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 To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]

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Jimmy Reed


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MessageSujet: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Mar 12 Juin - 18:14



To Make Diamonds Shine.
ft. Maritza Cortez


Ça, je m’en doutais.

Il fallait dire que je n’avais pas vraiment cherché à l’éviter non plus. Pourtant, étant donné que les Los Diablos assuraient actuellement la protection d’Anthony Ricci à Beverly Hills, j’aurais pu étendre cette protection pour que les latinos chassent les paparazzi à proximité de la maison de BSC.

Je ne l’avais pas fait, pour deux raisons :

La première : parce que pour l’instant, rien n’était officiel, encore, et que je n’avais aucune envie que les Los Diablos apprennent pour Maritza avant le tout L.A. Dans ma position, je n’étais jamais à l’abri d’une trahison alors autant réduire les risques qu’encourait actuellement mon amante, même s’il n’y avait pas de risque zéro.

La deuxième : parce que je voulais que ça arrive. Je voulais que nous nous retrouvions, un jour ou l’autre, dans L.A.People. La seule inconnue restait « quand ? » et sur ce coup-là, Amon Sørensen avait été sacrément rapide, honorant sa réputation.

Aux yeux du public, tout ça pourrait passer pour le début d’une belle histoire : la belle inconnue qui a réussi à séduire l’homme le plus impitoyable de Los Angeles. C’était à ça que je voulais arriver : j’étais détesté, craint, et je fascinais le public… Je voulais, à contrario, que Maritza en devienne la coqueluche.

Et une fois que ce serait fait, elle bénéficierait de la plus belle et de la plus efficace protection au monde : la notoriété et l’amour du peuple. Une protection que je n’aurais pas pu lui apporter en 64 alors que j’étais moi-même en pleine élaboration de ma propre image.

Personne ne voudrait la toucher, lui faire du mal, parce que les gens l’aimeraient trop. Et les gens adoraient les Cendrillons. Il suffisait de voir le retournement de situation que le mariage d’Hank et Bailey North avait provoqué. Pas tant par l’irruption de Kate Julian, même si ça avait été un élément important, que par le fait qu’envers et contre tous, North n’avait pas changé de décision : il avait marié la petite prostituée de l’Eastside.

J’allais me calquer sur l’histoire du couple North pour faire émerger Maritza. Et l’article de Sørensen, qui en plus appelait presque à la délation, me donnerait une belle idée de la température si toutefois, le public y répondait.

Tout ça, je ne l’avais bien sûr pas expliqué à Maritza. J’avais laissé traîner le numéro de L.A.People sur un meuble, dans le salon, mais n’avait fait aucun commentaire, ne lui avait pas demandé de le lire ni quoi que ce soit. Je l’avais juste laissé là. Et j’attendais de voir si elle allait m’en parler et, plus important encore, comment elle allait m’en parler et sa réaction par rapport à ça.

Mais en parallèle, le Sanitarium Tour avait également commencé et le premier concert de Livia et Roadtramp allait se donner dans la Death Valley. Sur ce point, par contre, je n’avais pas fait languir mon amante, je ne lui avais pas fait l’affront non plus d’avoir à me demander quoi que ce soit.

A trois jours du concert, j’avais simplement annoncé à Maritza sur l’oreiller que nous allions aller assister à ce premier show. Ma place y était légitime. Et si nous y étions aperçus ensemble, ça ferait une nouvelle occasion de faire parler les gens et de les faire mousser. Le public adore ça.

Nous étions partis tôt le matin, à bord de ma Cadillac DeVille noire pour parcourir tranquillement les 460 kilomètres qui nous séparaient du lieu où se déroulerait la première montée officielle sur scène de notre fille. Et comme nous n’étions que tous les deux, mangeant les kilomètres de bitume au milieu d’un paysage désertique, je pouvais me permettre d’être non pas Jimmy Reed. Juste Jimmy. D’autant qu’en plus, nous étions carrément hors de Los Angeles.

J’avais fait en sorte que nous partions de façon à arriver sur place pratiquement au début du concert et j’avais réservé une chambre dans l’hôtel même où logerait également Livia et son manager Jack Perry. Réservant pour nous la plus belle suite de l’hôtel, forcément.

Il nous restait plus ou moins une demi-heure de route lorsque je souris à Maritza alors que je conduisais, une main caressant sa cuisse depuis un moment déjà… Nous étions légèrement en avance et un panneau indiquant une pompe à essence et un diner à un mile passa à côté de nous.

-On va s’arrêter un peu. J’ai envie de boire quelque chose.

@ Billy Lighter



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Maritza Cortez


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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Mer 13 Juin - 20:58



To Make Diamonds Shine
ft. Jimmy Reed





Le paysage défilant entre Los Angeles et Death Valley, là où nous sommes en routes offre un panorama des plus désertiques. Il n’y a pour ainsi dire, pas âme qui vive. Je ne crois pas que, dès les limites de Los Angeles passées nous ayons rencontrés une seule voiture  en sens inverse et c’est exactement ce dont j’avais besoin  pour souffler un peu.

Depuis ma rencontre avec Rachel Reed, et la façon plutôt froide avec laquelle Jimmy m’a exposé le bon fonctionnement de « son monde » qui, par alliance devient également le mien,  j’ai la sensation d’un poids qui m’écrase à chacune de mes respirations. J’apprends à me forger selon les attentes de mon amant mais rien n’est facile.

Chacune de mes réponses se composent puis se décomposent dans ma tête. Je ne sais jamais si je passe un test où si nous sommes à l’abri, dans la maison de Beverly Hills et que je peux être tout simplement moi.

Comme ce jour où est apparu sur le meuble du salon, le dernier L.A.People dévoilant au grand jour l’idylle de Jimmy Reed avec une jeune -  ça, j’avoue c’était plutôt flatteur – inconnue.  Je l’ai feuilleté, lu, et retenu l’auteur de l’article avant de le reposé à sa place.  

Il ne leur avait pas prit beaucoup de temps pour lancer la machine et maintenant, plus rien n’allait l’arrêter.  Tant mieux ! Je suis prête à y faire face.

Quand Jimmy m’a annoncé que nous irions à Death Valley pour le lancement de Sanitarium Tour pour laquelle notre fille assure la première partie, j’ai compris, sans même qu’il m’explique, que si sa décision prend l’allure d’une escapade en amoureux, c’est aussi une occasion pour tester mes aptitudes à me comporter en tant que la femme que je me dois d’être en évitant de trop grands dommages collatéraux en cas de cafouillage de ma part, plus que d’une véritable surprise.

Je l’ai remercié comme il se doit, de la plus divine des façons.

À bord de sa Cadillac, fenêtres baissées,  nous roulons depuis un moment, cheveux au vent, sa main sur ma cuisse et, par moment, je viens appuyer ma tête contre son épaule, profitant de ce moment qui n’appartient qu’à nous. La radio défile chanson après chanson et par moment,  je me laisse aller à chanter par-dessus, même si je ne connais pas bien les paroles.

Il est bon de renouer avec l’insouciance et l’innocence.

Au bout de longues heures de routes, Jimmy propose d’arrêter pour boire un peu et je ne suis pas contre le fais de lever et de me dégourdir les jambes.  Il stop la voiture devant un de ces petits gaz-bar avec un restaurant annexé.  Il ne manque pratiquement que le vieux édenté qui se berce devant la porte avec son chien couché à ses pieds pour avoir le parfait cliché.

Nous choisissons une table un peu en retrait. Pas besoin d’attendre qu’on vienne nous porter la carte puisqu’elle trône déjà sur la table à même les napperons de papier.  Mes bras croisés sur la table, je penche la tête vers l’avant me passant lentement la langue sur mes lèvres lorsque je lis qu’au menu, le chef propose de la tarte au citron avec meringue. C’est ma préférée et, relevant mes yeux brillants sur Jimmy, une mèche de mes cheveux  tombant devant mon front, je lui souris.

- Avec un iced tea glacé, ce ne serait pas vilain du tout !

Je décroise mes bras et les allonges sur la table pour venir prendre ses mains dans les miennes.
J’ai du mal à croire que dans quelques heures, je verrai ma fille monter sur scène. Il me tarde de pouvoir la voir réaliser son rêve.


@ Billy Lighter


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Jimmy Reed


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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Ven 15 Juin - 16:43



To Make Diamonds Shine.
ft. Maritza Cortez


Alors que nous filions sur la route, lorsque Maritza appuyait par moment sa tête sur mon épaule en chantant avec les artistes qui passaient à la radio, improvisant parfois des paroles, changeant légèrement le sens des chansons tout en restant extrêmement mélodique comme elle l’avait toujours été, j’avais tendance à lâcher prise et à me laisser aller à penser que nous étions dans une dimension parallèle dans laquelle jamais Maritza n’avait été contrainte de me quitter. Une dimension où j’avais eu les couilles d’abandonner les Los Diablos aux bons soins d’Alonso, pour me contenter de mon héritage, BSC afin de fonder une famille avec Maritza… En proie à tous les dangers de la jet-set, bien sûr, mais avec au moins la menace des cartels en moins.

Une dimension où nous serions en route pour le concert d’Olivia Reed.

Je rêvais aussi à une version de l’histoire où, ce jour où j’avais crié sur Maritza pour qu’elle fasse son sac, elle ait été en mesure de m’annoncer alors en hurlant aussi fort que moi : « Je suis enceinte, Jimmy ! ».

Qu’est-ce que j’aurais fait alors, du haut de mes 20 ans ? Avec le recul que j’avais maintenant, je m’imaginais dans le bon rôle, changeant d’avis, plaquant tout et épousant Maritza sans me soucier de ce que le monde en aurait pensé.

Mais je doutais fort que si les choses s’étaient passées ainsi, mon arrogance enhardie par ma jeunesse, et qui était encore pire à l’époque que maintenant, m’ait permis d’écrire une aussi belle histoire.

De toute façon, le mauvais timing ne nous avait pas permis de le savoir. Maritza ne savait pas alors qu’elle était enceinte elle n’aurait pas su me le dire.

Par moment, je secouais vaguement la tête… En générale, ça correspondait aux moments où Maritza cessait de chanter pour simplement rêver à son tour, ses beaux yeux fermés, sa tête sur mon épaule. Et moi, je me rappelais que tout ça… Tout, ce n’était que du rêve… Et que la réalité dans laquelle nous étions était toute différente… Plus mauvaise que ce à quoi je venais de rêver ? Non. Juste différente, c’était à nous de faire avec ce qu’on avait, maintenant, et d’essayer de la rendre meilleure pour nous, tout en prenant en compte toutes les données dont le fait que nous n’étions plus seuls au monde comme je nous avais permis de l’être  en 64.

J’avais proposé, finalement, qu’on s’arrête pour nous désaltérer. Il me fallait de toute façon faire le plein. J’avais parqué la Cadillac et nous avions pris place dans le Diner. C’était à se demander comment les gérants survivaient parce qu’à part nous, il n’y avait qu’un ou deux camionneurs… Mais nous devions d’être en heure creuse et probablement qu’à d’autres moment, les poids lourds envahissaient le parking.

Je regardai Maritza, ses bras croisés, se pencher vers la carte pour la lire, détaillant les traits de son visage, cherchant ce qui y avait changé. Et je ne trouvais rien. Le plus grand changement se trouvait dans son regard où je pouvais voir la cicatrice que j’avais laissée et qui ne disparaîtrait jamais. Une cicatrice que je n’avais fait que gratter comme si j’essayais de la rouvrir ces derniers jours, j’en avais pleinement conscience.

C’était un apprentissage à la dure que je lui faisais subir et plus nous avancions, moins elle bronchait…

Moins elle parlait aussi, même quand nous étions seuls. Je souris quand une mèche rebelle de ses cheveux barra son visage, juste avant qu’elle n’énonce ce qui lui ferait plaisir. Je me penchai à mon tour, imitant sa position et soufflant sur son visage pour dégager la mèche de son front.

-Très bien.

Elle tendit ses mains vers moi et je la laissai les glisser dans les miennes, la caressant de mes pouces, mes yeux rivés sur les siens. La grosse matrone qui gérait l’endroit arriva avec son tablier et son calepin et demanda avec un accent prononcer ce que nous voulions.

J’énonçai notre commande sans lâcher ni les mains de Maritza, ni son regard.

-Deux iced-tea et une tarte au citron. Merci.

La matrone s’éclipsa pour aller faire passer le message dans la cuisine annexe. Je m’adressai à Maritza.

-Ici, c’est un oasis à tout point de vue, Maritza. Tu peux boire, manger… Et je peux oublier qui je suis pendant que tu peux être qui tu es. Comme nous le pouvions dans l’Eastside, comme nous le pouvons, désormais, seuls, à Beverly Hills.

Je lui parlais calmement, posément, en souriant doucement.

-Parce pour tous ceux qui se trouvent ici, nous ne sommes qu’un couple perdu sur une route en plein milieu du désert. Je ne suis plus rien ici. L’aura d’illusion pailletée qui m’entoure à Los Angeles est morte ici.

J’appuyai mon regard.

-Mais toi, tu brilles partout, Ritza. As-tu remarqué les regards des camionneurs se poser sur toi ? As-tu remarqué le salut du gérant qui t’était adressé à toi seul, m’effaçant complètement ? As-tu remarqué aussi la jalousie pointant dans le ton de sa femme lorsqu’elle a pris notre commande ?

Je souris.

-Tu es la lune qui éclipse le soleil, Maritza. Et tout ce que je veux, c’est te nimber de ma lumière. Te protéger. Pour que tu brilles plus fort encore. Pas pour t’éteindre. On ne peut pas éteindre une femme comme toi, pas même moi.

Je lui disais exactement ce que je lui avais dit chez ma mère. Seule la forme changeait. Je portai sa main à mes lèvres, l’embrassant longuement, fermant les yeux.

-Compare ce que je fais au travail d’un diamantaire.

J’eus un sourire plus timide.

-Et… parle-moi, Maritza.

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Maritza Cortez


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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Dim 17 Juin - 19:04



To Make Diamonds Shine
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Le diner où nous nous arrêtons est rustique,  désert et semble tout droit sortir d’un film de série B. Mais ça me plaît. Ça ressemble à ce dont j’ai l’habitude n’ayant jamais mangé dans des endroits guindés où les couverts sont en cristal et les serviettes en tissu. Ça me rappel aussi les glorieuses années du Great Nachos quand j’y étais serveuse. Ça remonte à l’époque où je suis tombé follement amoureuse de Jimmy.

Assise à une table devant lui, je me laisse séduire par la tarte au citron annoncé à même le napperon. Gourmande que je suis, j’ai toujours une dent creuse à rassasier et cette petite pause en pleine cambrouse désertique tombe plutôt bien.

Notre commande expédié en cuisine,  Jimmy caresse mes mains que j’ai glissées dans les siennes exposant  la réalité dans laquelle nous nageons.  Depuis la rencontre avec sa mère, j’ai du mal à dissocier l’être et le paraître. Ce jour là, Jimmy, intentionnellement ou non, a ouvert des cicatrices que je pensais fermées à jamais.  Il a ravivé de vieilles douleurs, ravivé des craintes et semer un doute sur mes capacités à être la femme à ses côtés.

J’avance avec cette sensation désagréable d’un froid à l’intérieur de moi. Il fonctionne comme un signal d’alarme et chaque fois que je veux exprimer une émotion, une opinion,  le froid devient glacial gelant tout à l’intérieur de moi.

Je sais que Jimmy l’a remarqué.

Rien ne lui échappe de toute façon.

Je l’écoute attentivement, prononcer chacun de ses mots qui, inévitablement, font fondre le glacier à l’intérieur de moi.  La table entre nous m’empêche de  me retrouver assise sur ses genoux et de l’embrasser autant que j’en ai envie.  Je ne fais que baisser la tête, sentant mes joues se teinter de rouge.

Ses mots à eux seuls me font l’effet d’une caresse sur ma nuque et qui descendrait le long de mon épine dorsale.  L’hésitation soudaine dans la voix de Jimmy me fait relever les yeux sur son visage orné d’un sourire timide. Ce n’est pas ce à quoi il m’a habitué. Je le redécouvre au travers de ces nombreuses facettes, le plus troublant étant l’impossibilité de prédire sur laquelle je vais tomber.

Et lorsque Jimmy me demande de lui parler, je penche légèrement ma tête sur le côté, imitant ce tique qu’il a parfois quand je le prends de court avec l’une de mes questions ou bien lorsqu’il est décontenancé, ce qui arrive très rarement,  et qu’il semble vouloir grappiller quelques secondes avant de répondre.

- C’est commencé…

Je fais bien sûr référence au magazine. Je ne le lui dit pas comme quelque chose que je lui apprendrais, puisque bien sûr, je sais très bien qu’il a laissé traîner la feuille de choux à mon intention et que bien entendu, il était au fait de ce qu’elle contenait.  Je ne le dis pas non plus comme s’il s’agissait d’une fatalité. En fait, par cette très courte phrase, je ne fais que lui dire que j’ai compris et vu le signal.

Nos iced-tea et la part de tarte nous sont apportés sans que nous prêtions attention, comme précédemment, à la serveuse.

Avec ma fourchette, je défais un bout de la tarte puis je la lève et la porte aux lèvres de Jimmy, en le regardant amoureusement. Mais avant qu’il ne l’ait prit en bouche,  je ramène la fourchette à moi et mange le morceau en rigolant.

Je ne serai pas prétentieuse en lui refaisant une seconde fois le même affront je lui tends plutôt ma fourchette pour qu’il puisse lui-même se servir.

- Irons-nous lui parler?

Je suis emballé par le fait d’assister au premier concert de ma fille, en compagnie de Jimmy qui plus est mais  je m’inquiète  de penser que nous pourrions peut-être la voir après sa prestation et je préfèrerais de loin l’éviter que de devoir répondre seule a ses questions. Mon petit doigt me dit que, sauf si elle vie dans un monde parallèle, elle aura été mise au courant et la connaissant, fougueuse, j’appréhende déjà sa réaction.


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Jimmy Reed


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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Mar 19 Juin - 18:18



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Alors que nous étions seuls au milieu du Désert, je nous autorisais à souffler un peu, tant à l’un qu’à l’autre. Mes doigts entrelacés avec ceux de Maritza, je la regardais, je l’embrassais du regard et lui parlai sans détour. Le fond de mon discours était le même que celui que j’avais eu chez ma mère. Seule la forme changeait, plus poétique, plus abordable et plus acceptable pour la femme que j’aime alors que, pourtant, le message était le même.

Elle devait apprendre et je n’allais pas être tendre. Pour résumer. Et c’était pour son bien.

Mais plus que paraphraser ce que j’avais déjà essayé de lui faire comprendre, je voulais qu’elle me parle.

Elle pencha la tête et cligna de l’œil gauche en une imitation presque parfaite de mon tic. Provocation ? Peut-être. Mais je me retins de la reprendre de volée tout de suite. Je ne voulais pas jouer avec elle… mais il ne fallait pas non plus qu’elle me pousse à le faire.

Et la provocation était une très mauvaise idée.

Au milieu du Désert, je me montrai indulgent, cependant, ne relevant même pas.

Elle ne prononça qu’une simple phrase, même pas complète. Je me doutais qu’elle devait parler de ce qu’elle avait vu dans L.A.People, mais sans certitude. Elle pouvait tout aussi bien parler de la tournée, comme elle pouvait parler de notre nouvelle vie qui cherchait encore désespérément ses marques.

Sa phrase ne voulait rien dire. Coup dans l’eau.

Alors je ne dis rien.

Nos commandes nous sont apportées à table et je ne quittai pas Maritza des yeux… Maritza qui piocha un bout de la tarte avec sa fourchette pour l’approcher de mes lèvres. Je n’eus aucune réaction, mes yeux plantés toujours dans les siens. Je n’aimais pas la tarte au citron, c’était pour ça que je n’en avais commandé que pour elle, me contentant d’un iced tea. Mais c’était aussi un détail qui lui avait échappé.

Elle enfourna finalement la bouchée dans sa propre bouche.

Elle vivait mais n’analysait pas. Moi, c’était tout le contraire.

Elle me tendit sa fourchette, mais je ne la pris pas, alors qu’elle me posait une question aussi vague que sa première affirmation. J’eus un sourire en coin et choisis ce moment pour répliquer de ma voix profonde et calme.

-Qu’est-ce qui a commencé, Maritza ? La tournée ? Ta nouvelle vie ? Notre nouvelle vie ? La finale du Super Bowl ? Je pourrais te répondre n’importe quoi. Choisir de te parler de tout en évitant soigneusement le sujet que tu voudrais aborder en lançant cette phrase.

Je voulais lui montrer combien son discours n’avait eu aucun sens ou plutôt, tellement de sens possible que ça aurait été extrêmement facile de le détourner. Mon ton, cependant, n’était plus destiné à faire mal, juste à souligner les évidentes approximations de Maritza. Je continuai en commençant par répéter la question qu’elle venait de me poser.

-« Irons-nous lui parler ? »

Je savais, pertinemment, qu’elle parlait de Livia, ce coup-ci. Restait qu’elle n’était pas claire et qu’encore une fois, si je voulais, je pouvais jouer avec elle.

-Je pourrais te répondre tout simplement « oui », en parlant de Daniele Ricci ou de Jack Perry, par exemple, ou de bien d’autres personnes encore que nous serons amené à croiser ce soir. Mais ce n’est pas d’eux que tu parles, pas vrai ?

Je me penchai légèrement en avant, ne haussant pas le ton, mais l’affermissant.

-Si tu veux les bonnes réponses. Il faut poser les bonnes questions.

C’était une évolution en soi du mantra : « Ne me pose pas de question, et je ne te mentirai pas. »

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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Jeu 21 Juin - 19:29



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J’aurais dû me douter que tout ne pouvait pas être aussi idyllique que ce que vient me décrire Jimmy en me parlant d’oasis de tranquillité. Il a tissé sa toile autour de moi et j’y suis prisonnière, incapable de me déprendre. Dès l’instant où il m’a demandé, après de belles phrases visant simplement à m’amadouer et me faire oublier mon « dressage », de lui parler, il referme sur moi son piège et ravive la douleur qui sévit en moi.

Je dépose ma fourchette dans mon assiette, l’appétit m’ayant aussitôt quitté. Je ne pourrai plus rien avaler, sauf l’amertume et la déception de voir la magie de notre amour, de plus en plus fragile, s’effrité comme son sourire sur son visage qui est redevenu celui du manipulateur chronique qu’il ne peut s’empêcher d’être.

Même dans un oasis de paix.

Là ou je suis supposé avoir le droit d’être moi-même, de lâcher prise et de renouer, le temps d’une escapade, à mon petit côté insouciant puisque lui-même m’a dit pouvoir oublier qui il est. N’être rien de plus qu’un couple d’amoureux qui se tape la route pour assister à un concert.

Ce n’est peut-être pas une coïncidence si nous sommes en plein désert, là ou tout n’est que mirage.  La Vallée de la Mort porte vraiment bien son nom. Quelque chose de moi vient de mourir ici.

- Répond moi ce que tu veux.

Qu’importe, puisque de toute façon, il vient de me faire comprendre que le sujet ne sera pas abordé. Ou plutôt qu’il n’en a pas l’intention. Si tel avait été le cas, il aurait persisté pour que je me sente réellement libre comme il venait de me le faire miroiter pour rapidement tuer mon espoir dans l’œuf.

Mais pire, il continu l’humiliation en  ironisant sur l’identité de la personne avec qui j’espère que nous aurons la chance d’ouvrir la discussion. C’est mon assiette maintenant que je repousse pour ensuite croiser les bras sur ma poitrine, me redressant contre le dossier de la banquette de cuire rouge, fixant mon napperon un moment, comme si je reprenais mes esprit après avoir reçue un  coup au ventre.

Je croyais avoir vu le pire de Jimmy, lors de notre rupture, il y a plusieurs années de cela, 16, ai-je besoin de le mentionner encore,  mais il s’avère que le « mauvais » en lui est encore plus profond, plus abjecte et plus destructeur encore que ce à quoi j’ai déjà eu droit.  Et mon petit doigt me dit que, j’ai de la chance puisqu’il prétend m’aimer car cela pourrait être encore bien plus horrible.

- Effectivement, je parlais d’Olivia, notre fille. Ou la mienne. Qu’en sais-je ?

Je ne le regarde toujours pas. Je m’efforce de respirer et de rester calme. Je me répète que je ne patauge pas en plein cauchemar mais c’est aussi facile  d’y croire que si on m’avait placé le canon d’un fusil sur la tempe et qu’on aurait commencé un décompte.

- Je tâcherai de m’en souvenir. Même lorsque tu me dis que je peux être moi-même et que toi, tu te permets d’oublier qui tu es. Je te demande pardon pour ma singulière étourderie.


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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Ven 22 Juin - 13:08



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Maritza ne comprenait pas. Maritza ne comprenait rien. J’avais l’impression qu’elle ne m’écoutait qu’à moitié, prenant tout pour une agression même quand je lui tendais la main. Je ne le faisais peut-être pas de la bonne façon et pourtant, mes mots à moi étaient clairs. Je venais bien de lui expliquer que ce que je voulais, c’était qu’elle ne me laisse, à moi, aucune échappatoire dans son discours. Qu’elle ne me laisse aucune opportunité d’interpréter ses mots et de partir sur autre chose que le sujet qu’elle voulait aborder.

Noir sur blanc, je le lui avais dit il n’y avait pas plus de deux minutes : « Je pourrais te répondre n’importe quoi. Choisir de te parler de tout en évitant soigneusement le sujet que tu voudrais aborder en lançant cette phrase. »

Et plutôt que de reformuler pour aller me mettre sous le nez le sujet qu’elle annonçait comme « commencé », elle me répliqua de répondre ce que je voulais. Exactement le contraire de ce que je cherchais à lui faire faire.

Il fallait, verbalement, qu’elle arrive à faire que ses mots et ses idées soient aussi claires et sans détours que si elle me prenait le visage entre ses mains et me forçait à la regarder dans les yeux. Je voulais qu’elle apprenne à ne pas me laisser l’occasion de jouer.

Mes yeux bleus se fixèrent dans les siens, froids à nouveau, quand elle me dit de lui répondre ce que je voulais en se refermant sur elle-même. Et là, j’eus la conviction qu’on allait jamais y arriver. Jamais on ne se retrouverait, c’était trop tard.

Je réprimai l’envie de me lever et de l’abandonner là, en plein désert. J’aurais eu devant moi n’importe qui d’autre, ce serait ce que j’aurais fait. Mais je ne pouvais pas le faire à Maritza. Pourtant… pourtant, il y avait vraiment une partie de moi qui en avait envie…

J’inspirai un grand coup, pour essayer de ne pas l’étrangler. Ma mère aurait dit que cette envie était une preuve d’amour… Et elle n’avait pas tort. Si je n’étais pas fou amoureux de Maritza, je l’aurais déjà abandonnée depuis longtemps et en me moquant d’elle, sans plus.

-D’accord. Je vais te répondre ce que je veux : je veux que tu reformules ta phrase, Maritza. Reformule. Qu’est-ce qui a commencé ? Ne me laisse pas jouer avec toi. Piège-moi. Tiens-moi et ne me laisse pas m’échapper.

Là, mon ton commençait à s’emballer.

-Je veux répondre à tes questions. Mais tu ne poses pas les bonnes questions. Ce n’était même pas une question alors que veux-tu que je dise ?! Qu’est-ce qui a commencé ?

Maritza ne me regardait pas, ne voulait plus manger. Renfermée comme une huitre, qu’elle était. Et je ne savais pas si j’avais vraiment envie de me fatiguer à essayer de la rouvrir. Tout ce qu’elle se contenta de me dire, c’était que c’était bien d’Olivia qu’elle parlait.

-Tu me demandes si on ira parler à Olivia ? A cette question, je répondrai : as-tu envie de parler à Olivia ? Dans le cas où la réponse est positive et sans équivoque, alors je te répondrai : « Oui. Nous irons parler à Olivia. ».

Mon ton se fit à nouveau très bas… mais c’était un grondement bas.

-Regarde-moi. Maritza. Ne te roule pas en boule comme une créature apeurée. Ne m’apprend pas à te haïr.

Il fallait qu’elle arrête de me provoquer… Ou qu’elle abandonne cette façon de le faire. Il fallait qu’elle arrête de me mettre en insécurité constante.

Sinon, j’allais la larguer dans le désert.  

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Maritza Cortez


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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Mar 26 Juin - 0:42



To Make Diamonds Shine
ft. Jimmy Reed





La façon dont tout s’écroule entre Jimmy et moi me fait extrêmement mal et je mène un combat ardu pour ne pas céder devant lui-même si mes yeux se bordent de larmes. Je les retiens aussi fort que possible, me refusant le plaisir d’en voir ne serait-ce qu’une seule couler.  Il n’en mérite plus aucune et je tâcherai de m’efforcer de fermer mon cœur aux différentes émotions, tout comme je dois apprendre à ne plus lui faire confiance.

Jamais.

Je l’écoute verbaliser l’inverse de ce qu’il venait de me dire, reprendre le contrôle à la dure, écrasant tout ce qui avait pu tenter de fleurir en moi. Rien de ce que je pourrai lui dire ne saura être à la hauteur de ses attentes.

Je l’ai bien compris.

- Quand je t’ai dit que c’était commencé, je parlais de l’intérêt que pouvait susciter notre couple, en référence à l’article dans le magazine que tu as laissé traîné. Mais, pour ta gouverne, sache que ce n’était pas une question mais bien une constatation et que de fait, tu étais libre de passer par-dessus sans y réagir. Ceci étant dit, merci pour la remarque, je tâcherai d’émettre des commentaires, des questions ou des constatations  d’une précision déconcertante.

Il passe, tel un chasseur aguerri flairant la bonne chair d’une proie, sur la suite ayant provoqué l’hécatombe : Ma question à savoir si nous irions parler à notre fille. Il la démonte, la prend par petit bout, pour en faire l’analyse, supposant que je veuille ou non lui parler.

Évidemment que j’ai envie de voir ma fille. La serrer dans mes bras et lui montrer a quel point je puisse être fière du chemin qu’elle parcourt à force de sa détermination légendaire. Je veux qu’elle voie que malgré la façon dont se sont passées les choses,  je la soutiens et que je tenais à être témoins de ses premiers pas sur scène.

- Oui, Jimmy ! Oui je veux aller lui parler. Je juge important qu’elle sente que ses deux parents sont là pour elle et je crois aussi qu’il est temps qu’elle sache ce qui se trame puisqu’elle risque de tomber elle-même, si ce n’est déjà fait, sur ce putain de magazine !

Je n’ai pas levé le ton. Je ne l’ai que légèrement durci, un peu comme lui mais jamais à son niveau. Je n’oserais plus, de toute façon, le défier de peur de finir découpée en morceau et semée tout le long de la route par l’un de ses sbires. Il m’apparaît évident que je ne connais nullement Jimmy au point que je puisse l’imaginer capable de me tuer sur place.

Un simple regard suffit de toute façon pour me figer sur ma chaise.

Je relève les yeux, le regardant. Les mêmes yeux que ceux d’Olivia. Combien de fois m’a-t-elle regardé de cette façon pensant me faire peur. Et je revoyais son père chaque fois. Sans le vouloir et sans le moindre effort, le visage de ma fille se juxtapose à celui de Jimmy et… j’éclate de rire. Un rire nerveux qui se change en un rire franc et incontrôlable.

- J’ai passé les 16 dernières années à te voir à travers elle et aujourd’hui, c’est elle qui me dévisage !

Je souffle plusieurs fois entre mes lèvres, reprenant tant bien que mal  mon sérieux mais j’y arrive difficilement.  Je camoufle mon rire en prenant quelques gorgées et, quand j’arrive a articuler, je souris tendrement à Jimmy tentant une approche un peu plus… diplomate ? Je me dois  juste de clarifier mon point de vue afin de tenter, une nouvelle fois, un nouveau départ.

- Jimmy… il me faut du temps. J’y arriverai mais quand tu agis de cette façon c’est effrayant et nous n’arriverons à rien.  Je t’aime et je veux pouvoir avoir également confiance en toi.


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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Mar 26 Juin - 10:02



To Make Diamonds Shine.
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Je m’attendais à ce que Ritza se replie encore plus sur elle-même au fur et à mesure que je parlais. Et pourtant, tout ce que je demandais, de la mauvaise façon, c’était qu’elle me parle de façon franche, qu’elle me donne son ressenti, sur L.A.People, sur l’expectative et la possibilité de pouvoir voir et parler à notre fille…

Pas avec des demi-phrases sujettes à interprétation. Pas en me laissant le choix de décider ou non ce que nous ferions si nous avions la possibilité de voir Livia.

Pas en me laissant la possibilité de fuir encore.

Si elle s’était renfermée encore un peu plus, malgré que mon comportement ait de grandes chances de mener à ça alors que je voulais tous le contraire, parce que je m’y prenais mal, je crois que je serais parti. Je serais parti… ou je l’aurais achevée, la détruisant de l’intérieur pour de bon.

Mais Maritza était une latina et peut-être était-ce ça que j’avais vu en elle dès le premier jour. Sûrement, même était-ce cette force de caractère magnifique qui avait fait qu’inconsciemment, elle serait la seule femme capable de se tenir aux côtés de Jimmy Reed. Et à force de peaufinage, on finirait bien par arriver à quelque chose.

En tout cas, elle se reprit, conformément à ce que je venais de lui dire. Et je la laissai faire, laissant passer ses remarques cyniques qui allaient avec. Elle parlait donc de l’article de L.A.People que j’avais laissé traîner.

Je la laissai parler jusqu’au bout. Elle voulait voir Livia. Buvant mon iced tea, je hochai la tête. Au moins, ça avait l’honneur d’être clair, cette fois-ci.

Maintenant, je pouvais poser mes questions… Les bonnes questions. Parce qu’elle me donnait de quoi faire, elle me cadrait sur le sujet.

Maritza releva les yeux, terminant de se hisser un peu plus haut… Pas à mon niveau… Juste en dessous mais sans se laisser démonter quand même. Je fronçai juste légèrement les sourcils quand elle éclata de rire, avant de comprendre que c’était juste la nervosité qui la rendait hilare. Je ne voyais pas le rapport de tout le reste avec ma ressemblance avec Olivia, mais soit. Soyons indulgent et mettons ça aussi sur le compte de la nervosité.

Je ne disais rien, me contentant de la regarder en la laissant se reprendre… Elle respira plus calmement, reprit contenance et me demanda du temps.

-Je te laisse du temps… C’est ce que j’ai demandé aussi.

Alors il était normal que je lui en laisse de même…

-Mais ce n’est pas du temps que tu veux, c’est de l’indulgence, des marques d’amour et du soutien.

J’en revins donc à Livia dans un premier temps, assouplissant la fermeté de mon ton.

-Tu veux voir et parler à Livia. Et bien nous irons voir Livia. J’ai pensé que tu pourrais nourrir ce désir dès le départ, c’est pour cela que nous occuperons la suite principale de l’hôtel même où Livia passera ce qu’il restera de cette nuit.

Puis, toujours de ma voix profonde mais sur un ton doux, j’en revins à L.A.People et à la première apparition de Maritza dans les pages de ce magazine.

-Quant à L.A.People. C’est ta première fois…

Je souris.

-Si tout va bien, il y en aura d’autres. C’est inévitable. Qu’est-ce que ça t’a fait, Maritza ? Quand tu as lu l’article… Qu’est-ce que tu as ressenti ?

Ton doux… indulgence feinte… Parce que mon regard, lui, lui intimait, sans que je le veuille vraiment, de répondre à la question… Et pas à côté.

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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Sam 30 Juin - 15:53



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Ce que nous sommes entrain de bâtir, Jimmy et moi, ne se fera pas en une seule journée, même avec toutes les bonnes intentions.  Je n’ai pas aimé la façon dont il vient de me démonter après m’avoir sournoisement emballé dans une illusion de liberté. J’aurais du  le voir venir de loin, savoir que c’était trop beau pour être vrai et que nulle part au monde, Jimmy Reed pourrait oublié qui il est.

C’est ma faute et je dois l’assumer.

Je suis amoureuse d’un manipulateur sans scrupule qui vient de me faire la preuve que je ne suis qu’une pièce de plus dans son échiquier, malgré ses sentiments réciproques desquels je ne doute pas de leurs sincérités. Pour sauver la face, il n’hésiterait pas à me sacrifier. Ne l’a-t-il pas déjà fait, de toute façon ?

Je devrai vivre avec cette peur éternelle que tout peu prendre fin abruptement. Rien ne me sera acquis et toujours, je devrai être sur mes gardes ce qui ne me semble pas être la vision idyllique d’un couple  en santé.

- Effectivement. J’ai besoin d’indulgences et de sentir ton amour.  Le stress de te voir resserrer ta poigne sur moi comme tu viens de le faire me fais manquer de jugement.

Mon visage s’illumine fort probablement dès le moment où il  m’annonce avoir anticipé mon besoin de parler à notre fille et qu’il avait donc prévu le coup en retenant une suite dans le même hôtel dans lequel dormira notre fille. J’en ai les yeux, bordés de larmes parce qu’il ne pouvait me faire une plus grande joie.  Je me permets donc de croire que, dans quelques heures, notre famille sera pour la première fois réunis. J’ignore de quoi aura l’air cependant cette rencontre, connaissant le caractère bouillant et impulsif d’Olivia. Lorsqu’elle est amenée à sortir de sa zone de confort, confronté à des choses dont elle ne contrôle en rien  la teneur, il se peut que ça ne se fasse pas sans houle. Mais, tout comme ma propre rencontre avec Rachel Reed, je vois ça comme un premier pas, ou plutôt un second, dans la direction où nous souhaitons aller.

- Tu te sens comment, face à cette rencontre ?

Sachant très bien qu’il n’est pas confortable avec l’idée de jouer officiellement sa paternité, même en privé et que, tout comme notre fille, il n’aime pas se faire tirer le tapis de sous les pieds.

L.A.People et toute autre magazine de son acabit est un mal nécessaire. C’est inévitable quand on devient un visage connu. En nous affichant, nous leur avons ouvert une porte et c’est de ça dont il est question. Mon ressentit vis-à-vis de ma première parution en leurs pages.

- Je me suis sentie…

Je dois peser mes mots. Trouver ceux qui ne laisserons pas de doutes ou qui ne permettent pas une mauvaise interprétation de ce que j’ai pu ressentir.

- Tout d’abord, j’ai  ressentis une certaine fascination envers l’intérêt qu’on puisse me porter. Ensuite, j’ai vu là dedans quelque chose d’inquiétant du fait que les photos ont été prise à notre havre de paix. Et j’ai compris que, s’ils pouvaient aller jusque là, ils pouvaient être partout.

Maintenant qu’ils nous ont trouvés, ils ne lâcheront plus. C’est ce à quoi Jimmy me prépare et vu la vitesse à laquelle les choses vont, il me parait évident que je dois  quadrupler mes efforts pour  éviter les pièges du monde dans lequel j’ai plongé par amour.


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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Dim 1 Juil - 13:45



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J’étais bien conscient de jouer au yo-yo avec les émotions de Maritza. Tout comme j’étais conscient de ce dont elle avait besoin, ce qu’elle me confirma. Indulgence et amour, c’était ce qui lui fallait. Elle disait que me sentir la piéger et serrer jusqu’à ce qu’elle étouffe à chaque faux pas la faisait manquer de jugement, perdre pied. C’était justement ce que je voulais qu’elle apprenne : à ne pas perdre pied. Jamais. Quoi qu’il arrive. Ne jamais montrer de faiblesse.

-Pourtant, ce n’est pas de moi que tu dois avoir peur. Ça n’a aucune conséquence lorsque je le fait si ce n’est te faire vaciller sur tes certitudes quant au couple que nous pourrions former.

Ce qui, pour moi, n’était qu’un moindre mal, même si je savais pertinemment qu’au contraire, pour Maritza, c’était ce qu’il y avait de plus important.

-Ce que je viens de faire, d’autres te le feront. Ils s’engouffreront dans la moindre faille que tu laisseras paraître. Tu nages nue avec les requins, Ritza.

Ce fut là que je fis remonter les émotions de Maritza dans le positif, après l’avoir enfoncée au 36ième dessous. Et pour ça, il me suffit de lui annoncer que puisqu’elle voulait voir notre fille, elle aurait la possibilité de le faire puisque j’avais tout prévu en ce sens, me doutant bien que ce besoin se ferait sentir. Tout comme je savais qu’elle n’accepterait pas de voir Olivia seule. Ce n’était même pas la peine d’essayer de négocier, ce serait me fatiguer pour rien.

Et ce n’était pas dans mes habitudes de me fatiguer pour rien.

Quant à la question qui suivit, elle était claire, directe et sa formulation seule méritait une réponse. Une réponse que je pris tout de même soigneusement le temps de formuler, laissant passer plusieurs secondes de silence pour trouver les mots justes, le temps de boire quelques gorgées d’iced-tea.

Parce que la discipline dans la communication que j’essayais d’imposer à Maritza, je me l’imposais avant tout à moi-même, ne m’autorisant jamais à parler à tort et à travers. Chaque mot prononcé devait avoir une fin en soi sinon, il ne valait pas la peine de franchir mes lèvres.

Ce fut en la regardant dans les yeux que je lui répondis :

-Je me sens en retard, hors-jeu… Je ne connais pas Olivia hormis par des intermédiaires. Je ne vais pas pouvoir anticiper grand-chose et ce sera un jeu d’adaptation en direct. Un jeu auquel j’ai déjà échoué une fois avec elle.

Et Dieu sait que je ne supporte pas l’échec.

Notre première rencontre, seul à seul, n’avait pas été une véritable conversation. Livia n’avait pu parler qu’à son reflet puisque je n’avais usé que de ses propres phrases pour communiquer.

-Je ne revendiquerai ni ne réclamerai rien parce que je n’en ai strictement aucun droit. Je ne réfléchirai à cette éventualité que s’il s’agit de son désir à elle. Pas mon désir, pas ton désir, le sien.

J’appuyai mon regard sur Maritza.

-Dans un premier temps, je me contenterai de lui manifester mon soutien pour cette tournée mondiale.

Comme j’aurais pu le faire avec Cort ou un autre artiste de BSC.

Puis, ce fut mon tour de lui demander son ressenti. Mais sur les photos publiées dans L.A.People, cette fois.

Je souris en la voyant réfléchir à son tour à ce qu’elle allait dire. Voilà. On avance. Je l’écoutai ensuite attentivement, sans l’interrompre et sans me départir de mon sourire.

-Oui… C’est grisant et effrayant. La presse va analyser le moindre de tes gestes lors d’apparitions publiques. Ils iront jusqu’à décrypter tes tenues, ta coiffure, ton maquillage. Le moindre écart au niveau du style ou du comportement sera pointé du doigt. Ils chercheront les origines du moindre problème et interpréteront les choses à leur guise. Ils inventeront lorsqu’ils seront en manque d’indices.

Je repris la main de Maritza dans la mienne et pour la première fois, mon ton fut rassurant.

-C’est un jeu auquel il faut être le meilleur. Et une fois à ce niveau, tu auras le contrôle des médias sans même qu’ils s’en rendent compte. Tu sauras mettre en scène des « erreurs » pour faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. Ou créer de fausses faiblesses pour faire tomber tes rivaux dans des pièges.

Et j’étais littéralement accro à ça, à ce contrôle.

Puis, je lui avouai :

-S’ils ont eu ces photos, c’est parce que je les ai laissés faire. La seule chose que je ne savais pas, c’était le temps que ça leur prendrait. Et ils ont été rapides. Ils ont eu l’occasion de faire la même chose en 1965, jamais la photo n’est parue, parce que je ne le voulais pas. C’est la photo que je t’ai envoyée.

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MessageSujet: Re: To Make Diamonds Shine. [DEATH VALLEY] [PV Ritza][TERMINE]   Dim 1 Juil - 21:16



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Doucement, nous retrouvons une certaine accalmie. Déjà, le ton est plus léger et propice à l’échange. Il facilite aussi mes réflexions me faisant moins me sentir sur la corde raide.  Mais tel une funambule, je garde le dos bien droit et la tête haute pour affronter la suite. J’écoute attentivement Jimmy, voyant dans chacune de ses paroles, une instruction sur ma conduite qui se doit d’être irréprochable à tout point de vu; même dans le privé.

Je peux envisager un virage à 180°, tempérer ma personnalité bouillante, prendre le temps  d’analyser, de réfléchir et de bien choisir mes mots. Je peux le faire, je sais le faire. Mais je n’accepterai pas en contre partie, subir de nouveau de genre d’humiliation quand il me dit que nous pouvons lâcher prise, le temps d’une virée en voiture. Il ne peut pas sens cesse me revirer les sens et jouer avec mon cœur comme s’il s’agissait d’une balle de pingpong.

L’ardoise est effacée alors même qu’il me révèle avoir retenu une suite dans le même hôtel que celui ou dormira notre fille et que, de fait, nous pourrons aller la voir, tous les deux, comme les parents fiers que nous sommes.  Je ne lui demande rien de plus. Je sais que je ne peux exiger de lui qu’il assume sa paternité à pied levé tout comme Olivia aura peut-être elle-même besoin de percuter la nouvelle de nous voir de nouveau ensemble. Ce qui m’amène à lui demander son propre ressentit vis-à-vis cette situation qui nous dépasse tous.

Sa réponse détonne avec l’homme sur qu’il a toujours été. J’ai visé juste en pensant qu’il pouvait se sentir dépassé par notre fille du fait qu’il n’a jamais contrôlé rien sur ce dossier, si tant soit peu que je puisse comparer Olivia à un dossier.

- Olivia est une adolescente avec un caractère bien trempé. Il se peut qu’elle te dise noir en pensant blanc, simplement parce que… ils font chier à cet âge !

Combien de prise de tête avons-nous eu elle et moi pour finalement en venir à la même  façon de penser ?  Simplement parce que je n’empruntais pas le même chemin qu’elle provoquait des flammèches pour ne pas dire carrément un feu de forêt. Depuis qu’elle est en mesure d’exprimer ses désirs qu’elle parle de son père, qu’elle l’idéalise et qu’elle demande qu’à nouer des liens avec lui. Mais en la plaçant devant le couple que nous formons depuis peu, je crains qu’elle ne face volte face et décide de nous éjecter, son père et moi, en dehors de son cadre familiale uniquement parce qu’elle n’aura pas vu venir, et qu’elle ne se sentait pas prête. Si Olivia y va d’une telle réaction, je ne saurai plus alimenter l’intérêt de Jimmy envers sa paternité latente, et elle mourra avant même de n’avoir jamais vraiment vécue.

- Ton soutient est parfait pour une première approche. Il vaut mieux laisser les choses venir d’elle.

Et, puisque nous repartons sur de nouvelles bases,  nous revenons sur le sujet du L.A.People et de la façon dont j’ai géré l’information.  Le choque, je le digère petit à petit. Ce que m’en dit Jimmy ne me surprend plus. Ni même n’ajoute en degré à la frayeur que j’ai pu ressentir à un moment, pendant mes réflexions.  J’ai compris que je ne pouvais plus n’être que moi. Que désormais,  chacune de mes actions, chacune de mes tenues, mes paroles et mes allées et venues seront  sujet à analyse. Je serai un objet de fascination et si certains m’aimeront, d’autres, sans même me connaître me détesteront uniquement parce que j’apparaitrai au bras d’un des célibataire les plus convoités de Los Angeles.

Combien d’entre nous avons portés un jugement sur quelqu’un en Une sans prendre la peine de lire, de s’informer ? Uniquement par l’image et ce qu’elle en dégageait ? Combien de fausses idées ont été faites à partir d’une simple photo ?

C’est ce que je dois empêcher.

Et pour se faire, je dois, dès maintenant, puisque notre présence sera remarquée au premier concert de la tournée.

Jimmy, ensuite, révèle que les photos parues ne l’ont été que parce qu’il a laissé la situation se produire.  J’aurais froncé les sourcils, si je ne m’efforçais pas a adopter une attitude impassible. Tout au plus, j’hoche de la tête pour faire signe que j’écoute attentivement ce qu’il me dit.  Il a le pouvoir de laisser passer les informations mais jusqu’à quel point peut-il tout filtrer ? C’est là que tout prend son sens et son importance. L’image. Et pas de mauvaises surprises.

Ma main dans la sienne, nous nous levons une fois la serveuse venu se faire payer nos breuvages et ma tarte qui est rester pratiquement intacte sauf pour la seule bouchée que j’ai prise et presque étouffée avec.

Dans la voiture, une fois Jimmy installé derrière le volant, je m’étire le cou pour l’embrasser.

- Le pire, c’est que je suis dingue de toi !





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