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 Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]

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T.J. Goldstein
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MessageSujet: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Ven 12 Mai - 19:36

James Goldstein avait mal à la tête à force de réfléchir - cela lui arrivait souvent, en particulier lorsqu’il n’arrivait pas à focaliser ses pensées sur quelque chose de précis. Lorsque trop d’idées lui venaient en tête et qu’elles commençaient à s’encombrer, à se percuter l’une l’autre et à trop faire songer le jeune homme qui n’en sollicitait pas autant. Souvent ces instants survenaient lorsqu’il n’y pensait pas ; qu’il était occupé à faire autre chose, qu’il voulait que tout le monde y compris son propre esprit le laisse en paix. Le photographe soupira longuement, d’une exaspération mêlée de frustration ; Malgré toutes les idées qui lui venaient à l’esprit, il n’arrivait à rien - et c’était devenu malheureusement bien trop souvent une habitude pour James qui se sentait frustré à l’idée de ne pas savoir quoi faire.
Il s’ennuyait. C’était pour lui la plus terrible des émotions - la plus inévitable, surtout, songea-t-il en laissant son regard vif divaguer sur le petit appartement encombré de l’Eastside qui lui servait, comme il le disait souvent en riant, de repaire et d’atelier d’artiste, en attendant que le jeune homme ait le temps et surtout les moyens de se procurer quelque chose de plus spacieux, avec plus de place pour ranger ses vieux poèmes d’adolescent, les photographies qu’il préférait ; pour profiter de la vie. T.J avait toujours voulu vivre dans une maison sur la côte - près de la mer. Pas une villa, ni un manoir ; juste quelque chose à son image, moderne sans être tape à l’œil. Avec un grand jardin. Oui, ce serait bien alors.
Le photographe émergea de l’état de demi-sommeil dans lequel il s’était plongé affaissé sur son canapé et saisit son appareil photo sur la table basse. Vieille habitude de toujours s’apprêter à capturer quelque chose au vol, une sorte de déformation professionnelle. Sans importance. Il vit au-dehors le ciel lentement se colorer de nuances de feu et d’écarlate et il eut un sourire ; dans une heure il ferait nuit. C’était le moment, son moment. James aimait sortir la nuit, pour prendre de bonnes photos mais aussi se laisser emporter par la fièvre grisante de Los Angeles qui ne dormait jamais. Ou bien à l’inverse se vider la tête de ses pensées noires, pousser un grand cri de soulagement et profiter de l’obscurité de la nuit pour réfléchir, seul, dans le noir, à ce qui le préoccupait. T.J se sentait de bonne humeur quand la nuit venait – ce qu’il restait de son enfance sans aucun doute, quand il passait une bonne partie de ses soirées à l’extérieur guettant la moindre occasion de prendre une bonne photo, d’être inspiré pour écrire quelques vers, de simplement profiter de la quiétude nocturne et cela même si le quartier où il avait passé sa jeunesse était toujours en pleine activité.
T.J se leva avec entrain de son canapé usé et rangea son Polaroid dans la sacoche qu’il prenait toujours avec lui et qui contenait tous ses effets personnels, mais aussi beaucoup de souvenirs. Ce sac, il avait vu beaucoup de choses ! pensait James tout en enfilant des vêtements appropriés avant de sortir – une chemise à manches courtes blanche, légère, un short de bain, une simple paire de sandales. Il avait l’intention de se rendre à la plage, là où il avait l’habitude de  se ressourcer, de s’asseoir afin de réfléchir. Là où il lui arrivait de trouver l’inspiration quand elle ne lui venait pas. Le photographe saisit sa besace, prit les clés de sa voiture restées dans la poche de sa veste en cuir accrochée à la patère au-dessus de son lit (et à laquelle il n’avait pas arrêté de se cogner la tête les premiers temps où il avait fait l’acquisition de son petit appartement), puis il sortit.
Dehors, il faisait un vent à en soulever les jupes. Hé, jolie expression, se félicita intérieurement le jeune homme avant de se rendre compte qu’il devrait peut-être en rester là avec les sous-entendus. Bon sang, il était en manque de quelque chose ou quoi ? Il était vrai qu’il était à nouveau célibataire depuis quelques mois déjà et que sans doute les relations charnelles et la promiscuité avec une personne charmante et taquine lui manquait, mais il n’y pensait pas autant d’habitude ; sans compter qu’il venait, il y a quelques jours de cela à peine, de se réveiller aux côtés d’une magnifique p… péripatéticienne. Certes, il ne se souvenait d’aucun moment de cette nuit-là, à son plus grand regret (quoique, s’il n’avait aucun souvenir c’était peut-être qu’il n’avait pas été très brillant), mais cela était déjà quelque chose. Alors pourquoi diable le paparazzi se sentait-il si fripon ?
Sa voiture était garée non loin et T.J la rejoignit en quelques secondes. La plage était un loin de chez lui, et il n’avait aucune envie de prendre le métro ou le bus. Et il pouvait y aller à son rythme, profiter des premiers instants de l’ « heure dorée », comme l’appelait les photographes. Cet instant de félicité, inspirant, peu avant le crépuscule. C’était toujours une bonne période pour prendre des photos, même si tout le monde avait la même idée. Enfin, surtout ceux qui connaissaient le concept et qui prenaient l’art de la photographie au sérieux, mais qui n’essayaient pas forcément d’être originaux. James Goldstein, lui, préférait les photos de nuit qui constituaient selon lui un défi technique bien plus intéressant. Le jeune homme abaissa le pare-soleil alors que l’astre rougeoyant du jour avait surgi au détour d’une petite rue et qu’il s’engageait sur une grande avenue.
***


James se sentait beaucoup mieux alors qu’il marchait le long de la jetée, la lanière de son appareil photo autour de son cou. Tant pis s’il avait l’air un touriste. Là, il pouvait enfin respirer, se libérer du poids de son esprit et de ses idées noires. Il marchait contre le vent mais il se sentait bien, anticipant même le fait qu’il pourrait immortaliser les grosses vagues qui ne manqueraient pas de se former.
Le jeune homme passa devant un vieux clochard qui jouait de la guitare en chantant de sa très belle voix qui n’allait pas avec son visage creusé et fatigué ; il s’arrêta un instant pour l’écouter. Il jugea qu’il avait du talent, même s’il n’y connaissait rien en musique, ce qu’il regrettait un peu car il avait beaucoup d’amis musiciens et que lorsqu’ils lui demandaient son avis sur ce qu’ils avaient composé ou venaient de chanter, il ne savait jamais rien d’autre que « bien ». Et ce même s’il était sorti avec une guitariste, douée, et connue en plus. Même sans cet intérêt commun, ils s’étaient bien entendus.
T.J fouilla quelques secondes dans sa poche et en sortit un billet de cinq dollars qu’il posa délicatement au fond du chapeau que le clochard avait posé non loin de lui. James ne roulait pas sur l’or, ni même sur l’argent, mais cet homme en avait encore plus besoin que lui.
- Dieu te bénisse mon fils, remercia le clochard sans s’arrêter de jouer alors que James avait repris son chemin.

Il haussa les épaules. Ils n’avaient sans doute pas le même dieu, songea-t-il. Et puis il ne croyait pas en ses bêtises, tout superstitieux qu’il était, sans compter que sa famille non plus n’avait jamais vraiment montré le moindre signe d’inclination religieuse. Et c’était très bien comme ça.
Il y avait toujours beaucoup de vent, et le ciel se parait encore plus de couleurs cuivrées, mais James aimait bien cette ambiance. Il se dirigea vers la plage en prenant quelques instantanés, ses pieds s’enfonçant légèrement dans le sable mouillé. Il entendait des rires, des chants, il se sentait bien ; il se trouva un petit coin de sable et s’y installa après avoir enlevé ses chaussures pour laisser l’eau tiède lui lécher les pieds. En plus de son Polaroid, James avait pris avec lui de quoi noter et dessiner, comme dans son adolescence lorsqu’il écrivait des poèmes qui l’aidaient à se sentir mieux, ou qu’il dessinait pour exprimer ses angoisses. Se sentant très seul depuis un certain temps, il soupira et commença à écrire quelque chose sans réfléchir, laissant l’atmosphère l’inspirer. Le vent était toujours puissant mais cela contribuait à vider lentement la plage des touristes et de ceux qui n’avaient pas le courage de rester là et de tenir debout. James aurait volontiers laissé ses cheveux au vent s’il les avait eus plus longs.
James entendait toujours les mêmes rires, les mêmes chants alors que le temps était passé lentement et que quelques guitares s’étaient jointes au bruit dont le jeune homme n’était pas parvenu à en localiser la provenance. Cela pouvait venir de très loin comme de derrière une dune à côté de lui, à cause de ce vent qui faisait des siennes et qui à présent battait violemment sur le côté du jeune homme, lui faisant faire quelques ratures et s’envoler quelques feuilles de son carnet. Ce n’était pas une grande perte, se disait T.J. Il n’avait jamais été un grand poète ; mais il craignait surtout que la pluie n’entre en jeu et ne l’oblige à rentrer chez lui – c’était déprimant, la mer sous un ciel gris.
Le photographe continua comme si de rien n’était tout en n’oubliant pas de s’arrêter de temps à autre afin de prendre en photo ce qui lui semblait être intéressant. Il ne faisait pas vraiment attention à ce qu’il se passait autour de lui, mais il trouvait qu’il faisait de plus en plus chaud et qu’il n’avait plus du tout d’idées noires. Bousculé par une brise, T.J fit une nouvelle rature et décida qu’il était temps d’en arrêter là avec les élucubrations. Et puis une nouvelle idée lui venait en tête.
Il osa chantonner quelques notes au son des guitares qu’il entendait toujours non loin de lui. Sans y avoir pensé, sans même savoir ce qu’il chantait – sans prendre le temps de s’écouter non plus. T.J n’était vraiment pas un grand chanteur, bien au contraire. Son vieil ami Nathan lui avait même, alors que T.J avait osé lui faire entendre un peu de sa voix, dit qu’il pensait sincèrement que son ami avait été remplacé l’espace d’une minute par un extraterrestre. Bon sang, chantait-il vraiment aussi mal que cela ? Ou bien était-ce simplement que Jerry The Kid était si talentueux qu’il entendait toutes les personnes moins douées que lui de la même façon. Tout était possible avec lui, pensa le paparazzi avec affection
T.J chantait de plus en plus fort et commençait seulement à rougir de honte. Cela lui était difficile de faire cela en public, même si la plage était presque déserte – cela lui donnait un fichu grain rauque dans ce qui lui servait de voix et qui n’était déjà pas excellente à la base. Pour la toute première fois depuis qu’il était arrivé ici, le jeune homme espéra qu’il était tout seul et que personne n’entendait son moment d’égarement ; mais il y avait du mouvement auprès de lui, des bruits de pas légers. Il s’arrêta aussitôt mais déjà sentit ses joues rosir d’embarras. Bon sang, la plage n’était-elle pas suffisamment grande ?! Pourquoi est-ce que quelqu’un devait forcément venir à côté de lui et le déranger, maudit-t-il en marmonnant dans sa barbe. Il tenta comme il le pouvait de rattraper la situation en demandant chaleureusement à l’individu non loin de lui (et ce sans même le voir) :
- Ah, euh, bonsoir ! Belle soirée n’est-ce pas ? Très, euh … inspirante.

Puis il pivota sur le côté pour voir le visage de l’individu et avec un sourire un peu crispé lança :
- Désolé si ma sale voix vous a dérangé ! en riant, il poursuivit : j’étais un peu trop dans mes pensées je crois.
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Duncan Keller


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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Mar 23 Mai - 15:12



Thinking By Sunset
ft. T. James Goldstein


Mes doigts voyageaient sur les cordes de ma guitare livrant une mélodie connue. Le petit groupe de musicien qu’on formait était ponctuel mais il existait. J’avais rejoint une fille et deux gars qui jouaient de la guitare sur la plage et j’avais sorti la mienne. On ne se connaissait même pas il y a une heure et, maintenant, on faisait de la musique ensemble. C’était ça la magie de la musique. La capacité de se faire des amis à travers l’art.

On se complétait tous les quatre dans cette reprise d’Hey Jude des Beatles. La même que j’avais faite au parc et qui m’avait fait rencontrer Eileen, la petite-amie de mon manager actuel. Et je chantais pour accompagner le son des guitares sous le soleil qui déclinait au loin prêt à faire place à la nuit douce de L.A. On n’était pas le seul petit groupe à faire de la musique. Il y en avait d’autres sur la plage.

La seule chose qui m’avait surpris et qui me surprenait depuis le gala des Sherman, c’était que certaines personnes me reconnaissaient dans la rue à cause de mon passage à la télévision. Je devenais connu… Et pas que par les habitués du Dizzy Warhol, le bar qui nous avait donné notre chance avant que Timmy ne nous engage. Mais ça ne me posait pas problème. Ça m’arrachait même parfois des sourires.

Mais ma célébrité naissante, n’avait pas entaché ma soirée sur la plage. Et c’était ça qui était bien. Quand la chanson pris fin sous le soleil couchant et le vent, nos guitares cessèrent d’émettre… Et j’entendis, un peu plus loin de nous, un homme chanter. Il chantait faux sur le rythme d’autres guitares qui résonnaient plus loin. Il était seul. Et ça attira mon regard. Je souris. Et je me levai pour m’adresser avec mes amis de quelques heures qui s’étaient levé en même temps que moi.

-Merci pour ce moment. A bientôt, les gars.

On se quitta là sous les compliments et les rires. Et je me dirigeai vers l’homme qui chantait. Je me tenais un peu derrière de lui déposant ma guitare remise dans son étui à mes côtés. Je regardai vers la mer qui se déchainait eu rythme du vent. Son chant qui sonnait faux me faisait sourire. Il n’avait pas de technique. Mais ce qu’il faisait avait une âme.

J’étais un type très sociable et m’installer à côté de gens que je ne connaissais pas pour faire la conversation. J’étais loin d’être timide et j’aimais les gens. Je croyais beaucoup aux gens. Et, alors que j’étais à aller depuis un peu moins de 2 ans, je connaissais déjà beaucoup de personne en ville. Et pas qu’à cause de mon groupe.

Il s’arrêta de chanter et marmonna quelque chose que je ne pouvais pas comprendre. Il finit par prendre la parole avant que je ne le fasse. Il déclara que la soirée était belle.

-Bonsoir ! Oui c’est une très belle soirée ! Le ciel est magnifique.

Je souriais d’un grand sourire heureux. La journée avait été belle. Et la soirée avait très bien commencé. Il trouvait la soirée inspirant. Et il avait raison. J’approuvai vivement de la tête toujours très joyeux.

Il se retourna un peu et je vis son sourire crispé. Il s’excusa pour son chant. Je souriais et vins m’installer à côté de lui assis dans le sable encore chaud.

-Ça ne m’a pas dérange du tout. Au contraire. Tout le monde à le droit de chanter. Et puis, bon chant ou pas, la musique est toujours belle quand elle vient des tripes. Il ne faut pas forcément être chanteur pour pouvoir chanter ou musicien pour s’exprimer par la musique.

La musique n’était pas une exclusivité réservé à certain. Et on était dans un lieu public, tout le monde a le droit d’y chanter s’il le veut. Moi, j’aimais voir des gens chanter. Je souris tendant la main à l’homme.

-Je m’appelle Duncan.

Mon sourire ne s’effaça pas.

@ Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Jeu 25 Mai - 0:23

James n’arrivait pas à expliquer pourquoi il éprouvait ce tel sentiment de liberté ni même pourquoi cela lui paraissait si agréable, tout à coup. Ce n’était pas comme si le jeune homme était habituellement soumis à une quelconque forme de pression autre que celle qu’il s’imposait à lui-même dans le but de toujours se montrer à la hauteur de ses propres attentes qu’il savait bien parfois trop élevées. Alors parfois, il faisait bon d’en attendre un peu moins de soi-même, de se laisser un peu plus vivre et de simplement prendre de temps de profiter du moment ; en fait, T.J se prenait trop au sérieux. Il essayait, pourtant ! de prendre la vie avec un peu de légèreté, de laisser plus souvent son esprit vagabonder ou ses pas le guider là où ils le souhaitaient. C’était même ce qu’un artiste comme lui devrait faire … laisser la vie décider de ce qu’il devait faire, du genre de personne qu’il allait devenir, au lieu de chercher de manière tenace l’inspiration à s’en mettre des œillères.

Le jeune homme avait besoin de plus de moments comme cela … d’instants où il n’avait plus à se préoccuper de ses soucis ; d’instants où il pouvait oublier et s’oublier. Alors il s’était oublié, avait oublié ses appréhensions et c’était mis à chanter, pour la seule raison qu’il se sentait bien et qu’il estimait que c’était alors la meilleure la meilleure chose à faire sur l’instant et ce dont il avait le plus envie. Et tant pis pour ceux qui l’entendraient … de toute façon, il était seul ; ou du moins en était-il persuadé. Alors il oublia ses inhibitions, ses vieux souvenirs embarrassants d’adolescence et sa voix commença à s’élever.

T.J s’estima heureux de ne pas pouvoir se rendre lui-même sourd ; car il trouvait déjà horrible le peu qu’il arrivait à percevoir à cause des rafales de vent qui, au moins, aidaient à dissiper les horribles fausses notes – avec un peu de chance, personne ne l’entendrait. Ou bien sa voix serait portée sur plusieurs centaines de mètres et ferait se réveiller les bébés en pleurant, hurler les chiens à la mort et sonner les alarmes des voitures ; bon, peut-être pas à ce point-là – le chant de James Goldstein n’était pas des plus agréables mais lorsqu’il lui prenait l’envie de le faire, le jeune homme avait souvent une bonne excuse pour justifier son manque flagrant de justesse, de talent et de respect pour l’appareil auditif d’autrui. Généralement, l’alcool était une réponse satisfaisante dans ce cas de figure. Quoi que certaines personnes lorsqu’elles étaient ivres chantaient très bien …

James n’avait aucune idée de ce qu’il chantait mais ce n’était sans doute pas digne des plus grands auteurs de sa génération. Bon, c’était l’intention qui comptait n’est-ce pas ? Et ici, l’intention était de satisfaire ce besoin qu’il avait eu quitte à maltraiter les tympans des autres – quoiqu’il y avait forcément encore pire que lui, non ? Alors le photographe n’y pensa plus et continua, jusqu’à ce qu’il s’interrompe en entendant des bruits de pas derrière lui. Ah. Evidemment, pensa-t-il, que quelqu’un était venu voir d’où pouvait bien provenir de bruit strident de chiot qu’on égorgeait. Un peu embarrassé, avec un faux sourire pour se donner une contenance, il salua l’inconnu en s’excusant de la qualité médiocre de sa prestation, sans même le regarder. Puis lorsqu’il l’entendit lui répondre avec un enthousiasme sincère dans la voix, James regarda dans sa direction, un peu surpris.
La qualité de la voix de T.J n’avait pas eu l’air d’avoir tant dérangé que ça le jeune homme aux cheveux blonds ébouriffés qui s’était assis à côté de lui avec un sourire. James le détailla une seconde puis son regard se porta comme naturellement vers son étui à guitare. Bien sûr ; c’était peut-être un de ceux qui grattait sur la plage plus tôt, songea-t-il. James gratta machinalement sa barbe négligée alors que le nouveau venu avait pris la parole et déclaré avec un ton très optimiste :
- Ça ne m’a pas dérange du tout. Au contraire. Tout le monde à le droit de chanter. Et puis, bon chant ou pas, la musique est toujours belle quand elle vient des tripes. Il ne faut pas forcément être chanteur pour pouvoir chanter ou musicien pour s’exprimer par la musique.

T.J se surprit à être d’accord avec lui. Maintenant qu’il y pensait, c’est vrai que sa réaction avait été un peu ridicule. S’il était venu directement sous sa fenêtre s’époumoner sans raison, cette fois-ci sa crainte aurait été légitime. James sentit que son cœur avait arrêté de s’emballer et il se fendit d’un sourire en répliquant :
- En tant qu’artiste je ne peux qu’approuver votre vision des choses !

Puis son interlocuteur se présenta. Duncan. Oui, très classique comme nom, commun, se dit T.J qui s’attendait à ce que quelqu’un qui ne lui jette pas ses chaussures au visage pour le faire taire aurait un prénom plus original. Comme une sorte d’espère rare, au final ; James s’imaginait parfois des choses qui n’avaient pas beaucoup de sens. En tout cas ce type était bien amical, songea-t-il avec satisfaction en repensant à tous les gens qu’il saluait dans la rue juste parce que cela lui faisait plaisir, sans jamais recevoir de réponses. Et à l’inverse il existait des gens que le jeune homme voyait régulièrement et envers lesquels il regrettait de pas oser aller plus loin – comme la jolie réceptionniste du L.A People par exemple, qui lui faisait à chacun de ses passages un sourire qu’il ressentait comme bien plus que strictement poli et professionnel ; il ne se trompait que rarement sur ce genre de choses. Tout comme il essayait de ne jamais se tromper dans son travail.

- James, photographe, se présenta T.J en serrant la main de Duncan.

Comme par réflexe, il avait peu serré son Polaroid contre lui. James étendit ensuite un peu plus ses jambes sur la couche de sable encore tiède et, tout en désignant l’étui à guitare non loin du dénommé Duncan, il demanda avec un petit rire :

- Musicien, hein ? Jamais réussi à tirer quelque chose d’audible d’une guitare moi …

En vérité, c’était plutôt que le jeune homme n’avait jamais vraiment essayé. Il n’avait jamais eu la musique en centre d’intérêt – ou plutôt sa pratique. Il en écoutait beaucoup, évidemment, mais n’avait jamais cherché à approfondir. Pour lui, la musique était moins une fin en soi, un objectif, qu’un moyen comme un autre de trouver l’inspiration ; c’était un travail difficile que de fixer une voix, un son, un motif sur une photographie, puisqu’elle n’était par définition pas sonore, et pourtant il devait parfois faire ressentir une ambiance particulière, capter, capturer l’énergie d’un groupe sur scène, d’une fête, d’un bon moment. Il se dégageait une impression complètement différente d’une photographie d’un concert si l’artiste parvenait à faire s’imaginer la musique aux oreilles de l’observateur. En attendant, T.J n’était pas en train de travailler et il comptait bien en profiter ; évidemment, s’il tombait sur un couple de stars en train de s’envoyer en l’air dans l’eau (ce qui, paraissait-il, pouvait être dangereux) ou une rockstar mondialement connue en train de fumer un énorme joint de la taille d’un microphone, il interromprait sa petite parenthèse quasi-onirique pour se concentrer sur ce qui était plus important, son gagne-pain. Mais pour l’instant, il était libre de penser à ce qu’il souhaitait.

James s’était remis à fixer l’horizon rougeâtre du Pacifique. Le vent s’était un peu calmé, au loin des bateaux passaient doucement. Le jeune homme soupira, plus par soulagement que par dépit, comme s’il s’était ôté d’un poids. Il se sentait merveilleusement bien ; mais il avait aussi une étrange sensation de manque. Comme s’il n’était pas pleinement satisfait – se languissant sans doute de ses amis avec qui il aurait aimé partagé cet instant. Non ; il se sentait à vrai dire plutôt mélancolique. Une vague tristesse heureuse, comme il décrivait lui-même ce sentiment. Il essaya de ne plus y penser.
- Je sais que ça sonne cliché, dit-il, mais j’aime venir dans des endroits comme ceux-ci lorsque j’ai du mal à avancer. Dans mes projets, ou dans la vie. Vous voyez ce que je veux dire ? Cette quiétude, ce calme éphémère, parfois cette sensation d’être en-dehors du monde …

T.J se trouva très lyrique. Sans doute un peu trop ; il s’affranchit aussitôt de son air rêveur et après avoir éclaté de rire poursuivit :
- Pardon, je vous embête avec ma poésie de lycée, ha ha ! Je me dis parfois que c’est une vocation ratée !

Cette dernière phrase n’était pas vraiment sérieuse, même s’il était arrivé à T.J de se la poser.
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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Ven 26 Mai - 15:04



Thinking By Sunset
ft. T. James Goldstein


Je crois avoir surpris l’homme avec ma spontanéité. Mais c’est son petit air chanté sans complexe qui m’avait donné envie de venir près de lui et de lui parler. Il s’excusa du dérangement. Mais je lui retoquai que chacun avait le droit de chanter quand il voulait. Je trouvais ça beau de s’exprimer par la musique même si sa voix sonnait faux. C’était un droit pour tous. Si on ne devait chanter que quand on chantait juste, peu de gens chanteraient. A un concert, il n’y aurait que le chanteur et quelques fans qui chanteraient. Alors que d’entendre tout un public chanter à la cantonade les musiques d’un groupe, c’était beau. Et ça même si les gens chantaient faux. Ce qui compte c’est les émotions. Pas la qualité ou la justesse de la voix.

Et c’est ce que je disais à l’homme en souriant. Et il me sourit en retour en m’approuvant. C’était un artiste aussi ce qui ne fit qu’agrandir mon sourire. Et je me demandai bien quel art il exerçait. Moi, c’était la musique. Mais il existait plein d’autres arts tout aussi bien.

Avant de poser plus de question, je me présentai. Et il fit de même en me serrant la main. Il était photographe !

-Génial !

Il avait, en effet, un appareil photo avec lui. Je connaissais une autre photographe, Eileen, la petite-amie de mon manager. Mais en dehors d’elle, je ne connaissais pas de vrai photographe. C’était un art à part entière que j’aimais beaucoup. Même si je n’étais pas un très bon photographe moi-même.

Il déclara que j’étais musicien. Et j’approuvai de la tête. Il disait n’avoir jamais su sortir quelque chose de bon à la guitare et je rigolai un peu. Il était bien sympathique, James.

-Quand j’ai touché pour la première fois une guitare, j’ai carrément cassé une corde. Il m’a fallu le temps et l’entrainement avant de bien maitriser l’instrument.

Le vent baissa d’intensité, ce qui n’était pas déplaisant. Et le jeune homme avait qui je faisais la conversation soupira un peu de soulagement. Je souris. Un paysage aussi beau devait pas mal inspiré mon interlocuteur. Après tout c’était un artiste. Il déclara, d’ailleurs, que des endroits comme cette plage étaient parfaits pour lui pour se poser quand il avait du mal à avancer. Il aimait la quiétude de l’endroit. J’eus un sourire paisible sur le visage. Puis, James s’excusa tout de suite en éclatant de rire. Je rigolai à mon tour.

-Non, ne t’en fais pas. C’est vrai ce que tu dis. Moi aussi j’ai des endroits, comme ça, où j’aime me retrouver pour faire le point et me poser. Quand j’étais jeune, je vivais dans une petite ferme un peu de dehors de la ville. Et, aux alentours, il y avait des petits coins où j’aimais me retrouver aussi pour réfléchir. C’est dans ce genre d’endroits que j’ai écrit mes premières chansons. Toi c’est la mer de L.A., moi c’est le petit coin verdoyant de Carson City.

Je regardais vers la mer en repensant à tout ça. L.A., ce n’était pas la même ambiance que ma petite ville du Nevada. Mais c’était tout aussi bien.

-Tu fais quoi comme genre de photographie ? Juste des paysages ou bien des gens aussi ?

Je souris à mon nouvel ami. J’aimais apprendre à connaitre les gens. Et le meilleur moyen de connaitre le meilleur d’eux, c’était de les entendre parler de leur passion.


@ Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Lun 29 Mai - 19:58

T.J commençait à transpirer à cause de la chaleur, mais la présence de ce Duncan lui permettait de se concentrer sur autre chose. Le jeune homme n'exprimait que des ondes positives et le photographe y était sensible – c'était une partie de son travail, après tout, et malgré l'homme rationnel qu'il était à l'accoutumée, il croyait aux auras, aux énergies positives, négatives. Pour lui, c'était même ce qui faisait parfois fluctuer une première impression, un premier regard, d'un côté ou d'un autre – rien qu'au ressenti. James avait un talent pour ressentir ce qu'était réellement une personne, ou du moins ce qu'elle laissait transparaître ; il était facile de mentir, même inconsciemment, et le jeune photographe n'avait jamais eu le don de déceler facilement le vrai du faux. Du moins il en allait ainsi chez les individus qu'il connaissait à peine, comme ce Duncan dont l’enthousiasme et le bonheur paraissait heureusement sincère.

Cette franche bonhomie faisait sourire James, lui qui était plutôt d'un tempérament sérieux et calme d'habitude ; parfois mélancolique même, et pourtant le jeune homme n'était pas le genre de personne à s'apitoyer sur son sort. Au contraire, il avait plutôt comme philosophie d’aller de l’avant, d’apprendre de ses erreurs et de faire en sorte de ne jamais les refaire, ni les oublier – à quoi cela servait-il d’avoir des regrets ? Dans la douleur et l’amertume, James Goldstein avait appris à ne rien regretter et à ne pas se laisser dévorer par la vie, qui était impitoyable si on ne se montrait pas assez fort, pas assez déterminé ; James était déterminé à faire partie de ceux qui affrontaient la vie au lieu de la subir, à trouver leur place dans le monde. Parfois, cette place était à portée – d’autres, il fallait lutter pour y arriver. Alors James luttait, et il jugeait que Duncan luttait sans doute aussi ; il y avait beaucoup de musiciens à Los Angeles, et tout le monde ne pouvait pas être une rockstar. Certains des amis de James y étaient arrivés cependant, avec beaucoup de talent, de patience et un peu de chance. Et le jeune homme comprenait qu’une telle vie pouvait faire rêver – être connu, reconnu, jouer les meilleures chansons sur les scènes les plus prestigieuses du pays, voire du monde … son rêve à lui n’était si différent. James se prenait à parfois de rêver d’être exposé partout en Europe comme l’artiste qu’il voulait être et qui le méritait. Le Louvre de Paris, Le LACMA de Los Angeles, des musées en Italie, en Angleterre … tout le monde connaîtrait alors son œuvre et son nom.

Mais James s’était promit de ne pas trop rêver, pour ne pas risquer d’être déçu. Les tentations de se croire plus grand qu’on ne l’était vraiment étaient nombreuses et il ne fallait pas céder au narcissisme ; même si le paysage dans lequel se mouvait le jeune photographe laissait aller à la rêverie, à la paresse de l’esprit et aux divagation de l’âme – et à la poésie, aussi, pensa avec amusement le jeune homme alors qu’il parlait avec le jeune Duncan des sentiments que lui procurait la vue du soleil couchant sur la ligne d’horizon, tout en faisant couler du sable fin entre ses doigts. Le toucher, la vue de cette matière le rassurait. Il ne savait pas pourquoi ; sans doute de vieux souvenirs liés à sa jeunesse, particulièrement son adolescence qui n’était pas si lointaine, lorsqu’il venait le long de la mer réfléchir lorsqu’il se sentait mal ou avait besoin de respirer.

Et là, il ressentit à nouveau cette certaine mélancolie, un sentiment de manque, de vide ; comme si, à l’instant présent, il lui manquait quelque chose. Une présence féminine à ses côtés peut-être ? En tout honneur, purement platonique – il n’avait envie de rien de plus, juste une autre âme divagante à côté de lui pour parler du présent, du passé, de l’avenir et de ses promesses. Le jeune homme avait l’impression d’être très seul depuis très longtemps ; alors qu’il ne manquait de rien ou presque pour être heureux. Etait-ce juste … la beauté du paysage qui lui faisait ressasser ses pensées enfouies, ou bien s’agissait-il d’autre chose, de quelque chose de dissimulé, de secret ? Le jeune homme ressentait parfois un sentiment semblable à celui qu’il éprouvait à cet instant ; en même temps que la sensation subtile et parfois insensée d’avoir quelqu’un, ou quelque chose, qui veillait sur lui sans jamais oser se montrer. Il ne savait pas quoi en penser.

- … des endroits, comme ça, où j’aime me retrouver pour faire le point et me poser. Quand j’étais jeune, je vivais dans une petite ferme un peu de dehors de la ville. Et, aux alentours, il y avait des petits coins où j’aimais me retrouver aussi pour réfléchir. C’est dans ce genre d’endroits que j’ai écrit mes premières chansons. Toi c’est la mer de L.A., moi c’est le petit coin verdoyant de Carson City, disait Duncan.

T.J, plongé dans ses pensées en était presque venu à en oublier le jeune homme. James espéra qu’il n’avait pas perçu son instant d’égarement alors qu’il frottait avec nonchalance les paupières en-dessous de ses yeux pour s’empêcher de pleurer ; ne pas laisser ses larmes couler, ne pas se montrer vulnérable, se répétait-il en se forçant à sourire à nouveau et à paraître détendu en écoutant le bruit du vent, des quelques baigneurs qui bravaient les vagues et la nuit qui tombait. Pourquoi se sentait-il ainsi ? Le crépuscule était propice à la réflexion, certes, mais James Goldstein ne se permettait pas de telles lamentations. Ce n’était pas le moment, pas le lieu ; il fallait qu’il se montre moins sensible et sa voix se fit plus forte alors qu’il répondait à Duncan en regardant ses pieds chatouillés par le sable :

- J’imagine qu’on a tous besoin d’une sorte de refuge, de … d’endroit où se poser, contempler et créer.

Avec un sourire il regarda à nouveau l’inconnu dont la joie n’avait jamais quitté le visage – lui ne s’encombrait sans doute pas de pensées vaines et de sentiments futiles à cet instant présent, songea le paparazzi. Il se contentait simplement d’être là, de profiter du paysage, du moment, de la nuit qui tombait ; il fallait que James fasse la même chose. Il fallait qu’il se contente de poser son regard sur la ligne d’horizon écarlate de trouver que cela était magnifique et d’apprendre à connaître ce Duncan qui deviendrait sans doute un ami. T.J avait presque oublié la raison de sa présence ici – peut-être n’en avait-il pas finalement, que ce n’avait été qu’un prétexte pour venir ici de libérer de ses propres pensées ? Il ne savait plus, et ne cherchait pas à le savoir. Duncan avait repris la parole et demandé en souriant à son camarade :

- Tu fais quoi comme genre de photographie ? Juste des paysages ou bien des gens aussi ?

T.J se sentait un peu mieux. Sa passion, c’était son sujet de conversation préféré ! et un prétexte pour ne penser à rien d’autre. C’était mieux ainsi. Il était un artiste, et travaillait beaucoup. Il ne devait pas ; il ne fallait pas qu’il détourne trop son esprit et ses pensées de ses buts et de son objectif. T.J avait brandit son instantané devant lui comme s’il montrait un trophée, et répondit avec enthousiasme :

- De tout ! Un photographe se doit d’être exhaustif. Le reflet de la lune sur un lac, l’étincelle de joie dans les yeux d’une femme, la majesté d’un oiseau en plein vol … ou plus trivialement et lucratif, les photos de famille, de mariage, d’animaux de compagnie, d’enterrement aussi (son cœur se serra un peu à cette dernière réplique). Une fois on m’a même demandé de prendre des photos pour un livre sur les positions du kamasutra illustrées, ajouta le jeune homme en riant.

L’anecdote était véridique mais il ne mentionna pas que ses photos furent finalement refusées car jugées trop « artistiques ». Quel ironie. On lui avait demandé de rendre tout ça romantique, presque poétique et on l’avait recalé sans doute pour l’unique raison qu’on ne voyait pas assez bien les poitrines … mais James n’y pensait guère plus et en riait à présent. La vie est faite d’échecs et de temps, et les échecs s’oublient avec le temps.

James n’avait bien sûr pas mentionné qu’il était aussi (et surtout) paparazzi – cela le desservirait car ce métier avait une mauvaises réputation, sans doute justifiée même si le jeune homme n’était pas animé des mêmes raisons et des mêmes vices que ses confrères – mais qui aurait bien pu croire quelque chose comme cela ? Peu de gens étaient prêts à passer outre leurs préjugés et officiellement, de toute manière, c’était Theodore Golden, l’alter-ego de James, qui était paparazzi. Là était toute la nuance mais le jeune homme avait préféré resté prudent. Il fit le choix de détourner la conversation, pour éviter que Duncan ne se doute de quelque chose. Il désigna à nouveau l’étui à guitare du jeune homme et déclara :

- Je suis persuadé que maintenant, si je prenais un peu de temps pour ça, j’arriverais à faire quelque chose de potable avec une gratte.

Il se gratta le nez et poursuivit avec quelques s sous-entendus :

- Le pire c’est je suis sorti avec une guitariste. Quelqu’un d’un peu connu, en plus. Faut croire que j’appréciais chez elle d’autres choses que son simple talent, hein ?

T.J avait eu l’impression de légèrement parler comme son père – avec trente ans de plus et un certain désabusement donc, mais il espéra que sa tirade avait suffi à détourner l’attention de Duncan.
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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Dim 4 Juin - 11:41



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James semblait plongé dans ses pensées. Il y avait comme de la mélancolie dans les yeux. Mais pas que ça. C’était plutôt un mélange de sentiments. Je souriais, moi, en lui disant que moi aussi j’avais des endroits où venir méditer quand j’étais jeune. Des lieux où je pouvais être seul et réfléchir. C’était très important d’avoir des moments et des endroits pour pouvoir se recentrer sur soi. Et James était d’accord. On en avait tous besoin. J’approuvai de la tête.

La plage était propice à la réflexion. Mais elle l’était aussi à la conversation. Et c’est ce que je faisais. Je faisais la conversation avec cet homme qui m’était très sympathique. J’avais envie d’en savoir plus sur son art, la photographie. Parce que je savais que chacun parlait plus facilement de sa passion que d’autre chose. Moi, je pouvais parler des heures de musique. Et le visage de James s’illumina. Comme le mien en voyant ça. Il me raconta qu’il prenait tout en photo. Des paysages magnifiques, des gens et mes des photos plus banales. Je rigolai quand il me parla brièvement de son anecdote sur les photos du Kamasutra.

-En effet, c’est vraiment de tout. C’est bien de trouver du beau en toute chose et de le prendre en photo. Je trouve ça magnifique.

Je souriais toujours. James parlait de photo avec une telle passion que je buvais ses paroles. J’avais l’impression qu’il avait fait de son art un métier. Et, si c’était le cas, j’étais très heureux pour lui. Moi aussi j’avais, maintenant, cette chance de pouvoir vivre de ma musique. On a bossé dur pour y arriver. Mais la chance a fini par nous sourire.

James montra mon étui et déclara qu’il pourrait, s’il prenait un peu de temps, pouvoir faire quelque chose de potable avec une guitare. Je rigolai. Je savais qu’avec de l’entrainement, on pouvait tout faire.

-J’en suis certain ! Tout le monde arrive à quelque chose avec de l’entrainement et de la volonté. Je pourrais t’apprendre si tu veux !

Je souris, prêt à l’aider à apprendre à sortir quelque chose avec une guitare. Et j’appris, dans la foulée, qu’il était déjà sorti avec une guitariste connue. Mes yeux s’écarquillèrent et je souriais. Il était sorti avec une guitariste. Mais ne savait rien faire avec une guitare. Ses sous-entendus me firent rigoler.

-Oui, il faut croire ! Il y a beaucoup à apprécier chez une femme.

Je rigolai toujours avant de reprendre un semblant de sérieux.

-Mais, qui c’était ? Tu as dit qu’elle était connue. C’est une artiste de L.A. ?

Mon plus grand défaut était sûrement ma curiosité. Je posais parfois trop de questions. Mais ça faisait partie de mon côté extraverti.


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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Sam 19 Aoû - 16:27

James avait parfois l’impression que quelque chose manquait dans sa vie ; et il avait beau essayer, il ne parvenait jamais à trouver de quoi il s’agissait – peut-être même qu’il n’y avait rien à trouver, que ce n’était qu’un fantasme, son imagination qui lui jouait des tours comme cela lui arrivait parfois. Il ressentait parfois un manque, le sentiment désagréable qu’il lui fallait quelque chose de plus ; alors il faisait en sorte de ne plus y penser, et il se concentrait. Son art et sa profession, qui concordaient tant bien que mal même si le jeune homme ne considérait pas son travail de paparazzi comme quelque chose d’artistique, lui demandaient beaucoup de concentration, de réflexion, de faire abstraction de ses soucis. Son art n’était pas qu’une question de spontanéité et d’inspiration – prendre la bonne photographie au bon moment ne suffisait pas. Ses pensées ne devaient pas être parasitées .Alors quand des idées noires lui venaient, James ne voulait rien d’autre que les oublier.

Une virée à la plage et une bonne conversation lui suffisaient, la plupart du temps.

Le photographe ne connaissait Duncan que depuis quelques minutes mais il avait l’impression d’être déjà son ami, ce qui lui redonna le sourire et le détendit un peu plus. Il commençait à se sentir bien mieux. C’était bien ; il serait prêt à se remettre au travail, si seulement il en avait – même si pour un paparazzi, il suffisait d’ouvrir les yeux et d’être au bon endroit au bon moment pour en trouver.

Mais il préférait d’autant plus rester ici et continuer d’observer les vagues. Même pour quelqu’un comme James Goldstein, il n’était pas bon de trop travailler – il fallait parfois se laisser aller et seulement se contenter du bonheur simple des bons moments de la vie ; alors il préféra s’intéresser davantage à Duncan et à la musique, s’écriant qu’il était persuadé qu’il arriverait à faire quelque chose d’écoutable avec une guitare s’il prenait bien le temps d’apprendre. James adorait apprendre des choses, mais il manquait parfois de patience. Il avait déjà essayé d’ailleurs, il y a dix ans environ, de se mettre à l’art de la musique qu’il aimait déjà beaucoup en tant que source d’inspiration – mais l’impression de ne pas progresser l’avait frustré, en plus du solfège qu’on lui forçait à apprendre. Alors du jour au lendemain il avait renoncé, et remisé au grenier la guitare qu’il avait pourtant acheté avec ses propres deniers (et qui devait encore y être, maintenant qu’il y pensait).

Et bien plus tard, il avait rencontré Apolline Mc Lagan, mais ses compétences musicales n’avaient guère progressé pour autant ; il s’était plutôt concentré sur ses compétences plus physiques, comme le sous-entendit le jeune homme à Duncan, sans toutefois mentionner le nom de la guitariste, ce qui ne manqua pas de nourrir la curiosité du jeune homme, qui demanda :

- Mais, qui c’était ? Tu as dit qu’elle était connue. C’est une artiste de L.A. ?

T.J ne répondit pas tout de suite – il prit plutôt le temps de songer à ce qu’il devait dire. Evoquer le nom d’Apolline ne le gênait pas outre mesure, puisqu’ils étaient restés très bons amis, mais il n’avait pas non plus envie que l’on apprenne qu’ils avaient eu une relation. Pas réellement par souci de vie privée, mais parce qu’il n’avait pas envie que cela le desserve d’une manière ou d’une autre ; on ne savait jamais qui d’autre pourrait l’apprendre et certains journalistes et autres personnes sans scrupules ne manqueraient pas cette occasion d’en apprendre plus sur la célébrité qu’Apolline était devenue. Ou bien, pire encore, de l’exposer lui, Theodore James Goldstein, à la lumière. Tant qu’il exercerait la profession de paparazzi, il resterait dans l’ombre – bien que c’était plutôt son pseudonyme Theodore Golden le « méchant paparazzi » et lui l’artiste qui rêvait de vivre de son art.

James reprit l’air sérieux qui le caractérisait et déclara simplement :

- Je préfère ne pas en parler. C’est de l’histoire ancienne, et … on ne sait jamais.

Bien sûr, c’était un mensonge, mais T.J n’avait pas vu d’autre alternative. Avec de la chance, Duncan ne s’en rendrait pas compte et tout irait bien. S’il doutait de ses explications cependant, il dirait la vérité – James avait l’impression qu’il ne risquerait rien à lui révéler cette information.

- Sans offense hein, reprit-il en espérant ne pas avoir vexé Duncan.

Puis il jeta un nouveau regard à l’horizon, en faisant couler du sable entre ses doigts. La question de Duncan et la réponse qu’il lui avait donné l’avait légèrement mis mal à l’aise, sans qu’il ne sache trop pourquoi. C’était encore de la nostalgie ? songea-t-il alors qu’il se disait qu’il devait, quelque part avoir un problème – il n’arrivait pas à oublier les choses, les mauvais moments, aussi facilement qu’il oubliait parfois les bons. James se demanda s’il ne devenait pas légèrement dépressif ; puis il se rassura en s’assurant que ce n’était que passager et que tout rentrerait dans l’ordre une fois chez lui.

Un sourire embellit à nouveau son visage alors qu’il tournait la tête vers Duncan et lui dit d’un ton enjoué :

- Quoi qu’il en soit, comme je te disais, je pense que j’arriverais à faire quelque chose de bien d’une guitare si je m’y mettais … tu permets ?

Il avait posé cette dernière question en posant ses mains sur l’étui à guitare du musicien. Celui-ci avait eu l’air, auparavant, d’être plutôt d’accord avec sa façon de penser mais il préféra être certain qu’il lui laisserait essayer un peu sa six-cordes. Tous les musiciens que James connaissait tenaient à leurs instruments et il ne pouvait qu’en être de même pour Duncan. C’était compréhensible. Lui-même tenait particulièrement à ses appareils photos, à ses meilleures œuvres et même à sa voiture – même s’il s’agissait là de choses différentes ; et pourtant si semblables. Comme un prolongement de lui-même, ce qui faisait sa force et ce qui le rendait, d’une certaine manière, unique.

T.J attendit, docilement, l’accord de Duncan pour sortir sa guitare de son étui, tout en se remémorant à la hâte les quelques accords dont il se souvenait et la seule chanson qu’il connaissait.
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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Dim 20 Aoû - 15:36



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ft. T. James Goldstein


James était vraiment quelqu’un de sympathique et c’était agréable de converser avec lui. Je l’avais encouragé à faire de la guitare et j’étais même prêt à lui apprendre à jouer. Partager des choses au travers de la musique, c’était quelque chose que j’appréciais beaucoup. Je pense que, si tout le monde avait un minimum de sensibilité et s’efforçait de partager, on vivrait dans un meilleur monde. Mais, hélas, le monde n’était pas comme ça. Il fallait toujours se battre pour tout. Moi, je me battais avec comme arme la musique. Parce que je ne voulais pas en utiliser d’autres.

Mais heureusement, sur Terre, il y avait des gens comme James. Ce dernier m’avoua qu’il avait eu une relation avec quelqu’un de connu. Evidemment, un curieux comme moi n’hésita pas à demander de qui il s’agissait. Je souriais. Mais mon sourire ne suffit pas à avoir une réponse. James ne voulait pas parler de ça. Il restait prudent. J’approuvai de la tête. Je comprenais. Il y avait des choses qu’on préférait garder pour soi. Peut-être que cette relation s’était mal terminée…

Il disait que ce n’était pas contre moi. Je lui souris.

-Pas de problèmes, je comprends. Si ça c’est mal terminé, c’est mieux de ne pas en parler. J’étais juste curieux de savoir qui c’était. Mais je suis souvent trop curieux.

James était, peut-être encore amoureux. Quelque chose à sens unique. Un truc pas facile à gérer. Et je ne voulais pas retourner le couteau dans la plaie. Ce n’était pas mon genre. Déjà que James me semblait mal à l’aise de parler de ça.

Mais ça ne dura pas parce que James retrouva vite son sourire. Il voulait utiliser ma guitare pour essayer. Je répondis avec un grand sourire alors qu’il avait déjà la main sur mon étui de guitare.

-Oui, vas-y. Montre-moi ce que tu sais faire.

Je n’avais pas peur de prêter mon instrument à un autre. Comme je le disais, la musique est pour moi un instrument de partage. Et partager ma guitare était normal pour moi.

-Tu vas faire quelle chanson ?


J’avais hâte, aussi, de connaitre les goûts musicaux de James. Et aussi, voir ses talents de guitariste.



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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Dim 20 Aoû - 23:13

James Goldstein n’était jamais vraiment à l’aise quand il s’agissait de parler de lui-même – sans doute une peur triviale et injustifiée qu’on l’accuse de narcissisme alors qu’il reconnaissait bien volontiers ses propres défauts. La question de Duncan l’avait donc un peu pris au dépourvu, mais il était parvenu à clore le sujet sans laisser trop transparaître son inconfort – ou du moins le pensait-il. Et puis certaines choses gagnaient à rester secrètes, se disait-il. James n’était pas du genre à faire des confidences à de parfaits inconnus et même si Duncan lui paraissait fort sympathique il ne ferait pas exception à la règle ; il lui avait déjà bien trop parlé de lui-même et commençait même à se demander si ça en valait la peine et même si son vis-à-vis y trouvait vraiment de l’intérêt … mais, de toute façon, ils se quitteraient bientôt et ne se reverraient plus jamais de leur vie, n’est-ce pas ?

T.J préféra détourner ses pensées sur autre chose ; il avait jeté un nouveau regard à l’étui à guitare de Duncan et lui avait poliment demandé s’il pouvait en jouer. Certains musiciens détestaient qu’on touche à leurs instruments – son ami Frankie, par exemple, détestait qu’on touche à ses basses ; il lui arrivait de se justifier en disant que cela « perturbait la connexion entre son esprit et l’instrument », mais c’était souvent quand il avait abusé de la weed. Mais au moins Frankie était-il, dans cet état, bien plus supportable que quand il se faisait un festin de cocaïne et d’amphétamines.

James n’y pensait plus alors qu’il faisait vibrer sans but doucement les cordes d’acier de la guitare de Duncan, comme pour s’échauffer. Le jeune homme n’avait pas joué de guitare depuis deux ou trois ans et il éprouvait une sensation étrange, comme une chaleur au bout de ses doigts – il se sentait inspiré, aussi, sans trop comprendre pourquoi, mais il cherchait plus à réfléchir à quoi que ce soit. Il était venu se vider la tête, chasser ses idées noires, et à présent il commençait à se sentir mieux.

Duncan lui avait posé une question mais James ne l’avait pas vraiment écouté, trop occupé à se remémorer les quelques accords qu’il connaissait et la seule chanson qu’il savait – enfin, pas vraiment la seule ; plutôt la seule qui existait. L’autre chanson, qui était toujours restée dans un coin de sa mémoire, était un vieux poème qu’il avait composé et mis en musique tant bien que mal quand il était encore persuadé qu’il pourrait faire un bon musicien. Puis, bien sûr, il s’était lassé de la guitare, s’était investi plus profondément dans l’art de la photographie et n’y avait plus pensé.

Puis, un peu nerveux, il commença à jouer. Love Me Do, des Beatles, un classique – pas vraiment le style de musique qu’il affectionnait, puisque ce n’était même pas une chanson de rock, mais c’était tout ce qu’il était capable de jouer. La chanson ne comportait que quelques accords, commodes à jouer, et il l’avait maîtrisée en quelques jours, à l’époque, avec près de dix ans de moins. Mais le jeune photographe s’en souvenait toujours très bien et ne fit que quelques fausses notes.

Lorsque le refrain arriva, T.J se mit à sourire et osa chantonner les paroles, comme il le pouvait. Il savait qu’il chantait toujours aussi faux mais il s’en moquait, à présent. Il se sentait très bien ; c’était donc vrai que la musique était un genre de thérapie et que les blessures à l’âme pouvaient se guérir simplement en laissant son côté sensible s’exprimer. James écoutait beaucoup de musique, bien entendu, mais cela ne lui avait fait jamais autant de bien – cependant, c’était différent, ici. Il était la musique, et il appréciait cette situation qui, malgré tout, le dépassait un peu.

La chanson se termina rapidement et James passa une main dans ses cheveux ébouriffés, un peu gêné. Il ne savait pas trop quoi penser de sa prestation ; il n’était pas mécontent de lui mais il avait aussi conscience qu’il lui faudrait encore beaucoup de travail pour s’estimer réellement guitariste, si toutefois il décidait de s’y remettre. Le jeune homme n’en était pas encore certain ; il n’avait pas envie de retomber dans les mêmes travers qu’au début de son adolescence et de se lasser.

- Il y a, euh … autre chose que je sais jouer, déclara T.J d’une voix un peu rauque, mais je ne sais pas si je vais y arriver.

Le jeune homme s’y mit malgré tout – il n’y avait que quatre accords que tout le monde avait déjà entendus partout. Les fameux accords magiques que tout le monde, depuis l’invention de la guitare, connaissaient. Y compris lui-même ; l’un d’eux était un peu plus difficile pour ses doigts qui n’étaient pas habitués, mais James n’y songea même pas alors qu’il chantonnait les premières notes comme pour se donner du courage. Si mineur, sol majeur, ré majeur, la majeur … rien de plus classique.

Les paroles bien modestes qu’il avait écrites bien des années plus tôt lui revinrent vite en mémoire et il chanta de plus belle :

I don’t want to be like anyone
I just want to be the only one
You seem to be, so far from me
Still I try, can’t you see me ?

Why do keep being so rude
I’m just trying to say I love you ?

Love is not what I know the better
But could you just give me a chance ?
Love is not what I know the better
But maybe you could give it a chance ?

I ain’t perfect, I’m not the smartest one
Not the best, not the kindest
But still I ask
But still I ask

Do you love me ?
*

C’était une petite chanson que James avait écrite pour une camarade de classe qui lui plaisait, mais qui n’avait jamais daigné écouter, ou se rendre compte, des sentiments qu’il avait pour elle. Il avait même voulu la jouer et la chanter pour elle, mais, paralysé par le trac, il en avait été incapable. Puis, quelques jours plus tard, la jeune fille avait déménagé et plus jamais ils ne s’étaient revus. James y repensait de temps en temps, à cette jeune collégienne aux cheveux blonds comme les blés, qui devait avoir vingt-et-un ou vingt-deux ans à présent et vivre sa vie dans le New Jersey.

- C’est très niais je sais, comme chanson, mais j’avais douze ou treize ans, lança T.J à Duncan comme s’il ressentait le besoin de se justifier, et j’imagine que ma performance n’arrange en rien !

James éclata de rire et tendit la guitare de Duncan à son propriétaire – cela lui aurait peut-être donné l’idée de jouer quelque chose, s’il n’avait pas trop perdu l’audition suite au petit spectacle de James.

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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Mar 22 Aoû - 10:02



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ft. T. James Goldstein


James s’empara de ma guitare. Je le regardais en souriant demandant ce qu’il allait nous faire comme chanson. Mais James ne me répondit pas. Il regardait les cordes de ma guitare. Peut-être cherchait-il ce qu’il avait envie de faire. J’avais hâte de l’entendre et de voir ce qu’il savait faire. Je savais que c’était rare d’être bon juge de soi-même. Les gens avaient souvent tendance à se dévaloriser ou ce surestimé, selon les caractères de chacun. En tout cas, avoir l’avis de quelqu’un d’autre était toujours bien pour évoluer. On faisait ça chez BleedingHeart, on se disait clairement les choses sur ce qu’on faisait musicalement.

James finit par gratter quelques accords et je reconnu assez facilement la chanson des Beatles. Je souris. Ça me rappelait ma rencontre avec Eileen au parc. J’avais, moi-même, repris une chanson des Beatles ce jour-là. Et l’Anglaise avait aimé. Ça lui rappelait son pays. Et, le destin avait fait que j’avais retrouvé Eileen plus tard au bras de mon manager. Elle sortait avec Timmy quand l’Anglais nous avait engagés.

James était nerveux. Mais il se détendit au fur et à mesure de la chanson. Mieux, encore, il s’était mis à chanter.  Je fredonnais avec lui avec un grand sourire aux lèvres. James ne chantait pas forcément juste mais ça n’avait vraiment aucune importance. Tout le monde avait le droit de s’exprimer en chantant.

La chanson s’acheva et James repris son air un peu mal à l’aise. Pourtant, il se débrouillait plutôt bien avec une guitare.

-Pas mal du tout ton jeu de guitare. Je pourrais t’apprendre des accords plus compliqué, si tu veux.

Je n’avais jamais enseigné la guitare à quelqu’un. Mais ça pourrait être une première avec James Et ça me ferais très plaisir de pouvoir partager ce que je savais faire.

James déclara qu’il y avait une autre chanson qu’il savait jouer. Je souris même s’il ajouta qu’il n’était pas sûr qu’il allait y arriver.

-Vas-y. Je t’écoute.

Je lui souris pour l’encourager à commencer. Et il le fit enchainant les accords et chantonnant les notes de musiques qui s’échappaient de ma guitare. Les paroles finirent par arriver. Ça parlait d’amour. Je souris bougeant la tête au rythme de la musique. Je ne connaissais pas cette chanson. Mais j’aimais beaucoup. Les accords étaient simples mais efficace et donnait une belle mélodie.

Jusqu’à la fin j’avais été silencieux. J’étais James essayant d’imaginer l’histoire derrière les paroles. Et quand il termina la chanson, mon nouvel ami déclara que c’était de sa composition. Il n’était pas fier de sa performance mais en ria. Je rigolai à mon tour.

-Tu es plus qu’un photographe. Tu sais jouer de la guitare et tu composes même des paroles. T'es un artistes, James.

Je souris me laissant aller un peu en arrière.

-C’est peut-être niais mais on l’est tous un peu à 12 ans. On ne se rend pas compte que le monde est plus sombre qu’on ne l’imagine. Et, quelque part, ce n’est pas plus mal. Et puis, des paroles sur l’amour, c’est toujours beau.

C’est pour ça qu’on vivait. Pour être heureux et être aimé.

-Et la personne pour qui tu as écrit ça… Elle t’a écouté ?

Je souris.

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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Mar 22 Aoû - 11:40

Tiens. S’était-il mis à pleuvoir où James commençait-il juste à avoir les larmes aux yeux à repenser à son passé ? Sa petite chanson n’avait pas manqué de lui remémorer quelques fragments du début de son adolescence ; des souvenirs bons, comme mauvais. A cette époque, dix ans auparavant, il n’était guère le même qu’aujourd’hui – plus réservé, moins enclin à s’ouvrir et à faire confiance ; dans l’ombre de sa grande sœur que tout le monde disait parfaite, Abbie. Abigail Goldstein, qui, à présent, n’était peut-être plus si parfaite, mais qui possédait tout ce dont elle avait toujours eu envie : deux enfants, une belle maison en Arizona, un mari (que James n’appréciait pas vraiment), et bien sûr un travail stable. La sécurité de l’emploi, c’était important, songea James avec ironie. Lui avait choisi d’être un artiste et de vivre comme tel ; dès l’adolescence, il avait su qu’il ne voudrait pas être comme les autres, et, en un sens, que sa vie serait peut-être un peu plus difficile. Il avait fait de son mieux – il faisait toujours de son mieux, et il était heureux, même si ce n’était pas toujours facile.

Duncan avait écouté respectueusement, sans rien dire, sa chanson et le jeune homme eut presque envie de le remercier pour cela ; il savait que bien d’autres personnes n’auraient même pas pris cette peine – certains se seraient même moqués de lui, d’autres auraient détourné le regard, embarrassés.

Le jeune homme savait que, ni sa chanson, ni ses performances musicales n’étaient excellentes mais il avait eu le courage de se lancer et d’exprimer ce qui venait du cœur, et c’était le plus important ; lorsqu’il avait écrit cette chanson, dix ans auparavant, il avait fait avec ce que le cœur de l’enfant qu’il était alors lui dictait. Et il avait alors eu la certitude, les yeux encore pleins d’étoiles, qu’il voulait devenir un artiste ; à présent, il pouvait se considérer comme tel même si son moyen d’expression était bien différent. Mais tous les arts avaient quelque chose en commun ; on y met un bout de soi.

-  Tu es plus qu’un photographe, déclara Duncan en riant jovialement, tu sais jouer de la guitare et tu composes même des paroles. T'es un artiste, James.

T.J ne sut pas tout de suite quoi répondre et préféra s’esquiver une seconde en regardant une nouvelle fois le ciel. La nuit était tombée pour de bon, doucement et bientôt les étoiles poindraient. James adorait la nuit, l’aube, les couchers de soleil – les variations de lumière, les défis techniques pour le photographe qu’il était. Il aimait se donner des difficultés et se surpasser. Et ce soir-là, une fois de plus, il s’était surpassé – en osant saisir cette guitare et chanter cette chanson dont il n’avait jamais oublié les paroles ni la signification, même une décennie plus tard. Et il se sentait très bien.

- Merci ! répondit-il finalement à Duncan avec un sourire sincère, j’essaie de faire de mon mieux. Mais les chansons et la guitare, il y a énormément de gens qui font ça bien mieux que moi.

James avait été un musicien, l’espace de quelques minutes – mais il ne se considérait pas vraiment comme tel. Il avait déjà prétendu l’être, il y a une dizaine d’années avant d’abandonner. Il ne voulait pas prendre le risque d’essayer puis d’abandonner à nouveau ; son côté perfectionniste lui interdisait de faire à nouveau des erreurs. Il aimait prendre des risques, mais il n’aimait pas l’échec – et jusqu’à présent, il était parvenu à garder un équilibre précaire entre ces deux traits de caractère.

- C’est peut-être niais mais on l’est tous un peu à 12 ans, rajouta le jeune Duncan à propos de la chanson de James, on ne se rend pas compte que le monde est plus sombre qu’on ne l’imagine. Et, quelque part, ce n’est pas plus mal. Et puis, des paroles sur l’amour, c’est toujours beau.
- Oui sans doute … répondit le photographe dans un soupir. J’imagine que si j’avais écrit cette chanson aujourd’hui, elle aurait été différente.

T.J se mit à y réfléchir – de quoi parlerait-elle alors, cette chanson ? Il avait vécu quelques belles histoires d’amour, et certaines comptaient plus que d’autre. L’étudiante française quand il avait dix-huit ans, l’amie de sa grande sœur quand il en avait dix-neuf, et Apolline McLagan bien sûr. Mais à tout cela, il évitait d’y penser, bien qu’il lui arrivait parfois de se demander ce que ces femmes étaient devenues. Et parfois, il parvenait à avoir des nouvelles d’elles, d’une manière ou d’une autre. L’étudiante française avait obtenu sa Licence un an auparavant et était comptable à Paris. L’amie de sa sœur était partie vivre au Mexique et travaillait dans le tourisme. Apolline … eh bien c’était une rockstar qui déchaînait les foules et que tout le monde connaissait. Et la fille du collège …  

Duncan l’y refit penser une nouvelle fois, quand il lui demanda si la personne à qui cette chanson était destinée l’avait déjà entendue. James ne put s’empêcher de rire, nerveusement.

- J’ai essayé une fois, mais le trac m’a empêché de faire quoi que ce soit. Quand j’ai voulu réessayer, ben … elle avait déjà déménagé. Elle vit dans le New Jersey, maintenant.

Le photographe haussa les épaules et rajouta :

- J’imagine qu’on ne peut rien y faire …

Néanmoins il préféra cacher à Duncan qu’il avait bien essayé de renouer contact avec elle en lui envoyant une lettre, mais qu’elle ne lui avait jamais répondu. Cela, il préférait le garder pour lui.

- De toute façon, on n’avait jamais été vraiment proches, poursuivit T.J, mais je crois que c’est depuis que je l’ai rencontrée que je préfère les blondes, rajouta-t-il avec une pointe d’humour.

L’histoire était véridique, ou presque. Bien sûr, T.J était aussi sorti avec des brunes mais il avait toujours préféré la compagnie de belles blondes – sans  qu’il ne sache pourquoi. Une réminiscence de la collégienne, peut-être ? Il ne s’était jamais posé la question ; il se fichait de la réponse.

James appréciait beaucoup la compagnie de Duncan et il regrettait même de ne pas l’avoir connu. Le guitariste lui donnait l’impression d’être quelqu’un de très ouvert, d’amical, et surtout, de profondément aimer l’art. James aimait passer du temps avec des personnes amatrices d’art, car il savait qu’ils le comprenaient même si leur forme d’art était différente. Il croyait en une forme de communication tacite et implicite entre tous les artistes et toutes les formes d’art ; une forme singulière de sensibilité. Il évitait d’en parler car on le prenait parfois pour une sorte de gourou mais c’était ce en quoi il croyait ; pour certains c’était la religion, lui c’était en l’Art.

- Tu as dit que tu pourrais me donner des cours, c’est ça ? demanda le photographe au guitariste, eh bien pourquoi pas. Et je pourrais peut-être t’apprendre quelques petits trucs aussi, comme ça. Je connais cette ville comme ma poche et tu n’es pas d’ici c’est ça ? Je ne sais pas si tu en aurais l’utilité, mais on ne sait jamais.

Concluant sa tirade, T.J ajouta :

- Je vais même te donner mon numéro de téléphone, tiens, si tu veux qu’on aille un peu traîner de temps en temps. Comme des amis.

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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Jeu 24 Aoû - 13:31



Thinking By Sunset
ft. T. James Goldstein


James avait chanté et joué cette chanson qu’il avait composée avec beaucoup d’émotion. Cette dernière, je la voyais dans ses yeux mais, surtout, dans la façon dont il jouait les notes.

Quand il termina, je déclarai qu’il était un artiste. Il composait, il faisait de la photographie, il savait jouer un minimum de la guitare et il osait chanter. Un artiste est, pour moi, quelqu’un qui crée quelque chose qui vient de lui et qui le partage avec quelqu’un. Et c’est ce que venait de faire James. Il avait composé ces paroles et me les avaient partagées. Et peu importait qu’il ne chantait pas spécialement juste… Le but c’est que ça vienne de lui et qu’il le chante avec son cœur. Quand j’ai chanté pour la première fois, je ne savais pas chanter non plus… Mais si je m’étais arrêté pour ça, je n’aurais jamais la vie que j’avais aujourd’hui.

James regarda un moment ailleurs avant de reposer son regard sur moi en me remerciant. Même s’il ajouta quand même que beaucoup de gens jouaient mieux que lui. Je souris pour répondre à son sourire.

-Peut-être bien. Mais là n’est pas l’important.

L’important était qu’il s’amusait et s’émotionnait quand il jouait. C’était ça qui comptait pas le reste.

Je parlai, ensuite, de sa chanson et de la façon dont on voyait le monde à 12 ans. Quand on est si jeune on est encore innocent et on ne se rend pas compte des difficultés de la vie d’adulte. James confirma en ajoutant que sa chanson aurait sûrement été différente s’il l’avait écrite aujourd’hui. J’approuvai de la tête.

-C’est fort possible. On change avec les expériences de la vie. Le tout est d’essayer de garder, un minimum, son âme d’enfant.

Moi, je savais que je l’avais gardée. Je m’émerveillais toujours devant les choses comme je le faisais quand j’étais petit. Je n’étais pas du genre à devenir blasé.

Ma curiosité me poussa à demander à James s’il avait fait écouter cette chanson à la personne à qui elle était destinée. Il a essayé. Mais le trac avait pris le dessus. Et quand il avait, enfin, trouvé le courage, la fille en question avait déménagé. Je pris un air un peu triste.

-Non, on ne peut rien y faire. Parfois, on rate des occasions… Et elles ne se représentent jamais.

C’était dommage. Mais ça arrivait. Le tout était de continuer à vivre malgré les déceptions.

James ajouta qu’ils n’avaient jamais été vraiment proches de cette fille. Mais qu’elle avait influencé ses préférences en matière de couleur de cheveux. J’éclatai de rire.

-Elle a quand même influencé tes préférences, apparemment.

James s’ouvrait de plus en plus au fur et à mesure de la conversation. Moi, je me laissais porter par sa façon de penser qui était fort proche de la mienne. Il finit par accepter ma proposition de cours ce qui agrandit mon sourire. En échange, il était prêt à m’apprendre des petits trucs. C’était un natif de L.A. et il connaissait la ville comme sa poche. Ça faisait presque 2 ans que j’étais à L.A. mais ce n’était pas assez pour connaitre tous les coins. Je souris quand il me proposa son numéro de téléphone.

-Avec plaisir ! Je te donnerais le mien aussi. Tu pourras me montrer tous les coins de L.A. qui valent le coup. Je suis ici depuis 2 ans mais à part les bars comme le Dizzy ou le Rainbow, je ne connais pas grand-chose, je dois l’avouer. Les autres membres de mon groupe viennent aussi du Nevada… Je connais un peu l’Eastside car j’y habite mais à part ça.

J’étais enthousiaste à tout projet de sortie.

-Et tu pourras me présenter tes amis ! Je te présenterais les miens !

L’idée me plaisait beaucoup.

-Pour les cours, tu n’auras cas venir aux studios de MTI, je te donnerais l’adresse. C’est les studios de ma maison de disques. Je te ferais visiter comme ça.

Timmy n’avait jamais dit qu’on ne pouvait pas y amener des amis. Et James était mon ami.



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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Ven 25 Aoû - 11:14

T.J y voyait plus clair maintenant qu’il avait repris le contrôle de son esprit. Cette escapade à la plage lui avait vidé la tête de ses pensées parasites et il s’était même trouvé un nouvel ami en la personne de Duncan – cette journée n’était peut-être pas si mal, finalement. A présent, elle était sur le point de se terminer et, maintenant que la nuit était tombée, d’autres projets lui venaient en tête. Le jeune homme allait bien envie d’aller rêver un peu du côté d’Hollywood et de se poser quelques heures au Rainbow pour s’amuser un peu et (surtout) boire – ou bien au Stryge Bar s’il y trouvait le courage.

Le son de la guitare que Duncan lui avait prêtée quelques minutes résonnait encore dans sa tête alors que les deux jeunes gens évoquaient le passé de James. Le jeune photographe était parfois nostalgique mais il avait appris avec le temps à se défier du passé et à ne jamais regretter tout ce qu’il avait pu faire ; à quoi bon, de toute manière ? Rien ni personne ne pourrait jamais changer le passé – ce qui comptait, c’était l’instant présent et l’avenir qu’on se forgeait ; ou plutôt qu’on espérait, à défaut de pouvoir réellement appréhender de quoi le futur sera fait. Le passé … ce n’était désormais plus que là d’on on tirait des leçons pour avancer et quelques souvenirs qu’on se ressassait pour se rassurer ou pour se demander comment faire pour ne pas les vivre à nouveau.

James se sentait bien avec son nouvel ami mais il regrettait que celui-ci ne se livre pas à lui autant que lui l’avait fait ; T.J n’aimait pas beaucoup parler de lui, d’habitude, et quand il le faisait s’attendait à ce qu’on en fasse autant – une manière d’être certain que personne n’en savait trop sur lui. Il avait pris garde à ne révéler aucun de ses secrets mais il avait peur de trop en dire ; alors James préféra changer subtilement une nouvelle fois de sujet et déclara à Duncan qu’il était d’accord pour qu’il lui donne des cours de guitare. Et pourquoi pas, avait songé le photographe ? Il n’était jamais trop tard pour apprendre de nouvelles choses. Il ne deviendrait évidemment jamais une star de la musique mais devenir un artiste complet était un moyen de briller, dans une ville comme Los Angeles où presque quiconque avait du talent pouvait se faire une place parmi les plus grands.

- Je vais même te donner mon numéro de téléphone, tiens, si tu veux qu’on aille un peu traîner de temps en temps. Comme des amis, avait rajouté T.J comme en passant.

Duncan eut un nouveau sourire ; T.J trouvait qu’il ne manquait pas d’enthousiasme et c’était, habituellement, ce qu’il détestait chez certaines autres personnes. Mais il avait décidé de ne pas lui en tenir rigueur, et se disait, avec un peu de mesquinerie, que, passé suffisamment de temps à L.A, le guitariste perdrait cette fichue joie de vivre. Los Angeles n’était pas une ville que l’on domptait facilement ; il y avait trop de possibilités d’échouer, trop de tentations. Certaines personnes voulaient à tout prix devenir quelqu’un d’important et y perdaient leur âme ; certains n’y arrivaient qu’au prix d’importants sacrifices – d’autres enfin, sans doute les plus rares, avaient fait de la cité des anges leur terrain de jeu et s’y épanouissaient complètement. L.A pouvait être une bénédiction et une chance pour certains, mais aussi le sépulcre morne de leurs rêves et de leurs espoirs brisés.

- Avec plaisir ! Je te donnerais le mien aussi. Tu pourras me montrer tous les coins de L.A. qui valent le coup. Je suis ici depuis 2 ans mais à part les bars comme le Dizzy ou le Rainbow, je ne connais pas grand-chose, je dois l’avouer. Les autres membres de mon groupe viennent aussi du Nevada… Je connais un peu l’Eastside car j’y habite mais à part ça, s’était écrié Duncan.

James fit un sourire, lui aussi. L’Eastside, ce n’était qu’une partie de ce qui rendait Los Angeles unique. T.J y vivait depuis suffisamment longtemps pour s’estimer avoir droit à la prétention de tout savoir sur elle – mais après tout, Los Angeles était en constante métamorphose. Elle avait déjà tant changé en vingt ans et le photographe était convaincu qu’il en serait de même pendant au moins vingt autre années ; mais lui, où serait-il ? James aimait beaucoup cette ville mais il n’avait pas le projet d’y demeurer toute sa vie – mais en attendant qu’il devienne un artiste reconnu ou quelqu’un d’important, Los Angeles constituait un parfait lieu pour exprimer qui il était et ce qu’il savait.

- Et tu pourras me présenter tes amis ! Je te présenterais les miens ! continua Duncan.
- Pour sûr, répondit T.J avec assurance, mais ils sont parfois un peu spéciaux.

Le jeune homme pensait surtout à son éternel frère de cœur Frankie mais, dans son genre, Jay* n’était pas mal non plus. Cette fille était sans doute la personnification vivante de la caféine (ou d’une autre substance, mais T.J ne pensait pas que c’était du genre de la jeune femme) mais, la plupart du temps, on pouvait compter sur elle. Et puis il y avait Eddy, Zoey, Nathan …

- Pour les cours, tu n’auras cas venir aux studios de MTI, je te donnerais l’adresse, déclara par la suite Duncan. C’est les studios de ma maison de disques. Je te ferais visiter comme ça.

James Goldstein leva légèrement les sourcils, surpris – alors comme ça, Duncan n’était pas qu’un simple guitariste talentueux, il avait une maison de disques, c’était un professionnel. Peut-être débutait-il ; le photographe était persuadé de ne pas l’avoir entendu auparavant, ou bien n’y avait-il simplement jamais fait attention. Quoiqu’il en soit, James songea tout de suite venir aux studios de MTI accompagné de Frankie, qui était un employé de la BSC, rien que pour l’ironie de la situation.

- J’y compte bien ! répondit finalement James. Et moi, je te montrerai peut-être le Repaire.

Le Repaire. James resta volontiers flou sur ce que c’était, mais il fallait entretenir le mystère. Ses amis d’enfance et lui savaient de quoi il s’agissait, et il n’était pas aisé d’entrer dans la confidence. Le Repaire, c’était le refuge de lui et de sa bande d’amis, quand ils étaient adolescents. Un endroit sûr, discret et qu’il fallait connaître pour en savoir la localisation ; on ne tombait pas dessus par hasard. Généralement, on se transmettait l’emplacement entre frères et sœurs, ou entre amis, et c’était sans doute l’un des meilleurs petits endroits cachés de Los Angeles ; il y en avait forcément d’autres.

- Enfin, pour ça, il faudrait le mériter ! continua T.J en riant. Mais ne t’inquiète pas, c'est parfaitement légal comme endroit,
au cas où tu te le demanderais !


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MessageSujet: Re: Thinking By The Sunset [LIBRE][TERMINE]   Mar 29 Aoû - 11:02



Thinking By Sunset
ft. T. James Goldstein


Une nouvelle amitié s’était créée au bord de l’océan. Il avait suffi que James chante un peu pour que je m’approche de lui et qu’une conversation commence. C’était ça que j’aimais dans la vie. Faire des rencontres et partager des choses.

D’ailleurs James et moi, on était déterminé à partager nos amis. On avait prévu de s’échanger nos numéros pour prévoir des sorties. James connaissait cette ville et était prêt à me montrer les meilleurs endroits. Je ne connaissais pas assez L.A. Il fallait plus de 2 ans pour connaitre tous les recoins de la Cité des Anges. Mais je comptais sur James pour ça. Il déclara que ses amis étaient un peu spéciaux. Je rigolai.

-Ça tombe bien. J’aime bien les gens spéciaux.

Les gens spéciaux avaient souvent beaucoup de choses à dire. Et puis, j’adorais rencontrer des gens aux personnalités hautes en couleur. L.A. devait receler de personnes de ce genre.

La proposition de cours tenait toujours. Et j’avais l’intention d’apprendre la guitare à James dans les studios de MTI. Il y avait tout le matériel possible là-bas et il n’y avait pas mieux pour les cours. Et puis, c’était l’occasion, pour James, de pouvoir visiter des studios. Même s’il était possible qu’il ait déjà visité ce genre de studio. Il vivait ici, c’était possible.

James était enthousiaste et je souris. On allait bien s’amuser à faire de la guitare. Surtout que James avait déjà de bonne base avec l’instrument. Il déclara, ensuite, qu’il me montrera le Repaire. Je souris. Je ne connaissais absolument pas cet endroit. Et j’étais curieux de savoir de quoi il s’agissait.

-Génial ! Ça marche. Il faudra que tu me contact très vite parce que je suis curieux de savoir ce que c’est le Repaire.

James ajouta que pour savoir où était le Repaire, il faudra la mérité. Je souris prêt à essayer de gagner mon entrée dans ce lieu. J’avais la trentaine, mais j’agissais encore un peu comme un adolescent. Jordan n’arrêtait pas de me le faire remarquer d’ailleurs. James ajoute que c’était un endroit légal.

-Tant mieux parce que mon frère est flic.

Je rigolai. Même si l’endroit en question était illégal, je n’aurais rien dit à Jordan. J’avais déjà fait des choses illégales dont faire un concert devant ma Mairie de Los Angeles. Et je ne l’avais pas regretté.

-J’essayerai de mériter mon entrée, alors.

Je souris. Ma toute nouvelle amitié avec James annonçait de nouvelles belles aventures.

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