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 (1974) Like A Broken Child ft Cash[Terminé]

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Sélène Mortiak


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MessageSujet: (1974) Like A Broken Child ft Cash[Terminé]   Mer 8 Mar - 21:56


Like a broken child

ft. LIBRE


Les pieds engourdis d'avoir tant courue et marché, je titubais par moment dans la rue, totalement perdue. Il pleuvait, j'étais trempée et à peine habillée. Mon jean étais déchiré suite à ma chute, un peu plus tôt, et mon genou saignais. Je grelottais, marchant tel un zombie dans le sombre de la nuit, avançant vers une destination inconnue. Je voyais des ombres passées, elles ressembles à des formes humaines mais tout me semblait noir et insondable. Comme si je ne voyais les plus les visages, mais seulement la part d'ombre en chaque être vivant.

J'étais partie de chez moi en courant, cherchant à me fuir moi-même. Arrivée depuis seulement quelques semaines dans la cité des anges, j'avais été tellement occupée par mon installation et l'administratif que mon esprit n'avait plus ouvert les tiroirs que je pensais celés. Mais maintenant que je retrouve une certaine stabilité, mes journées me paraissent plus longues, le temps devient lent et mon corps retourne à l'état de larve. Je n'ai rien à faire. Mes candidatures pour un travail sont toutes restées sans réponses, je n'ose pas dépenser mon argent en futilité, alors je reste cloîtrée chez moi, laissant libre court à mes démons pour me tourmenter jour et nuit.

Je revoyais sans cesse le corps de ma mère se décomposer petit à petit, ses yeux perdre leur éclat, son sourire fondre sous la douleur. Elle n'avait pas l'argent pour se soigner correctement, ou elle l'aurait eu si elle n'avait pas tout gardé pour moi. C'est au bord du précipice qu'elle se souvînt qu'elle avait une fille, se remémorant toutes les fois où elle a dû venir me récupérer chez le voisin qui, lui, c'était souvenu qu'une gamine comme moi, ça ne rentre pas toujours seule. Peut-être les remords suffisaient pour qu'enfin elle prenne son rôle de mère. Pourtant, au début, il n'y avait que moi au centre de sa vie, à la même place que ce père que je ne connus que si peu. Je n'étais qu'une enfant, mais je revoyais son sourire radieux, j'entendais son rire me bercer le cœur et je sentais ses mains me caresser le visage. Des souvenirs qui traînent dans la poussière, abîmes par le temps, perdant leur valeur de plus en plus.

Moi aussi, je suis sous la poussière, abîmée, figée dans un décor inanimé. Je me perds dans mes nuit sans sommeil, vivant un cauchemars éveillée. Je sentais les fantômes de mon passé poser leurs mains brumeuses et glacées sur ma peau, me brûlant à vif pour mieux me rappeler que je suis seule. Leurs voix résonnaient dans ma tête, hurlant leur souffrance, griffant mes nerfs dans un cri strident. Les murs se rapprochaient de moi, l'espace se réduisait, mes poumons n'avaient plus accès à l'air. Je n'avais trouvé d'autre solution que de partir en courant, loin de cette cage, aussi vite qu'il mettait possible. Ma vue brouillée par mes larmes de peur et de souffrance, je n'avais fais qu'avancer tout droit, alors que je ne connais pas du tout la ville.

Inconsciemment, je cherchais sûrement à me perdre. Perdre mon identité, ce qu'il m'en reste, et disparaître comme ma mère. Partir la rejoindre.

Malheureusement, mon corps est encore ancré au monde vivant et je n'avais d'autre choix que d'arrêter de courir, la porte de mon échappatoire s'éloignant de plus en plus, alors que je tentais vainement de tendre les bras pour m'y accrocher.

Maintenant, il ne reste que mon désespoir, toute combativité, toute envie envolée. Les rues sont identiques à mes yeux, je ne cherche même plus à retrouver mon chemin. J'attends. J'attends qu'une des ombres menaçantes vienne prendre mon âme, me libérant de mes chaines. Je suis une proie facile, petite enfant en train de se noyer au milieu du bitume, s'offrant d'elle-même au premier charognard qui serait intéressé.

Je m'entourais de mes bras, frissonnante, mes cheveux collés à mon visage. Une poupée brisée qui se fane, qui perd sa couleur avec la pluie, un simple morceau de porcelaine fissurée qui ne nécessite qu'une petite pression pour s'évanouir en morceaux.

© Billy Lighter



"C'est la métamorphose.
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Dernière édition par Sélène Mortiak le Dim 19 Mar - 20:59, édité 2 fois
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Cash Izbel


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MessageSujet: Re: (1974) Like A Broken Child ft Cash[Terminé]   Jeu 9 Mar - 22:27



Like a broken child
ft. Sélène Mortiak


Je suis un fils de L.A. et j'ai 15 ans.

Pas encore un adulte, déjà plus un enfant, je suis quelque part au milieu du grand rien de l'adolescence. Mais je ne suis pas non plus tout à fait humain, ni tout à fait animal, une sorte d'hybride des deux, jeune, avec toute l'énergie que ça implique.

Je file sur mon BMX, ondulant comme un serpent qui a passé la journée à se goinfrer de soleil. Parfois, je siffle entre mes dents comme un serpent. Je suis un serpent. Je suis le Serpent. Et je règne sur L.A. avec toute la prétention de mon jeune âge. J'imagine que l'air maintenant frais qui glisse sur moi me dépouille de ma peau, laissant apparaître des écailles luisantes, que mes pupilles se fendent et que ma langue se biseaute.

J'ai pas de phare à mon BMX, c'est pas fait pour. Mais j'ai pas besoin de la lumière pour voir : je ressens L.A., je suis né à Hollywood et je connais chaque tournant, chaque obstacle, je les anticipe, saute au dessus, les utilise pour me propulser plus loin.

Parfois, quand je suis tout seul dans ma chambre, je me pose des questions. Je suis peut-être un mutant comme dans les BD que j'adore... Peut-être que maman est tombée amoureuse d'un extraterrestre et qu'ils ont fait l'amour... Peut-être que je suis autre chose... Une chose d'un autre monde...

Je sais pas. Parce que je me sens tellement différent des autres. Et pourtant, je sais une chose : L.A. et moi, on a un lien. Elle me parle et je l'écoute.

Je sais ce qu'elle veut, je sais ce que je dois faire. Je sais juste pas encore comment.

Mais je trouverai.

Alors que je roule et malgré l'obscurité, je vois un éclair rouge, entre un container contenant les restes puants d'un restaurant italien et une vieille rigole qui fuit... Et comme il pleut pas, je sais pas ce qui tombe de là, mais c'est pas de l'eau de pluie.

Je pile sur mes freins, dérapant et laissant ma marque sur le bitume. Je fais deux petits ronds en roulant lentement, gardant ma distance et chuchotant pour moi-même.

-Encore un fantôme.

L.A. est plein de fantômes. Des gens qui sont venus ici pleins de rêves. Mais L.A. les a mangé, ces rêves. Et quand ces gens sont tous vides, elle les laisse là, dans la rue.

Puis les nettoyeurs passent. Ils finissent toujours par passer. Et alors les fantômes disparaissent.

Cette fille-fantôme, elle est assise par terre, contre le mur sale, avec le liquide de la rigole qui lui trempe les cheveux.

Toujours sur mon BMX, je donne deux coups de pédales pour approcher, face à elle. Ma roue avant s'arrête à seulement quelques centimètres. Je mets pied à terre, restant mon cul sur la selle. Je prends dans ma veste de cuir un paquet de cigarettes et en sors une que je plante entre mes lèvres avant de l'allumer.

Je tire quelques bouffées, observant la créature, avant de parler. Je ne vois pas son visage, juste ses cheveux trempés et ses bras pâles et tremblants. Autour de nous, il n'y a personne et le grand boulevard est loin. Mais les nettoyeurs sont silencieux. J'appuie les miens nonchalamment sur mon guidon et la sonde de mes grands yeux noirs.

-Qu'est-ce que tu as perdu ?

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Sélène Mortiak


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MessageSujet: Re: (1974) Like A Broken Child ft Cash[Terminé]   Dim 12 Mar - 21:05


Like a broken child

ft. Cash Izbel


Alors que le temps passait, que la lumière disparaissait de plus en plus, les rues de L.A. se jouaient de moi. J'entendais leurs moqueries, leurs voix grinçantes me perturbant dans la nuit alors qu'elles tentaient de me mener dans un gouffre, un labyrinthe dont jamais je ne sortirais. J'étais manipulée par leurs ombres, tout espoir aspiré en dehors de mon corps pour nourrir les noirs desseins de la ville. Pourquoi donc s'appelle-t-elle "les anges"? Il n'y a que des vautours et des oiseaux aux ailes brisées.

Je suis un oisillon tombé du nid. Je me suis fracassé le bec sur la dure réalité de la vie, bien trop tôt pour que j'y survive. Ma mère ne m'avait pas apprit à voler, alors je ne pouvais que rester au pied de mon arbre et attendre qu'un serpent sorte de sa digestion, prêt à m'avaler entière. Je piaillais en vain, mes cris sont étouffés par les brumes toxiques et mes larmes n’alimentent que la rivière visqueuse qui coule à mes pieds. Les quelques plumes qui ornent mes ailes sont déjà souillées par ma défaite. Je ne suis rien.

Adossée contre un mur, entre un avaleur de pourriture et une rigole triste, je cache mon visage au monde. Les rues ne verront pas mes pleurs. Je laisse le froid me mordre la peau, je ne ressens plus rien. Ou alors, la douleur qu'elle m'inflige n'est pas assez forte que pour me faire réagir. Paralysée du cœur jusqu'à l'âme, il n'y a que mon esprit qui me torture encore de ses pensées aussi tranchantes qu'une lame, m'enserrant avec ses fils de fer barbelés. Pitié, que l'on vienne abréger mes souffrances.

J'entends un bruit. Il est encore lointain, mais il se fraie un chemin jusqu'à moi en rampant sur le gris du sol, écartant les cailloux et le gravier. Il darde sa langue menaçante vers moi, je la sens bouger l'air alentour. Mon heure est venue, je ne ferais plus partie de ce monde mais je serais une part du serpent qui se nourrira de moi. Son estomac se chauffe déjà pour me brûler vive, sa fumée étouffante s'insinue dans mes poumons. Je tousse, gardant la tête bien basse, je ne suis même pas capable d'affronter la mort en face. Mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle me parle, avec une voix masculine. Serait-ce un jeu cruel pour me torturer avant de me faire taire à jamais? Une cérémonie avant de se repaitre de ma souffrance et ma douleur? Le peu d'humain qui restait en moi, curieux et stupide, me criait de relever la tête et d'ouvrir à nouveau mes yeux sur la ville et son messager.

Trop faible pour lutter, j'arrachais mon front collé sur mes bras pour lentement lever mes yeux fades sur la machine qui se reposait devant mes pieds, supportant sans peine le poids du messager de la ville. C'est donc lui qui souffle sur mon visage la brume chaude qui me brûle les poumons. J'avais du mal à le regarder, la faible lumière du réverbère me piquait les yeux. Le sifflement du serpent résonnait dans ma tête, il avait posé une question. J'hésitais à répondre, mais à quoi bon garder ça pour moi.

" J'ai perdu mes ailes. Je ne peux plus voler vers la lumière."

Je ne l'ai pas encore atteinte, elle ne cesse de s'éloigner de moi, emportant avec elle mon père et ma mère. J'ai perdu mes deux ailes, il ne reste qu'une carcasse et des os vides. Mes pattes n'arrivent plus à supporter mon poids, elles se brisent et se tordent sur les chaînes de la ville. Elle m'a emprisonné entre ses murs et me traîne d'un côté à l'autre, son rire monstrueux me perfore les oreilles et sa langue rapeuse me fissure la peau. Quoi que le serpent veuille faire de moi, il n'aura qu'une faible proie peu nourrissante entre ses anneaux écailleux.

" La ville t'a mené à moi pour me jeter dans sa gueule béante?"

J'aimerais savoir ce qu'elle à contre moi. Pourquoi elle me veut autant de mal. La haine que me tient mon pays m'aurait suivie jusqu'ici? Y a-t-il seulement un endroit où je pourrais un instant goûter à la vie?

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MessageSujet: Re: (1974) Like A Broken Child ft Cash[Terminé]   Mer 15 Mar - 15:03



Like a broken child
ft. Sélène Mortiak


Les deux grands trous noirs qui me servaient d'yeux au milieu de mon visage aux traits d'ange cherchaient à engloutir l'oisillon tombé du nid tandis que L.A. l'humiliait encore en lui pissant dessus du haut d'une rigole rouillée. Cruelle avec cette fille sortie de nulle part, elle était douce avec moi, caressant de sa lumière artificielle ma peau métis, reflet de la mixité de ceux qu'elle avait fini par adopter... Ceux qui avaient réussi à survivre aux épreuves...

J'étais son totem comme le Serpent était le mien.

Le fantôme leva vers moi deux gemmes turquoises impressionnantes et belles autant qu'emplies d'une tristesse sans nom. Elle n'était pas encore un fantôme, juste en transition, et c'était pour délivrer ce message que Los Angeles m'avait mené face à elle. Cette Déesse avait encore un rôle à jouer, peut-être, dans cette ville ou ailleurs.

De ma voix fragile et instable d'enfant prétendant devenir adulte, je lui avais demandé ce qu'elle avait perdu. Elle me répondit qu'elle avait perdu ses ailes comme si elle était la toute première et la seule dans ce cas-là.

-Il y en a eu des milliers comme toi... Il y en aura encore des milliers.

Je fis rougeoyer doucement le bout de ma cigarette. Tout le monde ne pouvait pas atteindre la lumière... Certains n'avaient même pas le privilège de la voir, seulement d'en rêver.

L'oisillon voulait savoir si la ville m'avait envoyé pour la lui jeter en pâture. Elle avait un accent d'ailleurs, un endroit que je ne connaissais pas. Je souris gentiment, les avant-bras appuyé sur mon BMX alors que la cendre au bout de ma cigarette tombait au sol pour terminer de s'y consumer.

-Tu y es déjà... Personne ne t'y a jeté. Tu es venue. Personne t'as obligé.

Je regardai vaguement autour de nous, dans l'ombre, les nettoyeurs attendaient... Seule la décision de l'oisillon les éloignerait... Ou pas.

Mes yeux la regardèrent à nouveau de haut en bas pendant que la fumée s'échappait naturellement de mes narines.

J'attrapai mon guidon à deux mains et soulevai ma roue avant devant elle, faisant se cambrer ma monture de métal. Et je la maintins en l'air pour lui dire :

-Et tu as toujours deux jambes. Et deux choix.

Je laissai retomber ma roue à quelques centimètres d'elle.

-... Courir pour fuir.

J'écartai les bras, désignant L.A. elle-même.

-Ou marcher vers l'avenir.

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MessageSujet: Re: (1974) Like A Broken Child ft Cash[Terminé]   Ven 17 Mar - 17:27


Like a broken child

ft. Cash Izbel


Que ce passe-t-il quand on attache les ailes des oiseaux dans leur dos?

Ils cessent tout simplement d'être oiseaux pour devenir jouet. Un pantin qui se dandine difficilement d'un pied sur l'autre, s'arrachant les plumes qui deviennent inutiles et encombrantes, perdant par la même occasion leur prestance et leur fierté. Car un oiseau plie le vent à sa volonté, il porte son regard plus haut que les grattes-ciels et s'offre la vue des Dieux et Déesses, illuminé par le soleil. Tant que ses ailes ne se brisent pas.

Petit oisillon, je n'avais effleuré le vent qu'en tombant de mon arbre, déployant mes maigres ailes pour tenter de m'enfuir loin des charognards qui hurlaient plus bas et faire comme les grands. Vivre. Mais la mort m'avait rattrapée, encore une fois, m'écrasant de sa fourche sur le bitume et me laissant pour morte, alors que je me vidais de mon essence vitale. Un spectacle pour les fantômes de la ville, insensibles et dénaturés. Le seul à y voir clair dans cette vase grouillante, c'est le messager. Il est venu à moi pour me dire que je ne suis pas la seule à être liée au destin funeste des rebuts de la rue, et que nous ne sommes pas les derniers. Je suis dans le ventre de la bête, broyée et digérée lentement. Et c'est moi qui me suis jetée dans la gueule de pierre.

Les yeux du serpent sondèrent les environs, à l'affût. Je levais mon regard pour tenter d'apercevoir ce qui m'était interdit, mais il est le seul à entendre et comprendre les murmures qui chantent sous les étoiles. Je le regardais lui. Il me regardait de haut en bas. Je l'admirais alors que lui me jaugeait, cherchant sûrement qu'elle serait ma valeur si je n'étais pas tombée si bas. Il fit se dresser sa machine métallique, annonçant de sa voix calme et mystique que j'étais encore une bipède, avec un choix à faire entre deux options.

-... Courir pour fuir.

-Ou marcher vers l'avenir.


Il ouvrit grand les bras, comme un ange ouvre ses ailes limpides, inondant de sa lumière la nuit froide qui me recouvrait le corps. J'inspirais profondément après avoir retenu mon souffle, attendant que le verdict tombe. Ce n'est pas un choix, juste une dernière chance qu'il faut gagner.

" Je ne vois pas où est l'avenir. Je ne vois plus aussi clair, et je n'ai nulle part où aller en attendant que la ville se décide à me donner une chance."

Comme une belle-mère horrible, elle ne me traitera comme une égale que lorsque j'aurais trouvé de quoi lui fermer le bec. D'ici là, j'aurais du ménage à faire. Moi, petit oisillon souillon plein de cendres. J'attrapais la tête de sa machine sauvage, me tirant en avant pour me relever difficilement, les jambes aussi maladroites que celles d'un poulain. La morsure glaciale du vent me frappait avec plus de violence, le souffle de la ville qui n'était pas contente de me voir me relever alors qu'elle n'avait pas fini de se gaver de moi. Pourtant, j'utiliserais mes dernières forces pour braver ses coups, et essayer de m'envoler plus haut que ses brimades.

"Apprends-moi à voler."


Je m'étais approchée du garçon de la ville, aspirant la fumée dévorante du serpent. La brûlure ravivait mes poumons, la chaleur bienfaitrice alors que mes vêtements mouillés n'étaient plus capable de jouer leur rôle.

© Billy Lighter



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MessageSujet: Re: (1974) Like A Broken Child ft Cash[Terminé]   Ven 17 Mar - 18:15



Like a broken child
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Avant de passer définitivement à l'état de fantôme hantant les rues de L.A., l'oisillon avait encore le choix. Elle avait encore ses jambes à défaut d'avoir ses ailes. Mais la frêle créature n'avait pas perdu que ses ailes, elle avait aussi perdu la vue... Ou elle ne voulait pas voir. Auquel cas, elle était condamnée et je ne pouvais plus rien faire pour elle.

Je rigolai d'un rire où se disputaient l'enfant et l'adulte en moi lorsqu'elle affirma qu'elle n'avait nulle part où aller tant que L.A. ne lui aurait pas donné une chance. L.A. n'en avait déjà plus que faire d'elle, elle s'en était désintéressée après lui avoir pris ce qu'il y avait à prendre, la laissant dans l'état où elle était, un liquide douteux lui dégoulinant sur la tête.

-La ville n'a pas de chance à te donner. Elle ne te doit rien. Tu n'es pas d'ici et tu n'as rien apporté.

Je serrai mes mains sur mon guidon. Je n'étais pas là pour changer la donne, juste pour exposer les choses, les derniers choix qui lui restaient.

-L.A a pris ce qu'il y avait à prendre. Maintenant, tu peux t'en aller.

Je sursautai soudain quand la main décharnée de l'oisillon fantomatique s'accrocha au guidon de mon BMX. Je la laissai se relever et dès qu'elle lâcha ma monture, de mes pieds sur le bitume, je reculai. Elle était coincée entre deux mondes, une paria, une mort-vivante. Je ne voulais pas qu'elle me touche.

Je fronçai les sourcils, mes yeux noirs menaçants.

L'oisillon voulait que je lui apprenne à voler et mon sourire se fit mauvais, mon regard plus fixe que jamais.

-Tu ne peux pas voler sans ailes. Tu ne pourras jamais voler. Juste te tuer en essayant.

Elle s'approchait, et je reculais... Le pied sur ma pédale, j'étais prêt à ramper à toute vitesse dans l'obscurité protectrice des rues de Los Angeles pour y attendre le retour du soleil.

Je jetai ma cigarette entièrement consumée par terre, restant sur mes gardes, campé sur ma monture.

-Mais Darwin a raison...

Elle s'était relevée, ses cheveux mouillés dégageant l'odeur infecte de ceux que L.A. a détruit sans ménagement. Elle avait encore une forme de détermination qui pouvait l'amener à se reconstruire... Et à apporter quelque chose à la ville.

-Tu peux attendre une chance que L.A. ne te donnera jamais et ton chemin s'arrêtera ici.

Je passai ma langue entre mes lèvres, brièvement.

-Ou tu peux apprendre à te battre. Pas à voler.

Je haussai les épaules, nonchalamment.

-Ça t'évitera de te faire bouffer.

Je reculai encore, lentement, m'éloignant de l'oisillon sans jamais lui tourner le dos. La décision qu'elle prendrait ne m'appartenait plus...

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MessageSujet: Re: (1974) Like A Broken Child ft Cash[Terminé]   Sam 18 Mar - 22:36


Like a broken child

ft. Cash Izbel


Finalement, le messager n'est qu'un pantin de plus entre les mains de la ville. Il énonce des faits, sans tenter de les changer, comme un écervelé accepte ce que la nature ne lui a pas donné. Contrairement à lui, j'ai un cerveau qui marche, qui s'indigne et qui décide de ce qui est acceptable ou non. Et la, je n'accepte pas le regard dégoûté qu'il me jette, comme si lui était plus beau à voir. Je m'étais levée, tentant une dernière fois de chercher de l'aide.

Mais j'étais prévenue. Ma mère m'a souvent dit qu'on est seul. Si les gens s'intéressent à nous, c'est qu'ils veulent nous prendre ce dont ils ont envie, pour ne laisser qu'une coquille vide. C'est quand on est assez fort pour défendre ce qu'il y a en nous qu'on peut se permettre d'ouvrir la porte de notre jardin secret à ceux qui en valent la peine.

Un serpent, c'est fourbe et dénué d'émotions. On les rejette car ils sont laid à voir. Et le pantin n'y échappe pas. Il n'a servit qu'à une chose: me foutre la haine. Alors qu'il reculait, effrayé comme un enfant faible, je le toisait maintenant, plus grande que lui du haut de mes 18 ans. Il doit avoir 13 ou 14, comme quoi vivre au crochet venimeux de la cité des anges ne rend pas plus fort ou grand.

Il parlait, mais je n'entendais qu'un sifflement désagréable. A quoi bon perdre mon temps, un rat n'apprend pas à un oiseau à voler. Un aigle saute du nid et se laisse porter par le vent. Un rat vole les restes et se cache dans le noir. La comparaison est impossible. Je dois donc me débrouiller seule, comme ma mère la fait. Je ne lui rends pas hommage en laissant la ville m'écraser avec ses cadavres ambulants. Ce n'est pas mon genre, ni mon caractère de me laisser faire. J'ai eu un moment de faiblesse, mais maintenant je suis déterminée à casser les dents aux serpents qui viendront baver devant moi.

J'habite pas au dessus d'une salle de boxe, moi? Bon, je sais où aller demain!

Je regardais une dernière fois la pauvre bête apeurée, avant de lui tourner le dos et d'avancer dans la nuit. Bizarrement, maintenant, j'avais le sourire aux lèvres. Je ne suis pas si mal lotie que ça, finalement. Je suis libre de faire ce que je veux, sans la vieille voix rocailleuse de la ville pour me tourmenter les tympans.

Je marchais devant moi, sans vraiment chercher à trouver mon chemin, ma mère me guidera bien de là où elle est. Un aigle s'oriente avec son instinct et sa vue perçante. A mesure que j'avançais, je remarquais des choses habituelle, comme une boîte aux lettres, un panneaux, une boutique. Plus vite que je ne le pensais, je me retrouvais dans ma rue. Le fourbe aux écailles à perdu, je ne suis pas un déchet de plus qui nourrira sa précieuse cité.

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