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 Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]

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Maureyn Legrio
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MessageSujet: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Mer 19 Nov - 21:01


Ils disent que croiser un coyote sur une route déserte est un présage de malheur. Maureyn sursauta, ses doigts crispés sur le volant, et la maigre silhouette figée sous la lueur de ses phares eut le temps de s'imprimer dans son esprit avant le choc inévitable. Ensuite seulement, les freins hurlèrent. Il avait l'esprit ailleurs, sans quoi il aurait au moins pu tenter une manœuvre pour esquiver l'animal, qu'importent les croyances des premiers peuples à avoir arpenté ce désert. C'était l'inconvénient de la moto : une giclée de sang vint rayer l'écran de ses lunettes d'aviateur.

Il n'en dormit pas de la nuit, et passa la journée du jeudi à somnoler sur son divan, devant la télé allumée, volets tirés. Le ventilo au plafond brassait la fumée lourde et bleuâtre. L'entrevue de la veille avait été un désastre, il préférait ne pas penser à celle qui l'attendait. Certes, ça n'avait rien à voir. Un vieux rade de bikers moustachus à la sortie de la ville, une route interminable sous un ciel de plomb, et ce putain de coyote. En prenant sa douche à neuf heures du soir, la cafetière opérant sa magie dans la pièce voisine, il tâcha de se convaincre qu'il allait se changer les idées.

Ouais, la copine du gros tatoueur l'avait vue, cette femme qu'il cherchait. Elle était passée en ville. C'était bien celle de la photo, elle en était sûre. Elle avait parlé de refaire sa vie en Australie. Des mois qu'on ne l'avait pas revue, elle avait dû faire quelques passes pour se payer le bateau. Ils étaient tous désolés. Ouais. Lui aussi.

Sur le chemin du studio, il dut se retenir pour ne pas donner un coup de poing dans la figure d'une passante saoûle qui l'appelait "marin". Peut-être à cause de son col roulé ? Pour s'en débarrasser, il doubla le pas et s'engouffra dans une petite rue. Un type à l'air un peu paranoïaque, qui faisait la manche à la chaleur des aérations d'un restaurant, voulut lui vendre un petit animal en bois. Difficile à identifier, mais ça ressemblait à un coyote. Maureyn sourit et fouilla ses poches pour un peu de monnaie ; ça pourrait toujours faire presse-papier sur son bureau. Le gars l'observa en coin et finit par marmonner, comme un secret d'Etat :

"C'est pas toi, le gars qui cherche une femme qui se cache ?"

Trente minutes plus tard, le manager momentanément sans emploi passa le seuil de la maison de disques d'un pas conquérant, le menton levé, respirant la confiance en soi et l'assurance dans ses moindres gestes. Il avait repris du poil de la bête. Une toute nouvelle piste à suivre, et même si l'ombre sous ses yeux trahissait un léger manque de repos accumulé, il était en possession de toutes ses forces. Intellectuellement surtout. On voyait à son regard que son cerveau tournait à cent à l'heure, des idées de passage faisaient pétiller sa prunelle d'étincelles et de stratégies fulgurantes.

C'était l'équivalent, dans sa branche, d'un scénariste de télévision qui s'apprête à croiser une brochette de jeunes acteurs, et à leur créer des rôles sur mesure : l'inspiration le faisait planer. C'était quand même plus agréable de ressentir cet état, s'il existait une drogue qui lui avait permis de l'atteindre il en aurait certainement été accro. Mais un seul sentiment lui faisait cet effet, le rendait aussi vivant : la perspective de la victoire. Il se fit indiquer le studio d'enregistrement, franchit les marches d'un pas léger en fredonnant un petit air et chercha du regard un visage connu - mais il venait surtout rencontrer ceux qu'il ne connaissait pas encore.
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Cash Izbel


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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Sam 22 Nov - 17:21

Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était... Peu importait parce que j'étais complètement dans mon monde. Pas que j'étais shooté. Enfin pas complètement. Mais j'étais en train de m'administrer la drogue que je préférais :

Je ne savais pas depuis combien de temps que j'étais ici, dans le studio d'enregistrement de la tour MTI, en train d'enregistrer encore et encore le même morceau. C'était un riff particulièrement complexe, un jeu de guitare qui dépassait l'imagination, devant faire passer un bend pour le cri d'un dauphin. L'animal préféré de Billy, allez savoir pourquoi. Je ne lui avais jamais demandé... Peut-être parce que je m'en foutais un peu... Adriana, elle, l'identifiait à un renard, pas à un dauphin. Les dauphin rigolaient tout le temps. Pas Billy.

Billy, justement, il m'écoutait, assis sur un tabouret, devant un micro pendant du plafond, les yeux fermés, juste à côté de moi. Si près que nos coudes se touchaient, comme si nos énergies pouvaient fusionner... Et c'était comme ça, par la musique, par le chant, qu'on se comprenaient le mieux. Les mots pouvaient bien aller se faire foutre ! Le matériel, les gens, ne comptaient plus, seuls étaient importants nous-mêmes et nos émotions. C'était dans ces moment-là que Billy et moi ne faisions qu'un. Et uniquement dans ces moment-là.

Les autres étaient au platines, à nous écouter à travers les casques énormes qui leur donnaient un look de cosmonautes, derrière la vitre blindée non contre les balles, mais contre les sons. The Lightening avait toujours eu plusieurs face : la face lumineuse, les kamikazes donnés en pâture au public, Billy et moi ; et puis la face sombre, discrète, mais toute aussi importantes pour que The Lightening soit un tout. C'était aussi de cette face sombre que je tenais mon addiction pour certaines substances. The Lightening, c'était un Ying-Yang complètement décadent.

Je priais intérieurement pour que rien ni personne ne vienne troubler ce moment de paix où seule la musique comptait. On ne jouait et ne chantait plus pour l'album, à ce stade, on le faisait uniquement pour nous, pour ressentir qu'on était toujours là, tous les deux, ensemble, et que ça marchait encore.

J'en avais même oublié ma clope qui se consumait au coin de mes lèvres, les cendres me tombant dangereusement sur les genoux, sans pour autant que je les sente dessiner des petits trous dans mon jeans.

Mais quelque chose changea dans notre environnement, les autres se mirent à bouger bizarrement derrière la vitre, leurs expressions perplexes rendirent d'un coup l'atmosphère plus oppressante, et Billy ouvrit les yeux. Non. C'était fini. Mon visage ne changea pas, mais j'étais vraiment frustré. La magie venait de casser et je le ressentais comme un poignard dans le dos.

Restait à savoir ce qui était à l'origine de cette cassure. Et quoi que ce soit, sans peut-être en avoir l'air au début, ça allait morfler. Lentement, à l'usure. Que ce soit matériel ou humain.

Billy avait arrêté de chanté, j'avais arrêté de jouer. Et la porte même du studio, la partie où on se trouvait, s'ouvrit, laissant place à l'acteur de ce film merdique qui était sortit l'an dernier... Le lagon bleu... Une des groupies dont je m'était entiché m'avait traîné jusqu'au cinéma pour le voir. C'était nul. Et j'avais planté la fille au cinéma, sans rien dire, en plein milieu du film.

J'étais pas content. Mais ma voix restait calme et détachée... J'étais même plus sûr de pouvoir lui donner une autre intonation en fait...

-Si tu cherches ton manager, il est pas ici. Tu t'es gouré. Et puis tu ferais bien d'en changer, parce que ton film était nul. Choisi des scénarios porno, c'est encore mieux.

En bref, ça voulait dire « Dégage ! »... Mais j'avais un ton tellement je-m’en-foutiste que ça pouvait presque passer pour de l'humour, alors que j'étais sincère.

Je savais bien que Lenny devait passer ce soir, parce que Billy me l'avait dit. Mais j'aimais bien Lenny, même si des fois, il était nul... Mais cette andouille du Lagon Bleu n'avait rien à foutre là. Il ferait mieux de s'exiler pour de vrai. A sa place, j'aurais sérieusement honte.


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Billy Lighter


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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Dim 23 Nov - 10:40

Le temps était arrêté. Avait-il déjà eu de l’importance ? Pas dans ces moments-là. La paix, c’est ça que je ressentais ici même dans le petit studio des locaux de MTI. Un studio qu’on avait très peu utilisé pour l’élaboration de notre prochain album. Préférant le grand studio de la San Fernando Valley.

Assis sur un tabouret, les yeux fermé, le visage totalement détendu. Je chantais notre dernière chanson. Des paroles tristes, réflexives et pourtant elles me détendaient. Car tout le mal partait avec les lyrics et je me sentais libéré. Libéré de mon propre esprit. Il n’y avait que Cash et moi, que moi et Cash. Les autres étaient en train d’écouter ce moment derrière la vitre.  Une vitre imperméable qui nous protégeait de tout. Une vitre indestructible.

Les riffs de mon guitariste se faufilaient à travers mon corps et mon esprit. Et je pouvais voir notre musique en image. C’était au-delà de la symbiose ce qu’il y avait encore Cash et moi à cet instant. C’était de la magie pure, et c’était ce qui faisait The Lightening. Pour rien au monde je n’aurais voulu que cela change et la chanson elle-même prouvait à quel point j’avais peur que quelque chose meurt et ne puisse plus revenir. Dans ce moment-là j’oubliais les addictions, je voulais les oublier. Celles de Cash mais aussi les miennes, aussi différentes qu’elles soient. J’oubliais les médias, les obligations, le passé, le présent, le future. N’y avait-il pas de meilleure thérapie ?

“I’ll never find anyone to replace you.” Les paroles étaient claires, et les destinataires pouvaient être multiples. Et j’aurais pleuré en chantant ça si je n’avais pas été aussi bien psychologiquement. Et on pouvait entendre les dauphins que Cash avait réussi à matérialisé avec sa guitare. Les dauphins, je les adorais car ils sauvaient les gens. Quel qu’ils soient…

Autour de nous ça commença à bouger. Je pouvais le ressentir même les yeux fermé. Il était 11h ! J’ouvris les yeux sortant de ma transe. Droit devant je voyais derrière la vitre les visages perplexes de mes amis. Je les avais pourtant prévenus qu’on avait un rendez-vous avec notre manager. Car dans mon esprit Maureyn avait pris la place de Lenny et j’avoue n’avait pas eu le courage d’être plus clair avec Cash et les autres.

Maureyn entra dans la pièce changeant d’un coup l’ambiance de la pièce et ramenant la boule que j’avais habituellement dans le ventre quand j’avais fait quelque chose de mal. J’étais silencieux, toujours assis sur mon tabouret, le seul mouvement je me permettais était celui de réajuster ma casquette sur ma tête.  Je n’eus le temps de rien dire, Cash m’anticipa et je sentais bien dans sa voix une certaine frustration. Je connaissais suffisamment Cash pour entendre quelque chose qu'il  s’efforçait de cacher mais je ne pensais pas que Maureyn ait pu ressentir cette frustration tellement Cash paraissait détaché. Il n’avait aucune idée de qui était en face de lui et apparemment il le prenait pour un acteur ou l’autre. En gros, il voulait que Maureyn dégage… Mais Cash avait cette faculté de tout faire passer pour de l’humour.

Je me levai de mon tabouret et dit d’une voix peu assurée.

-Cash… C’est pas un acteur…

Je m’approchai de Maureyn et lui serrai la main. A moi de faire ces fichue présentation ! Fuck pourquoi je n’avais rien dit à Cash ? Enfin rien clairement ? Bordel, je suis con ! Je regardai mon guitariste.

-Cash, je te présente Maureyn. C’était le manager de Ziggy Shakespeare. C’est un très bon manager, bien meilleur que Lenny. Il saura mieux géré notre groupe et a de bonnes idées pour l’avenir de The Lightening.

Là, j’avais été clair. Peut-être trop. Et la boule dans mon ventre ne faisait que grossir alors que les autres membres de The Lightening nous avait rejoint juste à temps pour entendre ce que je venais de dire. Et leur expression montrait une certaine hostilité à mon égard. Et pour éviter de les regarder en face, je me retournai vers Maureyn.

-Voilà Maureyn. Je te présente Cash, les lead guitariste du groupe.

Je montrai le métisse du doigt puis me mis à présenter les autres membres un par un. Je sens que je vais passer une sale soirée…



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Dernière édition par Billy Lighter le Jeu 4 Déc - 16:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Dim 23 Nov - 11:19

De l’œuf ou de la poule, Maureyn ne se souvenait plus au juste s'il s'était disputé avec sa mère parce qu'il faisait du porno, ou si le rapport de cause à conséquence était l'inverse. Il y avait trop réfléchi, il avait trop fouillé dans le grenier de sa mémoire et certains coins étaient dans un état de chaos irrémédiable. Mais en tout cas, après des années de pratique, il s'était fait une idée tout à fait banale de ce métier et le considérait comme une forme d'art à l'égal des autres, avec ses esprits créatifs et ses facilités d'écriture commerciales, sa moyenne pourrie et ses premiers de la classe.

Quelque part, c'était même plus honnête que les autres formes d'art. Il trouvait plus sain d'afficher officiellement l'accent mis sur le sexe, le scandale et le choc visuel, et se moquait même parfois des bourgeois coincés qui présentaient les news avec leur air de sainte-nitouche, pour finalement jouer sur les mêmes faiblesses de la nature humaine pour mettre du beurre dans les épinards. Sa réaction, à l'apostrophe du guitariste, se situa entre la moue du gars qui n'est franchement pas le bienvenu, mais qui va rester quand même, et un léger sourire à sa proposition, qu'il n'aurait eu aucun problème à prendre au pied de la lettre si les circonstances s'y étaient prêtées.

"Tu veux dire que tous les blonds à bouclettes se ressemblent, c'est ça ? Fais gaffe, ça sonnerait presque raciste." Son sourire le plus angélique aux lèvres, il serra la main de Billy et lui adressa au passage un petit signe de tête, à interpréter comme bon lui semblerait : salut, merci de prendre les choses en mains, ou : t'aurais pu me prévenir que je descendais dans la fosse aux ours, c'est un test ou quoi ? "Mais c'est flatteur, dans un sens. Acteur, ça m'aurait plu, mais je connais mes talents et mes défauts. En fait, je reconnais assez bien les talents des autres, aussi ; et j'ai toujours un faible pour les gars qui font ce qu'ils aiment, au-delà du fait que je les envie un peu. J'aimerais bien vous écouter jouer... Si mes cheveux ne te distraient pas trop."

Nouvelle main tendue, balayage du regard à tous les autres gus - mais celui avec la coiffure de Jean-Baptiste Lully dans ses grands jours serait certainement le premier et le plus dur à convaincre. Très bien, c'était toujours sympa d'identifier d'emblée le défi de la soirée, ça aidait à la concentration. Franchement, côté bouclettes, il pouvait aller se rhabiller. Jamais il n'aurait la volonté de se laisser pousser les cheveux si longs, même s'il appréciait encore assez bien de s'entretenir et d'attirer les regards. Dans une prise de conscience soudaine, il arrêta de détailler le physique de sa nouvelle connaissance, histoire de ne pas, en plus, le mettre mal à l'aise. Il était là pour eux tous, et davantage que pour eux, il était là pour la musique. Dans une démonstration physique de soumission aux conditions qu'ils pourraient lui demander, un plaidoyer silencieux pour l'acceptation de sa présence, il se replia légèrement en direction de Billy, son allié dans la place.

"Vous me parlerez du morceau après, d'accord ? Ce serait bien que j'assimile d'abord les sensations, comme un spectateur lambda, un type qui allume sa radio par hasard."

Inconsciemment, sa voix, tout en restant amicale, avait baissé de quelques tons. Quand même, ce bonhomme à qui le dénommé Cash l'avait comparé, c'était un gamin niais et insipide. Il fallait qu'au-delà de son look, il arrive à asseoir une certaine autorité professionnelle, une image d'adulte responsable. Qu'on le prenne un minimum au sérieux.
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Cash Izbel


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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Mar 25 Nov - 13:26

-Cash… C’est pas un acteur…

Peu importait qui il était. Tout ce que je voulais, c'était qu'on continue ce qu'on faisait, même si nous remettre dans un tel état de transe, je n'étais pas sûr que ce serait possible maintenant qu'on nous avait déranger. Je regardai Billy, je ne lui en voulais pas, pas du tout, ce qui était bizarre quelque part. Tout ce qu'il pouvait lire dans mes yeux, c'était que j'étais vraiment content de ce qu'on venait de faire et que je trouvais ça vraiment con qu'on ait été interrompus.

Je ne lui demandai pas qui ce mec était. Pour la simple et bonne raison que je n'en avais strictement rien à branler. Mais Billy, comme toujours, tins à justifier la présence de ce blondinet bien trop propre sur lui, bien trop clean, pour être honnête. Pour moi, c'était un personnage lisse, un playmobil qui n'avait rien à foutre là.

Il me présenta cette figurine tout juste bonne à figurer sur un poster dans la chambre d'une ado de treize ans comme se nommant Maureyn (ouais, parce qu'en plus, il avait un nom de fille... En même temps, je comprenais sa mère, avec ses jolies boucles blondes et son visage à peine marqué par une barbe, la méprise était possible...). Et la pire nouvelle, Billy l'avait choisi pour être notre nouveau manager. Un bref regard aux autres membres du groupe et je sus que je n'étais pas le seul à être mis au courant seulement maintenant. Mais ce n'était pas Billy que je fusillait du regard. C'était Maureyn, parce que c'était lui la menace. Je haussai les épaules.

-Je préférais Lenny.

C'est tout ce que je dis à Billy et aux autres, et aussi à ce nouveau « manager ». Je n'étais pas bavard de nature, et même quand je n'étais pas d'accord, je gardais mes pensées pour moi. Pour ne pas faire souffrir Billy, de un. Et parce que je trouverais bien d'autres moyens de me débarrasser de Maureyn et de récupérer Lenny.

C'était Billy qui voulait du changement, et Billy tout seul. Nous, même si Lenny avait clairement ses défauts, on l'aimait bien. Au moins, il ressemblait à quelque chose, avec son gras qui pendant et la sueur qui coulait sur son front. On voyait qu'il trimait, parce qu'il essayait de faire de son mieux. Mais au moins, il semblait humain, il était attendrissant même parfois... Ce n'était pas l'impression que me donnait Maureyn puisque j'avais l'impression d'avoir un mannequin de magazine pour fille en face moi.

Et d'ailleurs, il devait le sentir, puisqu'il me fit la réflexion que je devais penser que tous les blonds à bouclettes se ressemblaient tous. Je tendis le bras pour attraper mes lunettes de soleil. Comme si les mettre l'empêcherait de lire dans mes pensées. Mais ça allait surtout cacher toutes les expressions de mon regard. Comme un joueur de poker.

Il me fit un de ces blabla suite à ma remarque à laquelle je ne fis presque pas attention. Je me levai de mon tabouret et m'étirai un peu, mais pas trop, parce que les plis de chacun de mes bras me faisaient mal. Ils étaient couverts de bleus à force de piqûres.

Et puis je posai ma guitare. Pour la simple et bonne raison que Maureyn venait de dire : «J'aimerais bien vous écouter jouer... Si mes cheveux ne te distraient pas trop.». Je posai ma guitare, allai jusqu'à mon ampli, l'éteignit... La seule chose que j'allumai, ce fut une clope. Et je me rassis sur mon tabouret, faisant un geste presque imperceptible vers Billy pour qu'il vienne lui aussi se rasseoir.

Il ne fallait pas oublié que je n'étais qu'à moitié humain. L'autre moitié étant une bête sauvage, il allait falloir à Maureyn courage, patience et intelligence. Parce que je n'étais pas un grand fan des changements... Surtout de changements élaborés par un inconnu. Maman disait toujours de se méfier des inconnus.

Et en plus, il voulait qu'on lui parle des morceau. Je ne parlais jamais des morceaux. Quand les journalistes me posaient des questions sur les chansons de The Lightening, je n'arrivais jamais à répondre.

Et je n'avais d'ailleurs pas prononcé un mot depuis que j'avais appris que Maureyn allait être notre « manager ». Sauf, un peu comme un gosse, que je préférais, que je voulais, Lenny. Mais c'était le seul indice de mon désaccord qui fus verbal. Le reste relevait du non verbal, ce qui, pour moi, était beaucoup plus éloquent.

Mais j'allais laisser faire, sans pour autant suivre tous les ordres... J'allais attendre, patiemment, que Maureyn se plante. Tout seul. Ça me permettrait de ne pas aller contre la décision de Billy, mais d'obtenir tout de même un retour à la normale.


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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Sam 29 Nov - 17:44

Vous connaissez cette sensation horrible qui est  de passer de la tranquillité totale, de l’absence de pression, du bien-être intense au stress indescriptible, à l’impuissance face à la situation et à la honte d’avoir foiré quelque chose. Et bien cette sensation, je la vivais en live alors que je présentais Maureyn au groupe. Si j’avais eu un flingue, je me serais tirer une balle sans hésiter tellement j’étais mal à l’intérieur de moi.

Maureyn agissait avec philosophie quelque part. Il avait réussi à répliquer à Cash sans se froisser.  Il avait bien pris le méprise de mon guitariste. En voyant la tête des membres de The Lightening, il était probable que ce petit entretien allait tourner au cauchemar pour tout le monde… Et je m’en voulais cruellement d’avoir envoyé Maureyn au casse-pipe… J’en aurais parlé aux autres avant, on en serait pas là, à commencer à augmenter la tension de la pièce. Une tension que je pouvais presque toucher de la main tellement elle était présente…

« Je préférais Lenny »

Une simple phrase… Une seule… Suffisante pour comprendre tout le désaccord que ressentais Cash envers ma décision de prendre Maureyn à la place de Lenny. Je ravalais ma salive, ne sachant que répondre à la phrase puéril de Cash. Avais-je envie de le tuer ? Ou bien étais-je triste pour lui ? Aucun des deux parce que mes sentiments en ce moment étaient bien plus complexe que tout cela. Je m’en voulais à moi. Pas de ma décision, ni de mon avis sur Maureyn. Mais bien de ne pas avoir parlé de ce choix aux autres avant cet instant précis. Mon regard lui, n’exprimait pas cette rancœur envers moi, elle exprimait juste à Cash quelque chose du genre : « De toute façon c’est comme ça et pas autrement ».

Et Maureyn, lui voulait qu’on commence. Qu’on lui montre ce qu’on savait faire et il nous écoutera comme un simple auditeur. Puis il faudrait qu’on lui parle du morceau. C’était assez simple. Plutôt, ça aurait pu être très simple.

-Ok, on va te faire un de nos tout nouveaux titres !

Mais j’étais le seul prêt dans cette foutue pièce… Pour une fois… La seule depuis le début de la carrière du groupe. Je regardais tout le monde. Seul Cash bougea mais pas pour faire de la musique… Non… Il rangea sa guitare. Mon estomac ne fit qu’un tour et je regardais Cash d’un air totalement outré. Qu'est-ce qu’il me faisait là ? Il allait faire capoter une future collaboration uniquement parce qu’il préférait Lenny ? Et il avait pensé à moi ? Moi qui souffre de l’incompétence de Lenny ! Moi qui suis en première ligne pour recevoir ses griefs ! Moi qui, par sa faute, ait subit une horrible interview de Sørensen ! Lenny n’a rien fait de bon avec nous… Il ferme les yeux quand il s’agit de drogue et des dérives des journalistes ! Il me fallait du changement, je ne pouvais plus continuer comme ça. Et l’égoïsme de Cash à cet instant me tuait !

-Reprends ta guitare, Cash.

Je n’avais pas élevé la voix, mais elle était devenue très grave. J’étais sur le point de péter une durite. Le genre de durite qui me retient de tout casser que ce soit objets ou humains. J’envoyai un bref regard froid aux autres membres qui se mirent chacun à leurs instruments. Ils avaient compris malgré leur mauvaise humeur. Je pris une guitare acoustique qui trainait et je me mis devant mon micro sans attendre mon guitariste. Je n’avais pas le temps pour ça. Je shootai un grand coup dans le tabouret où j’étais assis alors que moi et Cash étions en été de grâce et me mis debout face à mon micro et face à Maureyn. C’était le seul geste qui trahissait que j’étais au bord d’une crise énorme.

Je commençais quelques accords et les autres, hormis Cash suivirent. Je me mis à chanter, une chanson qui commençait ainsi.



-Sick of this life ! Not that you care !

Ouais, Cash n’en avait rien à foutre! On pouvait dire que là, je mettais ma vie dans ce que je disais. Car toute les paroles montrait mon état d’esprit.



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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Sam 29 Nov - 23:13

Finalement, les mots prononcés par le guitariste faisaient leur petit bonhomme de chemin dans l'inconscient de Maureyn, posant en arrière-plan la question existentielle : pourquoi étaient-ils, eux, sous les feux des projecteurs, et lui dans l'ombre à les appuyer, à les contempler ? Et pourquoi pas l'inverse ? A quoi ça tenait, d'appartenir à un camp ou à l'autre ? Et au bout de quelques minutes à observer les allées et venues des uns et des autres en un duel implicite, il finit par se faire une opinion. Il était parfaitement à sa place, inutile de désirer un autre destin.

Et eux, les stars, étaient parfaitement à leur place, ce qui dans le cas présent était une information beaucoup plus importante. Ils étaient assez fous, assez immatures, assez à fleur de peau, ils avaient en eux assez d'énergie et de violence, assez de vulnérabilité. Un vrai feuilleton à l'eau de rose, et pas besoin de contexte ou de gimmick : l'électricité était palpable, au premier regard échangé. Et Maureyn tenait à cette valeur de choc. Le choc des premières secondes était décisif en début de concert, surtout devant le public culturellement lointain des tournées à travers l'immensité des Etats-Unis. Le choc, ils sauraient assurer.

Et après, il leur suffisait d'un talent qui tienne à peu près la route pour maintenir cette magie initiale : c'était ce qu'il allait devoir juger à présent, avec le peu de compréhension artistique que le ciel lui avait octroyé, et surtout, sa conscience aiguë des études de marché. Et en ce qui concernait le son, il n'y avait rien à redire. Il se concentra l'esprit libre sur les paroles - et en quelques instants, il se sentit pousser des ailes. Il se sentait comme un empereur romain qui s'apprêtait à donner au monde connu l'équivalent d'un combat de gladiateurs, le plus épique que l'on ait vu de mémoire de barbare. Son regard courait de l'un à l'autre des protagonistes, il passa la main dans ses cheveux qui y perdirent de leur ordre et détacha son col pour mieux respirer. La nostalgie l'envahissait, celle de l'aventure d'un tournage risqué, pour l'amour de produire un bel objet auquel nul n'aurait songé, à part lui.

Brusquement, au milieu d'un cri du chanteur, l'euphorie retomba. Il ne fallait pas qu'il se laisse emporter. Cette vie ne lui appartenait pas. Il n'était pas là pour lui-même, pour sa carrière ou pour le plaisir, il avait une mission sacrée et tout le reste devait lui être subordonné, et en l'occurrence... Certes, il venait de trouver de l'or, mais s'il ne gardait pas la tête froide, cette histoire risquait de lui faire perdre de vue son objectif premier. Et à quoi bon s'enrichir s'il y abandonnait son âme ? Ou plutôt, l'âme errante qui le hantait, mais à laquelle il tenait plus que tout.

Difficile de rester pragmatique devant un groupe en train de jouer, et prêt à s'entre-dévorer comme une famille de tigres, très difficile. Heureusement que le sujet de la chanson était si agressive, ça justifiait un peu ses dents serrées, la veine qui palpitait à sa tempe, et ses ongles plantées dans la paume de ses mains. Le regard toujours fixé sur l'activité du groupe, il sortit un sachet de poudre blanche de son pantalon, puisa une pincée et l'inhala précipitamment, ravivant la flamme de la détermination - et quelques autres flammes - dans son regard assombri. La brûlure qui incendiait sa gorge à chaque respiration l'aidait à maintenir un cap inflexible. Et en cas de baston imminente, disons que ce serait toujours un bon vieux désinhibant qui le tirerait peut-être d'un péril physique... ou l'inverse.
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Cash Izbel


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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Mar 2 Déc - 18:32

Je n'en voulais pas à Billy. Parce que je savais que Lenny était loin d'être le meilleur. Et si je m'entendais malgré tout avec notre manager, parce que j'avais accordé plus d'importance à son côté humain qu'à son côté homme d'affaire raté (enfin, pas si raté que ça, finalement... The Lightening était quand même The Lightening, après tout)... Mais je comprenais la démarche de Billy. Ce n'était pas ça qui me rebutait dans l'histoire, hormis qu'il n'ait pas été plus précis quand il nous avait dit : « Notre manager passera peut-être ce soir... ».

Non, ce qui me dégoûtait, c'était que le petit nouveau n'avait rien de rock'n'roll. Il était trop lisse, trop parfait, avec ses petites boucles d'or. Pour faire simple, sa tronche ne collait pas avec l''esprit de The Lightening. Et pour donner un exemple tout con, autant je me voyait bien sortir au Crazy Ginger avec ce gras double suant de Lenny, à siffler des bières avec lui... Autant je me voyais très mal faire de même avec Maureyn. Même avec toute la bonne volonté du monde. Il aurait du rester manager de Shakespeare... Au moins, leurs styles collaient...

Il voulait entendre une chanson, en plus de s'incruster sur notre territoire, en plus de venir bousculer nos habitudes, nos repères. Et je supposais bien que si Billy l'avait choisi, s'il avait choisi de remplacer Lenny, ce n'était pas pour que Christopher Atkins coure comme un poulet sans tête dans les studios comme le faisait son prédécesseur...

Donc, il y allait y avoir du changement. Ou tout du moins, Maureyn allait essayer de changer certaines chose. Un sourire en coin incontrôlé apparu sur mon visage alors que Billy m'intimait de prendre ma guitare. Je souhaitais bien du courage à boucle d'or...

Quant à ma guitare, je ne la pris pas. Je me contentai, alors que Billy empoignait lui-même une guitare, de m'asseoir sur le tabouret que j'occupais un peu plus tôt, juste à côté du micro de Billy devant lequel celui-ci se plaça. Et je croisai les bras. Les autres avaient suivi l'ordre de Billy, de peur de subir ses foudres. Et j'étais le seul à encore jouer les paratonnerres.

Et pourtant, tout ça, ce n'était pas contre Billy. Mais contre Maureyn. Parce qu'il représentait le changement. Et que je ne supportais pas le changement. Et c'était lui que je fixait, bien caché derrière mes lunettes de soleil.

Et jusqu'à la dernière seconde, j'espérais que Billy allait être fidèle à lui-même... Et laisser tomber, fuir, dire qu'il n'était pas prêt... Mais non. Et je savais pourquoi : il était furax. Furax contre moi. Mais je ne me résignai toujours pas à lui en vouloir. Je ne voulais pas empêcher Billy de décider quoi que ce fut. Il voulait Maureyn. Très bien, il l'aurait. Moi, j'attendais de voir, mais je n'allais pas faciliter la tâche du manager non plus.

Et Billy entama la chanson, brisant tous mes espoirs de sourire au nez de Maureyn. Mais la communication entre Billy et moi se rétabli instantanément, confirmant mes soupçons quant à la colère que Billy me portait en ce moment. La musique, notre seule façon de communiquer. J'aurais pu attraper ma guitare et répliquer par un riff acéré mais reflétant aussi toute l'angoisse que l'arrivée d'un nouveau manager faisait naître en moi. Et que mon corps seul était incapable de montrer. Parce que ouais, la seule raison qui me poussait à me comporter comme un gosse, c'était que je crevais de trouille. Lenny était un de mes nombreux repères. Et Billy l'avait balayé d'un revers de la main, sans prévenir.

Mais les murs que je venais d'ériger à la va-vite pour me protéger de Maureyn m'empêchèrent de communiquer par la musique avec Billy. Ce qui faisait qu'encore une fois, certaines choses restaient non-dites.

Et mon regard était toujours braqué sur le manager. Et le junkie que j'étais ne pus passer à côté du geste rapide que Maureyn fit, en prenant une dose. Une brusque mouvement des yeux vers Billy me renseigna que ce dernier fermait les yeux. Il n'avait donc pas pu voir notre nouveau « manager » se shooter allègrement. Dommage, si ça avait été le cas, tout aurait été fini. Billy ne supportait pas mon addiction... Ça me ferait mal qu'il l'accepte de la part du gars qui aurait, à partir de maintenant, l'avenir de The Lightening entre ses mains manucurées. Parce que Lenny, qui avait tous les défauts du monde, lui, ne s'était jamais shooté... Et m'avait évité plus d'une fois de passer l'arme à gauche.

Même si Billy ne l'avait pas vu, ce n'était pas grave. Moi, je ne l'avais pas raté.

Et il venait de commettre sa première erreur.


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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Jeu 4 Déc - 16:55

Cette chanson était un désastre… Pas qu’elle l’était habituellement, mais sans le riff de Cash sur la partie du milieu, ça ne donnait rien. J’étais incapable d’assurer les trois quart de la chanson à la simple guitare acoustique. C’était le passage agressif de l’acoustique à l’électrique qui faisait tout le charme et l’émotion de cette chanson. Je m’étais donc abstenu d’assurer les parties de Cash, ce qui fait que seul la guitare rythmique allait donnait un son un rien mélodieux. Mais tout ça n’était pas représentatif de ce qu’on savait faire et ça ne faisait que blesser mon perfectionnisme maladif. Une blessure qui me donnait une boule au ventre. Une boule de colère et de frustration de ne pas montrer toutes nos capacités.

Et malgré tout ça, je donnais tout. J’avais fermé les yeux, j’avais chanté avec mes tripes me nourrissant de la haine que je portais pour l’instant à mon guitariste. Ma voix était juste et émotive à souhait. Je me voyais presque étrangler Cash dans les images qui défilaient devant mes yeux fermés.

La touche finale de la chanson était le retour aux mêmes phrases du début. Comme une boucle infinie, comme une déprime qui ne finis jamais. Je grattais la guitare acoustique avec les tics d’un débutant. Je n’avais jamais été un grand guitariste et je ne voulais pas vraiment le devenir. Cet instrument restait un mystère pour moi, un mystère que je ne voulais pas découvrir et dont je laissais les clés à Cash.

Le supplice était fini, j’avais ouvert mes yeux qui étaient maintenant mouillés par l’émotion. Maureyn était resté, attentif. Il avait écouté ce carnage du début à la fin et moi j’avais honte de lui avoir montré ça. J’envoyais un bref regard à Cash, un regard froid et haineux. Je n’avais pas besoin de le frapper pour qu’il comprenne même si tout mon corps me disait que ça pourrait quand même être utile.

Mais l’ignorance allait être ma punition pour son acte. Enfin plutôt son non acte. Je posais la guitare acoustique avant de m’avancer vers Maureyn.

-Cette chanson est bien mieux quand le lead guitariste travaille.

Le lead guitariste. C’était odieux comme détermination. Tellement impersonnel. Qui réduisait Cash à sa fonction et qui lui retirait tout trait de personnalité. C’était probablement plus blessant que n’importe quelles insultes. Mon regard était toujours posé sur Maureyn et j’ignorai royalement les autres. Leur manque de motivation m’avait tellement tué que je les haïssais tous !

-Cette chanson parle de beaucoup de choses. Des questions existentielles, du quotidien d’un couple qui ne s’entend plus et d’un passé qui hante. Mais beaucoup d’interprétation son possible. Je laisse toujours mes paroles ouvertes à l’interprétation. Les gens accrochent mieux quand ils peuvent s’approprier les chansons.

En fait, je n’avais pas vraiment une ligne directrice quand j’écrivais. J’écrivais au feeling en fonction de ce que j’avais vécu. Si j’étais en pleine rupture j’allais faire des chansons sur une rupture. Si j’étais de bonne humeur ma chanson allait être positive. Mais j’aimais toujours brouiller les pistes, laissé planer le mystère sur le véritable sujet de ma chanson.

-Je ne la vois pas être un tube ou un single… Les gens font des tubes avec des chansons moins complexes…

C’est ce que j’avais conclu de notre dernier album ou les chansons les plus simples étaient celles qui marchaient le plus.

-Elle t’a plu?

Je tremblais un peu de colère et ma voix tremblait pour les mêmes raisons. Mais je restais focalisé sur Maureyn et uniquement sur lui.



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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Jeu 11 Déc - 18:02

Il y avait assez de boucan pour que Maureyn batte la mesure du pied, sans déranger personne. Le sol n'absorbait pas exactement la vibration, au contraire, ou peut-être était-ce dû à sa petite copine blanche mais il lui semblait bien sentir les frissons de chaque note remonter sous la semelle de ses souliers noirs impeccables, remontant ses fibres nerveuses sans lui laisser aucun répit. Voilà pourquoi, malgré ses angoisses personnelles, l'organisation d'une tournée lui paraissait inévitable s'il était vraiment objectif. Rien ne remplaçait le rapport direct au groupe, au son en tant qu'onde émise par un être vivant et pensant, organiquement présent avec toute sa menace latente et son énergie vitale.

Et il ne s'agissait pas des êtres vivants que constituaient les personnes, prises séparément les unes des autres ; une interview isolée suffisait à s'en rendre compte. Il s'agissait du groupe, de cet être multiple et complexe, à la fois visible et virtuel. Le jeune manager, en revanche, ne s'interrogea pas sur les tensions dans le groupe ; elles faisaient partie des paramètres à gérer, au même titre que les contraintes budgétaires et les éventuels problèmes de santé. Finalement, elles n'étaient jamais qu'un problème de santé de cet organisme qu'était le groupe. Le remède devait exister quelque part, on était en 1981, tout de même, pas au temps des rebouteux et des amputations au silex. Une petite fièvre ne signifiait pas la mort.

Ce qu'il apprécia, c'était l'accessibilité de la chanson. Elle ne se défendait pas face à l'intellect, elle se laissait comprendre et interpréter. Il en suivit la courbe descendante et en vit venir la fin, sans surprise désagréable ou silence abrupt, une forme de sadisme auditif qu'il n'aurait pas encouragé sur un titre important, à moins qu'elle ne parvienne à générer un certain caractère addictif. Cet hymne haineux méritait de déployer tout son potentiel, et de défouler toutes les pulsions refoulées de l'auditeur. Il se retint de justesse d'applaudir comme un gamin, et tenta de se recomposer une attitude relativement professionnelle ; mais l'impact était lisible sur son attitude.

S'il avait aperçu son reflet quelque part dans la salle, il se serait sans doute senti extrêmement mal à l'aise, jugeant cette lisibilité vulnérable. Ce ne fut pas le cas, et il conserva son assurance, en se levant pour revenir près de Billy, et lui prendre le bras dans un geste d'encouragement. Il ne s'apercevait pas qu'il était à fleur de peau, mais il percevait un état semblable chez lui et chez le rocker, une communauté de feeling, encore indéfinissable.

"Mec, je te l'ai dit : moi, le marketing, je le base sur les sensations. Ton texte, ça pourrait être de la physique quantique. Tous tes musiciens pourraient se barrer... Tu pourrais avoir perdu des dents en te bastonnant dans un bar..."

Sa poigne un peu raide se dégagea brusquement, et il recula, prenant conscience d'être légèrement sorti de son rôle, pour croiser les bras dans un geste légèrement défensif en se permettant un éclat de rire. L'image était trop amusante, et pas si invraisemblable, au final.

"Si par miracle, dans des conditions pareilles, tu crées une émotion, et tu arrives à la faire partager, ça marchera. On n'est jamais que des animaux, faut pas l'oublier, la philo c'est juste un bonus récent et la plupart des gens s'en foutent."

Du regard, Maureyn balaya les autres personnages présents d'un regard d'acier qui n'avait pas cligné depuis quelques minutes, comme il aurait parcouru des yeux ses troupes prêtes à conquérir un empire. Il s'adressait toujours au seul qui ait daigné lui accorder une conversation, mais c'était de leur potentiel commun à tous qu'il s'agissait vraiment. Ce genre d'attitude, ça passait en studio, même pour une occasion presque officielle comme celle de leur rencontre, mais jamais sur scène, devant le public. Ils en avaient conscience, bien sûr. Il n'imaginait pas les choses autrement. Ces petits gars aux cheveux longs avaient emporté son assentiment et balayé toutes ses excuses.

Non, il n'allait pas abandonner sa quête pour lier son destin au leur ; simplement, il allait trouver une solution pour allier ces deux objectifs, et les suivre en parallèle. Non, à vrai dire, si cette chanson, cette ambiance lui semblaient si familières et lui parlaient tellement, c'était pour ce peu d'humanité : pour cette quête, ces sentiments qu'il partageait avec le reste des écorchés vifs de cette planète. Et maintenant qu'il y réfléchissait, il n'avait jamais été en couple à proprement parler. Mais il avait lu une lettre lapidaire, jetée sur un coin de table comme un mot de rupture, à côté d'un cadavre sanglant. Et c'était cette impression de trahison, qu'aucune violence ne suffirait à venger, qu'il avait ressentie. Il n'avait pas crié, cependant. Le cri était là, quelque part, en lui, enfermé dans une bouteille scellée avec toute sa rage, mais il le conservait pour le jour des retrouvailles. Billy venait de crier pour lui, et c'était sans doute, au fond, pourquoi il ressentait à son égard cette immense, étrange fraternité.

"Et si tu arrives à émouvoir un type comme moi, tu les auras tous, je te le promets. Tous les spectateurs, tous les vieux devant leur poste de radio, et tous les financements pour un vrai opéra rock. Mais j'ai besoin de vous entendre tous, même sur un vieux titre. Cash ? Choisis quelque chose, et je vous fiche la paix."
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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Mar 16 Déc - 11:09

Bien que la chanson, que je connaissais très bien, était d'habitude d'un très bon niveau, bien que la voix de Billy était géniale, son regard et ce que j'entendais me signalait qu'il manquait quelque chose. C'était peut-être la première fois que je réalisais que ma guitare était indispensable au son particulier de The Lightening. Et je voulais rejoindre mon groupe, empoigner ma guitare. C'était presque viscéral, ça me démangeait. Parce que j'étais né pour ça. Moi et Billy, on existait pour créer ce son que personne d'autre ne serait capable d'imiter. Pas même nous-même, amputés l'un de l'autre.

Mais non, je ne pouvais pas jouer. Ma répulsion pour l'inconnu qui se trouvait devant nous, qui avait pénétré notre territoire sans aucun respect, sans aucune discrétion... Et la peur qu'il avait fait naître en moi avec son ambition de tout changer. C'était trop pour un animal comme moi et approchait-il la main que je me mettait instantanément à grogner... A défaut de fuir, car j'étais attaché à Billy.

La chanson s'acheva, sans que j'aie bougé d'un pouce. Et comme demandé, Billy lui parla de la chanson, la lui expliqua, du mieux qu'il pu. Et je ne retrouvai mon Billy, celui que je connaissais, quand en gros, il éluda la question en lui expliquant qu'elle était inexplicable. Et un fantôme de sourire se dessina sur mon visage. Des chanson, Maureyn en aurait, de temps en temps, quand une fois toutes les lunes, notre inspiration convergerait. Mais pour ce qui était des explication, du sens profond de ce qu'on faisait, il pourrait se brosser ! On ne savait même pas nous même ce qu'on faisait.

Tout ce que savait Billy, c'était ce qu'il voulait. Et tout ce que je savais, c'était ce que je ne voulais pas.

Et quand notre « manager » réagit aux explications de Billy, j'espérais que ses yeux allaient devenir rouge, ou qu'il allait soudain être complètement ailleurs, ou devenir incohérent. Mais ce con semblait bien la tenir, sa petite poudre. Bien... Quelque part, c'était pas plus mal... S'il y était habitué, ça voudrait dire qu'on aurait encore l'occasion de le voir se shooter.

Et puis Maureyn, à l'instar de Billy, parlait trop. Et pour finir, c'est ma concentration qui flancha avant la sienne. Et c'est machinalement que je repris ma guitare en main, juste parce qu'elle me permettait de garder une certaine contenance.

Je grattai vaguement les cordes pour moi-même, sans brancher la guitare pour pouvoir être le seul à m'entendre, attendant que Maureyn foute le camp d'ici. Mais un mot dans son discours attira mon attention au point d'en faire une fausse note.

« Opéra Rock ».

Heureusement pour moi que j'étais naturellement bronzé. Sinon, j'aurais pâli au point d'en ressembler à un cadavre. Il voulait quoi ? Qu'on se déguise ?! qu'on raconte une histoire continue, structurée ?! J'étais là pour faire du rock. Pas de l'Opéra, ni de l'Opéra Rock ou n'importe quelle autre connerie ! J'étais tellement effrayé que je ne sus rien dire.

Et de toute façon, notre « manager » ne m'en laissa pas le temps. Il me proposa de choisir une chanson, n'importe laquelle, pour voir le groupe au complet jouer un titre. Et c'est les yeux exorbités derrière mes lunettes de soleil, la peur au ventre et le cœur en compote que j'attrapai le jack de ma guitare pour le brancher dans l'ampli juste à côté de moi.

J'allais obtempérer. Mais pas pour le bon plaisir de Maureyn, non. Parce qu'il fallait que Billy comprenne ce que je ressentais. Et on ne pouvait communiquer clairement qu'à travers nos chansons. J'allais donc saisir l'occasion. Comme ça Billy me comprendrait. Mais pas Maureyn.

Un peu hésitant, je grattai doucement les cordes de ma guitare. Cherchant le titre qui allait faire tilter Billy...

Les autres étaient prêts, je les sentais, sauf peut-être Billy.

Puis je croisai brièvement le regard de Maureyn.

Et commençai la chanson.



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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Sam 20 Déc - 12:54

Le sang bouillonnait en moi à cause de l’attitude de Cash. Il avait fait foiré notre chanson rien qu’en ne faisant rien et ça… Je ne pouvais pas l’accepter. Pour deux raisons : un, parce que je ne voulais pas perdre la face devant notre future nouveau manager et deux, parce que je venais de me rendre compte à quel point le groupe n’étais rien sans Cash… Mon complexe d’infériorité envers le guitariste venait de ce renforcé encore plus après ceci.

Et pour punir Cash, je l’avais tout simplement ignoré et m’étais tourné vers Maureyn afin d’entendre son appréciation sur la chose. Ce dernier s’avança vers moi me prenant le bras. Je ne flanchai pas malgré ce contact et me permis de lui expliquer ce que signifiait la chanson d’abord avant de lui dire que jamais ça ne fera un tube. Il me ramena sur le tapis son histoire de sensation… Cette histoire-là, j’essayais de la comprendre mais j’avais toujours eu du mal à me mettre à la place du public. J’étais complètement incapable de réfléchir à travers l’esprit de quelqu’un d’autre, de me mettre à sa place. Mes propres émotions me prenaient déjà bien trop de temps et d’énergie. Alors, il fallait que je fasse confiance à Maureyn. Je regardais tantôt sa figure, tantôt sa main sur mon bras qui me faisait un peu mal. Heureusement il finit par me lâcher alors que j’approuvai ce qu’il venait de dire.

Maureyn éclata de rire mais moi j’étais incapable de sourire après ce qu’il venait de se passer avec Cash. Notre futur manager continua me parlant d’émotions et des gens qui n’en ont rien à foutre du sens profond des choses. Cette vision des choses étaient d’un pessimisme terrible qui, si j’avais eu le courage d’y réfléchir, m’aurait fait franchement flipper. Et après un bref regard vers les autres, le manager revint sur moi. Il le voulait son opéra rock et il l’aurait. J’avais déjà en tête tout un scénario. Et mon sourire revint rien que d’y penser.

Mais ça ne dure pas, ce sourire. Non, le nom de Cash revint et je me retournais vers mon guitariste alors que Maureyn lui demandait le titre qu’il voulait faire. Il voulait tous nous entendre. Cash avait repris sa guitare et il fallait avouer qu’il avait bien plus de prestance avec cet instrument entre ses mains.  Alors, allait-il s’y mettre ou non ? Allait-il me faire perdre la face deux fois ? Je le regardais avec un regard tellement anxieux qu’il aurait pu en rendre malade plus d’un. Allez Cash… S’il te plait.

Quand il commença à gratter les cordes je sentis un total soulagement dans tout mon corps. Mes muscles se détendirent. Je me remis en place devant mon micro quand le titre de la chanson vint percuter dans mon cerveau. Et je regardais Cash, un petit moment avant de me mettre à chanter d’une voix exceptionnellement grave. Cette chanson parlait de drogue, et de la décadence qui s’en suite. Du mal qu’on fait aux autres et à soi-même. Pourquoi ce choix de Cash ? Il y avait forcément une raison parce que Cash ne communiquait que par la musique. Là était toute la complexité de notre communication. Lui parlait ainsi et moi je criais, frappais, dramatisait. Mais là, déchiffrer était dur. Est-ce que c’est ce qui allait nous arriver ? Est-ce que c’était ce qui était en train de nous arriver ? Difficile à dire… Et je chantais avec toute la rage et l’émotion que j’avais accumulées ces dernières minutes.  Normalement faite pour un duo, j’assumais toutes les paroles seul. Et quand la chanson s’acheva, je n’avais plus de voix… Elle était endommagée par tant d’effort et ma gorge me faisait mal. Je regardais Cash, cette fois, un moment avant de regarder Maureyn.

-Cette chanson, c’est plus du punk… Et…

Et j’étais incapable d’en expliquer le message de peur de comprendre d’un coup ce que voulait me faire passer Cash. Car j’avais l’impression que si je le comprenais, j’allais remettre en cause beaucoup trop de chose.

-Avec ça, tu as un aperçu de ce qu’on est capable de faire ensemble…

Je toussais essayant de reprendre ma voix. La session était finit pour moi, j’allais être incapable de faire une autre chanson. Mon esprit était plein de doute mais il fallait que je continue dans la direction que j’avais prise me persuadant moi-même que Lenny était bien moins bon que Maureyn.

-Alors, tu veux devenir notre manager ?

Je n’osais plus regarder Cash de peur que mon cœur n’éclate.



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Dernière édition par Billy Lighter le Jeu 25 Déc - 16:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Sam 20 Déc - 23:25

Il y avait un léger fond de curiosité personnelle, au-delà de l'intérêt esthétique, dans l'attente du choix laissé à Cash. Cette fois, Maureyn focalisa sur lui son regard de grand requin blanc et son cerveau qui fonçait à cent à l'heure sur l'autoroute du triomphe. Et il dut bien reconnaître qu'il appréciait la surprise : une sérénade, ça, c'était gentil... et inattendu. En fait, ça ressemblait presque à un avertissement, mais pas du genre hostile. Sans arriver à déchiffrer complètement les intentions du bonhomme, Maureyn était d'avis qu'elles avaient un certain sérieux, et les prit comme telles. A la fin du morceau, il attendit de croiser son regard et lui décocha un petit clin d’œil. Il n'insista pas davantage ; il avait le temps de conquérir l'ensemble du groupe, chacun à sa vitesse, et celui-là, ce n'était visiblement pas un rapide. Peut-être dans d'autres domaines - l'impro ? - mais pas dans celui de la confiance. D'ailleurs, il était temps de se sortir de la phase contemplative et de reconnecter le dialogue avec Billy.

"Je vois. Je ne suis pas trop adepte du "trouver son style", et refaire la même chanson toute sa vie ; c'est bien de varier. Vous avez besoin d'un rééquilibrage, mais pour ça, je vous laisse faire. Vous comprenez ces choses mieux que moi."

Toujours rieur, il se recoiffa par réflexe, sans grand effet. Bon Dieu, s'il avait su, il se serait rasé le crâne avant de venir, ça se serait peut-être mieux passé ; parfois, ça ne tenait qu'à ce genre de petit détail, et lui, au fond, n'y tenait pas particulièrement. Ils faisaient de jolies perruques, dans les arrières-salles des bars pour travestis où il avait effectué une partie de sa petite enquête personnelle, et parfois il y avait même vraiment de quoi être jaloux. Et il ne tenait même pas ces cheveux de sa mère. Elle se les teignait.

"Bon, je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps. On signera les papiers demain au bureau... Mais n'oubliez pas que je suis là : si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites-moi une petite liste de courses. Je vais boire un coup au Ginger, ceux qui sont partants pourront me retrouver là-bas."

Un petit signe de la main en direction du guitariste, et il recula d'un pas, comme un braqueur qui se rend face à un barrage trop bien armé. Certes, il n'avait pas un budget illimité, mais il avait une imagination illimitée pour dégoter des combines ; ça ferait l'affaire, pour un décollage. Sur cette assurance, il tourna les talons, curieux de voir si quelqu'un ajouterait un mot, ou lui emboîterait le pas.
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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Dim 21 Déc - 22:56

Billy assura la chanson tout seul. Il aurait très bien pu demander à notre guitariste rythmique de l'accompagner, ce qu'on faisait d'habitude en concert. Mais ce dernier était perturbé, tétanisé par notre attitude à Billy et à moi et m'est avis qu'il n'aurait pas été capable de chanter correctement. Ou alors, Billy avait, consciemment ou inconsciemment, pigé le message.

On était sur le fil du rasoir tout le temps, coincés entre la vie et la mort. Une mort qui ne tarderait pas à arriver et dont moi, je n'avais pas réellement peur. Une mort avec laquelle je jouais, comme avec une amie d'enfance ou une amante. Et j'étais bien conscient que tout ça était dangereux.

Mais cela concernait aussi Billy. Quand on veut faire trop de choses, trop bien, on fini par ne plus savoir où donner de la tête. Et on peut tout détruire au lieu de construire. Comme cet opéra rock. Qui risquait de détruire ce qu'était The Lightening tant au sens littéral qu'au sens figuré.

Et tout ça faisait peur, et la peur faisait mal. Et Billy avait mal aussi, il ressentait ce que je voulais lui faire ressentir : « N'en fait pas trop, tu vas te faire mal... ». Et ses cordes vocales trop sollicitées sur cette chanson étaient là pour en témoigner.

Avait-il compris ? Aucune idée. Je ne croisai pas son regard. Il était focalisé sur Maureyn et évitait mon regard. Probablement parce qu'il avait peur de ce qu'il aurait pu y lire. Et qu'il était bien décidé à engager ce Maureyn.

Ouais. Parce que c'était bien nous qui l'engagions, pas l'inverse. Et ce serait nous qui aurons le pouvoir de le virer. Même si Billy agissait exactement comme si les choses allaient dans l'autre sens et qu'il devait faire ses preuves.

Depuis qu'on avait terminé la chanson, je n'avais pas ouvert la bouche. Ma concentration commençait à flancher. J'allumai une clope, chipotai à mon ampli, grattai les cordes de manière aléatoire, regardai les autres, regardai Billy. Bref, mon attention était partout et nulle part.

Et j'avais déjà limite oublié le manager. Ce qui était fait pour me détendre.

Il y eu encore un peu de blabla de la part de Billy et Maureyn... Et mes yeux ne se fixèrent à nouveau sur le manager que lorsque celui-ci annonça qu'il allait s'en aller. Et qu'il allait boire un verre au Stryge. Alors seulement, j'ouvris la bouche.

-Bye bye...

Et puis je regardai les autres... Il y avait eu une proposition d'aller boire un verre, mais personne ne semblait décidé à suivre le blondinet. Et mon regard suffit à confirmer leur décision.


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MessageSujet: Re: Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]   Mar 23 Déc - 13:14

Je n’avais pas expliqué la chanson, j’avais juste dit de quel style elle était. C’était un son plus punk que toutes les autres qu’on avait fait jusque-là. J’étais toujours perturbé par le message que voulait me faire passer Cash par ce morceau et je savais que si je ne regardais pas Cash je n’aurais jamais la réponse. Mais j’avais peur de détourner le regard de Maureyn. J’avais peur de voir les yeux de Cash exprimer ce que je ne voulais pas entendre.

C’est donc dans les paroles de notre futur manager que je trouvais un rien de réconfort. Il aimait les variations de style et je devais avouer que The Lightening avait l’art de ne pas toujours faire la même chose. On pouvait faire des chansons très hard, proche du métal et puis enchainer avec des balades plus rock. Elles étaient le reflet de ce qui se passait dans mon cerveau : une extrême puis l’autre, pas de milieu. Et chaque musicien passait son propre message dans chaque chanson par leur instrument. Maureyn me disait qu’on avait juste besoin d’un rééquilibrage. Etre équilibré ? J’en souris légèrement. Je ne croyais pas vraiment y connaitre quoi que ce soit en équilibre mais j’approuvais tout de même Maureyn.

Lui riais. Pourtant, il avait été mal mené pendant toute cette petite session. A sa place j’aurais tué tout le monde dans la pièce. Et j’avais l’impression qu’après tout ça, il n’allait plus vouloir être le manager d’un groupe comme le nôtre. Mais contre toute attente, il accepta et on irait signer tous les papiers demain.

-Génial !

J’étais content qu’il accepte. J’étais content d’être pris en main par quelqu’un qui me semblait compétent. Parce qu’il me fallait ça. Il me fallait quelqu’un qui contrôle tout. Car j’étais incapable de le faire. Je ne savais même pas me contrôler moi-même. Et d’ailleurs, Maureyn se mis tout de suite à notre disposition disant si on avait besoin de quelque chose, il serait là. C’était tout ce que je voulais entendre.

Je n’avais toujours pas regardé Cash, j’entendais juste le son de ses cordes qu’il grattait de temps en temps. Maureyn nous proposa d’aller boire un verre au Ginger. Enfin c’était une proposition du genre : « Qui m’aime me suive » vu que le manager nous fis signe puis commença à s’en aller. Personne ne bougea, Cash lâcha un « bye bye » significatif. Un des seuls mots qu’il avait dit aujourd’hui. Moi non plus je ne bougeai pas, j’étais bien trop crevé pour aller jusqu’au Ginger. Même si discuter avec Maureyn et lui expliquer tout m’aurait paru judicieux. Mais impossible mentalement pour l’instant.

Une fois le manager parti, je sortis un clope du paquet que j’avais dans la poche. Je l’allumai sans un mot avant de finalement regarder chacun des membres de The Lightening en m’arrêtant plus particulièrement sur Cash.

-Je veux rester seul !

C’était assez ferme pour que tout le monde s’en aille à son rythme. Il fallait que je digère tout ce qu’il venait de se passer ce soir.



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Sleeping with lions [PV The Lightening][TERMINE]

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