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 Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]

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Amon Sørensen


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MessageSujet: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Sam 1 Mar - 17:22

C'était un grand jour pour moi aujourd'hui. j'avais réussi à obtenir l'exclusivité d'une interview avec Billy Lighter... Pour ça, il m'avait suffit d'avoir un peu de chance et de rencontrer Lenny Knowles au Crazy Ginger. Ce gros lard de manager était à moitié pété ce soir-là, et je le soupçonnais aussi d'avoir pris un rail de coke ou deux, ce qui le mettait dans un état pas possible. Et dans cet état plus que second, il avait été prêt à accepter n'importe quoi. Et il avait pas fallu me le dire deux fois.

Je l'avais donc convaincu de parler de l'occasion que c'était pour The Lightening de passer dans L.A. People, magazine que le grand public lisait. De l'occasion que c'était également pour le chanteur de démentir les rumeurs qui courraient sur lui et son guitariste. Rumeurs déclenchées par votre serviteur, mais je m'étais arrangé pour que ce soit le nom d'un jeune stagiaire à la rédaction, Adam Peterson, qui soit au bout de l'article. Le gamin avait été tellement ravi à l'idée d'avoir son propre nom en bas de page qu'il n'avait pas pensé aux conséquences... Tant pis pour lui.

Tout ça me permettait d'approuver le démentir, d'en faire un article, d'empocher le pognon qui allait avec, sans que le chanteur me prenne pour cible puisqu'en théorie, ce n'était pas moi qui avait écrit l'article.

J'avais donc eu un bref contact téléphonique avec Billy Lighter lui-même. C'était moi qui avait sonné, souriant, parce que je pensais avoir entendu plusieurs fois que le rouquin exécrait le téléphone. On avait en vitesse décidé de la date et de l'heure. Et c'était aujourd'hui, 15h, le jour J, dans la gueule du loup elle-même: la rédaction de L.A. People.

15h... Bon ben... Ca me laissait le temps d'arriver à... 19h. Je pris donc bien le temps, dans ma maison, de siroter du coca, regarder la télé, glander... Jusqu'à 19 heures où je me ramenai, tranquille, à la rédaction, sans aucun stress. Le stress, je l'avais laissé au Danemark avec le reste de mon humanité, il y avait déjà 12 ans de ça. On disait là-bas que j'étais un monstre et j'avais aucun moyen de prouver le contraire... Alors j'étais, effectivement, devenu un monstre.

Lorsque j'entrai dans la salle où on avait l'habitude de recevoir les artistes, une salle dont les murs étaient recouverts de pochettes d'albums de rock et de photos prises par des paparazzis, d'affiches de films et autres produits dérivés des groupes et films les plus en vogues. Et surtout, Billy Lighter était déjà là. Oops...

Je m'avançai vers lui et lui serrai la main, sans m'excuser pour le retard.

-Bienvenue chez L.A. People, M. Lighter.

Je lui fit mon sourire le plus charmeur.

-C'est la première fois que vous venez à L.A. People, non? Pourtant, on vous vois souvent dans les pages de notre magazine.

L'air de rien, l'interview, elle avait déjà commencé.











AMON




Dernière édition par Amon Sörensen le Dim 9 Mar - 20:58, édité 1 fois
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Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Sam 1 Mar - 20:37

J’allais tuer Lenny… Le détruire, l’exterminer ! Le virer serait déjà une bonne chose… C’est, tout penaud, il y a deux jours qu’il est venu m’annoncé la nouvelle. Il m’a dit, d’un air franchement pas rassuré : « Billy… Dans deux jours tu as une interview avec Amon Sörensen de L.A. People… A 15h… » Il n’avait rien dit de plus. Je me rappelle l’avait fusillé du regard pendant au moins cinq longues secondes avant de lui dire de ma voir grave d’aller se faire foutre. Il avait blêmis en insistant. Je n’avais pas le choix. Si je n’y allais pas Amon me le ferait payer…

Oui… Car Amon était à L.A. People. Le magazine que j’évitais comme la peste. C’était mon pire cauchemard. Il parlait musique, sans véritablement en parler. En fait, c’était un prétexte pour pouvoir parler people. Non… Pire… C’était un prétexte pour descendre tout type d’artiste. Tout était bon pour faire un article tant qu’il y avait un peu de salace, un peu de rupture, de drogue, de suicide… Tout absolument tout ! Même, et surtout, le mensonge…

Et cet enfoiré de Knowles m’avait organisé une interview… Et avec Amon… Amon le pire journaliste de L.A. People. Amon le sadique. Tout ce qu’il disait dans ses articles était faux. Mais ils marchaient. Ils marchaient même trop bien. Tout le monde s’arrachait les magazines quand il y avait un article d’Amon dedans. Ses partons devaient être fiers de lui… Il était autant réputé pour son sadisme que pour ses fautes d’orthographes. Il était danois il parait. Mouais… Il savait juste pas écrire comme tout ces enfoirés de L.A. People ! Nulle besoin de dire que ce mec était probablement mon pire cauchemard. Il m’avait d’ailleurs déjà descendu une bonne dizaine de fois. Mais, jusqu’ici, j’avais réussi à éviter la moindre interview… Mais là… C’était loupé à cause de mon bien aimé manager…

C’était le jour J. Ou plutôt le jour M. M comme merdique. Nulle besoin de dire que je me suis levé du pied gauche et avec l’humeur la plus instable que je puisse avoir. J’étais dans mon salon, assis dans mon divan, le regard dans le vide. Ni la télé, ni ma platine n’était allumée. On entendait uniquement le tic tac de l’horloge. 14h elle indiquait… Plus qu’une heure…

Une heure plus tard j’étais toujours au même endroit. Je me demandais chaque seconde ce qu’il allait me poser comme questions. J’essayai de m’imaginer l’interview dans ses moindres détails. Je voyais Amon avec son sourire sadique… Je le voyais me poser des questions du genre : « Alors, t’as une petite amie ? Tu t’es remis de ta dernière relation ? Les rumeurs concernant toi et Cash sont fondé, hein ? » FUCK HIM !!!

Je me levai d’un bond. Rien que d’imaginer la scène ça me foutait déjà en l’air… J’aurais tout fait pour me retrouver sur une île déserte… Ou alors crevé d’une crise cardiaque à l’instant même… Non… Pas crever… Ruby ne me le pardonnerai jamais…

Je ne mangeai pas. En fait, depuis deux jours, je n’avais pas mangé. Je m’étais nourri uniquement de vodka et de coca. Il était 18h et ma journée c’était résumé à ruminer… J’avais rien foutu, je n’avais pas bougé, j’avais même rien cassé (et c’était assez inédit pour que je le précise). En gros, j’allais mal… Et, comme pour en finir avec cette histoire pour de bon, je décidai d’y aller.

Le trajet me pris à peine 10 minutes. J’entrai dans le bâtiment de L.A. People et une dame me conduisit jusque dans une salle me disant qu’Amon n’allait sûrement pas tardé. Mais elle en était pas plus sûre que ça… QUOI ?!!! Cet enfoiré de danois était en retard ???? Pardon, je reformule : Cet enfoiré de danois est plus en retard que moi ???? IMPOSSIBLE !!! Non, pas impossible : INADMISSIBLE !!

Je m’installai sur l’un des fauteuils et je ruminais toujours. Alors que j’étais psychologiquement près il y a 10 secondes, ce n’était plus le cas quand Amon arriva.
On se serra la main. J’avais une boule de haine au ventre. Il souriait tel le prince charmant dans Cendrillon ! Il n’omit pas de dire que j’apparaissais souvent dans son putain de torchon.

-T’es en retard !

Moi aussi… Mais je n’avais JAMAIS 4 heures de retard moi ! Trois peut-être, mais pas quatre !

-Non, je viens jamais ici. J’ai peur d’attraper des trucs pas catholiques…

Ou plutôt rencontrer des gens pas catholique. Je savais qu’Amon allait essayer de me nuire. Il allait me tuer à coup de questions bien placé. Mais, le pire dans tout ça, c’est que, peu importait ce que j’allais répondre, il allait de toute façon tout déformer…
Mon visage était marqué par deux jours de jeûne et une anxiété hors du commun. Je regardais l’horloge avant de reposer mon regard sur Amon.

-En plus de ne pas savoir écrire, tu sais pas lire l’heure apparemment…

Quitte à ce qu’il me descende dans son prochain article, autant que se soit à raison !


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Amon Sørensen


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Sam 1 Mar - 21:43

Billy Lighter était sur les nerfs et j'étais satisfait vu que j'avais tout fait pour. Pourquoi? Parce que les gens sur les nerfs disent n'importe quoi. Ils ne réfléchissent pas aux conséquences, ils crachent juste leur venin, à chaud. Et là, mon ami Lighter était juste à point. Mûr. Prêt à être cueilli et vendu sur le grand marché de la presse people de L.A.

Le chanteur daigna tout de même me serrer la main. Il avait de la poigne et forçait un peu, mais je pouvais forcer, moi aussi. Ce que je fis. En réalité, j'avais évidemment invité Billy Lighter pour cette interview pour avoir des pseudos scoops, mais surtout parce que j'étais prêt à parier que la joute verbale entre nous valait le coup. Et j'étais un grand fan de challenges. Et de guerres psychologiques... Bien que je ne me démerdais pas mal avec mes poings non plus. Mais ça, personne ne le savait encore.

Il ne manqua pas de me faire remarquer que j'étais en retard, mais je l'ignorai, m'installant tranquillement dans le fauteuil en face du sien. Entre nous, une simple table basse nous séparait. Je pris bien le temps de m'installer, le regardant dans les yeux. J'étais toujours souriant, presque provocateur.

Et je rigolai quand Lighter dit ne pas venir à L.A. People de peur d'y attraper quelque chose, comme s'il avait vraiment plaisanté alors que je savais très bien que ce n'était en rien une plaisanterie.

-Vous avez bien raison... Les pires choses traînent dans le coin. Je soupçonne même l'un de nos stagiaire d'avoir la galle.

J'avais... aucune pitié pour les stagiaires... J'attrapai une bouteille de Jack Daniels posée sur le petit meuble juste à côté de mon fauteuil. La lui désignant, je lui en proposai tout en posant un verre de mon autre main sur la table basse. Et tout en faisant ça, j'observai bien les traits du rouquin. Il était littéralement crevé, et il sentait déjà l'alcool, sans compter qu'il était blême comme un mort. Une bonne photo maintenant si j'avais eu un photographe sous la main et je pouvais l'affliger de quelque cancer. Mon sourire s'élargit rien qu'à cette idée.

Son regard à lui, passa en un éclair de l'horloge à moi-même. A sa nouvelle remarque, par contre, je feintai d'avoir été touché, reposant la bouteille sur la table et frottant mes mains l'une contre l'autre. Enfin... Je feintais peut-être pas tant que ça, mais j'aimais à penser que ça ne me touchait pas. Je ne savais pas comment il avait fait, mais le ton du rouquin avait été une parfaite imitationd e celui de mon père pour le coup.

Il était vrai que j'étais réputé pour mes fautes d'orthographe. Et au début de ma carrière, en effet, ces remarques sur des lettres inversées en plus des diverses fautes d'orthographe me contrariaient au plus haut point. Et j'avais fait énormément d'effort pour m'améliorer, sans succès. Déjà, ce n'était pas ma langue maternelle... Mais surtout, je n'étais jamais arrivé à écrire correctement malgré les heures que mon père m'avait fait passées devant des foutus bouquins... On était même allez voir l'un ou l'autre docteur une fois pour mon problème de lettres... Mais ça avait fait qu'aggraver les choses.

Quant à l'heure... Ok, là, j'avais vraiment joué avec l'heure, pour qu'il s'énerve. Mais en fait, j'avais pas mal de difficultés à la lire aussi... Sans compter différencier ma gauche de ma droite.

Mais peu importait toutes ces... ces défaillances... Elles étaient bien profondément enterrées sous des articles qui mettaient à mal les AUTRES... Et on oubliait ainsi mes petits défauts à moi. Certains, même, me les pardonnaient. Comme les grand pontes de chez L.A. People. Mais bon... Je parle bien là des "petits" défauts.

Toutes ces réflexions prirent deux secondes. Juste le temps pour que Billy Lighter ait le temps de savourer une courte victoire que j'allais directement lui rendre amère, enchaînant sur les points faibles qu'il m'avait soi-disant trouvés.

Je souris à nouveau.

-Et ben alors on est deux dans ce cas-là.

Je lui versai un verre de Jack et le poussai vers lui sur la table.

-Lors de la dernière tournée de The Lightening, d'après les informations que j'ai, aucun concert n'a commencé à l'heure. Les retards s'étalant de 1h à 3h. Dernièrement, une après-midi dédicace et un mini-concert a été organisé chez un disquaire du centre commercial... Et heu... Combien c'était?

Je levais les yeux aux ciel, fronçant les sourcils, comme si je réfléchissais. Mais je savais très bien combien de temps de retard Lighter avait eu ce jour-là... Mon regard replongea dans le sien, et mon sourire réapparut.

-Ah oui... 2 heures de retard. Et Cash Izbel, lui, était là à l'heure. Il a même aidé le disquaire d'après ce que je sais...

Ce que je savais. Vu que j'y étais, bien planqué sous une veste à capuche.

Je ne m'étais pas servi d'alcool, me contentant de regarder si, lui, il allait toucher à son verre.

-Sans oublier que notre gentille hôtesse d'accueil vient de me dire que vous êtes arrivé à 18h au lieu de 15h... Comme quoi, j'ai bien fait de pas trop me presser.

Petite pause, juste pour savourer l'expression de Lighter.

-Alors soit vous ne savez pas plus lire l'heure que moi, soit vous avez des choses plus importantes à faire avant les concerts... Des rituels? Voir des filles? La trouille?

Je ne posais pas vraiment des questions comme le faisait les journalistes en générale. Je jouais la provocation. Je choquais. Et parfois, la vérité leur semblait bien moins choquante que ce que je pouvais affirmer.











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Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Dim 2 Mar - 12:43

La partie d’échec avait commencé à la minute où Amon était entré dans la pièce. Hé ben vous savez quoi ? J’ai toujours été nul aux échecs. Car pour y jouer il fallait gérer son stress, avoir un self control et, surtout, réfléchir pour avoir un coup ou deux d’avance sur l’autre. Mais moi, j’étais le genre de type qui réagissait à chaud, peut importait les conséquences de mes actes. Un peu comme quand je décidais de faire une « rant » en plein concert uniquement parce qu’un article dans le journal ne m’avait pas plus. Ma nature bipolaire n’arrangeait rien à ça…

Je détestais déjà les bâtiments de L.A. People et je détestais déjà Amon. Il était bien à la hauteur de sa réputation et je sentais tous mes muscles se tendre à chaque fois qu’il ouvrait sa bouche. Alors, pour bien faire, je l’anticipai en l’agressant en premier insinuant bien des choses que je considérais comme vraies. Bordel, je détestais les magazines people… Ils étaient là pour foutre ma vie en l’air et c’est tout. Déjà que je le foutais bien en l’air moi-même alors s’ils en rajoutaient…

Il m’approuva sur le fait que j’avais bien fait de me méfier de venir ici car il soupçonnait un cas de galle. Non mais ! Se foutait-il clairement de ma gueule ? Ou alors peut-être était-ce vrai ! Je lui envoyai un regard noir mais ne pu m’empêcher d’instinctivement me gratter le bras droit.

Il avait de la réplique, mais je continuais à essayer de l’enfoncer avant qu’il ne m’enfonce. Et je crus bien qu’un moment je l’avais eu. Il avait un air choqué comme si ma phrase l’avait touché. Je laissai apparaitre un sourire sadique sur mon visage. Car s’il était réputé pour être sadique, moi je l’étais réellement et dans un sens qu’il vaut mieux qu’il n’imagine pas. Entre temps, il avait pris une bouteille de Jack Daniels, la boisson préférée de Cash.

Ma petite victoire fut de courte durée. Je l’avais descendu sur son retard et il me descendit sur le mien. Enfin plutôt les miens. Car j’étais un retardataire compulsif. Il me servit un verre et le poussa vers moi et je le regardai quelques secondes avant de reposer mon regard sur Amon. Amon qui parlait des mes retards, celui que j’avais eu aujourd’hui même, celui que j’avais eu à la dernière sortie de The Lightening et ceux que j’avais en général à mes concerts. Sur le coup, j’avais envie de partie bien loin ou d’entamer une nouvelle période de réclusion. J’étais encore plus blêmes qu’il y a quelques secondes et mes yeux étaient froncés et montraient toute ma mauvaise humeur.

Une série de questions. Voila se qui conclu les répliques d’Amon. Et, le pire, c’est qu’il semblait adorer me descendre. Je ne savais comment me sortir de ce merdier…

-Ce que je fais avant mes concerts ? Je dors… Mon réveille est juste en panne, voilà pourquoi je suis en retard ! De toute façon ça intéresse personne. Je n’ai ni le trac, ni aucun rituels stupide. Et pour ce qui est des filles tout le monde sais que c’est normal d’en voir avant et après les concerts...

Je mentais autant sur le tract que sur les rituels. Je bus le verre de Jack d’une traite et le posai sur la table.

-Je peux te parler de notre musique si tu veux ? Ah non, c’est vrai, ton magazine s’en fout de la musique, il préfère écrire un tas de connerie sur un tas de gens… L.A. People, c’est une marque de papier toilette en fait…

Je savais que toutes mes répliques étaient vaines. Je savais qu’elles n’étaient qu’un coup dans l’eau. Comme si la partie était jouée d’avance. Je tendis mon verre à Amon afin qu’il me le remplisse. Avec un peu de chance, je Jack me tuera avant la fin de cette foutu interview.


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Amon Sørensen


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Dim 2 Mar - 14:26

Les traits de Lighter étaient tirés, tendus. Et cela ne faisait que me satisfaire. Plus il perdait ses moyens, moins il risquait de faire gaffe à ce qu'il disait. Et plus il serait en colère, plus il serait prêt à tout pour se justifier. Je connaissais Lighter probablement mieux qu'il ne me connaissait moi, puisque lui, il était au devant de la scène, continuellement exposé. Et j'avais pu voir, en live, quelques unes de ses "rants", notamment à New-York, mais aussi et surtout dans l'Indiana, l'état d'où il était originaire. Des discours provocateurs qu'il utilisait pour justifier la plupart de ses actes ou démentir ce qui était dit dans la presse. Presque chaque fois, il était bourré.

Un peu comme aujourd'hui. Ca ne faisait aucun doute qu'il était complètement pété. Mais il n'était pas aussi malléable que son gros manager. D'ailleurs, j'étais bien content que son manager soit Lenny et non Timmy... Si ça avait été le cas, ma poule aux oeufs d'or qu'était Billy Lighter et The Lightening aurait été intouchable par moi, parce que protégée par mon meilleur ami. Et comme c'était à peu près le seul que j'avais, j'avais tout intéret à le garder.

C'est pourquoi, alors même que je savais que Billy était déjà largement sous l'influence de l'alcool, je lui en servais encore.

J'écoutai ce qu'il avait à répondre à ma dernière "attaque". Puis j'attendis pour répondre, le laissant avaler son verre de Jack d'une seule traite. Je l'obesrvai du fond de mon large fauteuil en cuir, mes mains posées tranquillement sur les accoudoirs. Rien que cette position me donnait l'impression d'avoir la position dominante... Et la confiance en moi qui allait avec. Mais l'important n'était pas que moi, je le ressente. L'important, c'était le le rouquin le ressente aussi.

Il enchaîna avant que j'aie pu parler, et je l'écoutai sans l'interrompre, impassible. Il pouvait sortir toutes les insultes possible: je savais que je travaillais pour une feuille de chou médisante. Et c'était justement pour ça que j'avais postulé chez L.A. People. C'est pourquoi je pouvais encaisser et même approuver les dires de Lighter.

Je l'écoutais et ne prenais pas de notes. Je ne prenais jamais note. Ca me prendrait beaucoup trop de temps tellement j'écrivais lentement. Tout restait dans ma tête et peu importait en fait si j'oubliais des détails puisque je racontais quand même ce que je voulais et que ce que j'oubliais, je pouvais encore l'inventer.

Je rigolai donc quand il compara L.A. People à une marque de papier toilette.

-Oui, c'est à peu prêt ça. Du papier toilette avec plein de merde dessus. Et la merde attire les mouches. Et plus il y a de mouches à merde, mieux je me porte.

Et oui, puisque sans ces mouches point de thunes et point de réputation... C'étaient les lecteurs de L.A. People qui faisaient que j'existait tout comme les fans de The Lightening faisaient le groupe de Lighter.

Je choisis ce moment pour le prendre à revers et enchaîner sur ce qu'il avait dit avant de tenter son insulte sur L.A. People. L'avantage d'un gars comme Lighter, c'était que je n'avais pas besoin de faire de faux-semblants, parce qu'il savait aussi bien que moi sur quel terrain il jouait. Et je ne pourrais de toute façon pas le prendre en traître du coup.

-Evidemment, tout le monde sait que voir des filles c'est normal. Tous les groupes font ça et ce n'est même pas intéressant à raconter. La question n'est pas là. La question, c'est QUELLES filles? Putes, fans, touristes de passage? Petites amies?

Je souris et fit mine de réfléchir...

-Toi, je dirais plutôt putes... Je te vois bien payer pour qu'il n'y ait pas de lendemain. Même les groupies sont trop dangereuses pour toi. Elles risquent de s'accrocher. Les putains, elles... C'est un autre type de business.

Je resservis Lighter qui me tendais son verre depuis déjà deux bonnes minutes, me penchant en avant et plongeant encore plus profondément dans les yeux fatigués de la rockstar. Mais il fallait que je fasse attention. Je ne devais pas aller trop loin. Je ne devais pas foncer dans le tas et détruire Billy. Parce que sans Billy, The lightening serait beaucoup moins intéressant. Et je savais que j'étais capable d'aller très loin, trop loin.











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Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Dim 2 Mar - 18:17

Je ne mettais que très peu de cœur et j’avais très peu d’espoir en mes répliques. J’étais autant fatigué physiquement que mentalement alors qu’Amon était au taquet. Il avait du se préparer pour cette interview et ça depuis bien longtemps.

Comment ce petit jeu allait-il tourner ? Est-ce que j’allais pouvoir trouver le sujet où je pourrais gagner quelques batailles contre Sörensen ? J’étais probablement bien trop concentré sur ce que je devais dire (ou plutôt sur ce que je ne devais absolument par dire) pour pouvoir trouver les sujets et les répliques adéquats. J’étais perdu, et je l’étais déjà bien avant qu’Amon entre dans la pièce. Jamais Lenny n’aurait du accepté ce genre d’interview, et l’envie de le réduire en bouille autant lui que ce sadique de Sörensen me démangeait.

J’avais traité le magazine qui l’employait alors que l’alcool commençait à se répandre dans mon sang. Je ne carburais qu’à cela. J’avais bu une vodka il n’y a même pas deux heures. Une bouteille entière, faut-il le préciser… Mais malgré mes répliques pleines de sarcasmes, cela ne le touchait pas. Pire, il en était même fier. Il avait sa propre philosophie de la chose. Et elle était tellement vraie, tellement sans faille que je ne savais pas quoi répondre. Ca m’énervait… Ca me rendait dingue…

-Que serait le monde sans merde, hein ?

La merde qu’il répandait lui-même. J’avais esquissé un sourire (ou plutôt forcé un sourire) pour lui montrer que j’avais une certaine contenance (que je n’avais en réalité pas). Un sourire que je perdis la minute après quand il développa toute une théorie en me bombardant à nouveau de questions. Ile me voyait plus avec des putes considérant que j’allais considérer les groupies comme étant trop dangereuses pour moi. Bordel… Please… Donnez-moi un flingue que j’en finisse…

Je ne savais pas pourquoi mais cette histoire de putes m’avait touché dans mon putain d’égo. Et, alors qu’Amon me resservait un verre, je me pris de lui répondre sur un ton où on pouvait sentir la haine que je vouais à mon interlocuteur.

-Je ne me tape pas de putes. En tout cas, plus depuis deux ans au moins ! Les groupies me suffisent et je ne suis pas du genre à m’y attacher. Faut pas croire tout ce qu’on lit dans la presse à mon sujet, il y a de temps en temps des connards qui essayent de me descendre à coup de mensonges.

Autre réplique, autre aphon. Et je lui tendis encore une fois mon verre. Ma tête tournait, mais tout était bien plus simple quand je m’empêcher de garder le contrôle. A cet instant je n’en avait plus rien à faire, je pouvais exploser une case et tout cassé, ça serait pareil. Je serai quand même descendu demain.

Tout ce que je devais garder en tête c’est de ne surtout pas parler de Ruby, ni de Cash. Les deux sujets à éviter à tout prix. Et, pour l’instant, je trouvais que je me débrouillais bien. Autre tactique, éviter de l’envoyer sur un autre sujet… Après tout, il finira, par miracle, par avoir un manque d’inspiration sur les questions à poser.


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Lun 3 Mar - 15:53

La pâleur du visage de Lighter reprenait petit à petit des couleurs. Mais seulement parce que l'alcool commençait à faire effet. Je souris à sa question, un sourire qui se voulait une réponse en même temps. J'étais bien d'accord... Sans les conneries que les autres, les plus connus et les plus puissants, pouvaient faire, je n'aurais plus qu'à penser à mes propres erreurs... Et ça, je n'en avais pas spécialement envie.

Billy Lighter, lui aussi, se donnait une image qui pouvait me faire penser qu'il était en confiance. Mais sa sale gueule de déterré et la vistesse à laquelle il vidait les verres de Jack me signalait exactement le contraire.

Quand il répondit à mes questions. Alors fini les putes pour lui. Mouais, peut-être... Il se contenterait des groupies alors? Je me servis un verre à moi aussi, attrapant un deuxième verre sur le même meuble où j'avais pris la bouteille, en tendant légèrement mon bras en arrière. Je n'allait as le boire, mais c'était histoire d'avoir un truc en main pour jouer avec. Et puis donner l'impression à Billy que je l'accompagnais ne serait-ce que pour une certaine forme de courtoisie bizarre et probablement comprise que de moi-même.

Mon verre en main, j'écoutais Billy sans l'interrompre. Jamais. Il y avait pourtant des journalistes de L.A. People dont c'était la stratégie et qui guidaient, à force d'interruptions, le discours de leurs interlocuteurs. Une technique qui faisait ses preuves, mais que j'étais incapable d'utiliser. Cela demandait une vitesse conséquente dans l'enchaînement des idées que je n'avais pas. Non. Ma stratégie à moi, c'était la peur.

Et vu la tronche de Billy quand j'étais arrivé dans la salle, il avait déjà peur avant même notre première rencontre. Et j'étais assez fier de moi, pour le coup.

-Je ne doute pas que tu ne t'attaches pas aux groupies. Mais elles peuvent s'attacher. Ca n'arrive que trop souvent... Tu sais autant que moi ce que cherchent les groupies. Pas un coup d'un soir. C'est ta notoriété et ton pouvoir qu'elles veulent. Si tu n'étais personne, pense tu que les filles se retourneraient sur un rouquin?

Je souris, satisfait. Si ça ne le mettais pas hors de lui, j'avais une dernière chose à dire.

-Mais bon...

Je regardai le contenu de mon verre à la lumière. Le jack avait une couleur ambrée qui avait des reflets d'or. Et l'or, ça m'éclatait. Puis mes yeux, plus verts que bleus dans cet éclairage, retombèrent, précis, sur Billy, comme si j'avais voulu le transpercer.

-Peut-être que c'est le petit Peterson qui a raison...

Je ne doutais pas que Billy Lighter ait lu l'article du stagiaire sur ce qui s'était soi-disant passé pendant leur réclusion à lui et Cash Izbel. Stagiaire qui n'avait en fait que corrigé mes fautes d'orthographe avec force de soupirs auxquels je n'avais répondu que par des haussements d'épaules, à son grand désespoir. Enfin, pour récompense, il avait quand même pu mettre son nom au bout de l'article... Cadeau empoisonné s'il en était... Parce qu'il était toujours en procès pour diffamation, le petit. Procès dont Lighter était à l'origine.











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Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Lun 3 Mar - 16:52

J’avais vu le geste d’Amon. Il prit un verre. Je n’avais même pas remarqué qu’il n’avait encore rien en main. Comme quoi, cela prouvait à quel point j’étais concentré sur chacun de mes mots, sur la tournure de chacun de mes phrase, mais aussi, sur la manière dont je pourrais reclaper à tout jamais ce rapporteur de mensonges.

Moi, je buvais… Ou plutôt, j’aphonais. Et plus je buvais moins je ressentais la pression de l’évènement, moins je pensais aux conséquences de mes actes. Je savais que ce n’était pas ce qu’il fallait faire. Je savais que je ne devais pas boire autant et je savais que tout cela j’allais le payer très cher. Mais je buvais… Parce qu’il fallait que je fasse redescendre la pression que je ressentais dans mon corps en entier. Comme si il était vital que je lâche prise avant d’exploser pour de bon. Et je savais très bien ce qui arrivait quand j’explosais.

Je parlais encore et toujours. Car j’avais l’impression que si je ne lui en laissais pas placer une, je m’en sortirais indemne. Bizarrement, c’était rare les journalistes qui te laissait parler dans t’arrêter. D’habitude ils aimaient te couper en plein milieu d’une phrase. En fait, ils aimaient te couper dés qu’ils avaient LA bonne question à pauser au moment où elle arrive dans leur petit cerveau de sadique. Mais Amon ne me coupait pas et mon côté parano me disait que c’était une tactique. Car plus je parlais plus j’en disais… C’était d’une logique implacable. Et plus j’en disais (même si c’était des trucs insignifiants) plus il en savait sur moi.

A cet instant précis je regrettais. Pas d’être un sale maniaque, paranoïaque, violent. Non, je regrettais d’être célèbre. Je regrettais que ma réputation soit faite uniquement sur base d’article venant de gens comme cet Amon. Car, pour tout ceux qui en douterais encore, la célébrité n’apporte rien d’autre que ça : une réputation merdique, et une surmédiatisation étouffante.

Amon réouvrit la bouche pour me donner sa vision des groupies et quand il arriva au bout disant que si je n’avais été personne, aucune fille ne se serait retourné sur un rouquin. Je serais un peu plus mon verre si bien que je réchauffais un peu trop son contenu. Cela faisait des lustres qu’on ne m’avait plus stigmatisé à cause de ma couleur de cheveux. Cette couleur que je tenais de ma mère. Je ne savais que répondre sur le coup, trop déstabilisé par ma colère et le regard perçant d’Amon.

Enfin, je ne dis rien jusqu’à ce qu’il parle de Peterson prétendant qu’il avait peut-être raison. Ce même gars que j’avais envoyé en justice pour son article sur moi et Cash. Procès qu’il avait largement mérité. Mais ce qui était triste dans l’histoire c’est que j’étais entrain de le gagner uniquement parce que j’avais de bien meilleurs avocats que lui.

-Pour ce qui est des groupies, je n’en ai rien à faire qu’elles s’attachent. C’est leur droit de s’attacher et c’est mon droit de ne pas m’y attacher. Et si elles veulent du pouvoir, elles ont cas se faire un nom elle-même, ce n’est pas moi qui vais leur donner.

Encore un verre de vide qu’Amon remplis à nouveau. Mais ça ne m’empêcher pas de trouver de la ressource pour répliquer.

-Pour ce qui est de Peterson, tout ce qu’il avait dit était faux. Il est entrain de perdre le procès. Donc fait bien attention à ce que tu diras, tu risquerais de subir le même sort p’tit blondinet.

J’étais roux, il était blond. Blond comme l’étais mon enfoiré de père. Et si je ne lui avais pas encore sauté sur Amon pour le rouer de coup, c’était parce que l’alcool servait d’inhibiteur.


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Amon Sørensen


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Lun 3 Mar - 17:25

Alors que je pensais bien avoir visé juste en remettant une couche sur la stigmatisation dont Billy avait dû être le victime pendant les longues années de son enfance, quand il rouvrit la bouche, je fus surpris. Presque agréablement surpris. J'avais sous-estimé mon adversaire et je me retrouvais donc mis en échec. Il ferma les portes concernant les groupies, toutes les portes ou presque...

Les groupies pour lui, n'étaient qu'un passe-temps, peut importait leurs sentiments envers lui, sincère ou pas. Aucun doute que je n'arriverais pas à lui faire parler de moi-même de la personne dont je voulais qu'il parle.

Et pour ce qui était de l'article de Peterson, plutôt que de me parler de son contenu... Et par là même de Cash Izbel, il me parla de Peterson... Et je soulevai les sourcils en écoutant ses menaces.

-Ca, ça s'appelle une menace, Lighter. Mais on sait très bien à quoi on joue toi et moi. Et est-ce qu'on a vraiment besoin de tomber si bas? Je ne pense pas...

J'eus un petit rire contrarié. Je cherchais à gagner de temps pour retomber sur mes pattes. Alors pour la cause, et comme pour le félicité de m'avoir eu sur ce coup-là, mais toujours dans l'intention première de remettre mes pions convenablement dans ma tête, j'aphonai le verre qu'il m'avait servit après l'avoir levé comme si je portais un toast à mon adversaire qui s'avérait plus coriace que je ne m'en étais douté.

Je grimaçai en sentant l'alcool me brûler l'oeusophage. J'aurais du prévoir une bouteille de coca... Mais ça n'aurait pas eu la même valeur symbolique. Je n'étais pas un grand tactitien à la base, j'étais plutôt rentre-dedans et franc avant d'arriver à L.A. Bon... Un peu trop rentre dedans... La tactique, c'était le truc de mon père bien aimé, hum... Et moi, je ne faisais que le singer, sans arriver à être aussi bon que lui.

Je déposai mon verre vide, non sans bien faire cogner le verre contre le bois verni de la table. Puis je reposai mes mains sur les accoudoirs et le regardai de haut. Il m'avait donné lui-même la solution en soulignant ma couleur de cheveux, la même que mon père (revenait toujours partout celui-là) et que son père avant lui, et aussi la même que...

-Alors tu m'autorises, puisque c'est toi qui le dit, à écrire que les fans se rassurent, que tu n'es en relation sérieuse avec personne et que cette fille aux cheveux blonds que l'on voit souvent sortir et entrer des coulisses et de ta loge en particulier, celle qu'on voit aussi pour le moment traîner autour des studios MTI n'est qu'une groupie comme les autres. Aucune attache particulière, juste une fille avec qui tu tires ton coup de temps en temps...

Je marquai une pause, souris, me resservis un verre, le quittant des yeux quelques secondes.

-Et d'ajouter "dixit le chanteur de The Lightening, ce jour, à 19h16".

C'était une de mes cartes les plus importante, cette fille blonde, et je n'avais pas voulu la jouer direct, mais Lighter, en fermant les portes, m'y avait contraint. Je ne savais même pas son nom... Mais au pire, si ce que je venais de dire était vrai, je pourrais l'écrire. Les histoire de cul, même sans lendemain, ça marchait toujours, surtout si ça avait un caractère rassurant pour les fans. Et puis si ce n'était pas vrai... Et ben Billy avait intérêt à être sûr de voir la blondinette avant que le magazine sorte, dès le lendemain 5h, des presses, pour pouvoir lui expliquer la situation.











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Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Lun 3 Mar - 18:25

Je savais que j’avais fermé toutes les portes. Et je savais que j’étais entrain de m’éloigner du sujet que voulais aborder Amon. C’était la seule manière que j’avais trouvé de le faire suer un peu. Il allait peut-être gagner cette partie mais j’allais lui donné du fil à retordre jusqu’au bout.

J’avais même osé une petite menace. L’avantage de ce genre de menace c’est que, si je décidais de l’envoyer en justice, j’avais beaucoup de chance de gagner. Comme j’étais entrain de le faire avec Peterson. Il trouvait ça bas, les menaces. M’en fichait un peu au point où j’en étais. Je préférais la jouer franc jeu et lui dire réellement à quoi il avait à s’en tenir s’il disait trop de connerie dans la presse plutôt que de retenir ma langue.

-Je sais que c’est une menace. Et j’espèce que tu l’as bien enregistrée !

Il rigolait et j’étais trop bourré pour sentir la contrariété qu’il ressentait à cet instant. J’étais tellement ivre que je ne me rendais même pas compte que je me débrouillais bien mieux que je ne l’imaginais. J’étais venu avec tellement d’à priori et de résignation que je me sentais déjà battu avant l’heure.

Amon but son verre cul sec et le leva, comme s’il me dédiait quelque chose. On se faisait quoi là ? Un jeu à boire ? Hé ben, j’avais déjà bien bu… Il déposa son verre sur la table et ça fis un bruit qui me fis sursauté légèrement. Mon cerveau était un peu dans la mouise là et le moindre bruit l’angoissait.

C’est le moment qu’Amon trouvé pour attaquer à nouveau. Il me parla d’une fille blonde. Mes poils se hérissèrent à la description qu’il en faisait. C’était de Ruby qu’il parlait… A croire qu’il avait des espions partout... J’étais peut-être pas aussi dingue que ça en étant parano… J’étais juste plus censé que tout le monde. A croire que c’était 1984 avant l’heure ici…

Qu’allais-je répliquer à ça ? Je ne pouvais pas lui faire le plaisir de lâcher que je sortais avec une groupie. Jamais je ne ferais ça ! Je préfère qu’il doivent être obligé de mentir plutôt que de lui donner toutes les informations qu’il désirait.

-Ouais, tu peux écrire ça ! Si cette blonde viens souvent dans ma loge c’est parce qu’elle est mieux que les autres. C’est la groupie du mois, si tu veux… Le mois prochain j’aurais peut-être trouvé une meilleure…

Je devais avouer miser grandement sur le fait que Ruby m’avait dit ne jamais lire les magazines, elle me l’avait certifié lors de notre première rencontre. Et que, de toute manière, elle préférait se faire sa propre opinion sur les gens plutôt que de croire ce qu’on y disait. Je savais Ruby assez intelligente pour ne pas lire cette connerie de L.A. People. Et, si jamais elle l’apprenait, je lui expliquerai tout ! L’alcool me faisait croire que je n’avais rien à craindre.

-A quand les vraies questions ?

Je laissais apparaitre un petit sourire même si mon regard laissait bien paraitre que j'avais bien trop d'alcool dans le sang.


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Mar 4 Mar - 21:30

Je tapotai de l'index le côté de mon crâne pour signifier à Billy que j'avais bel et bien enregistré la menace. Et je ne doutais pas que le roux la mettrait à éxécution sans hésitation. Sauf qu'heureusement pour moi, en plus d'avoir de meilleurs avocats que Peterson, L.A. People grouillait continuellement de jeune stagiaire encore boutonneux. Donc, avant de sortir mes avocats, j'avais encore de quoi faire au niveau chaire à canon.

Tout en parlant, un autre jeu avait commencé entre nous. Evidemment, c'était encore un jeu inégal, puisque Billy était déjà mort plein. Je pouvais le voir à ses yeux injectés de sang, à ses paupières lourdes et à ses gestes trop mal calculés. Mais avec mon habitude légendaire des boissons alcoolisées, j'allais pas tarder à le rejoindre, si je faisais trop d'erreurs. Parce que c'était comme un accord tacite entre nous, une difficulté que je m'infligeais à moi-même. Mais ça ajoutait du piment à la situation. Et je marchais presque autant à l'adrénaline qu'à cette certaines forme de sadisme avec laquelle j'avais appris à jouer.

Et la partie n'était pas facile. Même bourré, ce parano de Billy Lighter ne voulait pas lâcher. Et malgré qu'il était ramolli par l'alcool physiquement, son esprit, lui, semblait toujours aussi aiguisé. La preuve quand il sursauta presque. Il était sur les nerfs et donc sur ses gardes.

Je serrai la mâchoire deux secondes. J'avais eu longtemps l'habitude de me battre avec mes poings... Et si j'avais vite appris à jouer avec les mots, avec l'influence, et les points faibles des autres, j'étais encore bien loin d'être le meilleur. Mais le principal et ce sur quoi je basais ma réputation, c'était sur le fait que les autres PENSENT que j'étais le meilleur et y CROIENT dur comme fer.

Il m'autorisa à écrire ce qu'il venait d'affirmer haut et fort. Je hochai la tête. Très bien. C'était lui qui l'avait dit. Il ne pourrait pas m'attaquer là-dessus. Et comme je pensais bien que, contrairement à moi, Billy Lighter ne mentirait pas en démentant dans la presse ce qu'il avait réellement dit, je pensais que je ne risquais rien. Mais tout ça, c'était du 80%. Rien n'était jamais sûr à 100% dans le business de L.A.

Je souris.

-Ok, donc cette question là est réglée. Les groupies, aucune importance...

Pas grave. Déjà ça, à allait plaire aux fans puisqu'elles seraient rassurées par rapport à mon dernier article. Et avec un titre accrocheur en couverture, le magazine de demain se vendrait sans problème. Rien que parce que des filles accros à Billy Lighter auraient BESOIN de lire ça.

Et puis si ce n'était pas la vérité, j'utiliserais des mots forts, très forts, trop forts, pour qualifié la chose. Comme ça, si Billy m'avait mentit ou caché des choses, et qu'il y avait une vraie groupie/petite amie officielle et qu'elle lisait ça, il y avait moyen que ce cher Billy ressente un retour de flamme bien mérité.

Je nous resservit, comme pour donner le coup d'envois de la deuxième manche.Jusque-là, l'alcool ne me faisait aucun effet. Encore heureux... Après seulement un verre...

Billy, quant à lui, réclama les "vraies" questions. Je lui souris.

-Evidemment, ce serait beaucoup plus simple si je te posais des "vraies" questions, standardisées, comme celles que n'importe quel journaliste pourrait poser.

Je dardai mes yeux sur les siens avec presque une expression de défi.

-Je préfère te laisser raconter toi-même ce que tu as envie de raconter.

C'était pour ça que je le laissais parler, que je le laissais dévier. Parce qu'à force de dévier pour éviter certaines choses, il allait peut-être s'égarer et parler d'autres choses tout aussi intéressantes, voire plus. Voire même encore raconter n'importe quoi... Mais du n'importe quoi inventé par Billy Lighter avait plus de valeur que du n'importe quoi inventé par moi.

-Et ce deuxième album? Tu t'en sors avec Cash?

Question évasive s'il en était, mais qui ferait peut-être baisser sa garde à Lighter puisque je le laissait parler musique... Mais aussi Cash...











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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Mer 5 Mar - 19:51

Ca y est, j’avais réussi à le faire changer de sujet et à passer à autre chose qu’aux groupies. Je pensais sincèrement ne jamais y arriver tellement Amon semblait tenir à se sujet. Je cru même avoir soupiré de soulagement quand il me confirma que la question était réglée.

Il nous resservit de l’alcool à chacun. Je regardais mon verre avec pas mal d’envie. Enfin je le « regardais »… Car ma vue se faisait tellement trouble que j’avais du mal à ne pas loucher ou regarder tout sauf le verre. J’écoutais quand même Amon, même si mon regard n’était pas posé sur lui. Il parlait de questions standardisées, les mêmes que posaient les autres journalistes. Au moins, à ses questions là, je n’avais pas besoin de trop me concentrer pour y répondre. Quoi que… J’avais l’habitude de faire de chaque question un drame.

Il disait préférer me laisser raconter ce que je voulais… Mouais… Si c’était vraiment le cas on serait entrain de parler musique… Musique pure je veux dire, pas tout ce qui tourne autour. Pas discuter album, pas discuter tournée. S’il voulait discuter de ça, il avait cas organisé une interview avec Lenny.

Et c’est bien une question album et Cash que me posa Amon. Je soupirais de désarroi et bu une nouvelle fois cul sec mon verre d’alcool. Et, alors que j’allais régler la questions en quelques mots bien placé, alors que j’étais déterminé à reclaper une fois pour tout ce foutu Sörensen… Alors que tout allait enfin tourner (je l’espérais) à mon avantage… Hé ben mon cerveau en décida autrement… C’est le moment qu’il choisit pour changer radicalement d’humeur. Je pouvais le sentir parce que ça faisait comme un petit choc électrique. Choc que je ne pouvais ni prévenir, ni empêcher… Et, alors que j’étais stressé et au taquet, je me transformai en Billy loquace, sensible… Le Billy qui n’avait plus rien à perdre, le Billy à bout… Le Billy prêt à chialer… La faut à quoi ? L’alcool et la pression qui avait été au delà de son paroxysme.

-Cash… Je sais pas…

Ma voix tremblait et je ne m’en rendais même pas compte...

-On fait un album. On a de quoi au moins faire un double album. On a des tonnes de chansons. Mais… Je sais pas… Il manque quelque chose… Cash…

Mes pensées défilaient et mon discours passait d’un sujet à l’autre…

-Dans l’album. Je parle de ce foutu L.A. Tu sais, L.A. c’est bien beau tout ça. Les jeunes croient que s’ils viennent ici ils pourront devenir célèbre que se soit en devenant une rockstar, en devant acteur ou, encore, en étant un « people ». C’est n’importe quoi ! Tu ne le deviens que si tu aime la musique, que c’est ton seul moyen de t’exprimer. Comme Cash… Cash ne s’exprime que par sa musique et c’est ça qui m’attire chez lui ! Donc je parle de L.A. et du mensonge qu’il donne. Moi j’ai réussi, mais je n’avais pas le choix. C’est un peu comme si tu étais dans une maison en flamme et que le seul moyen que tu as pour t’en sortir c’est sauté par la fenêtre. Si tu tombe bien tu vis, si tu tombe mal tu meurs. La maison en flamme c’est l’Indiana, la chute c’est ce que j’ai fait. Et j’ai eu de la chance de bien tomber. Sinon j’avais plus qu’à crever dans la rue ou… Pire… Retourner chez mes parents… Ce n’était pas possible pour moi.

Mes yeux étaient rouges à cause de l’alcool, mais aussi à cause des larmes de rage, frustration et résignation qui en coulait.

-Cash m'a sauver… Je parle de ça aussi… Même si ce n’est pas clair dans les paroles, elles le sont pour moi…

Une autre pause… Je serrai très fort mon verre dans ma main.

-Mais je ne parle pas que de ça… Je parle d’autres trucs, autant horribles que joyeux. Je parle de ce qui se passe dans ma foutue tête, de ma mère…

Uniquement d’elle, je ne parlais jamais de mon père. Je n’en avais jamais eu la force… Chaque fois que j’essayais j’éclatai de rage. Je serrais encore un peu plus mon verre.

-Je parle aussi de ma petite amie…

Mon verre éclata d’un coup et les morceaux coupèrent l’intérieure de ma main. Mais je ne bronchais pas. J’avais relevé mon regard vers Amon. Sans rien dire de plus.


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Ven 7 Mar - 18:59

Billy Lighter sembla soulagé que je passe à autre chose. Ca allait me permettre de mieux y revenir par après. Et quand je continuai sur l'album en cours, sur Cash Izbel, son guitariste... et amant d'après Peterson... J'ai bien cru... Soit qu'il allait tout casser, ce qui ne m'aurait pas dérangé, vu que j'aurais pu écrire un article scandale là-dessus, soit qu'il allait me fermer toutes les portes une bonne fois pour toute.

Puis son regard changea. Et je restai pratiquement bouche bée. Lighter lui-même semblait surpris. Quelque chose en lui l'était en tout cas, c'était l'impression que ça faisait. Est-ce que je venais d'assister en direct à un brusque et légendaire changement d'humeur de Billy Lighter? Peut-être. Mais apparemment, je n'avais pas troquer le Billy nerveux pour un Billy destructeur. A la place, il se mit à parler. Et je me mis à l'écouter. l'écouter vraiment. En pensant d'abord à ce que je pouvais faire avec ce qu'il me disait. Puis en ne pensant plus du tout après seulement quelques secondes.

Son discours était un rien désordonné. Ponctué de "Cash" sans qu'il en parle vraiment. Comme si, quoi qu'il dise, son esprit revenait toujours au guitariste. Je fut particulièrement attentif à sa métaphore sur la maison en flamme, croisant mes doigts et me penchant en avant comme pour mieux écouter le rouquin. Ce qu'il disait à ce moment-là me parlait. La maison en flamme, je connaissais et l'envie de sauter par la fenêtre, de survivre par tous les moyens, je connaissais aussi. Et c'était également pour ces raisons que je m'étais moi-même retrouvé à L.A., sans être un musicien.

Et comme j'étais également un grand fan caché de The Lightening, je me disais que si ce qu'il disait était vraiment le thème de l'album... Et bien on allait encore avoir droit à une perle de la part du groupe. Je n'étais plus le journaliste de L.A. People. J'étais le jeune ado danois, accro au rock, aux ballades, qui pensait ne jamais pouvoir atteindre ce monde qui était si loin, de l'autre côté de l'océan.

Et pourtant, vu comment j'étais arrivé là... Je n'arrivais pas à me satisfaire d'avoir atteint ce monde. Comme si j'avais laissé quelque chose d'inachevé au Danemark... Des idées fausses que j'avais préféré fuir plutôt que d'essayer encore et encore de démontrer ce qui s'était passé. Personne n'y croyait de toute façon.

Billy me donnait matière à écrire, à interpréter les choses à la 6-4-2. Mais je savais jusqu'où ce genre de truc pouvait aller. Je l'avais testé sur Karen, sans jamais pensé que ça marcherait vraiment. Et pourtant... J'avais quand même un peu sauvé mon cul dans l'histoire, mais... Comment dire... Y avait pas un jour où j'y pensais.

Il parlait aussi de sa mère, et de sa petite amie... Le temps resta en suspens. On se regardait droit dans les yeux, mais il n'y avait aucun défi entre nous. Il s'était mis à nu... Et moi aussi, en quelque sorte, par mon regard concentré et compréhensif à propos de ce qu'il disait. Je connaissais l'histoire de Billy sur le bout des doigts, en bon fan à défaut d'être un bon journaliste.

Je sursautai quand son verre éclata dans sa main. Et le sang commença à goutter régulièrement sur le tapis. J'avais rien pour qu'il se fasse un bandage... Et je le regardai surpris, par son discours, par son geste... Et par son regard impassible alors qu'il venait de s'ouvrir la main.

Je coupai le contact visuel à ce moment là, baissant les yeux comme le jour où mon père m'avait envoyé une gifle en pleine figure parce que j'étais arrivé avec une heure de retard alors que c'était une des première fois où je pouvais rouler en vélo tout seul dans la rue. "Tu dois être là à 16h00"... Fier, j'avais enfourché mon vélo... Et j'étais revenu à 17h00... Mon cher père savait que je ne savais pas lire l'heure. Il pensait peut-être que la peur des représailles en cas de retard allait m'aider? Il avait peut-être eu peur? En tout cas, ça n'avait rien arrangé.

Mon regard bleu-vert remonta sur le visage de Billy Lighter. Je pris mon verre et le bu cul sec.

-Je n'ai rien pour ta main...

Je reposai mon verre. Vide. L'alcool me réchauffa. Et me rendis le courage de refermer la brèche que Billy venait d'ouvrir dans mon mur d'enceinte. Mon regard sournois revint. J'allais bluffer, ne pas m'avouer vaincu, alors que je l'étais. Jamais je n'allais mettre un mot de cette interview sur papier. J'avais des trucs en réserve comme le fait qu'on les avaient aperçus dans la villa de Daniele Ricci. Mais je n'allais rien lui dire. J'allais le laisser stresser au moins 24h... Jusqu'à ce qu'il se rende compte que rien n'était paru dans la presse.

-Ta petite amie... Qui est... La blonde qui suis le groupe à la trace...

Je me rendais compte que Billy Lighter n'était pas si différent de moi. Il venait juste de moins loin. Mais il fuyait lui aussi. Et on était tous les deux dos au mur. La question était: est-ce qu'on allait se tirer l'un l'autre vers le bas? Ou s'entraider pour passer par dessus?












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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Sam 8 Mar - 20:39

J’avais tout dit… J’avais tout balancé au seul mec sur la planète auquel je ne devais sûrement pas parler de ça. Mais je n’avais pas le choix. Ce n’est pas Billy qui décidait, mais l’humeur de Billy. Est-ce que je m’en voulais ? Pas encore… Parce que je n’avais pas encore changé de mode de fonctionnement. J’étais toujours perdu dans mes pensées à ressasser pensée et… A ressasser Cash. Dans le sens Billy du terme, ressasser le Cash était pensé à lui sans pouvoir l’expliquer. Parce que Cash ne s’explique pas, lui-même ne peu expliquer le Cash qu’en jouant de la guitare. Et c’est peut-être pour cela qu’on était dans le même groupe et que le groupe tenait. Parce que lui ne savais s’exprimer que par sa guitare et moi, uniquement par les lyrics. On se complétait. Un cocktail de génie, mais un cocktail destructeur.

Je savais que je venais de donner à Amon de quoi m’assassiner vingt fois. De quoi faire un article de 200 pages remplis de rumeurs juteuses. Mais, au lieu de bien me montrer ça victoire, il ne dit rien. Rien de toute ce que je venais de dire. Il avait tout écouté, mais j’étais incapable de savoir ce qui lui passait par la tête. Un plan d’article ? Des remords ? Le vide total ? Les trois ? A savoir que les trois étaient impossibles sauf dans le monde « fucked up »de Billy Lighter. Un monde où tu pouvais penser sans penser. Je l’avais juste vu baisser le regard. Pourquoi ? A cause de ce que je disais ? Avait-il honte de quelque chose ? Ou alors une simple technique d’intimidation ?

Quoi qu’il en soit, quand mon verre explosa à cause de la pression que ma main exerçait dessus, il releva la tête pour plonger son regard bleu-vert dans le mien (qui avait sensiblement la même couleur). Il n’avait rien pour ma main. Mon regard dévia sur ma main. Le sang dégoulinait par petite gouttes sur le sol. Je n’avais pas mal. Pas encore. Mon cerveau encore pris par l’émotion de ce que je venais de lâcher.

Puis… En une affirmation et non une question, Amon décréta que ma petite amie n’était autre que la fameuse blonde. Mon regard passa de ma main à Amon. Et la douleur vint enfin. Je ne grimaçai pas, je ne bronchai pas. Et c’est comme si la douleur avait appuyé sur un bouton dans mon cerveau, un bouton qui me fis à nouveau changer d’humeur. Et un sourire, sensiblement sadique, apparut sur ma face d’ange déprimé.

-T’interprète là ! Ma petite amie peut-être n’importe qui ! Ta voisine, ta collègue, une groupie, une star quelconque…

Je n’avais pas haussé le ton. C’était un ton plutôt monocorde qui dénotait complètement avec mon sourire sadique.

-Mais monsieur Sörensen va quand même dire que c’est la blonde, par qu’il a envie que se soit la blonde et que donc se sera elle ! Et ça changera quoi ? Rien… A part que je ne serais plus tranquille… Du tout…

Je soupirais, mais j’avais toujours ce sourire.

-Si je me tire une balle un jour, considère que c’est de ta faute !

Je n’avais pas d’arme contre Amon… A part la culpabilité… Ma main dégoulinait toujours et j’y reportai mon attention.

-Du sang… Tout rouge… Partout…

Encore un regard vers Amon. Le sourire avait disparu. Il me restait mon être neutre et mon ton monocorde.


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Amon Sørensen


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Dim 9 Mar - 11:10

Le roux n'avait pas l'air de souffrir de sa blessure. Rien en lui ne trahissait une queconque douleur en tout cas. Mais apparemment, ça le réveilla quand même à un moment donné et il repris la parole alors que j'avais émis l'hypothèse que sa petite amie puisse être la blonce. Aucune certitude, évidemment, c'était toujours les mêmes groupies qui suivaient les groupes. Mais celle-là avait des passes-droit que les autres n'avaient pas. Je le savais, parce que je traînais souvent dans les couloirs de chez MTI, de chez BSC, et dans les studio, tel un parasite, alors que je n'avais rien à foutre là. Mais les gardes de sécurité étaient dans ma poche. Certains parce que je les avais payés pour me laisser passer, d'autres, parce qu'ils avaient une certaine sympathie pour moi. Je vous laisse deviner lesquels sont les plus nombreux.

Me forçant à ne plus faire attention au sang qui coulait par terre, imbibant la moquette, je fis un effort pour soutenir son regard. Evidemment, il savait très bien que je racontais ce que je veux. Je souris.

-Et bien... C'est soit la blonde, soit la brune provoquante qui vient tous les jours chez toi. Mais j'avais plus pensé à un plan cul pour celle-là. Alors choisi vite, et choisi bien. Ca, c'est encore en ton pouvoir.

Billy me dit alors que s'il se tirait un jour une balle, je devrais considérer que ce serait de ma faute. Je haussai les épaules. Au final, c'était pas comme si ce serait la première fois. Sauf que je n'avais aucune envie de faire du mal à ce point-là à Lighter. Il ne représentait aucun danger pour moi, lui. Je hochai négativement la tête.

-Si tu te tires une balle, c'est toi qui appuye sur la gachette, pas moi.

J'essayais de me convaincre que ce ne serait pas ma faute. Que c'était toujours de la fautes de ces artistes, trop faibles, trop à fleur de peau pour supporter le vrai monde. Ca me déculpabilisait... Et me rendait supérieur à eux. Parce que le monde, je le pliais à ma volonté, pas l'inverse. Mais je devais avouer qu'il y avait des jours où j'étais presque fier de détenir un pouvoir pareil: le pouvoir de vie ou de mort, sur qui je voulais. Suffisait de savoir utiliser les bons mots, comme je l'avais fait avec Karen.

Je me levai alors que Lighter était absent. Physiquement, il était là, mais uniquement concentré sur le sang. Et ses propos devenaient incohérents. Et comme je connaissais les limites, il était temps de mettre fin à cette torture, qui s'était avérée mutuelle. Une fois debout, je me rendis compte que ma tête me tournait. J'avais bu de trop et trop vite et sans être bourré, mon équilibre en prenait un coup.

-Il est temps de rentrer chez toi, Lighter.

Je lui tendis la main pour l'inviter à se lever. Et j'étais sûr d'une chose à défaut de ne l'être d'aucune autre: je respectais Billy Lighter, pour l'adversaire qu'il avait été, et pour l'artiste qu'il serait toujours.











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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Dim 9 Mar - 17:28

Amon soutenais mon regard malgré mon sourire et mon ton monocorde. Il réussit même à encore ramené la situation à son avantage. Bordel, il avait vu Gaïana. Ce type savait tout… On ne pouvait pas vivre en paix sans que des foutus journalistes vous colle au cul ! Choisir bien, choisir vite. La blonde, la brune. Ruby, Gaïana. Je ne voulais que ni l’une, ni l’autre ne se retrouve dans l’article de demain. D’ailleurs, je ne voulais pas d’article qui parle de moi demain.

-Si tu es assez un vrai connard de journaliste people tu parleras des deux. Si tu es con, tu ne parleras que d’une. Si tu es intelligent tu ne parleras pas. Je sais que ce n’est pas moi qui ai le pouvoir la dessus. Ca c’est juste ce que tu essayes de me faire croire.

Toujours ce ton monocorde et, plus le sang dégoulinait, plus je perdais le sens de la réalité. Pas forcément à cause de la blessure, mais à cause des émotions qu’elle me rappelait. J’en vins même à parler de ma propre mort et d’Amon comme coupable pour celle-ci. Mais lui, il avait son petit truc pour ne pas culpabiliser. Il disait que si je me suicidais, c’était moi le responsable. Je n’avais jamais eu la même vision de la chose. Pour moi, un suicide pouvait très bien être la faut de quelqu’un d’autre que du suicidaire. Peut-être parce que j’étais suicidaire et que je voulais me défaire de la responsabilité de mes propres choix.

-Ouais… Vrai… Mais la lettre que je ferais et mes avocats diront que c’est toi… Point à la ligne…

Puis il n’y avait plus que cette histoire de main et de sang. Je calais dessus. Je le voyais dégouliner tout ce foutu sang rouge. Je n’avais même pas vu Amon se lever. Juste le sang qui commençait à se répandre sur la belle moquette de L.A. People. A côté des morceaux de verre toujours, eux aussi, à terre. Cette blessure était, en soi, une métaphore physique de ce que cette interview avait couté à mon esprit. J’étais épuisé et… Qu’allais-je faire en rentrant ?

Mon esprit ne pu pas réfléchis plus amplement à la question que la voix d’Amon me ramena à la réalité. Je relevai le regard sur lui. Il me tendait la main et me disait qu’il était temps que je rentre. Finis la torture ? La torture l’était oui… Mon bourreau me le fit remarquer. Mais je ne savais pas si j’allais pouvoir facilement guérir des blessures qu’il m’avait infligées. Aujourd’hui peut-être. Mais quand serait-il quand l’article sortira.

Je pris sa main et je me relevai. Je le regardais de longues secondes sans rien dire.

-Quand tu écriras ton article… Pense à moi, hein ! Pense à moi et à ce que j’ai dit à chaque mot que tu écriras. Pense surtout aux conséquences ! Et, si tu veux faire bien, envoie-le à tous ces connards qui me détestent. Ils t’en remercieront !

Un dernier regard à Amon et je sortis de la pièce.


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MessageSujet: Re: Morituri Te Salutant [PV Lighter] [TERMINE]   Dim 9 Mar - 20:57

Billy Lighter était vraiment un gars intelligent, probablement bien plus que moi. Parce que lui ne jouait pas un rôle. Il était lui alors que je m'étais fait un masque de ce que les gens disaient de moi au Danemark, plutôt que d'en profiter pour recommencer à zéro et être moi-même à nouveau, sans que personne ne sache ce qui s'était passé là-bas.

Si je suivais son raisonnement, une fois qu'il repris un peu ses esprits, devant moi s'étendaient un tas de possibilités. Ce que je savais. Mais lui allait plus loin dans sa réflexion en mettant en parallèle ce que je serais pour chaque possibilité que je choisirais. Bref, en gros, il me disait qu'il saurait qui j'étais en fonction de l'article que j'écrirais.

Heureusement, quand il parla de la lettre qu'il écrirait à ses avocats en cas de suicide, ça me fit rire. C'était complètement invraisemblable comme truc... Mais j'avais intéret à faire gaffe quand même parce que je ne doutais pas que Lighter était plein de ressources.

Et la tache de sang qui s'agrandissait, qui imprégnait le sol de L.A. People. Comme une sorte de trophée, un avertissement: attention, sis l'antre d'Amon Sörensen, prenez garde. Quand je tendis la main à Billy, il la pris et je l'aidai à se lever. Comme un adversaire mis à terre lors d'un combat loyal. Ce qui était un peu le cas. Et j'avais gagné.

Nos regards se plantèrent alors l'un dans l'autre comme un ultime défi mais aucun de nous ne cilla jusqu'à ce que Lighter ouvre la bouche. Pour quelques dernière menace. Je tirai alors sur sa main pour me rapprocher et lui murmurai à l'oreille.

-Je sais mieux que quiconque jusqu'où la merde peut aller. Je connais les limites.

La question n'était pas là. La question c'était: est-ce que je voulais les franchir, ou pas? Il quitta la pièce et je restai là, au milieu de la pièce avec pour seule trace de ma victoire la tache de sang qui serait impossible à enlever de là et qui à jamais témoignerait du duel qui avait eu lieu ce soir.











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