas bougé. Jusqu'à ce que j'y arrive. Et je l'ai fait. Juste pour voir cette étincelle de fierté briller dans ses yeux. Et aussi pour ne pas qu'il m'abandonne là.

Aujourd'hui, alors que le sang qui dégoulinait de mes poings maculait le haut de la jeune femme,  c'était au tour de Sélène. Je faisais exactement la même chose.

@ Billy Lighter











AMON
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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Mar 17 Jan - 22:07



Christmas For Two
ft. Amon Sørensen


Je m'attendais à une baffe, un coup de poing, ou une engueulade pire que la mienne. Mais je ne m'attendais pas à ce qu'il se jette sur moi, m'empoignant fort les bras pour me pousser contre le sac de cuir. Il me hurla dessus, et sous la surprise je n'entendis même pas sa phrase comportant plus de mots pour une fois. Ado, avion?
Je voulait me libérer, mais sa poigne est trop forte, je pouvais déjà sentir les bleus en plus que j'aurais à compter demain. Le cuir du sac frottait contre mon dos, me brulant sous l'effet de glisse. Car Amon ne lâche pas l'affaire, il continu de me pousser, comme s'il voulait que je disparaisse dans le décor.

La douleur, aux bras et au dos, me fit froncer les sourcils et pincer les lèvres, mais je tentais tant bien que mal de cacher ça, comme d'habitude. Je ne veut pas lui montrer qu'il est plus fort que moi, qu'il arrive à me faire mal. Non, jamais.

Je le regarde dans les yeux, ses yeux gonflés, avec un coquard et des égratignures profondes. Son visage plus bleu que blanc, ses cheveux en bataille et ses mains en sang. Il clignait des yeux comme s'il venait de se réveiller et que d'un coup on allume une lampe juste devant son nez. Il semblait perdu, totalement ailleurs, et pendant un instant je cru que sa cigarette n'en était pas une, mais quelque chose de pire encore. Je l'observais, me rendant compte qu'il était affreux à voir, mais que moi je le trouvais beau malgré tout.

Je serrais les dents, mes doigts étaient engourdis par la pression qu'il exerçait sur mes bras. Je commençais à perdre le contrôle de mon visage, et surtout de mes yeux qui bientôt laisseront couler un peu de ce liquide que je me tue à garder à l’intérieur depuis bien longtemps. Hors de question qu'Amon voit ça, il se moquerait ou pire, me traiterait de faible. Il prononça un mot, un seul, et cela me décentra de mon corps un instant.

Encore un ordre. Il ne pense qu'a me donner des ordres. Il ne voit même pas ce qu'il me fait là? Rien à foutre ce que j'ai bien pu lui poser comme question, lui ne pense qu'a prononcer ce mot! Un jour, je marquerais son corps avec ces 6 lettres, et c'est avec mon poing que je le ferais. En attendant, j'ai pas l'intention d'obéir. Je restais donc muette, lui jetant un regard assassin. Mais il m'attira à lui pour plus facilement me cogner contre le sac, m'arrachant un léger gémissement de douleur.

-Allez, défends-toi!


Allez, fermes-là!

Je les entendais. Les mots que mon père ne cessait de balancer à ma mère, quand sans défense elle se tenait devant lui. Dos au mur, acculée, seule et faible. Je revois encore clairement cette image dans ma tête, même qu'elle vient me hanter certaines nuits. Lui, hurlant des insultes, poussant ma mère encore plus contre le mur, encore plus dans l'abîme de souffrance qu'il lui fait subir. Et moi, planquée derrière un meuble, a peine âgée de cinq ou six ans, sortie du lit car réveillée par une envie de boire.

Je me tenais maintenant à la place de ma mère, et l'homme qui se trouvait devant moi était le salaud qui cracha sur la vie qu'il avait avec nous avant de partir avec une pute pour batifoler et détruire d'autres vies. Ma mère n'avait rien fait, aucune réaction. Pas cette fois.

Assez proche de lui, je reculais ma tête pour lui lancer un coup de boule violent et rapide en pleine gueule, fermant les yeux en même temps, sentant la douleur irradier mon crâne et liquéfier mon cerveau. Il me lâcha, et sans soutient, je me retrouvais à genoux par terre, haletante. Je n'arrivais plus à ouvrir les yeux, la bouche pâteuse, la langue noyée sous le gout métallique du sang qui s’infiltrait entre mes lèvres ouvertes. Pas besoin d'être un génie pour deviner que mon front doit être aussi joli que la tronche d'Amon.

@ Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Ven 20 Jan - 15:30



Christmas For Two
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Elle allait chialer. J'étais sûr qu'elle allait chialer alors que c'était elle qui avait commencé par crier. Elle m'aurait approché en étant calme, en me parlant d'une voix douce (et accessoirement ferme si on voulait), que je n'aurais probablement pas réagit comme ça. Mais elle avait crié, ça m'avait vrillé mes neurones fatigués et son agressivité avait réveillé la colère que je couvais depuis hier sans arriver à l'évacuer, quoi que je puisse faire.

Et si elle chialait, ça allait chier encore plus.

Mais les larmes ne coulèrent pas, restant en équilibre au bord de ses yeux alors que son beau visage, qui avait cillé un instant, ne tremblait plus. Au contraire, son regard changea quand je lui ordonnai de frapper, de se défendre, pour devenir assassin. Je provoquais sa haine comme je la provoquais celle des gens dans chaque article que j'écrivais. Parce que je ne méritais que ça. J'étais nul comme héritier et en affaires, j'étais nul comme grand frère, j'avais été nul à l'école, j'étais même pas foutu de retenir ma gauche de ma droite et de lire l'heure correctement ou d'écrire un article sans fautes!

Tout ce à quoi j'étais bon, c'était frapper et encore, je frappais trop fort ! Alors tout ce que je méritais, c'était que les gens me voient comme ce que j'étais : un bon à rien, un gars violent avec trop peu de neurones que pour faire autre chose que d'alimenter la méchanceté des gens par des articles aussi faux que diffamatoires.

Je voulais qu'elle me donne ce que je méritais. Qu'elle me donne le coup de grâce.

Et c'est ce qu'elle fit, profitant de la proximité de ma tête avec la sienne pour m'envoyer un coup de boule bien placé. Je la lâchai instantanément, reculant de deux pas, mes mains couvrant mon visage et mon nez qui pissait le sang...

Deux pas encore, incertains, déséquilibrés.

Avant de m'étaler en arrière sur le béton nu du sol de la salle de sport, inconscient, faisant basculer le banc sur lequel j'étais assis encore quelques secondes plus tôt.

Victoire de Sélène par K.O.

Mon blackout ne dura que quelques secondes avant que je ne revienne à moi. Sélène m'avait fait un recalibrage forcé et je ne savais plus où j'étais ni ce que je foutais là. La colère avait disparu puisque j'étais temporairement perdu.

Et c'était peut-être ça plus qu'autre chose, que j'avais cherché en provoquant la jeune rouquine : le coup de grâce, recommencer à zéro.

Ce fut la douleur dans tout mon visage qui revint en premier, avant même que je ne me rappelle de la présence de ma partenaire d'entraînement ou du jour qu'on était et de pourquoi j'étais en rogne.

Je portai mes mains à ma figure, fermant fort les yeux en sentant mon cœur battre la chamade dans mon cerveau. Si j'avais pas une commotion avant ça... Ben je devais en avoir une belle maintenant...

-Oh puuuutain...

Je sentis le liquide poisseux et chaud qui coulait de mon nez et passai mon avant-bras dessus, toujours allongé sur le sol froid. Quand j'ouvris les yeux, d'énormes taches noires dansaient dans mon champs de vision. Je fronçai les sourcils et aperçus enfin, plus ou moins, Sélène dans mon champs de vision, penchée au dessus de moi.

-Salut. S'est passé quoi ?

Puis, voyant malgré l'obscurité qu'elle avait une grosse tache au milieu du front qui n'était pas de celles qui se baladaient joyeusement devant mes yeux, je tendis doucement la main pour écarter ses cheveux.

-Qu'est-ce t'as fait à ton front?

@ Billy Lighter











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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Ven 20 Jan - 18:07



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Tout était noir, je voyais des tâches jaunes et vertes passer en flottant, avant de disparaître. Mon crâne bourdonnait comme un avion, peut-être même plus, et mes cheveux collaient à mon front. Sur les genoux, je passais sur les fesses, position plus confortable. Je basculais la tête en arrière, comme si j'attendais qu'un ange descende du plafond pour m'enlever mon cerveau tout bousillé. Je respirais fort, attendant que mes yeux se remettent du coup de tête que j'avais donné à Amon.

Bordel, mais comment on est arrivé là encore? Ha oui, je lui avait gueulé dessus pour une cigarette, et il m'avait empoigné pour le tapage que j'avais causer. Excusez-moi, monsieur, de penser à votre santé! Quand ma vue revint, je baissais mon regard sur mon débardeur, plein de sang, celui d'Amon et le mien se confondant sur le blanc du tissu. Il me semblait avoir entendu un bruit de chute, du bois qui tombe, ou quelque chose dans le style. Je portais ma main à mon front, la recouvrant de sang par conséquence, avant de voir dans mon champ de vision le corps étendu de mon prof un peu plus loin.

Il ne bougeait pas, il ne râlait pas, c'était mauvais signe. Prise de panique, je sautais presque en avant pour le rejoindre, évitant de peu de tomber dans les pommes. J'observais son visage, son nez saignait fort, lui aussi avait du sang partout.

"Amon? ... AMON?... Putain, mais réponds!!" criais-je en le secouant de plus en plus.

Merde, me dis pas que je l'ai tué?!

J'arrêtais de respirer. J'arrêtais de bouger. Je le voyais étendu dans un cadre en bois, vêtu d'un smoking noir, entouré de fleurs blanches, le visage pâle et dénué de vie. Mon coeur cessa de battre, enfin je crois, car quand Amon fronça les sourcils et mouva son visage en une grimace de douleur, il cogna si fort dans ma poitrine comme jamais auparavant.

Étendu au sol, il siffla un juron entre ses dents, passant ses mains sur son visage. Il ouvrit les yeux, semblait toujours aussi perdu qu'il n'y a même pas 5 minutes, et quand il fixa son regard sur moi, je restais muette. Il m'avait posé une question, mais je n'arrivais pas à me souvenir des mots que j'aurais pu utiliser pour lui répondre. La vue devait lui revenir, car il tendit une main vers mon front pour en écarter les cheveux imbibés de sang. Le simple contact de sa peau sur la mienne me provoqua une décharge, comme un défibrillateur chargé à pleine puissance, réactivant les fonctions de mon corps.

-Qu'est-ce t'as fait à ton front?


J'inspirais bruyamment, soulagée, m'affalant sur lui comme un sac de patates, entourant son cou de mes bras et collant mon visage rouge au sien. J'ai eu tellement peur!

Je restais là, allongée sur lui, lui causant sûrement des douleurs supplémentaires, mais j'étais incapable de bouger, mon cerveau est resté trop longtemps sans oxygène. Je sentais le torse d'Amon se gonfler sous ma poitrine, confirmant qu'il était bien vivant. Relevant la tête après quelques secondes, ou peut-être minutes, appuyée sur mes bras, je plongeais mon regard dans le sien, laissant une larme couler sur ma joue. Je la sentais avancer, petite ligne fraîche sur mon visage brûlant, avant qu'elle ne vienne s'écraser sur la sienne, devenant rouge.

" Me refait jamais ça."

J'avais parlé doucement cette fois, murmurant presque mes mots, pour ne pas le voir se remettre en colère. C'était moi qui avait obligé nos têtes à avoir un contact rapproché violent, rapide et bref, mais je lui en voulait de m'avoir fait flipper ainsi, de s'être énervé juste avant, de m'avoir fait mal encore une fois. Mais le voir avec son regard perdu, sonné par le choc, j'oubliais vite fait tout ça. Léchant le sang qui recouvrait mes lèvres, je passais une main dans mes cheveux pour les ramener en arrière. Ceci fait, je déposais ma main poisseuse sur le torse d'Amon, et tourna le regard vers le bleu qui commençait à apparaître sur mon bras, là où il avait serré ses mains. Bientôt, je deviendrais aussi bleu que lui.

Je réalisais que j'étais encore couchée sur lui, mes mains se baladant sur sa poitrine, mes jambes entre les siennes. Je fis de grands yeux, avant de vite me relever et de m'assoir plus loin, lui tournant le dos, gênée, honteuse, encore plus rouge que rouge. En deux ans, je n'avais encore jamais été aussi proche de lui...

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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Sam 21 Jan - 14:06



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Ma vue revenait, mes souvenirs aussi. Je m'étais énervé et j'avais bousculé Sélène comme je n'aurais jamais du le faire. Je savais faire la différence entre faire mal en s'entraînant sainement, ce qui pouvait arriver, et faire mal pour faire mal. La colère et la douleur m'avaient amené à faire mal à la jeune femme, simplement parce qu'elle avait élevé la voix, simplement parce que j'avais répondu à l'agressivité par une agressivité encore plus grande.

La réponse à ma question sur ce qui était arrivé à son front légèrement ouvert, je la trouvai moi-même dans les souvenirs immédiats qui m'assaillaient. Mais mon corps avait subit trop de dégâts pour pouvoir redémarrer au quart de tour, pour me remettre en colère. D'autant que Sélène m'avait bien remis à ma place et en un seul coup.

Au lieu de me répondre, elle avait repris une grande inspiration avant de s'affaler sur moi, me coupant presque le souffle. Mais quand elle fut allongée sur mon torse, mon premier réflexe fut de passer ma main dans son dos, juste à la base de sa nuque, comme pour me faire pardonner cette violence qui faisait partie de moi et aussi pour la rassurer, lui montrer que c'était bel et bien fini. Mon corps endolori et fatigué ne me laissant de toute façon pas d'autre choix.

J'en revenais donc à beaucoup plus de douceur, la gardant contre moi je ne savais pas combien de temps... Je me contentais de respirer calmement, essayant de calmer les battements de mon cœur dans mon crâne, et le contact avec la rouquine aidait un peu... ou c'était juste psychologique. Je m'en foutais, le résultat était là : elle avait calmé ma colère et maintenant, j'étais dans de meilleures dispositions pour un peu d'affection... L'affection que ma sœur avait été sensée m'amener jusque chez moi, mais mon père l'en avait empêchée.

Et malgré la douleur et les coups que j'avais pris, je me rendais compte que j'étais con... Que j'avais voulu quelque chose d'inaccessible alors que, juste à deux pas de chez moi, Sélène était probablement aussi seul que moi ce soir.

Ma main caressait sa nuque alors que ces idées prenaient vaguement forme dans mon cerveau déboussolé. Ma vue était presque redevenue normale quand Sélène se redressa pour me regarder, une larme coulant le long de sa joue couverte de sang dont je ne savais pas s'il venait de moi, d'elle ou des deux.

Elle m'ordonna de ne jamais refaire ça et je secouai la tête, écrasant la larme de Sélène qui avait atterri sur mon visage du dos de ma main.

-Ok... Ok... Je voulais pas te faire mal... Ni te faire peur.

Mais je l'avais fait quand même. C'était trop tard et mes excuses n'effaceraient pas ce qui venait de se passer. J'avais attaqué quelqu'un qui n'en pouvait rien si j'étais en rogne... Quelqu'un que j'appréciais particulièrement, qui plus était.

Mon cœur accéléra le rythme quand elle posa sa main sur mon torse, souillant encore un peu plus mon t-shirt déjà irrécupérable. Je levai ma main... Avant de la laisser retomber au sol. J'avais voulu la poser sur la sienne... Mais ce n'était pas correct. Pourquoi ? J'en savais rien. Ça ne l'était juste pas. Je ne voulais pas qu'elle se fasse des idées... Et je voulais encore moins m'en faire moi.

J'avais alors suivi le regard de la jeune femme et vis, même dans l'obscurité et même avec les tâches noires résiduelles qui dansaient encore devant mes yeux, qu'elle allait avoir un hématome qui allait la forcer à porter des longues manches pendant des semaines. Je fis la grimace. Bizarrement, j'avais plus mal pour elle que pour moi, même si je savais d'avance que jamais elle n'allait se plaindre, cette petite dure à cuir.

Puis, brusquement, elle se leva et me tourna le dos, sans que je réalise réellement pourquoi ce brusque changement de situation. Et quand sa chaleur me quitta, je frissonnai de froid, prenant soudain conscience combien le béton sous mon dos était froid.

Je pris alors le temps de me redresser en position assise... Mon nez semblait avoir fini de saigner, ce qui n'était pas plus mal. J'étais encore plus arrangé maintenant que quelque minutes auparavant et pourtant, c'était déjà pas mal.

Je frottai mes yeux, ma tête continuait à cogner.

-Je ne savais pas que tu étais seule aussi ce soir.

Je haussai les épaules, levant mon visage vers elle, les sourcils froncés pour essayer que mon regard soit plus ou moins fixe.

-J'aurais du t'appeler...

Ouais... Dès que j'avais su pour Freiya, plutôt que de tout faire pour en prendre plein la gueule, j'aurais du appeler Sélène. Peut-être même lui raconter l'histoire et ne pas enfouir ça et le garder pour moi tout seul.

L'histoire aurait alors été toute différente.

Je lui fis signe de la main.

-Reviens ici.

Je ne pouvais pas la suivre du regard en train de faire les cent pas. Je souris vaguement. Enfin, autant que mon visage tuméfié me le permettait.

-Tu me files le mal de mer.

@ Billy Lighter











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Sélène Mortiak


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Dim 22 Jan - 14:30



Christmas For Two
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Tandis que je me remettais de mes émotions, allongée sur lui, il me caressait la nuque comme s'il voulait me bercer, me réconforter. Et ça marchait, car si la douleur irradiant de mon front ne manifestait pas sa présence, je me serais assoupie dans cette position. Je sentais mes muscles du dos se détendre, ma respiration ralentir, les battements de mon cœur devenir presque imperceptibles. Amon aussi tentait de retrouver ses esprits, car il ne dit rien, ne bougeait pas. Je relevais la tête, et sans contrôler mes mots, je lui avait demandé de ne jamais me refaire un telle frayeur.

-Ok... Ok... Je voulais pas te faire mal... Ni te faire peur.

Je le savais sincère, mais il m'avait tout de même fait mal, autant physiquement que psychologiquement. Les bleus, je m'en fou, mais la crainte de l'avoir cru mort, elle, restait encore présente, en sourdine, dans un coin de ma tête. Je n'avais pas répondu, ne sachant pas quoi dire. Que je lui en voulais de m'avoir fait mal? Qu'il n'aurait pas du s'en prendre à moi? Que je me sentais mise à l'écart, à chaque fois que je le vois avec des bleus que je ne lui ai pas causés? Que j'étais jalouse?

Le secouais la tête, mon cerveau balancé de part et d'autre de ma boîte crânienne, se transformant en un milk-shake peu appétissant. En passant ma main dans mes cheveux, je sentais mon cœur battre dans ma tête devenue énorme et brulante. Ma vue se brouilla un moment, un sifflement retentit dans mes oreilles, et ma tête partie sur le côté. Je ne me rendis pas compte où ma main atterrissait, mais mon bras endolori se retrouva juste sous mon nez, arborant une couleur peu naturelle qui n'envisageait rien de bien sympathique.

Amon aussi l'avait vu, et quand nos regards se croisèrent, je me rendis compte que nous étions très proche l'un de l'autre. Je pouvais sentir son souffle sur ma joue, mes lèvres. La couleur de ses yeux m'apparaissait clairement, je la trouvais magnifique, me laissant la contempler beaucoup trop longtemps. Le sang présent sur mon visage devait cacher le rouge qui me montait au visage, mais pour ne pas qu'il le voit aussi, je me relevais brusquement, m'écartant comme s'il m'avait brûlé.

Il en profita pour s'assoir, débarrassé de mon poids gênant. Il porta ses mains à son visage, son nez avait cessé de couler, mais il aura mal aux yeux et à la tête encore quelques jours. Je me pinçais les lèvres, amusée par l'exploit que j'avais accompli en lui assénant un coup si violent. Généralement, c'est lui qui me met KO, mais cette fois, je m'étais bien défendu et l'avais pris par surprise. Mais la gêne et la honte me firent me sentir mal pour lui, car il semblait déjà bien arrangé avant que je ne lui refasse le portrait. Il ne méritait peut-être pas que je réagisse comme ça...

-Je ne savais pas que tu étais seule aussi ce soir.

Mon regard vagabondait entre lui, le sol, les murs et mon débardeur. Sa remarque me fit rire intérieurement et je fis un moue pas convaincue. Il n'a pas encore comprit?

" Je suis tout le temps seule, Amon. Avec qui pourrais-je être."

Ce n'était pas une question.

J'avais des amis, ou du moins des collègues de travail, mais il me connait assez pour savoir que mon passé est encore trop frais dans ma tête pour que j'arrive à être une personne normale qui sort avec des gens normaux. Non, je suis constamment en colère, frustrée, blasée pour tout. Il n'y a qu'ici que je peux me défouler suffisamment pour réussir à communiquer un tant soit peu. Il n'y a qu'Amon pour comprendre.

Lui aussi est loin de sa famille, il sait ce que c'est de perdre quelqu'un. La solitude est une amie que nous avons en commun. Il est le seul avec qui je pourrais être.

Effectivement, il aurait pu m'appeler. Cela aurait changé beaucoup de choses. Mais il n'a pas pensé à le faire. Car tu ne représente rien pour lui. Saleté de petite voix, toujours à me dire des choses blessantes. Mais il n'y a que la vérité qui fait mal.
Je me levais doucement, pour ne pas tomber à mon tour, marchant quelques pas pour vérifier si ma direction assistée interne fonctionne encore, et pour penser à autre chose, pour m'éloigner encore de cet homme. Mes muscles faciaux me râlent dessus, mais pour le reste, tout semble en état de marche, j'en profitais pour faire les cents pas, songeuse.

Je ne remarquais pas le signe qu'Amon me fit, mais quand il me demanda de venir près de lui, je m’arrêtais net, le regard tourné vers lui. J'allais répondre non, ou pire, qu'il pouvait aller se faire voir, mais son sourire maladroit me fit taire. Il a troqué son sourire séduisant contre une grimace pleine de sang. Je me dirigeais vers lui, relevant le banc qui s'était renversé, avant de m'assoir dessus, les jambes étendues.

Je récupérais mon sac et en sortis des mouchoirs que j'imbibais d'eau.

"Tiens, tu as une mine affreuse."

Je lui tendis le bout de papier plein d'eau avec un regard moqueur.

@ Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Dim 22 Jan - 21:08



Christmas For Two
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J'avais réussi à me rasseoir, ne comptant que sur ma volonté pour ça parce que mon corps, lui, serait bien resté allongé par terre malgré qu'il était froid. Mais avec la chaleur de Sélène allongée sur moi, c'était pas si désagréable, pas vrai ? J'aurais voulu chasser cette pensée de mon esprit en secouant la tête comme j'avais souvent le réflexe de le faire, mais je ne le fis pas. Pas de mouvement brusque avec ma tête... Pas de mouvement brusque avec quoi que ce soit, d'ailleurs, si c'est possible.

Je m'étais déjà assis et si mon cerveau avait envie de se lever, le reste, lui, considérait qu'il avait bel et bien fini journée.

Mais, pour suivre ma partenaire d'entraînement du regard, il avait fallu que je me redresse. Et c'était une motivation un peu trop motivante, à mon avis... Je ne devais pas me faire d'idées, je ne devais même pas espérer. Nous étions partenaires d'entraînement, des amis tout au plus. Mais je ne devais pas me lancer dans quelque chose de plus... important... ici, à L.A. Déjà que je sentais que le jour où j'allais pouvoir rentrer à la maison, la rouquine me manquerait quand même...

C'était très bizarre. Et je mettais ça sur le compte des coups que j'avais pris. Mais même en pensées, je n'étais pas souvent le genre à formuler vraiment ce que je ressentais envers les gens. Selon Lars, les sentiments, quels qu'ils soient, bons ou mauvais, ne conduisaient qu'à faire des erreurs. Selon Lars, le mieux était d'observer les choses avec objectivité et de se placer et agir uniquement en fonction de ce qui peut nous apporter quelque chose. Une action gratuite est une action de trop. Une action profitant à un autre est un mauvais choix stratégique...

C'était dans ce genre de mentalité que mon père avait voulu m'élever.

Et je pensais bien, alors que mon cul était posé sur le sol froid d'une salle de sport crasseuse de L.A., que Lars avait foiré.

Pourtant, j'aurais voulu être comme il voulait que je sois... Tout aurait été plus facile et il aurait été fier de moi.

Mais j'étais à ce point irrécupérable que j'avais été jusqu'à dire à la jeune femme qui me tournait le dos que j'aurais du l'appeler, que je ne savais pas qu'elle était seule ce soir. Cette dernière affirmation était fausse... J'avais menti. Et comme j'étais un bien piètre menteur (au grand désarrois de Lars et de Timmy), ou tout du moins un menteur tout juste bon pour L.A.People, Sélène s'était empressée de me le faire savoir.

J'avais baissé les yeux, honteux. Ouais, je me doutais bien que Sélène était seule. Je n'y avais juste pas pensé parce que théoriquement, moi, je n'aurais pas du être seul. Freiya devait venir. Et puis quand j'avais su qu'elle ne viendrait pas, j'avais été tellement aveuglé par la colère et la tristesse que je n'avais même pas pensé que, quelque part, je n'étais pas tout seul, qu'il y avait Sélène.

Oh, j'aurais pu lui sortir d'autres excuses pas tout à fait fausses du style qu'elle pouvait avoir un petit ami avec qui passer les fêtes. Après tout, on ne parlait pas beaucoup et encore moins de notre vie privée... Je ne pensais d'ailleurs pas lui avoir déjà parlé de Freiya ou même de Lars... Mais je ne le fis pas. Parce que je respectais Sélène et qu'elle ne méritait pas que je lui sorte des excuses qui n'en étaient pas.

J'y avais pas pensé. Point.

Et pourtant, il m'aurait suffi de me calmer trente secondes, de réfléchir trente secondes à un plan B. Et Sélène me serait venue à l'esprit.

-Ouais. Avec qui on pourrait être... ?

N'empêche que le résultat était quand même là : on était l'un avec l'autre maintenant.

C'était juste con que ça soit parti direct en bagarre.

Et d'un autre côté... Est-ce que ce n'était pas notre façon de communiquer à nous ? Est-ce que je ne savais pas dire, rien qu'à la façon de frapper de Sélène en entraînement, si elle était en pleine forme ou d'humeur joueuse, si elle était en colère ou fatiguée ?

Si. Et notre entrée en matière ce soir n'était pas tellement différente. Mais mes émotions avaient été tellement fortes que les coups l'avaient été aussi.

J'avais finalement relevé mon regard vers elle pour la voir faire les cent pas. Mais, sentant la nausée me gagner après quelques secondes, je lui avais ordonné, comme à mon habitude, de revenir près de moi avant de justifier mon ordre en lui avouant qu'elle me rendait malade à tourner en rond.

Elle m'avait alors regardé une seconde, comme paralysée, et j'avais cru un instant qu'elle allait littéralement m'envoyer me faire voir avant d'empaqueter ses affaires et de remonter chez elle. Mais quand elle était finalement venue, je m'étais détendu tellement fort que j'avais laissé, malgré moi, échapper un soupir de soulagement.

Elle releva le banc qui s'était écroulé à terre je ne savais comment et s'assit dessus, juste à côté de moi. Je la laissai s'installer et faire un manège bizarre avec des mouchoirs et une bouteille d'eau. Pour me soutenir en position assise, j'avais posé mon bras en travers de ses cuisses.

Bon... D'accord, j'avais besoin de soutient pour tenir assis, mais j'avais surtout besoin de contact... Parce que mon cerveau, pendant des mois, s'était attendu à recevoir de l'affection, bien que toute fraternelle, aujourd'hui. Pas hier, pas demain, aujourd'hui.

Et je voulais voir si Sélène allait accepter le contact qui, pour une fois, n'était pas mon poing dans sa petite gueule angélique.

Elle me tendit le mouchoir et même si c'était un sourire moqueur que je voyais sur son visage, c'était quand même rassurant. Avec ce que je venais de faire, elle aurait très bien pu partir et ne jamais vouloir me revoir. Je pris le mouchoir et commençai à nettoyer doucement mon visage tout en répondant à sa remarque.

-Ouais... je sais. J'ai perdu le match d'hier...

Je m'étais littéralement laissé laminer alors que sur ce gars, j'aurais pu frapper et évacuer ma colère, plutôt que de le faire sur une amie.

Le premier mouchoir fut très vite imbibé de sang. A ce rythme-là, il en faudrait des putains de mouchoirs avant que je ne reprenne forme humaine.

-Ma petite sœur... elle se nomme Freiya... Elle était sensée venir aujourd'hui.

J'aurais pas dit ça à n'importe qui. Pas même à Timmy, je crois... Parce que Timmy aurait probablement trouvé ça débile de se mettre dans des états pareils pour si peu...

Je haussai les épaules, prenant un autre mouchoir pour continuer à nettoyer mon visage. Et écraser les larmes qui coulèrent, ni vu, ni connu.

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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Dim 22 Jan - 22:18



Christmas For Two
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J'avais répondu sèchement, déclarant que j'étais tout le temps seule, et que c'était débile de croire que j'aurais pu passer Noël avec quelqu'un. Mais il n'avait pas tort non plus. Peut-être pensait-il que j'étais avec des amis, ou un petit copain, dans tout les cas, il avait imaginé une toute autre soirée pour moi. C'est flatteur, je dois paraître assez normale pour avoir une vie pareille, mais on savait tout les deux qu'il n'avait simplement pas pensé à moi.

Ce qui m'amenait à me demander pourquoi lui était seul. Depuis le temps qu'il est ici, il doit bien avoir des amis, au minimum un, ainsi qu'une copine. Enfin, c'est ce que je pense, avec sa belle gueule, ça doit être facile. Alors, pourquoi venir perdre son temps à fumer une clope, dans le noir, dans une salle de sport qui pue la transpiration et le refermé? Il aurait sonné chez moi à minuit, je l'aurais pas laissé dehors, et il sait que j'habite presque au dessus de la salle. Je ne comprendrais jamais les mecs.

-Ouais. Avec qui on pourrait être... ?


Je pris mon temps pour inspirer, me demandant si c'était une question à laquelle je devais répondre. "Notre Famille" aurait été la réponse classique de toute personne lambda, mais Amon et moi, on est loin de l'être. Dans mon cas, je n'ai pas de famille, quand à lui il en a une, mais il ne peut pas retourner chez lui pour cause de "problèmes". On en revenait donc à notre état actuel: deux tronches pleines de sang, des esprits à présent refroidis et des corps qui commencent à dire merde. Joyeux Noël...

Si me lever était une épreuve, marcher me faisait du bien, mon cerveau se concentrait sur autre chose et mon esprit était libre de vagabonder loin. Jusqu'à ce que Amon me demande de cesser, visiblement malade de voir que mon corps est fonctionnel. Jaloux, t'avais qu'à pas faire des folies de ton corps... Mais, gentille que j'étais, je retournais près de lui, m'installant sur le banc qu'il occupait avant qu'il ne me saute dessus, fou de rage. Dos à moi, il s'appuya d'un bras sur mes jambes, comme s'il avait du mal à rester debout sur ses fesses. Je le laissais faire, préférant ce contact à celui de ses mains, un peu plus tôt.

Le poids qu'il mettait sur mes cuisses était rassurant, bizarrement. Finalement, on est pas seuls ce soir. Le début fut un peu mouvementé, mais au moins on se tient compagnie. Installé plus bas que moi, l'angle que j'avais sur son visage était peu flatteur, le sang commençait à sécher et les hématomes étaient encore plus visibles qu'au début, ce que je me permis de lui faire remarquer. La batterie vide, j'avais opté pour mouiller des mouchoirs et les lui donner pour qu'il se refasse une beauté, mais quand il s'essuya une première fois, le mouchoir était déjà rouge de sang en quelques secondes. Je regardais la porte des vestiaires, où il y a un évier, pesant le pour et le contre. Je vais jusque là, ou j'y vais pas?

-Ma petite sœur... elle se nomme Freiya... Elle était sensée venir aujourd'hui.


Je retournais vivement la tête vers lui, craquant au passage mes cervicales. Il s'attelait à nettoyer son visage, y mettant plus d'énergie qu'au début. Il me semblait voir ses yeux humides, l'idée qu'il soit en train de pleurer me vint à l'esprit, mais je ne préférais pas savoir. Moi non plus, je ne veux pas que l'on me voit pleurer, ou qu'on sache que je pleure souvent, la nuit, quand je suis seule. Cela m'arrive très régulièrement. Je continuais de lui passer des mouchoirs mouillés, vidant le contenu de ma gourde dessus, évitant de le regarder.

Je répétais ce même geste, encore et encore, les mots d'Amon résonant dans ma tête. Petite sœur - Freiya - aujourd'hui. J'étais heureuse. Heureuse qu'il partage cela avec moi, alors que habituellement, on ne se cause pas beaucoup. J'essayais d'imaginer à quoi elle devait ressembler. Si elle est aussi jolie qu'Amon est beau, je vais être jalouse... Elle fait de la boxe, elle aussi? Elle vit au Danemark? Et pourquoi n'est-elle pas venue rejoindre son frère?

" Pourquoi elle est pas là, alors?"

Merde, j'avais posé la question à voix haute. Je ne voulais pas paraître indiscrète, mais les mots étaient sortis tout seuls. Je me mordis les lèvres, espérant ne pas brusquer ou choquer Amon qui pour une fois m'ouvre un peu son cœur. Mes mains bougeait dans le vide, je n'avais plus de mouchoirs, et ma gourde se vidait sur le sol. Je la relevais, vérifiais le niveau de liquide restant et pris une gorgée pour évacuer le goût du sang qui me reste en bouche.

Puis, sans aucune raison, j'ouvrais le bouchon de ma gourde pour en renverser le contenu restant sur la tête d'Amon. Comme ça, bêtement. Et je riais, riais encore, amusée par ma blague débile et surtout par la tête qu'il tirait. Je lâchais ma bouteille, m'adossant contre le mur, morte de rire.

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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Mar 24 Jan - 20:24



Christmas For Two
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Nous étions tous les deux plus calmes maintenant et le temps était venu pour un petit bilan physique et psychologique. Et c'était pas glorieux: Sélène avait les bras couverts de bleus de plus en plus sombres qui contrastaient avec les coups plus anciens de nos entraînements précédents, son front avait été légèrement ouvert et le sang séchait déjà, mélangé au mien. Quant à moi, mon corps était complètement endolori, ma tête cognait comme un putain de tambour et là où j'avais pas mal, je sentais plus rien...

Intérieurement... Il y avait encore une certaine tension et j'avais senti des reproches dans sa voix lorsqu'elle avait affirmé que, bien évidemment, elle était seule...

Ouais, j'aurais du l'appeler. Garder mon sang froid et l'appeler.

Et je ne savais pas pourquoi, mais j'essayais péniblement de me rattraper, de me faire pardonner de l'avoir oubliée. Je m'en voulais même à la limite plus pour ça que pour lui avoir fait mal. Parce que lui faire mal physiquement restait relativement régulier, même si nos entraînements n'avaient rien à voir avec ce qui venait de se passer. Mais lui faire mal mentalement, j'espérais bien que ce serait la première et la dernière fois...

Alors il m'avait semblé qu'elle avait droit à la vérité, qu'elle avait le droit de savoir ce qui lui avait valu de se faire traiter de la sorte, même si ça revenait à dévoiler un peu de ma vie privée et de mes sentiments. Même si ça revenait à avoir l'air faible au point d'en avoir les larmes aux yeux.

J'avais avorté celles-ci en faisant semblant de continuer à nettoyer mon visage. Évidemment, une question avait suivi la vague explication de la raison de mon humeur massacrante. Mais je ne pouvais pas rabrouer Sélène: c'était moi, en toute connaissance de cause, qui avait amené la conversation sur ce terrain-là. Je devais assumer maintenant.

Je soupirai, mais plus de réflexion que d'exaspération, frottant prudemment mes yeux lourds.

-Parce que mon père est un...

Mais je n'eus pas le temps d'achever ma phrase que je fus brusquement trempé d'eau et que le rire cristallin de Sélène résonna dans la salle vide. Assis sur mon cul, les yeux aussi ronds qu'ils pouvaient l'être étant donné leur état, je restai interdit à me demander ce qui m'arrivait. Puis, mon regard complètement paumé se posa sur la rouquine qui s'était adossée contre le mur du fond, face à moi, aux prises avec un fou rire qui témoignait du taux de pression qu'on venait de se faire endurer l'un à l'autre. Et tout ça pourquoi? Simplement parce que personne, quoi qu'on dise, n'a profondément envie ďêtre tout seul à Noël. Et que plutôt que de se laisser aller à déprimer, on avait usé notre énergie en agressivité.

D'abord totalement surpris, j'avais fini par pouffer de rire tellement celui de Sélène était contagieux... Puis j'avais carrément éclaté de rire moi aussi.

J'avais voulu la rejoindre mais pas moyen de tenir sur mes pieds et j'étais retombé sur mon cul. Dommage. Je me serais bien vengé en utilisant ma propre gourde qui devait pas être loin...

Puis, quand mon rire s'était un peu calmé, j'avais repris la parole...

-Tu sais que je ne t'avais jamais vue rire?

Je tapai le sol à côté de moi d'une main.

-Reviens ici...

J'eus un sourire joueur un peu déformé... Je savais pas encore comment, mais j'aurais ma revenche. Et le tout avant que mon cerveau ne proteste d'avoir été secoué dans tous les sens et que je ne me mette à gerber partout. J'avais déjà eu une commotion et je savais pertinemment que si je rigolais bien maintenant j'allais avoir l'impression de mourir dans moins d'une heure.

-A moins que tu ne préfères ce mur.

A moins qu'elle ne préfère le mur, elle allait achever ce soir de Noël avec moi.

Parce que je ne voulais pas être tout seul.

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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Mer 25 Jan - 14:54



Christmas For Two
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Il m'avait surprit en me parlant de sa sœur. Le ton qu'il avait utilisé pour annoncer qu'elle n'était pas là ce soir m'avait semblé triste, avec une pointe de colère. Ouai, je comprend mieux pourquoi il était pas dans son assiette quand je suis arrivée. Cela expliquerait aussi qu'il se soit "défoulé" sur moi pour faire passer sa frustration. Je lui passais les mouchoirs de plus en plus vite, comme pour faire accélérer le temps, pour qu'on soit 10minutes plus tard, quand cette atmosphère pesante et bizarre se sera envolée loin.

Mais plus de mouchoirs, plus rien pour occuper mon esprit, je posais donc la question à Amon. C'est vrai, pourquoi elle est pas là alors, sa sœur? C'est pas sympa de laisser son frère en plan, mais si cela m'est bénéfique: je ne suis pas seule! Question trop personnelle, je le voyais hésiter, soupirer, il doit aller chercher ses mots assez loin. Sa gêne se répercuta sur moi, j'avais l'impression qu'on me tirait également les vers du nez, que je devais tout avouer, tout confesser sur ma vie. Merde, ma question nous dérange tout les deux.

Mon cerveau carbura à plein régime pour trouver un échappatoire, autant pour Amon que pour moi. Même si je sais que le bonhomme ne me répondra pas, c'est pas son genre... J'ai l'habitude... Mon regard bifurqua sur mes mains, sur ma gourde, à moitié pleine d'eau. Une ampoule s'alluma dans ma tête, j'ai à nouveau 12 ans et j'aime faire des bêtises. Il ne m'en fallu pas plus pour joyeusement vider ma bouteille sur la tête d'Amon, le coupant dans sa phrase. Sa figure se déforma, prenant la forme d'une patate pleine de bleus et de sang, avec deux trous tout blanc au dessus.

12 ans, je vous l'avais dis, mais bordel, que c'était drôle. Un fou rire s'était emparé de moi, me tordant le ventre, étirant ma bouche comme celle du chat du cheshire, écrasant mes yeux pour en extraire des larmes de joies. Visiblement, je devais être comique à voir car Amon aussi fini par rire. Un rire agréable à entendre, un peu caverneux qui résonnait dans ma tête. Et mêlé au mien, ça sonnait merveilleusement.

Il tenta de se lever, je m'attendais déjà à des représailles, comme par exemple qu'il me cloue au sol, me broyant les côtes avec son poids, mes bras coincés dans le dos pour qu'il puisse me plonger la tête dans de l'eau glacée. Un peu extrême comme vengeance, mais je peux m'attendre à tout avec lui. Sauf à ça: il retomba sur ses fesses, lourdement, trop las pour se mettre sur ses deux pieds.

" Wouaw, quelle grâce."

Et je ris à nouveau, moins fort, complètement détendue à présent. Rire m'avait fait un bien fou, les crampes que je sentais dans mon ventre et dans mes joues étaient rassurantes. Je suis capable de rire... Malgré tout, je n'ai pas oublié comme on fait. Ou alors c'est l'instinct? En tout cas, je me sentais libérée d'un poids.

-Tu sais que je ne t'avais jamais vue rire?

Je redevins sérieuse, fronçant les sourcils, questionnant Amon du regard. Vraiment?
Oui, c'est vrai, depuis combien de temps n'avais-je plus ris aux éclats ainsi? La dernière fois devait être avec ma mère. Quand elle était encore là, ni malade ni dépressive. Quand j'étais encore une fille innocente, pleine de rêves. Maintenant, je suis... je suis qui? Je ne sais pas. Pas encore. Une amie à Amon? Oui, j'aimerais bien me décrire ainsi, c'est un bon début.

" Je ne ris qu'avec mes amis. Comme je n'en ai qu'un, je ne ris pas souvent et je perds le réflexe."


Façon détournée de lui dire qu'il est mon ami le plus précieux? Le seul que j'ai? Ouai. Je n'oublie pas qu'il est mon prof, qu'il est plus âgé que moi, qu'il a un boulot, une situation, que nous sommes à des pôles opposés, mais ce soir j'ai envie de faire un effort et dire ce que je pense, ce que je ressens. Comme lui un peu plus tôt. Je baissais le regard vers mes mains vides, entortillant mes doigts les uns avec les autres, ne sachant plus quoi dire, n'osant pas le regarder dans les yeux.

Il tapa le sol de sa main, me demandant de venir près de lui. Sauf si, bien sûr, je préfère le mur. Ce mur froid, gris, moche et tout sauf drôle. Je lui lançais un regard de défit. Ose me faire quelque chose, je te remet KO mon pote. Mais je ne résistais pas à la tentation de m'assoir à côté de lui, sentant sa chaleur irradier mon bras. Je profitais, tout simplement.

"Je..Je suis désolée pour ta sœur. C'est bête qu'elle soit restée coincée à la maison." avais-je fini par dire.

J'avais peut-être noyé sa phrase avec ma farce, j'en avais pas moins compris que le père d'Amon y était pour quelque chose, sûrement qu'il avait empêché sa sœur de venir ici. Qu'elle âge a-t-elle? Je ne lui avais pas laissé le temps de prononcer le terme (sûrement) péjoratif qu'il utilise pour décrire son père, mais, comme moi, il déteste son paternel. D'un coup, je me sentais encore plus proche de lui. Le sien le prive de sa sœur, le mien m'a privé de ma mère. Résultat: deux abandonnés, assis sur un sol dur et froid, se tenant compagnie sans se le dire.

@ Billy Lighter


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Amon Sørensen


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Ven 27 Jan - 18:02



Christmas For Two
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Après être retombé sur mon cul, le visage trempé, mes cheveux plaqués sur mon crâne, Sélène y était allée de son petit commentaire sans cesser de rigoler. Et j'avais encore une fois ri avec elle même si je savais que ça n'allait malheureusement pas être marrant longtemps, cette histoire. En même temps, c'était de ma faute : c'était moi qui lui avais dit de frapper. Et je ne lui aurais même pas dit qu'elle aurait eu raison de le faire, vu l'état de ses bras.

J'avais soupiré quand mon rire s'était calmé, un soupir de désespoir face à ce corps dont je ne pouvais plus tirer grand chose.

-Je sais. Une vraie ballerine.

Je faisais pas souvent de l'humour et encore moins de l'autodérision. Pas que j'aimais pas ça, mais parce que pour faire de l'humour, faudrait déjà que je desserre les mâchoires un peu plus souvent. Mais après tout, parler quand ? L'entraînement était fait pour s'entraîner, pas pour jacqueter. Le travail était fait pour travailler et de toute façon, je ne m'entendais avec aucun de mes collègues. Quant au reste du temps, parler à qui ? Aux murs de mon loft ?

Ouais, je parlais bien à Timmy, de temps en temps, mais surtout pour faire des plans contre des gens qui lui mettaient des bâtons dans les roues.

Et puis, y avait toujours Lars, quelque part, toujours celui qui m'avait appris qu'il ne faut rien faire gratuitement.

Et ce qu'on était en train de faire ce soir, là, maintenant, Sélène et moi alors qu'il n'y avait personne dans la salle et qu'on s'était calmé était on ne pouvait plus gratuit. Ah ! Mais si, on se tenait compagnie l'un à l'autre ! Et ben non. Ça ne compte pas dans la vision du win-win qu'on m'avait inculquée. Les sentiments ne comptent pas. Les sentiments sont des faiblesses.

Et j'étais très faible, rien que par l'intensité de la colère que je pouvais couver. C'était ce qui m'avait mener à L.A., hors de la vue de Lars.

J'avais signifié à Sélène que je ne l'avais encore jamais entendue rire. Et que Lars aille se faire mettre. Il n'était de toute façon pas là pour nous voir, ni nous entendre. Sélène était redevenue sérieuse, comme si elle réfléchissait à ce que je venais de dire, comme si elle cherchait un moment où elle avait ri avec moi pour me détromper.

Mais non, j'avais raison.

Et j'avais souris quand elle avait repris la parole, comprenant bien ce qu'elle voulait dire. Alors nous n'étions plus prof et élève, désormais, mais amis. C'était un concept qui me plaisait, même si une part de moi me disait de ne pas accepter ça, de garder la distance. Et de fermer ma putain de gueule, bordel de merde.

Mais non, même si je n'alignais toujours pas énormément de mots les uns à la suite des autres, je parlais.

-Ouais. Je suis pas un marrant non plus.

Je lui avais alors fait signe de venir me rejoindre sur le béton, tant qu'à faire, puisqu'on était amis. Elle m'avait lancé un regard de défi auquel j'avais répondu par un regard espiègle. Elle me menaçait du regard parce qu'elle savait que je n'allais laisser le coup de la bouteille d'eau impuni. Elle me connaissait assez pour savoir au moins ça, à défaut d'en savoir énormément sur qui j'étais vraiment. Et mon regard ne lui laissait aucune garantie quant au fait que je ne me vengerais pas.

Elle vint tout de même, prenant le risque et nos bras se frôlaient. Plus sérieusement alors, elle s'excusa pour Freiya qui n'était pas venue, comme si elle en pouvait quelque chose. Je haussai les épaules.

-Bah. C'est surtout moi qui aurait dû t'appeler quand je l'ai su.

Comme elle parlait plus que moi, j'en savais bien plus sur elle qu'elle n'en savait sur moi. Je savais qu'elle n'avait pas de famille alors qu'elle restait dans un magnifique flou artistique concernant mon entourage ou mon travail. Du coup, ça me rendait bien plus coupable qu'elle de ne pas avoir appeler.

-Puis même si elle était venue. Qu'est-ce qui m'aurait empêcher de t'inviter aussi?

Un tas de trucs : on aurait pas pu parler de certaines choses comme ce qui m'avait mené à L.A., ça n'aurait pas été pareil que ces autres noëls qu'on passait tous les deux. Et puis... Sélène n'avait rien à voir avec cette partie là de ma vie bien cloisonnée en « vie privée », « travail » et « boxe » et mes nombreux efforts pour que tout soit bien classé là où il fallait, sans contact les unes avec les autres.

Parce que c'était à ce moment-là que la vie devenait compliquée.

Je me retournai et retrouvai mon sac. Je fouillai dedans et en sortis un petit coffret de velours que je tendis à Sélène.

-Pour me faire pardonner... Joyeux Noël...

Le coffret contenait une chaîne en argent au bout duquel pendait un pendentif discret en argent aussi dans lequel était incrustée une pierre turquoise. C'était le cadeau destiné à Freiya et il était dans mon sac de sport parce que je l'avais acheté avant notre dernier entraînement... Mais comme elle ne venait pas... j'aurais encore tout le temps de lui en racheter un pour la prochaine fois...

-Il ira aussi avec tes yeux, je pense.

Je souris avant de me frotter les yeux. Ma tête, putain...

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Sélène Mortiak


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Ven 27 Jan - 21:35



Christmas For Two
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Le pauvre, il était tellement arrangé qu'il n'arrivait même plus à quitter le sol, sur quoi je fis un petit commentaire. Je ne le vois pas souvent dans cet état, d'habitude il est impeccable, comme si le temps et la fatigue n'ont aucune emprise sur lui, alors que moi je suis morte au bout de 5 tours de salle en courant. Tenant parfaitement son rôle de professeur, il donne l'exemple en étant irréprochable. Sauf ce soir, c'est ça le plus drôle, j'ai l'impression de me voir à la fin de nos entraînements. On riait encore, jusqu’à ce qu'Amon me sorte une réponse à laquelle je ne m'attendais pas.

-Je sais. Une vraie ballerine.

Je retins un rire derrière mes lèvres pincées, lui lançant un regard tout sauf convaincu, mais je savais qu'il faisait de l'humour, comme moi. Peut-être que le coup de boule lui à connecté les neurones comme il faut, ou alors c'est un miracle de l'univers, mais je trouvais Amon changé. Il est moins distant, moins "prof", se comportant vraiment comme un ami, tout simplement. J'espère que ça va durer, même si je sais bien qu'une fois dans le cadre de nos entraînements, il n'ira pas de main morte, retournant à ses phrases de trois mots. Je ferais avec, tant que je peux être avec lui.

L'ambiance tendu s'était dissipé avec nos rires, sûrement que mon coup de boule y est également pour quelque chose, et j'étais tellement détendu que j'avouais ne pas rire souvent. C'est pas un secret, ma vie est loin d'être drôle et il le sait, voila pourquoi il n'avait pas semblé surprit, ajoutant même qu'il n'était pas l'ami le plus drôle qu'on peux avoir. Si hier j'aurais acquiescé, ce soir j'attends de voir le déroulement des choses, car en peu de temps j'ai déjà bien ris grâce à lui, à tel point que je sens encore les crampes dans mon ventre.

Je l'avais rejoins sur le béton, suivant son "ordre" qui pour une fois ne sonnait pas vraiment comme une injonction, plutôt comme une demande. Gardant à l’œil son regard joueur, sachant que je passerais par la case "vengeance terrible", je m'approchais jusqu’à ce que nos bras se touchent. Le froid du sol me pompait soudainement mon énergie, et je repensais à ce qu'Amon avait dit sur sa sœur. Je m'excusais, juste pour qu'il sache que je comprenais ce qu'il devait ressentir. J'attends depuis longtemps que ma mère rentre... Sachant que ce n'est qu'un rêve utopique qui me bloque encore dans mon passé, m'enchainant à mes démons.

Encore une fois, il dit qu'il aurait dû m'appeler. Je ne sais pas s'il le dit pour s'excuser également auprès de moi, ou s'il cherche à imprimer ses mots dans sa tête pour ne plus faire l'erreur de passer une soirée tout seul. Enfin... la soirée de Noël en tout cas.

-Puis même si elle était venue. Qu'est-ce qui m'aurait empêcher de t'inviter aussi?

Je relevais la tête vers lui, étonnée par sa déclaration. Vraiment? Il aurait fait ça?
Je rougissais, un sourire s’immisça sur mon visage, je baissais les yeux vers ma tenue bonne pour la poubelle. Je n'arriverais jamais à récupérer les tâches de sang d'Amon et de moi, cela fait trop de globules rouges à frotter, tant pis.

" Je crois que j'aurais été impressionnée de me retrouver entre deux Sørensen... surtout si t'a sœur te ressemble."

Autant en beauté qu'en caractère. Premier cas, je fais un complexe d’infériorité, deuxième cas, je vais me retrouver avec deux accro de la phrase à trois mots, qui pipent pas un bon. Et je ne me sens pas capable de lancer deux coups de boules sur une même soirée.

Amon se retourna pour prendre son sac, je fis des grands yeux, m'écartant vivement de lui, m’attendant au pire. Mais il sortit un petite boîte qui semblait couverte de velours. Comme les boites que les hommes donnent à la femme qu'ils aiment pour la demander en mariage. Si Amon n'était pas Amon, si je n'étais pas moi, je me ferais des films, m'attendant à une demande romantique, prête à verser mes larmes de joie.

Mais je suis moi, et Amon est Amon, du coup j'imaginais qu'il sorte de la boîte du poison, ou une arme magique ou un .. un... Je regarde trop de films moi.

-Pour me faire pardonner... Joyeux Noël...

Il me tendait la boite comme si c'était normal. Je ne réagis pas les premières secondes, cliniquement morte étant donné que mon cœur ne battait plus, mais je finis par tendre la main pour réceptionner ce qui est le tout premier cadeau que je reçoit depuis ma naissance. Mes mains trembles, je ne sais pas quoi faire. J'ouvre et je pousse un cri? Je le remercie d'abord, et j'ouvre après? Ou je remercie et je range le paquet pour l'ouvrir plus tard?

Ho.. Non, je tiendrais pas aussi longtemps, je veux savoir ce qui se cache la-dedans!!

Le couvercle se souleva, révélant une magnifique pierre bleu, pendue à un collier en argent aussi fin qu'un cheveux. C'est.. sublime, je n'ai rien vu de pareil avant. Je restait bouche bée, ne sachant pas quoi dire. Mon regard dériva vers Amon, je sentais que mes yeux étaient humides, mais tant pis, trop d'émotions d'un coup.

Je pris la fine chaîne entre mes doigts, soulevant la pierre jusqu'à hauteur de mes yeux. Elle brillait tellement... on dirait un mini soleil. Je touchais la larme précieuse du bout de l'ongle, ne sachant pas si j'oserais la mettre à mon cou.

"Mon dieu... Amon... c'est magnifique. Merci."

Je me doute qu'à la base, c'était pour ça sœur, étant donné que ce n'était pas prévu que l'on passe la soirée ensemble, mais le geste me touchait tout de même. Après tout, c'est mon premier cadeau, mon premier Noël.

@ Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Sam 28 Jan - 16:48



Christmas For Two
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Je savais pas si c'était à cause des coups sur la tête ou de l'eau froide sur mon crâne brûlant mais toujours était-il que j'avais encore assez de neurones fonctionnels pour réaliser que je parlais bien plus et bien plus facilement que lors de nos rencontres habituelles ici même. Et plus je parlais, plus Sélène riait alors qu'elle aurait pu sérieusement m'engueuler pour m'être emporté et lui avoir fait mal. Ce rire était peut-être la plus belle chose qu'il m'ait été donné d'entendre depuis mon arrivée à L.A. et pourtant, dieu savait que cette ville avait du talent à revendre, niveau son.

Même une fois son rire éteint pour reprendre une conversation pratiquement à sens unique, puisqu'il n'y avait que moi qui parlait, son sourire ne disparut par pour autant de son visage et sincèrement, j'aurais bien voulu ne pas être aussi arrangé, pouvoir allumer la lumière, même si celle de la salle de sport était moche et crue, pour mieux la voir.

Je lui avais dit que même si Freiya était venue, j'aurais du l'inviter. Au moins lui poser la question de savoir si ça l'intéresserait de venir. L'obscurité et mes yeux et arcades gonflées ne me permirent pas de la voir rougir mais je captai quand même bien qu'elle était un peu gênée suite à cette affirmation de ma part.

Et ce fut rassurant d'entendre à nouveau le son de sa voix aligner des mots calmement, sans crier. Je rigolai un peu, sceptique.

-Impressionnée ? Je ne suis qu'un gars et Freiya n'est qu'une jeune femme.

Qui sait ce qu'elle veut et avec un sale foutu caractère, mais ce n'est qu'une jeune femme tout comme Sélène. Bien que... la rouquine avait quand même pas tort sur un point. On se ressemblait beaucoup, Freiya et moi, à ceci près qu'elle était réellement impitoyable et que, tout bien réfléchi, mettre quelqu'un d'aussi mentalement fragile que Sélène en face de ma sœur qui avait bien plus hérité de Lars que moi, ce n'était peut-être pas une bonne idée. J'adorais ma sœur... Mais ma sœur était joueuse. Et à la moindre faille qu'elle aurait décelé chez ma partenaire d'entraînement, elle serait rentrée dedans, et aurait appuyé... Pour faire mal.

Pourquoi ? Probablement par pur plaisir. Parce que nous avions été éduqué pour devenir supérieurs aux autres.

Ça avait fonctionné avec Freiya.

-Elle me ressemble sur certains points... Et est complètement différente sur d'autres.

Mais Freiya n'était pas là alors j'avais pris dans mon sac le cadeau qui lui était destiné et l'avait offert à Sélène, pour me faire pardonner d'abord. Mais aussi en signe d'amitié, surtout. C'était comme la signature d'un accord silencieux suite à nos révélations à demi-mots d'un peu plus tôt.

Quand elle avait eu la boîte en main, j'avais souri, ému de la voir trembler de la sorte. Ce n'était qu'une boîte... Ce n'était que du matériel. Facile à dire peut-être, quand on est né avec une cuillère en argent dans la bouche comme moi. Mais n'empêche que ce cadeau n'allait en rien apporter ce que chaque séance d'entraînement en sa compagnie m'apportait.

Mais bon.. Je parlais peut-être plus que d'habitude, mais ce genre de truc, je le gardais pour moi. J'avais peur de paraître ridicule si je le disais tout haut.

Elle resta immobile quelques secondes, si ce n'était ses mains qui tremblaient. J'étais à deux doigts de prendre ses mains dans les miennes pour la stabiliser, mais elle finit par ouvrir tout de même la boîte toute seule. Quand elle porta le pendentif à hauteur de ses yeux et que la faible lueur de l'éclairage publique dégueulasse fit luire la pierre à travers les vitres tout aussi sale, j'eus confirmation qu'elle allait bel et bien avec la couleur de ses yeux. Comme si elle transcendait jusqu'à la lumière de L.A.

Lorsqu'elle arriva à nouveau à respirer, elle me remercia et je souris, la regardant alors que ses yeux humides laissaient à croire que cette toute petite pierre était la plus belle chose qu'elle ait jamais vue.

-C'est le hasard qui est magnifique.

Ouais... Parce que c'était quand même un peu le hasard qui avait fait qu'on se retrouvait là, arrangés, sur le sol de béton crasseux. Et pourtant, je réalisais que c'était peut-être le noël le plus intense de ma vie, que j'étais en train de vivre.

D'un geste fluide et doux, je vins cueillir la pierre qui pendait au bout de la chaîne d'argent et des doigts fins de Sélène, la dérobant à son regard, la faisant disparaître dans mon poing sanglant, symbole de toute la violence et la colère que mon corps pouvait contenir.

Je la regardai ensuite, me traînant un peu sur le sol pour venir m'installer derrière elle, ses fesses bien calées entre mes jambes. Puis, je fis passer le collier par au dessus de sa tête, mes bras passant au dessus de chacune de ses épaules. De mes doigts douloureux et maladroits, j'ouvris l'attache pour  le sceller autour du cou fin de mon amie. Me fallu juste un peu le temps pour y arriver.

Quand ce fut fait je posai mes mains sur des épaules et, pris d'un nouveau lancement dans le crâne, posai mon front brièvement contre sa nuque pour respirer deux fois profondément. Ça allait aller. Fallait que ça aille. Je voulais juste encore un tout petit peu de temps avant de me tortiller de douleur à terre.

Je finis par me reprendre.

-Voilà... C'est fait... Montre voir un peu ?

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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Sam 28 Jan - 18:21



Christmas For Two
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Me retrouver avec Amon et sa sœur... Je ne sais pas si j'en serais capable. Déjà, c'est un première d'être aussi proche de lui en ce moment, j'arrive à peine à trouver mes mots pour exprimer mes pensées, m'habituant petit à petit à un Amon plus loquace, alors si on me rajoute la petite sœur en plus... Je vais craquer, je vais tout simplement m'écrouler comme Amon après mon coup de boule. A la différence près que je ne me réveillerais pas, je resterais là, dans les bras du sol.

-Impressionnée ? Je ne suis qu'un gars et Freiya n'est qu'une jeune femme.

Elle est bien bonne, celle-la. "Qu'un gars", "Qu'une femme", il s'est bien regardé? Bon, peut-être que ce soir c'est pas le meilleur moment pour s'admirer dans un miroir, mais il est loin d'être "que". Il se tut, et semblait réfléchir. Je devais me concentrer pour pas que ma vue se brouille, le contrecoup de notre "altercation" commençant à faire effet, alors je fixais un point pour ne pas chavirer sur le côté et me retrouver allongée par terre. Sauf que le point en question était les lèvres d'Amon, et une envie de l'embrasser s'empara de moi. Tout devenait flou autour, sauf.. lui, je me sentais entraînée vers l'avant comme dans un entonnoir.

Je perdis l'équilibre et me rattrapais sur un bras, claquant violemment le sol de ma paume, m'arrachant un cri de douleur. Même le sol me veut du mal. Juste punition pour ces pensées indécentes que j'ai eu en matant clairement l'homme qui se trouve juste à côté. Je relevais les genoux et passais mes mains sur mon visage, me cachant à sa vue, trop honteuse. Je dois vraiment pas être bien pour penser à ça, je vais comater toute la journée de demain pour sauver les maximum de neurones possible, sinon je vais finir comme un légume.

Il avait dit quoi? Que sa sœur lui ressemble sur certains point mais pas d'autres? Encore heureux, je ne veux même pas savoir ce que donnerait un Amon version féminin...

Et je repartais dans un petit fou rire incontrôlé, l'image d'Amon en talon s'étant imposé à moi et ne me lâchant plus. Avec une robe rouge en prime, et un sac de bimbo pendu à son bras. Mon dieu, mais que ça s'arrête! J'étais pliée de rire, même que je le bousculais de mon épaule et atterrissais presque sur ses genoux tant j'étais prise par mon fou rire. Il ne doit pas y comprendre grand chose, mais tant pis.

Je repris mes esprits, respirant profondément pour chasser le bonhomme Fourire de ma tête, avec son image d'Amonette sous le bras. Vilain garnement, je passe pour qui moi, maintenant?

Je me calmais de suite quand je vis Amon farfouiller dans son sac, j'étais prête à me défendre de coups de pieds s'il osait un geste sauvage vers moi. Il ne sortit qu'une petite boîte, qui ne représente pas un énorme danger, mais méfiance est mère de sureté. Mais quand il associa "Joyeux Noël" et "main tendu vers moi avec la boite comme cadeau", je reçus pire qu'un seau d'eau glacée en pleine figure, malgré la chaleur qui envahissait mes joues et mon cœur.

Des sueurs froides me parcoururent le dos, tandis que je mettais en lumière la petite pierre qui flottait devant mes yeux. J'avais dis que c'était sublime, il avait répondu que c'était le hasard qui était magnifique. Sans quitter des yeux le soleil bleu miniature, je hochais le tête pour confirmer ses dires. Le hasard, grand joueur qui aime se servir de nous comme pions pour son grand jeu de la Vie. Tel une puissance supérieure, il nous sépare, nous confronte, nous lie et nous détruit.

On avait commencé la soirée seuls, on s'était affronté et maintenant un petit collier et un accord tacite nous reliait à présent, Amon et moi. Le hasard est parfois un bon joueur, mais je redoute le moment ou viendra notre destruction inévitable. J'espère le plus tard possible, je pense de plus en plus que nous avons beaucoup de choses encore à vivre ensemble, bien que je ne sache pas quoi.

Le poing du danois se referma doucement sur le centre de toute mon attention, prenant la place de ma petite main fragile. Le sang, les bleus présent sur ses phalanges sont signe de la brutalité et de la colère qui vibrent en lui. Mais il aura beau me dire qu'il n'est que ça, une boule de colère, je verrais toujours en lui l'homme doux qui m'a accueilli dans sa vie avec autant de générosité.

Et c'est nageant dans un petit nuage que je relevais mon regard vers lui, suivant ses gestes comme s'ils m'étaient destinés, le laissant venir derrière moi pour m'encadrer de ses jambes puissantes et de ses bras, apposant la larme brillante sur ma peau, plus haut que le cœur. Je sentais la froideur de la pierre fondre sous la chaleur de mon corps, dont le degré global s'est emballé quand Amon posa sa tête sur ma nuque, son souffle glissant sur mon dos comme une caresse.

Je tournais la tête vers lui, comme si je pouvais joindre son front avec le mien, mais seule ma joue rencontra une de ses mèches rebelles. Nous restâmes ainsi quelques secondes, qu'il reprenne ses esprits, me demandant de lui montrer le résultat parfait qu'offrait la pierre sur ma peau blanche. Je baissais les yeux vers ma poitrine, je ne pouvais pas la voir, mais mes doigts l'encadrèrent pour m'aider à forger une image dans ma tête.

Je fis face à Amon, agenouillée devant lui, entre ses jambes. Encore sous le charme du contact physique entre nous, c'est sans aucune gêne que je fixais ses yeux limpides, y décelant des tons semblables à la pierre. Comme s'il avait pris un peu d'eau de l'océan qui gronde dans ses yeux pour la geler et me l'offrir. Un sourire s'inscrivit sur mes lèvres, et je baissais la main pour le laisser admirer son océan sur ma poitrine.

@ Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Dim 29 Jan - 15:49



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Alors que je lui parlais de comment était ma petite sœur, Sélène essaya de faire quelque chose, je ne sais pas trop quoi, se redresser peut-être pour une raison qui m'échappait. La regardant faire en fronçant les sourcils, je la rattrapai d'une main sur son biceps quand elle manqua de tomber, même si elle s'était rattrapée d'elle-même d'une main au sol.

-Hey... Doucement... ça va aller?

J'aurais bien rigolé, mais elle avait eu l'air d'avoir vraiment mal... Alors ça m'avait direct refroidi. Elle avait alors caché son visage dans ses mains et s'était mise dans une position qui lui permettrait peut-être plus facilement de garder l'équilibre.

-C'est parce que t'as frapper la partie dure de mon front avec la partie dure de ton front.

Je lui souris, même si elle ne pouvait pas me voir.

-La prochaine fois que tu veux foutre un coup de boule à un gars, faut frapper la partie molle de son nez avec la partie dure de ton front...

Et elle était repartie dans un nouveau fou rire. Putain, à mon avis, ce coup de boule lui avait bousillé encore plus de neurones qu'à moi. Peut-être qu'on devrait même sérieusement penser à passer le reste de la nuit à l’hôpital...

Mais pas tout de suite.

Et si je comptais me venger pour le coup de la bouteille d'eau, je pensais maintenant bien que sans le vouloir, j'avais fait pire que toutes les idées à la con que j'aurais pu avoir. Il avait suffit de voir la tête de Sélène quand je lui avais fait cadeau de ce que j'avais prévu d'offrir à Freiya. Ce n'était pas le but, de la déstabiliser, mais c'était quand même ce que j'avais fait. Et je n'avais même pas encore conscience à quel point.

Toujours était-il que j'oubliai totalement l'idée de me venger du coup.

Passant derrière elle après lui avoir laissé le temps d'admirer la pierre qui pendant au bout de la fine chaîne de métal, je lui avais attachée autour du cou. Puis, pris de lancements de la crâne, j'avais pris deux secondes de pause, peut-être un peu plus, dans la position la plus confortable que j'avais trouvée.

Puis, quand je m'étais repris, je lui avais demandé de me montrer ce que ça donnait.

Elle s'était alors retournée vers moi, à genoux entre mes jambes. La pierre luisait, dans la pénombre, juste au dessus de son cœur, créant des reflets bleu-vert sur sa peau très blanche laissée à découvert par le débardeur couvert de sang qu'elle portait, juste au dessus de son cœur. La pierre et ses yeux formaient un triangle mystique, surplombé et mis en valeur par sa chevelure de feu.

Qu'est-ce que vous voulez faire face à pareille vision ? Si ce n'est rester coi, comme je l'étais, à la regarder tout entière, à l'admirer comme la huitième merveille du monde ?

La pierre aurait été magnifique sur Freiya, rehaussant la lueur froide des ses yeux bleu-vert. Mais elle était carrément sublimée par Sélène dont, dans les yeux, on ne pouvait lire autre chose que de la gentillesse.

Je finis par prendre une grande inspiration, comme si je venais de me rappeler que, dans la vie, respirer, c'est mieux. Puis, je posai mes mains sur ses hanches, salopant encore un peu plus son pauvre training de mes mains sanglantes, pour appuyer mes paroles et qu'elle ne quitte pas mes yeux du regard.

-Tu es magnifique. Ne laisse jamais personne te faire penser le contraire.

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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Dim 29 Jan - 18:26



Christmas For Two
ft. Amon Sørensen


J'avais perdu l'équilibre, me rattrapant de justesse, sentant la main d'Amon me serrer le bras pour me retenir également. Il fronçait les sourcils, mon geste le laissait perplexe, et je comprenais pourquoi. Il s'inquiétait, et je n'avais que su lui répondre que ma tête me faisait souffrir, et que j'avais eu momentanément la vision trouble. Je ne saurais dire si c'est vraiment ça qui c'est passé ou si une force invisible m'avait poussée vers lui.

En tout cas, je ne faisais pas la fière, me cachant sous mes mains, posant les coudes sur mes genoux. Je ne tiendrais pas la position longtemps, elle me donne mal au dos, juste le temps que je fasse disparaître le rouge de mes joues.

-C'est parce que t'as frapper la partie dure de mon front avec la partie dure de ton front. La prochaine fois que tu veux foutre un coup de boule à un gars, faut frapper la partie molle de son nez avec la partie dure de ton front...

Lentement, je délaissais le froid de mes mains pour reporter mon regard vers lui. Je réfléchissais à ce qu'il m'avait dit, mais le cerveau en compote, je mis un certains temps à traiter l'information, avant de comprendre. Mais entre-temps, je me laissais distraire par une image ridicule, m'obligeant à repartir dans un fou rire qui n'avait pas lieu d'être alors qu'Amon me parlait de quelque chose de sérieux. Je repris mes esprits, me sentant un peu débile de rire ainsi dans le vide.

" Hum.. oui, je vois. Je peux réessayer si tu veux, pour voir si j'ai bien compris la technique du coup de boule réussi."

Hors de question que je retente ça avant au moins 10ans, je ne suis même pas sûre de sortir indemne du précédent. J'avais juste émis l'idée pour faire comprendre à Amon que je l'avais bien entendu, avant de rire pour rien. Je me massais un peu le front, essuyant comme je pouvais le sang qui avait séché, et je sentis sous mes doigts une croûte près du sourcil gauche. J'observais mes mains, il y avait encore un peu de sang qui devait suinter de la plaie car j'en avais sur le bout des doigts. Et une cicatrice, une!

Les mouvements qu'Amon faisait à côté de moi me semblèrent suspect, mais contrairement à ce que je m'attendais, il m'offrit juste une boite contenant un collier. J'en avait admiré la pierre durant de longues secondes, avant qu'il ne vienne derrière moi pour me l'accrocher autour du cou. Ses gestes doux et calmes m'apaisèrent, m'entraînant dans un tourbillons de sensations nouvelles. Mon corps me paraissait très réactif, frissonnant sous le souffle d'Amon, tremblant presque lorsque je me retournais pour lui faire face.

Je n'ai pas l'habitude de m'afficher ainsi devant un homme, d'autant plus que mon débardeur est un peu trop décolleté à mon goût. Mais une bouffée d'affection pure s'était emparée de moi, et je laissais donc le regard d'Amon me parcourir de haut en bas, s'attardant à la fin sur mes yeux. Il inspira, posa ses mains sur mes hanches et s'abaissa vers moi.

-Tu es magnifique. Ne laisse jamais personne te faire penser le contraire.


Je sondais son regard, essayant de trouver la source même de ses paroles aussi belles. La faible lumière qui parvenait de dehors rendait ses yeux encore plus changeant, je pouvais y déceler une touche de vert, et même une petite tâche de jaune. Ou alors, c'est mon imagination qui voit une belle journée ensoleillée, me donnant envie de m'allonger sur l'herbe pour admirer encore et encore ses iris.

Je déglutis péniblement, me sentant toute molle, comme s'il avait aspiré toute résistance de ma part, ne laissant que le calme et la sérénité au fond de mon cœur. C'est une sensation étrange mais plaisante, je me sentais bien malgré que mes sens soient à vif. Je devais briser le contact visuel, sinon j'allais faire une bêtise. Il m'avait animé d'un sentiment étrange avec ses mots doux, je ressentais le besoin d'être proche de lui, plus encore que se que nous avions pu être.

Mais je n'arrivais pas à détourner le regard.

C'est à ce moment-là que mon estomac fit un boucan monstre, pire qu'un avion de chasse, il aurait pu réveiller tout le voisinage. Je fis de grand yeux, me pinçant les lèvres, reculant pour m'éloigner d'Amon et appuyer mes mains sur mon ventre. Il avait tout gâché, et en même temps il m'avait permit de passer à autre chose. J'ai faim. Affreusement faim, j'ai dépensé trop d'énergie en peu de temps. Heureusement, j'avais fais des courses dans la journée, achetant de quoi me nourrir pour une semaine, avec de nombreux extras en plus. Desserts, chocolat et bonbons.

" Est-ce que tu as faim? Je cuisine pas très bien, mais j'habite au dessus, alors on pourrait manger ensemble?"

Je sortis ma clé d'appart, la triturant de mes doigts en attendant qu'il réfléchisse à ma proposition. Je pourrais aussi lui proposer de se nettoyer le visage, malgré que je lui ai vidé ma gourde dessus, il reste des traces de sang. Et puis ses mains sont dans un état, je vais m'amuser à lui faire des bandages.

@ Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Lun 30 Jan - 11:35



Christmas For Two
ft. Sélène Mortiak


Après un fou rire incompréhensible de Sélène, que je mettais sur le compte des coups et de la décompression, elle proposa de remettre ça histoire de voir si elle avait bien compris comment mettre un coup de boule à quelqu'un. J'avais rigolé en faisant signe de la main de laisser tomber.

-Une autre fois, peut-être. Tu vas me tuer sinon.

Aveu de faiblesse ? Ouais, parce que j'avais sérieusement mal quand même et que les séquelles que j'avais déjà me suffisaient largement. J'allais encore attirer les regards et la curiosité malsaine de mes collègues quand j'allais retourner à la rédaction de L.A.People...

Enfin, bref, tout ça pour en arriver à offrir le collier de Freiya à Sélène. Parce que, elle, elle était présente, elle était avec moi. Bien sûr, ce n'était pas la faute de ma petite sœur si nous n'étions pas en train de tranquillement boire un verre au loft. Mais n'empêche que la franco-américaine avait fait ma soirée, elle avait rendu tout moins sombre... Alors c'était la moindre des choses que de la remercier.

Quand elle s'était tournée vers moi pour me montrer ce que ça donnait, je n'avais pu faire autrement que d'admirer sa beauté que, jusqu'ici, je m'étais empêché de noter. Je l'avais trouvé belle dès le premier jour où on s'était rencontrés ici même et ça m'avait fait peur. Le soir même alors que je m'étais retrouvé à cogité dans mon lit, je n'avais pas dormi, trop occupé à me demander si j'avais bien fait d'accepter ce truc de devenir son prof de boxe. Si j'aurais pas mieux fait de gentiment lui dire que ce n'était pas possible.

Je ne l'avais pas fait... Pas ce jour-là, ni les jours suivant. Mais mon appréhension ne m'avait jamais quitté et dormait encore aujourd'hui dans le creux de mon estomac. J'avais peur de lui faire de mal. J'avais peur de me faire du mal. Faut pas jouer au con avec ces choses-là...

Et pourtant, c'était exactement ce que j'avais l'impression de faire à cet instant même. Jouer au con, prendre des risques. Le risque que ça marche.

Mais ce ne furent pas toutes ces mauvaises pensées qui franchirent même lèvres. Non. Ce que je donnai à Sélène, c'était une certitude qu'elle ne devait laisser personne ébranler.

Elle n'avait rien répondu. Parce qu'il n'y avait rien à répondre. J'avais fermé toutes les portes, je ne lui avais pas laissé de place pour se dénigrer elle-même, mais je ne me rendais pas compte que plus que mes paroles, mes yeux parlaient pour moi. Ils étaient sincèrement admiratifs. Et c'est d'ailleurs les yeux dans les yeux que nous restâmes un bon moment.

Jusqu'à ce que l'estomac de Sélène réclame du carburant... Je m'étais pincé les lèvres pour ne pas être pris d'un fou rire parce que je voyais bien qu'elle était déjà bien assez mal à l'aise comme ça.

Elle s'était brusquement reculée, les mains sur son ventre. J'avais dans mon sac que des barres protéinées dégueulasses... J'allais pas lui proposer ça comme repas de Noël quand même...

Elle me demanda si j'avais faim, se redressant avec les clés de son appartement qui cliquetaient entre ses doigts. J'aurais bien secoué la tête pour dire que je n'avais pas faim, mais j'avortai ce mouvement qui s’avéra à la fois douloureux et extrêmement désagréable. Il allait falloir que je parle... encore...

-Non... Je n'ai pas faim...

Mais je ne saurais pas rentrer chez moi dans cet état-là. Je serais incapable de conduire. Et puis manger ne me semblait pas être l'idée du siècle. M'était avis que j'aurais déjà bien assez de truc à gerber comme ça quand les symptômes plus graves de la commotion allaient se pointer, vicieux et à retardement.

-Mais si je peux abuser de ton hospitalité, ce serait gentil... Je saurais pas rentrer...

Je mordis ma lèvre inférieure, un peu gêné.

-Et je vais pas tarder à être malade...

Et je serais vraiment pas contre que Sélène s'occupe de moi... Je tendis la main vers elle pour qu'elle m'aide à me relever... Si elle avait un divan, là haut, j'allais m'allonger dedans, fermer les yeux... La laisser manger tranquille. Essayer de dormir même si je savais d'avance que c'était peine perdue.

Et demain, je reprendrais la route...

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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Lun 30 Jan - 18:52



Christmas For Two
ft. Amon Sørensen


Si quelqu'un devait entrer maintenant dans la salle et nous voir ainsi, Amon et moi, il croirait sûrement que la scène a été mise sur pause. Face à face, les yeux dans les yeux, on ne bougeait pas, comme deux statues soumises éternellement à l'admiration de l'autre. Mais les belles choses ont une fin, mon estomac commence à faire ses caprices, amusant Amon qui tentait de se retenir de se moquer.

Je me sentais soulagée et en même temps contrariée, j'aurais pu tenir la pose encore un peu, tellement je me sentais bien tout à coup, mais je redoutais également de perdre le contrôle de moi-même et ne plus savoir quoi faire après.

Je lui proposais de manger avec moi, pour le nourrir également, mais surtout pour ne pas être seule. Il refusa mon offre, mais il sollicita mon hospitalité pour la soirée, trop mal pour prendre la route et rentrer chez lui. Il disait qu'il allait bientôt finir malade, une moue triste sur le visage. Comment résister...

Je l'aidais à se relever, la lâchant qu'après être sûre qu'il ne tombera pas, et pris nos deux sacs sur mon épaule avant de me diriger vers la sortie, Amon sur mes talons. Je jouais le rôle du gentlemen à la perfection, lui tenant les portes, m'assurant qu'il me suivait bien dans la bonne direction, malgré que moi aussi je me sentais un peu dans le flou. Cependant, son état est pire, alors je faisais un effort, de toute façon nous serons bientôt chez moi, en train de dormir, car on en a cruellement besoin.

Il nous fallait retourner sur la rue quelques instant, ma porte d'entrée se trouvant juste à côté, et une fois que nous avons passé le seuil de ma demeure, je lâchais un soupir. Il fait meilleur ici, dans la cage d'escalier. L'air est plus respirable et moins chargé de tensions. L'espace est un peu exigüe, je fis attention de ne pas bousculer Amon avec les deux sacs de sports qui pendaient derrière moi, montant les escaliers la première. A chaque palier, j'attendis qu'il me rejoigne, et au troisième palier, j'ouvris en grand la porte pour le laisser passer.

Mon studio consiste en... une pièce et demi. Quand on entre, on tombe directement sur ma cuisine à droite, mon salon-chambre à coucher à gauche. Une porte plus à droite mène à la salle de bain-toilette. On tombait donc nez à nez avec mon bazar organisé, mon matelas au sol couvert de vêtements, ma petite table à manger couvert de papiers et de vêtements également, et la chaise... couverte de vêtements. Le pire, ce que je n'ai pas tant d'habits que ça, mais je n'ai juste aucun endroit où les ranger.

Je déposais les sacs près de la porte avant de filer vers mon matelas pour le débarrasser des chemises, pull et autres qui l'encombraient, repoussant le tout vers la table et le coin de la pièce. Amon pourra dormir la. Je me retournais vers lui, et voyant mieux les dégâts sous la lumière, je m'approchais pour toucher doucement de mes doigts la plaie qui couvre son front et son arcade. J'avais peur de lui faire mal, alors je n'insistais pas trop.

" Viens, je vais nettoyer tout ça dans la salle de bain. Après, tu pourras dormir tranquillement sur le matelas."

Sans même m'assurer qu'il me suivait, j'entrais dans ma salle de bain qui était la seule pièce vraiment en ordre. Une brosse à dents, une brosse à cheveux, et la panoplie de la parfaite infirmière. Crèmes en tout genres, bandages, médicaments. Quand on fait de la boxe, avec Amon qui plus est, il faut avoir de quoi survivre. Je fis couler l'eau pour me nettoyer les mains d'abord, je ne peux évidemment pas m'occuper de lui si mes mains sont pleines de sang. Une fois mes mains sèches, je sortis tout ce dont j'avais besoin sur le bord du lavabo.

Je rabaissais le couvercle de toilette, me tournant vers Amon ensuite.

" Bon. Assis-toi là, et laisse moi faire."

Ça sonnait comme un ordre, non? C'en était un. Il est pas en état de protester, de toute façon, et puis au plus vite j'aurais réparé son beau visage, au plus vite on pourra tout les deux plonger dans les bras de Morphée.

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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Mer 1 Fév - 19:26



Christmas For Two
ft. Sélène Mortiak


J'avais tendu la main vers Sélène, après avoir accepté de monter jusque chez elle. Je n'étais pas en état de rentrer chez moi et passer la nuit chez la jeune femme n'était pas l'idée la plus déplaisante qui soit, même si à un moment donné, mon cerveau allait rendre la chose déplaisante. Mais ça aurait été pareil au loft sauf que je n'aurais eu personne pour adoucir la chose. Ici, peut-être que la présence de Sélène aiderait un peu. Même si je savais d'avance que je n'allais pas demander son aide si elle ne le faisait pas d'initiative.

Après tout, si j'étais dans cet état, c'était ma faute et si j'avais pas été à moitié sonné, j'aurais déjà culpabilisé d'abuser de l'hospitalité de la jeune femme. Si j'avais été encore capable de réfléchir correctement, je me serais dit : « T'as mal, Amon ? C'est ta faute. T'as fait le con, assume. Tout seul. »

Sors de là. Tout seul. Et arrête de chialer.

Et je m'étais relevé. Mais cette fois, pas tout seul. Sélène m'avait tiré en avant et j'avais mis quelques secondes à stabiliser mon équilibre. Allez, j'étais reparti. Pas pour longtemps, mais j'étais reparti. Je souris à Sélène pour lui signaler que c'était bon, j'allais pas me retrouver à nouveau le cul à terre.

La jeune rouquine prit nos sacs et je ne protestai pas. La galanterie, c'était pour les gars qui se croyaient supérieurs aux femmes. Sélène et moi étions égaux, deux boxeurs et partenaires d'entraînement avant même d'être homme et femme. Alors les sacs, elle pouvait bien les porter puisque c'était elle qui était dans le meilleur état (ou le moins mauvais?), les portes, elle pouvait les ouvrir. Pour une fois, je pouvais bien suivre, plutôt que diriger. Un concept que je ne pouvais accepter qu'avec la tête comme une pastèque, apparemment.

Gravir les escaliers jusque-là fit battre le sang dans mes tempes et je me retrouvai vite essoufflé en plus d'avoir l'estomac au bord des lèvres.

Sélène avait pris de l'avance et quand elle s'arrêta au troisième palier, je ne sus retenir un soupir de soulagement en arrivant à sa hauteur. Quand elle ouvrit la porte, on se retrouva dans un espace pas beaucoup plus grand que le palier lui-même. Mais ce n'est pas tant le peu d'espace qui me sauta aux yeux, mais plutôt les amas de vêtements partout. Je ne pus me retenir de pouffer de rire.

-Quel bordel...

Elle avait déjà filé vers ce qui avait l'air d'être une chambre improvisée pour aller dégager un peu le matelas à même le sol. Moi, je restais là, debout, attendant de savoir ce que je pouvais faire, que Sélène me dise où était ma place, à regarder les alentours.

C'était peut-être minuscule, mais on pouvait dire clairement que quelqu'un vivait ici. Tandis que mon loft était grand, propre et bien rangé parce que je supportais pas quand quelque chose traînait, mais, du coup, tellement aseptisé que ça aurait été pareil si ça avait seulement été un loft d'exposition.

Une fois le matelas un peu dégagé, Sélène était revenue vers moi pour poser ses doigts délicieusement frais sur mon arcade. J'avais fermé les yeux, appréciant le contraste entre le contact du bout de ses doigts et la chaleur répandue par la proximité du corps de la jeune femme presque contre le mien.

Elle m'enjoignit de venir jusqu'à la salle de bain. Il n'y avait que deux pas à faire, vu la taille de son appartement. Mais je la suivis à mon rythme pour ensuite m'appuyer dans l'encadrement de la porte et la regarder sortir un tas de trucs des armoires avec un léger sourire aux lèvres. Personne avait jamais voulu s'occuper de moi comme ça... C'était quelque chose de nouveau...

Elle ferma le couvercle des chiottes et je vins, à son ordre, m'asseoir dessus sans broncher, les coudes appuyés sur les cuisses, les yeux plissés parce que la lumière me donnait mal au crâne. Elle demandait que je la laisse faire, j'allais la laisser faire, ne fusse que pour encore sentir sa peau si fraîche contre la mienne qui brûlait de douleur.

Quand elle s'y mit et que je sentis directement que ça me soulageai, je laissai passer, dans un soupir.

-Merci...

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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Mer 1 Fév - 21:12



Christmas For Two
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-Quel bordel...

Et il se retint un peu de rire, n'empêche que je l'entendais quand même se moquer. Alors, je porte le sac de monsieur, je lui déroule le tapis rouge jusque chez moi et je lui offre mon hospitalité, et lui il rigole? Je me tournais vers lui, le menaçant du regard, avant de continuer de débarrasser mon lit, pour lui en plus! J'hésite à le faire dormir dans la baignoire du coup... Bon, Sélène, arrête, c'est pas comme si tu décrivais cet endroit avec des mots plus élogieux.

Je lançais une dernière chemise derrière le matelas, me retournant vers Amon qui n'osait sûrement pas bouger de risque de mourir suite à une fracture ouverte du tibia causée par une chute involontaire sur un objet dissimulé sous une pile de vêtements de gonzesse. J'imagine déjà la tête du médecin qui s'occupera de lui dans ce cas là. Mais trêve de rigolade, c'était plus le moment de faire de l'humour, je voyais bien qu'il partait doucement à l'ouest, le crâne brûlant sous mes doigts. Pas le choix, il va falloir passer par la case "infirmerie" avant de pouvoir plonger dans le lit (hum.. matelas).

Je l'avais enjoins à poser ses fesses sur les sanitaires, plus pratique pour moi de m'occuper de sa tête, car debout je risque, de fatigue, perdre un bras et finir chez le même médecin que lui. La lumière le dérangeait, mais sans cela je ne pourrais pas le soigner convenablement, alors je me dépêchais de prendre un gant que j'humidifiais d'eau froide, rinçant son visage doucement. Je recommençais jusqu'à ce qu'il n'y ai plus de sang, abandonnant le gant sur le côté et débouchant une crème cicatrisante. Je lui pris le menton entre mes doigts et relevais sa tête pour que je puisse étaler la crème sur les blessures qui couvrent son visage un peu partout. J'insistais sur celle que j'avais moi-même causée, sur son front.

Comme lui un peu plus tôt, j'admirais le résultat. Bon... il est encore bleu, avec des pâtées de crème par ci par la sur la peau, mais au moins il ne saigne plus. Maintenant que ça s'était fait, je fis de même avec ses mains. Plus d’égratignures, moins de bleus, beaucoup de sang, je répétais le même scénario. C'est avec une grande prudence que je passais sur ses blessures, pour ne pas le faire souffrir davantage, moi-même un peu souffrante. Quand j'eu fini, j'exprimais un soupir de soulagement.

" Voila, fini. Tu va avoir une tête comme une patate quelques jours, mais tu n'auras pas de cicatrices."

Je lâchais le tube dans l'évier, m'appuyant sur son rebord, ma tête comme une toupie. Je vais m'écrouler également dans pas longtemps. Je m'abaissais pour me passer le visage a l'eau, peu m'importe que mes cheveux passent au lavage aussi, ils sont pleins de sang de toute façon. Je restais un moment les mains plaquées sur ma tête, incapable de bouger. Mes oreilles sifflent, mes yeux ne voient plus rien et mes jambes tremblent. Faux que je m'allonge.

" Bon.. on.. on va dormir?"

Ma voix tremblait, je n'arrivais pas a garder les yeux ouvert, alors j’éteignis la lumière de la salle de bain, avançant à tâtons vers ma chambre improvisée.

"Je n'ai qu'un matelas, mais un matelas deux personnes, alors on se le partage, on ferra un effort! Je prends pas beaucoup de place, et j'ai pas l'intention de beaucoup bouger cette nuit, rien que marcher ça me coupe les jambes."

Je n'étais pas sûre si je l'avais dis à voix haute ou non, seul un son étouffé me parvenant jusqu'au cerveau. Je bégayais, alors c'est peut-être même pas français ce que j'ai dis. Tant pis. J’atterrissais sur les genoux, me laissant aller vers l'avant pour m'écraser comme une crêpe sur le lit. Je restais près du bord pour laisser le reste a Amon, je ne vais pas tomber de haut et au pire une pile de vêtements m’accueillera a bras ouvert. Les yeux toujours fermés, je commençais à partir dans une somnolence, mon corps ne réagissant plus du tout à ce que je lui demandais.

Je dois encore donner une couverture à Amon, et prendre la mienne, car j'ai froid...

...Il veut peut-être manger un truc?... Ha non, il voulait pas.

Et... s'il veut dormir ... du côté où ... je me trouve?

Pas... la peine... il se débrouille...

Je.. lui ai rien... offert... en retour


Trop de questions, je m'endormis comme un bébé.

@ Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Christmas For Two (1976) [PV Sélène][TERMINE]   Ven 3 Fév - 14:44



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Ouais, je n'avais pas pu faire autrement que de rigoler un peu quand j'avais vu le bordel que pouvait foutre une aussi petite créature que Sélène. Enfin soit... Je ne rigolai pas longtemps car une fois son matelas dégagé (le bordel ayant juste été déplacé et pas rangé, mais dans l'état où on était, au diable le rangement!), elle était revenue vers moi avant de me dire d'aller à la salle de bain.

Je l'avais suivie, m'étais assis sur les chiottes et l'avais laissée faire. Elle avait nettoyé mon visage et j'avais gardé le silence, me contentant d'imprimer tous les traits de son visage dans mon esprit brouillé. Elle était si proche et pourtant comme inaccessible. Je la rendais inaccessible pour moi-même, parce que ma vie était aussi bien rangée que mon loft, bien cloisonnée. J'y avais déjà pensé un peu plus tôt alors que Sélène était apparue dans la salle de sport à un moment où j'étais en plein dans une réflexion sur des choses de ma vie privée et qui ne regardaient donc que moi.

Elle avait ébranlé un peu les fondations. Et maintenant, je me retrouvais dans son appartement avec ses lèvres à portée des miennes.

Mais non. Si je ne voulais pas que tout s'écroule, j'avais intérêt à me retenir... Et à maintenir les cases « vie privée », « travail » et « boxe » bien séparées les unes des autres.

Je n'avais pas conscience que je ne faisais que retarder l'échéance d'événements inévitables, comme si tout était écrit d'avance, quoi qu'on fasse. Comme si, peut importe le temps que ça prend ou comment on y arrive, qu'on le veuille ou pas, on était sensé aboutir quelque part, sans pouvoir l'éviter.

J'avais juste l'impression que j'allais m'endormir là, assis, sous le contact de ses doigts couverts de crème.

Je ne sortis de cette douce somnolence que lorsque j'entendis le tube de pommade atterrir dans l'évier. Le genre de bruit que j'aurais pas pu entendre s'il y avait eu un peu de brouhaha à cause de mon tympan blessé depuis des années. Sans être sourd (loin de là), il m'arrivait de devoir faire répéter les gens quand une conversation se déroulait dans un environnement bruyant ou de ne pas entendre quand on m'appelait. De même que quand je parlais, j'avais tendance à parler trop fort... Et à devoir changer le cornet du téléphone de main pour le coller contre la bonne oreille. Enfin soit...

De toute façon, depuis le temps, je m'en rendais plus vraiment compte et tant pis pour ce que j'entendais pas et en plus, je palliais en lisant sur les lèvres des gens les syllabes qui me manquaient. En général, les gens s'en apercevaient même pas. Je vivais avec ça comme je vivais avec le fait de ne pas connaître ma gauche de ma droite et d'avoir du mal à lire l'heure. Tout simplement en ayant trouvé une autre façon de m'y retrouver.

Je souris à la jeune femme quand elle affirma que je n'aurais pas de cicatrices.

-Cool... Et merci.

Je hochai la tête. Ouais, je voulais bien essayer de dormir. M'allonger ce serait déjà pas mal.

Je la suivis jusqu'à sa chambre. Elle ne pouvait pas le voir parce qu'elle marchait devant moi, mais comme je la voyais tituber à cause de la fatigue, je me tenais prêt à la rattraper si elle s'endormait en chemin et en parlant...

-Ouais. Pas de problème...

J'avais répondu ainsi à sa proposition de dormir sur le même matelas. C'était pas vraiment comme si on était en état de faire autre chose que dormir... Et c'était pas comme si on en avait l'intention non plus!

Elle s'était écroulée sur le matelas et je m'étais installé à côté d'elle, sans contact, sur le dos, en fermant les yeux pour essayer de calmer le battement dans mes tempes.

Je crois qu'il ne se passa pas une minute avant que j'entende la respiration de Sélène ralentir pour devenir presque imperceptible. Je souris vaguement en pensant qu'à une époque, quand j'étais tout môme et que je partageai ma chambre clandestinement avec Freiya, j'avais tendance à me réveiller la nuit, à ne pas l'entendre respirer et à mettre mon index sous son nez en tremblant de stress, pour être sûr qu'elle respirait encore.

J'étais presque endormi quand je sentis vaguement Sélène rouler vers moi, probablement parce qu'étant plus lourd qu'elle, je créais une pente dans le matelas, de mon côté, et qu'elle avait roulé dedans, se retrouvant tout contre moi.

Vaguement conscient de ce que je faisais, j'avais simplement passé mon bras sous sa tête, pour qu'elle soit blottie dans le creux de mon épaule, dans une position plus confortable.

Et ce fut génial. Pendant deux heures. Avant que les premiers symptômes de la commotion ne nous fasse passé une fin de nuit merdique.

Mais ensemble.

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