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 Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]

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Vanessa Cartray
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MessageSujet: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Lun 23 Juil - 19:36



   
Memories & Emotions
   ft. Jake Snyder


   


Nous étions partis de l’aéroport de Los Angeles, le soir à 18h15, le 10 avril, sans retard pour faire deux escales : l’une à Madrid et la seconde à Palma de Majorque pour enfin arriver à l’aéroport d’Erfurt, Allemagne, le lendemain matin, 11 avril, à 10h55. Il y avait 9 heures de plus en décalage horaire entre L.A. et notre nouvelle destination.
Je m’étais posée la question à savoir pourquoi cette date-là du 11 et pas une autre. Je commençais à cerner Jake et il ne faisait rien au hasard. Je m’étais alors renseignée et j’avais vite compris que cette date était liée à la libération du camp de Buchenwald par les Alliés lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Le vol avait été très long et nous l’avions passé comme on avait pu, en discutant de sujets légers, en riant ou bien nous partions dans des conversations plus sérieuses, centrées sur cette angoisse qui le chevillait au corps depuis tout petit.  Parfois, un silence s’instaurait entre nous deux, pas de malaise, non, juste le besoin qu’il avait de se réfugier dans ses pensées. Je gardais alors, toujours le contact comme je l’avais fait cette fameuse nuit, chez moi. Un contact tactile. Ma main se posait sur la sienne, ou sur son bras, pour bien lui faire comprendre que j’étais là et que je serais toujours auprès de lui. Il n’y avait pas besoin de mots à ce moment-là.

J’avais retenu une information très importante qui ne cessait de tourner en boucle dans ma tête. Cette information, c’était Jake lui-même qui me l’avait donnée lors de notre conversation téléphonique, je ne devais pas le presser, ni le brusquer sur quoi que ce soit et j’allais le laisser choisir la manière dont se déroulerait ce séjour particulier et plein d’émotions pour lui et aussi pour moi.

Après avoir discuté jusqu’à presque deux heures du matin, tout en chuchotant pour éviter de déranger les autres passagers, je m’étais endormie et ce fut la voix de Jake et sa main sur mon bras qui cherchait à me réveiller qui me firent ouvrir les yeux. L’hôtesse s’était arrêtée à notre niveau de rangée et elle distribuait le petit-déjeuner. J’émergeai lentement de mon sommeil. J’étais bien installée … un peu trop même et ce fut là que je me rendis-compte que j’avais dormi et peut-être même passé la plus grande partie de ma nuit, la joue posée sur l’épaule de Jake que je prenais pour un coussin confortable. Je me redressai vivement en essayant d’articuler ma commande.

- Un chocolat, un croissant et un verre de jus d’orange, s’il vous plaît.

Ce n’était pas un petit déjeuner luxueux, mais assez pour caler mon estomac pendant quelques heures, jusqu’à l’atterrissage. Il y avait encore presque 3 heures à attendre.

- Votre épaule n’est pas trop endolorie ? Il fallait me réveiller, j’aurais changé de position. Je suis vraiment confuse, mais bon, je peux vous dire que vous êtes très confortable ! Vous vous êtes un peu reposé ?

Hé voilà ! On débutait un nouveau jour avec un rire matinal.

Un peu plus de trois heures plus tard et après avoir récupéré nos bagages, on s’était dirigé vers le stand de l’agence de location de voiture que Jake avait prise pour notre séjour. L’agent qui nous reçut nous avait bien aidés et expliqués, grâce au plan de la ville, quelle route prendre pour nous rendre à Weimar, puisque c’était tout près de cette ville que s’élevait le camp de concentration de Buchenwald, sur la colline d'Ettersberg.

Ce fut sans grandes complications qu’on trouva l’hôtel, là aussi, réservé par Jake. Il avait fait toutes nos réservations, puis nous avions divisé les frais par deux. Nos bagages en mains, on arriva à l’intérieur de l’établissement ou l’hôtesse, confuse, nous indiqua le souci que l’hôtel avait rencontré.

- Monsieur Snyder, Mademoiselle Cartray, la direction s’excuse du dérangement au sujet de la réservation de vos chambres. L’hôtel a subi des problèmes de canalisation et toute l’aile ouest est pour le moment condamnée à cause des travaux. Nous avons donc beaucoup moins de chambres de libres. Pour pallier à tout cela, nous vous avons réservé l’une de nos plus belles et grandes chambres. Elle contient deux grands lits, c’est très spacieux, vous verrez et bien évidemment, vous n’aurez rien à payer en supplément.

Ce n’était pas tellement grave pour moi, j’avais déjà partagé plusieurs la même chambre avec Jimmy, mon binôme photographe, quand on couvrait des dates de concerts et qu’on était en déplacement. Mais, je ne savais pas pour Jake.

- De toute façon, nous avons besoin de lits pour nous reposer un peu.

- Voici deux clefs de la chambre. L’ascenseur est au bout du couloir et la chambre est au second étage, numéro 24. Je vous souhaite un bon séjour.

- Merci.

Une fois à l’étage, on marcha un peu dans le couloir pour arriver à notre fameuse grande chambre qu’on nous avait attribuée.

- Si cela vous gêne, Jake, je demanderai à l’accueil de me réserver la prochaine chambre qui se libère. J’ai l’habitude de dormir avec quelqu’un … Euh … non … Qu’est-ce que tu racontes Vanessa ! Il va penser que tu as un homme dans ta vie … D’ailleurs pourquoi, je m’inquiétais de ça ? Je repris pour que cela soit plus clair. Je voulais dire que lorsque je fais des déplacements pour couvrir des dates de concerts, avec mon collègue photographe, on réserve toujours une chambre avec deux lits, ça nous permet d’échanger nos impressions et de papoter toute la nuit.

On s’arrêta enfin devant la porte de notre chambre et quand Jake l’ouvrit …

- Elle est immense !

Je laissai ma petite valise sur le côté et je me laissai tomber sur le premier lit en m’étirant autant que je le pouvais. Je commençais à avoir mal au dos et aux jambes d’être restée trop assise. Je me redressai sur mes coudes, en cherchant son regard de mes prunelles.

- Comment vous sentez-vous ?

Nous étions en Allemagne, Jake avait réussi à faire son premier voyage, un premier pas vers le lieu que nous devions aller voir ensemble. C’était maintenant lui qui allait nous guider pour le reste de notre voyage.






   
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Jacob Snyder


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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Mar 24 Juil - 20:50



Memories And Emotions
ft. Vanessa Cartray


J’avais déjà pris l’avion pour voyager à l’intérieur des USA durant les tournées… Mais ça ne voulait pas dire que j’aimais ça… Pour dire vrai, je détestais vraiment ça. J’en avais pas dormi pendant deux nuits avant de partir (rien de bien neuf sous le soleil, cela-dit, ça n’aurait pas été ça, j’aurais trouvé autre chose).

Le vol allait être long et avec des escales alors j’avais pris quatre paquets de clopes pour survivre. Une fois sur mon siège, j’avais fait que ça, les enfiler, les unes après les autres. Ce n’avait été qu’après quelques heures de vol que j’avais commencé à me détendre un peu et à ralentir le rythme au niveau cigarettes.

Il fallait dire que Vanessa faisait aisément diversion, parlant de tout, de rien… Parfois on déviait sur ce qui nous avait amené dans cet avion et j’avais alors tendance à moins la regarder et à parler plus bas… Et à fumer plus à nouveau… Je lui décrivais ce que je pensais être racontable sur mes souvenirs d’enfance, mes angoisses ou plutôt comment elles se manifestaient : les insomnies, les bagarres, les sursauts et la colère, tout le temps…

Les conversations au niveau professionnel me convenaient plus… Je rigolai même en lui racontant la façon dont on avait été arrêtés, quelques autres et moi, pour avoir créé une radio pirate et comment Vintage Joe, journaliste à L.A.ROCKS à l’époque, avait payé ma caution parce qu’il écoutait cette radio pirate et m’avait donné ma chance…

Puis il y avait les moments où on ne parlait pas… Où Vanessa posa sa main sur la mienne et où j’acceptai et gardai le contact parce que… j’aimais vraiment pas ce putain d’avion.

La nuit avait fini par tomber, nos conversations avaient fini par s’espacer de plus en plus, jusqu’à ce que Vanessa cède au sommeil. Sa tête était tombée sur mon épaule et j’avais pas bougé parce qu’elle avait l’air pas trop mal installée. Et puis… je me sentais mieux dans cette position de veiller sur son sommeil, en silence, fumant une clope de temps en temps, que je ne l’étais en tant qu’interlocuteur dans une conversation.

Je faillis m’endormir par trois fois, mais mon cœur fit un bond dans ma poitrine à chaque fois, me faisant sursauter et me remettant complètement alerte. J’avais grommelé avant de vérifié si je n’avais pas réveillé la journaliste dans le mouvement, mais même pas… Elle dormait à poings fermés, sa joue contre mon épaule et je me demandais l’effet que ça faisait, de pouvoir dormir comme ça.

La nuit se passa et je crois que je fus le seul avec les hôtesses à rester éveillé toute la nuit… L’une d’elle nous lançait des regards attendris et j’avais simplement souri en retour… Elle se faisait sûrement des idées, mais c’était pas grave…

J’avais juste les yeux un peu rougit quand cette hôtesse, justement, se décida à passer avec un chariot contenant ce qu’il fallait pour déjeuner. Vanessa, elle, dormait toujours et je la secouai doucement pour lui signaler qu’elle allait rater le repas si elle continuait à dormir. Elle prit commande en me faisant un peu rire parce qu’elle était encore dans les vapes et complètement à côté de ses pompes. Quant à moi, j’affirmai à l’hôtesse que j’allais me contenter d’un café…

Plus on se rapprochait de Buchenwald, plus j’avais l’estomac noué, de toute façon…

Une fois servis, je pris ma première gorgée de café alors que Vanessa s’excusait d’avoir dormi sur mon épaule. Je rigolai…

-Si ça m’avait gêné, je vous aurais fait changer poliment de position… Je ne l’ai pas fait alors… Mon bras blessé, c’est l’autre…

Je repris une gorgée de café pour répondre à sa question, à savoir si je m’étais reposé.

-Ouais… A ma façon, on va dire.

De l’aéroport, on passa à la voiture de location. Je conduisis alors jusqu’à l’hôtel parce qu’après autant d’heure dans un véhicule conduit par un autre à quelques kilomètres au-dessus du sol, j’avais abusé de ma jauge de confiance… Il était hors de question que quelqu’un d’autre que moi conduise cette voiture.

Mon regard se perdait parfois à l’horizon tout en conduisant et mon cœur battait à tout rompre de me retrouver brusquement devant le camp au détour d’un tournant. C’était complètement irrationnel parce que je savais bien que de l’hôtel, on ne pouvait pas voir le camp…

Une fois à l’hôtel, je laissai Vanessa nous annoncer et levai les sourcils lorsque l’hôtesse s’excusa d’entrée de jeu en annonçant qu’il y avait eu un problème et qu’à la place de deux chambres, ils nous avaient mis tous les deux dans la même, en précisant qu’elle était grande et qu’il y avait deux lits. Je haussai les épaules, l’air neutre… Il n’y avait pas mort d’homme, pas plus qu’on avait vraiment le choix, vu les circonstances… On allait quand même rester que jusqu’au lendemain pour ensuite partir vers Rome…

-Pas de problème…

Et ce n’était quand même pas dit que j’allais réellement dormir après ce que j’allais voir aujourd’hui… En fait, je voyais deux solutions : soit j’allais passer une autre nuit blanche, auquel cas, je me promènerais dans les couloirs ou aux alentours de l’hôtel… Soit Vanessa avait raison et j’allais récupérer en une seule nuit 38 ans (aujourd’hui) d’insomnie.

Nos clés en mains en plus de nos bagages, on monta jusqu’à la chambre qui nous avait été réservée. Vanessa, elle, lança directement que si ça me dérangeait, il fallait que je le dise, qu’elle s’arrangerait et je secouai la tête en souriant parce qu’elle s’était mise à cafouiller.

-Non… C’est le même principe que dans l’avion… Si ça me dérangeait, je l’aurais dit direct…Par contre, si, vous, ça vous dérange, vous pouvez le dire aussi… Enfin, si j’en crois ce que vous me dites, ce ne sera pas la première fois que vous partagez une chambre avec un collègue…

Je posai mon sac devant la porte pour avoir mes deux mains libres. Tout en glissant la clé dans la serrure, j’ajoutai sur un ton semi-absent :

-Pour moi, ce sera une première, par contre…

Je poussai la porte de la chambre et Vanessa s’exclama qu’elle était immense. J’y entrai avec elle et commentai :

-Je me demande si c’est pas plus grand que mon appartement…

J’exagérais peut-être un peu, mais pas de beaucoup. Fallait dire que j’avais choisi cet appartement justement parce que c’était l’idéal pour un type tout seul.

Vanessa se laissa tomber dans l’un des lits… Elle était comme parfaitement détendue, à l’aise. Moi, j’étais pas spécialement à l’aise mais ça n’avait rien à voir avec elle, mais plutôt l’endroit où nous devions aller qui m’angoissait. J’avais peur de ce que j’allais voir, de ce que j’allais ressentir une fois sur place.

Je posai mon sac sur ce que j’imaginais être mon lit pour cette nuit, puisque Vanessa s’était installée sur l’autre et, m’y assis sans oser m’y allonger comme elle. Mais on avait quand même bien mérité de se poser un peu avant de passer à la suite.

Elle se redressa sur ses coudes et instantanément, ses yeux foncés captèrent mes yeux bleus. C’était dingue comme elle faisait ça. Comme si c’était des aimants. Je pinçai mes lèvres, m’accordant deux ou trois secondes avant de répondre à sa question…

-Je mentirais si je vous disais que je vais bien et je sais que je n’arriverais pas à vous la faire à l’envers…

Elle était venue chez moi, le matin, un jour sur deux, depuis l’agression pour refaire mon pansement au biceps… J’avais eu le temps de comprendre que ça ne servait à rien de mentir à ce niveau à la journaliste parce que soit j’étais un mauvais menteur, soit elle cernait bien les gens… Quant à la vérité… la vérité devait se trouver quelque part entre les deux.

Je baissai les yeux sur mes mains, l’une jouant avec l’autre nerveusement… Puis je relevai le regard vers la journaliste.

-C’est la première fois que je ne suis pas avec mes parents le jour de mon anniversaire… J’ai 38 ans aujourd’hui. Je suis né le 11 avril 1945… Ici.

Je déglutis, mais ne quittai pas son regard.

-J’ai été conçu dans le camp de Buchenwald, fruit des amours désespérés d’une jeune prisonnière juive et d’un déserteur SS, prisonnier lui aussi.

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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Mer 25 Juil - 12:56



   
Memories & Emotions
   ft. Jake Snyder


   

Après un long voyage fatiguant en avion et un passage au stand de location de voitures,  Jake nous avait conduits jusqu’à l’hôtel où nous pourrions récupérer nos chambres qu’il avait réservées. Ce ne fut qu’une fois sur place que l’hôtesse d’accueil, confuse, nous apprit que l’établissement avait subi quelques soucis de canalisations et qu’une partie de ses chambres étaient donc fermées pour travaux. Celles qui devaient être les nôtres en faisaient partie. On se retrouva donc en possession d’une immense chambre qui contenait deux grands lits. Si à moi, cela ne me gênait pas pour avoir plusieurs fois au cours de mes déplacements, partagé la même chambre que mon collègue et binôme photographe, ce n’était pas le cas pour Jake. Cela ne le gênait pas, mais j’avais pu capter dans sa voix au moment où il ouvrait la porte de notre chambre, comme un regret, comme si toutes ses angoisses, son histoire, ses peurs l’avaient tenu éloigné de ces situations tout à fait anodines entre collègues.

Je m’étais exprimée sur l’immensité de la chambre quand nous étions entrés. En effet, l’hôtesse ne nous avait pas menti.  Pour Jake, cette chambre était encore plus grande que son appartement. J’avais pu voir où il habitait quand je venais lui refaire, tous les deux jours, son pansement et il n’avait peut-être pas tort. Une fois mes bagages posés au sol, je me laissai tomber sur un lit tout en étirant mes jambes et mes bras engourdis par ce long voyage. Je savais qu’à partir de maintenant tout allait devenir très compliqué pour Jake. Il avait su, par moments, se détendre un peu durant le voyage, mais je n’avais pas été dupe sur sa fatigue et sa mine épuisée, ses yeux rougis qu’il affichait. Il n’avait pas dormi. Maintenant que nous étions tout proche de notre destination, tout devait être encore plus terrible pour lui. Je me redressai sur mes coudes pour l’observer attentivement. Il s’était assis sur le second lit, angoissé et jouant nerveusement avec ses mains. J’avais beaucoup d’empathie pour lui et je ne savais pas d’où me venait cette capacité de ressentir sa peur et ses craintes. Le voir aussi perdu et bouleversé, ne faisait qu’accentuer les battements de mon cœur.

Il avait raison de préciser qu’il était inutile de me mentir, pas après tout ce que nous avions vécu ensemble. Jake ne pouvait pas me dissimuler ses angoisses. Je les devinais aisément. Ses yeux d’un bleu toujours aussi intense s’accrochèrent à mes prunelles un instant puis il baissa son regard. Ce que j’entendis par la suite était une confession à la fois belle, triste et pleine de confiance. Il me faisait confiance au point de me révéler aussi cette partie de sa vie.

- Vous me prêtez des dons que je n’ai pas … Mais oui, j’arrive à savoir si vous me dites la vérité ou pas … et c’est assez troublant parce que je ne sais pas moi-même comment j’arrive à faire tout ça.

Je me levai de mon lit pour m’installer à ses côtés. Je n’allais pas lui souhaiter un « bon anniversaire », ce n’était pas en adéquation avec notre venue ici. Doucement, ma main se faufila entre les siennes qui s’agitaient nerveusement et j’enlaçai ses doigts aux miens. Cette épreuve que Jake vivait je la ressentais avec force. Tendrement, je me penchai pour l’embrasser sur la joue. C’était une façon pour moi de lui dire qu’il n’était pas seul le jour de son anniversaire et que j’étais très reconnaissante de tout ce qu’il me dévoilait.

- Vous avez déjà fait un énorme bond en avant, rien qu’en entreprenant ce voyage.  C’est la dernière ligne droite qui est la plus lourde en émotion. Vous êtes un homme très courageux Jake, n’en doutait pas et laissez-vous un peu de temps pour souffler. On vient tout juste d’arriver.

Je me redressai du lit tout en gardant mes doigts entrelaçaient aux siens. Je changeai juste de position et me mettant à genoux face à lui.

-Jake, vous êtes né au moment où la lumière a recommencé à briller sur des hommes et des femmes qui se croyaient perdus. Toutes ces peurs, ces angoisses ne sont pas les vôtres. Elles font partie de ces âmes qui ont été là autour de vous pendant l’accouchement de votre maman. Ce que je veux vous dire, c’est que vous portez sur vos épaules tout le symbole d’une libération et les souvenirs d’un peuple qui a subi des horreurs. Mais vous… Oui, vous, vous devez aussi faire votre propre vie et retrouvez un peu d’apaisement.

J’espérais du plus profond de mon cœur qu’il trouverait un peu la paix, que ce retour aux sources le libérerait de ses angoisses.






   
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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Jeu 26 Juil - 17:29



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ft. Vanessa Cartray


La chambre était aussi spacieuse que le vol avait été long… Mais je n’avais pas pris le temps de vraiment m’extasier sur la chambre qui était pourtant très belle : le personnel de l’hôtel n’avait pas lésiné pour fournir des chambres à la hauteur du « dommage » causé par leur incident de canalisation. Il fallait dire que je n’étais pas vraiment dans le coin pour faire du tourisme… On avait vu mieux comme endroit pour ce genre de truc.

Et pourtant, l’objectif était quand même de me détendre… Comme tous ces gens qui partaient en vacances, j’avais pris l’avion dans le but de trouver une forme de paix, de sérénité… Enfin, c’était plutôt Vanessa qui m’avait mis ça en tête, qui voyait les choses comme ça.

Elle n’avait pas tort, cela dit… Je ne savais pas ce qui m’attendait, je n’avais jamais visité de camp de concentration. Putain… Est-ce qu’on pouvait même vraiment formuler une telle phrase ? « Visiter un camp de concentration » ?

Mais j’avais besoin d’une chose, et ça, j’en avais pris conscience seulement à partir du moment où on avait commencé à parler de ce pèlerinage avec Vanessa : je devais tuer, absolument, les fantasmes horribles, atroces et complètement irrationnels du petit garçon qui vivait en moi.

Parce que j’avais vécu toute mon enfance en pensant que ce n’était pas fini… Que quelque part, dans un pays lointain qu’on appelait « Allemagne », on exterminait toujours des gens dans des chambres à gaz sous prétexte que ces gens, comme moi, fêtaient Hanukkah… J’avais longtemps pensé que mes parents n’avaient fait que s’échapper !

Avant de grandir un peu… et que les choses se mettent tout doucement en place : non, les camps n’étaient plus en fonction, tous les gens avaient été libérés, et mon père… n’était pas vraiment mon père.

Il fallait, aujourd’hui, que je vois que c’était moi grave que l’image que j’en avais dans la tête…

Et ce que je redoutais… C’était que ce soit pire.

J’avais vaguement souris à Vanessa, la regardant dans les yeux brièvement avant de baisser le regard à nouveau.

-Oh si, vous avez un don. Et c’est parce que c’est un don que vous ne savez pas d’où ça vient.

Vanessa était une femme modeste, j’avais déjà pu remarquer ça parce que jamais elle n’avait voulu vraiment accepter la reconnaissance que j’avais pour elle, pour ce soir où elle m’avait sérieusement sauvé la vie… Mais c’était quelque chose que j’appréciais chez elle, parce que je connaissais cette attitude : mon père avait la même. En tant que soldat américain, il avait participé à la libération de Buchenwald. Il avait sauvé ma mère, il m’avait sauvé moi.

Et lui, refusait encore aujourd’hui le statut de héro. Pas grave. Il l’avait quand même. Pour moi, il l’avait. Et Vanessa aussi. D’autant qu’elle ne considérait pas encore sa tâche accomplie, preuve en était qu’elle était là, aujourd’hui, avec moi.

Je jouais nerveusement avec mes mains tout en racontant un peu, résumant beaucoup. Vanessa ne dit rien dans un premier temps, changeant juste de place pour venir s’assoir à côté de moi sur le lit. Je vis sa main se faufiler entre les miennes, puisque je me refusais toujours à la regarder… Je la laissai faire, j’enlaçai même ses doigts avec les miens en trouvant une forme d’encouragement dans le geste…

Et à l’encouragement succéda la douceur avec le baiser qu’elle déposa sur ma joue et qui me fis alors tourner le regard vers elle… Un regard qui était plein de gratitude, loin d’être choqué par le geste.

Elle reprit la parole d’une voix calme. Et je me demandais comment elle faisait, un peu comme dans l’avion quand je l’avais regardée dormir contre mon épaule en me demandant comment elle pouvait atteindre un tel état de décontraction alors qu’on filait à toute allure à des kilomètres du sol, conduits par un type dont on ne savait même pas à quoi il ressemblait…

Elle disait que je devais prendre le temps et qu’on avait déjà franchi pas mal d’étape… Ouais, « on », parce que sans elle, je ne serais pas là aujourd’hui.

Je hochai doucement la tête, prenant une bonne inspiration, la prenant au mot.

-Ouais… ok…

Elle se redressa et je pensai qu’elle allait s’éloigner, prendre ses aises dans la chambre, la visiter… mais non, elle vint s’agenouiller devant moi. Plus moyen de fuir son regard, alors… Elle parla encore, affirmant que je devais, sans renier, dissocier ma vie du contexte dans lequel elle avait débuté…

Je me mordis la lèvre.

-Je ne peux pas…

Si je me détendais, tout allait s’écrouler. C’était cette putain d’impression que j’avais. Je ne pouvais pas lâcher prise.

-Vous étiez là le jour de l’agression… Ce n’est pas tout à fait terminé. Ce ne sera jamais terminé.

Je secouai la tête… Je ne paniquais pas, je ne m’effondrais pas, je n’avais même pas les larmes aux yeux. Mais j’étais, à la fois fataliste et près à combattre.

-Je dois protéger les miens… Il faut que je garde les yeux ouverts…

Et pourtant, je clignai des yeux plus vite… Serrai la main de Vanessa plus fort… Les flashes, je détestais ça… L’obscurité de la chambre parentale, les pleurs de ma mère rattrapée par ses souvenirs en l’absence de la présence protectrice de mon père adoptif parti en mission, mes yeux bleus clairs de gosse fixés et déterminés dans les siens qui ne cillaient pas… Lui promettant qu’un jour, ce serait les monstres de ses cauchemars qui auraient peur de moi.

-Je veux aller voir… Je veux aller voir par moi-même ce qu’ils ont fait.

Je recommençai à trembler, ma main dans celle de Vanessa. Puis, je la regardai…

-Mais j’ai peur que ce soit pire que ce que j’ai imaginé… Ou que ça ne change rien.

Mon cœur battait beaucoup trop fort, au point que j’en avais mal… Je respirais plus fort aussi, en pleine crise d’angoisse sans m’en rendre compte, et je portai instinctivement la main de la journaliste à ma poitrine comme pour y trouver une forme d’apaisement, cet apaisement dont elle parlait sans cesse et qui pour moi, semblait aussi réel qu’une putain de légende…

-Quand on y sera… Je vais lâcher tout ça…

Je tapai doucement sa main contre mon cœur.

-Tout ça… A l’intérieur du camp…

Et le faire sauter.

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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Ven 27 Juil - 13:04



   
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Il y avait quelque chose entre Jake et moi qui faisait qu’on pouvait se confier l’un à l’autre, peut-être était-ce dû à l’agression qu’il avait subie et à cette folle nuit que nous avions passée ensemble pour fuir ce cinglé. Si ma vie était aussi plate qu’une ligne droite comme l’avait souligné si gentiment et même complètement shooté Daniele Ricci lors du concert que j’avais couvert avant mon départ pour l’Allemagne et que donc, je n’avais rien de bien intéressant à dévoiler, je savais parfaitement écouter et être attentive aux autres. Oui, vous avez bien compris, j’étais encore blessée par les mots de Daniele même si je tentais par tous les moyens de les occulter parce que mon petit souci n’avait pas sa place entre Jake et moi.

Je ne savais pas si c’était le fameux don que Jake s’efforçait de mettre en avant, pour moi, cela me semblait être normal et naturel de venir en aide à une personne blessée, de la soigner et aussi de soutenir quelqu’un qui avait besoin d’une épaule. C’était plutôt vers une personne de son entourage qu’il aurait dû se tourner pour partager toutes ces émotions. J’avais été très touchée qu’il me demande de l’accompagner, peut-être que tout simplement, il était beaucoup plus facile de ne pas être jugé par une inconnue ou bien de trop en dire, ce qui n’était pas le cas avec nos proches.

Dans cette immense chambre composée de deux lits, Jake s’était de nouveau confié à moi en me dévoilant qu’il était né aujourd’hui, le 11 avril, et que c’était aussi pour cela qu’il avait choisi cette date. Un anniversaire qu’il passerait pour la première fois sans ses parents … et avec moi. Très émue de cette confiance, je m’étais assis à côté de lui. Jake jouait nerveusement avec ses mains, évitant mon regard. Je ne ferais rien pour le brusquer, bien au contraire, je lui montrai alors que j’étais près de lui en glissant ma main ente les siennes. Nos doigts s’entrelacèrent tendrement et je lui offris un baiser sur la joue et quelques mots pour lui donner la force de continuer son pèlerinage, lui qui avait fait l’énorme effort de surmonter sa peur. Il restait encore à se rendre sur les lieux. Encore quelques mètres, et il se retrouverait face à ce qui le rongeait.

J’avais besoin de capter ses yeux … Ce bleu toujours aussi intense qui me troublait depuis que nos routes s’étaient croisées dans cette ruelle. Agenouillée face à lui, il ne pouvait échapper à mes prunelles plus foncées. A travers quelques phrases, Jake me raconta ce qu’il vivait. Il porta alors ma main contre son cœur avec cette promesse de libérer toute cette rage, cette peur et ces images qui n’avaient cessé de le hanter depuis qu’il était enfant.

Ma main à plat, je sentais contre ma paume son cœur battre à vive allure. De ma main de libre, je caressai doucement sa joue.

- La violence sera toujours présente. L’humain est ainsi, Jake. Il peut être généreux, construire des choses magnifiques et époustouflantes, comme il peut être cruel et tout détruire. Mais, vous ne pouvez pas vivre dans cette angoisse permanente. Il faut la mitiger, garder un œil sur les gens que vous aimez, les protéger, mais il faut aussi vivre pour vous. Vous êtes le symbole de cette liberté que votre maman vous a donné : vivre libre et heureux.

Je frictionnai son bras tendrement avec ma main de libre en le voyant si perdu et en pleine crise d’angoisse, l’autre était toujours contre son cœur.

- Lorsque vous libérerez toute cette colère, cette rage, toute cette angoisse … Si vous tombez, je serai là pour vous rattraper et vous vous relèverez parce que vous êtes fort. Vous n’êtes pas seul. Je suis là avec vous et pour vous. On ira voir tout cela quand vous serez près.

Je me levai alors pour changer de position et m’asseoir de nouveau près de lui.

- Quoi que vous verrez là-bas, que cela soit pire ou exactement la même chose que vous avez imaginé, vous en sortirez changé parce que vous avez fait ce voyage pour vous confronter à cette colère et à cette peur. Hurlez à n’en plus finir, Criez, libérez-vous de tout une fois sur place et vous trouverez cet apaisement.

Je le pris dans mes bras, car je voyais que sa crise ne passait pas, ma joue posée sur son épaule et je l’enlaçai.

- Avoir peur du lâcher prise, c’est accepter ses propres limites. C’est accepter enfin de ne plus gaspiller autant d’énergie à tout vouloir contrôler. Ça sera une façon pour vous de vous ouvrir à une nouvelle vie sans pour autant oublier.






   
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Jacob Snyder


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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Sam 28 Juil - 17:43



Memories And Emotions
ft. Vanessa Cartray


Je sentais nos mains jointes rebondir contre ma poitrine. Ma respiration était légèrement saccadée, pas encore assez que pour haleter vraiment, mais suffisamment pour que mon ton en soit un peu changé, pris d’angoisse que j’étais.

J’avais l’impression que mon cœur et ma tête allaient exploser. Mais je devais encore attendre un peu, attendre d’être sur place pour tout lâcher, en espérant pouvoir le faire et ne pas me retrouver bloqué une fois dans le camp.

Parce que j’avais assez d’énergie là-dedans pour me donner l’impression que je pouvais tout faire sauter.

Ce fut la caresse de Vanessa sur ma joue qui me fit redescendre un peu. Je n’avais aucune idée de comment elle s’y prenait, mais elle y arrivait à chaque coup. Et c’était probablement ça qui m’avait amené à la choisir pour faire ce voyage avec moi… Non seulement parce qu’elle en avait, la première, exprimé l’idée tout haut et ensuite, parce que j’avais besoin de ce don naturel qu’elle avait et auquel elle ne croyait pas elle-même.

Je ne savais pas si elle savait faire cet effet-là à d’autre. Et je m’en foutais. Egoïstement, je me disais que ça fonctionnait sur moi et que c’était tout ce qui comptait.

Vanessa voyait deux facettes dans l’être humain là où je n’en voyais qu’une seule. Ce qu’elle me demandait de faire, avec d’autres mots, c’était ce que beaucoup m’avaient déjà conseillé de faire : relativiser. Un si petit mot, un terme nonchalant…

Elle ne me disait pas, cependant, de n’en avoir rien à foutre comme d’autres me l’avaient déjà dit… Comme Mark Canter lui-même qui me disait souvent : « Hey ! Jake ! Relax… Essaye d’en avoir rien à foutre de rien pendant deux jours, tu verras, ça te fera du bien… »

J’étais incapable de faire ça.

Vanessa, elle, proposait un entre deux. Pas obligé de fermer les yeux… Mais m’accorder aussi un peu de temps, être moins exigent avec moi-même, en gros, si je comprenais bien.

Ouais… Ça allait pas être évident non plus, ça…

Cela dit, elle avait raison et je savais que ma mère voudrait que je puisse profiter, finalement, de cette liberté qui lui avait été amputée.

Mais j’avais la rage et c’était plus fort que moi.

Mes yeux bleus cherchaient désespérément quelque chose dans les yeux marron de la journaliste.

-Je sais pas sur quoi me concentrer pour ça… Je n’ai… aucune putain d’idée de ce qui me rend heureux. Il y a des choses que j’aime faire mais je suis toujours rattrapé par mes angoisses, même dans les bons moments.

Je ne savais pas profiter, de rien, en gros. Parce que je voulais toujours tout anticiper, tout contrôler. Et en même temps, c’était un peu comme si, dans les moments où j’allais bien, dès l’instant T où je me rendais compte que je me sentais bien… C’était foutu : mon estomac se nouait, mon cerveau carburait et c’était reparti…

Je l’écoutais attentivement, hochant la tête silencieusement… Elle affirma qu’elle serait là, elle me conseilla de hurler, de me libérer une fois sur place…

Ouais, ça aussi je le redoutais… Parce qu’en cette journée, on ne serait pas les seuls à faire le voyage jusque-là et je me voyais mal me donner en spectacle… en fait, j’aurais voulu pouvoir être seul, ou juste avec Vanessa…

Je mordis ma lèvre… Serrai un rien plus fort la main de Vanessa que j’avais gardé tout du long contre mon torse. J’entendais mon cœur battre jusque dans mes tympans.

-Je vais peut-être rester bloqué… Je vais peut-être pas oser… Faudrait qu’on soit seuls… Faudrait qu’on demande, peut-être… Je sais pas…

Je marquai une pause… Et pour la première fois de ma vie, je prononçai une phrase qui n’avait foutrement rien d’anodin.

-Faudra m’aider…

Peu importe comment… Mais mieux valait que j’explose plutôt que d’imploser…

Pour après, essayer de faire ce que Vanessa disait : commencer une nouvelle vie, sans oublier…

Je me penchai en avant, fermant les yeux, jusqu’à ce que mon front arrive doucement contre celui de Vanessa. J’avais l’impression d’être brûlant et elle toute fraîche.

Je ne sais pas combien de temps on resta comme ça… Ça pouvait être quelques secondes ou quelques minutes. Jusqu’à ce que mon cœur se calme un peu au point que je me disais que je venais de passer près de l’AVC.

Je finis par respirer plus calmement, jusqu’à murmurer en décollant mon front du sien et en lui souriant…

-Je vais aller prendre une douche…

Parce qu’après le voyage qu’on venait de faire, j’en avais bien besoin…

-Et ensuite… On mettra à fin à ce putain de suspense.

Parce que j’en pouvais plus… Je me levai prudemment, parce que j’avais l’impression que ma tête tournait légèrement, puis pris mon sac pour me diriger vers la salle de bain qui était énorme elle aussi. J’optai, au final, plutôt pour un bain, essayant de me détendre sans réellement y arriver.

Peut-être qu’il faudrait réitérer l’expérience ce soir…

Je laissai ensuite la place à Vanessa pour qu’elle fasse de même, profitant qu’elle se rafraîchissait pour m’allonger un peu et fermer les yeux… Je n’arrivais à penser qu’au camp, à comment je l’imaginais, à ce que je risquais de voir mais surtout, de ressentir une fois sur place…

***


Jusqu’à ce qu’on se retrouve juste à l’entrée du camp.

Spoiler:
 

Une grand bâtiment, une grille de métal noir et une horloge ironique comme pour décompter le temps qu’il restait à vivre à chacun une fois passé cette ultime porte.

Deux options nous avaient été gentiment proposées à notre arrivée sur place : visite en groupe avec un guide… ou seuls et à notre rythme, le guide nous expliquant que tout était de toute façon expliqué sur de grands panneaux où il y avait aussi des photos témoignant de ce à quoi le camp ressemblait alors qu’il était en fonction. Cet homme était vieux et bien  plus qu’un humble guide malgré ce qu’il affirma, et nous expliqua ensuite être un survivant, comme ma mère…

Les larmes m’en étaient montées directement aux yeux et malgré le fait que j’avais allumé une cigarette pour dissimuler ça, fuyant tant la regard de l’homme que celui de la journaliste, ça ne lui échappa pas et il prit mes deux mains dans les siennes, fermement, cherchant mon regard. Ses mains étaient courtes, calleuses et bouffées par une arthrose précoce. Mais il tenait ferme.

Quand il capta mon regard bleu, il ne le lâcha plus.

Et il affirma dans un anglais approximatif teinté du même accent que celui que ma mère essayait de dissimuler.

-Toi dois voir. Dedans : la mort. Mais toi. Toi, tu vis. Donc nous gagné.

Je le regardai, surpris, ma cigarette se consumant toute seule entre mes lèvres. Je ne lui avais rien dit sur moi, sauf que je préférais faire la visite seul avec Vanessa. Pour ne pas m’écrouler devant tout un groupe. Il lâcha une de mes mains pour me désigner le camp d’un index tordu.

-Ça que les restes du Mal. Toi pas avoir peur. Mais faut pas oublier.

Je hochai la tête, comme hypnotisé par cet homme qui m’impressionnait de pouvoir rester aussi près du cadavre de ce monstre de métal et de béton alors qu’il l’avait vu vivre et cracher sa fumée pestilentielle.

Je hochai juste la tête, mais mon regard était toujours humide…

Puis il avait glissé ma main dans celle de Vanessa.

-Allez.

Et on y était allés, main dans la main… Jusqu’à se retrouver devant la grille d’entrée proprement dite.

« Jedem das seine. »


« Chacun reçoit ce qu’il mérite. »


Je trouvai la force de ricaner… Marmonnant pour les fantômes.

-Et pour quel crime ?...

Je posai un genou à terre, sans lâcher la main de Vanessa et posai la main au sol, prenant une poignée de terre et de poussière mêlée, ma cigarette rougeoyant alors que je tirais fort dessus...

-Je suis né juste ici.

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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Mar 31 Juil - 15:06



   
Memories & Emotions
   ft. Jake Snyder


   

Jake était bien trop exigeant avec lui-même pour pouvoir profiter d’un apaisement qui lui serait favorable. Il avait compris que je ne lui demandais pas de tout oublier, de fermer les yeux ou bien de tout ignorer, de toute manière, je savais depuis qu’il en serait incapable. Je lui demandais de faire la paix avec ces fantômes, avec ces peurs qui n’avaient cessé de le hanter depuis qu’il était tout petit.  Ce qu’il ne voyait pas, c’est qu’il s’épuisait à force de combattre ce passé et sa propre rage et qu’au bout, il pourrait définitivement tout perdre. La solution que je lui proposais n’était pas facile, une sorte d’équilibre entre le souvenir et cette paix qu’il devrait trouver en lui-même. Bien sûr, c’était plus facile à dire qu’à faire dans ma position, mais Jake était tellement rongeait par toutes ces émotions, que j’en avais mal pour lui.

La première étape serait de tout lâcher. Cela voulait aussi dire se laisser tomber du haut de ce fossé émotionnel. Et je serais là pour le rattraper et le soutenir. Il n’avait aucun souci ni aucun doute à se faire. C’était surtout la confiance entre nous deux qui était la plus importante et chacun, nous l’avions démontrée à maintes reprises.

Je tentais de calmer son angoisse qui se révélait lentement en lui offrant une douce caresse contre sa joue. Je sentais les battements erratiques de son cœur contre la paume de mon autre main qu’il avait gardée contre lui. Jake réfléchissait à la portée de chacun de mes mots pour y puiser la force de continuer et d’aller jusqu’au bout de ce voyage. Il me dévoilait ses faiblesses et son incapacité à se concentrer sur quelque chose qui le rende heureux sans que ses angoisses ne le rattrapent pour tout gâcher.

- Jake, tout ne peut pas se faire en un seul jour, ni en quelques heures. Cela vous demandera beaucoup de travail sur vous-même pour résister à vos angoisses et les rendre moins … effrayantes. Commencez par vous focaliser sur ce que vous aimez faire, puis, vous verrez ce qui peut vous rendre heureux, ce qui vous donne le sourire, les situations ou les gens qui vous apaisent, que vous appréciez et au fur et à mesure, en vous concentrant sur tout cela, vos angoisses se mettront de plus en  plus en retrait. Là aussi, je dirais que vous devez lâcher les rênes et profiter de ce qui vous entoure.

Je l’avais encouragé de hurler, de crier une fois sur place, là-bas, mais il était vrai que nous n’y serions pas tout seul.

- Et alors ? Ne vous occupez pas des autres … Vous êtes ici pour vous … Alors faites ce que votre cœur vous dicte, ce dont vous aurez besoin une fois là-bas. Vous n’avez de compte à rendre à personnes.

Je hochai la tête à sa demande.

- Je serais là et je vous aiderai.

Ce qu’il n’arrivait pas pour l’instant à visualiser, c’était que seul lui pouvait se libérer de tout ce  fardeau. Moi, je n’aurais aucun pouvoir sur cela. Je me tiendrai à ses côtés pour le soutenir. Il se pencha vers moi et colla son front contre le mien. On resta ainsi plusieurs minutes, les yeux fermés à écouter le silence de notre chambre et lui à tenter de maitriser son cœur et sa respiration affolés par tout ce qu’il allait affronter aujourd’hui.

Puis, il mit fin à notre contact en se reculant un peu de moi. Sa chaleur m’avait enveloppée et je me retrouvai soudainement en manque de quelque chose … J’ouvris mes yeux et je plongeai une nouvelle fois mon regard dans l’immensité bleuté qui me faisait face. Je lui souris en retour lorsqu’il annonça qu’il allait prendre une douche puis qu’on se rendrait au Camp de Buchenwald.

Durant ce moment où je fus toute seule dans la chambre, pendant qu’il se prélassait et se détendait dans la salle de bain … Je m’étais allongée sur le lit de Jake, les yeux fixés sur le plafond.  Ma priorité, c’était lui et j’avais failli presque occulter qu’après cela, on filerait vers l’Italie et Rome.

Rome et Daniele Ricci. Je ne voulais pas le voir. Je n’avais pas encore la force de lui parler, pas après tout ce qu’il m’avait dit même si c’était sous l’emprise de la drogue et de l’alcool. C’était trop récent et la blessure était trop vive pour que je retrouve face à lui. Pourtant, même si j’allais faire tout mon possible pour ne pas croiser la route du manager … je n’étais pas certaine que cela marche à la perfection. Je posai mes mains sur le visage et essayer de faire disparaitre tout cela.

Je sursautai quand Jake sortit de la salle de bain en me laissant la place. Il devait se demander ce que je faisais, allongée sur son lit. Je pris à mon tour ma trousse de toilette et des vêtements propres et je filai sous la douche. J’espérais que l’eau chaude calme et relaxe mes muscles mis à mal par le voyage.


******************************

Nous y étions …
J’observais avec attention ce bâtiment sobre avec sa grande grille en métal noir surmontée d’une horloge. Quelles avaient été les pensées de toutes ces personnes en voyant cette grille et cette heure qu’affichait l’horloge à leur arrivée ?

Un guide nous expliqua les deux options qui nous étaient proposées. Cet homme n'était pas seulement un guide, mais un survivant de ce camp. Je m’étais reculée de Jake et de cet homme, les laissant entre eux, dans cette communion importante entre deux survivants, chacun à sa manière. Je n’arrêtais pas de détailler tout ce qu’il y avait autour de moi et j’avais l’impression d’être entourée par les âmes qui avaient perdu leur vie. Un léger petit vent s’était installé et j’en avais les frissons, frictionnant mes bras recroquevillés contre ma poitrine.

Même en retrait, j’avais entendu les paroles de cet homme. Il disait la même chose que j’avais dit à Jake, qu’il était le symbole de la Lumière parmi les Ténèbres et qu’il devait vivre pour ceux qui s’étaient battus pour lui donner cette liberté. Parfois, ce vieil homme me jetait un regard attendrissant tandis qu’il poursuivait ses explications sur le Camp et je ne pouvais que lui sourire affectueusement, en retour. Il m’avait fait signe d’approcher et il avait unis nos mains en nous montrant le chemin à suivre.

Nous nous tenions devant cette imposante grille et je percevais tout le tourment de Jake rien qu’au travers de notre contact. Il laissa tomber un genou à terre, raclant avec sa main de libre une poignée de terre qu’il ramassa. Il était né juste ici … Ce fut la plus grosse émotion que je vivais. Je me calai près de lui, posant à mon tour un genou à terre et caressant son épaule de mon autre main.

- Sans le savoir, j’avais vu juste. Vous êtes tout un symbole de par votre naissance … Cet homme a raison, Jake. Le Mal a été vaincu. Il ne faut rien oublier, mais il faut vivre pour ceux qui se sont battus.

Je me redressai et je me libérai de l’étreinte de sa main et me positionnant, debout, dans son dos, les deux mains sur ses épaules.

- Allez-y … Hurlez ! Lâchez-tout cette rage, cette colère, cette angoisse !  Je suis juste derrière vous, je vous tiens. Vous n’êtes pas tout seul.







   
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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Mar 7 Aoû - 17:00



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ft. Vanessa Cartray


Ce qu’il y avait de bien chez Vanessa, c’était qu’elle avait un optimisme réaliste. Elle ne promettait pas de miracle, elle réalisait que ce ne serait ni facile, ni rapide de trouver un peu d’apaisement. Mais tout du moins affirmait-elle que c’était possible.

Pas à pas, c’était possible.

Même si je ne pourrais probablement pas changer de tout au tout car tout ce que j’étais n’était pas non plus lié à ma naissance, mon éducation et tout ce que nous allions voir aujourd’hui. J’étais d’un tempérament nerveux, mais si j’arrivais au moins à n’être qu’un type nerveux comme des milliers d’autres types nerveux, ce serait déjà pas mal. Ce serait au moins vivable…

Et pourtant, cet objectif réaliste que me proposait Vanessa ne me semblait pas moins impossible. Rien que les expressions « lâcher les rênes », « lâcher prise », me foutaient les jetons.

Sans l’angoisse, la rage, j’avais peur de me retrouver complètement vide.

Sans la présence rassurante de Vanessa, sans ce repère pour me raccrocher, ce voyage n’aurait probablement pas la même tournure.

En fait, je ne serais jamais venu jusqu’ici.

Et Vanessa m’avait dit de hurler, sans me soucier des autres et que pour ce qui était du reste, ça se ferait à mon rythme.

Juste après mon bain, je l’avais trouvée allongée sur le lit que je m’étais attribué, pensive. Je n’avais rien dit, me contentant de signaler ma présence en posant mon sac. Je ne savais pas à quoi elle pensait, et ça ne me regardait pas, mais ça me rappela que je n’étais pas le seul pour qui la vie n’était pas toujours tendre. Et aussi que mes angoisses personnelles étaient beaucoup moins rationnelles que les vrais problèmes des autres.

Parce que, brièvement, le visage de la journaliste avait été triste et c’était une facette qu’elle ne m’avait jamais montrée.

Une fois à l’entrée du camp de Buchenwald, Vanessa avait réussi à remettre ce qui l’attristait de côté pour reprendre son rôle de soutien, forçant mon admiration. Jamais je ne pourrais aider qui que ce soit comme elle le faisait, trop envahi par moi-même que j’étais. Egocentrique à ma façon.

Mais le guide et survivant du camp que nous avions rencontré, lui, avait vu juste en joignant nos mains pour me rappeler que je n’étais pas seul. Et que c’était à deux que nous vivions cette expérience qui ne pouvait laisser personne indifférent, qu’importe l’origine, la religion ou l’histoire des visiteurs du camp… Le Mal qui avait régné ici avait été au-delà de tout ça. Et c’était en faisant fi de leurs différences et en s’unissant que les prisonniers de Buchenwald avaient mené leur révolte, peu avant l’arrivée sur place des Américains.

Du Mal était née une unité qui l’avait renversé.

Et moi, j’étais l’incarnation même de ce symbole, de cette victoire de la vie sur la mort.

Ce fut ce qu’affirma Vanessa quand elle mit un genou à terre à son tour, une main sur mon épaule, me caressant doucement, presque lovée contre moi alors que je laissais couler la poussière entre mes doigts.

-Vivre ? Ou continuer à me battre pour que ça n’arrive pas encore ? Rester alerte pour capter le moindre digne de résurrection du Mal ?

Je tournai la tête, regardant Vanessa dans les yeux. Sur mon visage, les traces de l’agression s’étaient estompées mais peinaient à partir et c’était ce que je voulais qu’elle voit.

-Si je me mets à vivre et construire, et puis qu’ils viennent tout me prendre ?

Comme ils l’avaient fait avec la famille de ma mère dont elle était la seule survivante… Une famille dont elle n’avait rien su garder, pas même une photo, comme s’ils avaient juste été effacés…

Je n’y survivrais pas…. Je ne survivrais déjà pas s’ils prenaient mes parents qui étaient mon seul véritable lien affectif. Alors fonder une famille ? Pour les voir peut-être un jour, impuissant, se faire exterminer ?

Non merci…

Là était mon blocage, la pensée qui me réveillait la nuit lorsque j’arrivais à dormir.

Lorsqu’il n’y eut plus de terre dans ma main, je me relevai. Vanessa fit de même, se plaçant derrière moi, ses mains sur mes épaules, m’incitant à hurler…

Mais non…

-Non.

Je posai ma main sur l’une des siennes, sur mon épaule, mes yeux bleus rivés sur la grille que nous n’avions pas encore franchie.

-On est encore du bon côté de la grille.

Je devais aller voir au-delà. Je me tournai donc vers Vanessa et lui tendis la main pour qu’elle la prenne. Et si c’était elle qui m’avait mené jusqu’ici, ce fut bien moi qui nous fis franchir un pas de plus dans cette quête.

Je ne pouvais pas nier qu’une part de moi aurait voulu tout rationnaliser, aller jusqu’à trouver ne fut-ce qu’une infime raison à cette haine qui avait tué tant de gens.

Mais il fallait se rendre à l’évidence, alors que nous marchions lentement entre les baraquements restants, découvrions horreur sur horreur, jusqu’aux maisons des nazis au-delà des barrières, là où vivaient leurs familles et où jouaient leurs enfants, qu’il n’y avait pas de raison à tout ça.

Juste de la folie pure.

Ils avaient même été jusqu’à construire un zoo qui bordait le camp où des gens mouraient par centaines.

Comme si c’était normal.

Plus on avançait, plus on se rendait compte de la hauteur inimaginable de cette montagne d’aberration, plus je serrais la main de Vanessa… Plus mes yeux étaient humides.

Jusqu’à ce que serrer sa main ne suffise plus et que je doive me soutenir à elle d’un bras autour de ses épaules. Jusqu’à ce que les larmes coulent d’elles-mêmes sur mes joues et se perdent dans ma barbe de quelques jours.

Jusqu’à ce que mes yeux se perdent dans le vide et que je sente que mon corps ne pouvait plus supporter la puissance de ma peur et de ma rage combinées.

Mon imagination fit le reste.

Mes muscles se contractèrent et un grondement sourd, d’abord, sortit du fond de ma gorge pour aller en s’amplifiant… Comme le vent autour de nous se mit à souffler plus fort. Quand j’étais petit et que je sentais toute cette force en moi, j’imaginais pouvoir l’utiliser pour faire bouger des objets sans les toucher, avoir un pouvoir qui me permettrait à la fois de faire peur et de me défendre ainsi que ma famille.

Aujourd’hui, c’était une véritable tempête que je créais, une tempête qui engloutissait tout, alors que je me mettais réellement à hurler sans plus faire attention à ce qu’il y avait autour de moi.

Mais si ce phénomène de destruction n’était qu’une belle hallucination due à l’émotion, j’avais bel et bien hurlé et contracté tous mes muscles jusqu’au point de rupture. Quant à la tempête, elle cessa au moment où je fus suffisamment vidé pour tomber à genoux dans la poussière, mon cri mourant dans ma gorge et la tête me tournant au point que des taches noires dansaient devant mes yeux.

Quand elles s’estompèrent, le camp était toujours là et j’étais à genoux au sol, essoufflé….

Mais les magnifiques yeux sombres de Vanessa Cartray étaient toujours là aussi.

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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Jeu 9 Aoû - 12:31



   
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   ft. Jake Snyder


   


Cette immense entrée en métal n’attendait que de s’ouvrir pour nous happer dans sa gueule, là où le Mal avait marqué l’Histoire du monde entier, d’un peuple, d’une nation et qui avait vu aussi l’union de tous ces gens se battre et s’élever contre l’Enfer. Jake, un genou à terre,  me révéla qu’il était né juste ici. J’avais eu donc raison de dire qu’il était tout un symbole de cette Paix et de cette Liberté pour laquelle des femmes et des hommes s’étaient battus.

Les peurs et les angoisses de Jake n’étaient pas seulement les fantômes de cette Histoire, ni de son passé, c’était aussi le blocage qu’il avait en lui : la peur d’avancer, de construire, d’aimer pour éviter que tout cela, tout ce Mal ne se reproduise à nouveau … Et tout perdre comme ces Innocents qui avaient dû affronter la folie des Hommes. Ses yeux cherchaient une réponse dans les miens et je percevais ce dilemme qui le rongeait. Son visage portait encore les marques de son agression.

- On a tous peur de perdre les gens que nous aimons, à qui nous sommes attachés. Vos parents ont été confrontés à cela à cause de l’horreur de la guerre.  N’ayez pas peur de perdre des Êtres chers parce que c’est le processus normal de tous les Êtres humains, où que nous soyons sur cette Terre, quelle que soit notre religion. Il faut que vous puissiez accepter cela, faire un travail sur vous-même. Vous ne pouvez pas tout contrôler, par contre vous pouvez vous concentrer à passer du temps avec toutes ces personnes qui vous touchent, que vous aimez. Le temps passe si vite, et on se rend-compte qu’on aurait voulu avoir plus de temps pour entreprendre des choses.

Ma main continuait à caresser son dos tout doucement.

- Utilisez votre énergie sur l’instant présent, pas ce sur ce qui pourrait se passer même si on est conscient que tout peut basculer. Personne ne vous prendra rien Jake. Nous ne sommes plus en temps de guerre. Oui, il y aura toujours des fous, mais on est plus fort qu’eux et vous ne pouvez pas vivre dans la peur à cause d’eux. Si vous faites cela … alors tous ces Innocents … vos parents … et même cet homme qui est venu nous parler auront résisté au Mal pour rien. Vous avez cette chance qu’ils n’ont pas eue. Saisissez-là.

Je ne savais pas si mes mots étaient clairs et si ma démarche l’aiderait. Pourtant j’y mettais tout mon cœur.

- Il faut que vous trouviez le moyen pour contrôler ces angoisses. Cela peut- être n’importe quoi : la présence d’une personne, le sport,  l'écriture, l'art, les activités liées à la nature, la musique. Laissez-vous envahir par vos émotions et exprimez-les si vous en avez besoin et vous verrez qu’au fur et à mesure, vous arriverez à les maitriser.

Jake nous avait fait alors rentrer à l’intérieur du bâtiment, main dans la main et avec lui, je découvrais les inepties de ce camp où la mort côtoyait les maisons des familles des nazis, et même un zoo. Je n’en croyais pas mes yeux et pourtant … l’Histoire était bien réelle.  Tout cela éveillait en moi un bouleversement émotionnel important et j’en frissonnais à chaque pas que nous faisions.  Son trouble était si fort que sa main ne cessait de serrer la mienne. Et à mon tour, je serrai la sienne pour lui montrer tout mon soutien et mon réconfort.

Accroché à moi, un bras autour de mes épaules,  pour pouvoir encore tenir debout et avancer, Jake fit alors ce que je lui avais conseillé de faire depuis le tout début, depuis que cette idée de venir fouler le sol de ses angoisses et de ses fantômes avait pris forme : Hurler.
En cet instant où ses muscles se contractèrent, que je sentis toute sa pression autour de mes épaules, j’entendis alors ce cri aigu d’un animal blessé qui n’en finissait plus. Je ne savais plus s’il y avait des gens autour de nous, mais cela n’avait aucune importance. Il se libérait avec toute la rage et la peur qu’il avait accumulée depuis qu’il était tout petit.
Je percevais le souffle du vent répondre en écho au hurlement de Jake, s’élever haut dans les airs et venir tourbillonner dans mes cheveux qui virevoltaient frénétiquement sur mes épaules.

Le décor semblait changer, la terre tremblait sous mes pieds, les branches des arbres qui longeaient le camp se couchaient et j’étais face à une véritable tempête …
Non, rien de cela n’était réel. C’était certainement toute cette émotion que je partageais avec Jake qui me faisait vivre ce phénomène puissant et destructeur. Je dus me protéger les yeux avec mon bras, car la tempête prenait une ampleur monstrueuse … jusqu’à ce que tout se termine … tout s’arrête et que Jake tombe à genoux, à bout de souffle.

Inerte, je détaillais tout ce qui se trouvait aux alentours, clignant des yeux pour tenter de reprendre pied dans l’instant présent.  Mon regard dévia vers Jake qui reprenait tant bien que mal son souffle, totalement vidé parce qu’il venait de faire. Je m’agenouillai à mon tour près de lui, passant mon bras sur ses épaules, pour venir le blottir contre moi. Ses prunelles étaient d’un bleu acier, une couleur que je n’avais jamais vu jusque-là. Je lui souris et je le serrai contre moi quand une voix inconnue se fit entendre dans notre dos.

Immédiatement je me redressai, comme muée par une envie féroce de protéger Jake. Si mes yeux avaient pu lancer des flammes, ils l’auraient fait. Ces deux jeunes gens, qui ne nous voulaient aucun mal, mais qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, auraient été grillés sur le champ. D’ailleurs, l’homme se recula en apercevant mon attitude, prit la main de sa femme pour la faire reculer à son tour.

- Nous n’avons pas besoin de vous. Vous devriez passer votre chemin …

Une voix forte, sans ambiguïté et surtout qui ne demandait aucune question, ni qui ne voulait aucune conversation. Je serrai les poings si forts que le petit couple hocha la tête et fit demi-tour. Je ne savais pas ce qui s’était passé à ce moment-là, mais soudain, tout le poids émotionnel, ce maelström de sentiments imposants que je partageais avec Jake m’affranchissaient de leur présence. Ma respiration se fit plus rapide, comme si je cherchais de l’air pour mes poumons et mes muscles se relâchèrent petit à petit. Je remis un genou à terre, caressant tendrement le dos de Jake.

- Jake… comment vous sentez-vous ?

Du revers de ma main, j’effleurai sa joue où une barbe de quelques jours témoignait de sa fatigue

- Ce n’est que le début du renouveau pour vous. Vous venez de faire face à vos plus grands démons.








   
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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Sam 11 Aoû - 11:08



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Je secouai la tête dans un refus catégorique, le regard tourné vers le camp dans lequel nous n’avions pas encore pénétré. Vanessa prétendait que perdre les personnes qui m’étaient chères, c’était un processus normal… Ouais, quand on parlait de mort naturelle, d’un accident, à la limite. D’accord. Je lui désignai le camp du menton.

-Vous appelez ça un processus normal ?

C’était une question qui n’attendait pas de réponse. Parce que je savais que Vanessa ne considérait pas ça comme normal. C’était juste que parler de perte normale dans un endroit comme celui-ci était un peu maladroit. Je n’avais pas peur de perdre mes parents parce qu’ils auraient atteint un âge avancé et s’éteindrait dans leur sommeil… Je n’allais pas non plus les enfermer chez eux pour leur éviter de se faire renverser par une voiture ou les forcer à vivre au rez-de-chaussée de leur maison pour ne pas qu’ils se plantent dans les escaliers et se rompent le cou.

Ce n’était pas de perte que je parlais.

C’était de vol. Je ne voulais pas qu’on vienne me prendre, sous le simple prétexte de mon identité culturelle, les êtres qui m’étaient chers. C’était complètement différent.

Selon elle, personne ne me prendrait rien… On n’était plus en guerre, je la regardai dans les yeux.

-J’aime votre optimisme. J’aime votre façon de voir.

Je m’étais relevé, une main sur la sienne, sur mon épaule.

-Mais on sera jamais en sécurité. C’est arrivé une fois. Et l’histoire nous a déjà montré que tout ne fait que se répéter, encore et encore.

Vanessa était déterminée, avait une capacité extrême à voir le bon côté des choses. Mon opposée, en quelque sorte, qui voyait le verre à moitié plein quand je le voyais à moitié vide. Je comprenais sa démarche, je voyais qu’elle ne voulait que m’aider. Je voulais bien faire un effort, mais je n’étais pas prêt à avaler tout et n’importe quoi pour ça.

On était entré à l’intérieur du camp et je pense qu’à ce moment-là, Vanessa avait un peu mieux saisi à quel point les choses avaient été graves à l’époque et saisissait aussi la trame de fond sur laquelle j’avais grandi, entre deux parents qui étaient eux-mêmes encore bien trop occupés à se soigner de toutes ces blessures et de toutes ces horreurs, plaçant en moi des espoirs et des symboles peut-être beaucoup trop lourds pour mes petites épaules.

Quant à ce qu’on voyait au fil de notre progression dans le camp, il y avait de quoi faire vaciller même la personne la plus enjouée et optimiste de ce foutu monde.

Moi, je vacillais pas, j’aurais titubé carrément si je n’avais pas Vanessa pour me soutenir. Jusqu’à ce que je m’écroule carrément avec cette impression que tout ce qu’il y avait d’à la fois puissant et mauvais en moi me ressortait de partout, d’un coup, mon cerveau traitant l’information à grand coup d’hallucination…

Pour que finalement, le monde redevienne ce qu’il était, sans changement aucun… Mais me laisse épuisé, à genoux au sol, un peu perdu, essoufflé… vidé.

Vanessa s’était laissée tombé à genoux près de moi et j’avais pu croiser son regard… j’avais l’impression qu’ils étaient plus beaux qu’avant, comme si la décompression que je venais de vivre, sans savoir si les effets allaient vraiment perdurer, me permettaient de mieux voir, ou de mieux apprécier des détails que mes peurs m’empêchaient de voir avant…

Elle me prit dans ses bras et je me laissai faire, ne disant rien, me contentant de reprendre mon souffle, ne remarquant pas les gens qui nous regardaient… J’en étais encore à reprendre doucement le contrôle de mon corps et de mon esprit…

Vanessa se leva, se plaça entre… le monde et moi… Et écarta les voyeurs…

Puis, elle revint près de moi. Elle était très tactile, mais je devais avouer que ses caresses tendres étaient exactement ce qu’il me fallait à l’instant présent. Elle me demanda comment je me sentais. Mon regard chercha le sien…

-Mon nom n’est pas Jake…

Je passai ma langue sur mes lèvres sèches… Mes yeux seuls étaient humides.

-Je m’appelle Jacob.

Je me laissai partir un peu vers l’avant, toujours à genoux à terre, après qu’elle ait caressé ma joue et m’ai annoncé un renouveau… Ouais… peut-être… Pour l’instant, j’avais juste l’impression d’être une loque. Le bas de mon visage finit dans le creux de son épaule, cherchant chaleur, réconfort, soutien… cherchant à sentir quelque chose, parce que là, c’était le vide total et je me demandais si ce n’était pas encore plus effrayant que le pire de mes peurs…

Avec quoi j’allais remplir ce vide, maintenant ?

Je murmurai contre son épaule, presque au creux de son cou, fermant les yeux.

-Je veux rentrer à l’hôtel…

J’avais besoin de m’allonger… J’en avais assez vu, et j’étais quand même pas sûr de pouvoir encore avancer. Pas avant d’avoir dormi au moins trois jours… Tout du moins, c’était l’impression que j’avais.

Je dormis dans la voiture, sur le chemin du retour, après que j’aie été forcé de passer le volant à la journaliste après seulement un kilomètre de route parce que j’avais tendance à dangereusement dévier vers le décor.

Une fois arrivé dans la chambre que nous occupions tous les deux, je me laissai tomber sur le lit, allongé sur le dos… Vanessa s’approcha et je l’invitai à prendre place à côté de moi, si elle le voulait. Quand elle fut tout près de caressai sa joue, lissant ensuite une mèche de ses cheveux entre mes doigts.

-Merci pour ça… D’être venue avec moi…

Je frottai mes yeux d’une main, soupirai, souriai, puis regardai le plafond…

-C’était encore pire que ce que je croyais… plus absurde. Et paradoxalement, je me sens complètement vide… Alors que je devrais être fou de rage.

C’était peut-être de trop, j’étais peut-être carrément au-delà de la rage.

Je regardai Vanessa… mordis ma lèvre. J’étais trop calme, j’avais besoin de ressentir quelque chose, n’importe quoi… Parce que ce gouffre de vide en moi était trop grand, trop sombre et trop flippant.

Alors je me redressai légèrement et n’écoutant que… mon instinct ou quelque chose du genre, je passai une main doucement derrière la tête de Vanessa et posai mes lèvres sur les siennes.

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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Sam 11 Aoû - 14:07



   
Memories & Emotions
   ft. Jake Snyder


   


Le processus normal auquel je faisais référence n’était pas en lien avec le carnage qu’avait subi tout un peuple. Je parlais de la mort « normale », si on pouvait la nommer ainsi. Le processus de vieillesse que chaque humain connaitrait tôt ou tard. Mais, effectivement, j’avais mal choisi mes mots surtout dans ce lieu ci.

Jake aimait ma façon de voir les choses. Je ne savais pas si j’avais la bonne méthode, mais j’essayais de suivre cette voie qui n’était pas toujours facile. De toute façon, rien n’était facile dans la vie.

- L’Homme dans sa nature est à la fois bon et destructeur. L’Histoire pourra se répéter … elle ne pourra pas empêcher les gens de s’aimer et de vivre. C’est aussi ça qui fait notre force. Derrière chaque ombre se cache un rayon de lumière. Il faut protéger cette lumière, ce bonheur, pas s’en priver. Quelle que soit notre origine, notre religion, on doit vivre et aimer. Personne ne doit nous enlever cela. Toutes ces victimes se sont battues pour tout ça.

A l‘intérieur du camp tout semblait irréel et totalement illogique. J’en avais les frissons. On foulait de nos pieds l’Histoire la plus terrible, la plus odieuse que des hommes, des femmes et des enfants savaient vécus à cause de leur origine.
L’émotion trop vive que je partageais avec Jake m’avait fait basculer dans un moment, peut-être, d’hallucinations. Pourtant, j’avais bien senti ce vent s’engouffrer dans mes cheveux et prendre toute sa puissance autour de nous.

Lorsque Jake se libéra de toute sa rage, vidé par e qu’il contenait et muselait depuis longtemps, à bout de souffle, il se laissa tomber sur le sol, moi à ses côtés. Après avoir éconduit des curieux et protéger Jake du regard des autres, il m’avait dévoilé son vrai prénom.

- Peu importe le prénom que vous portez, c’est ce qu’il y a dans votre cœur qui vous définit. Pour accentuer mes paroles et leur donner plus de profondeur, je  tapotai de mon index contre son torse.

Cette rage, cette peur mêlée à ses fantômes du passé marquaient son visage, mais ses yeux n’avaient jamais connu cette teinte-là auparavant. Un bleu acier profond, tenace et terriblement envoutant.

- Enchantée Jacob de faire enfin votre connaissance.

J’avais en face de moi le nouveau Jacob, celui qui avait hurlé toute sa rage. Il ne le voyait pas encore, mais il s’était libéré d’un poids énorme avec lequel il avait grandi et vécu. Des émotions intenses et tellement puissantes qu’elles en avaient rongé sa raison de vivre. Il devait se sentir vidé par tout cela et cette perte le rendait vulnérable. Il ne savait pas à quoi se raccrocher puisque durant  toute sa vie, ces angoisses lui avaient tenu compagnie d’une façon pernicieuse. Il se cala contre mon épaule, posant sa joue au creux de mon cou et je n’avais pas arrêté de l’enlacer entre mes bras pour lui apporter ce calme et ce confort dont il avait maintenant, absolument besoin.

Je hochai la tête à sa demande de retourner à l’hôtel et je l’aidai à se relever puis à rejoindre la voiture en marchant à son rythme. Je n’étais pas emballée par l’idée qu’il conduise. Jake avait subi une trop forte décharge émotionnelle pour garder sa concentration sur la route et il le comprit très vite, puisque nous échangeâmes nos places.

Sur le chemin du retour, Jake s’était endormi et parfois, je jetai un œil rapide sur son sommeil en n’oubliant pas de regarder la route en face de moi. Une fois à l’hôtel, je l’avais réveillé et nous avions franchi l’entrée sous l’œil perplexe de l’hôtesse d’accueil parce que Jake se soutenait à moi, et moi je nous guidais vers l’ascenseur.

Dès qu’il franchit la porte de notre chambre, Il s’allongea dans son lit. Jake avait fait un énorme pas en avant. Maintenant, il devait se laisser du temps pour analyser tout ce qu’il avait vécu et faire le tri dans toutes ses émotions et surtout faire en sorte que ses peurs, ses angoisses ne redeviennent plus le centre de sa vie. Il m’invita à venir m’allonger près de lui et je posai mon sac et les clefs de notre chambre sur le petit meuble pour venir près de lui.

Allongée sur le côté, ma tête en appui sur ma main, mon bras replié sur le matelas, sa main attrapa une de mes mèches avec laquelle il jouait.

- Je vous avais fait une promesse. Je n’allais pas vous laisser tout seul.

Je voyais bien qu’il luttait contre tout ce qu’il venait de vivre. Perdu, il n’avait plus aucune maitrise de ce qui allait se passer.

- Vos peurs vous ont nourri pendant toutes ces années. Toute cette rage vous a tenu compagnie depuis si longtemps. Aujourd’hui vous vous êtes libéré de tout cela et ce vide … c’est toute la place qu’elles prenaient dans votre vie et dans votre cœur. N’ayez pas peur de ce qui vous entoure. N’ayez pas peur de découvrir ce qui vous émeut, ce qui vous fait sourire et petit à petit, vous remplirez votre cœur de nouvelles émotions plus belles.

Son regard sur moi venait de changer, mais j’étais incapable de savoir pourquoi. Ses doigts qui lissaient tendrement la mèche de mes cheveux glissèrent contre ma nuque et mon cœur accéléra sa course contre ma poitrine. Jake se redressa un peu et je m’inclinai vers lui sentant la douce pression de sa main contre moi.


La chaleur de ses lèvres prit possession des miennes et ma main se posa sur sa joue. Muée par une envie freinée depuis longtemps, j’accentuai le baiser pour le rendre plus délicieux. Ma raison me criait de ne pas faire cela, pas maintenant. Jake était trop fragile … Ce n’était pas le bon moment … et pourtant au lieu d’écouter ma raison, je prenais la plus belle des décisions de savourer encore plus ses lèvres. Ma langue glissa entre ses lèvres, recherchant la sienne, doucement, savourant son gout, son intensité. La folie de ce moment qui n’était qu’à nous. Je m’étais rapprochée de Jake, me lovant contre lui. Un baiser à la fois délicat et fiévreux  … mais … c’était une erreur …  

- Jake … Jake attend … Je ne veux pas que tu te lèves demander matin, en regrettant cela, parce que tu avais les idées confuses.

Je baissai mes yeux, mordillant ma lèvre.

- Je peux paraitre très forte … mais pas quand mon cœur est en jeu … pas ainsi …




   
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Jacob Snyder


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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Dim 12 Aoû - 18:00



Memories And Emotions
ft. Vanessa Cartray


Vanessa Cartray était non seulement optimiste dans les idées… mais utilisait de grands mots et presque de la poésie pour les exprimer. Ouais… J’étais plutôt fan du réalisme plat avec tout ce qu’il avait de dégueulasse, pour ma part. Au moins, j’étais jamais déçu. Tout comme je préférais ne rien construire pour que rien ne puisse être détruit.

Pour Vanessa, il fallait plutôt vivre et faire abstraction du risque potentiel qui pouvait nous tomber dessus, sur n’importe qui, à tout moment. J’avais gardé cette réflexion pour moi. Si elle voulait miser sur l’espoir, j’allais pas lui casser ses illusions, mais moi, je préférais pas en avoir.

Si je voyais tout vraiment noir, ça pourrait pas l’être encore plus.

Mais une fois dans le camp, je réalisai que je ne voyais pas encore les choses assez sombre, que l’ignominie humaine pouvait aller encore bien plus loin que ce que j’avais pu penser, imaginer, même en me basant sur les choses que j’avais entendue…

L’imaginer était une chose.

Le voir, même s’il ne s’agissait que de vestige, c’était autre chose.

J’avais craqué, j’étais tombé… Et comme promis, Vanessa avait été là pour me relever. Et puisqu’elle venait de me prouver que je pouvais avoir confiance en elle, je lui avais donné mon vrai nom, épuisé par l’expérience que nous venions de vivre.

Encore une fois, Vanessa voyait les choses métaphoriquement, affirmant que c’était ce qu’il y avait dans mon cœur qui était important, qui me définissait, pas le nom que je portais… Ouais… dans un monde idéal, ce serait comme ça.

Ce à quoi j’opposais toujours ma vision franche et cruelle des choses… Un autre extrême, pas plus juste que celle de Vanessa… la vérité devait être quelque part entre les deux.

-Dites ça à tous ceux qui ont perdu la vie parce que leur nom n’étaient pas sur la bonne liste.

Mon regard perdu dans le vide, quelque part entre un passé horrible et un futur que je ne voyais pas en mieux, la seule chose à laquelle je pouvais me rattraper, c’était pourtant la vision lumineuse des choses de Vanessa…

Alors je le faisais.

J’avais souris vaguement quand elle avait affirmé qu’elle était enchantée de faire enfin ma connaissance… avant de la laisser me guider hors du camp… j’avais vu ce que j’avais à y voir, appris ce que j’avais à y apprendre.

Restait à savoir ce que j’allais faire de cet apprentissage… Mais ce serait pour plus tard.

Une fois à l’hôtel, exténué, vide, je m’étais allongé sur mon lit et Vanessa m’y avait rejoint, j’avais joué avec une mèche de ses cheveux, l’observant… avec un regard nouveau, avec cette impression de « mieux » voir… Ou de voir plus de choses, débarrassé de l’effet tunnel dans lequel j’étais avant aujourd’hui.

Et puis elle m’encourageait…

N’ayez pas peur de découvrir ce qui vous émeut, ce qui vous fait sourire et petit à petit, vous remplirez votre cœur de nouvelles émotions plus belles.

Comme Alexie m’avait encouragé après m’avoir pourtant fait foncer dans un mur monumental.

La prochaine que tu tombes amoureux...S'il te plaît, fonce. N'attend pas...

Alors c’était ce que j’avais fait… D’autant que j’avais un vide qui ne demandait qu’à être comblé, tout de suite, avant de devenir fou. Et que je ne voyais que cette solution-là… Je n’avais envie que de cette solution-là…

Alors j’avais embrassé Vanessa… Elle répondit à mon baiser, ce qui me fit soupirer de soulagement… Elle avait été très gentille, très attentionnée envers moi depuis l’agression… Ça ne signifiait pas pour autant que ce que je commençais à ressentir pour elle était partagé… Mais là, elle me confirma que c’était le cas, par son corps qu’elle lova contre le mien, sa langue qu’elle glissa tendrement dans ma bouche, appuyant le baiser que j’avais initié.

J’avais fermé les yeux, posé une main sur sa hanche…

Jusqu’à ce que le baiser prenne fin et que je croise à nouveau son regard. C’était comme si… je lui avais transmis ma sensation d’être perdu…

Elle était passée du tutoiement au vouvoiement. Un pas en avant. Pour me freiner. Un pas en arrière…

Je la regardai, ne sachant pas du tout ce que je devais tirer de ça. Elle prétexta d’abord que c’était moi, le problème, qu’elle ne voulait pas qu’on aille plus loin pour que je le regrette après. Ouais, mais est-ce qu’elle le regretterait ?

Parce que moi, je n’étais pas confus, au contraire ! J’étais vide, fatigué, mais pas confus du tout. Les angoisses en moins, je pouvais justement profiter du temps que ça durerait pour vivre vraiment et pleinement quelque chose.

N’importe quoi… Mais si ça pouvait être quelque chose qui pourrait perdurer… Pourquoi pas ?

Je secouai la tête, prêt à dire que je savais ce que je faisais et à lui dire aussi que si c’était un refus, elle pouvait aussi me le dire clairement… Des tergiversations, j’en avais eu mon lot en suffisance avec Alexie.

Mais je n’eus même pas besoin de poser la question pour que les choses s’éclairent. La première affirmation de Vanessa était un faux prétexte. La deuxième, alors qu’elle baissait les yeux et mordillait sa lèvre, était plus proche de la vérité. Et là, je pouvais comprendre.

Je lui relevai doucement le menton de ma main qui était sur sa hanche la seconde avant. Elle était toujours contre moi, mais il était temps d’échanger les rôles.

-A ton tour, maintenant, alors… Je sais que tu es triste… Je ne sais pas pourquoi tu l’es. Tu as été une oreille attentive pour moi. Je voudrais… faire la même chose pour toi, si tu m’accorde la confiance nécessaire pour le faire.

@ Billy Lighter



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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Dim 12 Aoû - 18:59



   
Memories & Emotions
   ft. Jake Snyder


   

Je n’avais peut-être pas toujours les mots justes, ou bien je n’exprimais pas toujours clairement mes idées, mais j’avais toujours été sincère ave Jake. Ce qu’il vivait était à la fois complexe et douloureux, parce que cela faisait des années qu’il faisait face à ses démons qui avaient pris une place trop importante, trop étouffantes dans sa vie … au point de l’empêcher de vivre et d’apprécier.
Je ne lui reprochais rien car, j’avais compris grâce à ses explications, ses origines et celles de ses parents, ce qu’ils avaient enduré, cette odieuse souffrance imposée par d’autres humains. Jake avait peur de revoir les ombres du passé s’abattre de nouveau sur son présent, de toucher à tout ce qu’il aimait et appréciait. C’était une peur irrationnelle et pourtant si compréhensible …

Toute cette rage, cette colère c’était libéré dans la folie de son cri pour le laisser à bout de souffle, vidé par tout ce tourbillon d’émotions qui s’en était allé. Jake s’apercevrait au fil des heures et des jours que ses angoisses l’avaient tellement rongé de l’intérieur qu’elles avaient pris une place dominante sur tout son quotidien. Comme je le lui avais suggéré, c’était à force de chercher les moyens  pour tenir à l’écart de nouvelles peurs qu’il parviendrait à les maintenir à une certaine distance. Maintenant tout s’offrait à lui, même s’il ne voyait pas encore toutes les possibilités qui lui ouvraient les bras.

De retour à l’hôtel, Jake s’était allongé sur son lit et je l’avais rejoint. Nous avions échangé quelques mots avant que ses prunelles changent et fondent sur moi. Ses lèvres tendres furent un vrai délice et je répondis à son baiser sans aucune opposition. Mais si moi je savais où j’en étais avec mon cœur, je n’étais pas certaine que Jake avait tout ce qu’il venait de vivre, avait toute sa lucidité. Et je ne désirai pas vivre une nuit éphémère entre ses bras, mais bien construire quelque chose de plus durable, de plus concret, de plus incroyable entre nous deux.

Ma raison à moi me cria d’arrêter ce baiser, de ne pas aller plus loin alors que mon corps s’était lové contre le sien et que mon cœur s’entêtait à pulser à une allure folle dans ma poitrine. Jake glissa ses doigts sous mon menton pour que je relève mes yeux vers lui. Il avait raison, je devais me confier. Lui dire que tout allait bien, c’était lui mentir et nous avions depuis le début établi une relation d ‘honnêteté. Je n’avais aucun droit de la détruite. Je ne le voulais pas.  Je pris une grande inspiration avant de m’allonger sur le dos, le regard perdu fixant le plafond.

Ce que j’allais lui confier ne me concernait pas seulement moi, mais aussi un homme dont le nom, dès que je le prononcerai, lui serait familier. Jake avait mis en avant notre confiance … J’espérai de tout cœur qu’il garderait toutes ces informations pour lui. Je passai ma main sur mon front, cherchant le courage de faire sortir ces mots qui restaient coincés dans ma gorge parce qu’ils étaient douloureux et qu’ils me ramenaient vers un souvenir récent qui l’était tout autant.

- Comme je te l’avais annoncé, un matin quand je suis venue soigner tes pansements, j’ai couvert la date de Death Valley de Roadtramp. J’avais pris une chambre à l’hôtel le plus proche, pour juste passer la nuit et reprendre la route.

Mon regard dévia du plafond à celui de Jake qui, silencieux, m’observait en jouant encore avec une mèche de mes cheveux.

- ça c’est très bien passé ! Le concert a été une réussite. J’ai fait quelques interviews à la volée et le photographe avec lequel je bosse en binôme à Guitar & Pen a fait de très belles e nombreuses photos.  Nous allions rentrés à l’hôtel. Mon collègue allait retrouver sa petite amie et moi ma chambre …

Au plus j’arrivais au point précis et important de ma narration, au plus, je commençais à me sentir mal. Je cherchai la main de Jake qui jouait toujours avec la mèche de mes cheveux pour venir enlacer ses doigts des miens. C’était un contact que nous avions depuis la première fois et cette fois-ci, c’était moi qui en avais besoin.

- Parmi le parterre de célébrités qui se prêtaient au jeu des flashes des photographes, le manager de Roadtramp, Daniele Ricci. Je suppose que ce nom t’est familier ? C’est un ami de très longue date.

Nous avions été amants il y a plus de 3 ans. Aujourd’hui il y avait prescription. Nous étions restés de très bons amis … du moins, c’était ce que je croyais.

- C’est un ami. Je le connais depuis mes débuts à Guitar & Pen. Cela fait quelques années maintenant. Une amitié s’est développée entre nous … Lorsqu’il m’a invitée à venir découvrir sa loge, j’ai vu que quelque chose n’allait pas …

De ma main de libre, je caressai sa joue :

- Promets-moi que rien ne sortira de cette chambre ? Que tu le garderas pour toi ? D’accord ?

Je poursuivis …

- Il était dans un état pitoyable. Il avait fait un mélange entre came et alcool … Si tu avais pu le voir … Blessant … Froid … Offensant …  Terriblement odieux… Je savais que c’était son mélange qui le faisait agir ainsi, qu’il n’en était pas tout à fait conscient … mais il m’a fait très mal. Ce n’était plus des mots, mais des lames de couteau aiguisées qu’il me lançait … et j’ai … je n’ai pas pu lui faire ouvrir les yeux …  Il ne voulait rien voir … et à chaque fois que je tentais d’argumenter, il me blessait plus profondément …

Je venais de m’apercevoir que je n’avais pas repris mon souffle en expliquant tout cela en Jake et que des larmes coulaient le long de mes joues.

- Rome … Je t’avais proposé de m’accompagner et tu as accepté. Je ne veux pas gâcher ce voyage. C’est juste que ce souvenir, cette amitié qu’il a piétiné … me fait mal encore. Tu es le seul à qui je me suis confiée.

Je me redressai pour retrouver ses lèvres contre les miennes. Je voulais lui montrer que ce n’était pas Daniele Ricci ou notre futur voyage à Rome qui freinerait ce que je ressentais pour lui.





   
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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Mer 15 Aoû - 19:44



Memories And Emotions
ft. Vanessa Cartray


Vanessa en avait gros sur le cœur… mais jusque-là, elle avait gardé ça pour elle, en elle, pour pouvoir me guider moi. Il était temps d’échanger les rôles, maintenant que j’étais, si pas plus lucide, un peu plus léger, moins centré sur moi-même. Et plutôt même tout centré sur elle au point que j’en avais pris le risque de l’embrasser…

Pour me prendre encore un mur… ou au moins un demi-mur… Enfin disons que c’était moins douloureux que ce que j’avais vécu avec Alexie, mais ça ne voulait pas pour autant dire « charrette » puisque Alexie aussi avait répondu à mes baisers, encore et encore, avant de me sortir qu’elle était déjà avec quelqu’un.

Plus qu’à croiser les doigts pour que la même histoire ne recommence pas. Et que Vanessa n’allait pas à son tour me dire qu’elle était déjà avec quelqu’un et que je devrais attendre de voir qui elle déciderait de piocher au sort.

Je lui demandai de se confier. Autant tuer le suspense dans l’œuf… Et si ça n’avait rien à voir, peut-être que ça la libérerait à son tour de ses démons… Si tant était qu’elle en avait.

Vanessa prit une bonne inspiration et s’allongea sur le dos, coupant notre contact visuel pour regarder le plafond et passer une main sur son front. Et elle commença son récit… Et on ne pouvait pas dire que ce qui lui faisait si mal était une vieille blessure. Non, c’était même très récent, trop récent, probablement.

Je la regardais toujours, je l’écoutais silencieusement, un coude appuyé sur le matelas pour me soutenir un rien surélevé par rapport à elle et je m’étais remis à jouer avec ses cheveux… Elle remit toute l’histoire en contexte… Probablement pour souligner le fait que dans la Death Valley tout s’était très bien déroulé jusqu’à un certain point, ce qui devait avoir rendu la chute plus dure encore. Elle chercha ma main et entre laça nos doigts alors même que je tiquai sur le nom de Daniele Ricci.

Daniele que je n’avais plus eu face à moi depuis la tournée de The Lightening et Roadtramp il y avait plus d’un an de ça, lorsqu’il s’était introduit dans mon studio d’enregistrement et y avait pris toute la place, cherchant le coup de pub. Ce qui nous avait valu une empoignade jusqu’à ce que sa secrétaire de l’époque, Maria Watson, intervienne.

Mais quand elle me demanda si le nom m’était familier, je me contentai de hocher la tête en serrant un rien mes mâchoires, sachant déjà que j’allais très probablement fort peu apprécier ce qui allait suivre.

Ainsi, Vanessa et Daniele était ami… En même temps, quelle femme de Los Angeles est-ce que Daniele Ricci ne connaissait pas ? Et l’introduction de l’histoire de Vanessa, comme quoi il l’avait invitée dans sa loge et qu’elle avait vu que quelque chose n’allait pas me faisait craindre le pire.

Et si c’était ce que je pensais et que je croisais le chemin de Ricci à Rome, pas sûr que je me contente d’une simple empoignade. Vanessa me demanda cependant de garder ce qu’elle me dirait pour moi et encore une fois, je hochai la tête. Ce n’était pas mon genre… Et à qui je pourrais raconter ça, de toute façon ?

Vanessa avait trouvé, dans cette loge, un Ricci aux prises avec ses propres excès. Et c’était donc une conversation entre amis qui avait mal tourné à cause d’un mélange drogue/alcool détonant. Un Daniele Ricci blessant et offensant. Je fronçai les sourcils et les muscles de mes mâchoires jouaient sous la peau de mes joues. Mes yeux devaient être plus durs, mais pas envers elle… Je ne portais déjà pas Ricci dans mon cœur, ce n’était apparemment pas près de s’arranger.

Les larmes finirent par couler sur les joues de la jeune femme… Elle ne m’avait pas dit ce que l’Italien lui avait dit et je n’avais pas besoin de le savoir. Vanessa était une femme qui semblait ne pas s’en laisser compter. Pour que ça la touche à ce point-là, Ricci avait dû y aller fort.

Et sincèrement, je ne savais pas ce qui lui faisait le plus mal… Les mots effectifs de Ricci, quels qu’ils aient été ? Ou le fait qu’il n’ait pas « ouvert les yeux » sur ce que je supposais être des mise en gardes de la part de Vanessa au sujet des excès du manager ?

Je libérai ma main de la sienne, doucement, et uniquement pour venir écraser ses larmes de mon pouce, sans jamais quitter ses yeux des miens.

-Pour ce que j’en sais… Daniele Ricci n’a pas besoin de drogues, ni d’alcool à l’excès pour n’être qu’un odieux connard. Il est persuadé d’être supérieur.

Voilà, ce que j’en pensais. Tout ce que j’en pensais.

Vanessa ne voulait pas gâcher la voyage à Rome où nous avions décidé, puisque nous étions quand même tous deux sensés y aller pour le travail, d’aller ensemble. Et elle ajouta que j’étais le seul à qui elle s’était confiée. Je lui souris.

-Et ça restera entre toi et moi.

Comme ce qu’elle savait de moi resterait également entre nous.

Vanessa se redressa et je crus un instant qu’elle allait tout simplement changer de lit, retourner s’allonger sur le sien, mettre un terme définitif à mes avances maladroites… Au lieu de quoi elle fit tout le contraire et m’embrassa à son tour. Je me raidis une seconde, surpris d’un tel revirement de situation, avant de fermer les yeux et répondre à son baiser…

Il fut encore meilleur que le premier… Je fis courir une main dans son dos, la ramenant contre moi pour l’enlacer, nous faisant allonger complètement tous les deux de nouveaux, dans les bras l’un de l’autre… Ma langue retrouva la sienne pour la caresser doucement, tendrement… Mon cœur battait de nouveau la chamade dans ma poitrine et ma température augmenta.

Mais par-dessus tout, et pour la première fois depuis bien longtemps, je me sentais bien…

Quand notre baiser pris doucement fin, je la regardai dans les yeux, passai ma langue sur mes lèvres…

-J’ai eu envie de t’embrasser la dernière fois que tu es venue refaire mes pansements chez moi… Et je n’ai pas osé.

Je posai mon front contre le sien, ma main allant caresser sa cuisse par-dessus son pantalon, me là où je suivis de mémoire le tracé que sa blessure y laissait…

-On a vu des premières rencontres moins mouvementées, hein… ?

@ Billy Lighter



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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Ven 17 Aoû - 17:47



   
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Je n’aurais pas dû craquer. J’aurais dû encore enfouir tous ses souvenirs récents dans un coin de ma tête et les tenir loin de ma portée. Mais toute la vague émotionnelle que j’avais partagé avec Jake avait certainement accentué ce trouble en moi et je n’avais pas pu maitriser tout cela. Il s’en était aperçu depuis un moment, depuis notre arrivée dans la chambre d’hôtel.

Jake avait été à mon écoute et cela m’avait fait du bien de me confier même si je savais que le plus compliqué resterait à venir : Rome. Ce n’était pas le voyage en lui-même qui me posait problème. J’adorai cette ville. C’était que si je comptais bien éviter Daniele, je n’étais pas certaine d’y arriver facilement et sans le croiser tôt ou tard. Je n’avais aucune idée de comment je réagirai en le voyant s’approcher de moi, mais j’étais sûr que je ne provoquerais pas d’esclandre. J’avais horreur de cela.

Qui ne connaissait pas Daniele Ricci … surtout dans les métiers que nous faisions, Jake et moi ? Tout le monde bien évidemment et visiblement, il ne le portait pas dans son cœur. Daniele avait cette image d’un homme hautain qui pouvait piétiner n’importe qui. C’était une facette de l’homme qui pouvait taper sur les nerfs, mais je connaissais aussi l’homme visage du manager.


- Parfois, il faut savoir regarder plus profondément les gens, gratter la couche superficielle pour découvrir davantage sur eux.

Je lui avais demandé que tout cela ne devait pas sortir de cette chambre. Il m’en avait fait la promesse.

J’avais libéré mon cœur, mais les émotions persistées. Mes larmes s’étaient mises à couler sur mes joues au fil de mon explication et Jake les avait recueillies et séchées.

Je me mordis la lèvre en le regardant droit dans les yeux. Est-ce que Jake avait besoin de combler un vide après avoir été délesté de toutes angoisses et ses démons qui cohabitaient avec lui depuis qu’il était tout petit ? Est-ce que j’étais là pour palier éphémèrement à un manque ? La regretterait-il demain ? La seule façon et la plus délicieuse des façons de lui faire comprendre que j’étais sincère avec lui, c’était de mettre tout cela de côté et de profiter de ce moment de répit qui s’offrait  à nous. Nous l’avions bien mérité.

Je m’étais redressée pour l’embrasser à mon tour. Je l’avais senti se raidir contre moi le temps de quelques secondes pour afin se laisser aller à mon baiser auquel il répondit avec une infinie tendresse. Il nous allongea sur le lit et je me blottis encore mieux contre son corps, entre ses bras. Ma main sur sa joue glissée contre sa nuque pour venir effleurer ses cheveux et le maintenir contre moi. Mon cœur s’était accéléré et je ressentais ses battements dans mes tempes. Un second baiser tout aussi gourmand où nos langues se découvraient de nouveau, se séduisaient.

Quand notre baiser prit fin, j’en avais le souffle coupé. Ma respiration bien trop saccadée. Son aveu me fit sourire parce que j’avais le même à lui faire.


- A mon tour de t’avouer quelque chose. Mes doigts tracèrent par-dessus le tissu de son haut, les contours de sa cicatrice, légèrement. Il m’était de plus en plus difficile de me focaliser sur les soins dès que tu retirais ton tee-shirt. Moi aussi, je n’ai jamais osé t’embrasser.

Nous étions là, tous les deux, son front posé contre le mien. Ma main évolua sur sa hanche jusqu’à jouer avec le pan de son tee-shirt que je remontais lentement.


- C’est vrai. Notre rencontre aurait pu se faire dans des conditions moins violentes. Tu vois … Dis-je en me reculant pour plonger mes yeux dans les siens. … Quand je te disais qu’après les ténèbres, surgit toujours la lumière. Ce soir-là, au milieu de toute cette folie, nous avons réussi à créer cette lumière. La nôtre.

Mes doigts s’aventurèrent alors sous son tee-shirt et touchèrent tendrement  sa peau chaude. J’en frissonnai de plaisir. J’en voulais plus. J’avais envie de beaucoup plus et avec son aide, je lui retirai son tee-shirt que je laissai tomber au pied du lit. Jake s’allongea sur le dos. Plus rien ne me retenait. Ma bouche choya son corps d’une pluie de baisers, goutant chaque centimètre de sa peau, descendant au fur et à mesure plus bas, beaucoup plus bas, jusqu’à l’orée de son jeans qui freinait mon exploration. Je refis le chemin inverse, dessinant avec mes lèvres et ma langue un chemin de feu sur sa peau. Je mémorisai son parfum, chaque frisson que je lui donnai pour enfin retrouver sa bouche et sa langue dans un long baiser passionné.

Ma main, avide, s’était posée sur l’attache de sa ceinture que je commençai à retirer … J’avais envie de lui. Tout mon corps le réclamait, affamé de le découvrir.






   
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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Dim 19 Aoû - 17:54



Memories And Emotions
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J’eus une brève moue sceptique, mais ne fis pas de commentaire quand Vanessa affirma qu’il fallait gratter la couche superficielle pour mieux connaître les gens. Ouais. Peut-être. Mais je n’étais vraiment pas sûr de vouloir connaître Daniele Ricci. S’il avait vraiment un bon fond, il était bien planqué sous une large couche de merde.

Une fois son histoire racontée, Vanessa sembla un peu plus détendue malgré les traces des larmes que j’avais essuyées du pouce au fur et à mesure sur ses joues. Son problème n’avait pas vraiment de solution. Elle s’était engueulée, très fort, avec un ami qui lui était cher, quel qu’il soit. Elle avait eu mal, elle était encore blessée d’ailleurs.

Pourtant, une fois son histoire évacuée, ce fut comme si ce qui la retenait s’était débloqué et elle m’embrassa à son tour, ce qui me surpris puisqu’elle m’avait dit quelques minutes plus tôt qu’elle ne voulait pas faire ça « comme ça ». Fill the blank. Je ne savais pas vraiment ce que « comme ça » signifiait.

Mais ça non plus ne sembla plus être un problème à partir de là.

En gros et pour le dire platement ? On envoyait le monde se faire mettre et on cédait à l’envie du moment…

Et en ce qui me concernait, c’était plus qu’une « envie du moment »… La seule différence, c’était que mon esprit étant moins encombré par toute la merde que j’avais relâchée un peu plus tôt, en espérant que ça durerait, ça me semblait plus… facile… Et même nécessaire de combler d’autres besoins. Des besoins physiques pour une partie, je ne pouvais pas le nier, mais pas seulement…

Ce fut ce que j’avouai à Vanessa, quand notre baiser intense prit fin, en lui disant que ce n’était pas la première fois que l’envie me prenait de l’embrasser. Elle s’était bien occupée de moi depuis l’agression, elle avait été attentive et attentionnée, nous avions appris à nous connaître un peu…

Et il était peut-être temps de franchir le pas avant que ça ne se change insidieusement en amitié platonique si nous attendions plus longtemps. Une amitié que nous n’oserions peut-être pas briser pour passer un cran plus haut.

Non, en gros, je ressentais en moi que c’était maintenant, ou jamais.

Je lui souris, ramenant une mèche de ses cheveux derrière son oreille, la regardant dans les yeux alors qu’elle me faisait le même aveu en caressant mon torse, ma cicatrice, par-dessus mon t-shirt.

-Alors pourquoi avoir peur ? On a suffisamment eu peur, non ?

Comme je lui fis remarquer en caressant sa cuisse, sa cicatrice à elle, par-dessus son pantalon… On avait eu peur, tous les deux, ce soir-là. On avait eu notre propre aperçu de la folie des hommes et c’est après l’avoir effleurée une nouvelle fois aujourd’hui que nous nous rapprochions encore. Comme si c’était nous deux contre le monde.

Je n’étais plus tout seul.

Comme elle le disait, nous créions notre propre lumière, au milieu même de cet endroit où, à une époque, seules les ténèbres avaient régné en maître.

Je hochai la tête, approuvant sans condition, pour une fois.

Elle remontait mon t-shirt le long de mes flancs alors que je n’avais pas encore osé vraiment faire quoi que ce soit de plus que l’embrasser, l’effleurer par-dessus ses vêtements. Mais en m’enlevant, avec un peu de mon concours, mon t-shirt, elle me donnait les balises pour aller plus loin… Pour apprendre à la connaître plus intimement.

Je pinçai les lèvres, affirmant un peu timidement :

-C’est… drôle de faire ça en se disant que ce n’est pas pour me soigner…

Je me retrouvai torse nu, le regard brillant… mes muscles se contractaient au contact de ses mains douces et chaudes. Rien ne s’opposait à elle puisque je n’avais plus besoin de pansements au travers du torse… Et c’était bon d’être touché comme ça. Tellement que je m’allongeai sur le dos, l’emportant avec moi, sur moi.

Je renversai ma tête en arrière sur le coussin, fermant les yeux et mes mains lui caressant le dos puis les épaules, puis les cheveux à mesure qu’elle descendait sur mon torse, puis mon ventre, en m’embrassant comme si elle ne voulait manquer aucune parcelle de ma peau. Je respirais fort à chaque vague de frissons qui me parcourait… Frissons qui eurent finalement tendance, alors qu’elle remontait vers moi, à se concentrer dans mon bas-ventre, puis dans mon sexe qui se raidit en même temps que je soupirais de plaisir.

Quand je rouvris les yeux, le visage de Vanessa était de nouveau face au mien et je lui souris, levant une main pour venir caresser doucement, sensuellement sa lèvre inférieure du bout des doigts, avant de l’embrasser à nouveau passionnément.

Je souris contre ses lèvres, mes yeux fermés, quand je sentis sa main s’aventurer sur ma ceinture pour la détacher alors que c’était à mon tour de passer, pour la première fois, mes mains sous son haut. Elle avait la peau chaude comme si elle transportait en elle le soleil de son pays natal dont elle m’avait tant parlé pendant les soins qu’elle me procurait.

Je remontais son haut, lentement au fil de mes caresses et quand elle eut défait ma ceinture, je brisai le baiser pour faire passer son vêtement par-dessus sa tête, mes mains s’aventurant ensuite au niveau de sa poitrine que je caressai par-dessus son soutien-gorge d’abord, avant de laisser glisser mes doigts dans son dos pour lui détacher ça et l’en débarrasser…

Et ce fut en la regardant dans les yeux, mon désir ne pouvant plus vraiment se cacher et qu’elle devait sentir entre ses cuisses encore couverte, que j’explorai ses seins de mes paumes de mes doigts avant de fermer les yeux et pencher la tête pour aller y goûter.

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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Lun 20 Aoû - 12:41



   
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Plus rien ne pouvait entraver notre envie, celle qui nous attirait l’un envers l’autre. Cette peur de briser une amitié naissante n’avait plus lieu d’être. Jake avait fait le premier pas et j’avais laissé mon corps et mon désir se libéraient de toutes ces émotions que je gardais en moi depuis quelque temps.

J’avais osé l’embrasser à mon tour et enfin retirer son t-shirt avec son aide pour goûter à la chaleur de sa peau et découvrir son parfum. Il s’était allongé et il m’avait emportée avec lui pour me retrouver au-dessus de lui, à califourchon, mes genoux de chaque côté de ses hanches. Mes lèvres et ma langue avaient tracé un chemin de baisers sur son corps et je descendais lentement, glissant sur ses cuisses, pour me permettre de savourer chaque parcelle de sa peau contre ma bouche. Son jeans était devenu la limite à franchir, mais qui pour le moment se tenait bel et bien là entre nous deux.

J’adorais le voir frissonner sous mes lèvres, J’adorais l’entendre gémir, récoltant chaque sensation que je lui procurais pour me souvenir de ce qu’il aimait. Je prenais tout mon temps pour sentir son corps réagir à ma présence. Ses mains caressaient mon dos, puis mes épaules, pour finir par se perdre dans ma longue chevelure. J’étais remontée pour l’embrasser de nouveau passionnément. Un baiser auquel il répondit de la même façon, comme si plus rien n'existait que nous deux, comme si nous étions affamés l’un de l’autre.

Je l’étais peut-être plus que lui parce que ma main s’était immiscée entre nous et elle cherchait déjà à défaire l’attache de sa ceinture. Je le sentis sourire contre mes lèvres face à mon audace. Déjà, ses mains à lui touchaient ma peau nue sous mon haut et mes premiers frissons naquirent au creux de mes reins. Je soupirai de plaisir et mon cœur s’emballa sous ses caresses. Quand j’eus défait sa ceinture, je me reculai un peu pour lui permettre de m’enlever mon vêtement. Je m’étais légèrement assise, toujours à califourchon sur lui et ses mains partir à la conquête de ma poitrine encore prisonnière de sa dentelle. Je me penchai pour lui donner l’accès à mon dos et délicatement, mon soutien-gorge glissa le long de mes bras.

Ses doigts se firent gourmands, ses mains adroites et sa bouche une merveille contre la pointe de mes seins dressés qui n’attendaient que ses attentions. Je me cambrai, la tête en arrière, pour laisser le désir me consumer. Ses dents et ses lèvres savouraient mes seins et mes frissons ne cessaient de parcourir mon corps. Mes gémissements se faisaient de plus en plus entendre, signe de ma sujétion complète entre ses bras.

Entre mes cuisses, je sentais tout son plaisir, à lui, naître et qui ne demander qu’à se libérer de sa prison de tissu. Difficilement, je me délivrai de sa bouche et de sa ferveur infernale. La mienne redessina de nouveau un chemin de feu sur son torse, lentement. Mes mains, dociles, avaient retrouvé le contact de la ceinture défaite et de son jeans. Je me déplaçai sur le lit et avec son aide, je lui retirai tout ce qui pouvait nous gêner.

Toute en sensualité, ma bouche effleura sa jambe. Mes seins caressaient sa peau et je longeai son corps avec précision pour venir frôler du bout de ma langue l’intérieur de sa cuisse. Sa virilité tout dressait rien que pour moi attendait mes égards, mais je voulais le rendre dingue avant de le dévorer entièrement. Je jouais avec sa patience et tout son corps se contracter. Ma langue tournait lentement tout autour de son sexe sans jamais le toucher. Ses mains dans mes cheveux, sur mes épaules appelaient sa rémission et je mis fin à sa douce torture.

Mes lèvres goutèrent à son sexe, avec la plus grande des lenteurs, tout doucement. Ma main rejoignit ma bouche, à la base de son sexe, et j‘imposai alors un rythme, d’abord régulier, puis de plus en plus insatiable. Ma bouche glissait sur sa chair tendue, ne lui laissant aucun répit. Ma langue, parfois, remplaçait mes lèvres, léchant, aspirant sa chair exquise et sensible, puis ma bouche le reprenait entièrement dans une danse diabolique. Je voulais qu’il perde toute sa raison …






   
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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Jeu 23 Aoû - 21:35



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Vanessa était plus entreprenante que moi… Ou ça faisait moins longtemps que moi qu’elle n’avait pas fait ce genre de chose. Enfin, en tout cas, elle n’hésitait pas, me donnait l’impression de savoir ce qu’elle faisait et ce qu’elle voulait et me donnait du même coup plus de confiance… l’autorisation de la toucher plus intimement aussi. Et à partir de là, j’avais cessé de penser…

Et j’avais agi.

En prenant de plus en plus d’aise à mesure que je voyais ses réactions à mes caresses. Il fallait croire que je n’avais pas perdu la main, c’était le cas de le dire, alors que je caressais sa poitrine douce et chaude. Vanessa se cambra en arrière quand je joins ma bouche à la fête, y allant beaucoup plus franchement…

Puis ce ne fut plus seulement de l’aisance, ni du désir, mais une véritable faim qui se réveilla alors que je retrouvais à la fois mes repères et trouvais ceux de mon amante qui se laissait de plus en plus aller à gémir entre mes bras. Je me sentis très vite beaucoup trop à l’étroit dans mon jeans, à ce rythme-là au point que ça allait commencer à me faire mal.

Vanessa, à l’écoute de mon corps autant que je n’étais à l’écoute du sien, se déroba à mon étreinte pour embrasser à nouveau mon torse, mon ventre… Plus bas encore, le plaisir me força à m’allonger à nouveau complètement sur le dos et mes mains se perdirent dans les longs cheveux bruns de Vanessa. Elle y alla lentement, sensuellement, chaque parcelle de ma peau me donnait l’impression d’exploser de frissons à son contact…

Et je grognai de soulagement et de satisfaction quand je la sentis me libérer de l’étreinte de mon pantalon décidément trop serré. Je l’aidai à me l’enlever complètement après avoir éjecté mes baskets en moins de deux sans avoir à les délacer…

Je m’attendais à la voir remonter… Histoire que je puisse la débarrasser elle aussi des vêtements qui lui restaient… Et elle commença effectivement à remonter, doucement, faisant durer le plaisir et j’adorais ça. Je redécouvrais le plaisir d’être touché par une femme alors que je n’aurais même pas su dire à quand remontait la dernière fois que j’avais fait l’amour.

Mais je me rendais compte maintenant que ça remontait à beaucoup trop longtemps. Et que c’était une véritable extase que de redécouvrir tout ça, surtout avec quelqu’un à qui je faisais confiance.

Je crois que je n’aurais rien su faire, si ça n’avait pas été le cas, de toute façon. Le sexe pour le sexe, j’avais jamais réussi à faire…

Vanessa s’arrêta à mi-chemin, à hauteur de mon sexe et je frissonnai plus fort, gémissant à la fois de plaisir et de surprise quand je sentis qu’elle… ne semblait pas vouloir remonter plus haut pour l’instant… je redressai la tête pour la regarder, croisai brièvement son regard et laissai retomber ma tête sur le coussin en rigolant et en portant mes deux mains à mon visage.

-Je vais jamais tenir.

Ben je me sous-estimais…

Je déglutis et fermai les yeux, inspirant longuement quand elle commença à faire tourner sa langue partout autour de mon sexe… un truc à me rendre complètement barge ! Je soufflai le prénom de Vanessa, comme pour la supplier de faire ce que j’avais atrocement envie qu’elle fasse. J’essayais de le lui faire comprendre aussi par des caresses sur ses épaules, sur ses joues, dans ses cheveux.

J’avais envie qu’elle me prenne tout entier en bouche et quand elle mit fin à la douce torture qu’elle m’avait fait enduré jusque-là, j’ouvris la bouche, faillis crier de satisfaction et bloquai ma respiration au dernier moment, tout mon corps de contractant en même temps.

Avant de me mettre à respirer beaucoup plus fort, relâchant la pression, profitant plutôt que d’essayer de contrer mes sensations.

Il fallait que je me laisse faire… Que je me laisse aller.

Je finis par me détendre doucement, enfin alternativement plutôt, suivant le rythme imposé par Vanessa qui joignit sa main à ses lèvres et sa langue pour ne me laisser aucun répit. Je finis par onduler des hanches et j’étais incapable de retenir mes gémissements de plus en plus prononcés. Jusqu’à ce que je ressente le besoin de m’accrocher et que plutôt que de risquer de lui faire mal en m’agrippant à ses cheveux, je continuai à caresser sa tête et ses épaules d’une main, mon autre main allant tordre les draps du lit.

Et même si ma dernière fois datait… Je savais que je pouvais affirmer avec une putain de certitude que jamais je n’avais eu une amante de la trempe de Vanessa.

Jamais.

Mo plaisir allait crescendo, délicieusement plus fort à chaque fois que les lèvres de Vanessa allaient de la base de mon sexe jusqu’en bout de corse pour recommencer. Je me mordais la lèvre, soufflait, je ne savais même plus où donner de la tête pour finir.

Jusqu’à ce que mes yeux bleus s’ouvrent brusquement, au bord de l’orgasme que j’étais.

-Stop… Stop !

Je me redressai, assis sur le lit, ramener Vanessa à moi et l’embrassai à pleine bouche, fougueusement, sans réellement lui laisser l’occasion de réagir. Je voulais lui donner du plaisir, moi aussi, je voulais que ça dure.

Et je voulais le contrôle.

Nos langues dansèrent furieusement, et je la basculai sur le matelas, me postant à quatre pattes au-dessus d’elle, mon sexe dressé et humide de sa salive palpitant d’excitation. D’une main, je me soutenais sur le matelas, à côté de la tête de mon amante. De l’autre, je vins défaire, avec des gestes peut-être un peu brusques et trahissant mon excitation, les attaches de son pantalon.

Je l’embrassai encore avant, à deux mains et en descendant à mon tour sur elle, de lui enlever ce vêtement, puis son sous-vêtement. Tous les deux nus, enfin, je croisai son regard, lui souris, avant de gagner du temps pour reprendre contenance tout en lui faisant perdre la tête à elle.

Je me penchai, appuyé de mes deux mains maintenant, pour venir effleurer son sexe de mes lèvres, lui faisant subir exactement la même chose que ce qu’elle m’avait fait un peu plus tôt. Jusqu’à ce que ma lèvre inférieure commence à venir d’accrocher doucement, sensuellement à ses lèvres intimes… Je soufflai… puis l’embrassai là, à pleine bouche, avant d’y glisser ma langue, trouvant vite les points qui la faisait réagir.

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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Lun 27 Aoû - 18:39



   
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J’étais entreprenante et gourmande parce que j’étais une Latine et que le plaisir du corps et de la chair était quelque chose d’incroyablement sensuel quand on le partageait avec une personne de confiance et pour qui on éprouvait des émotions. Jake me faisait ressentir tout cela depuis quelques temps, comme si lentement, petit à petit, des sentiments nouveaux s’étaient éveillés à son contact. Je ne partageais pas la couche d’un homme sans qu’il y ait une alchimie entre nous deux et sans connaitre des émotions intenses. Je n’avais pas de sex friends ni je cherchais des coups d’un soir. Ce n’était pas pour moi. J’en étais bien incapable.

Je l’avais débarrassé de tous ses autres vêtements qui l’emprisonnaient et j’avais commencé à le torturer d’une façon délicieuse. Le plaisir se partageait et c’était aussi une émotion que l’on nourrissait et que l’on faisait vivre à travers les caresses les plus merveilleuses. C’était aussi être à l’écoute du corps et des envies de l’autre. Le plaisir n’était jamais égoïste. Ma langue s’était amusée à tourner autour de son gland, à lécher sa chair tendue sans jamais le prendre en bouche. Ses réactions et ses gestes manifestaient cette envie qu’il avait de me sentir autour de lui. Pourtant, mon désir était d’accroitre son plaisir et de le mener jusqu’à l’extase et la libération.

Je ne pouvais que sourire à ses mots, mais très mutine, j’avais poursuivis mes intentions de lui faire perdre totalement la tête. Son corps s’arquait sur le lit et ses prises sur mon épaule et dans mes cheveux commençaient à être tremblantes, je savais alors que je pouvais le faire plonger dans le désir le plus dévorant. Lentement, mes lèvres glissèrent le long de son sexe dressé et je le pris tout entier dans ma bouche dans un rythme de plus en plus frénétique avec l’appui de ma main dans cette danse diabolique.

A chaque fois que je remontais le long de sa virilité, ma langue jouait avec son gland, puis je le reprenais de nouveau entre mes lèvres. Ses gémissements étaient devenus plus rauques, plus irréguliers. Son corps se contractait à mon passage et bientôt j’allais le faire succomber dans l’ivresse d’un premier orgasme…

Mais Jake m’en empêcha. Il se redressa sur le lit, me tira à lui et m’embrassa furieusement sans que je puisse émettre mon insatisfaction. Ma main sur sa nuque, je le tenais contre moi et je l’embrassai avec cette même impétuosité. Je sentais son sexe contre mon ventre palpiter et demander d’autres attentions, mais Jake en avait décidé autrement.

Il me bascula sur le matelas et mes yeux ne quittaient pas les siens. J’avais vu un changement de couleur plus intense après notre retour à l’hôtel. Là, il m’offrait une couleur céruléenne qui m’envoutait. J’étais à lui, captive consentante de ses baisers, de ses caresses, de ses mains et sa bouche sur mon corps. Il entreprit de défaire mon pantalon et de me débarrasser de tout le reste de mes vêtements, comme j’avais fait avec lui. Nous étions nus et je mordillai ma lèvre inférieure tant la vision de son corps me rendait affamée.

Ce fut alors à mon tour de fondre sous sa torture. C’était à son tour de prendre le contrôle sur nos ébats et je me laissai aller à  éprouver le souffle chaud de sa bouche contre mon intimité. Jake mit à mal mes résistances, et je défaillis face à sa langue gourmande qui avait trouvé le chemin de mes chairs les plus profondes. Mon bassin se levait et allait à la rencontre de sa bouche, imprimant un rythme affolé et assujetti à son avidité. Ma respiration était chaotique, accentuée par mes gémissements plus aigus.  Son prénom s’échappait de mes lèvres, le répétant sans cesse. Entêtante musique à mes oreilles. La tête penchée en arrière, bien ancrée sur le coussin, il me rendait folle et dépendante de lui.

J’avais attrapé les draps dans chacune de mes mains parce que son tourment sensuel me faisait perdre tous mes moyens. Mes hanches chaloupaient contre sa bouche et je désirais sentir sa langue encore plus loin en moi. Elle tournait et dévorait ma perle sensible, me faisait me cambrer comme jamais. La chaleur s’intensifia au creux de mes reins et mon corps commençait à être parsemé de petits spasmes. Preuve que je n’étais plus loin de plonger dans le vertige du plaisir.

Mais je voulais tout autre chose. Je le voulais LUI. Si sa bouche et sa langue étaient merveilleuses, c’était lui que je désirais entre mes cuisses, me perdre sous ses coups de reins pour notre première fois. Le sentir me combler et me posséder. Muée par mes dernières forces et une raison complètement embrumée par cette volupté, je tâtonnai ses épaules de mes mains, puis sa tête pour lui faire comprendre d’arrêter mon châtiment charnel. Jake redressa son visage et je l’attirai à moi pour un autre baiser. Un baiser qui avait le goût de mon plaisir sur sa langue et sur ses lèvres. Mes jambes encerclèrent sa taille et je devinai son sexe se presser contre la moiteur de mon jardin secret.

A bout de souffle, je mis fin à notre baiser, plongeant sans aucune limite mes prunelles dans les siennes.

- Je veux te sentir en moi. Libère-nous … Je suis à toi.







   
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MessageSujet: Re: Memories and Emotions [HOT] [Pv Jake] [TERMINE]   Jeu 30 Aoû - 18:14



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J’avais laissé faire Vanessa, je l’avais laissée me donner du plaisir jusqu’à ne plus savoir où était la limite entre plaisir et torture. Une chose était sûre : elle n’hésitait pas…

… et elle était prête à me faire craquer par ses caresses, ses gestes, ses jeux, de sa langue et de ses lèvres. Jamais j’aurais cru que je pouvais tenir aussi longtemps d’ailleurs. Pas que je manquais d’entraînement, mais c’était tout comme…

A force de gémissements et de grognements de plaisir, à force de caresser ses cheveux, ses épaules, et la moindre partie de son corps que je pouvais atteindre, je trouvai non seulement mes repères, mais aussi mon deuxième souffle.

Et il était hors de question que je me laisse dominer, même par la femme que j’aimais. J’avais donc subtilisé mon sexe à sa bouche gourmande, la ramenant vers moi sans lui laisser d’autre choix. Mes lèvres retrouvèrent les siennes, coupant court à toute protestation.

Et j’échangeai nos places, la basculant sur le lit, remontant au score. Nos regards se croisèrent et je sus qu’elle était à moi… Et que je pouvais me venger délicieusement. Une fois qu’elle fut totalement nue, je pus goûter à son intimité, caressant ses fesses, son ventre de mes mains qui ne cessaient d’explorer ses horizons sensuels dont je devais avouer avoir rêvé ces derniers temps.

Je fus doux d’abord, frôlant, effleurant avant de m’aventurer de façon plus osée entre ses lèvres intimes humides de désir. Je m’attardais sur les points qui la faisaient soupirer puis gémir, les stimulants de façon différente : tournant autour du bout de ma langue, suçant doucement sa peau, soufflant ou effleurant encore.

Je souris contre son intimité quand elle se mit à onduler des hanches. Je m’amusais à faire pénétrer ma langue en elle, me fiant au rythme endiablé de sa respiration de plus en plus forte. Et quand elle soupira mon prénom, je laissai échapper un long soupire de plaisir satisfait sans cesser le traitement que je lui infligeais.

J’avais de plus en plus envie d’elle, de me sentir en elle…

Vint un moment où mon prénom sembla être la seule chose qu’elle fut encore capable de dire et je redoublais d’intensité entre ses cuisses, léchant plus fort, allant plus loin. J’entendais les draps qu’elle malmenait entre ses mains et mon propre sexe n’en pouvait plus, pour finir, de l’attente et de la torture que je m’infligeais à moi-même.

Vanessa se cambra dangereusement au point qu’elle me surprit un peu mais je me repris vite pour ricaner, complice, entre ses lèvres intimes. Mon menton, mes lèvres, mon nez étaient trempés de son plaisir… je compris quand elle caressa, tira un peu sur ma tête, qu’elle voulait à son tour que je remonte vers elle.

Sur la même longueur d’onde, je revins à hauteur de son visage et l’embrassai fougueusement gémissant de sentir mon sexe flirter pour la première fois, sans aucune entrave, avec le sien. Je me frottai à elle, encore et encore, pour amplifier cette sensation délicieuse, sentir ses lèvres intimes embrasser mon sexe gorgé de désir, qui était à nulle autre pareille.

Je poussai un « han ! » de plaisir quand je sentis ses jambes me faire prisonnier, enserrant ma taille brusquement. Je plongeai mon regard dans le sien, le souffle court, le visage en sueur comme le reste de mon corps, d’ailleurs.

Elle me voulait en elle et je voulais être en elle. Alors ce fut en la regardant droit dans les yeux et en serrant légèrement les dents que d’un coup de bassin puissant et ample, je la pris.

Mes yeux se révulsèrent et je poussai un long râle jusqu’à être au plus profond d’elle avant de me mettre à aller et venir, retrouvant ses iris sombres, respirant fort et à un rythme aussi soutenu que les coups de reins que je donnais entre ses cuisses, pour cette dernière ligne droite dans la course au plaisir.

Mes mains se perdirent dans ses longs cheveux, je ponctuais mes exclamations d’extases de longs et sulfureux baisers. Plus le plaisir grimpait, envahissant mon bas-ventre et tout le reste de mon corps par longue vagues de plus en plus irrésistibles, plus j’accélérais et y allait fort… Plus je me laissais aller au point d’ne gémir le prénom de Vanessa… Je finis par ouvrir les yeux, presque brusquement, retrouvant son regard, brièvement, avant que l’orgasme ne m’envahisse pour de bon et que j’explose en elle. Essoufflé, comblé, je continuai un moment, transpirant à grosses gouttes. Je souris à mon amante, puis refermai les yeux pour me pencher vers elle dans un baiser langoureux, mais plus calme, complice et sincère. Avant de me laisser aller tout doucement sur elle et de l’enlacer en reprenant mon souffle.

@ Billy Lighter




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