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 Pay Day [PV T.J.][TERMINE]

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Amon Sørensen


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MessageSujet: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Mer 10 Mai - 14:48



Pay Day
ft. T.J. Goldstein


J'avais eu un début de week-end mouvementé et pas forcément à cause de ce que j'aurais imaginé. Comme je m'étais mis en tête de donner à Sélène un double des clés du loft après un petit calibrage en règle, je m'étais attendu à, peut-être, quelques accrochages dus à une nouvelle phase de rodage incluant les nouveaux paramètres que j'avais ajoutés suite aux premières expériences que j'avais faites de ma nouvelle vie en couple.

Mais non, Sélène avait été très sage, elle m'avait même plutôt bien aidé. Le problème, ça n'avait été ni elle, ni moi, et pour cause : Howard Stone avait à nouveau débarqué en pleine nuit complètement shooté en pensant qu'il se trouvait chez Apolline McLagan.

Enfin bref, tout ça pour dire que ce week-end en amoureux, tranquille, à la maison, avait commencé dans un bordel monumental. Et je ne savais pas trop aujourd'hui ce que je devais en penser. Sûr que je n'aimais pas que Howard se détruise comme il le faisait. Mais son intrusion avait aussi fait que Sélène et moi, on avait du travailler ensemble pour essayer de ce dépatouiller avec mon junkie d'ami. Alors, bon ou mauvais ? Ça dépendait pour qui, j'imaginais. Mais en ce qui me concernait, personnellement, je m'en sortais pas trop mal.

Puis, la semaine avait recommencé et je devais recevoir aujourd'hui une brève visite du photographe free-lance T.J. Goldstein. Depuis que Gaïana était partie explorer les horizons bien plus lucratifs du mannequinat sous la houlette de Barbara Sherman, c'était ses clichés qui étaient les plus intéressants.

Le jeune homme était respectueux, poli et discret et c'était en grande partie ce qui me le rendait sympathique. C'était aussi, plus que probablement, ces mêmes qualités qui lui permettaient de se faufiler partout. Je ne le « connaissais » que depuis peu et ne lui posais pas vraiment de questions sur la façon dont il fonctionnait. Le principal, c'était qu'il ramène des clichés intéressants.

Le dernier en date avait été celui de Howard sur la plage avec une jeune fille blonde, photo qui était parue dans le dernier numéro du magazine et que j'avais achetée non pas pour descendre Howard mais pour préserver le poulain de mon meilleur ami, Timmy Evans, des articles bien pires qu'auraient pu écrire mes chers collègues à partie de cette image. Alors quoi qu'en pense Howard, mieux valait moi qu'un autre.

C'était pour ledit cliché que je recevais T.J. Aujourd'hui, dans mon bureau à la rédaction. Quelques jours avaient passés et même si les meilleures ventes du magazines se font le jour même de la parution, ce dernier numéro se vendait encore dans les librairies qui avaient achetés assez d'exemplaires. Bref, pour faire court, j'avais, en liquide, 1000 dollars à donner au jeune photographe. Chez L.A.People, on fonctionnait comme suit, si tant était que les ventes étaient dans la moyenne :

-500 dollars pour les clichés intéressants mais dont l'image est de piètre qualité.
-1000 dollars pour les clichés intéressants et de bonne qualité.
-1 500 dollars pour les clichés intéressants et/ou d'excellente qualité.

Si les ventes étaient en dessous de la moyenne, on diminuait en fonction du pourcentage en dessous de la moyenne, mais c'était rare.

Après, les prix pouvaient monter bien plus haut si le cliché était vraiment très rare comme la photo que Eileen avait réussi à prendre de Sniper Kurtz en le piégeant.

Et je bossais depuis assez longtemps dans le milieu pour savoir qu'il y a différents types de paparazzi :

-Les sportifs : C'est le challenge qui les fait triper. Où aller, comment se positionner, quel appareil utiliser, le tout sans se faire repérer. C'est ça qui les intéresse plus encore que de savoir ce que foutent les stars qu'ils prennent en photo.
-Les malsains : Eux, c'est tout le contraire. Ce sont des voyeurs qui assouvissent leurs pulsions sous couvert de ce job.
-Les charlatans : Ils essayent le plus souvent de vendre des clichés de très mauvaise qualité en sortant des baratins dignes des meilleurs vendeurs de bagnoles. Mais, la plupart du temps, ce ne sont même pas les stars qu'ils prétendent sur les photos mais des gens tout à fait lambda.

Mais de ce que j'avais déjà pu comprendre de Goldstein, il ne faisait partie d'aucune de ces catégories. Il avait même l'air de faire plutôt ça par nécessité qu'autre chose. Un peu comme Gaïana à l'époque, et c'était probablement pour ça que je cherchais à devenir son journaliste de référence. Sans compter que ses clichés étaient, la plupart du temps, bon voire excellents.

J'avais laissé la porte du bureau entrouverte et j'avais relancé une tournée de café qui était tranquillement en train de couler. Devant moi, des ébauches d'articles sur l'enterrement de Kayden James, mais j'avais pas spécialement l'inspiration parce que, justement, sans image pour aller avec, ça ne servait à rien d'écrire quoi que ce soit parce que ça ne paraîtrait pas dans le magazine... Et quelque part, j'espérais que T.J aurait de quoi faire à ce sujet-là...

@ Billy Lighter











AMON


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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Mer 10 Mai - 21:18

James émergea lentement et difficilement de son sommeil qu’il devinait agité, si toutefois il devait considérer le mal de tête qui le lançait comme n’étant pas issu de son imagination. A en juger par les courbatures qui parcoururent son corps alors qu’il se levait avec difficulté en ne manquant pas de se demander pourquoi il s’était réveillé avec le parquet de son appartement si proche de son visage, c’était sans aucun doute la réalité. Le jeune homme porta machinalement sa main à son front endolori et réalisa, après s’être réveillé tout à fait, qu’il était tombé de son lit au cours de la nuit ; et que cela expliquait sans nul doute la bosse qu’il avait au-dessus de l’œil gauche. T.J regarda une seconde autour de lui pour tenter de se rappeler ce qui aurait pu le mettre dans une telle situation ; heureusement pour lui et sa fierté, il reconnut aussitôt les murs défraîchis de son appartement de l’Eastside et les cadavres de bouteille qu’on avait jeté là un peu partout, certainement la veille au soir, avec suffisamment de chance pour qu’aucune ne se casse. Bonne nouvelle.

Le jeune photographe tituba ; son esprit était déjà complètement reposé, mais l’on aurait dit que son corps lui refusait de se remettre en marche. Saisissant l’une des bouteilles vides de whisky qui traînait au sol dans l’espoir d’accomplir le geste surhumain de la jeter, il se rendit compte qu’il était nu et eut un peu peur ; bon sang, qu’avait-il donc fait le soir précédent ? Il ne parvenait pas à se rappeler de quoi que ce soit – et c’était là le cœur du problème. Ce n’était pas la première fois que T.J se retrouvait dans ce genre de situation, mais il n’y était pas accoutumé pour autant – il n’était pas forcément un grand fêtard. Ou plutôt il l’était, mais il savait se modérer. S’en tenir à la bière ou à quelques cocktails, et s’arrêter de boire lorsqu’il commençait à éclater de rire pour un rien.

Fort heureusement, il retrouva rapidement ses vêtements qu’il enfila à la va-vite. Il se sentit, dès lors, un peu mieux ; il savait qu’il était tout seul et que personne ne pouvait entrer chez lui à l’improviste et le découvrir ainsi, parce que personne d’autres n’avaient les clés de son appartement. Même pas ses parents ni Frank Weiss, son meilleur ami. Frank ! se rappela-t-il soudainement en voyant les mégots de cigarette tremper au fond d’une bouteille de bière sale qui paraissait rempli de tout, sauf de bière. James se rappelait de certains détails à présent – hier soir, il fêtait ses deux mois d’indépendance vis-à-vis de ses parents, même si cela avait été plus un prétexte à sortir les bouteilles qu’autre chose ; mais il ne s’était pas attendu à ce que cela se termine de cette façon.

Avec le recul, cela ne le surprit pas vraiment. C’était justement lorsqu’on ne s’y attendait pas que se passaient les choses les plus folles, songea-t-il en souriant. Le garçon acheva d’enfiler sa chemise, et, alors qu’il faisait un geste vers son lit pour remettre un peu d’ordre, il remarqua enfin la jeune femme toute nue, étendue de tout son long en travers du lit qui, c’était à présent évident, n’avait pas servi qu’à dormir. Levant les sourcils de surprise, il s’approcha délicatement de l’inconnue et se pencha sur elle afin de rassembler ses souvenirs et d’essayer de se rappeler qui elle était. Apolline ? Non, réfuta-t-il aussitôt, celle-là était blonde. Et puis par principe, il ne couchait pas avec ses amies. Même ceux avec lesquelles il était sorti – non pas parce qu’il craignait qu’un quelconque malaise s’installe, mais parce qu’il n’y avait jamais pensé et qu’il n’avait jamais montré d’intérêt pour cela.
James vit la blonde s’agiter et il se recoiffa rapidement histoire d’être un minimum présentable. Quitte à faire (encore une fois ?) connaissance, autant se mettre à son avantage. La jeune femme ouvrit les yeux, parut se souvenir de ce qu’il s’était passé la veille et, avec un sourire, répliqua :

- Ca fera 500$ pour la nuit, chéri.

Le jeune homme fronça les sourcils, un peu déçu. Une prostituée ? Il s’était attendu à mieux ; et en plus ce n’était même pas son genre de faire ça. Sans compter que, financièrement, il ne pouvait pas se le permettre. Pour toute réponse, il haussa les épaules en affichant un air désolé, espérant qu’elle ne le prenne pas mal ; il ne pensait pas vraiment lui devoir quelque chose, puisque, s’ils avaient fait quelque chose, T.J s’en serait souvenu. Ou alors il avait été bien imbibé qu’il ne le pensait.

- C’est l’autre type qui m’a fait venir, finit par dire la fille de joie, celui avec les cheveux teints tout noirs et le jean moulant. Il m’a demandé si je voulais passer du bon temps avec un de ses amis, et que c’était lui qui paierait.

Frankie, bien sûr … conclut T.J à voix basse en fouillant dans son portefeuille resté dans la poche arrière de son jean avec l’espoir d’y trouver quelques billets. Et Frankie ne s’était pas donné la peine de préciser lequel de ses « lui » devait payer, bien évidemment. Pourquoi s’était-il permis de faire ça ? Le photographe poussa un long soupir d’exaspération et tendit tout ce qu’il avait à sa charmante compagne. Cent dollars et quarante-sept cents très précisément, se sentit-il obligé de préciser.

- Ecoutez, euh … mademois—
- Erica, interrompit la fille peu farouche.
- Erica, écoutez, je n’ai que cent dollars pour l’instant, mais je vais aujourd’hui voir un type qui doit m’en donner un peu plus. Dites-moi où vous, euh … travaillez habituellement, et je passerai plus tard vous donner ce que je vous dois. Ça vous va ?  

Maudit Frank … James n’aimait pas avoir des dettes. Surtout ces derniers temps qui étaient particulièrement difficiles ; bon, ce n’était pas la famine non plus et il ne réclamait jamais rien à personne, mais il n’avait pas d’argent à dépenser pour les loisirs, s’il pouvait appeler ce coup-là un loisir. Parce qu’il ne l’avait pas vraiment demandé et que s’il ne s’en souvenait pas c’est que cela n’avait pas été si fameux … pourtant ce n’était pas l’envie de se faire plaisir qui lui manquait, juste les moyens d’y parvenir.

- Tu étais moins bavard hier soir quand tu me léchais la ch—, commença Erica.
- Ouais, ouais, l’interrompit James un peu gêné. Bon, j’ai rendez-vous ce matin avec un type. Important, mais peu importe.  Je reviens ce soir avec ce que je vous dois et on n’en parle plus, d’accord ?

***


Démarrant sa voiture, James se surprit à maudire sa tendance à accepter un peu trop vite de boire au-delà du raisonnable. Non seulement cela lui apportait des ennuis, mais aussi cela vidait son compte en banque famélique ; maintenant qu’il y pensait, il se rendait compte que les deux allaient souvent de pair. Il essaya de ne plus y penser alors qu’il conduisait sa Challenger grise en direction du centre-ville. James Goldstein aimait beaucoup sa voiture, et il en prenait grand soin même si elle datait déjà d’une bonne dizaine d’années et qu’il n’en était pas le premier propriétaire ; pour lui c’était un moyen comme un autre de montrer qui il était. Et puis c’était aussi une sorte de garantie d’avoir toujours un endroit où dormir si jamais il se retrouvait incapable de payer son loyer.

T.J arriva en face du bâtiment du magazine L.A People en avance contrairement à ce qu’il avait pensé. Comme quoi, il ne lui avait servi à rien de se dépêcher en allant même jusqu’à faire l’impasse sur le petit déjeuner, ce qu’il regrettait amèrement à présent ; ce n’était jamais une bonne idée de jeûner après une soirée arrosée comme il venait de passer et il ne le savait que trop bien. Tentant d’oublier tant bien que mal son ventre qui se mettait à gargouiller méchamment, il gara sa Dodge à la première place libre qu’il put trouver (ce qui n’était pas difficile, puisqu’il était encore tôt) et entra dans l’immeuble.

Le jeune photographe ne travaillait que depuis peu au L.A People, et ce d’une façon qui n’était même pas officiel, mais il s’y sentait relativement bien et y avait ses marques ; au bureau, en tout cas, car pour ce qu’il en était du journal lui-même, c’était autre chose. Ce n’était pas que cela le déplaisait – mais il avait parfois l’impression de gâcher son talent dont il était certain avec quelque chose qui n’avait presque aucun rapport avec ce qu’il voulait réellement faire ; hélas, il en était ainsi. Il fallait bien vivre et, tout paparazzi qu’il était, T.J essayait de rester intègre et moral. Pur, d’une certaine manière, bien qu’il n’avait jamais cru en ces inepties de pureté ou d’impureté du cœur et de l’esprit humains. Et mine de rien, exercer cette activité lui permettait d’éprouver ses techniques et de les perfectionner – comme la photographie d’Howard Stone et de l’inconnue sur la plage qui lui avait permis d’étrenner son nouveau zoom. C’était toujours cela de pris, à défaut d’y prendre du plaisir.

James se fendit d’un sourire en croisant le regard de la réceptionniste à l’entrée, qu’il trouvait plutôt agréable à l’œil. C’était l’un des petits plaisirs qu’éprouvait le paparazzi en venant au sein du L.A People ; il s’était d’ailleurs persuadé qu’en allant lui parler et en se montrant charmeur il pouvait faire se passer quelque chose. Mais ce jour-là, il n’y pensait guère ; il était venu pour quelque chose de précis – son gagne-pain tout simplement, et avec un peu de chance et un charisme suffisent il pouvait espérer être payé plus que d’habitude. Enfin, c’était ce qu’il se disait à chaque fois en vérité, et cela ne s’était jamais concrétisé. Amon Sorensen était difficile à persuader, pensa T.J alors qu’il se dirigeait vers le bureau du journaliste. Mais il n’hésitait jamais à lui dire quand une photo n’était pas suffisamment bonne ou sensationnelle pour qu’il l’accepte ; quoique ce n’était pas souvent arrivé.

En arrivant devant le bureau du journaliste, T.J sentit une bonne odeur de café et se mordit la lèvre en se rappelant qu’il n’avait pas pris le temps de s’en prendre un ce matin-là. Quel idiot il faisait ; comment pourrait-il se montrer sous son meilleur jour auprès d’un des journalistes qui l’aidait à subsister en se présentant avec une sale tête et affamé ? Avant de faire le pas décisif le jeune homme prit le temps de coiffer légèrement ses cheveux dans le but de dissimuler tant que possible l’ecchymose de son arcade sourcilière et de rehausser un peu son sourire qui s’était quelque peu affaissé après avoir entendu une nouvelle fois son estomac grommeler. Il se dit alors que ce n’était peut-être que le stress et que cela passerait lorsqu’il serait entré dans le bureau d’Amon. Il entra.

Calmement, il fit un pas vers le journaliste qui s’était levé pour le saluer et en lui tendant sa main dit :

- Bonjour monsieur Sorensen. Vous allez bien ?

T.J ne se permettait pas encore d’appeler le journaliste par son prénom parce qu’il savait que les gens importants aimaient, justement, se sentir importants. Ce n’était pas vraiment par timidité, mais c’était une stratégie pour ne pas créer une trop forte affinité avec l’homme – non pas qu’il ne l’appréciait pas (à vrai dire il ne le connaissait pas assez pour en juger), mais qu’il avait l’impression que s’il devenait trop proche d’Amon Sorensen, et donc en quelque sorte trop proche du L.A People, il devrait choisir son camp. Entre le L.A People et le Guitar&Pen par exemple, et il tenait à maintenir ses deux sources de profits au même niveau, c’est-à-dire aussi ses deux sources d’ennuis.

James gardait dans sa poche une impression de la photo d’Howard Stone et de l’inconnue qui avait rencontré un petit succès. Il n’était pas vraiment fier de l’avoir prise – mais il était certain que cela lui garantirait au moins un petit « intérêt sur les bénéfices », comme il aimait l’appeler en souriant. Sans compter que le jeune homme avait la sensation que cette photo et la certaine agitation (ou du moins il avait eu l’impression d’une agitation) qui en avait résulté finirait par lui causer des ennuis. Après tout, Howard Stone n’était pas un imbécile. Et surtout il connaissait bien Nathan et Apolline, faisant partie du même groupe. Or, Nathan et Apolline savaient sans doute ce que T.J faisait pour vivre ; ou bien ils feraient le rapprochement et … qu’est-ce que James risquait au final ? Ce n’était pas comment s’il se passait vraiment quelque chose de très compromettant sur cette photo.
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Amon Sørensen


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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Jeu 11 Mai - 19:59



Pay Day
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Je relevai les yeux de mes esquisses d'articles qui, en passant, ne me satisfaisaient pas, lorsque j'entendis la porte de mon bureau s'ouvrir plus grand, laissant apparaître le tout jeune photographe free-lance, T.J.Goldstein.

Je me levai pour lui serrer la main alors que, comme à son habitude que je commençais à connaître car je lui avait acheté, déjà, quelques clichés moins importants, il me saluait très poliment.

-Bonjour, T.J.

J'aimais bien Gaïana, malgré les mauvais termes dans lesquels on s'était quitté, mais il fallait avouer que le côté provocateur de la jeune femme tatouée ne me manquait pas.

Le jeune homme portait les marques d'une nuit difficile sur le visage mais quel jeune gars en plein milieu de L.A. se lève frais et dispo alors que la plupart de la vie ici se joue la nuit ? Je remarquai aussi la bosse à son arcade et eus un léger sourire. On aurait dit moi après un week-end passé à boxer, avec 10 ans de moins et en moins blond...

-Je vais bien et toi ? Et tu peux m'appeler Amon et me tutoyer. Installe-toi. Je te serre un café ?

Ça ne ferait pas de nous des amis pour autant, mais au moins, ça me paraîtrait moins formel à moi et ce sera probablement aussi plus agréable pour lui. Je connaissais ma réputation de journaliste impitoyable avec les stars, sans cœur et tout le bordel... J'avais créé moi-même cette réputation... Et elle me précédait certainement dans le chef de T.J. C'était pour ça que je devais jouer les connards ? Je pensais pas, non... D'autant que le gars me faisait plutôt bonne impression jusque-là.

Je m'appuyai sur le meuble derrière mon bureau, où j'avais aménagé mon « coin café »... Juste à côté, il y avait un autre meuble sur lequel était posé le terrarium de Loki, le serpent dont je partageais les soins avec la demi-sœur de Billy Lighter, elle aussi journaliste pour L.A.People. Le jeune serpent noir et blanc était particulièrement agité aujourd'hui et donnait l'impression de se frotter le ventre contre la vitre de sa demeure à tout bout de champ.

Je préparai les tasses de café. Un mug à l'effigie de The Lightening pour moi (que j'avais reçu ici, dans le même carton où j'avais trouvé le gobelet The Lightening avec lequel je m'étais employé à réhydrater le batteur de The Burning Fire) et un mug avec le logo de L.A.People pour le photographe.

Je lui désignai l'enveloppe scellée sur la table avec son nom inscrit dessus de ma propre main.

-Tu peux la prendre, c'est pour toi. 1000 dollars comme prévu pour le cliché de Stone.

Je revins m'asseoir à mon siège et posai son café devant le jeune homme.

-Y a moyen de te faire plus d'argent chez L.A.People, mais faudrait des clichés vraiment exceptionnels, tant en qualité que sur le fond.

Je fixai T.J en buvant une bonne gorgée de mon café.

-Mais bon, t'as pas l'air de jouer les paparazzi pour le plaisir, je me trompe ?

@ Billy Lighter











AMON


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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Jeu 11 Mai - 21:48

Comme il l’avait pensé, car il se connaissait bien, T.J se sentit bien plus détendu dès qu’il posa le pied dans le bureau du journaliste. Le jeune homme n’était pas d’un naturel angoissé ; mais il était du genre à se poser beaucoup de questions – comment allait-il paraître aux yeux des gens qu’il rencontrait, quelle image renvoyait-il ? Et pourtant le jeune photographe avait toujours appris à ne pas trop tenir compte du jugement et du regard des autres, à ne pas se laisser emporter dans le jeu facile et sans saveur de la superficialité. Mais qui qu’on pouvait en dire, et quoi qu’il pouvait bien en penser, Los Angeles restait, à l’instar peut-être du pays entier, une terre de superficialité.

James salua poliment Amon Sorensen avec un sourire sincère et lui serra la main. Le journaliste avait une poignée de main vigoureuse mais cela ne surprenait pas le jeune homme ; il s’y était habitué avec le temps, et lui-même ne manquait pas de poigne lorsqu’il y mettait les formes et qu’il voulait se montrer un peu plus intimidant vis-à-vis de son interlocuteur. Face à un homme comme Amon Sorensen, c’était inutile ; T.J le voyait comme une sorte de roc, poli mais doté d’un côté distant un peu froid qui d’ailleurs ne le gênait pas outre-mesure – James Goldstein lui-même n’était pas un individu des plus chaleureux, ou en tout cas c’était la vision qu’il avait de lui-même. Et s’il est souvent difficile de changer l’opinion que l’on éprouve à propos de quelqu’un, c’est encore plus complexe de changer l’opinion que l’on a de soi-même, mais James n’avait pas l’impression de trop se dévaloriser.
Sorensen répondit qu’il allait bien et que T.J pouvait le tutoyer ; le jeune homme ne put s’empêcher de rire intérieurement. Non, il n’y tenait vraiment pas – et ce n’était pas vraiment par principe, ni même par éducation. C’était un vague pressentiment ; T.J était volontiers superstitieux, trait de caractère qui surprenait plus d’une de ses connaissances car il ne donnait pas l’image d’un homme en proie au doute ou croyant au destin et au mysticisme – ou au moins James le pensait-il. Les superstitions, les petites histoires qu’il s’inventait dans sa tête … c’était son petit monde à lui.

- Je veux bien un café oui, merci, répondit le photographe au journaliste avant de s’asseoir sur le premier fauteuil qu’il vit.

Hé, c’était du cuir ! pensa le jeune homme dans son esprit, l’espace d’une seconde. L’employé du L.A People ne se refusait rien – c’était compréhensible. Il avait une position envieuse et enviable, sûrement durement gagnée, des responsabilités et sans aucun doute un salaire qui permettrait au jeune homme de payer quinze fois son loyer sans craindre de ne plus avoir de quoi manger. D’une certaine manière, James était content pour lui. Peut-être était-ce la vision du rêve américain de Sorensen ? Le jeune homme n’ignorait pas que le journaliste n’était pas originaire des Etats-Unis ; non seulement la sonorité de son nom était atypique, mais aussi son accent – et peut-même lui avait-il dit. Il n’arrivait pas à s’en rappeler. Il regarda ailleurs et n’y pensa plus.

Il y avait un serpent dans un terrarium sur un meuble, et T.J était certain de ne pas l’avoir vu auparavant, de toutes les fois où il était déjà venu – ou bien il ne s’en était pas rendu compte. C’était sans importance. Il se surprit néanmoins à tenter d’imaginer comment pouvait être la vie d’un tel animal – et de ce qu’il connaissait de ces reptiles, T.J ne parvenait pas à imaginer beaucoup de choses. C’était peut-être un peu étrange, mais le jeune paparazzi n’avait jamais manifesté la moindre affinité pour les animaux, même plus classiques comme les chats et les chiens ; ce n’était pas qu’il ne les aimait pas, mais plutôt un manque d’expérience, de connaissance. Plus jeune il n’avait jamais eu d’animaux à la maison, et même à présent qu’il était un adulte mûr et (souvent) mature, il n’en avait jamais éprouvé le besoin. James détourna à nouveau le regard. Amon était en train de préparer le café salvateur ; le jeune homme s’étira discrètement sur sa chaise. Quelle nuit ! se disait-il encore, même s’il n’était pas encore parvenu à se rappeler de tout ce qu’il s’était passé.

- Tu peux la prendre, déclara Amon Sorensen en pointant du doigt l’enveloppe sur son bureau, c’est pour toi. 1000 dollars comme prévu pour le cliché de Stone.

T.J ne se fit pas prier et remercia le journaliste. Il ne prit pas la peine de vérifier le contenu de l’enveloppe – il avait confiance et son interlocuteur l’aurait mal pris. De plus, Sorensen ne l’avait jamais grugé ; et il n’avait aucun intérêt à le faire. Tout ce qu’il aurait perdu, dans la logique des choses, cela aurait été l’un de ses collaborateurs. Mais de toute manière T.J tenait à sa source de revenus et serait resté au service du journaliste même après une telle traîtrise ; même si cela aurait été contraire à ses convictions.

Le paparazzi glissa l’enveloppe dans la grande poche de sa veste de cuir et fit, rapidement, les comptes. Il devait quatre-cent dollars à Erica, et dix de plus à un ami à qui il avait emprunté de l’argent. Cela lui laissait de quoi payer son loyer à la fin du mois, et quelques dépenses superflues tant qu’il restait raisonnable ; avec ce qu’il avait déjà de côté, il n’aurait pas besoin de s’inquiéter pour les besoins alimentaires. Quoi qu’il n’aurait pas non à une petite baisse du prix de l’essence.

Sorensen servit son café à James Goldstein et le jeune homme le remercia une fois de plus. C’était tout ce dont il avait besoin pour l’instant. La sensation de chaleur du café chaud et l’énergie de la caféine dans son corps encore courbaturé de ses déboires de la soirée de la veille. Le café, c’était l’une des choses dont le jeune photographe ne pouvait que difficilement se passer – avec les bretzels préparés comme sa grand-mère le faisait, la bière et bien évidemment l’amour. T.J poussa un bref soupir de soulagement qu’il ne chercha même pas à dissimuler. A présent, il pouvait vivre sa journée un peu plus sereinement.

- Y a moyen de te faire plus d'argent chez L.A. People, mais faudrait des clichés vraiment exceptionnels, tant en qualité que sur le fond, dit alors Sorensen, assis sur son fauteuil en face du paparazzi.

T.J profita d’une seconde d’accalmie pour songer à toute vitesse à ce qu’il devait répondre.

- Mais bon, t'as pas l'air de jouer les paparazzis pour le plaisir, je me trompe ? reprit l’autre.

Le jeune homme baissa la tête, un peu gêné. Comment dire … il n’aimait pas beaucoup aborder ce sujet. De manière générale, il ne parlait jamais de ses motivations, de ce qui le poussait à faire ce qu’il faisait. Le garçon prit un petit moment pour réfléchir, en se donnant comme prétexte pour demeurer silencieux l’ingestion d’une nouvelle gorgée de café, qui le fit se sentir un peu mieux.

- Comment dire … hésita le jeune homme.

Il vit Amon l’encourager du regard à continuer de dire ce qu’il avait sur le cœur, alors il poursuivit.

- Depuis que je suis tout petit, je rêve de devenir photographe. Mais l’art est difficile, et ingrat, vous savez ? Alors en attendant qu’on me donne une chance – ce n’est pas que j’attends bêtement qu’il se passe quelque chose, hein ! –je fais ce que je peux pour subsister à mes besoins. Et j’essaie d’y trouver un minimum d’intérêt, aussi. De nouvelles techniques de photographie, par exemple.

Le visage de T.J s’était à nouveau illuminé alors qu’il s’était lancé sur son sujet préféré.

- Comment mettre en valeur le sujet, sans qu’il le sache dans ce cas de figure, comment obtenir une belle photo en un minimum de temps et d’essais … comment être rapide tout en essayant, dans mon cas … de ne pas trop penser aux conséquences.

Il avait dit cette dernière partie de sa phrase d’un ton un peu triste, mais il se ressaisit aussitôt. Dans ces cas-là, il pensait aux meilleures photos qu’il avait déjà prises et à toutes celles qui lui restaient à prendre ; en quelque sorte, cela lui donnait de l’espoir. T.J but une nouvelle gorgée de café et se passa une main dans les cheveux, un peu nerveux - il espérait ne pas s’être montré trop enthousiasme, et se détendit à nouveau.

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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Ven 12 Mai - 16:04



Pay Day
ft. T.J. Goldstein


T.J avait accepté un café et le contraire m'aurait étonné, vu la tête de lendemain de guindaille qu'il avait. Quant à moi, ma consommation de café devait se compter en litres par jour au point que j'aurais, si une compétition existait, pus tenir bonne tête à pas mal de flics de L.A. Je nous préparais donc ça tout en entamant une conversation centrée sur L.A.People et les débouchés possibles pour le jeune photographe. Le jeune homme avait pris l'enveloppe qui lui était destinée et l'avait fait disparaître. Il y avait moyen, s'il le voulait, de se faire plus d'argent s'il ramenait plus de clichés, ou des meilleurs, et je ne manquai pas de le lui dire. J'étais bien conscient qu'à L.A., quand on est un jeune qui débute, tout est bon à prendre, quitte à faire un peu abstraction de ses principes.

Je tutoyais T.J., sans savoir vraiment si c'était parce qu'il m'avait l'air bien plus jeune que moi ou autre chose. Je n'avais que 31 ans, mais mes cheveux commençaient déjà à grisonner et mon visage était marqué par mon tempérament naturellement angoissé. Et ce malgré que de l'extérieur, je pouvais sembler parfaitement équilibré, tranquille... Ouais... Ça fonctionnait à la limite si on pensait que j'avais 40 ans ou plus... Et je ne pensais pas que T.J savait quel était mon âge réel.

Cette petite introduction m'avait permis d'enchaîner sur une question à laquelle, si elle était un peu plus personnelle, il pouvait se contenter pour toute réponse d'un « oui » ou d'un « non ». Mais à part moi, peu de gens se contentaient de répondre par « oui » ou « non ». Et Goldstein n'échappait apparemment pas à la règle.

Je l'écoutai attentivement et respectueusement après l'avoir encouragé du regard. Le but de T.J n'était pas de faire de l'argent pour faire de l'argent. Ce qu'il voulait, comme la majorité des jeunes de L.A. qui vivaient à deux pas de leurs idoles, c'était vivre de son art. Et lui, c'était la photo.

J'avais simplement hoché la tête quand il avait dit que l'art était difficile et ingrat. Ouais. En plus d'être subjectif et les journalistes tels que moi n'aidaient souvent pas à rendre les choses agréables une fois une petite renommée acquise.

-Je suis pas un artiste mais j'ai écrit assez d'articles sur certains pour savoir que c'est pas évident.

Je voyais au visage du jeune homme que le sujet de conversation lui plaisait. Je l'avais lancé sur son domaine de prédilection et ça semblait le mettre à l'aise...

Ce qui me donnait le sourire à moi aussi... Même si T.J, un peu comme Eileen à l'époque alors que je l'avais mise au défi de piéger Sniper pour le prendre en photo, disait essayer de ne pas penser aux conséquences...

-Ce qui m'amène justement à la question que je veux te poser. Tu es un photographe free-lance et, en tant que tel, tu as le droit de choisir si tu veux être crédité ou pas pour les prochains clichés qu'on t'achètera.

Je marquai une brève pause, appuyant mon regard sur lui pour bien qu'il comprenne que ce que je lui disais étant important et méritait réflexion.

-C'est à double tranchant. L.A.People, inutile de le cacher, n'a pas la meilleure réputation du monde et est considéré par beaucoup comme un torchon...

Dont par une bonne majorité de lecteurs hypocrites qui ne manquaient jamais d'en acheter un exemplaire.

-Te créditer t'amènera tant à, peut-être, devoir faire face à certaines conséquences. Mais ça aura aussi le mérite de faire connaître ton nom... En bien comme en mal.

Je repris une gorgée de café.

-Donc, à toi de voir si tu veux que ton nom apparaisse dans L.A.People ou pas.

@ Billy Lighter











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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Sam 13 Mai - 10:56

Pas une seule journée ne passait sans que T.J ne remette en question ses motivations et ne finisse par se dire que c’ était tout ce qu’il savait faire et qu’il était pour l’instant capable de faire, en attendant mieux. Il regrettait alors le temps du collège, puis du lycée où tout ce qu’il avait eu à faire, c’était de se laisser vivre en prétendant ignorer qu’un jour il devrait quitter le doux confort de l’insouciance pour affronter le monde dès qu’il était, avec ses difficultés comme avec ses bons moments ; et James Goldstein ne regrettait rien. Il s’était lancé très tôt dans la vie active, contrairement à certains de ses amis qui habitaient encore avec leurs parents et dont James disaient qu’ils avaient de la chance de ne pas connaître certaines angoisses et questions liées à la vie d’adulte.

L’inquiétude de ne pas savoir si l’on allait être capable de payer le loyer ce mois-ci, de suspecter si l’on renvoie, socialement, une bonne image de soi (ce que James essayait un maximum d’ignorer), qu’on est assez fort pour affronter le monde. Le jeune photographe y avait longuement réfléchit déjà et il estimait qu’il avait ces capacités – alors tout ce qu’il devait faire à présent en attendant qu’on lui donne sa chance en tant qu’artiste, c’était faire ce qu’on attendait de lui. Prendre de belles, mais surtout intéressantes, photos, s’impliquer à sa manière dans la vie de L.A et surtout ne pas poser trop de questions, il règle d’or que le jeune homme essayait à tout prix de ne pas oublier.

Amon Sorensen lui avait demandé s’il exerçait la profession de paparazzi pour le plaisir, bien qu’il lui semblait déjà acquis que non, et James avait répondu ce qu’il avait sur le cœur. Que ce n’était nullement un rêve ni une envie, mais qu’il s’agissait simplement d’un moyen de survivre en attendant qu’il puisse être reconnu en tant qu’artiste avec ses photos. Enfin, il ne lui avait pas dit tout à fait les choses de cette manière, mais c’était l’intention qui comptait. Il avait mis les formes, pour ne pas paraître trop insignifiant, trop effacé ou trop sensible face au journaliste assis en face de lui et qu’il avait toujours perçu comme un homme dur et froid peu enclin à être chaleureux ; enfin, cela était simplement l’avis qu’il s’était fait de lui avant de le connaître et Sorensen n’avait pas l’air, quoiqu’on en dise, de briser cette image de lui qu’il renvoyait. Sans doute consciemment, et James croyait comprendre pourquoi.

Dans tous les cas, Amon s’était montré plutôt ouvert envers le jeune photographe et celui-ci se disait qu’il aurait peut-être dû faire de même alors qu’il répondait à sa question sur ses motivations, se livrant quasiment à lui comme à un ami ; ou presque. Toujours la même superstition l’empêchait d’en dire plus ou de considérer Amon Sorensen comme quelqu’un de plus important pour lui qu’un collaborateur ou qu’un homme lui donnant de manière régulière de quoi subsister, sans plus. Néanmoins James avait fini par répondre à sa question, sans même prendre le temps d’hésiter.

- Ce qui m'amène justement à la question que je veux te poser, déclara alors Sorensen. Tu es un photographe free-lance et, en tant que tel, tu as le droit de choisir si tu veux être crédité ou pas pour les prochains clichés qu'on t'achètera.

Le regard du journaliste insista une seconde sur le photographe et celui-ci se sentit gêné. Il détourna la tête un instant pour songer à cette question qu’il avait redouté mais qu’il savait inévitable. Quel foutu dilemme ! pensa-t-il partagé entre l’envie qu’on connaisse son travail et le besoin qu’on ne l’associe pas à une feuille de chou tel que le L.A People (malgré tout le respect qu’il éprouvait à tous ceux qui y travaillaient, s’il pouvait parler de respect). Cela méritait réflexion et Amon ne fit que le confirmer. C’était à double tranchant … plutôt, oui ; d’un côté le fil du couteau propre et net de la « petite » célébrité que T.J acquerrait alors s’il décidait de signer ses photographies de son vrai nom, même si l’on ne pouvait pas vraiment parler de célébrité, et l’autre tranchant une fichue lame crantée et souillée qui d’une certaine manière représentait l’opinion que les gens qui le connaissaient auraient alors de lui.

- Te créditer t'amènera tant à, peut-être, devoir faire face à certaines conséquences. Mais ça aura aussi le mérite de faire connaître ton nom... En bien comme en mal, rajouta Sorensen comme si le jeune photographe ne se sentait déjà pas assez divisé par sa propre pensée. Donc, à toi de voir si tu veux que ton nom apparaisse dans L.A. People ou pas.

C’était un choix qu’il ne devait pas prendre à la légère compte tenu des conséquences qui en découleraient. Ce serait un excellent moyen de faire connaître son travail en tant qu’artiste ; mais cela ne risquait-il pas plutôt de le décrédibiliser en tant que tel si le commun des mortels gardait l’image de lui comme étant un de ses paparazzis sans cœur et sans morale, comme il y en avait tant ? James Goldstein ne voulait faire de mal à personne – mais évidemment, personne ne prendrait la peine de seulement l’écouter ; et ainsi cela rendrait très difficile la moindre intention qu’il aurait d’essayer de changer la perception des autres de lui-même.

Donne un faux nom, songea T.J en sentant le fantôme de son grand-père le juger de là-haut. C’était lui qui lui avait appris tout ce qu’il savait à propos de la photographie, et même s’il ne lui avait jamais expressément dit qu’il aurait voulu que son petit-fils adoré devienne un artiste, il aurait sûrement estimé qu’il gâchait son talent en travaillant pour une entreprise telle que le L.A People. Même si, quand on regardait au fond des choses, le Guitar&Pen pour qui il travaillait aussi - ce qu’il avait toujours évité de mentionner devant Amon car il ne tenait à ce qu’il ne le sache pas – n’était pas toujours propre et immaculé ; enfin c’était surtout ce qu’il avait entendu dire et il ne se fiait pas aux bruits de couloir. Donne un faux nom … pensa encore une fois le journaliste en faisant tourner au fond de sa tasse les dernières gouttes de café qu’il lui restait, pour l’aider à réfléchir.

- Vous n’avez qu’à me créditer, euh … Tom Golden, s’écria finalement James avec hésitation. Euh, non, Theodore. Theodore … Theodore Golden.

C’était un nom à la fois commun et avec une sonorité particulière qui avait bien plu quand il lui était venu en tête. Theodore, c’était son premier prénom, celui qu’il n’utilisait jamais car il le trouvait particulièrement détestable ; il trouvait que cela faisait trop petit garçon sage, trop intellectuel. Que cela ne lui allait pas tout simplement ; qu’est-ce qui leur avait pris, à ses parents, le jour où ils ont décidé de son nom, pensa T.J en manquant d’éclater de rire (ce qu’Amon aurait sans aucun doute trouvé étrange). James était beaucoup mieux et c’était comme cela qu’il se faisait appeler désormais – depuis l’adolescence. C’était un prénom bien plus commun mais le photographe aimait se fondre dans la foule et ne pas trop se démarquer des autres ; et c’était son métier qui voulait ça.

Quant à Golden, eh bien … cela se rapprochait de son nom de famille et c’était aussi un petit compliment qu’il se faisait à lui-même. Parce qu’il s’estimait être un homme en or et qu’il voulait briller, comme l’or … maintenant qu’il y pensait, il trouvait son choix un peu étrange et ce pseudonyme ne sonnait plus aussi bien maintenant qu’il l’avait dit à voix haute ; sans importance, il ferait sans.

- Après, bien sûr, si vous n’avez pas le droit de créditer sous un faux nom, vous n’avez qu’à juste mettre mes initiales, s’il vous plaît, se sentit-il obligé d’ajouter.

Est-ce que c’était légal de faire ça ? se demanda T.J en reposant sa tasse de café désormais vide sur le bureau. Après tout, c’était un peu comme un nom d’artiste … comme son ami le chanteur Nathan J. Williams qu’on appelait parfois (même si ce n’était pas vraiment officiel) Jerry The Kid ou autrement. Personnellement, T.J l’appelait Nate, ou Nathan The Weird, mais c’était une autre histoire.

- J’ai une question à vous poser, demanda le paparazzi en croisant les bras. Pourquoi est-ce quelqu’un comme vous travaille au L.A People ? Enfin je veux dire, d’après ce que je connais de vous vous faites plutôt bien votre travail et, je me trompe peut-être, mais, euh … d’une certaine manière vous méritez mieux que d’écrire pour un journal comme le People, non ?

James espéra que son vis-à-vis ne le prenne pas mal.

- Sauf votre respect bien sûr, ajouta-t-il un peu nerveux.
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Amon Sørensen


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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Sam 13 Mai - 14:07



Pay Day
ft. T.J. Goldstein


J'en étais qu'à la moitié de ma tasse de café que le jeune homme, lui, la vidait comme si sa vie en dépendait. Mais je le soupçonnais un peu de n'avoir rien avalé avant de venir. Par moment, et en particulier après que je lui ai parlé de le créditer et alors qu'il prenait le temps de réfléchir, je pouvais entendre son ventre gargouiller. Pas tellement grave. J'avais rien à lui offrir ici, mais une fois nos affaires bouclées pour cette fois, il pourrait facilement trouver son bonheur en sortant puisqu'on était en plein centre-ville.

Il finit par reprendre la parole et répondre en me donnant un nom. Tom puis Théodore Golden. Un faux nom... Enfin, plutôt un nom d'artiste, on va dire. Je hochai la tête. Ouais, y avait décidément que moi pour décider de me lier totalement au magazine le plus haï de L.A. (et le plus lu aussi), sous mon véritable nom. Mais en même temps, je ne considérais pas mériter mieux non plus.

Il voulait donc être crédité sous ce nom-là ou ses initiales.

-Je peux te créditer en tant que Théodore Golden. C'est à toi de gérer ton image et de toute façon, tu n'es pas sous contrat avec L.A.People donc ça te laisse ce genre de liberté.

J'imaginais que selon qui il rencontrait, il se présenterait, du coup, en tant que Théodore Golden s'il voulait que la personne en face de lui sache qu'il était celui qui fournissait des perles à L.A.People ou sous son vrai nom s'il voulait garder l'anonymat à ce niveau-là. J'aurais pu le faire aussi, à l'époque, mais non, j'avais préféré assumer ce que j'étais, ou plutôt, ce que je voulais qu'on croit que j'étais. Et Amon Sørensen, l'enfoiré de journaliste people était un véritable rempart de protection plutôt efficace. Pas contre les poings de Lighter peut-être, mais au moins, les gens réfléchissaient à deux fois avant de vouloir se rapprocher de moi...

Sélène, c'était autre chose... Elle m'avait connu avant L.A.People... Et Sélène était ce qu'il y avait de plus compliqué à gérer dans ma vie... Avec elle, j'avais assez, même si je l'aimais vraiment (ce qui était probablement tout le problème, tout bien réfléchi).

T.J me sortit de mes réflexions en annonçant qu'il avait une question à poser. J'aimais pas trop quand on m'annonçait les choses comme ça plutôt que de poser directement ladite question. La seconde de suspens entre les deux, j'aimais pas.

Et le jeune homme me prit tellement de court que je me retrouvai pendant quelques secondes à court de répliques, à le regarder comme s'il venait de débarquer d'une putain de soucoupe volante. D'une simple question emprunte de respect, il venait d'ébranler tout ce que j'avais acquis jusque-là. Parce que si j'avais on ne pouvait plus l'habitude d'en prendre plein la tronche comme quoi j'étais un journaliste malsain, vicieux, sans talent et qui, même si ça s'était amélioré avec le temps, faisait un tas de fautes d'orthographe, c'était, par contre, bien la première fois qu'on me demandait ce que je foutais chez L.A.People... En ajoutant que je valais mieux que ça.

-Heu...

Je clignai plusieurs fois des yeux.

-Je bosse chez L.A.People parce que je l'ai voulu...

Pour ce que je voulais faire à ce moment-là, c'est-à-dire décrédibiliser la presse, ça m'avait semblé être une évidence. Qui mieux que les magazines people racontaient n'importe quoi, faisant de la diffamation légale à longueur de journée ? Et j'y étais arrivé... J'avais contribué à ce que L.A.People ait une réputation de merde. Et pire sa réputation était, plus les chiffres de ventes augmentaient! Et c'était surtout moi que j'avais dévalorisé. Et piégé chez L.A.People...

Ce qui rendait d'autant plus surprenante la question de T.J.

Par réflexe, je me planquais donc derrière le personnage que j'avais construit au fil des années. Parce que dans ce monde, mieux vaut ne pas faire partie des gentils.

-Faut croire que j'aime ça, contrairement à toi. On peut pas tous être vertueux, Théodore Golden.

Je savais très bien comment gérer les critiques négatives (parce que je les acceptais, tout simplement), mais je n'avais aucune idée de comment gérer une critique positive... Et il était hors de question que je tombe le masque devant le jeune gars que je connaissais à peine. Du coup, je me mettais sur la défensive.

Mais j'étais curieux quand même. Alors je me laissai aller en arrière dans mon siège, regardant T.J ; d'un peu plus loin, les sourcils froncés, perplexe.

-Tout dépend de ce que tu vois par « bien faire son travail » pour un journaliste people. Je suis considéré comme « le pire ». Dans le people, j'imagine que c'est un compliment.

Je haussai les épaules. Fallait que je retourne les choses à mon avantage avant que T.J ne vienne gratter un peu trop le mur.

-Ce qui va m'importer à moi, c'est que toi, tu fasses bien ton travail. Et en ce qui me concerne, ton job, ce sera aussi du people. Alors, la vertu, va falloir la mettre de côté de temps en temps, si tu vois ce que je veux dire. Sous un « nom de scène » si tu veux, mais j'aimerais que, quand tu as du bon, ce soit moi que tu viennes voir directement.

J'avais les meilleures pages, en général et si T.J voulait des thunes et se faire connaître, j'étais le mieux placé pour lui fournir les deux.

@ Billy Lighter











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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Lun 15 Mai - 19:47

Theodore Golden ; à mesure qu’il se répétait ce nom dans sa tête, T.J l’appréciait de plus en plus, maintenant qu’il était devenu officiel qu’il signerait ainsi ses prochaines photos données au L.A People - ou plutôt à Amon Sorensen, qui était, le jeune photographe devait bien se l’avouer, le seul employé du magazine qu’il pouvait se vanter de connaître. Si c’était une bonne idée de se vanter d’un tel sujet d’ailleurs, car T.J connaissait très bien la réputation que l’habitant moyen avait d’Amon Sorensen – réputation dont le jeune paparazzi s’avouait utiliser, à sa manière. Car pendant qu’Amon Sorensen faisait crier tout le monde au scandale (quoi que certaines personnes appréciaient sans doute cette forme de chaos), James Goldstein, lui, restait dans l’ombre, d’une certaine manière.

Quoique avec ce pseudonyme, les choses changeraient sans doute – peut-être que les célébrités prendraient la mouche et chercheraient à savoir qui est ce fameux Theodore Golden, le paparazzi ; même si rien de tel ne pouvait encore se produire puisque cet alter-ego venait tout juste de prendre forme. T.J avait réfléchit en une seconde à tout ce que cette forme d’anonymat pourrait lui permettre – détourner l’attention par exemple. Tout le monde se focaliserait sur Golden, alors que Goldstein, lui, resterait aux yeux de tous ceux qui le connaissaient ce jeune homme calme et poli, sans histoire, tentant de vivre de son art. Evidemment, les deux noms partageraient le même visage, mais James comptait être prudent. Utiliser son pseudonyme uniquement en rapport avec sa profession, et rien d’autre – ce serait si facile de laisser ce côté plus sombre occulter la part la plus sincère de lui-même, celle que T.J voulait qu’on voit, celle grâce à laquelle il espérait briller.

Quoiqu’il en soit, Sorensen avait accepté et le jeune photographe s’était senti soulagé, sans vraiment savoir pourquoi. Il se disait que de cette façon, il ne culpabiliserait plus, ou moins – il s’était toujours senti coupable de faire ce qu’il faisait, même s’il était toujours parvenu à s’en détacher. Se focaliser sur pourquoi il faisait cela et pourquoi il devait le faire, c’était tout ce qu’il attendait de lui-même. Et même sous un faux nom, cela ne changerait pas ; mais cela lui donnerait un prétexte pour se plonger un peu plus profondément dans la face cachée des célébrités, des « macchabées dans le placard » comme son grand-père le disait souvent, de l’hypocrisie, de tout ce qui lui permettait, en somme, de gagner sa vie. Un peu plus confiant en lui, James osa poser une question à Amon que le jeune homme imagina qu’il prendrait mal – il lui demanda pourquoi lui travaillait au L.A People, qu’il valait sans doute mieux que ça, qu’il méritait mieux.

Amon Sorensen ne s’énerva pas, pas plus qu’il ne se vexa, ce qui rassura T.J qui avait cessé une seconde de respirer ; ou bien il ne le montrait pas – en réalité le photographe interpréta l’attitude de Sorensen comme de la surprise, voire de la stupeur. Vraisemblablement il ne s’était pas attendu à sa question ; à son compliment ? James Goldstein, gêné, se grattait la tête nerveusement en écoutant le journaliste rétorquer :

- Je bosse chez L.A. People parce que je l'ai voulu... Faut croire que j'aime ça, contrairement à toi. On peut pas tous être vertueux, Théodore Golden, avait-t-il continué d’un ton un peu plus dur.

T.J s’était sentir rougir et il détourna un instant la tête pour ne pas que le journaliste le remarque – question de fierté. Il porta même sa main à la bosse au-dessus de son œil pour faire croire à un soudain accès de douleur ; ce qui en provoqua réellement une, fulgurante, un peu comme s’il venait brusquement de regarder le soleil après être resté trop longtemps dans le noir. Doué pour dissimuler ce genre d’émotions, James ne laissa rien paraître et regardant à nouveau le journaliste répondit à demi voix :
- Pardon, je, je ne voulais pas vous vexer …

L’autre s’était reculé un peu plus sur son siège et fixait T.J d’un œil circonspect. Le jeune homme eut l’impression qu’il l’avait intrigué plus que vexé, mais il demeura tout de même sur ses gardes. C’était peut-être le genre d’homme à faire comme si de rien n’était, laisser reposer la situation et renchérir quand personne ne l’attendait – bien que T.J savait au fond de lui-même que Sorensen avait l’air d’être un homme sincère, de toujours dire les choses en face. Comme lui, la plupart du temps. Et c’était une bonne nouvelle. T.J n’aimait pas s’entourer de gens lâches ou pleins de faux-semblants, d’hypocrites ; et c’était une mission assez difficile à accomplir compte tenu du fait que tout le monde à Los Angeles était soit hypocrite, soit des traîtres, soit des victimes de ces derniers – en tout cas c’était le point de vue du jeune homme, et d’après la façon dont il voyait le monde certains s’en sortaient plutôt bien et réussissaient l’exploit de ne rentrer dans aucune de ces catégories. Ou toutes à la fois.

Le journaliste Sorensen avait recommencé à parler et sortit James de ses pensées alors qu’il lui demandait sans vraiment le faire ce que T.J signifiait lorsqu’il disait que le journaliste faisait bien son travail. Il haussa les épaules et ne laissa pas au photographe le temps de répondre, disant d’un ton détaché :

- Ce qui va m'importer à moi, c'est que toi, tu fasses bien ton travail. Et en ce qui me concerne, ton job, ce sera aussi du people. Alors, la vertu, va falloir la mettre de côté de temps en temps, si tu vois ce que je veux dire. Sous un « nom de scène » si tu veux, mais j'aimerais que, quand tu as du bon, ce soit moi que tu viennes voir directement.

Sans y penser, T.J eut un sourire. Qu’il fasse bien son travail ? C’était ce qu’il avait toujours eu l’impression de faire et ce qu’il comptait continuer à faire. Et maintenant qu’il possédait, en quelque sorte, une excuse pour montrer un peu de zèle -Theodore Golden, en tant que paparazzi serait sans doute vu comme impitoyable et il devrait alors l’être-, James avait envie non pas de faire ses preuves, car ce n’était plus nécessaire depuis longtemps, mais de prouver qu’il méritait la confiance que le journaliste semblait placer en lui. James, en tout cas, faisait confiance au journaliste, et il se disait qu’il allait être temps de prouver que son vis-à-vis avait raison d’en faire de même. Il respira un grand coup puis se pencha vers le journaliste. Les bras croisés, voulant se donner un air plus sérieux, plus déterminé, il répliqua :

- Bien sûr. J’ai envie de bien faire. Et vous savez …

Le jeune homme posa sur le bureau la photo qu’il venait de sortir de la poche intérieure de sa veste de cuir (il avait beaucoup de poches) d’un vieil homme coiffé d’un chapeau, et demanda en pointant du doigt le cliché, bien que ce n’était qu’une question rhétorique :

- Vous savez qui c’est ? Erwin Strauss, mon grand-père maternel, paix à son âme, qui m’a tout appris sur la photo. Eh bien il aurait sans doute désapprouvé que je travaille pour quelque chose comme le L.A People, mais il m’aurait sans doute pardonné en sachant pourquoi je le fais. Non, mieux, il m’aurait même encouragé à faire de mon mieux, parce qu’il était comme ça et que pour lui on ne devait jamais cesser de faire, de croire en ce que l’on pensait nécessaire pour soi.

Suite à sa tirade, James rangea la photo là où il l’avait prise et poursuivit :

- J’ai un jour promis à cet homme de devenir un artiste, que je travaillerai afin de le devenir. En attendant, j’essaie de faire ce qu’il attendait de moi. Que je fasse ce que je pense juste, d’une certaine manière.

Il soupira longuement, et, tapotant nerveusement le bureau du journaliste, continua :

- Dites-moi si vous voulez quelque chose de spécial, une photo en particulier, et Theodore Golden essaiera de vous l’obtenir. Il— je suis quelqu’un de loyal, vous savez. Vous m’accordez votre confiance et je n’ai pas envie de la trahir.

T.J s’arrêta enfin de parler et espéra qu’Amon ne serait pas submergé par tant de philosophie. Ou de pseudo-philosophie ; le jeune homme savait qu’il avait dit beaucoup de choses pour ne rien dire, mais il était plutôt fier de ses tournures de phrases. Un autre enseignement de son grand-père sage qui savait si bien parler, même avec l’accent l’allemand que le vieil homme avait gardé tout au long de sa vie à Los Angeles.
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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Mar 16 Mai - 14:34



Pay Day
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La question de T.J m'ayant pris de court, j'avais réagi sur le ton de la défensive bien plus que je ne l'aurais voulu. Le jeune homme avait voulu me faire un compliment et ne devait pas forcément comprendre que le retour soit négatif, même si je ne m'étais pas emballé non plus. De même que, contrairement à ce qu'il dit en s'excusant, il ne m'avait pas vexé. Pas du tout même, car une partie de moi se sentait flattée d'être considéré comme potentiellement bon pour autre chose que L.A.People, bien que je n'en ai jamais eu l'ambition. Le truc, c'était que j'étais décontenancé et que je n'aimais pas ça.

Mais je ne voulais pas lui laisser croire non plus qu'il avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas, parce que ce n'était pas le cas. C'était ma faute, je n'avais qu'à apprendre à parer à cette éventualité que quelqu'un puisse considérer que je méritais plus que ma place ici. Mais en même temps, comment aurais-je pu le faire ? Moi-même, je considérais ce que je faisais comme du journalisme de série Z et, en plus, T.J était le premier à me faire ce qui ressemblait de près comme de loin à un compliment sur mon travail.

J'avais donc répondu à ses excuses par un geste de la main qui signifiait que ce n'était pas grave.

-Tu ne m'as pas vexé.

Tu as juste complètement ébranlé les piliers de mes remparts... mais ça va aller, j'ai du ciment en stock.

Et pourtant, j'aurais voulu, dans un sens, lui répondre plutôt : « Tu ne m'as pas vexé, c'est juste que je n'ai pas l'habitude des compliments. C'est plutôt à moi de m'excuser. ». Mais non, pas si je voulais garder cette façade de journaliste impitoyable. Et je ne connaissais de toute façon pas assez T.J pour m'étaler sur quoi que ce soit de personnel. Et la réponse que j'aurais voulu donner sous-entendait bien trop de choses.

Le jeune homme avait détourné un instant le regard et j'avais pu voir un peu mieux la bosse au dessus de son œil quand il avait eu comme une brusque douleur à cette blessure. J'étais bien placé pour savoir que ce genre de truc peut lancer pas mal, par moment. Mais je savais aussi que ça ne tarderait pas à dégonfler.

Et j'avais, moi, envie de lui poser une question plus personnelle, qui sortait complètement du contexte dans lequel nous nous trouvions. Mais je ne le fis pas. Pas pour l'instant, peut-être plus tard.

A la place, je repartis sur les bases du job que je lui donnais l'opportunité de faire. En tant que free-lance, il n'aurait pas d'horaires à respecter, rien de tout ça. Il n'aurait qu'à se pointer dans les heures de bureau à la rédaction pour montrer ses trophées et me les proposer.

Le sourire que je vis alors apparaître sur le visage de Goldstein montrait beaucoup de chose : de la motivation d'abord, une forme d'ambition ensuite. Bref, tout ce qu'il faut pour avancer. Il voulait bien faire, disait-il. C'était un bon début et on va considérer qu'on a un « bien faire » bien à nous parce que, et T.J l'apprendrait sous peu une fois son pseudo crédité, notre « bien faire » passe souvent mal... Et souvent par les lecteurs les plus assidus de L.A.People.

Il posa alors une photo sur mon bureau en me la pointant. La photo d'un vieil homme et, si je ne compris pas tout de suite où il voulait en venir (en fait, pensant à un cliché people, j'essayais de resituer cet homme sans, fatalement, y arriver), j'eus bien vite les explications qui allaient avec la photo.

Si l'accent de T.J trahissait que le jeune homme était né à Los Angeles, il n'en allait pas de même pour son nom de famille, ni pour celui de son grand-père maternel. Je pouvais facilement déduire qu'il avait des origines allemandes, ce qui faisait de nos familles des voisines.

Il me raconta donc une histoire classique, mais toujours belle, comme quoi lui et son grand-père partageant la même passion, T.J lui avait promis de devenir un artiste. Encore fallait-il que L.A. le laisse faire, mais, parfois, faut la forcer un peu.

J'écoutai respectueusement son récit, pour, au final, et même si je n'étais pas insensible à l'histoire, en retirer le stricte nécessaire.

-Ouais... L'art, c'est magnifique. Mais en attendant, faut bien bouffer.

Et c'était cette nécessité de survivre qui me garantissait que j'allais voir quelques fois T.J, ici, en face de moi.

Ce qu'il ajouta ensuite me toucha plus que toute l'histoire concernant son grand-père. Il affirma être quelqu'un de loyal. Pour lui, je lui avais accordé ma confiance et il ne comptait pas la trahir. Pourtant, je n'avais fait que lui acheter un cliché et lui en demander d'autres. Tout ce que j'avais fait, c'était respecter ma part du deal en lui donnant l'argent qu'il méritait pour son travail.

Je hochai la tête.

-Très bien. Tu es loyal, je serai loyal aussi. Je te demande de venir à moi avec tes clichés en premier ? Tu seras également le premier photographe dont je regarderai les photos.

Je marquai une pause pour boire une gorgée de café avant d'ajouter :

-Et si, par malheur, je ne trouvais pas mon bonheur dans tes prochains clichés, rien ne t'empêchera alors d'aller dans les autres bureaux du couloir pour essayer de les vendre quand même.

Si je pouvais contribuer, bien tapi dans l'ombre, à faire vivre un jeune artiste, pourquoi pas ? Après tout, lui-même était prêt à sacrifier un peu ses principes pour son art.

-Quant à vouloir quelque chose de spécial... J'ai bien des noms à te donner, des cibles qui font recettes à tous les coups : Billy Lighter, Cash Izbel, Daniele Ricci, Evan « Sniper » Kurtz, Jimmy Reed et, plus récemment, la toute nouvelle manager indépendante, Maria Watson. Sache aussi que je suis preneur pour tous les clichés de Howard Stone.

Et pas forcément pour le magazine, ceux-là. Je payerai même T.J de ma poche pour que, si ces clichés sont vraiment emmerdants pour Howard ou Timmy Evans, il ne paraissent jamais nulle part.

-Tu penses pouvoir faire le job?

@ Billy Lighter











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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Lun 22 Mai - 21:45

T.J se sentait prêt à assumer pleinement son rôle de paparazzi, quitte à se salir les mains, et Amon Sorensen lui donnait le moyen de faire en sorte qu’il ne le fasse pas pour rien ; Theodore Golden, quant à lui, un moyen de ne pas culpabiliser et de porter la responsabilité de ses actes sur quelqu’un qui était différent de lui tout en lui étant strictement identique. Golden ne serait qu’un nom de scène, un moyen de prendre de la distance, de fermer les yeux sur son activité qu’il avait jusqu’alors du mal à assumer. Ce sentiment de culpabilité, ce dégoût même parfois qu’il pouvait éprouver envers lui-même … alors il essayait de ne plus y penser, de songer plutôt aux billets verts qu’il recevrait pour son investissement ; de réfléchir à pourquoi il le faisait et de se dire, qu’au final, ce n’était pas si mal … et souvent, il ne lisait jamais les articles où ses photos apparaissaient, une manière de ne pas trop s’impliquer ; même si, par nécessité, il devait rester au courant des intrigues importantes qui se déroulaient à Los Angeles.

Le jeune homme était loyal, et s’était décrit comme tel à Amon Sorensen, après une longue tirade sur son grand-père maternel qui lui avait tout appris et pour qui, d’une certaine manière, il continuait à rendre des comptes. James espéra qu’il n’avait pas eu l’air trop cliché – son histoire pouvait paraître comme tirée d’un mauvais film, d’une histoire un peu niaise, et pourtant tout était vrai. Il suffisait parfois d’une ou deux anecdotes sur la vie d’artiste qu’on regrettait d’avoir esquivée pour créer le rêve d’une vie ; et James en était pour cela reconnaissant au vieil Erwin Strauss, qui, il en était certain, veillait sur lui et lui montrait la voie d’où il était. James Goldstein n’était guère religieux mais croyait volontiers au destin, à la prédestination et à la bonne étoile à laquelle il pensait parfois quand il s’endormait.

L’heure n’était cependant pas à la rêverie et T.J regarda à nouveau fixement le journaliste qui paraissait à la fois vaguement ennuyé par son histoire et trop poli pour le lui dire – c’était entre autre pour éviter cela que James évitait de trop la raconter ; aussi parce qu’il était persuadé que cela n’intéressait personne. Plusieurs fois, cela s’était révélé être le cas, alors le jeune homme avait jugé bon d’en dire le moins possible sur ses motivations. Mais Amon Sorensen semblait être un homme prêt à tendre l’oreille, et T.J s’était senti un peu plus rassuré. Ou peut-être avait-il secrètement espéré l’émouvoir un peu ? Ainsi il aurait été un peu plus en capacité de déceler ce qu’il cachait – car on cachait tous quelque chose, et James Goldstein était curieux de savoir ce qui poussait Sorensen à faire ce qu’il faisait malgré l’image que cela lui donnait. Cela ne le concernait pas outre mesure, mais le jeune homme n’avait pas pu s’empêcher de se poser la question. C’était aussi une petite partie de son métier de deviner à quoi pensaient les gens – ce qui signifiait les étoiles dans leur regard, la manière dont ils se tenaient, souriaient, les poses qu’ils prenaient pour réfléchir ; T.J avait prit l’habitude de faire attention à ces petits détails même lorsqu’il n’était pas en train d’exercer son art.

Une manière de se protéger de ce qu’autrui essayait de lui cacher, ou de ses propres secrets ?

Sorensen avait écouté T.J parler sans rien dire et le jeune homme eut un instant l’impression qu’il aurait peut-être dû se taire et laisser le journaliste parler un peu plus. Celui-ci lui avait paru attendre la fin de son monologue avec impatience et James se sentit un peu désolé, sans savoir pourquoi.

- Très bien. Tu es loyal, je serai loyal aussi. Je te demande de venir à moi avec tes clichés en premier ? Tu seras également le premier photographe dont je regarderai les photos.

T.J acquiesça sans rien dire. Le marché lui convenait, ainsi que la confiance que cela véhiculait. Intéressant – le premier photographe dont il regarderait les photos. La possibilité de l’impressionner quitte à trouver le reste fade tout autant que la malchance d’être surpassé par l’œuvre d’un confrère, ce qui était une possibilité réelle quoi qu’il puisse en penser. T.J était un bon photographe, il le savait, mais l’implication personnelle (ou la haine, parfois) que pouvaient mettre certains de ses confrères dans la réalisation d’un bon cliché avait quelque chose d’effrayant. T.J essayait de se démarquer des autres et cela n’était pas toujours payant – enfin pour l’instant il n’avait encore jamais eu à en payer vraiment le prix, et il espérait bien qu’il en soit longtemps de même.

Puis vint le temps des cibles à abattre, ou plutôt de celles qu’il valait le coup de photographier, si possible dans la situation la plus compromettante possible. James avait demandé des noms au journaliste mais il avait sa propre liste en tête. Daniele Ricci, l’autoproclamé meilleur manager de tout L.A qui était dans une telle position que personne n’osait le contester, Jimmy Reed qu’il avait toujours personnellement trouvé un peu louche bien qu’il ne le connaissait que de vue, les rockstars du coin … T.J voulait simplement s’assurer qu’il visait les bonnes cibles. Si on pouvait parler de cibles.

- Quant à vouloir quelque chose de spécial... J'ai bien des noms à te donner, des cibles qui font recettes à tous les coups : Billy Lighter, Cash Izbel, Daniele Ricci, Evan « Sniper » Kurtz, Jimmy Reed et, plus récemment, la toute nouvelle manager indépendante, Maria Watson. Sache aussi que je suis preneur pour tous les clichés de Howard Stone.

T.J avait écouté la liste de noms en hochant lentement la tête. Il était plutôt tombé juste. Les rockstars les plus en vue, des grands pontes riches, un fantôme. Certains étaient difficilement accessibles et c’était ce qui les rendait d’autant plus précieux. Kurtz, par exemple. D’après ce que le jeune photographe en savait, il ne parlait plus à beaucoup de monde, ne sortait que rarement de chez lui, et, de manière générale, ne respirait pas foncièrement la joie de vivre. Lighter et Izbel étaient membres du plus célèbre groupe de L.A et connus pour leur comportement parfois tapageur … classique, mais toujours vendeur. Quant à autres, sans doute avaient-ils l’air l’irréprochable et peut-être l’étaient-ils réellement, mais ce n’était pas le rôle de James d’en juger. Et la plupart des gens le faisaient mieux que lui … comme les lecteurs du L.A People, au final.

Et le dernier nom, Howard Stone … le paparazzi eut l’impression que Sorensen ne le considérait pas tout à fait comme les autres – au moins d’un point de vue strictement syntaxique. Puis il en douta un peu. Si c’était vraiment le cas, il lui aurait un peu plus cher payé la photographie pour lequel il était venu … mais cela avait piqué la curiosité du jeune homme, alors il osa demander :

- Stone, Monsieur ? Vous avez un problème avec lui en particulier ?

Il se reprit aussitôt après s’être traité intérieurement d’imbécile.

- Ah, pardon. Ça ne me regarde sûrement pas.

Au fond de lui, cela l’intéressait mais T.J s’était donné un principe de neutralité et d’impartialité (qui devrait aussi être l’apanage de la presse d’ailleurs), et il préféra ne pas insister. Question de principes tout autant que de survie. Amon, comme un écho, lui demanda s’il pensait pouvoir faire le job. Ah ! Ce n’allait certainement pas être facile, pensa le photographe, mais le jeu en valait certainement le coup. Tant qu’il ne s’exposait pas trop et que personne ne penserait à associer le nom de Theodore Golden à celui de James Goldstein, il serait, relativement, à l’abri. Mais la vie était injuste et il ne le resterait sans doute pas longtemps. Alors autant en profiter pour faire de son mieux, n’est-ce pas ?

- Si je peux faire le job ? Eh bien, je crois que oui. Il me faudra aussi beaucoup chance et renoncer un peu à mes principes, mais il faut bien vivre hein ?

Hum, la phrase de personne âgée pour achever la réplique, songea James, quoi de mieux ? Il eut un petit sourire puis reprit les hostilités :

- Et McLagan ? Williams ? Ou … Cort par exemple. Ils sont moins, euh … intéressants ?

James avait fait exprès de citer les noms de ses amis pour voir comment un journaliste tel qu’Amon Sorensen les considérait. Par curiosité, et peut-être aussi parce qu’il avait une ou deux idées derrière la tête. Il avait en tout cas évité de les appeler par leur prénom, bien qu’ils les connaissent très bien. Toujours le même principe – et l’occasion d’éviter que Sorensen ne s’empare de cette information (ça valait peut-être quelque chose). Ne laissant rien paraître, le paparazzi demanda poliment :

- Il y a autre chose dont vous vouliez me parler ?

Il aurait aussi pu lui demander un second café, mais une question plus neutre lui avait semblé plus sage.

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Amon Sørensen


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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Ven 26 Mai - 14:03



Pay Day
ft. T.J. Goldstein


Je n'avais fait qu'un court commentaire sur l'histoire personnelle de T.J. Celle-ci était belle et semblait avoir une énorme importance pour le jeune photographe. Mais n'ayant aucune idée de comment je devais réagir à cet étalage à la fois d'émotions et d'informations, je m'étais contenté du stricte minimum, faisant abstraction de toute l'émotion que ça impliquait (et que j'avais reçue mais sans savoir non plus comment la traiter) et réduisant la chose à un pragmatisme pur : si son grand-père, Erwin, le pardonnerait, ce serait uniquement parce que pour exercer son art, il fallait vivre et pour vivre, il faut bouffer et pour bouffer, il faut de l'argent.

Comment réduire une histoire pleine de sentiments à une équation pour ne pas avoir à gérer lesdits sentiments, même si ce n'était pas les miens.

Mais il y avait cependant des concepts que je maîtrisais : la loyauté et le respect en faisaient partie. Si T.J avait fait un long détour pour en arriver là, ça, je pouvais le comprendre. Et en retour, j'allais être loyal également, lui promettant, si toutefois, il venait toujours me trouver en premier, de choisir également ses clichés en premier...

Bon, d'accord, dans le fond, ça ressemblait plus à un deal qu'à autre chose, mais je devais enrober le tout pour m'adapter au jeune gars plein de sensibilité en face de moi. Il aimait les bons mots ? Pas de problème, je pouvais sortir des beaux mots aussi.

Ce n'était cependant pas une réelle absence de sensibilité de ma part, au contraire, je faisais tout pour éviter de mettre le pied dedans parce que je savais que j'allais m'y enliser si je le faisais. C'était un peu pour les mêmes raisons que, même avec Sélène, je pouvais être extrêmement distant.

J'en étais alors venu à la partie plus « logistique » du boulot que je demandais à Goldstein, lui expliquant qui m'intéressait, les plus grands noms de L.A., ceux qui faisaient vendre. Avec une mention spéciale pour Howard Stone...

Ce qui me valut une question directe de la part de T.J qui m'appelait « Monsieur »... Personne ici à L.A.People ne me donnait du « Monsieur »...

Mais le jeune photographe se retira instantanément, avant même que j'aie eu le temps de dire quoi que ce soit. Je remarquais, au fil de cette conversation, que c'était presque systématique : question-rétractation était une sorte de tic chez T.J. Il voulait savoir, mais tenait à garder une image de lui plus que correcte et respectueuse, trop correcte et trop respectueuse. Car la question était posée quand même. Et à vouloir toujours être plus blanc que blanc, il allait finir par me mettre sur la défensive pour de bon... Le fait de vouloir utiliser un pseudonyme ne frôlait-il par l'hypocrisie ? Faire des choses sans les assumer ? Poser des questions sans les assumer ?

T.J voulais tellement avoir l'air d'un honnête et gentilhomme qu'il en venait à frôler la malhonnêteté.

J'avais l'impression d'avoir mon Némésis en face de moi qui était fondamentalement honnête mais se protégeait en se donnant une image impitoyable.

Je répondis à sa question. Il voulait savoir ? Il avait posé la question. J'allais lui donner sa réponse.

-Non. Je n'ai rien contre Stone, justement.

Et je lui laissai voir un sourire entendu. Je n'étais pas objectif, aucun de mes articles ne l'était. Et Stone faisait partie, avec Timmy, de ceux dont j'embellissais l'image plutôt que de les descendre. Parce que nous étions amis, tout simplement.

Je lui avais demandé s'il pouvait faire le job et il m'avait répondu par l'affirmative, remettant l'accent sur les principes qu'il devrait abandonner. Et ouais, il allait falloir qu'il admette que la survie demandait parfois à marcher sur bien des choses, les principes en premier.

Je hochai la tête pour toute réponse.

La question suivante me parut plus honnête et plus intéressante. Il ajouta des noms à la liste. McLagan, Williams et Cort.

-Williams nous fait un petit coup d'éclat de temps à autre, McLagan et Cort n'en sont qu'au début de leur carrière et restent relativement sages. A toi de les rendre intéressants pour L.A.People.

Dans cette liste, il y avait surtout deux autres poulains à Timmy, McLagan et Williams. Quant au frontman de Roadtramp, il n'avait pas encore donné grand chose niveau people... Et en plus, physiquement, il ne correspondait pas vraiment aux critères des stars chouchoutes de nos lecteurs.

Je pensais bien avoir fait le tour et T.J me demanda si j'en avais terminé avec lui, si il y avait d'autres choses à aborder.

-Non, je pense que tu peux y aller...

Puis, je me repris, désignant la blessure à son arcade.

-En fait, si, une dernière question. Tu boxes ?

@ Billy Lighter











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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Dim 28 Mai - 2:46

T.J avait le sentiment que l’entretien était sur le point de se terminer, d’une manière ou d’une autre et il se laissa se demander ce qu’il allait bien pouvoir faire par la suite, le restant de sa matinée ; il était du genre à improviser d’habitude, dans son quotidien – tout ce qui avait recours à sa profession, par contre, ne laissait jamais de place au hasard. C’était la manière de faire de James ; laisser libre cours à ses envies, à son imagination dans la vie quotidienne, et se plier aux processus qu’il se créait dans sa tête lorsque venait le temps de se prendre au sérieux et d’être productif – même si, étrangement, c’était souvent lorsqu’il ne prévoyait pas de travailler que le jeune homme donnait naissance à ses meilleures œuvres, ses plus belles idées, du mieux qu’il était capable de faire. Le jeune homme n’était pas encore parvenu à se figurer que pour devenir un véritable artiste, la discipline et le travail ne suffisaient pas – il était nécessaire, parfois, de laisser son esprit vagabonder comme une feuille portée par un vent doux, de s’offrir un peu plus à l’inspiration et aux idées, attendre qu’elles viennent au lieu de simplement se forcer à avoir des idées.

James n’aimait pas se poser trop de questions dès le matin, alors il évita de réfléchir davantage – c’était encore plus vrai dans une situation telle que dans laquelle il se trouvait ; le lendemain légèrement douloureux d’une soirée qui avait eu l’air vraiment merveilleuse, malheureusement totalement occultée – ou plutôt, morcelée. Quelques bribes lui revenaient de temps à autre en même temps qu’il vidait sa tasse de café ; par moments il revoyait Erica penchée sur lui, leurs visages exprimant l’extase, ou bien lui se contentant simplement de boire en série des verres pleins de bourbon, puis de vodka. C’était une maigre consolation – le jeune homme était persuadé que s’il avait été un peu plus sage il aurait gardé de bien meilleurs souvenirs de la veille … quoique, à présent qu’il avait pris le temps d’y penser, il estimait qu’il fallait mieux ne pas forcément se souvenir de tout.

Le jeune photographe dirigea à nouveau son esprit sur la discussion qu’il menait avec Amon Sorensen – priorité à tout ce qui était en rapport avec le monde professionnel. Le jeune homme attendrait la fin de l’entretien pour décider de ce qu’il ferait du restant de la journée qui ne faisait que commencer. En attendant, il se concentra sur la question qu’il venait de poser au journaliste à propos d’Howard Stone qu’il semblait presque avoir pris pour cible – même s’il n’avait pas tourné sa question ainsi. Il n’était pas stupide ; sous-entendre que le journaliste paraissait vouloir s’acharner sur le batteur de The Burning Fire n’était pas une très bonne idée d’un point de vue professionnel autant que personnel – les esprits pourraient très vite s’échauffer même si Amon Sorensen, du point de vue de T.J, n’avait pas l’air d’un homme avec un tel tempérament. Au contraire il le voyait plutôt froid, légèrement sur la défensive, mais aussi comme un professionnel doté d’un certain charisme.

Le photographe demanda ensuite si des célébrités comme Eddy Cort, le fougueux membre de Roadtramp, ou Apolline McLagan la belle guitariste de The Burning Fire valaient le coup d’être prises en photo – ou plutôt si elles étaient comprises dans la liste informelle des vedettes dont un cliché intéressant pourrait alourdir sensiblement le portefeuille du jeune paparazzi ; Theodore Golden, bien entendu. D’ailleurs, l’on pouvait se dire que c’était lui qui avait posé la question, et non l’innocent James Goldstein, qui, quant à lui, était et resterait un honnête artiste tentant de vivre comme il le pouvait en respectant au maximum son éthique et sa morale. Et ce serait très bien comme cela.

- Williams nous fait un petit coup d'éclat de temps à autre, McLagan et Cort n'en sont qu'au début de leur carrière et restent relativement sages. A toi de les rendre intéressants pour L.A. People, répondit Sorensen à la question du jeune homme.

T.J n’y trouva rien à redire – dans un sens, c’était logique. Certains personnages publics étaient de nature à provoquer des scandales, à se montrer, et d’autres tendaient au contraire à éviter les problèmes. Deux conceptions différentes de la célébrité sans doute, songea James ; et lui-même se prit à se demander comment il serait une fois qu’il serait célèbre – car il était persuadé qu’il le deviendrait. Les signes étaient trop évidents, ses rêves trop réels pour n’être que des songes, son ambition trop voyante pour ne pas être un jour satisfaite – le jeune homme serait célèbre, c’était certain. Le plus important était de savoir pour quels raisons il marquerait l’histoire de Los Angeles ; c’était la question qui prenait de plus en plus d’importance à ses yeux. Le retiendrait-on comme un artiste photographe talentueux et apportant sa propre vision du monde, ou bien à l’inverse comme un paparazzi cynique et sociopathe de plus, même avec la fausse sécurité de l’anonymat ? Car le jeune homme était certain que sa couverture tomberait à un moment ou à un autre – il ne pouvait pas en être autrement. Alors en attendant, il allait en profiter, et sous son nouveau nom, faire la plupart des choses que la vertu et l’honneur de James Goldstein réprouvaient …

Le paparazzi sentit la faim à nouveau le lancer alors qu’il demandait à son interlocuteur s’il voulait lui parler d’autre chose. Il tenta comme il le pouvait de dissimuler les borborygmes de son estomac même s’il avait conscience que Sorensen les avait sans doute entendus aussi – mais, tiens, maintenant qu’il y pensait, ce serait une bonne occasion une fois sorti d’ici, de par exemple, commander dans le premier diner venu un bon petit déjeuner copieux avec une partie de l’argent qu’il venait de recevoir. Oui, c’était une bonne idée, conclut le jeune homme dans son esprit. Un autre café, quelques pancakes, le sourire de la serveuse (à défaut d’obtenir un rendez-vous à elle) et une bonne journée pourrait commencer … lorsque James serait certain que l’on n’avait plus besoin de lui ici. Comme pour lui répondre, Amon Sorensen lui demanda en désignant la bosse au-dessus de son œil gauche :

- En fait, si, une dernière question. Tu boxes ?

James ne comprit pas tout de suite où il voulait en venir. Machinalement il porta à nouveau sa main à sa blessure et se fendit d’un petit sourire en se souvenant de la sensation désagréable de son front contre le parquet de son appartement qui lui avait servi de réveil une heure à peine plus tôt. Ce n’était pas le pire réveil qu’il avait vécu, néanmoins – le plus douloureux restait sans doute la fois où il s’était réveillé dans un lavabo ; encore aujourd’hui il ne savait pas ce qui l’avait poussé à prendre cet objet pour un lieu de repos satisfaisant – l’alcool sans doute.

Le jeune homme haussa les épaules, et, avec un petit rire, rétorqua :

- Non, pourquoi ? Je devrais ?

T.J n’avait jamais été sportif – pas plus que les autres jeunes de sa bande, plutôt. Il pratiquait quelques exercices de musculation de temps à autre, mais rien de suffisamment conséquent pour qu’il puisse appeler cela une activité sportive. Et puis il était plutôt un intellectuel et un artiste ; pour lui, cela était incompatible avec le fait de se complaire dans la pratique d’une activité physique régulière – parce qu’il avait besoin de toute sa tête, de toute sa concentration et qu’il restait persuadé que recevoir des directs du droit dans l’occiput n’était pas le moyen le plus efficace de garder ses neurones. Mais ce n’était que des à-priori qu’il avait et le jeune homme était ouvert à la réflexion. En redevenant un peu plus sérieux, T.J poursuivit après s’être levé de son siège :

- En fait, ça, ça vient de, euh … une soirée arrosée si je puis dire. Dont je n’ai pas beaucoup de souvenirs, mais je dois avoir de la chance par rapport à certains qui n’auraient même pas été capables de se tirer du lit, hein ?

Los Angeles était une ville festive et il était impossible que quelqu’un d’autre ne se trouve pas dans la même situation que James Goldstein – à savoir à un entretien professionnel avec une sale tête, des souvenirs manquants et un certain sentiment de frustration. En réalité, le jeune homme s’en sortait plutôt bien. Il se remettait vite des méfaits de l’alcool (sans doute grâce à ses origines germaniques) et ne faisait que rarement des choses inconsidérées – sage même dans les situations où il se laissait aller.

Finalement, James eut l’impression que le rendez-vous avec Sorensen était terminé et il lui tendit déjà sa main pour la serrer avant de partir. Sa journée commençait, à présent ; ainsi qu’une espèce de partenariat qu’il espérait fructueux pour eux deux.
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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Mar 30 Mai - 12:20



Pay Day
ft. T.J. Goldstein


L'entretien touchait à sa fin. Il me semblait que nous avions trouvé un terrain d'entente, Goldstein et moi... Ou plutôt Golden et moi puisque c'était ainsi qu'il voulait être appelé pour tout ce qui touchait à ses relations avec L.A.People. Je n'y voyais pas d'inconvénient. C'était son problème. Tant qu'il m'amenait de bons clichés, il pouvait tout aussi bien décider de s'appeler Napoléon... Je griffonnai d'ailleurs en vitesse Theodore Golden sur un bout de papier pour être sûr de ne pas oublier.

Il m'avait garanti une forme de loyauté (à voir) qui ne m'engageait qu'à lui rendre la pareille si toutefois il tenait parole. Et je lui avais donné les noms les plus vendeurs, n'hésitant pas à lui répondre pour ce qui était de Stone. Non, je n'avais pas de problème avec Stone, justement. Le jeune homme n'avait pas fait de commentaire, ni cherché à en savoir plus. Un bon point pour lui, même si je me foutais un peu de lui avouer que je faisais des articles en faveur de Stone et non en sa défaveur. Ma partialité faisait clairement partie de ma réputation alors, ce n'était pas comme si le sujet était secret.

J'entendis un gargouillis qui signalait que mon interlocuteur avait faim. Et comme j'avais fait le tour, j'estimais qu'il était plus que temps de le libérer. D'autant que sa dernière question, me demandant s'il y avait d'autres choses dont je voulais lui parler voulait bien dire ce que ça voulait dire. Et je me voyais très mal, alors que nous n'en étions qu'au prémices de notre partenariat, l'inviter à aller casser la croûte ensemble au Starbucks d'en face...

Je l'avais donc laissé aller, ne le retenant que pour une dernière question qui n'avait rien à voir avec tout ce dont nous avions parlé jusque-là. Sa blessure laissait à penser qu'il pouvait être boxeur, comme moi. Et je n'avais pu m'empêcher de poser la question alors même que ça ne me regardait pas vraiment. Sélène devait déteindre sur moi plus que je ne voulais me l'avouer...

Je secouai négativement la tête en souriant quand T.J me répondit par la négative mais demanda s'il devrait.

-Non... T'as l'air de pas trop mal te démerder sans ça.

Je ne demandais pas de précision, du coup, sur d'où lui venait sa blessure, mais celle-ci vint toute seule, comme s'il ressentait le besoin de se justifier. Une soirée arrosée de laquelle il n'avait plus beaucoup de souvenirs. Mais il s'estimait heureux d'avoir pu se lever aujourd'hui... Je souris.

-Ouais... Le passage à l'âge adulte à L.A., quoi...

Le mien ne s'était pas fait ici, mais juste avant, il y avait presque 12 ans maintenant, au Danermark... Et j'avais bien merdé le test.

Je me levai pour serrer la main de Goldstein par dessus mon bureau.

-J'espère te revoir bientôt, avec de nouvelles photos. Bonne chance, Golden.

@ Billy Lighter











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T.J. Goldstein
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MessageSujet: Re: Pay Day [PV T.J.][TERMINE]   Mar 30 Mai - 19:44

Ça, c’était une affaire rondement menée, se félicita le jeune homme alors qu’il s’attendait au mot de la fin de la part d’Amon Sorensen. Le rendez-vous se terminait et le jeune homme, il devait bien se l’avouer, avait hâte de pouvoir se dégourdir un  peu les jambes ; il n’était pas foncièrement du genre hyperactif et incapable de rester assis plus de dix minutes, mais il n’aimait pas non plus les entretiens qui se prolongeaient trop au risque de lui faire perdre sa concentration. Et la concentration, c’était essentiel pour quelqu’un dans son genre qui ne possédait rien de plus que ça et d’un peu de chance pour se faire bien voir et gagner de quoi se nourrir – c’était cela, exercer une profession en indépendant, pensa le photographe. Il travaillait quand il le voulait, il n’était enfermé dans aucune routine et n’était l’esclave (le mot était certes un peu fort) de personne, mais il n’avait non plus jamais la garantie d’avoir toujours de quoi subsister. Cela était un choix que le jeune homme avait fait lorsqu’il fut en âge de travailler, et il ne le regrettait pas. Il ne s’était jamais imaginé occuper un travail ingrat pendant trente, quarante ans aux ordres d’un patron cupide, stupide et jamais satisfait.
T.J avait répondu en riant à la question de Sorensen qui lui avait demandé, à la vue de la bosse au-dessus de son œil gauche, s’il faisait de la boxe. Le jeune homme se sentait de meilleure humeur, comme si un café, mille dollars et l’assurance qu’il y aurait toujours quelqu’un pour inspecter son travail avaient suffi à lui donner le cœur léger et lui faire oublier son réveil difficile ; qu’il raconta en quelques mots au journaliste, comme pour se justifier de sa mine alors qu’il n’avait pas vraiment de comptes à lui rendre. Sorensen avait moins l’air du genre à se soucier des petits problèmes des autres que du travail qu’ils faisaient, et qu’ils faisaient bien – ou plutôt ce n’était que ce que James pensait de lui. C’était peut-être faux. Quoiqu’il en soit le journaliste s’était levé de son siège et tendit sa main au jeune homme qui la serra avec un léger sourire. Sorensen avait une poigne vigoureuse mais T.J fit comme si de rien n’était ; malgré tout, cela l’aidait à finir de se réveiller.
- J'espère te revoir bientôt, avec de nouvelles photos. Bonne chance, Golden, avait dit Sorensen.
- Je crois qu’il m’en faudra oui, répondit James avec humilité.

C'était évident, songea-t-il alors qu’il sortait du bureau du journaliste et redescendait les étages en descendant les escaliers avec entrain. Il fallait être d’un naturel chanceux dans son métier ; pour être au bon moment au bon endroit, pour capturer sans faillir le moment le plus tendancieux, révoltant ou spectaculaire (au choix) mais aussi pour s’enfuir sans se faire remarquer. Tout se jouait parfois à la seconde près, et le talent seul ne suffisait pas – James Goldstein, heureusement, n’avait jamais manqué de chance, ni de talent. Et à présent, il en serait de même pour Theodore Golden.
***

Le jeune homme n’arrêta pas de tâter avec un certain plaisir les mille dollars de Sorensen dans sa poche alors qu’il conduisait pour retourner chez lui après s’être rempli l’estomac de pancakes brûlants. Le ventre plein, il se montrait bien plus capable de réfléchir et le jeune homme ne manquait pas de se demander comment il pourrait s’y prendre pour obtenir les clichés les plus difficiles à obtenir, les plus lucratifs – certaines célébrités éteint suffisamment rusées pour ne pas laisser le moindre moment compromettant faire le bonheur d’un paparazzi opportuniste ; il fallait que Theodore Golden se montre plus astucieux qu’eux, et il avait quelques idées pour y parvenir.  
La route entre le bâtiment du L.A People et son appartement n’était pas longue, mais le jeune homme se heurta, bien évidemment, aux éternels embouteillages de Los Angeles ; au moins cela lui permettait-il de réfléchir, tout en écoutant à un volume sonore plus que respectable une compilation de morceaux punk qui, paradoxalement, l’aidaient aussi à réfléchir, malgré le son strident des guitares saturées et du rythme parfois irrégulier des batteurs qui ne savaient pas toujours bien jouer.
T.J arriva finalement devant chez lui, au bout de presque une heure de route. Une chance qu’il n’était attendu nulle part et que la route n’était pas si désagréable lorsqu’on avait autre chose à faire que simplement jouer du klaxon, insulter à la volée et souhaiter d’être ailleurs. Le jeune homme gara sa Dodge à l’emplacement qui lui était réserver devant l’immeuble légèrement défraîchit qu’il habitait et se souvint de sa promesse alors qu’il ouvrait avec une satisfaction franche l’enveloppe pleine de billets.
Erica ne fut pas difficile à trouver ; comme elle le lui avait dit avant qu’il ne parte, elle se tenait avec quelques amies elles aussi du métier au coin de la rue. La prostitution ne s’arrêtait jamais vraiment dans cette partie de l’East Los Angeles et le jeune homme ne le réalisait vraiment que maintenant ; il faut dire qu’il n’avait jamais pris le temps de visiter correctement le quartier et qu’il estimait que ce n’était sans doute pas plus mal – on était jamais à l’abri des voleurs, même en plein jour, alors il tenait fermement dans sa main les cinq cent dollars – la moitié, donc, de sa fortune qu’il devait à la prostituée. En s’approchant d’elle qui le regarda alors avec un sourire, James déclara :
- Une promesse est une promesse. Voilà vos 500 dollars Erica, comme promis.

La fille de joie prit sans un mot les billets qu’elle glissa dans son décolleté et observa d’un regard à la fois brillant d’envie et un peu triste le jeune homme faire quelques pas en direction de la porte de l’immeuble – finalement, elle accourut vers lui, et après lui avoir tapoté l’épaule, lui dit en se mordillant lascivement la lèvre inférieure :
- Je t’aime bien, toi. Reviens me voir, d’accord ? Je te ferai un prix.

T.J accepta d’un signe de tête et après l’avoir saluée d’un signe de la main, il entra dans l’immeuble où il demeurait avant de décider de ce qu’il ferait de sa journée. En attendant, celle-ci avait très bien commencé, jugea-t-il avec plaisir en montant quatre par quatre les marches de l’escalier en direction du dernier étage.
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