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 [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]

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Sonne Ferguson


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MessageSujet: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Ven 27 Jan - 21:24



Du rêve au cauchemar
ft.  River Moriarty





Il y a de ces jours. Vous savez, ceux qu’à peine vous ouvrez l’œil au petit matin et vous flairez déjà que ce sera une journée pourrie ?  C’est exactement ce genre de journée que je vivais. Le karma s’acharnait sur moi depuis la toute première heure de la journée et ne semblait pas prêt à me lâcher rendu  en fin de soirée. Mais à quoi pouvais-je m’attendre vraiment pour un vendredi treize, soir de pleine lune qui plus est !


Alan me faisait une de ces crises. Il avait des crampes de bébés qui ne passaient pas. J’avais beau le coller tout contre moi, lui chanter des mélodies toutes douces, rien n’y faisait. Je finis donc par appeler  Anna, cette jeune ado  du cartier, la seule apte au babysitting et dont les parents ne rechignaient pas à ce qu’elle dorme chez moi, vu l’heure à laquelle je rentrais la nuit. Elle ne demandait pas trop cher de l’heure et en échange, elle avait droit a un esquimaux et disons que je faisais semblant de ne pas savoir qu’elle profitait  du fait qu’Alan dormait pour faire venir son petit copain et passer le reste de la soirée a lui rouler des pelles sur mon canapé.  Fallait bien que jeunesse ce passe !


Quand elle arriva,  je venais de calmer Alan et de le mettre au lit. Mais je n’étais pas au bout de mes peines puisque je venais de réaliser que je n’avais plus assez de couches jetables et en prime, je venais de déchirer mon bas résille et je n’en avais plus dans ma loge au club ! Il fallait que j’aille faire un aller retour express au centre commercial, que je revienne à la maison pour finalement foncer au club. J’anticipais déjà la réaction de Viny fasse à mon retard. Il allait me servir une de ses phrases toutes faites quant à ma gestion de mon temps.


Je me stationnais le plus près possible de l’entrée principale. Mais comme c’était vendredi,  le plus près de l’entrée voulait dire à environ cinq minutes au pas de courses de la porte. Le centre commercial était bondé, je me faufilais en jouant du coude et j’entrais dans la première pharmacie tout juste au premier tournant de l’aile A. Un sachet de couches jetables sous le bras et un peu de patience en moins, je payais mon achat et sortie pour me diriger vers la boutique de lingerie qui faisait affaire avec le club. J’aurais bien pu prendre mes bas à la pharmacie puisqu’ils en avaient, mais j’aurais droit a une escompte non négligeable si j’allais à la boutique et j’en prendrais probablement plusieurs paires, pour la cause.


Un peu avant la boutique de lingerie, un stand avait été monté et offrait aux gens des dégustations de soupes à boire. Bon sang ce que ça tombait pile ! Je n’avais pas prit le temps de manger et j’avais l’estomac dans les talons. On me servit dans un verre en styromousse une belle louche de soupe aux tomates bien fumante.  Elle serait juste à point en sortant de la boutique.  J’y entrais donc, pris quelques paires de bas, procédais à l’achat et sortie, fière de m’en être pas si mal sortie, un verre de soupe à la main en prime. Je refis le chemin à l’inverse dans le mail  et alors que je tournais le coin de la pharmacie, je fonçais dans un homme lui vidant le contenu de mon verre dessus.


Je pouvais lire la confusion dans son regard, de la colère possiblement. Il me transperça de son regard bleu clair. Je cru bien qu’il venait de me sonder jusqu’au plus profond de mon âme.  Sa mâchoire arborant une barde de quelques jours  se crispa et un rictus plus ou moins sympathique orna la fin de se tableau.  



- Je vous demande pardon ! Oh mon dieu !  Votre veste blanche  est fichue par ma faute !


Je laissais tomber sur le sol le paquet de couche jetables et mon sac de lingerie et je fouillais dans mon sac à main pour en sortir un paquet de lingette pré humidifiées.   Et sans trop penser à ce que je faisais, je commençais à frotter la soupe sur la veste de l’inconnu.  La situation était bien déjà assez catastrophique,  ajoutez à cela que je frottais frénétiquement  la hanches d’un inconnu qui continuait à me dévisager.  Et, ajoutant au facteur stress, on annonça par les hauts parleurs la fermeture imminente du centre d’achat vu l’heure tardive.


- Oh ! Merde ! Il est quelle heure ?


Je pris le poignet de l’homme et  regardais sa montre. Un peu plus un peu moins, je n’en étais plus à une indiscrétion près  vis-à-vis ma malheureuse victime qui semblait commencer à s’amuser de la situation. Je lui plaçais le paquet de lingette dans la main et, sortant un stylo de mon sac, essayais tant bien que mal de griffonner mon numéro de téléphone sur l’emballage.  Bien entendu, puisqu’il était plastifié,  je ne parvinsse qu’à le percer légèrement.


- Écoutez… Je suis navrée ! Je paierai le nettoyage… ou  vous rembourserai l’achat d’une nouvelle veste !


Je  me penchais et ramassais les couches et le sac de lingerie et commençais à marché vers la sortit puis, me retournant vers l’homme, je criais :


-  Chercher le Golden Nipples Club et demandez Crystal !  Je vous rembourserai ! Je le jure !!


J’avais bien l’intention de le faire.  C’était la moindre des choses mais je n’avais pas le temps de rester, chercher un papier, lui noter mes infos, il était tard; j’avais perdue un temps fou en lui frottant la hanche. Et je m’en voulais, bien évidemment ! Pour une fois que je me payais le fantasme de caresser un inconnu, je n’en avais même pas profité ! Quelle poisse !
Plusieurs heures plus tard, quand j’eu enfin prit ma douche, après une soirée plus que mouvementé au club, je me glissais sous les draps, totalement exténuée et il n’en fallu pas long pour que je m’endorme.


Quand je me réveillais, je me trouvais au beau milieu de nulle part. Une vallée déserte sous un ciel gris et menaçant.  Je me pinçais, une fois, puis deux. Aïe !  Mais comment avais-je pu passer de mon lit douillet à cette vallée dénudée ?  J’avançais tout doucement, prenant garde là où je mettais les pieds.  J’avais froid, vraiment très froid. Bien entendu, je ne portais que la chemise qu’Axel avait laissée chez moi pour ces soirs ou il finissait trop tard et que ses bras me manquaient. Un petit  compromit pas trop mal pensé.  Je serrais mes bras contre ma poitrine, cherchant à gagner un peu de ma propre chaleur et j’avançais toujours. Il me sembla que je marchais depuis des heures et je ne croisais personne. Le tonnerre gronda au loin faisant naître un soupçon de panique en mois.  Je voulais rentrer, me réveiller, qu’importe ! Mais  ne pas rester là me semblais déjà une assez bonne idée.  Sous mes pieds, le gazon fit place au bitume et mon décor se changea pour le centre ville de Los Angeles, complètement abandonné. Des voitures laissées en marche, portières ouvertes, une poupée sur le sol semblait triste sans la fillette qui la possédait.  



- Ohé ! Il y a quelqu’un dans mon délire ? hurlais-je.


Personne. Personne sauf une silhouette au loin qui me faisait face. Soulagée quoi que non rassurée, j’accélérais le pas pour  rejoindre et, une fois à sa hauteur, je fus heureuse de reconnaitre ma victime du centre d’achat.



- Wow… c’est une étrange de coïncidence de vous rencontrer de nouveau… Vous savez comment on sort d’ici ?  






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Dernière édition par Sonne Ferguson le Jeu 16 Fév - 2:55, édité 1 fois
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River Moriarty


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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Sam 28 Jan - 14:45



Du rêve au cauchemar
ft. Sonne Ferguson


Los Angeles... Mon terrain de jeu... Mon terrain de jeu depuis peut-être trop longtemps. La crasse sur le béton craquait sous mes bottes à chaque pas que je faisais, le seul bruit dans cette ville désormais déserte. Les voitures arrêtées en plein milieu des chaussées et autres grandes avenues de cette ville autrefois grouillante d'humains, de vie, de rires et d'espoirs, désormais à mon image, vide et silencieuse, témoignait que l'Apocalypse était passé par là.

J'étais l'Apocalypse.

Pourtant, les gens étaient encore bien là, pourrissants, purulents de vers affamés et de mouches vrombissantes. Ils étaient tous là, où je les avaient remis, incarnant autant de scènes de la vie quotidienne dans un calme pourtant mystique. Un repas de famille, deux amants faisant l'amour, un enfant jouant avec son chien dans un terrain vague, The Lightening, sur scène, applaudit par un public gonflé, verdâtre et puant.

J'avais tout remis en place. J'avais reproduit tout ce que je connaissais de Los Angeles.

J'étais un artiste, peintre de cette ère nouvelle qui se souvenait de celle que j'avais révolue.

Le spectacle que j'avais créé se trouvait partout si l'on ouvrait les yeux, si l'on rentrait dans les habitations.

J'étais arrivé, j'avais pris les choses en main et... les gens s'étaient arrêtés de courir. J'avais frappé du poing sur un grand bouton « pause ».

Cela avait été du travail, une longue et agréable chasse. Une fièvre créative enivrante. J'étais un dieu qui donnait la mort aux vivants et la vie aux morts.  

Mais maintenant, il n'y avait plus personne.

J'étais un peintre sans peinture. Et mes œuvres les plus anciennes tombaient déjà en poussière, éphémères.

J'errai dans la ville, entre les carcasses des voitures abandonnées par leurs propriétaires effrayés et dont les moteurs tournaient toujours sans produire aucun son. Mes grands yeux clairs étaient la seule touche de couleur qui restait dans ce monde couvert de la poudre grise du temps qui passait, inexorable.

Et soudain, une voix résonna, loin et proche, forte et faible.

Ohé ! Il y a quelqu’un dans mon délire ?

Mes yeux se fixèrent devant moi, un sourire illumina mon visage trop blanc. Je chuchotai pour moi-même.

-Un visiteur... Un visiteur pour voir mon œuvre.

Je passai ma langue sur mes lèvres déjà humides d'excitation.

La silhouette frêle, fragile, se rapprocha rapidement. Parcourant en une seconde le kilomètre qui nous séparait.

Une jeune femme se retrouva alors devant moi, soulagée, heureuse, mais effrayée aussi. Je devais trouver le moyen de figer cette expression à jamais.

Wow… c’est une étrange de coïncidence de vous rencontrer de nouveau… Vous savez comment on sort d’ici ?  

Mon sourire s'allongea.

-On ne sort pas d'ici.

Je lui tendis la main.

-Je suis ravi de vous revoir, Sonne. Permettez-moi de vous faire visiter les méandres de mon esprit.

Je lui fis un clin d’œil.

-J'ai un tas de gens à vous présenter.

@ Billy Lighter




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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Mer 1 Fév - 1:48



Du rêve au cauchemar
ft.  River Moriarty





Je fronçais les sourcils quand il prononça mon prénom. Je n’avais aucun souvenir de le lui avoir dit et le calme qui émanait de lui me faisait l’effet inverse.  Je peinais à récupérer une respiration constante et ses mots « On ne sort pas d’ici » allaient et venaient dans ma tête en un rythme incessant frôlant la folie.  Que voulait-il dire exactement par là ? Nous y étions entrés, nous pouvions donc en sortir.


Je regardais sa main tendu et sans trop savoir pourquoi, j’y glissais la mienne.  Étrangement, il exerçait un ascendant sur moi, prenant un certain contrôle sur mes faits et gestes. Je le suivais, l’écoutant sans broncher, comme si j’étais plongé dans un somnambulisme conscient.   Des gens.  Il veut me présenter à des gens ? Qui sont-ils ?


Et cette odeur qui plane, s’infiltrant dans mes narines, envahissant mes poumons et se répercutant dans mon cerveau comme un gaz hallucinogène.  La putréfaction de corps grouillant de vers pour certains, pendu au bout de leurs entrailles pour d’autres. Le spectacle  d’une horreur infinie s’étalait maintenant clairement sous mes yeux mais pourtant, ma main dans la sienne, je n’étais pas effrayé. J’étais possédée.


Nous avancions d’un pas léger, comme si nous flottions à quelques centimètres à peine du sol. Je remarquais que mes habits n’étaient plus les mêmes. Je portais maintenant une robe, digne des plus belles robes d’époque. Une crinoline blanche en soie dont le haut, brodé de centaines de petites pierres précieuses rouges, dénudait complètement mes épaules.


Un frisson me parcourra l’épine dorsale et je cessais d’avancer. Mon compagnon stoppa lui aussi et se tourna vers moi, me souriant de toutes ses dents. J’avais horriblement mal aux pieds et l’air devenait de plus en plus irrespirable.



- Où sont donc tous ces gens dont vous me parliez ?


Pour toute réponse, il me désigna le sol et c’est avec horreur que je constatais que nous marchions sur une rivière gelée et qu’on pouvait voir sous la glace, des gens qui ne noyaient.  L’oxygène s’évadant de leur bouche en  de grosses bulles, hommes, femme et enfants, personnes ne trouveraient de merci.


Mon guide riait à gorge déployée, et son rire se répercutait en écho, nous revenant amplifié, plus machiavélique qu’à l’origine. Il reprit mon bras et ne me laissa point le choix de le suivre. Il avançait d’un pas décidé et moi, peinant à ne point perdre pied dans les pans de ma robe,  cherchait toujours à retrouver mon souffle.


Il poussa la porte de ce qui me semblait être un grand théâtre et me fit passer devant dans un geste brusque. Il se tenait si près, derrière moi que je n’eu d’autre choix que de continuer d’avancer. L’endroit était étouffant et je redoutais le pire. Avec tout ce que j’avais vu au dehors,  le pire ne pouvait que venir.


Ma robe se déchirait chaque fois qu’elle restait prise  sur des  planches de bois, des sièges renversés mais je n’avais d’autre choix que de tirer dessus pour continue d’avancer. L’homme se tenait toujours tout près de moi.


Enfin, au centre du théâtre, là ou avant devait en principe se tenir l’orchestre, une table avait été mise. Des couverts en or, un chandelier massif et des verres de cistal. Je pris place sur la chaise devant moi et c’est alors qu’il plaça c’est main glaciale sur mes épaules nues.  Je pouvais sentir comment il faisait rouler ses phalanges alors que ses doigts me massaient douloureusement.  J’étais clouée sur ma chaise, complètement sous son joug.






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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Mer 1 Fév - 20:42



Du rêve au cauchemar
ft. Sonne Ferguson


Elle avait pris ma main tendue et l'excitation était montée en moi dès que j'avais sentis la chaleur de sa peau dans ma main extrêmement froide et blanche. Elle allait me suivre, elle n'avait pas d'autre choix et en même temps, elle avait tous les choix. J'allais lui faire voir mon monde.

Je partis d'un pas sûr. Je savais où je devais aller. Un grand spectacle était prévu ce soir et alors que je jetai un bref coup d’œil vers Sonne, celle-ci fut revêtue instantanément d'une robe adéquate pour ce genre d’événement, poupée de porcelaine fragile.

Je zigzaguai entre les voitures abandonnées, couvertes de poussière de béton et dont le moteur vrombissait toujours... Jusqu'à aboutir sur une rivière gelée. Sous la glace, des gens cherchaient désespérément un oxygène qu'ils ne trouveraient jamais. Je les avais désignés à Sonne lorsqu'elle m'avait demandé où étaient les gens dont je lui avais parlé.

Je la regardai de mes grands yeux bleus avides baisser les yeux au sol et son regard s'emplir d'horreur. J'éclatai de rire devant tant d'émotions, déjà, alors que nous venions à peine de commencer ce voyage.

J'attendis qu'elle repose son attention sur moi pour lui murmurer, dans un pur contraste avec mon éclat de rire soudain :

-Mais ceux-là n'ont pas réussi. Allons voir les vrais acteurs de L.A.

J'attrapai son bras pour la tirer plus vivement en avant, sans me soucier de la voir trébucher. Nos pas nous menèrent jusqu'à un grand théâtre antique duquel je poussai les immenses portes d'un seul geste de la main. Je la tirai jusqu'à la scène, éclairée par un spot solitaire et l'installai à une table, sur une chaise unique, dressée comme pour un repas copieux. Mais l'assiette était vide.

Je me plaçai derrière elle, mes mains glacées sur ses épaules. Je serrai et je serrai fort, complètement excité par ce qui allait suivre. J'avais vu ce spectacle des milliers de fois, mais jamais je ne m'en lasserais, sans jamais rêver d'en devenir un acteur moi-même.

Je lâchai une seconde les épaules de Sonne et frappai trois fois, lentement, dans mes mains. Le spot unique qui nous illuminait s'éteignit et c'est le grand espace vide où était sensé se tenir le public qui apparut dans la lumière.

Puis, replaçant mes mains sur ses épaules, me penchai jusqu'à ce que ma bouche arrive à hauteur de son oreille délicate.

-Que le spectacle commence...

Alors, dans un long vrombissement sourd, un géant apparu au plafond. Un géant blond aux yeux bleu-vert, cigare calé entre ses lèvres. On ne pouvait voir de son corps que son visage, ses bras et ce jusqu'au milieu du torse. Il était vêtu d'un costume vert imprimé du symbole dollar répété un million de fois.

De ses doigts habiles tombèrent des fils et au bout de ces fils, autant de marionnettes cadavériques à qui le géant faisait faire ce que bon lui semblait.

Apparut alors le seul macchabée capable de se mouvoir seul, indépendamment de la volonté du géant. Il était aussi le seul à posséder un masque blanc et souriant qui cachait son visage en putréfaction, mais, bien que sa carrure fut plus mince, ses cheveux noirs filasses étaient forts semblables aux miens.

Se plaçant au milieu de la fosse, il écarta les bras dans un geste triomphal et s'adressa à nous, son public. Un large sourire déchirait mon visage très pâle en deux, dans l'expectative de ce qui allait suivre.

Le cadavre masqué aux cheveux noirs s'inclina une fois côté cour, une fois côté jardin, avant de saluer le centre où nous nous trouvions.

-Mesdames, messieurs, Sonne... Bienvenue à L.A.!

Il se retira, désignant alors de ses deux mains les marionnettes en putréfaction tout en s'éclipsant.

Et les doigts du géant blond se mirent à jouer.

Plusieurs marionnettes entrèrent alors en scène, Quatre jeunes hommes jouaient silencieusement sur des instruments de musique sans cordes ni peaux. Mais malgré tout, la musique s'éleva dans les airs.



Le chanteur/guitariste était aveugle, un magma bleu vert lui coulant des orbites.

Pendant la chanson, un cadavre aux allures de rockstar avec des cheveux roux criblés d'asticots en bataille et les yeux cernés de maquillage noir qui trahissait qu'il avait pleuré fut poussé du plafond par le géant. Le cadavre essaya, dans sa chute, de s'enflammer tel un Phoenix, mais éclata tout de même au sol tel une pastèque trop mûre dont des éclaboussures vinrent garnir l'assiette en or devant mon invitée.

Puis une autre marionnette avait fait son entrée en scène, parlant très fort en faisant de grands gestes avec les mains et les oreilles du chanteur avait explosé si fort que des bouts de chaires tendres avaient atterri sur le doux visage de Sonne, ainsi qu'une partie dans son assiette.

Le géant avait alors coupé, comme par magie, les fils qui le reliaient aux trois musiciens, leur cadavres purulents s'écroulant par terre. Instantanément, des nuées de mouches affamées avaient recouvert les corps définitivement sans vie, ne laissant que l'homme brun qui parlait toujours fort et avec les mains, réclamant la gloire qui lui revenait, tandis que le chanteur, agenouillé à terre, ses oreilles réduites à de pauvres moignons sanglants, pleurait des larmes de sang.

Les rideaux de fermèrent et j'applaudis comme un vrai fan, tel un enfant devant son héro préféré !

-Applaudissez, Sonne ! Applaudissez les artistes!

Ma voix était forte, criarde, à la hauteur du spectacle délicieux qui venait de se dérouler devant mes yeux.

Je caressai le dossier de la chaise de Sonne, puis son épaule, alors que je faisais le tour de la table pour me retrouver en face d'elle, l'assiette dorée maintenant pleine de sanglantes victuailles et pourritures.

Je plongeai mes yeux de glace dans ceux de Sonne tandis que je venais prendre sa fourchette pour cueillir un peu de ce qui garnissait l'assiette. Puis, d'une voix excitée, j'affirmai.

-Magnifique, n'est-ce pas ? Que de talent ! Que de magie ! Et ce n'est que le premier acte, d'autres sont à suivre.

J'enfournai alors une bonne bouchée de gruaux de chaires et de cartilage sanglants dans ma bouche, avant de réitérer l'opération en voulant cette fois enfourner la fourchette dans celle de la jeune femme.

-Allez, ouvrez grand. Je peux faire l'avion, si vous voulez.

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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Jeu 2 Fév - 4:03



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Spoiler:
 




*Ce n’est qu’un rêve Sonne ! Ce n’est qu’un rêve !* J’avais beau me le répéter, pourtant,  la douleur que me procuraient les mains cadavérique de mon Maître de cérémonie ne parvenaient pas à me réveiller.  Je sursautais quand il frappa dans ses mains et qu’il me susurra de ça voix glaciale que le spectacle allait commencer.


Un son assourdissant envahit le théâtre et un géant surplomba la scène depuis le plafond, tenant plusieurs fils desquels tenaient de pauvres marionnettes. Une seule se démarquait par son autonomie et  je compris qu’il devait s’agir du présentateur. Des larmes silencieuses coulèrent tout doucement le long de mes joues. J’avais à ce point peur que j’étais incapable de bouger.  



- Mesdames, messieurs, Sonne… Bienvenue à  LA.!


Une première marionnette fut lancée sur scène et je compris  avec horreur que je le connaissais. Je voulu me levé hurlant son nom ATTICUUUUUS ! mais des liens de cuire sanguinolent  sortirent du sol et vinrent enserrer les bras de mon fauteuil, mes poignets compris, me gardant captive et complètement impuissante. Mon ex amant vînt s’écraser lourdement sur la scène et sa tête éclata, projetant des morceaux de chair  jusque sur moi.  Je fermais les yeux un instant priant pour qu’en les ouvrant, tout ceci aurait disparu.  Il n’en fut rien.


Combien de temps tout ceci aller durer encore ? Que me réservait-il ? Qui d’autre serait sa malheureuse victime ? Il y avait déjà tous ces gens dehors, d’innocentes victimes d’un délire carnassier.  Les cadavres des musiciens s’écrasèrent sur le sol, libérant hordes de mouches qui tournoyaient au dessus d’eux. Les rideaux fermèrent et le Maître de cérémonie s’en extasia.  



- Applaudissez, Sonne ! Applaudissez les artistes !


- Non !!! Pitié… Non ! Je veux rentrer chez moi…pitié !


J’aurais  tout aussi bien pu ne rien dire que je n’aurais obtenue différente réaction.  Mon Maître de cérémonie passait ses mains sur le dossier de ma chaise pour revenir sur mon épaule, provocant, tel une onde de choc, une douleur lancinante qui bourdonna jusque dans ma tête.  De sa démarche presque céleste, il me contourna, me toisant de son regard pénétrant.


Dans l’écho de mon silence, plus qu’un état d’urgence. J’étais à peu près certaine qu’il avait un plan bien précis de la suite des choses et que je n’étais pas là uniquement en tant que spectatrice. Il  se saisi de ma fourchette, picorant avec appétit dans l’assiette rempli de reste du rocker.



- Magnifique, n’est-ce pas ? Que de talent ! Que de magie ! Et ce n’est que le premier acte, d’autres sont à suivre.


- Pitié…  je ferai tout ce que vous voudrai…mais faite que tout cela cesse !


Pour toute réponse, il se délecta du repas en avalant une bonne bouchée de chaire. Je n’étais même pas certaine que le cadavre d’Atticus était déjà refroidi que ce monstre en dégustait la cervelle.  Je fus prise de nausée, ma tête tournait et mes yeux s’embrumaient de larmes.


- Allez, ouvrez grand. Je peux faire l’avion, si vous voulez.


J’allais vomir ! Complètement paniqué, je tirais sur mes liens, tentant désespérément de me lever. Je tirais si fort que le sang fini par couler de mes poignets.  Je cru que dans l’espoir de mon désespoir, j’en étais venu par lacérer ma peau  avec les ganses de cuire mais je compris qu’en fait, j’étais attachés avec des boyaux humains, les propriétaires couchés sur le sol de chaque côté de moi souffraient d’atroces douleurs chaque fois que je  tentais de fuir, sur leur bouche, un épais morceau de cuir couvrant la moindre de leur plaintes.


Je hurlais à plein poumon, et tournais frénétiquement la tête  de gauche à droite afin d’éviter la dégustation du choix du chef.  Rien à faire. Le Maître de cérémonie aurait le dessus sur moi que je le veuille ou non.






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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Ven 3 Fév - 18:14



Du rêve au cauchemar
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Si moi j'étais amusé au point que l'excitation me faisait suer des perles de transpiration immondes, Sonne, elle, était terrifiée. Et cela ne m'amusait qu'encore plus, provoquant chez moi une érection qui témoignait du plaisir que ce spectacle morbide me procurait, le plaisir que sa terreur m'inspirait.

Les lourds rideaux rouges marquèrent la fin du premier acte et le théâtre replongea dans le silence si ce n'était ma voix stridente d'enthousiasme et d'impatience que le spectacle continue. Mais en attendant, l'entracte nous offrait son lot de friandises sanglantes qui s'étaient répandues en éclaboussures dans l'assiette dorée de mon invitée.

Elle était désormais autant ma prisonnière que mon invitée, ses poignets retenus par les boyaux d'inconnus sacrifiés tout entiers sur l'autel de Los Angeles. Face à elle, ignorant ses plaintes et supplications, j'avais pris une bonne bouchée de chaire, mastiquant bruyamment.

J'en avais ensuite pris une deuxième que j'avais tendue vers Sonne, dégoûtée et à deux doigts de pleurer, ce qui me faisait sourire alors que je m'obstinais à mâcher un morceau de cartilage récalcitrant comme s'il s'était agit d'un chewing-gum.

Sonne avait alors essayé de bouger, de se défendre, de fuir. Ses poignets se lacérèrent et de longues plaintes étouffées déchirèrent le silence, les plaintes de ceux à ses pieds qu'elle faisait souffrir. Par sa peur, elle devenait bourreau d'elle-même, mais aussi des autres.

Comme pour les couvrir, elle hurla alors et je fermai doucement les yeux pour apprécier ce moment, la fourchette toujours tournée vers elle, comme s'il s'était agit d'un magnifique opéra. Je fermai les yeux pour n'en perdre aucune nuance, pour visualiser ses cordes vocales se déchirer et le sang lui emplir la gorge.

Je rouvris les yeux alors qu'elle reprenait son souffle pour la voir tourner frénétiquement la tête et essayer d'échapper à l'inévitable. D'un geste rapide et précis, je posai alors ma main froide et blanche à plat sur le sommet de son crâne pour l'immobiliser. Avant de tirer sur ses cheveux.

Lorsqu'elle ouvrit la bouche pour crier, je lui enfournai la fourchette pleine de chaires sanglantes et de pourriture puis je réitérai l'opération, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus d'autre choix que d'avaler la mixture. Je ne m'arrêtai que lorsque l'assiette fut vide.

Alors, les rideaux s'ouvrirent à nouveau et le géant marionnettiste réapparut, de même que le maigre présentateur au masque blanc. Le décor était semblable à celui d'une arène antique.

Le présentateur reprit, enthousiaste :

-Derrière les murs de notre mère à tous, Los Angeles, se déroulent des combats acharnés et sans fin, Sonne ! Sur fond de mots magnifiques et alambiqués, de stratégies fines et de mensonges, tous se déchirent, peu importe le prix.

Il se retira à nouveau côté cour, toujours courbé tel un majordome docile dont seul le masque cachait le sourire sadique.

Sous les doigts souples du géant, tirés par des cadavres pourrissants et hurlants, deux chars antiques apparurent pour tournoyer dans la fosse transformée en arène pour l'occasion. Le sable était projeté jusqu'à nous sur leur passage.

Tenant les rênes d'un char rouge et or rutilant se tenait, majestueux et fier, l'homme purulent parlant fort et avec de grands gestes, avide de gloire, du premier acte. Au bout de ses rênes, trois morts.

En tête, un jeune homme aux longs cheveux blonds couverts de sang, semblant ne courir qu'à contre cœur, comme s'il ne comprenait même pas ce qui lui arrivait. A ses côtés, deux hommes, jeunes eux aussi mais à la tête disproportionnée par rapport à leurs corps, jouaient des coudes alors que de la fumée sortait de leurs nez.

L'autre char, vert et or, dirigé d'une main ferme par un homme aux cheveux bouclés très grand et très fin, qui aurait été raffiné si sa peau putréfiée n'était pas en train de se décoller de son visage et si ses muscles n'étaient pas si mous qu'ils s’affaissaient, était, lui, tiré par trois macchabées également.

L'un était petit, brun et fourbe, des mouches immondes lui sortant de la bouche comme autant de mensonges. Un autre était grand, très fin, bouclé, désarticulé et de son crâne ouvert pendait une partie de sa cervelle multicolore. Le troisième cadavre attelé était celui d'une femme qui aurait été belle si sa peau n'avait été molle et jaune, comme si son foie avait rendu l'âme bien avant sa mort totale.

Sous les impulsions du géant, les chars attelés s'affrontaient... Mais sans parvenir à jamais se départager, semblait-il. Ils se ruaient l'un sur l'autre, les cadavres attelés se déchirant au passage de grands lambeaux de chaires putréfiées qui éclaboussait les gradins de pierre.

Sur lesdits gradins autour de l'arène, un autre spectateur avait pris place : un grand viking aux cheveux mi-longs blond foncé, une carrure de boxeur, entouré de vautours criards. Un grand trou cicatrisé se tenait en lieu et place de son cœur, comme arraché depuis bien longtemps. Concentré, il trempait frénétiquement le bout de son index dans le sang et les tripes que le combat au centre de l'arène avait éjectés jusqu'à lui. Puis, tout aussi rapidement, il écrivait des choses en lettres de sang sur de la peau humaine qu'il avait apportée avec lui, avant de lancer ses articles vers les vautours qui s'en repaissaient.

Chiquant toujours mon morceau de cartilage qui me restait en bouche, je ricanai, mes yeux suivant le combat des chars avec des mouvements erratiques.

Mais aucun des deux cavaliers n'arrivait à surmonter l’autre, leurs morts attelés s'acharnant les un sur les autres dans un combat qui semblait vouloir durer pour l'éternité.

Alors je me saisis d'une bouteille de bière vide qui était désormais sur la table et la lançai de toute mes forces en hurlant de rire.

La bouteille atteignit et tua un vautour en se brisant, sans que cela ne fasse broncher le moins du monde le viking.

Le temps s'arrêta une seconde.

Puis, les charognards se mirent en colère.

Et d'un seul envol, ils se jetèrent sur les chars, tant cavaliers que bêtes attelées, les dévorant mort-vivants, déchiquetant leurs boyaux à même leur ventre.

J'applaudis comme un fou à la vue de ce festin, me tenant debout, aussi droit que mon sexe dur coincé dans mon pantalon noir trop serré.

Le géant ne cessa de bouger que lorsqu'il ne resta plus que des os de chacun des protagonistes, y compris le scribe viking. Ne restait plus alors que les cris satisfaits des vautours repus lorsque le rideau rouge sang cacha de nouveau la fosse à notre vue.

Sur la scène, comme dans tout le théâtre, ne se tenaient à nouveau plus que Sonne, moi et le silence.

Me tournant à nouveau vers Sonne, je vins poser une fesse sur la table à laquelle elle était assise, prenant cette fois en main le couteau en or qui avait été mis à sa disposition. Je le portai à hauteur de mes yeux fascinés, un fou rire me restant comme au travers de la gorge et dans la poitrine, ce qui le faisait se soulever brusquement par moment, entrecoupant mes paroles.

-Qui... Qui ne voudrait pas... être acteur et... participer à la fête ? Hein ? Sonne qui ? Qui ne voudrait pas... faire partie du grand cirque de L.A. ?!

Je me redressai alors et, le couteau toujours en main, repassai d'un pas léger de prédateur derrière ma prisonnière/invitée.

-Qui?

Une fois derrière Sonne, j'appuyai mon menton sur son épaule que sa robe de poupée laissait nue. Je caressai alors doucement, sans couper, de la lame dorée, la peau pâle de la jeune femme, jusqu'à arriver au dos de sa main où je plaçai le couteau en position verticale, pointe contre sa peau, entre les  métacarpes du majeur et de l'annulaire.

-Faisons de toi une actrice, Sonne.

J'appuyai alors, doucement, pour faire mal, forant lentement un trou dans le dos de sa main, jusqu'à ce que la lame finisse par passer au travers et se planter dans le bois dur de l'accoudoir de la chaise qu'elle occupait.

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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Sam 4 Fév - 3:45



Du rêve au cauchemar
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Spoiler:
 


De sa main froide, il vînt retenir ma tête et enroula mes cheveux au travers de ses doigts m’empêchant d’éviter la fourchette qu’il enfourna dans ma bouche encore et encore. Je recrachais autant que je pouvais mais je ne parvenais pas à me débarrasser de tous les bouts de chairs et les asticots vigoureux  se profilèrent d’eux même dans ma gorge. Je m’étouffais  crachant le sang qui ne m’appartenait pas, faisant éclater malgré moi les vers visqueux qui laissèrent un goût ferreux et visqueux dans ma bouche.  

Je pouvais sentir les vers grouiller tout le long de ma gorge et l’impression horrible qu’il se multipliait dans mon estomac. Je pleurais en supplications pour que tout cela cesse. Je n’entendais plus mes  victimes hurler de douleur. N’osant point les regarder, je me doutais que je devais les avoir tuées.

Devant nous, les rideaux s’ouvrirent de nouveau sur un décor digne de la Rome Antique. L’époque des gladiateurs, rien de moins, allait pour sûr faire gicler encore plus de sang que je ne pouvais en supporter.  Je ne parvenais plus à réfléchir tant j’étais soumise au stress de la peur.  Un haut le cœur me secoua et je tournais la tête pour renvoyer le contenu de mon estomac. Je vomis un flot incessant de sang et de chair, rendant au passage les asticots survivant.


- Derrière les murs de notre mère à tous, Los Angeles, se déroulent des combats acharnés et sans fin, Sonne ! Sur fond de mots magnifiques et alambiqués, de stratégies fines et mensonges, tous se déchirent, peu importe le prix.

Tel avait été annoncé le prochain acte par le même présentateur au masque blanc.  Qui était-il ? Pourquoi celui-ci  revenait-il alors que les autres mourraient d’en d’atroces souffrances ?  Il salua son publique puis quitta dans une révérence outrageusement bien élevée pour   la situation.

- Reviens ! lui hurlais-je,Je t’en supplie ! Aide-moi !

Bien sûr le pantin masqué ne revînt pas et le géant aux billets verts fit entrer en scène de nouvelles marionnettes cadavériques, s’entre tuant dans un combat de chars de gladiateurs. Les lambeaux de chairs fusèrent tout comme le sang giclait.  Ma robe de soie blanche était recouverte de sang, de chair déchirées et d’autres matières humaines suspectes. Je crois qu’un œil ornait ma cuisse gauche, mais, impuissante et surtout bien attaché sur ma chaise, il m’était impossible de m’en départir. Il semblait me regarder, pire, porter sur moi un regard accusateur.  Ma présence ici n’était pas un hasard.  Ce théâtre des horreurs avaient besoin de malencontreux visiteurs tels que moi pour survivre(!).  Chaque nouvelle âme qui s’y aventurait offrait au Maître de Cérémonie et ses sbires le pouvoir  d’accroitre leur œuvre.

Tel un gamin un peu trop excité,  le géant propulsait ses chars l’un contre l’autre, laissant les marionnettes s’entrechoquées tel de frêles poupées de chiffons, les laissant se démantibulés  de fois en fois.  Le seul autre spectateur, assis dans les gradins, s’amusait avec des restes humains plutôt que de porter attention à ce qui se déroulait devant ses yeux.

Je crois que c’est à ce moment précis que ma raison me délaissa définitivement, cédant la place à la folie. Je n’avais plus rien à perdre, certaine que le pire demeurait à venir pour moi.  Ma tête se renversa vers l’arrière et je me mis à rire. Un rire frôlant la démence. Ma vision s’embrouillait et les sons semblaient me parvenir d’une autre dimension.  Si je cédais à la démence, peut-être ainsi pourrais-je m’échapper d’ici ?  Stupide illusion d’espoir. Je ne sortirais jamais d’ici; même la mort ne m’en épargnerait pas.

Le Maitre de Cérémonie  se saisi d’une bouteille et la balança en un mouvement précis vers la scène heurtant un vautour.  Je joignis ma voix à son rire, ne départageant plus le bien du mal. Si j’allais en son sens, peut-être trouverais-je la faille.  

Tout alla vite ensuite. Les vautours se précipitèrent sur les chars, picorant les chairs putréfiées, les arrachant en tirant dessus de leurs becs crochus. Le sang giclait comme des geysers au milieu des corps qui finirent par n’être que charpie, sous les applaudissements hystériques de mon compagnie psychotique.

Le rideau tomba de nouveau, fin de l’acte deux. De nouveau seul, le Maitre de Cérémonie retourna son attention sur moi. Sans aucun doute, il connaissait la suite du programme. Depuis combien de temps  errait-il ici, à contempler ce spectacle ?  En avait-il été victime lui aussi ?  Était-il un innocent tombé par pure hasard dans ce piège enténébré ?


- Qui… Qui ne voudrait pas…être acteur et…participer à la fête ? Hein? Sonne qui ? Qui ne voudrait pas…faire partie du grand cirque de L.A.?!

Il riait tellement qu’il avait difficilement prononcé sa phrase.  Je pouvais sentir son excitation,  au sens propre comme au figuré,  atteindre un sommet inégalé.  Tenant un couteau doré entre ses mains, il se redressa et se plaça derrière moi.  Il allait me trancher la gorge. Je n’allais jamais me réveiller de se rêve. Mais au moins, ce cauchemar allait prendre fin!  Je sentis le contact de son visage sur mon épaule me faisant de nouveau frissonner.  La lame lécha mon bras depuis mon épaule jusqu'à ma main

- Faisons de toi une actrice, Sonne.

Et c’est alors que tout doucement, la lame s’enfonça dans ma main m’arrachant une douleur insupportable et des hurlements démentiel. Je pouvais sentir la lame transpercer ma main, grattant contre les os, sectionnant mes nerfs.  Le sang remontait à la surface, giclant sur le dos de ma main puis coulant sur le bras de la chaise pour finir sa progression sur le sol, rejoignant le sang des éventrer dont les tripes me retenaient toujours solidement sur ma chaise.  Le Maitre de Cérémonie appuyait  ainsi sur le couteau jusqu’à ce qu’il transperce en totalité ma main et vienne graver sa marquer sur le bois de la chaise. De nouveau,  je vomis, évacuant comme je le pouvais la douleur physique qui venait s’additionner aux sévices psychologiques.  

*Ce n’est qu’un rêve, Sonne !* était-ce ma raison qui  tentait une dernière fois de refaire surface avant de complètement m’abandonner ?  Si tout ceci n’était qu’un rêve,  la souffrance n’était donc pas réelle et n’aurait aucune conséquence à mon réveil ?  Je ne pouvais pas en être certaine; je ne pouvais plus être certaine de rien. Mais je regardais le couteau qui transperçait ma main et je cru que je pouvais bien tenter le coup.

Je tentais donc de bouger ma main forçant contre la lame, continuant de me lacérer moi-même la peau, agrandissant le trou espérant pouvoir atteindre mon poignet et  donc l’intestin qui me retenait. J’hurlais alors que je tentais désespérément  de me charcuter la main et c’est alors que tout devînt noir.




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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Mar 7 Fév - 17:19



Du rêve au cauchemar
ft. Sonne Ferguson


Le fou rire de Sonne entraîna le mien. A moins que ce ne fut le contraire. Elle prenait désormais un plaisir à  regarder ce spectacle, un plaisir dont la source n'était que folie, son esprit préférant accepter plutôt que de se battre encore.

Elle était passée de la phase 1 à la phase 2 aussi facilement que le présentateur masqué était passé de l'acte I à l'acte II.

Puis, il avait été temps de mettre fin à cet acte. J'avais lancé la bouteille... Et tout le monde avait été dévoré par les vautours, charognards criaillant à vous défoncer les oreilles, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien.

L'acte prit fin, le silence revint.

Et je forai un trou dans une des mains de Sonne. Elle hurla de douleur et je hurlai avec elle, mais de pur plaisir, comme un incroyable orgasme. Sous la pression que j'imprimais à la lame, je sentais les nerfs bouger, crisser puis lâcher. Je sentais les os gronder puis craquer. Le sang coulait en abondance, comme si plutôt que sa main, c'était son cœur que j'avais transpercé.

Sonne vomissait, encore et encore, les asticots qui n'avaient pas encore été digérés grouillant dans un gruau gluant de chaires et de sang.

Je lâchai le couteau, maintenant planté bien droit entre ses articulations. Elle essaya de forcer, de s'en défaire. Mais tout ce qu'elle réussit à faire fut s'évanouir.

Le spot qui nous éclairait s'éteignit en même temps qu'elle perdait conscience, me faisant lever des yeux surpris au plafond.

Je devais rallumer la lumière.

Je devais la ramener.

Le spectacle n'était pas terminé.

Je retirai brutalement la lame de la main de Sonne qui portait désormais une nouvelle forme de stigmate. Je fis un tour de table, un peu nerveux. Je voulais voir la suite, même si je la connaissais par cœur. Je ne voulais pas que le spectacle s'arrête. J'en voulais plus. Je devais compléter la collection. Et pour ça, il me fallait Sonne. J'avais besoin de toute son attention.

Je m'assis à nouveau, une fesse sur la table. Je la regardais, mais ses yeux ne s'ouvraient pas. Je plongeai alors la paume de ma main dans les restes sanguinolents qu'elle avait vomi. Puis, je posai doucement cette même main à plat, en travers du visage de porcelaine de la jeune femme. J'y apposais ainsi la marque de L.A., j'en faisais par là une esclave.

Mais elle ne savait pas encore à quel point.

Quand ses paupières se mirent à papillonner, ses globes oculaires à rouler dans ses orbites, la lumière fit de même, ne se fixant que lorsqu'elle eut finalement repris conscience.

La première chose qu'elle put voir, ce fut mon sourire carnassier et satisfait. Et je lui mis encore une bonne claque pour la stabiliser dans ce monde.

-Bien... On ne sort pas d'ici, j'ai dit.

Pas même en essayant d'éteindre son cerveau. Le seul qui pouvait décider de vraiment l'éteindre, c'était moi.

-Je n'ai pas fini.

Et je n'avais aucune intention de le faire. Elle était plus amusante vivante que morte.

Je frappai dans les mains et les rideaux s'ouvrirent à nouveau. Le présentateur masqué et le géant divin réapparurent dans un décor luxueux de fête. De jolies femmes dansaient, dans des cages dorées qui leur laissaient à peine l'espace pour se mouvoir lentement.

De chaque côté de la scène gisaient des tas informes de chaire et d'os, d'yeux et d'organes...

Le présentateur prit la parole, brièvement :

-Un peu d'amour dans ce monde de brutes.

L'une des danseuses captives avait un corps magnifique, malgré les traces verdâtres qu'y avait dessiné la mort, était richement vêtue et avait un regard timide et effrayé fixé en l'air, sur le géant blond fumant son cigare.

Dans une autre cage, une autre jeune femme, tatouée, les cheveux bruns, la peau très blanche mais épargnée, semblait-il, par la décomposition. Un serpent énorme était enroulé autour de son corps nu appétissant, fixant ce monde avec un regard menaçant comme s'il voulait la protéger tandis que sa queue couverte d'écailles pénétrait son intimité avec des mouvement fluides et sensuels. La jeune femme roulait les yeux et gémissait d'un plaisir non dissimulé, tout en dansant, jambes écartées.

La musique s'éleva alors en un doux fondu, une chanson dont les paroles contrastaient avec le décor de luxe et de débauche atteint de putréfaction... et le rythme, avec la danse du couple qui entra en scène en tournoyant, enlacé.



L'homme, brun, en smoking hors de prix, était celui qui parlait très fort et avec de grand gestes depuis le premier acte, à ceci près qu'au fil du spectacle, son corps continuait à se décomposer de plus en plus, son visage s'affaissant, des asticots gras et juteux lui tombant lourdement des oreilles.

Dans ses bras, une jeune femme blonde à la poitrine opulente, un sein tatoué « Ben », l'autre « Nuts », souriait, dévoilant les dents qui lui manquaient et ses gencives sanglantes. Sa robe rouge, belle mais de piètre qualité, voligeait autour du couple. Mais ce n'était pas son partenaire qu'elle regardait, mais les fils qui la reliaient au géant au cigare. Tout en dansant, semblant prise de folie, elle se mit à mordiller en grognant lesdits fils attachés à ses mains, n'arrivant pas à les entamer, mais faisant saigner encore plus ses gencives, éclatant ses lèvres pulpeuses et lui arrachant encore une dent au passage. Cela me fit rire, mais loin de s'arrêter, elle s'acharnait.

L'homme, lui, avait toute son attention sur elle, lui souriait, lui murmurait des mots qui semblaient rassurants dont certains s'envolaient sous forme de mouches menteuses.

De chaque côté de la scène, les tas de chaires semblèrent se mouvoir, d'abord timidement, puis de plus en plus sûrement. Le couple dansait de plus en plus vite et ils semblaient être le moteur qui leur permettait de prendre vie, comme l'éclair avait donné vie à Frankenstein. Les os finirent pas s'ériger comme mon pénis dans mon pantalon, formant deux squelettes souriant à Sonne. Puis, les nerfs, les veines et les artères montèrent comme des plantes grimpantes le long des os, puis les muscles, les organes se mirent en place. La peau molle et grasse recouvrit ces corps alors que le couple dansant échangeait un baiser visqueux de pourriture et du sang de la jeune femme qui, à peine ses lèvres descellées de celles de son amant, se remit à ronger ses liens désespérément.

Les cheveux poussèrent sur les crânes des deux corps, l'un d'un blond très sale, l'autre d'un roux flamboyant. Le premier sans oreille, l'autre avec du maquillage noir au bord des yeux.

Alors, l'amant envoya tournoyer son amante du côté du cadavre roux tandis que lui-même se dirigeait d'un pas gracieux vers celui aux oreilles déchirées. Ils s'immobilisèrent chacun à côté d'un de ces Frankenstein et tendirent leurs mains vers eux. Leurs ongles grandirent alors pour aller se planter dans les mains et la tête des ressuscités qui, d'un coup, semblèrent emprunts d'une demi vie.

Sous contrôle de la femme aux seins nommés Ben&Nuts, la marionnette rousse s’enflamma à nouveau et sourit.

Sous celui de l'homme qui parlait très fort et avec de grands gestes, la marionnette aux oreilles déchiquetées se pencha pour aller récupérer ses yeux au sol et les placer dans ses orbites, grands, bleu-vert, magnifiques, uniques.

Le géant fut alors pris d'un rire machiavélique, magistral au point que je dus moi-même me boucher les oreilles. Mais mon invitée et prisonnière, elle, ne pouvait pas le faire, entravée qu'elle était, sa main dégorgeant encore du sang comme si elle en recelait une quantité infinie.

Les marionnettes qu'étaient le couple avaient planté leurs ongles longs (ou était-ce des griffes?) dans d'autres cadavres reconstitués de l'acte I, faisant d'eux leurs propres jouets et, par extension, ceux du géant blond qui semblait on ne pouvait plus ravi de la situation.

Les lourds rideaux retombèrent et le rire du géant s'éteignit. Je débouchai mes oreilles, et me tournai vers Sonne, un sourire radieux, presque beau, aux lèvres, le couteau à la main.

Je penchai la tête légèrement sur le côté, interrogeant Sonne du regard.

-Aimes-tu ça?

Puis, d'un pas de prédateur, je m'approchai d'elle.

-Aimes-tu vraiment ça?

Le couteau dans mon poing, je plantai, cette fois brutalement, d'un seul coup, le couteau dans sa main valide, la transperçant, avant de hurler :

-DIS-MOI QUE TU AIMES CA !

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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Lun 13 Fév - 18:07



Du rêve au cauchemar
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J’avais les yeux rivés sur la scène, incapable de détourner le regard du couple  qui  voltigeait de part et d’autres, retenues par des fils encore et toujours manipulé par le géant au costume vert. Je dodelinais de la tête en fredonnant une mélodie empreinte de mélancolie alors que les doigts grattaient les bras de mon fauteuil au point que je m’en arrachais tantôt des bouts de peau, tantôt y enfonçant des échardes de bois.


La danse gagnait en vitesse et je tiquais a tenter de ne point les perdre de vue alors que deux autres spécimens d’outre tombe prenaient formes. Je levais autant que possible mes deux index, les pointant telle une enfant qui aurait trouvé une nouvelle source de divertissement.


Puis, les amants maudits se séparèrent, rejoignant respectivement leurs nouveaux jouets respectifs ce qui provoqua l’hilarité la plus total du géant vêtu de vert. Un rire qui en fit trembler les murs suintant de sang du théâtre et qui força mon tortionnaire d’imaginaire à se couvrir lui-même les oreilles.  J’envoyais ma tête vers l’arrière, répondant au rire du  marionnettiste par un hurlement  de démence.


Je hurlais à m’en déchirer les corde vocale. Un goût ferreux éclipsait celui du vomit et je m’en gargarisais puis recrachant mon propre sang, j’enfonçais mes pieds sur les corps qui recouvrait le sol et je poussais de toute mes forces. Encore. Et encore. Je tentais de faire basculer ma chaise mais j’étais trop faible pour  qu’elle ne vacille seulement.


Les rideaux tombèrent, signifiant la fin de cet acte. Mon bourreau, reporta son attention sur moi, m’offrant un sourire enjôleur.  Son regard trahissait néanmoins ses intentions. Il était et resterait un voleur d’éternité dans un monde d’âmes blessées.


Il pencha la tête sur le côté, et je l’imitais, penchant  en sens inverse dans un effet miroir des plus grotesques, fredonnant toujours, l’air complètement absent, cette mélodie mélancolique.



- Aimes-tu ça ?


Sa voix me parvint à peine a mes oreilles. J’entendais toujours le bourdonnement du rire du géant, comme si je me trouvais au plus profond d’un océan. Pour toute réponse je me contentais de pencher la tête de l’autre côté tout en continuant de gratter les bras du fauteuil du bouts des doigts.

- Aimes-tu vraiment ça ?


- Il…était…une…fois…des…gens…heureux…c’était…en…des…temps…plus…si-len-ci-eux…parlez…à…ceux…qui…s’en…sou-vi-en-ne…ils…savent…encore…les…mots…des…ro-man-ces…an-ci-en-nes… !


Pour toute réponse, je lui articulais tel un gramophone que l’on aurait remonté trop lentement, les uniques paroles dont je me souvenais de la mélodie.  C’était peut-être de la provocation, mais le simple fait d’être en vie en était une pour mon Maître de Cérémonie qui  cette fois, planta d’un coup  brutal le couteau dans mon autre main m’arrachant  de nouveaux hurlements.


- DIS-MOI QUE TU AIMES ÇA !

- OUIIII !, hurlais-je, OH OUI J’AIME ÇA !


Je faisais sautiller ma main  sur le bras du fauteuil, forçant la lame contre mes os qui dans un son des plus désagréable. Le sang jaillissait de cette nouvelle plaie, coulant sur ma robe de poupée. La douleur irradiait tout mon corps pourtant, elle me fouetta suffisamment pour me donner un brin de lucidité qui devait subsister quelque part encore, cacher dans un coin sombre de mon cerveau.


- J’aime ça autant que si tu me baisais sur la table sur laquelle tu étais assis ! Toi et tes compatriotes, chevaliers  de l’apocalypse, pourriez me prendre là, deux à la fois, voir par tous mes orifices s’il fallait en passer par là, j’en voudrais encore plus ! Le châtiment que tu m’infliges devient tout aussi divin que ta présence  dans ma tête. Tu es le venin qui coule dans mes veines ! Cesse de te jouer de moi j’ai compris maintenant ! Fais de moi tienne et place moi  au centre de ton spectacle afin que tu puisses enfin  satisfaire ton érection devant ce chef d’œuvre !


J’étais certaine de deux choses maintenant. La première, il ne pouvait pas me tuer. J’étais le point central de son manège et me tuer l’obligerait à attendre une autre victime et il n’avait aucun contrôle sur les pauvres âmes errantes qui franchiraient les limites entre le rêve et le cauchemar. La seconde, il avait placé lui-même chaque âme qui déambulait sur cette scène. Le géant était lui aussi une de ses victime alors qu’au tout début, je pensais qu’il en était l’investigateur. J’avais fait fausse route. C’était lui, depuis le début.






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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Lun 13 Fév - 19:44



Du rêve au cauchemar
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Pendant tout le long du troisième acte, j'avais entendu un grattement. Les ongles de Sonne se déchiraient sur le bois des accoudoirs de sa chaise à laquelle elle était attachée par les boyaux des morts à ses pieds. Le doux son de la folie qui s'invite dans les veines, pénètre les cellules et finit par contaminer la moelle épinière pour mieux atteindre le cerveau tandis que des échardes vicieuses s’immisçaient sous ses ongles vernis.

Mais ce bruit de fond avait vite été couvert lorsque, satisfait, le géant marionnettiste avait éclaté de rire, faisant trembler les murs, jusqu'à l'essence même de ce monde chimérique. Rire magistral que Sonne décida d'accompagner d'un hurlement dans lequel je sentais péricliter sa raison. Cette dernière essayait de se battre, mais ne fit que gâcher ses dernières forces.

Le rideau tomba et je m'étais rapproché de ma poupée de chiffon qui chantonnait doucement, comme certains enfants le feraient pour se rassurer après un cauchemar et comme beaucoup avaient du le faire à une certaine périodes alors que les bombes tombaient à l'aveuglette sur le monde.

Mais j'avais une question.

Et je voulais une réponse.

Le son de ses ongles sur le bois avait recommencé.

Et je devais me répéter.

Jusqu'à ce que je doive hurler.

Alors, j'eus ma réponse.

L'acceptation. Elle me répondait pas l'acceptation. L'acceptation et une forme de plaisir désespéré issue de la douleur elle-même.

Je souris.

-Bien. Nous y sommes presque.

Elle était prête pour le final.

Les rideaux s'ouvrirent à nouveau, pour la dernière fois. Jusqu'à mon prochain visiteur.

Je me plaçai derrière mon invitée à moitié folle, posant mes mains sur ses épaules, mais sans plus serrer. Mes grands yeux de glace fixés sur ce qui était de loin ma partie préférée du spectacle.

L'apothéose.

La géant n'était plus là, le silence régnait.

Un spot éclaira le présentateur qui, d'une voix profonde, déclara :

-Et voici les abandonnés, les victimes... La relève.

Un tas de cadavres jonchaient le sol. Certains inconnus, d'autres moins. Il y avait là, gisant, l'homme aux cheveux bruns qui parlait jadis très fort et avec de grands gestes, enlacé nu dans le cadavre immobile de son amante blonde à l'opulente poitrine nommée Ben&Nuts ; il y avait aussi le grand homme blond et gracieux qui avait si bien manié son char, de même que les macchabées qui avaient tiré lesdits chars ; il y avait le chanteur aux oreilles arrachées, l'homme Phoenix. Tous morts, tous immobiles, couchés, finissant leur décomposition.

Au sommet de cette montagne de restes humains se tenait une adolescente dont les cheveux d'or rappelaient ceux du marionnettiste qui avait dominé la représentation de bout en bout sauf pour ce dernier acte. Elle était vivante et fraîche, magnifique, mais atteinte d'une forme de peste bubonique qui bouffait ses bras et son cou. Elle avait un sourire mauvais aux lèvres.

Dans chacune de ses mains, elle tenait une croix de bois d'où partaient des fils maintenant des marionnettes plus petites, vivantes... Des bébés aux mains transpercées pour y laisser passer les fils qui les retenaient.

L'un était roux, les yeux maquillés de noir et tendait ses petites mains potelées en direction de Sonne, la bouche ouverte comme s'il criait, mais aucun son ne sortait de sa petite bouche édentée.

L'autre était calme, d'un blond qui ne demandait qu'à foncer, les yeux marrons et faisait de grands gestes pour s'exprimer... Il semblait téter un morceau de chaire, mais, en y regardant de plus près, on pouvait se rendre compte qu'il s'agissait d'un avorton sanglant. Un enfant qu'on avait pas voulu laisser vivre, une erreur dont on s'était débarrassé.

Les yeux de l'adolescente de posèrent sur Sonne. Et je sus ce que je devais faire. Je sus ce qu'elle voulait. Je me mis à masser nerveusement les épaules de Sonne... Je connaissais ça par cœur.

-Il est temps...

Le présentateur au masque blanc réapparut, montant sur la scène que nous occupions Sonne et moi, nous rejoignant du pas léger et gracieux de celui qui a déjà fait cela une centaine de fois. Le tout sous les yeux des enfants. Le futur de L.A.

-Il est temps...

Sonne était maintenant coincée entre moi et le présentateur...

Je récupérai mon couteau toujours planté dans la main de la jeune femme et le retirai pour ensuite sectionner les boyaux qui la retenaient. Trop faible, sa raison défoncée, elle n'était plus en mesure de faire quoi que ce soit. Elle avait déjà accepté son destin entre le troisième acte et le final. Mais nous n'allions pas la prendre, nous n'allions pas la baiser. Pas au sens littéral du terme.

Comme s'il s'agissait d'un rituel ancien, je vins enlacer mes doigts dans ceux de Sonne, toujours placé derrière elle. Puis, je soulevai ses deux mains en même temps, pour montrer au présentateur les marques parfaites que j'avais faites au milieu de chacune d'elle. Le présentateur approuva, hochant la tête.

Puis, il enleva son masque.

Il me ressemblait, à quelques détails près. Vivant lui aussi, libre de tout fil tout comme moi, il avait les mêmes cheveux noirs... Mais il était plus fin et avait les yeux noirs, les traits moins rudes, un sourire angélique... Il était comme un frère... Ou un cousin.

Il connaissait Sonne, je pus le voir dans son regard. Je pus le voir dans l'expression de plaisir sadique qu'il arborait et qui ajoutait à notre ressemblance.

Deux fils tombèrent du plafond et mon cousin pris les mains de Sonne dans les siennes, les tenant fermement. Passant sur le côté, je vins avec un plaisir non dissimulé passer les fils dans les trous sanglants au milieu des mains de Sonne.

Une fois les fils noués, je laissai mon cousin l'emmener vers les enfants, tel un amant aurait emmené sa bien-aimée vers une piste de danse.

Et c'est exactement ça qu'il fit, enlaçant Sonne pour danser avec elle tandis que l'adolescente tournoyait autour d'eux avec ses jouets nouveaux-nés et gazouillants.

Sonne était désormais marionnette parmi les marionnettes, actrice parmi les acteurs.

Fille de Los Angeles condamnée à danser jusqu'à la mort et au-delà.

@ Billy Lighter




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I'm dangerous like a razorback. Deadly like a heart attack. Well, I don't bend and I don't crack. Dangerous tonight... ©️ Alice Cooper
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MessageSujet: Re: [Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]   Jeu 16 Fév - 2:51



Du rêve au cauchemar
ft.  River Moriarty




Le  bruissement des rideaux qui s’ouvraient sur le dernier acte se fit entendre et moi, vacillant maintenant plus vers la folie qu’autre chose, continuait de marmonner ma chansonnette, le regard perdu vers la scène. De temps en temps,  je relevais la tête mais elle finissait par pivoter en sens opposé et retombait mollement contre mon épaule.


Lorsque la voix du présentateur ce fit de nouveau entendre, la petite étincelle de lucidité qui subsistait encore en moi  remonta à la surface du néant brumeux qui régnait en maître dans ma tête et je me redressais pour le regarder.


Je savais qui il était. Tout m’apparaissait maintenant de plus en plus clair. Je tournais la tête vers le Maitre de cérémonie qui se tenait derrière moi, de nouvelles larmes ruisselant sur mes joues, laissant de long sillon au travers des précédentes qui avaient laissé leur trace et du sang séché.

Autant je l’eu haïs, autant maintenant il était mon unique point de repère.


Devant nous, sur la scène, s’offrait un amoncellement des cadavres des actes précédents. Tous en fin de décomposition mais  pour certains, il était encore possible de les reconnaitre. Et alors, je me demandais, pourquoi eux ? Pourquoi moi ? Il y avait toutes ces pauvres innocentes victimes qui se noyaient sous la glace de la rivière, ceux qui avaient suffoqués dans leurs voitures dont le moteur tournait toujours. Ceux dont les chairs avaient fondu sous un soleil assassin. Et nous.


Condamné a divertir le Maitre de cérémonie pour l’éternité dans un spectacle aux représentations infinies mais dont la fin serait toujours différente, selon la nouvelle victime qui deviendrait captive en ces murs.


Le présentateur s’éclipsa, laissant place aux derniers acteurs. Une magnifique adolescente dont la ressemblance avec le géant au costume vert était notoire. Elle tenait en chaque bras, les plus jeunes marionnettes à avoir été mise en scène.  Mon fils était l’un d’entre eux.


Impuissante, toujours attachée au fauteuil, je le regardais, aux mains de la jeune femme.  Et les mains du Maitre de cérémonie vinrent se pauser sur mes épaules, me massant nerveusement, éteignant du même fait, cette dernière étincelle.


Adieu ma vie.



-  Il est temps…

Le présentateur nous rejoignit. Sa présence fit s’envoler toutes mes craintes, mon appréhension fasse au destin morbide qui m’attendait. Je l’aimais. Aveuglément. Passionnément.


Le Maitre retira le couteau de ma main et me libéra du même geste des liens qui m’avaient retenue prisonnière à ce fauteuil tout au long de la représentation. Mon corps glissa sur le fauteuil. Il enlaça ses doigts au miens et les souleva, montrant fièrement  mes stigmates au présentateur. Les deux complices, satisfaits de leur œuvre, terminèrent  ma préparation en nouant mes fils de pantin à mes mains, puis, mon Axel de l’Apocalypse m’amena avec lui, rejoindre les enfants.


Il me tenait tout contre lui et je me reposais entièrement contre son corps, le laissant me diriger d’une main de maître. J’étais « sa » parfaite marionnette, la sienne qu’il dirigerait pour l’éternité dans une valse dont lui seul connaissait le tempo. Comme il en avait toujours décidé.



********



Je me réveillais en sursaut. Dans mon lit. Dans ma chambre. Dans ma maison.  Je bondis du lit et je regardais frénétiquement tout autour de moi, je retirais même mes vêtements puis j’allumais la lumière pour me regarder dans la glace. Rien, aucunes marques, aucunes trace de quoi que ce soit. Je cherchais ma respiration et ma gorge me faisait très mal. J’enfilais un peignoir et j’allais me prendre un verre d’eau, passant par la chambre d’Allan avant pour vérifier qu’il dormait bien et surtout, qu’aucun fils ne le retenait.


Ce n’était qu’un cauchemar. Horrible, comme je n’en avais jamais fait auparavant. Un cauchemar mais pourtant si réel. Je retournais dans ma chambre, bien que je n’avais plus du tout sommeil.


Je m’installais dans mon lit et notais tous les détails de mon rêve. Je devais me souvenir du plus d’élément possible. Il y avait des gens là dedans que je connaissais ou alors que j’avais reconnu pour les avoir vu dans les journaux ou à la télévision.


Et surtout… Le Maitre de cérémonie. Jamais… Oh grand jamais je n’oublierais son visage !






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[Dream] Du rêve au cauchemar [TeRmInÉ ]

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