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 One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]

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Hank North


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MessageSujet: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Mar 24 Oct - 19:37



One More Step Into Hell
ft. Bailey Raphaël


-Et merde !

Je raccrochai le cornet du téléphone violemment mais Kate ne releva même pas le nez du livre qu’elle lisait. J’attrapai ma chemise bleue qui traînait sur le dossier du divan parce que je me baladais torse nu depuis le matin tellement il faisait étouffant. Pas grave si on voyait les griffes et les bleus qui couvraient mon torse, il n’y avait ici que Kate et moi.

Je l’avais à peine enfilée (ma chemise, pas Kate), attachant en vitesse quelques boutons juste pour dire, qu’elle était déjà trempée de sueur. Mais j’avais pas le temps de prendre une douche et me pomponner, en l’occurrence…

-Faut que j’y aille.

Kate ne daigna pas me regarder, mais me lança quand même :

-Howard s’est encore crashé, chéri ? Si c’est le cas, j’espère qu’il va y rester, cette fois.

Je la regardai une seconde, choqué, avant de lui rétorquer :

-Et depuis quand tu sais lire, toi ?

C’était pas cool, ce que je venais de dire… Mais ce qu’elle avait dit n’était pas cool pour Howard non plus. Putain… Pourtant, jusque-là, j’étais persuadé que la journée se passait bien… On était crevés parce qu’on avait passé la nuit à s’envoyer en l’air et ça avait même fini dans une infinie douceur au point qu’on s’était endormis dans les bras l’un de l’autre…

Mais maintenant que quelqu’un d’autre qu’elle attirait mon attention, ça lui allait pas, évidemment…

Sans rien ajouter de plus, je sortis de la villa. Peu m’importait ce que pourrait fait Kate quand je rentrerais : ce que Howard venait de me dire au téléphone était trop alarmant pour que je reste tranquille, dans ma villa, à attendre de voir dans la rubrique faits divers du journal de demain : « Une mère psychotique massacre son enfant. »

Parce que c’était un peu ça que j’imaginais, avec ce que Howard m’avait raconté. J’avais même perçu de la panique dans la voix du batteur. Et ça bien plus que tout le reste avait allumé des alarmes dans mon cerveau.

Howard disait qu’il n’avait aucune idée d’où Bailey était… Qu’il l’avait emmenée passer la nuit à l’hôtel la veille après qu’elle lui ait fait une sorte de « crise de folie »… Et là, ce matin, elle avait disparu… Et son mioche avec…

Je sautai dans ma voiture. Contrairement à Howard, je savais par où commencer pour chercher Bailey. Ce fut donc vers l’Eastside que je roulai à tombeau ouvert.

Une fois devant l’immeuble de cet Elijah qui autorisait la prostituée à squatter chez lui, et qui devait travailler beaucoup parce que je l’avais jamais vu (il était même jamais là pour les matchs de foot), je sonnai… encore et encore… Mais la porte ne s’ouvrait pas… Ce qui ne voulait pas dire que Bailey n’était pas là, surtout si elle était vraiment aussi mal que Howard ne me l’avait laissé entendre.

Alors je changeai de stratégie… m’allumant une clope et zonant comme n’importe quel quidam de l’Eastside, j’attendis que quelqu’un d’autre habitant l’immeuble ouvre la porte d’entrée. Et juste avant que la porte ne se reclape derrière cette personne, je plaçai ma main dans la fente… J’attendis un peu, histoire que la vieille qui venait de rentrer ne se demande pas ce que je foutais là, puis j’entrai dans l’immeuble et montait quatre à quatre les escaliers menant à l’étage de l’appartement d’Elijah.

Je frappai à la porte, mais je la touchai  peine qu’elle s’ouvrit toute seule. Elle n’était ni verrouillée ni même fermée complètement, apparemment.

-Bailey ?...

L’appartement était sans dessus-dessous, comme si un cambrioleur avait fouillé à la recherche de quelque chose de précis. Bref, c’était le chaos total… Bouche bée, les yeux écarquillés, je progressais doucement dans l’appartement…

-Bailey… C’est Hank… Tu es là ?

Je savais pas si elle était là… Mais ce que je savais, c’était que Howard n’avait pas menti… Bailey n’allait pas bien.

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Bailey Raphaël


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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Jeu 26 Oct - 3:43



One More Step Into Hell
ft. Hank North




Je suis loin mais encore tout près en même temps.

Au travers des buissons, je regarde l’homme se pencher et ramasser le colis comme s’il allait lui exploser au visage.  Puis, un autre homme s’amène et l’expression de terreur – à moins que ce ne fut du dégoût – qui s’affiche également sur sa tronche  me fait sourire, malgré la dague qui me perce de plus en plus le cœur a chaque battement.

«   À toi d’jouer maintenant, connard ! », sifflais-je entre mes dents alors qu’ils refermèrent la porte derrière eux en emportant Dany et la plus triste page de ma vie avec eux.

- Adieu Dany… je suis désolée de ne pas avoir été à la hauteur…

Je me relève de mon buisson dans lequel je me cache, à quelques mètres à peine de la porte d’entrée. Une porte que je ne pensais jamais plus revoir. Je sais que j’ai pris la meilleure décision que je ne pouvais prendre, surtout dans l’était où je me trouve, mais ce n’est pas sans douleur que je me sépare de mon bébé. Malgré tout ce que j’ai pu dire. Malgré tout ce que j’ai pu faire.

Quand je suis certaine que plus personne ne reviendra ouvrir cette fichu porte, je me sauve en courant et je ne m’arrête pas de courir avant quem complètement épuisée, je me laisse tomber sur le gazon d’une maison, beaucoup moins somptueuse que celle de Daniele Ricci  mais quand même assez imposante.

Et mon trajet jusque dans l’Eastside  se résume à marché, courir, tomber et me relever puis continuer d’avancer. Tout ce que je ne fais pas dans la vie en général.

Quand j’arrive enfin «  chez moi », j’ai perdu tout contact avec la réalité. Je ne suis que l’ombre de moi-même, je suis nue pied, ma main ne saigne plus mais le sang a coulé sur mes vêtements, j’en ai  sur le visage, les cheveux et, je ne sais pas comment, probablement dans les buissons, mais j’ai déchiré mon t-shirt de The Burning Fire.

L’appartement, trop parfait, m’attend comme un musée de la déprime. Mon petit nid que j’ai bâtis en arnaquant mon gang, en détournant de l’argent, en faisant chanter des clients.  Mais c’est chez moi et, je ne m’y sens plus en sécurité.

Ma main bandée longe le mur blanc pur y laissant une trace rougeâtre s’approchant plus du brun sale que du rouge sang.  Arrivée au coin du mur, c’est comme si je me laissais tomber dans le vide.

J’attrape le premier truc que je rencontre et je le balance en direction opposé pour le fracasser. Et je n’arrête pas avant de tout casser ce que je trouve sur mon passage. Jusqu’à ce que je tomber sur Howie.  J’ai l’intention en premier de lui arracher la tête mais, je m’arrête et hurle toute la douleur qui m’habite.

« Fais le Bailey ! Tu sais que tu en as besoin ! »

- Non ! Non !! Noooooon !!!

Elles sont de retour ! Je les entends de nouveau tout autour de moi ! Je pensais les avoir semé, m’en être débarrassé en même temps que le bébé ! Mais elles sont encore belle et bien présente et ne me laisserons pas tranquille.

Les voix me pourchasse, me persécute. Je tourne sur moi-même en hurlant autant de terreur que de rage.

Mon premier réflexe est de me rendre à la cuisine et de me saisir d’un couteau de chef et de l’enfoncer dans un mur, comme s’il s’agissait d’une scie.  Je coupe, je « creuse » jusqu’à ce que je puisse faire un trou assez gros pour y passer mon bras.

- T’es où ?  Hein ? ! Hein ? ! T’es où salope ! T’as peur ? J’vais te tuer !!

Je m’adresse a la voix maitresse, celle qui se démarque plus que les autres.  Je la pourchasse dans l’appartement, plantant le couteau ici et là dans les murs, faisant des trous parfois gros, parfois, simplement assez pour y passer la main.

Je m’en arrache les ongles, la peau autour des doigts à force d’arracher des bouts de bois du mur.  Et quand j’entends l’intercome sonner  je fonce dessus en hurlant et je fini par l’arracher du mur.

Tout devient subitement silencieux. Trop silencieux et j’ai peur. Je vie comme un étrange moment de lucidité, comme si j’émergeais d’une sensation d’ivresse intense, mais que ma vision était toujours flou.  Je vois la porte de mon appartement s’entre ouvrir mais, au lieu de m’approcher malgré la voix amicale qui m’interpelle, je m’accroupie derrière le grand fauteuil, tenant le couteau devant moi, prête à attaquer.


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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Jeu 26 Oct - 19:44



One More Step Into Hell
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Qui qu’il soit, ce type, Elijah, allait pas être content quand il allait rentrer…

Arrivé dans le salon, presque à pas de loup malgré que je signalai ma présence en appelant Bailey, en lui disant que c’était moi, je passai ma main sur le mur, les yeux écarquillés. C’était du sang ou pas ? Puis c’était quoi, tous ces trous dans les murs ?  

Je continuai ma progression dans l’appartement, allant dans la chambre, puis dans la salle de bain, continuant d’appeler Bailey, mais sans crier…

Mais pas de réponse… Et pas de trace d’elle dans les pièces… enfin, si, elle était bien passée par là et Howard avait pas exagéré quand il m’avait dit au téléphone que la jeune femme était, je cite : « complètement cinglée ».

Je murmurai, comme pour moi-même, en sortant de la chambre pour revenir au salon :

-Bordel, Bailey… Qu’est-ce qui se passe ?...

Et une autre alarme s’alluma dans mon esprit, je n’y avais plus vraiment pensé parce que j’avais été atterré par l’état de l’appartement… Mais une autre question s’imposa au premier plan de mes pensées : où, bordel de merde, était le petit Dany ??!!

Lors du dernier match de foot que j’étais venu voir ici avec Bailey, un soir que Delfino bossait au Dizzy pour la nuit (je ne comprenais pas bien pourquoi on ne regardait pas le match chez Delfino, puisque nous n’étions plus amants depuis 1980, mais soit), alors que je voyais bien qu’elle commençait à angoisser parce que malgré l’heure tardive, le petit garçon ne dormait pas et ne cessait de pleurer, j’avais été chercher l’enfant dans le lit improvisé qu’on lui avait fait… Je m’étais installé à nouveau dans le divan près de Bailey, le petit sur le torse… Il avait fini par se calmer et Bailey par poser sa tête sur mes cuisses, le visage tourné vers l’écran de la télé. Moi, j’avais une main dans ses cheveux, le bébé en équilibre sur moi et me restait une main libre pour piocher des chips dans le bol à côté de moi.

Ils s’étaient finalement endormi tous les deux, presque en même temps… Un sur mon torse, l’autre sur mes cuisses… et moi, je bouffais des chips en me retenant de m’exclamer quand les Rams de Los Angeles marquaient de points.

Fallait pas demander à quel point ce petit fatiguait la jeune femme qui, avant sa naissance, me semblait infatigable.

Sauf que là, Bailey semblait avoir passé les limites de la fatigue…

De retour dans le salon, je crus entendre quelque chose… Un bruit très ténu et répétitif. Je me retins de respirer et tendis l’oreille…

Je n’étais pas le seul à respirer dans la pièce.

Je me tournai alors dans la direction du bruit… et aperçus quelqu’un recroquevillé derrière le divan…

Ça ne pouvait être que Bailey.

Je m’autorisai à nouveau à respirer et parlai d’une voix très calme, bien que mon cœur, lui courait un putain de marathon.

-Bailey ? Sors de là, chérie… C’est moi, Hank…

J’approchais doucement du divan, mais j’avais peur qu’elle ne fasse une connerie au moindre geste brusque… De là où j’étais, je ne voyais pas si elle avait quelque chose en main.

-Je vais pas te faire de mal…

Je posai un genou sur le fauteuil…

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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Sam 28 Oct - 3:37



One More Step Into Hell
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Je suis complètement terrorisée lorsque la porte de mon appartement est soudainement poussée et s’entrouvre. Si les voix dans ma tête devaient maintenant se matérialiser,  je ne donne pas cher de ma peau.

Tout ce que je trouve à faire c’est de me cacher derrière le grand fauteuil, ramenant mes genoux contre ma poitrine, tenant le couteau  droit devant moi, d’une main tremblante. En fait je tremble de la tête aux pieds.

Je me dis que, si je ne relève pas la tête, si mon regard ne croise pas celui de l’intrus, il ne me verra pas lui non plus. C’est logique, non ?

Les pas viennent tout près de moi et on m’appel tout doucement.  On pourrait presque croire que l’homme, puisqu’il s’agit d’un homme selon le grain de voix, est aussi terrorisé que moi. Je ne peux cependant pas me laisser avoir. Tout ceci est fort probablement le fruit de mon imagination.

Il  avance dans mon appartement. Dans ma chambre, dans la salle de bain, je crois, aussi. Puis, la voix est familière  se rapproche  et j’hésite à  dire « ici! »…mais je ne sais plus faire confiance à mon instinct. Il pourrait tout aussi bien s’agir d’un Androïde – ben quoi ? -  ayant prit l’apparence d’une personne qui m’est chère.  

Et quand la voix me viens d’au dessus de moi, je relève lentement la tête, prête à y trouver la pire de mes peurs me dévisager. Un clown machiavélique me tuerait sur place. Mais au lieu d’un clown, c’est le visage de Hank que je détail dans la pénombre.

- Hank…

J’éclate en sanglot, laissant tomber le couteau sur le plancher. Je me laisse rouler vers l’avant puis je rampe le long du fauteuil pour sortir de derrière. Je reste cependant au niveau du sol, les bras trop endoloris pour le soulever.

Les voix sont toujours présentent mais ne sont que murmures et frêles ricanement.  Le visage de Hank, au travers de tout ça me fixe, tout comme Howard l’avait fait  quand il m’eut trouvé chez moi, en pleine crise de démence.

Parce que oui, j’ai conscience que mon cerveau défaille. Ma raison s’est en allée et je suis maintenant aussi cinglée, voir plus encore que c’te vieille folle de Betty Loops.

- Tu les entends toi aussi ?  Elles veulent me tuer… c’est elles qui t’envoient ?

Ma tête repose sur le plancher, mon dos arqué et mes doigts ensanglantés pianotent sur le parquet de bois. Je sais que j’ai atteint un point de non retour. J’ai touché le fond et je n’ai aucune chance de m’en sortir.

J’y vais d’un ultime effort pour me relever. J’ai des égratignures  partout sur les bras, et je vous passe les détails sur mes doigts. Mes fringues sont sales et déchirées.

- J’en peux plus, Hank…  j’vais crever cette nuit…


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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Dim 29 Oct - 13:42



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Je me penchai doucement au-dessus du divan en affirmant à Bailey, recroquevillée derrière, que je ne vais pas lui faire de mal. Je la voyais qui hésitait à lever son visage vers moi, mais finalement elle le fit. J’essayai de sourire, mais pas sûr que mon expression ressembla vraiment à quelque chose. D’autant que je sursautai en entendant un truc en métal tomber par terre et je remarquai alors le couteau de cuisine qu’elle venait de lâcher…

-Bail…

C’était à peine un murmure étranglé… Murmure qui fut étouffé par les sanglots de Bailey qui éclatèrent, tuant le silence lourd qui avait jusque-là régné dans l’appartement dévasté. Elle sortit de derrière le fauteuil… Enfin, elle rampa, plutôt, comme s’il n’y avait plus assez d’énergie ou de volonté dans son corps pour qu’elle puisse se tenir debout.

Elle m’avait reconnu, c’était déjà ça.

Je descendis du fauteuil pour m’agenouiller près d’elle et… hésitai à la toucher dans un premier temps. Elle avait l’air complètement terrorisée en plus d’être crevée et j’avais peur que le moindre contact ne la fasse exploser comme de la nitroglycérine.  

Je secouai la tête quand elle me demanda si je « les » entendais aussi… Qu’ « elles » voulaient la tuer…

Le tout en prenant une posture digne de du film « L’exorciste » et ses doigts blessés, ses bras égratignés, ses vêtements déchiré, pour faire court, toute la scène, me faisait froid dans le dos. Howard m’avait sûrement appelé parce qu’il pensait, comme toujours, que je saurais quoi faire.

Mais là, je devais admettre être à court d’idée.

Et un peu terrorisé aussi.

Je finis par retrouver l’usage de la parole, à genoux à terre, les bras ballants, à côté d’une femme qui n’était plus que le pâle reflet écorché de mon amante.

-Non, Bailey… Je ne les entends pas. Je n’entends, rien, ma belle… Personne ne veut te tuer. Il n’y a que toi et moi, ici…

Et ce seul fait n’était pas normal. Pas normal du tout.

Où était Dany ?

-C’est Howard qui m’a appelé. Tu as fait peur à Howard…

Je parlais doucement, mais plus parce que j’étais atterré que pour vraiment protéger Bailey de stimuli trop agressifs.

Quand à ce que je venais d’affirmer, qu’elle avait fait peur à Howard, ça me permettait de me passer longs discours. Parce que pour faire peur à Howard, il fallait déjà y aller. Son inconscience faisait que le batteur n’avait peur de rien.

Bailey essaya encore, dans ce qui me sembla être un effort surhumain, de se relever. Alors je passai au-dessus de ma propre peur pour l’aider un peu. La prenant par les biceps, je l’aidai à s’agenouiller devant moi, serrant les dents en voyant dans quel état elle s’était mise… Elle était allée jusqu’à s’arracher quelques ongles, elle était égratignée de partout, ses fringues étaient en lambeaux. Son visage se décomposa quand elle affirma ne plus en pouvoir et… qu’elle allait crever cette nuit.

Je la pris alors dans mes bras, la serrant contre moi, mon cœur courait le marathon, mais j’essayais de ne pas lui laisser voir mon propre stress.

-Sssshhhhh Bailey…

Je frottai son dos d’une main et la laissai cacher son visage dans mon cou.

-Tu ne vas pas crever. Personne ne va te tuer. Ok ?

Bailey m’avait surtout pété une durite… Ses neurones avaient grillé… Elle était arrivée au bout de tout ce que son corps et son esprit pouvait supporter. Mais quand est-ce que ça avait périclité ? Pourquoi est-ce que ça avait périclité ? La dope qu’elle prenait devait lui avoir fait exploser le cerveau… Voilà ce qu’il y avait…

Je murmurai une autre question. Parce qu’il fallait absolument que je sache si j’arrivais trop tard.

-Bailey… Où est Dany ?

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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Jeu 2 Nov - 2:55



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Ma tête contre le parquet, mes doigts qui tambourinent de façon lente et saccadée j’écoute les voix qui semblent s’être éloignées. Peut-être ont-elles peut de Hank ? Sa présence les aurait fait fuir ? Possible. Hank est l’homme doté de l’âme la plus pure que je connaisse.

J’essaie tant bien que mal de me relever mais mes bras ne sont plus assez forts pour me soutenir convenablement c’est donc Hank qui me retient par mes biceps me faisant m’agenouiller devant lui. Je vois bien que je le dégoûte, je le rebute.

Je ne peux que le comprendre.

Mes yeux se ferment lorsqu’il me sert tout contre lui et laissent  s’écouler des larmes silencieuses le long de mes joues.  

De me retrouver dans les bras d’Hank m’apporte le sentiment d’une sérénité qui m’a depuis longtemps quitté mais c’est trop peu trop tard. Je suis perdu dans les abîmes de la folie; jamais plus de ne reviendrai de là.

- Elles ne me laisseront pas partir, Hank ! Je ne peux plus revenir ! Tu ne comprends pas !

Je le serre plus fort, aussi fort que je le peux.  Je tente de me rassurer par le timbre de sa voix qui, malgré son manque d’assurance, demeure  grave et constante.  Je sais qu’il ne peut rien pour moi, je suis condamnée mais si au moins il peut accompagner mes dernières heures et les rendre moins pénibles, ce serait moi… brutal.

Jusqu’à ce qu’il me demande où est Dany.

- Quoi… ?

Oh, oui. Mon fils.

Je me revois encore, le tenant contre moi avant de le déposer sous le porche et d’attendre qu’on vienne le prendre.  La contradiction des sentiments que j’ai ressentis à ce moment là est si puissante qu’elle aurait pu faire fondre un volcan. Ou mettre le feu à l’enfer.

La certitude de faire ce qu’il fallait.

La douleur de l’abandon.

- Je…  j’ai fait ce que j’aurais dû faire quand il est venu au  monde…

J’aurais dû le faire. Je ne l’ai pas fait. Je me suis laissé prendre au jeu, à l’espoir de fonder une famille, de devenir quelqu’un, en l’occurrence une mère. Celle de Dany Alvarez puisqu’il aura, pour quelques temps porté ce nom.

Il est, et sera un Ricci dorénavant.

Je me défais de l’étreinte de Hank que je doute n’être ici que pour s’assurer que je n’ai pas fait mal au bébé.  Je suis complètement folle mais jamais je ne l’aurais intentionnellement blessé. Je trébuche dans ma manœuvre et, retombant sur le sol, je vais jusqu’au fauteuil et en allongeant le bras, attrape le couteau que j’ai laissé tomber.

- C’est pas contre lui ! Tu ne comprends pas !

Et là, ça va vite, Trop vite pour que même moi, j’ai conscience du geste que je commets.  Je tranche mes poignets, les deux, une fois, deux fois je n’en sais rien.  Le sang coule sur les avant bras et tombe sur le sol en petit clapotis sinistre.  


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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Sam 4 Nov - 16:40



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Bailey dans mes bras, tous les deux à genoux au sol au milieu de cet appartement dévasté, je n’entendais que le silence alors que je tendais l’oreille comme pour essayer de percevoir ce que Bailey disait entendre. Mais non, il n’y avait rien. C’était pas faute d’essayer d’entendre ces voix, pourtant, comme si j’espérais encore qu’il y en ait vraiment, que ce que Bailey me faisait comme crise n’était qu’un trop plein d’angoisse déclenché brutalement par des voisins un peu trop bruyants.

Tout, sauf la folie… Je vous en supplie. Tout, sauf ça.

Une main derrière la tête de Bailey, je caressais ses cheveux pleins de sang et de terre mêlés, de l’autre, je la maintenais contre moi en la soutenant dans le bas de son dos. C’était tout ce que je pouvais faire parce que, de fait, je ne comprenais pas. Comment j’aurais pu comprendre ? J’étais peut-être un peu con parfois, mais j’étais pas complètement cinglé.

Mon cœur cognait dans ma poitrine. Quant à elle, elle était complètement raide, comme si le moindre petit muscle de son corps était au bord de la rupture.

J’essayai de la rassurer, et de me rassurer, en restant comme ça quelques minutes, à moins que ça n’ait été que des secondes.

Parce qu’au bout d’un temps, il fallut que je sache. Ce suspens était beaucoup trop difficile à supporter plus longtemps pour moi. Je voulais savoir. Je devais savoir jusqu’où était allée Bailey.

Et, très sincèrement, je redoutais le pire.

Même si le sang dans ses cheveux et sur sa peau semblait être le sien, je ne pouvais être sûr qu’il ne s’agissait que du sien. Puis, il y avait la terre… et je l’imaginais déjà gratter dans une pelouse ou l’autre, de ses mains nues, une tombe de fortune pour le petit bébé.

Je secouai la tête pour virer ces images de ma tête et me décollai un peu de Bailey pour lui demander, cherchant son regard, où était Dany.

Elle sembla d’abord ne pas me comprendre, ne même plus savoir qui était Dany. Mon cœur battait de plus en plus vite et la sueur commença à dégouliner sur mon visage. Des putains de sueurs froides.

-Dany, Bailey… Le bébé !

Je voulais pas être brusque, mais c’était plus fort que moi.

Et elle sembla se rappeler de qui était Dany. Alors j’attendis une réponse.

Elle m’en donna une… mais qui n’expliquait pas, concrètement, ce qu’elle avait fait. Alors je la secouai un peu. J’avais la trouille, je voulais savoir si elle avait massacré le petit ou si elle l’avait jeté dans un conteneur à ordure ou une autre dinguerie du genre !

-Qu’est-ce que tu as fait ?! Dis-moi ce que tu as fait du petit !

J’avais beau serrer très fort ses bras sans m’en rendre compte, elle arriva à se défaire de mon étreinte, comme si la folie lui conférait une force surhumaine. Et une rapidité incroyable aussi. Ou alors, c’était juste moi qui était pétrifié. Elle qui n’arrivait pas à se lever seulement quelques minutes plus tôt plongea alors sur le couteau de cuisine.

Je n’eus pas le temps de dire un mot, ni même d’expirer un souffle, que c’était déjà trop tard.

Baileu se taillada les poignets, deux fois, sous mes yeux écarquillés. J’eus, dans un terrible accès de conscience où je me sentis clairement prisonnier de mon propre corps paralysé, le temps de compter jusqu’à cinq avant de pouvoir réagir et de bondir sur elle pour lui enlever le couteau des mains que je balançai au hasard dans la pièce, mais le plus loin possible.

J’avais jamais vu autant de sang de ma vie.

Il fallut tout ce que j’avais de courage pour non seulement éviter de tourner de l’œil alors que, même à genoux à terre, je sentais mes jambes flageoler, et en plus, trouver comment réagir.

Bailey était peut-être folle à lier. Mais elle avait raison sur un point : je ne comprenais pas.

Je finis par réagir, enlevant et déchirant ma chemise pour faire des bandages de fortune hyper serrés autour des poignets de Bailey qui finit par s’écrouler au sol. J’avais du sang partout, elle avait du sang partout, c’était une putain d’horreur.

-Bailey ! Reste avec moi ! Bailey !

Elle n’était pas vraiment dans les vapes, seulement à moitié. Et j’avais serré les bandages tellement forts que ses mains ne devaient plus être irriguées. Mais tant pis.

Je me roulai en boule, les deux poings contre le sol, recroquevillé sur moi-même et tentai de me reprendre parce que j’étais certain que si j’essayais de me lever maintenant, j’allais tomber dans les vapes à mon tour.

-Allez Hanky… Allez…. C’est pas le moment de flancher…

Il fallait que je porte Bailey jusqu’à la bagnole et que je la conduise à l’hosto direct.

Je finis par me relever et croisai le regard mi-clos de Bailey. Je la portai comme une mariée.

-Faut que tu restes consciente, ma belle.

Je réussis, par je ne sais quel miracle, à arriver à la bagnole, couvert de sang, torse nu, mais sans me pelleter dans les escaliers. Je déposai une Bailey toute molle côté passager et courus me mettre au volant. Et heureusement que j’étais un putain de pro des scènes d’action en bagnole. Sans quitter la route des yeux, de peur que de voir encore tout le sang qui couvrait Bailey, plus celui qui imbibait les bandages de fortune que je lui avais fait, ne menace encore de me faire tourner de l’œil, je demandai encore entre mes dents serrées au possible.

-Faut que tu me dises ce que tu as fait du bébé, Bailey !

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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Jeu 9 Nov - 5:49



ONE MORE STEP INTO HELL  
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Dany. Toujours et encore m on fils. Même maintenant que je ne l’ai plus, toute tourne encore autour de lui et ça me rend folle. Parce que j’espérais que les voix partiraient une fois que je l’aurais placé en sécurité mais je m’étais royalement trompée.

Non seulement maintenant je n’ai plus mon fils avec moi, mais je me noie dans une folie dont je n’ai plus la force de lutter contre. Je préfère me laisser sombrer et, malheureusement pour lui, c’est Hank qui assiste au pire du spectacle.

Dans ses bras, je crois, l’espace d’une seconde, retrouver un peu de sérénité pour affronter la triste réalité. Mais c’était avant. Avant qu’il ne me questionne sur Dany et qu’il achève de piétiner  le peu de contrôle que je conservais, quelque part bien enfouie sous toute cette folie qui me ronge.

Je le repousse, je me soustrais à son étreinte et attrape le couteau que j’avais abandonné sur le sol puis je m’entaille les poignets. Une fois morte, ce sera fini. Tout rentrera dans l’ordre pour ceux que j’aime et jamais plus ils n’auront à subir les affres de mon délire.

Tout ce que je trouve ensuite à articuler c’est que le petit est en sécurité dans une crèche. Du moins, il me semble que je le lui dis. Ou alors l’ai-je pensé ?  Qu’importe… ça n,a plus aucune importance pour moi.

Mon sang s’écoule comme un robinet de cuisine. Ça coule assez pour imbibé mes vêtements, tracer mon plancher. Je finir par m’allonger sur le sol non sans regarder l’étrange pulsion à la jonction de ma chair tailladé, comme si mon cœur battait à cet endroit,  faisant jaillir mon sang.

Ensuite, tout devient flou.

Puis complètement noir.

J’ai en m.moire qu’une succession de flash plus ou moins précis dans ma tête de Hank qui me supplie de rester avec lui. Sa voix, gosh… ça fait presque mal de sentir tout le désarroi dans  son timbre de voix pourtant généralement si chaud, si réconfortant.

Des lumières, beaucoup de lumières. Au début elles sont faibles mais elles défilent à vive allure puis elles sont nombreuses mais ne bougent plus.  J’entrouvre les paupières avec difficultés mais je les referme bien vite puisque tout est blanc et ça m’agresse les yeux que de tenter de voir, et donc comprendre, ou je suis.

Je n’ai qu’une seule certitude. Même crever, j’suis pas assez douée pour le faire ! Quand je disais que je suis pas bonne à grand-chose…

Par moment, on vient me parler. Des mains sur moins, dans mes cheveux, sur mes épaules, mes bras. Mes poignets surtout.  

- J’ai dormis longtemps ?

J’ai réussis a articuler une phrase quand, enfin j’arrive a ouvrir les yeux et que je vois Hank, assit sur une chaise non loin de mon lit, jambes croisés, un coude appuyé sur le bras de la chaise, sa tête contre la paume de sa main. En tous les cas, lui, il somnolait.

- Tu peux dire à l’infirmière que je suis réveillé ? On va pouvoir rentrer… hen ?

C’est connu ! On ne se repose jamais vraiment à l’hôpital ! Quand j’ai accouché de Dany, on venait me voir pratiquement aux demies heures pour autant de raison qu’il y a de personnel dans le bâtiment !Pas pour rien que nous sommes des «  patients ».

Je tente de me relever mais, je me rends compte que je suis complètement immobilisé dans mon lit. Je tire légèrement sur mes bras et je fronce des sourcils, autant de stupeur que de douleur. Putain je suis attaché sur mon lit.

- C’est pas drôle… dit leur de me détacher. J’veux rentrer tout de suite ! Je n’ai pas donné mon autorisation pour ça ! Hank !?   DIS LEUR DE ME DÉTACHER !

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Pis demain matin tu m’prendras dans tes bras
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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Jeu 9 Nov - 17:56



One More Step Into Hell
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Juste avant que Bailey ne commence à flancher à cause du sang qui s’écoulait abondement de ses poignets lacérés, elle articula quelque chose… Quelque chose que mon cerveau n’assimila pas directement, se contentant d’enregistrer l’information.

Elle avait mis l’enfant en sécurité, à la crèche… Tout du moins était-ce ce que j’avais entendu dans le filet de voix qui lui restait à ce moment-là…

La vue du sang, la panique, l’impuissance, tout ça combiné y était probablement pour quelque chose dans le fait que je ne reçus pas l’information. Je devais réagir, faire quelque chose, palier au plus pressé qui était de faire cesser les chutes du Niagara sanglantes qui jaillissaient des poignet de celle que je reconnaissais à peine comme ayant été mon amante.

Je ruinai ma chemise pour faire un bandage de fortune hyper serré à ses poignets et ce fut torse nu, couvert de sang et la portant dans mes bras que je la plaçai dans ma voiture avant de démarrer en trombe en lui répétant alors qu’elle était à moitié dans les vapes la question qui m’obsédait et me bouffait de l’intérieur : où était Dany ? Qu’est-ce qu’elle avait fait du môme ?!

Mais Bailey n’était plus en mesure de me répondre. Elle avait déjà perdu trop de sang.

Et… Je savais même pas exactement vers où je roulais… Mais je roulais. Un hôpital… il me fallait un hôpital. Mais inconsciemment, mon esprit alla bien plus loin et ce fut dans un hôpital psychiatrique que je déboulai avec sur les bras une jeune mariée sanglante.

A partir de là, tout alla très vite et plus tard, je ne me rappellerais pas de tous les détails tellement j’étais paniqué. J’avais l’impression que ma propre voix, alors que j’appelais à l’aide, me parvenait comme du bout d’un tunnel.

On me prit Bailey à même mes bras… J’eu l’impression qu’ils étaient une dizaine à me retenir au moment où je voulus emboîter le pas au groupe de gens en blouses blanches qui emmenaient Bailey hors de ma vue. Au début, ils me parlèrent tous en même temps, jusqu’à ce que ce soit beaucoup trop pour moi et que je finisse par plaquer mes mains sur mes oreilles pour que ça s’arrête, couvrant mon visage de sang par la même occasion.

J’avais pas les nerfs qui fallait pour ces conneries.

Puis une femme prit le dessus sur tous les autres… Jeune… Mon âge, grand maximum… Pas vraiment un top model, mais avec un visage gentil et un regard calme. Elle vira tous les autres et il ne resta plus qu’elle et moi et elle me fit entrer dans un local, plus calme et me fis asseoir… Après seulement, elle me prit doucement par les poignets pour doucement me faire enlever les mains de mes oreilles et je pus entendre sa voix douce et posée…

-Henry… Vous vous appelez Henry, c’est ça ? J’ai juste ?

Elle essayait de me recentrer, de rassembler mes neurones que la panique avait éparpillés partout dans mon crâne.

-Ouais…

Je ne fis même pas le rapport du comment du pourquoi elle connaissait mon prénom mais je ne savais pas si c’était juste parce que j’avais l’habitude de ne plus devoir me présenter ou si c’était parce que j’en avais rien à foutre de savoir comment elle le savait et que je voulais juste m’accrocher à la bouée qu’elle était en train de me lancer.

Elle sourit et se leva pour aller dans un petit cabinet qu’elle laissa ouvert. J’entendis l’eau couler et elle revint avec un linge imbibé d’eau tiède qu’elle passa sur mon visage. Quand je voulus regarder et que je vis le sang sur le linge, je gémis bien malgré moi… Je savais plus trop si c’était mon sang ou celui de Bailey ou les deux…

Mais la dame réagit direct et releva mon regard vers elle pour me forcer à la regarder et ne pas regarder le sang.

-Du calme… Vous n’êtes pas blessé… Vous voulez me raconter ce qu’il s’est passé ?

Il me fallut juste quelques secondes… et puis j’ouvris les vannes. J’expliquai tout depuis le coup de fil de Howard jusqu’à mon arrivée ici, en passant par les voix de Bailey, les dégâts, le sang. Elle me demanda quelques précisions en cours de route comme le nom de Bailey que je lui donnai en entier… Et, dans l’histoire, je n’oubliai pas de mentionner ce que Bailey m’avait dit :

-Elle a pété un plomb… Je crois… parce qu’elle a dû abandonner l’enfant… Dany… Il est en sécurité à la crèche…

Et quand elle demanda quelle crèche, je ne pus que hocher négativement la tête. Parce que je ne savais pas… Je ne savais plus parler non plus d’ailleurs… Mes muscles étaient tellement tendus de trouille que c’était à peine si j’arrivais à respirer et ma voix n’était qu’un vague filet beaucoup trop aigu sur la fin de mon récit. Je finis par me mettre à trembler, puis à me contracter vraiment fort, me paralysant tout seul, puis à trembler à nouveau en reprenant mon souffle. Et ainsi de suite.

Mais je n’avais pas peur de ça… Parce que ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait… Je faisais des crises comme ça pratiquement tous les dimanches quand j’étais gosse. Pourquoi le dimanche ? Hey, les gars, le lundi, y a école ! Et le dimanche soir, mon père regardait toujours la même émission qui donnait les résultats sportifs des matches du week-end. Rien que d’entendre le générique et c’était parti pour une belle crise où je perdais le contrôle de mon corps au point d’en chialer…

Mais si moi, à 38 ans, ça me surprenait plus, ce fut le moment où je vis la douce assurance de mon ange gardien vaciller. Pas longtemps, cela dit. Elle prit ma tension et je fus ravis d’avaler tous les anxiolytiques qu’elle me fila. C’était bien plus efficace que les analgésiques auxquels je carburais…

Elle me parla doucement, continuant de laver le sang de Bailey sur moi, de tout et de rien le temps que les médicaments agissent et mes muscles finirent par se décontracter et mes pensées à devenir délicieusement embrumées. Je ne me rendis même pas compte que comme j’étais torse, nu, son regard et même le linge qu’elle passait sur ma peau s’attardaient sur les hématomes que j’avais un peu partout…

-Comment vous vous êtes fait ça ?

J’avais vaguement regardé les hématomes, dont on voyait bien que certains ne dataient pas d’aujourd’hui, et les griffures qu’elle me désignait et secouai la tête. J’étais trop bourré de médocs maintenant pour élaborer des scénarios…

-Je sais plus…

Quand je fus plus calme, mais pas encore assez dans les choux pour ne plus pouvoir aligner deux pensées cohérentes, la dame me demanda si Bailey avait de la famille, quelqu’un de plus proche d’elle que Howard ou moi et qu’il fallait prévenir. J’avais hoché la tête, donné le nom de Delfino Alvarez, barman du Dizzy Warhol… et quand elle m’avait demandé si je pouvais me rappeler de son numéro de téléphone, j’avais été obligé de me lever pour aller le taper sur le pavé numérique du téléphone accroché au mur… Comme Bailey était mon amante, celle avec qui j’avais pratiqué l’adultère par deux fois (et qu’accessoirement, ma femme me battait pour la moindre contrariété), je n’avais jamais écrit ni le numéro de l’appartement d’Elijah (qui allait avoir une mauvaise surprise en découvrant son appartement), ni celui de Delfino quand Bailey s’était installée chez le latino avec son enfant…

J’avais mémorisé les deux numéros et j’avais une façon bien à moi pour ça : j’aurais été incapable de citer les chiffres qui les composaient, mais je retenais la façon de les taper sur un pavé numérique de téléphone… Le téléphone en question aurait été à cadran, j’aurais pas su lui donner le numéro pour contacter Delfino.

J’avais donc tapé le numéro sur le pavé numérique, sans décrocher le téléphone, pendant que la dame notait les chiffres sur lesquels je tapais…

Après ça, j’avais demandé à voir Bailey… encore et encore… Jusqu’à ce qu’on me conduise à une chambre dans laquelle elle dormait… Après m’avoir donné l’une de ces chemises d’un vert dégueulasse que portaient les infirmiers histoire que je ne me balade pas à moitié à poil…

Là, je m’étais installé sur la seule chaise qu’il y avait là, et j’avais commencé à somnoler en la regardant, complètement sous l’influence des médocs salvateurs qu’on m’avait donnés.

Je ne sais pas après combien de temps j’entendis enfin la voix de Bailey. Et ce fut les yeux mi-clos et la bouche pâteuse que j’avais répondu.

-Quoi ?...

Ce ne fut que quand Bailey se mit à hurler que je sursautai carrément, me réveillant un peu et compris ce qu’il se passait. J’avais même pas remarqué quand j’étais entré dans la chambre qu’ils avaient attaché Bailey à son lit. Je ne me remis pas à paniquer, cependant, merci ô médicaments…

Je m’approchai du lit de mon amante et attrapai une de ses mains.

-Sssshhhh… Bailey… Calme-toi, s’il te plait… Tu vas te faire mal !

Elle avait des pansements aux poignets, juste sous les entraves, et j’avais eu ma dose de gore pour aujourd’hui…

-Ne crie pas, je t’en supplie ne crie pas…

Mes nerfs, bon sang !

Je passai ma main dans ses cheveux, plusieurs fois, essayant vraiment de la calmer.

-Je ne veux plus que tu te fasses mal, tu comprends… Je crève de trouille, putain…

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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Ven 10 Nov - 20:19



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-    NOOOOOON !!!

Je n’entends pas Hank quand il s’approche de moi et qu’il attrape l’une de mes mains. Je veux simplement qu’on me libère et rentrer chez moi. Je ne comprends pas d’ailleurs pourquoi je suis attaché. Je ne suis pas folle !

Des larmes ruissèlent le long de mes joues pour se perdre quelque part dans mes cheveux et l’oreiller aussi épais et confortable qu’un rat écrasé et je tire plus fort sur mes poignets et tente de battre des jambes.

Le visage d’Hank apparaît au travers du brouillard de larmes et, si je cesse de crier, je ne cesse pour autant de me débattre. Il est hors de question qu’on me garde ici pour je ne sais trop quelle raison.  Et plus je tire sur mes bras, plus je ressens une douleur qui irradie depuis mes poignet jusque dans mon cœur.

Et là, c’est brutal. Je me souviens les actes, peut-être pas tous, mes les grandes lignes de ce que j’ai vécu dans les dernières heures, ou journées.  Je ne saurais le dire.  

Le plus douloureux dans cette révélation, est de lire toute la souffrance dans le regard de Hank qui me confesse crever de trouille et je ravale mes cris, laissant qu’un gémissement muet mais non moins douloureux.  Mon regard se détourne du sien, cherchant à analyser la pièce dans laquelle je me trouve.

Les murs sont blancs et rien n’est affiché. Pas même une horloge. Sur le mur vers lequel je regarde, deux fenêtres placées à égale distance du centre sont pourvus de barreaux. Une seule chaise, celle sur laquelle était assit Hank complète l’ameublement et je comprends en fait elle ne devrait pas s’y trouver et que, fatalement, elle partira quand Hank lui-même quittera la pièce.

Je suis internée !  Et ils veulent s’assurer que je n’attente pas de nouveaux à mes jours. Ouais, des fois que je voudrais m’harakiri avec  les pattes de la chaise, tiens !

- Pourquoi t’as fait ça…

En fait, ma question pourrait se formuler comme «  Pourquoi tu m’as fait enfermer plutôt que de me laisser crever. » La seconde option était pour moi, libératrice et mettait un terme définitif à ma souffrance. Alors que maintenant, je me retrouver attachée sur un lit et toutes les putains de minutes de ma vie pour penser  à ce que justement, j’ai voulu échapper.

D’un geste vif, je viens tirer sur la sangle de ma main que tient Hank, la faisant se dérober à son toucher. Je ne veux pas qu’il me touche, non plus qu’il me parle. Je veux qu’il parte et qu’il m’oublie. De toute façon n’est-ce pas pour ça qu’il m’a amené ici plutôt qu’ailleurs où j’aurais été en sécurité.

Ici, je serai une proie facile pour toutes ces voix qui me persécutent et qui viendront se moquer de moi sans que je ne puisse rien pour me protéger. Hank, que je croyais mon ami, bien plus que mon amant, un protecteur, même, vient en fait de me livrer contre mon consentement aux pires lubies obscures qui pullulent dans ma tête.

- Vas t-en ! Vas retrouver ta femme, t’attend que ça !

Mais il ne bouge pas. Il n’est pas comme ça, il n’abandonnera pas.  Son mariage avec Kate en est la preuve. J’aurai beau lui hurler dessus, l’insulter, faire tous les temps, je sais qu’il ne m’abandonnera pas.

Sauf que le regard qu’il pose sur moi me fait mal. J’ai  la honte, la haine, je veux qu’il cesse de me regarder comme si j’étais un petit chaton fragile qu’il vient de rescaper. Alors je recommencer a hurlé et à me débattre.  J’y mets l’énergie du désespoir jusqu’à ce qu’un moment, je crois faire vaciller  mon lit.

J’en rigole, d’un rire que je ne me connais pas. J’ai l’espoir que de faire tomber le lit me libérera mais c’était sans compter deux hommes de fortes statures qui viennent et me stabilise, malgré ma furie et que, sans m’en donner le choix, m’injecte un truc qui m’embrouille illico.

Bonne nuit Bailey.


****


On tient la porte de ma chambre généralement fermée. Et parfois, j’ai le droit d’être assise dans mon lit mais toujours je suis attachée.  Mes journées se résumes à  me perdre dans le panorama rectangulaire que m’offre  la fenêtre la plus proche de ma vu sur le mur gris du building d’à côté.

Parfois, Hank vient me voir, mais le plus souvent c’est le psychiatre qui vient s’assoir tout prêt de moi avec sa belle blousse blanche et son stylo à bille qu’il fait cliqueter en le frappant distraitement sur le barreau de métal de mon lit.

- Est-ce que je sors aujourd’hui?


C’est tout ce que je lui demande.  Je ne veux pas qu’on parle de ma démence, de mon chagrin, Ni de Delfino et encore moins de Dany.  Je ne veux plus laisser de portes s’ouvrir dans ma tête aux voix qui semblent tout e même  battre en retraire. Mais ça, c’est l’effet que ça fait chaque fois qu’on vient me planter une aiguille dans le bras pour m’endormir quand je me mets à hurler et à me débattre.

Et comme à chaque fois, le docteur ne me donne  pas la réponse que je veux entendre, je recentre regard sur la fenêtre qui, non seulement donne sur le building gris d’à côté mais, aujourd’hui me laisse voir la furie du ciel sous forme d’une pluie intense, tout en murmurant une chansonnette sortie de je ne sais où mais qui ressemble plus à une lullaby légèrement macabre.

- Monsieur North, si vous voulez bien, j’aimerais vous parler en privé, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

Je glousse puis tourne la tête à l’opposé de la fenêtre.  Hank est ici ? Il est arrivé quand ? Il est venu me ramener. Parce qu’il  me sauve tout le temps.  Il va pas me laisser ici.

Mais je n’ai pas le temps de l’apercevoir que déjà la porte se referme et je suis de nouveau seule dans cette pièce fermé dont les murs matelassé étouffe mes cris.  Et pas que. Je les sens se rapprocher de moi d’heure en heure. C’est presque imperceptible mais je sais qu’ils vont finir par se refermer complètement sur moi.

Hank ne laissera pas faire ça.


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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Sam 11 Nov - 16:11



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Les cris de Bailey étaient probablement le son le plus flippant que j’aie entendu de ma vie. J’avais vu L’exorciste une bonne centaine de fois depuis sa sortie et ça m’avait jamais fait vraiment peur même si c’était un excellent film. Mais pas sûr que je pourrais encore le regarder après ça. Parce que, jusqu’ici, je n’avais jamais vraiment cru à la possession…

J’allais peut-être revoir mes croyances en sortant d’ici.

J’étais là, mais c’était comme si elle ne me voyait pas ou ne me reconnaissait pas. Elle se débattait comme une furie et moi, malgré les petits gestes que j’essayais d’avoir envers elle, je crevais tellement de trouille que si ça continuait, j’allais pisser dans mon froc comme un gosse apeuré.

Elle eut l’air de se calmer et je nourris un instant l’espoir qu’elle allait arrêter de crier, de se débattre pour me regarder et, je sais pas… Même si elle me demandait de lui rouler une pelle, je le ferais malgré la lourde alliance que je portais.

Après que son regard ait fait le tour de la pièce, elle finit bel et bien par me regarder et ce que je vis dans ses yeux me fit mal. Elle était en détresse et tout ce que j’avais trouvé à faire, c’était de la faire enfermer.

Elle me demanda pourquoi j’avais fait ça, plus une plainte qu’une véritable phrase.

-Je savais pas quoi faire…

J’étais même pas sûr de ce qu’elle avait fait du môme ! Si ça se trouvait, elle l’avait massacré ! J’avais dit qu’elle l’avait mis à la crèche à la dame qui m’avait aidé à retrouver un peu mes esprits alors que j’étais sous le choc. Mais la vérité, c’était que j’en étais pas sûr !

Et puis, je voulais pas la voir mourir dans mes bras. Je voulais pas qu’elle meure tout court d’ailleurs ! Alors qu’est-ce que j’étais sensé faire ?! Howard, lui, il avait encore trouvé la combine pour se débiner et me laisser gérer tout seul !

Mais le fait était que je ne pouvais pas gérer ça tout seul… Alors j’avais été cherché de l’aide là où on était susceptible de m’en donner. C’était moi que j’avais aidé en l’emmenant ici, pas elle.

Elle retira brusquement sa main de la mienne, recommençant à tirer sur ses entrave et me crachant à la figure que j’avais qu’à m’en aller retrouver Kate. Je ne dis rien… essayant de lui faire comprendre d’un regard que j’avais pas le choix.

Bailey recommença à se débattre, plus fort encore et je n’eus pas le temps de réagir que je me sentis tiré en arrière exactement comme le soir de la naissance de Dany. Tiré en arrière et placé à l’écart pendant que des infirmiers en blouses blanches fondaient sur mon amante comme des charognards.

-Bailey !

Mais j’avais même pas la force, contrairement à la jeune femme, de me débattre, de cogner ou quoi que ce fut… J’étais juste complètement à côté de mes pompes à essayer encore de digérer ce que je venais de vivre dans l’appartement d’Elijah.

On me sortit de la chambre de Bailey… on m’expliqua des trucs que je ne compris pas.

Mais ils me filèrent une boîte pleine d’anxiolytiques…

J’allais en avoir besoin… Parce que la journée n’était pas terminée.

Il fallait que je rentre à la maison maintenant…

***


Ce fut donc avec quelques bleus en plus que je débutai, deux jours plus tard, le tournage de Factory War… Et c’était un tournage salvateur qui allait durer trois mois et j’en avais bien besoin. Il n’y avait rien de mieux que de pouvoir se mettre dans la peau d’un autre, même névrosé comme l’était mon personnage dans Factory War, pour que je puisse mettre de côté mes véritables problèmes.

Contre toute attente, et à ma propre surprise, je jouai donc sans aucun problème mon rôle. On allait rarement jusqu’à plus de trois prises avant que la scène ne soit validée par le réalisateur, Dylan Turner.

Et comble du bonheur qui aidait beaucoup aussi, Robin me donnait la réplique.

Pendant quelques heures sur la journée donc, je troquais Bailey et Kate pour des problèmes fictifs de gestion d’entreprise, de relations familiales, de génie trop grand pour un crâne trop petit, voire un monde trop petit… enfin bref, j’échangeais volontiers une merde pour une autre pour autant que celle-ci soit fictive.

Grâce au maquillage et à la gomina qu’on me fourrait dans les cheveux, j’avais même l’impression de changer de tronche. Il n’y avait que la douleur des coups récents portés par Kate qui me ramenaient de temps en temps à la réalité, mais quelques analgésiques combinés aux anxiolytiques qu’on m’avait filé à l’hôpital psychiatrique faisaient l’affaire, entre les prises.

Un autre avantage que me donnait le tournage, c’était que je pouvais faire un détour en rentrant sans que Kate ne se doute de rien. Et ce fut donc après une journée de « travail » (qui, en l’occurrence, s’apparentait vraiment à de la détente pour le coup), que je pris la direction de l’hôpital où j’avais lâchement largué Bailey quand la situation avait dépassé mes compétences.

Je fis quelques infractions mineures au code de la route en y allant et pourtant, pour une fois, je roulais vraiment pas vite, voire même trop lentement, tellement j’étais assommé par les trucs que je prenais.  A se demander comment personne ne s’en rendait compte sur le tournage… Ou peut-être qu’il n’y avait juste personne qui osait poser la question.

Puis tant que je jouais convenablement, ils s’en foutaient, non ?

J’arrivai à l’hôpital… Je m’étais arrêté en chemin dans un magasin où j’avais acheté une boîte d’assortiment de chocolat histoire de ne pas me ramener les mains vides… Mais de toute façon, j’avais cette boule au ventre à l’idée qu’elle ne me remballe dès qu’elle allait me voir…

Dès que je me présentai à la réception en disant que je venais voir Bailey Raphaël, on me confia à la même dame qui avait nettoyé le sang sur moi quand j’étais arrivé ici avec Bailey deux jours plus tôt. Tout en me guidant dans le bâtiment parce que j’aurais été incapable de retrouver tout seul le chemin de la chambre de mon amie et amante, elle me demanda comment ça allait et me fit remarquer que j’avais encore du maquillage sur la figure, ce qui m’avait amené à dire d’un ton absent que j’étais en plein tournage.

Enfin soit…

Arrivé à la chambre de Bailey, elle me laissa et je m’appuyai dans l’encadrement de la porte, attendant que le psy qui était là me remarque. J’aurais bien carrément appuyé ma tête contre le chambranle de la porte tellement j’avais l’impression d’être à moitié endormi. Sans mon personnage à jouer, je n’étais plus que Hank North…

Et Hank North était une vraie loque pour le moment.

Sur son lit, Bailey se mit à chantonner une chanson macabre et je sentis un frisson désagréable me remonter l’échine… Heureusement, le psy se tourna vers moi, demandant à me parler, je passai une main dans mes cheveux… j’avais pas réussi à enlever tout le maquillage, ben c’était pareil pour cette foutue gomina…

-Ok… ouais…

On sortit de la pièce et il referma la porte alors que mon regard croisa même pas une seconde celui de Bailey à l’intérieur…

-Je… J’lui ai apporté une boîte de chocolat et… comment elle va ? Delfino Alvarez est venu ?

Le médecin commença par me confirmer que le petit-ami de Bailey était bien venu mais n’entra pas dans les détails à ce sujet. Delfino avait pas pu me contacter lui-même puisqu’il n’avait pas mon numéro de téléphone… Pas plus que Bailey d’ailleurs. J’avais beaucoup trop peur qu’ils téléphonent à la villa et que ce soit Kate qui décroche.

Il m’expliqua ensuite ce qui arrivait à Bailey… fallait que je m’accroche pour capter quelque chose malgré le fait qu’il y allait doucement et avec des mots simples… Sauf que ce qui se passait dans la tête de Bailey n’était pas simple. Elle avait un trouble psychologique borderline qui avait été réveillé par un énorme baby-blues… Ce qui faisait qu’elle se créait des sortes d’illusions avec lesquelles elle était plus à l’aise qu’avec la réalité… Je ricanai…

-Je suis acteur… je connais ça…

C’était un peu ce que je vivais en ce moment… J’étais plus à l’aise avec les problèmes non moins graves de mon personnage, David Garrett, qu’avec les miens. Sauf que moi, j’étais pas cinglé, je savais faire des allés et retour à chaque clap de fin de prise.

Je regardai aussi intensément que je le pouvais le psychiatre.

-Elle pourra sortir d’ici quand ?

Pas de réponse à cette question si ce n’était : quand elle irait mieux… et ben on était pas sortis de l’auberge.

Je frottai mes yeux… A la fois parce qu’ils étaient comme engourdis (je n’avais pas beaucoup dormis ces dernières nuits) et parce que ce foutu maquillage qui me restait commençait à me gratter.

-Et vous allez la détacher quand ?

Je supportais pas de la voir attacher à son lit comme un animal. C’était une jeune femme, nom de dieu. La réponse fut directe et sans appel : quand il n’y aurait plus de risque qu’elle se fasse du mal à elle-même ou autrui.

Je soupirai et dis tout haut sans le vouloir.

-Ben on est pas sortis de l’auberge non plus…

Mais bon, ce gars-là devait avoir l’habitude… Il côtoyait des cinglés à longueur de journée.

-Et sa chambre… Je peux vraiment pas lui apporter quelque chose ? Une peluche ? Des vêtements, peut-être ?

Là encore, direct et sans appel. Non. Pas tant que ce ne serait pas safe. D’habitude, je me serais énervé… Sauf que j’étais shooté aux anxiolytiques… Mais je lui filai quand même plutôt brutalement la boîte de chocolat que j’avais amené.

-Bon ben… vous lui donnerez ça pour moi alors… Je lui demanderai si vous lui en mettez dans son plateau-repas à ma prochaine visite… Et y a intérêt à ce qu’elle me réponde par l’affirmative. Je peux y aller ?

Il jura qu’il ferait ce qu’il fallait pour les chocolats et m’autorisa à entrer dans la chambre de Bailey.

J’approchai doucement de son lit et posai doucement ma main sur sa joue. Je faisais semblant que je n’avais pas peur. Mais j’avais bel et bien les jetons qu’elle ne m’envoie littéralement chier, qu’elle ne me vire de sa chambre ou qu’elle se remette à crier et à se débattre comme l’autre jour.

-Hey… Ma belle… Je suis là, Bailey.

Je la regardai, la surplombant.

-Je vais m’approcher, n’aie pas peur.

Je me penchai sur elle et vins l’embrasser tendrement sur la joue.

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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Lun 13 Nov - 20:14



ONE MORE STEP INTO HELL  
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Ça me semble être des heures le temps que le psychiatre discute avec Hank, de l’autre côté de la porte. En même temps, les secondes sont devenues interminable au point où je me dis que la trotteuse doit reculer de 10 secondes pour en faire une seule.  Je vous invite à passer 24heures à fixer une fenêtre sans panorama et vous me direz si les secondes files comme grain de sable entre les doigts.

Tout ce que je sais faire de mes journées c’est de chantonner le même petit bout de lullaby encore et encore. Non pas parce que je la connais spécialement – sinon je ne chanterais pas toujours le même passage – mais parce que j’ai l’impression de voir des araignées partout dans la pièce.

Je soulève légèrement la tête de mon oreiller puis je la renfonce. Je peux faire ça aussi longtemps qu’il y a de seconde dans  une heure.

Enfin, la porte que je fixe depuis que le doctor est sortit s’ouvre de nouveau et c’est Hank qui entre. Dans ma tête, c’est l’euphorie. Je l’enlace, je l’embrasse je fais tout ce que j,ai envie de faire pour lui montrer que je vais bien et que je peux sortir d’ici.

Mais en vrai, mon corps  n’a aucune réaction et je sais mon regard s’embrumer et se perdre dans le vide. Ils m’injectent tellement de chose et à très forte dose que même moi, dans mon état actuel, je me rends compte qu’ils me maintiennent dans un état s’apparentant à celui d’un légume de jardin.

J’entends sa voix, douce et réconfortante et je fais un effort surhumain pour parvenir à le fixer au travers du brouillard. Je cesse de chanter pour forcer un sourire alors qu’il me dit qu’il va s’approcher et que je n’ai pas à avoir peur.

- Tu es venu me chercher…

Ma tête, cette fois, se berce de gauche à droite sur l’oreiller comme si je célébrais ce que je viens de supposer.  Je m’accroche à cette possibilité tant j’ai besoin qu’elle soit vraie. Il faut que Hank me ramène, il en va de ma vie. J’ai l’intime conviction que les infirmiers ici, et même le psychiatre, ont comme mission de m’assassiner.

Bon, j’exagère mais à peine. Ils me gardent dans le cirage parce que je leur donne moins de quoi les faire travailler. Ils vont finir par me rendre complètement zombie et y’aura plus rien a tirer de moi ! Je serai et rien de plus. Vivante en apparence, morte à l’intérieur.

Je me reprends  deux ou trois fois avant de murmurer à Hank, comme si quelqu’un d’autre pourrait m’entendre :

- J’vais être gentille maintenant, j’te le promets !

Et je joins un regard que je veux des plus sincères, autant que mon regard vide me le permet. Y’a même une larme qui coule le long de ma joue mais ça, ce n’est pas nouveau.  Je ne contrôle plus, ni même que je me rends réellement compte des larmes que je verse. Je tourne mes bras sur le matelas pour que les paumes de mes mains soient vers le haut et je dirige mes mains vers Hank. Du moins, la droite qui est de côté du lit où il se trouve mais la gauche demeure au niveau du matelas puisque je ne peux la levée plus haut.

- Il faut qu’ils me détache avant… ça fait mal, ca serre trop fort !

Si je pouvais porter mes bras à ma vue, je suis certaine que j’y verrais de grosses marque rouge.


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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Mar 14 Nov - 17:59



One More Step Into Hell
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Ce désagréable frisson me parcourut à nouveau quand j’entrai dans la chambre où Bailey, allongée et attachée sur son lit, continuait de chanter. Mais aussi trouillard que je puisse être, je vins quand même caresser son visage en lui parlant doucement… Puis, je n’avais pas pu résister à me pencher sur elle, à lui embrasser tendrement la joue, caressant l’autre de ma main.

Elle était complètement dans le gaz. Alors que la dernière fois que je l’avais vue, elle ruait dans les brancards comme une furie… Mais après tout… ils m’avaient bien filé une pleine boîte d’anxiolytiques à moi alors fallait pas demander ce qu’ils devaient envoyer à Bailey.

Ma gorge se serra alors, que, toujours penché sur elle, joue contre joue, elle affirma dans un murmure, comme une certitude, que j’étais venu la chercher…

J’osai rien dire dans un premier temps… J’avais juste envie de chialer… J’avais vraiment envie de la ramener… Sauf que je l’aurais même voulu, j’aurais pas pu la ramener chez moi, pas plus que j’aurais pu la laisser seule. D’autant que le fameux Elijah devait plus vouloir de Bailey après ce qu’elle avait fait à son appart’.

Je finis quand même par me redresser, les yeux plongés dans ceux, comme à moitié endormis, de Bailey. Et je m’étais laissé tomber sur la chaise que le psy avait occupée un peu plus tôt. Bailey commença alors à balancer sa tête d’un côté à l’autre et ma main vint entrelacer nos doigts. Je ne pouvais pas faire grand-chose d’autre…

Elle me promit qu’elle allait être gentille… Fallait que j’arrive à dire quelque chose… Mais j’avais peur que le moindre mot de travers ne la fasse faire une nouvelle crise. Je n’avais pas envie de lui faire de mal, mais je ne voulais pas non plus qu’elle ait de faux-espoirs.

Je rapprochai ma chaise et passai encore et encore ma main qui n’était pas entrelacée avec celle de Bailey dans ses cheveux, mon menton appuyé contre le lit.

J’étais moi-même dans ma propre brume alors ça risquait d’être constructif, cette histoire…

Je voyais bien qu’elle se voulait sincère et ça faisait encore plus mal.

-Pas aujourd’hui, Bailey… Je viens juste te dire bonjour aujourd’hui, ok ?

Je déglutis difficilement avant de continuer…

-Bailey… Tu es gentille… Le problème n’est pas là…

Je pinçai mes lèvres…

-Tu es juste un peu malade, chérie… Quand tu seras guérie, je viendrai te chercher…

Je lui souris…

-Je t’emmènerai voir un match de foot… Mais au stade, cette fois.

Une larme coulait le long de la joue de la jeune femme et mon cœur me donnait l’impression d’être prêt à craquer.

Elle chercha à bouger ses mains alors je lâchai celle que je tenais pour la laisser faire. Elle se plaignit alors que ses liens étaient trop serrés… Je me redressais sur ma chaise et regardai vers la porte de la chambre qui était fermée… mais pas tout à fait…

Je passai un doigt autour des liens de Bailey, au niveau de ses poignets. Ils étaient un peu serrés, certes, mais c’était rembourré avec du tissus, ça n’allait pas la blesser… N’empêche…

Mon regard se posa dans celui de Bailey et je lui murmurai.

-Je ne vais pas te détacher… Mais si tu me promets de rester sage, je peux essayer de les desserrer un peu… Qu’est-ce que tu en dis ?

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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Mer 15 Nov - 5:07



ONE MORE STEP INTO HELL  
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Au travers des brumes, j’ai intercepté le visage de Hank auquel je m’accroche comme mon unique phare dans cette tempête aussi violente qu’infinie.   Je suis même persuadée qu’il est venu pour me ramener. Sinon pourquoi  il serait revenu dans cet endroit  effrayant ?

Et je suis prête à tout pour qu’il en soit ainsi. Je lui promets même que je serai gentille. Je veux être gentille ! Je sais que je le serai, à l’avenir.  J’ai la peur de ma vie, une vrai trouille qui ne me quitte plus et qui ne fait que d’amplifier depuis que je suis attachée sur ce putain de lit !

Hank, je le sens tout près de moi. Je ne le vois plus tout à fait alors que ses doigts viennent entrelacés les miens ce qui me rassure, puisque j’eu peur qu’il ne soit partit sans moi !

- Oh…pas aujourd’hui…, murmurais-je péniblement  alors que j’assimile difficilement ce qu’il est entrain de m’expliquer.

Ma gorge est horriblement sèche.  On me passe de temps en temps un glaçon sur les lèvres pour les humecter mais c’est tout ce à quoi j’ai droit entre les repas. Même en y passant la langue, mes lèvres demeurent sèchent et douloureusement craquelées.

- …parce que je suis malade…

Je suis malade… Je suis malade…Je suis malade…  Ça finira par entrer dans ma tête. Le psychiatre me le répète sans cesse. Les infirmiers aussi.  

C’est con comme ma bouche est sèche mais que j’arrive a toujours verser des larmes.  Dommage, je n’arrive pas à les faire rouler jusqu’à ma bouche.

- On ira en bagnole… on foutra le camp très loin d’ici…

Sauf que je suis attachée à ce lit de merde et je lui montre en tournant mes poignets et je l’implore, du moins pour moi c’est ce que je fais, de me détacher.  Les liens me font mal, j’ai l’impression qu’ils se resserrent même de temps en temps, quand j’ai des périodes plus éveillées.

Ils veulent me garder et ils sont prêts à tout pour cela.

Hank me murmure que si je demeure bien sage, il tentera de desserrer mes ganses. Je laisse reposer mes bras contre le matelas. J’ai un coup de barre énorme comme si on venait de me tirer vers le fond.

Ce doit être les pilules que le psychiatre m’a fait avaler.

Hank redevient tout flou au point où je ne sais plus s’il est encore là ou s’il s’agit du fruit de mon imagination. Je ne peux plus être certaine de rien.  Je tourne alors la tête vers la fenêtre, mon unique point de repère et je reprends ma chanson.

Encore…et encore…



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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   Mer 15 Nov - 15:43



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Ça me rendait malade de voir Bailey dans cet état. La boule de stress que j’avais sur l’estomac s’était changée en nausée. Pas que la jeune femme me dégoûtait, loin de là. Pas plus que ce n’était elle qui me faisait peur mais plutôt ces illusions qu’elle pouvait voir et entendre et les conséquences que cela pouvait avoir, ce qu’elle pouvait s’infliger.

Si j’avais eu le pouvoir de réellement l’aider, d’effacer toutes ces hallucinations, je l’aurais fait.

Mais je n’avais pas ce pouvoir-là…

Puis il y avait Kate… Je l’aurais bien amenée ici aussi et j’aurais fait d’une pierre deux coups… Mais pour arriver à faire enfermer mon épouse ici, ça allait être une autre paire de manches !

Pas que je voulais sauver tout le monde, je laissais cette prétention à Alexie… Seulement les femmes que j’aimais et c’était déjà largement de trop pour un seul homme.

Alors je faisais ce que je pouvais avec ce que j’avais. Et à part de la tendresse, j’avais vraiment pas grand-chose.

J’essayai donc d’expliquer à Bailey que je n’étais pas là pour venir la chercher… Pas aujourd’hui tout du moins. Elle répéta ce que je venais de dire, mais je n’étais pas pour autant sûr qu’elle comprenait réellement ce que je disais.

Mais je lui promis que quand elle irait mieux, je viendrais la chercher, qu’on irait voir un match de football au stade… Je voulais penser à n’importe quoi pourvu que cette histoire ait une issue heureuse.

Je lui souris, un pauvre sourire… et me penchai à nouveau sur elle quand elle affirma qu’on irait en bagnole, qu’on foutrait le camp… Et ouais. Le jour où elle pourrait sortir, putain ouais, on irait faire un long tour en bagnole dans les collines désertes de Malibu… J’embrassai à nouveau sa joue, la gorge tellement serrée que je ne pus pas enchaîner là-dessus.

Elle se plaignit de ses liens et j’avais regardé autour de nous si la voie était libre. Je n’allais pas la détacher, mais je pouvais au moins les lui desserrer un peu pour qu’elle se sente moins opprimée… De toute façon, elle me donnait l’impression de sombrer lentement.

Je me levai alors… Le regard de Bailey était de moins en moins fixe et elle gardait de moins en moins longtemps les yeux ouverts. Je pris l’un de ses poignets et élargis ses liens de deux trous… J’étais en train de m’occuper du deuxième poignet quand quelqu’un entra et me fit sursauter… Pris sur le fait…

J’avais pincé les lèvres en regardant la gentille dame qui s’était occupée de moi le premier jour.

-Je…

Je soupirai…

-Désolé… C’est vraiment trop serré et je supporte pas ça. Faites ce que vous voulez quand je serai parti… mais là, je peux pas…

Elle me regarda, me sourit et loin de me réprimander, hocha simplement la tête. Elle s’approcha avec un plateau en plastique dans lequel il y avait un gobelet en plastique aussi… Et dans le gobelet, un glaçon…

-Je suis venue voir si vous vouliez lui donner à boire.

Surpris par sa réaction plus que tolérante, je revins m’asseoir sur ma chaise et elle demanda à ce que je prenne le plateau pour le poser sur mes genoux.

-Je vous montre, il n’y a rien de compliqué.

Elle prit le glaçon et le passa doucement sur les lèvres de Bailey. Oh ouais… Ça je saurais faire ouais… Elle me passa le relais et sortit aussi silencieusement qu’elle était entrée.

Je passai donc le glaçon sur les lèvres de Bailey qui, à un moment donné, s’endormit complètement… Moi-même, je somnolais mais sans jamais arrêter de soulager ses lèvres craquelées qui finirent par reprendre un semblant de douceur…

Je restai à son chevet jusqu’à ce qu’on vienne me dire qu’il serait peut-être temps que j’y aille… Alors, je m’étais levé, avais hésité, puis avait embrassé doucement les lèvres de Bailey avant de m’en aller pour aller retrouver une autre femme qui aurait mérité, bien plus que Bailey, d’être ligotée à un putain de lit…

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MessageSujet: Re: One More Step Into Hell (July 1982) [PV Bailey][TERMINE]   

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