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 Fucked Up Love [PV Jim/Martiza][DEATH VALLEY]

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Daniele Ricci


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MessageSujet: Fucked Up Love [PV Jim/Martiza][DEATH VALLEY]   Jeu 12 Juil - 20:36



Fucked Up Love
ft. Jimmy Reed et Martiza Cortez


C’est définitif – la petite Cortez était un talent à voler ! Elle venait de s’attirer les faveurs, en un seul concert, du public de Roadtramp. C’était plus que pas mal et ses nouvelles chansons valaient le détour. Une belle première partie qui était de bons augures pour la suite de sa carrière. Il ne lui restait plus qu’à avoir un manager digne de ce nom – bien que je savais que l’enlever des mains de Jack Perry n’allait pas être de la tarte. Ils avaient – d’après les échos et ce que j’en voyais – tissé un lien assez solide entre eux. Un défi qui semblait impossible à relever.

Seulement, j’étais Daniele Ricci – rien n’était impossible pour moi.

La gamine avait assuré sous le regard émerveillé de Jack Perry. Je n’avais pas causé à Jack pendant tous le concert, j’avais préféré siroter mon whisky en écoutant celle que je considérais déjà comme ma future recrue. Après cette tournée, elle sera à moi – Jim ne dira pas non ! Jack Perry avait été son tremplin et moi je serais celui qui lui permettra d’avoir un disque de platine – c’était pas beau ça ? Avec elle et Roadtramp, j’étais paré pour plus de vingt ans de gloire et des millions supplémentaires.

Le concert de la petite Cortez s’était achevé et il y avait plus ou moins une demi-heure de battement avant le concert de Roadtramp – pour les réglages et compagnie. C’était l’occasion d’aller vérifier si tout se passait bien sur la tour de régie qui trônait au milieu avant de la foule.

J’avais parcouru le chemin qui menait à cette tour de métal et j’y étais monté par l’escalier – en métal lui aussi. La dernière fois que j’avais grimpé à une telle tour c’était lors de la dernière tournée des Planes – il y a quatre putain d’années. Vous savez quoi ? Quatre ans de plus dans les jambes ça se sent… A la moitié des escaliers, j’étais déjà essoufflé comme pas deux. Mon cœur battait à toute rompe et je n’avais que du whisky pour me réhydrater lors de ma montée.

Seulement, j’étais Daniele Ricci – ce n’était pas un putain d’escalier qui allait m’empêcher d’atteindre mon but !

C’est ainsi que j’avais réussi à gravir les marches jusqu’au bout. En haut, la vue était spectaculaire – on voyait parfaitement bien la scène mais aussi la foule. J’étais essoufflé mais je me refusais à le montrer – il y avait des roadies qui trainaient un peu partout ! Je devais être blanc comme un mort et j’entendais mon cœur battre dans mes oreilles – c’était horrible !

J’aurais pu commencer mon travail de vérification habituel mais je venais de remarquer Jim !

-Amico mio ?, dis-je avec un drôle d’expression tellement j’étais surpris de voir Jim ici. Tu es venu au concert ? Ma, pourquoi tu n’es pas venu près de moi ?, demandais-je avant de me rappeler que c’est sa propre fille qui venait de faire une représentation.

C’était pour ça qu’il n’était pas venu – pour ne pas croiser la petite Cortez. Putain, il serait peut-être temps qu’il fasse son coming out, non ? J’étais bien placé pour savoir qu’on ne pouvait pas se voiler la face éternellement.

J’avais pris le temps – probablement à cause de mon essoufflement – avant de remarquer que Jim était accompagné d’une femme. Une belle femme aux cheveux foncés. La nouvelle conquête de Jim ? Certainement – sinon, je ne vois pas bien ce qu’elle ferait ici à mon concert.

-Bonsoir, Mademoiselle,
dis-je en lui tendant la main pour serrer la sienne. Je n’ai aucune idée de qui vous êtes mais j’imagine que vous êtes la conquête nocturne de Jim…

Je m’étais tourné vers Jim.

-J’espère pour toi qu’elle habite pas loin de ton hôtel parce que si elle vient de L.A., ça va faire cher le taxi,
rajoutais-je avec un sourire en coin.

Sans rancune, amico mio – c’est l’alcool qui parle !

@ Billy Lighter


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Jimmy Reed


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MessageSujet: Re: Fucked Up Love [PV Jim/Martiza][DEATH VALLEY]   Sam 14 Juil - 12:16



Fucked Up Love
ft. Maritza Cortez & Daniele Ricci


Sur la route, j’avais dit à Maritza que si nous rencontrions notre fille, ce serait à l’hôtel. Je ne voulais pas la rencontrer directement après son concert, et encore moins avant. Pour la simple et bonne raison que nous serions entourés d’un tas de monde, dans les coulisses, dont beaucoup de roadies à la langue bien pendue. Mais je gardais aussi en tête qu’il s’agissait là du premier vrai concert de Livia et loin de moi l’idée de la décontenancer par cette rencontre avant qu’elle ne monte sur scène ou de gâcher son euphorie d’après concert, alors qu’elle fêterait ça dignement.

Le reste du trajet, avec Maritza, fut beaucoup moins houleux que notre conversation au diner dans lequel nous nous étions arrêtés. Pourtant, je n’avais pas eu, en m’arrêtant, l’intention de bousculer Maritza. Mais il n’y avait rien à faire, à la moindre erreur qu’elle qu’elle soit, au moindre mot irréfléchi, je l’avais reprise de volée. C’était plus fort que moi.

A croire que je n’étais vraiment à l’aise que lorsque nous reproduisions l’isolement dans lequel j’avais confiné notre couple dans les années 60.

Les mots de Maritza, ceux qu’elle avait eu quand nous étions remontés en voiture alors que nous étions déjà plus calmes : « Le pire, c’est que je suis dingue de toi ! » après m’avoir embrassé... Ces mots étaient justes. C’était bien ça le pire. Et pire encore était le fait que je ne me gênais pas pour la tenir par ces mêmes sentiments.

Nous arrivâmes dans la Death Valley, là où allaient se dérouler le concert, juste quelques minutes avant que Livia ne monte sur scène. Un fait exprès que j’avais minutieusement calculé afin que l’attention de tous soit sur la scène et pas spécialement sur Maritza et moi. Ce soir était le soir de Livia et je n’étais pas là pour l’éclipser.

Les lumières s’allumaient sur la scène au moment où j’avais pris Maritza pas la main pour la guider jusqu’à la tour de régie, passant tous les cordons de sécurité sans aucun problème, saluant quelques stewards par leurs prénoms. Un salut qu’ils me rendaient poliment, sans poser de question, levant banderoles et cordons pour nous laisser passer.

Nous montâmes à la tour centrale de régie qui se dressait à 25 mètres de la scène. C’étaient là que prenaient place les ingénieurs du son et autres préposés aux lumières. Une fois au sommet, je serrai la main de tous ces gens, laissant Maritza faire de même sans la présenter. Là encore, pas de question. Après tout, Maritza pouvait passer pour une conquête parmi d’autres.

Pour le moment…

Le concert commença et je guidai Maritza jusqu’à la barrière qui nous empêchait de passer par-dessus bord. Je la laissai s’y tenir de ses deux mains, me plaçant derrière elle, tout contre elle, mes mains tenant également la rampe, frôlant et caressant discrètement les siennes, nos yeux rivés dans la même direction, vers notre enfant qui monta sur scène.

Celle-ci fit un concert admirable, me faisant frissonner au point que je laissai tomber mon visage dans le cou de Maritza. J’étais fier de Livia… Et d’autant moins fier de moi.

Je profitai à un moment des applaudissements de la foule conquise par la jeune fille blonde sur la scène pour murmurer à l’oreille de Ritza que je l’aimais… De même qu’une autre constatation sur un ton qui trahissait combien j’ignorais qui était Olivia Cortez :

-Elle a ton talent… Elle a ma présence.

Elle avait tout ce qui lui fallait pour réussir. Pourquoi me laisser entrer dans sa vie au risque de la museler par simple peur d’être surpassé ?

Le concert se termina et j’embrassai Maritza. Qu’importe les roadies, ce n’était pas la première fois qu’ils me voyaient embrasser une femme en public. Ce qui ne fallait pas qui arrive, c’était qu’ils puissent faire les liens avant que je l’aie décidé.

Mais je ne m’attendais pas à voir débarquer Daniele Ricci, ou ce qu’il en restait, au sommet de la tour de régie alors qu’il n’y avait pas d’ascenseur pour y monter ! Je l’entendis avant de me voir et m’écartai légèrement de Maritza pour lui faire face et le regarder dans les yeux.  Il se demandait pourquoi, si j’étais là, je n’étais pas venu apprécier le concert auprès de lui.

J’eus un sourire en coin. Il était complètement défoncé, ça se voyait… Et le sport ne lui avait jamais réussi.

-Parce que je souhaitais apprécier le concert d’Olivia Cortez et non pas passer trois quart d’heure à t’entendre me raconter combien tu es le meilleur, Dany.

L’Italien s’approcha de nous et serra la main de Maritza en soulignant qu’elle ne pouvait être que « one in a million » et s’inquiéta ensuite pour mon compte en banque.

Je lui ouvris mes bras pour qu’on se salue comme non avait l’habitude de le faire, en s’étreignant. Une coutume qu’il tenait de la mafia et que je tenais des Los Diablos. Un truc de chef de gang. Je lui murmurai à l’oreille pour ne pas être entendu des roadies, le concert de Livia terminé, nous n’étions plus couvert par la musique :

-Elle se nomme Maritza… Cortez… Et tu es défoncé.

Ne lui avais-je pas dit d’arrêter ces excès qui allaient le tuer, lorsqu’il était venu me voir pour me supplier de protéger Maria et Bastardo ?

Je l’embrassai sur la joue avant de m’écarter de lui.

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Dernière édition par Jimmy Reed le Mar 17 Juil - 18:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fucked Up Love [PV Jim/Martiza][DEATH VALLEY]   Dim 15 Juil - 3:18



Fucked Up Love
ft. Daniele Ricci & Jimmy Reed





Si j’oublie le petit accro au diner, ce court voyage prend de plus en plus l’allure d’un rêve.  Nous assisteront sous peu au premier concert de notre fille, notre plus belle réussite contre toute vraisemblance puisque malgré tout, c’est ensemble que nous l’avons fait.  Je pensais tout d’abord avoir la chance de la voir avant qu’elle ne monte sur scène mais Jimmy, plus pragmatique que moi me fait comprendre que ce n’est pas une bonne idée. Je n’y avais pas songé et c’est bien cela que je dois m’efforcer de travailler.  Olivia serait certainement décontenancé de nous voir et avant son soir de grande première, il est plus sage d’attendre après.  Puisque nous dormons au même hôtel, je sais que nous la verrons soit ce soir en prenant possession de notre chambre ou demain matin.

Mon cœur de mère s’emballe alors que nous passons les cordons de sécurité pour nous rendre au sommet de la tour de régie. Nous aurons une vue imprenable, je ne saurais être mieux placé pour voir ma Chica conquérir le cœur de son public.

Jimmy, installé derrière moi, ses mains de chaque côtés des miennes sur la rambarde,  souffle dans mon cou. Il peut afficher une façade insondable mais à moi, il ne me la fait pas. Je sais que c’est la nervosité du père, bien plus que du grand manitou de BSC qui fait battre ton cœur dans sa poitrine appuyé contre mon dos.

Quand Olivia entre sur scène, elle me parait toute minuscule. Je me rappel ses 4 ans, quand elle a voulu nous faire un concert improvisé et qu’elle est apparu, tenant une guitare  deux fois sa taille en main. Elle flattait les cordes, produisant une cacophonie insupportable mais elle était fière et nous l’avions applaudi. Ce soir, la guitare semble faire partie de son corps. Elle la manie sans gêne la bougeant habilement. Elle prend possession de la scène rapidement alors que, pendants les premières minutes, elle me donnait l’impression d’une gazelle effrayée.  Sauf pour cette fameuse chanson, celle qui doit immanquablement faire frissonner Jimmy alors qu’elle l’interprète magistralement, Olivia y va de nouveauté, des chansons que je n’ai jamais entendues.

Jimmy me glisse à l’oreille qu’elle a mon talent et sa présence, je tourne légèrement la tête pour le regarder.  Je n’ajoute cependant rien, reportant mon attention à notre fille qui quitte la scène, saluant la foule qui scande son nom. Son nom ! Il me paraît évident que notre fille aura très bientôt son propre public.

- Elle est magnifique…

Me retournant, encore toute chamboulé par les émotions, Jimmy m’embrasse et je l’enlace, trouvant réconfort dans cette étreinte. Notre baiser scelle un peu plus l’espoir que je tente de conserver vivante, celle de réunir notre famille.

Nous sommes interrompus par l’arrivé d’un homme, visiblement une très bonne connaissance de mon amant vu la façon dont il me salut. Il connait les habitudes de vie de Jimmy, mais n’est pas dans le secret des Dieux.  Plutôt que de faire les présentations officielles,  Jimmy s’éloigne de moi et lui fait la bise, ni plus ni moins.

J’observe, je retiens. Mais je ne parle pas, attendant qu’on m’y autorise ou que je sente que ce soit opportun.


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MessageSujet: Re: Fucked Up Love [PV Jim/Martiza][DEATH VALLEY]   Dim 15 Juil - 21:16



Fucked Up Love
ft. Jimmy Reed et Martiza Cortez


Putain, qui a inventé les escaliers ? Je n’avais pas la réponse mais je maudissais intérieurement celui qui les avait inventé – ils voulaient certainement ma mort ! J’étais essoufflé mais j’étais content d’être arrivé tout en haut de la grande tour de régie d’où la vue était imprenable. J’aurais bien voulu me la jouer un rien roi du monde mais j’avais repéré Jim.

Il était ici – aussi étonnant que ça puisse parait. Ce n’était pas étonnant de le voir à un concert d’un de mes groupes mais ça l’était d’apprendre qu’il l’avait vu d’ici et pas à côté de moi sur le bord de la scène. Seulement, tout ça s’expliquait très logiquement avec la présence de la petite Cortez sur scène. J’avais quand même posé la question à Jim – juste pour la forme et parce que ma bouche était allé plus vite que ma pensée ralentie par l’alcool. Amico mio m’avait taclé en contrepartie – et vous appelez ça un ami…

-Ma, amico mio. Je ne raconte que la vérité quand je dis tout ça, dis-je avec un sourire en coin. Je suis le meilleur ! BSC ne serait pas pareil sans moi !, dis-je en en rajoutant une couche.

J’étais le meilleur – c’était comme ça. J’avais encore plus l’impression de l’être après avoir réussi à gravir tant de marches sans crever !

Jim n’était pas seul – il était accompagné d’une femme. Sûrement sa conquête nocturne à qui il avait offert une soirée inoubliable au sommet de cette tour. J’espérais pour Jim qu’elle n’habitait pas trop loin pour éviter de devoir se ruiner en taxi – ça serait triste. Elle était pas mal, je comprenais Jim… Seulement, comme il m’avait plus tôt taclé, j’y étais allé de mon propre tacle en essayant de saboter son coup d’un soir – c’était de bonne guerre, amico mio.

Sans rancune, il m’avait pris dans ses bras pour me saluer à notre manière qui nous venait de nos habitudes – lui, celle des gangs, moi celle de la mafia. Il m’avait glissé à l’oreille que la jolie femme qui l’accompagnait se nommait Maritza Cortez. La pièce n’était pas tombée tout de suite – parce qu’il avait terminé sa phrase par « tu es défoncé ».

Je m’étais écarté de lui – juste après qu’il m’ait embrassé sur la joue.

-Mais nooon, dis-je outré. Je ne suis pas défoncé, amico mio. J’ai juste un peu trop forcé sur le whisky, c’est tout, rajoutais-je pour justifier mon état.

Me dernière dose remontait à avant le concert – j’étais défoncé mais je gérais. C’est d’ailleurs tellement je gérais bien que la pièce – qui concernait la femme qui accompagnait Jim – était tombée. Putain !!! Cette femme était Martiza Cortez – la mère de la petite Cortez !!! Celle dont Jim ne m’avait jamais parlé avant que la gamine ne débarque chez BSC ?

-Mamma mia, Martiza C…, dis-je étonné en m’arrêtant moi-même pour éviter de lâcher le morceau tout haut devant les quelques roadies présents. Je suis ravi de faire enfin votre connaissance, dis-je avec un sourire en coin à Martiza.

Que faisait-elle là ? Amico mio ne l’avait-il pas largué derrière la frontière il y a plus de 16 ans d’ici ? Je la retrouvais maintenant à son bras à mon concert au-dessus d’une tour de régie ? Inédit comme dénouement…

-Tu as récupéré le package complet, amico mio…, dis-je en le taclant encore gentiment – et en faisant référence à la mère et la fille. Décidément, tu n’es plus à une surprise près…

Je voulais poser ouvertement mes questions mais avec les roadies c’était impossible – pourtant, putain, j’aurais bien voulu.

-Alors, c’est vous qui êtes revenue où bien c’est Jim qui vous a fait revenir ?, demandais-je à Martiza en essayant de crypter mon langage.

C’était elle qui était revenue pour sa fille – et l’argent – ou lui qui l’avait fait revenir pour sa fille – et l’amour ? Les paris sont ouverts !


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Jimmy Reed


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MessageSujet: Re: Fucked Up Love [PV Jim/Martiza][DEATH VALLEY]   Mar 17 Juil - 17:53



Fucked Up Love
ft. Maritza Cortez & Daniele Ricci


J’avais cru pouvoir profiter encore de quelques minutes à communiquer de regard en regard avec Maritza. Mais c’était sans compter sur l’apparition du soi-disant auto-proclamé meilleur manager de Los Angeles. « Soi-disant » parce qu’il ne s’était pas auto-proclamé. C’était moi qui avais fait de lui « Ricci The Best » lors d’une soirée, en 1966, la même soirée où je lui avais décroché sa première tournée mondiale avec The Army.

Daniele réaffirma son statut, disant que toutes ses vantardises étaient justifiées, non sans ajouter que BSC ne serait pas pareil sans lui. Et je lui souris d’un air entendu, parce que je savais pertinemment que c’était vrai, je le reconnaissais. J’avais même poussé à faire en sorte que ce soit le cas.

Je m’étais donc éloigné de Maritza pour aller saluer mon ami comme nous en avions l’habitude depuis pratiquement nos toutes premières rencontres à la Villa Reed ou à d’autres endroits très prisés de la jet-set de Los Angeles.

Nos premiers échanges furent à notre image, tacle sur tacle qu’aucun de nous ne prenait mal. Il s’agissait d’un jeu auquel nous jouions depuis tellement longtemps qu’on ne se rendait probablement plus compte qu’on le faisait. C’était une forme de communication comme une autre, codée et compréhensible uniquement par les amis et businessmen que nous étions. Car s’il avait pu sembler viser Maritza, c’était bel et bien moi, sa cible.

Ou une autre façon de me dire que je ne perdais pas mes vieilles et sales habitudes, lui qui pouvait maintenant se prétendre casé et heureux en amour… Ce à quoi j’avais répliqué en lui murmurant exactement la même chose à l’oreille, puisque lui avait réellement replongé dans ses vieilles et sales habitudes.

Alors que j’étais peut-être celui qui, avec le temps, finirait heureux en amour… Même s’il y avait du chemin à faire.

Je l’avais embrassé sur la joue pour ponctuer mes déclarations, donnant plus de poids encore à mes paroles. La forme pouvait ressembler à une menace de mort, le fond était tout autre et teinté d’une étrange sincérité : « Je suis avec la mère de ma fille, l’amour de ma vie. Et je m’inquiète pour toi, mon ami. » Tels étaient les mots que Daniele Ricci serait le seul à pouvoir lire entre les lignes.

Son état lui demandé un temps d’analyse et il protesta d’abord, prétendant qu’il n’était pas drogué… Affirmation qu’un seul regard à son attention me suffit à décrédibiliser. Je savais reconnaître un homme ivre, d’un homme sous l’influence de la cocaïne. Et Daniele était clairement sous l’influence de la cocaïne.

Puis, son franc tomba et il s’exclama… Et même défoncé, il fut suffisamment bon pour s’arrêter à temps dans ses déclarations, les cryptant ensuite pour que seuls Ritza et moi puissions le comprendre. L’expression qu’il employa, le « package complet », était juste, à défaut d’être à la hauteur émotionnelle de ce qui était lentement en train de se produire entre Maritza et moi.

Je tendis la main vers mon amante pour l’inviter à s’approcher de nous et donc à participer à la conversation, mais avant, je présentai l’Italien dans les formes.

-Maritza, je te présente Daniele Ricci, ami de longue date, ancien manager de The Army, actuel manager de Roadtramp.

Je savais qu’elle s’y aventurerait à reculons avec l’impression d’avancer en terrain miné les yeux bandés. J’aurais voulu prétendre que face à Daniele, je pouvais lui laisser le droit à l’erreur… Mais j’avais compris au diner que même avec toute la bonne volonté du monde, j’en étais incapable.

Alors, moi, je n’allais pas réitérer l’erreur de lui laisser croire qu’elle avait de la marge alors que ce n’était pas le cas. Je ne pouvais plus lui faire ça.

J’enroulai mon bras autour de la taille de Maritza, la gardant contre moi, alors que Daniele s’adressait à elle pour lui demander si c’était elle qui était revenue ou moi qui l’avais fait revenir.

La réponse n’était pas simple parce que le fait était que ce n’était ni l’un, ni l’autre à proprement parler. Mais plutôt un peu des deux. Mais comme Maritza, ne voulait pas devenir une potiche, comme elle le disait si bien, je ne lui ferais pas l’insulte de répondre à sa place à une question qui lui était directement adressée et la laissai donc libre d’y répondre.

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MessageSujet: Re: Fucked Up Love [PV Jim/Martiza][DEATH VALLEY]   Mer 18 Juil - 20:38



Fucked Up Love
ft. Daniele Ricci & Jimmy Reed





Mon cœur s’emballe quand nous sommes interrompu par celui qui semble être un ami, voir même un très bon ami de Jimmy. J’ai franchement peur d’engager la conversation avec un homme du même acabit, qui saurait resserrer un étau autour de moi et me presser jusqu’à ce que je ne puisse plus rien faire. Je me sens comme prise au piège avec eux, au sommet d’une tour de régie, alors que je pensais pouvoir profiter de l’euphorie ressentie suite à la première prestation d’Olivia.  Ce sentiment est vite chassé alors que je dois me comporter de façon impeccable et être à la hauteur des attentes de Jimmy. Je crains que le moindre petit accro lui suffise à me jeter en bas sans aucune cérémonie. Il a le bras si long qu’on lirait simplement dans les journaux qu’une femme possiblement ivre à fait un faux pas et a trouvé la mort en tombant malencontreusement. Un fait divers parmi tant d’autre.

Ils s’étreignent, s’échangent quelques paroles dont je devine aisément la teneur quand l’ami en question affiche un air ahuri et s’empresse de me dire qu’il est ravi de faire ma connaissance, ce à quoi je me permets de répondre que le plaisir est partagé.  Jimmy complète les présentations avant de passer son bras autour de ma taille. Je serais resté muette, j’aurais adoré ça si le dénommé Ricci ne m’aurait pas adressé personnellement une question non sans avoir prit la peine d’y aller d’une constatation désobligeante.

- Je suis venue pour Olivia.

Que pouvais dire de plus ou d’erroné là dedans ? Que Jimmy veuille protéger sa paternité pouvait encore passer mais je ne pouvais pas nier être la mère de celle qui venait d’impressionner tout un parterre de gens.  Je ne venais pas non plus de lui faire une révélation, puisque sa remarque douteuse faisait clairement référence à Olivia et moi, d’où le « package deal ».

J’ai l’impression de jongler avec une grenade dans les mains et qu’aucun des deux autres joueurs ne demandent à prendre le relais.  Que dois-je faire, sincèrement ? Envoyer l’attention ailleurs me semble une solution non négligeable, après tout, avec les oreilles indiscrètes, même si les roadies sont tous occupés à tout mettre en place pour le prochain groupe, il me semble indiqué de tenter une diversion. Sinon… je me lancerai moi-même en bas de la foutue tour !

- Roadtramp est un groupe qu’il me tarde de découvrir.   Je n’ai malheureusement pas encore écouter leur album mais Never Cared est une pièce que j’ai entendu tourner régulièrement à la radio.

Je me garde bien d’ajouter : « De l’autre côté de la frontière », même si ça me brûle la langue. Cette gymnastique mentale est un vrai supplice. J’en ai la nausée ! Je pèse tellement mes mots que j’en ai la tête qui tourne. Et ce sera ainsi jour après jour, heures après heures jusqu’à la fin de mes jours. La foule s’agite et cris son enthousiasme un peu plus fort me donnant le faux espoir de voir Roadtramp entrer  déjà sur scène. Non. Ce n’est qu’un random guy qui a soufflé un ballon de plage et qui l’a lancé dans la foule qui s’anime à tenter de le laisser toujours voler.

Je serais curieuse de demander à Monsieur Ricci ce qu’il a pensé de la prestation d’Olivia mais ce serait ramener l’attention sur ce qui nous lie, Jimmy et moi et en ce moment, c’est la dernière chose dont j’ai envie.  Je viens poser ma main sur celle qu’a Jimmy sur ma taille, cherchant le moindre petit indice d’encouragement, quelque chose qui me laisse savoir que je ne suis pas entrain de signer mon arrêt de mort.


@ Billy Lighter


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