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 I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]

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Jordan Keller
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MessageSujet: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Mer 10 Déc - 18:57

Putain... J'avais tout fait pour étouffer la dernière crise de Billy Lighter, le célèbre chanteur de The Lightening... Il avait en effet foutu en l'air toute une chambre d'hôtel parce que son ex était venue le voir dans le but de le séduire. Ce qu'il ne lui avait pas plu. Ce qui l'avait mis dans une colère noire au point qu'il avait bien merdé en levant la main sur la fille, lui ouvrant l'arcade. Mais Conrad et moi, on était, heureusement pour lui, arrivés à temps... Enfin, avant qu'il y ait plus de dégâts. On avait commencé par séparer les deux partis, Conrad s'occupant de la fille et moi, d'étrangler le chanteur afin qu'il se calme (après que celui-ci m'ait envoyé un coup de coude magistral dans la tronche et m'avait fait réagir comme le vétéran que j'étais...).

Une fois le chanteur calmé, il avait, en quelque sorte, demander notre aide. Et avait juré que si on ne faisait pas ce qu'il fallait, il s'arrangerait pour envoyer son ex devant un tribunal... Mais au vu de la tronche de la chambre d'hôtel et des faits, s'il s'engageait là-dedans, c'était s'embourber qu'il allait faire. Et c'était en fan de The Lightening que j'avais alors réagit.

On avait alors arrangé les choses à l'amiable, nous basant sur les faits que nous exposait le chanteur. D'autant qu'en plus, on avait été pris de court : en recevant l'appel radio, j'avais cru que c'était sur sa petite amie qu'il frappait, soit sur Ruby Ashcroft qui était une amie depuis que j'avais débarqué à L.A. Mais ce n'était pas elle, ce n'était que son ex... Son ex qui avait prétendu être sa petite amie lorsqu'elle avait appelé le 911.

Soit. Conrad avait sortit la fille de là, l'emmenant jusqu'à notre véhicule. Et j'avais entamé le dialogue avec Lighter. Dialogue qui avait été fructueux, puisque aucune plainte n'avait été portée par le chanteur. D'ailleurs, je vois pas trop pour quoi il aurait pu le faire ? Jusqu'à preuve du contraire, essayer de séduire son ex, même si celui-ci est pris, n'est pas encore une infraction...

Par contre, elle, elle avait toutes les raisons de le faire. Ce que Conrad avait réussi à la dissuader de faire. Pourquoi ? En réalité, ce n'était pas très objectif de faire ça... Mais on était des hommes, des militaires de surcroît, avant d'être des flics... Et pour nous, ce qu'elle avait fait nous semblait purement immoral.

Donc, Conrad avait fait un peu peur à la fille et j'avais raisonné Billy et lui avait conseillé de dire à MTI de s'arranger avec l'hôtel.

Et aujourd'hui, des mois après, il semblait bien que Billy avait omis de se pencher sur ce dernier point...  

Et c'était pour ça qu'aujourd'hui, je me retrouvais entouré des murs blancs comme neige du building de MTI, en uniforme. Et j'avais vraiment l'impression de dénoter dans le décor...

En fait, le directeur de l'hôtel dans lequel vivait Lighter à l'époque avait été particulièrement patient. Je supposais que Lighter lui avait promis d'arranger les dégâts de la chambre d'hôtel. Mais ça n'avait jamais été fait. Et c'était comme ça que ce matin même, il avait déboulé au commissariat pour porter plainte contre Billy Lighter.

Et je comprenais ce pauvre mec. J'avais pris sa déposition sans broncher, lui posant toutes les questions de circonstances afin que le juge puisse estimer la valeur des dégâts lorsqu'il se pencherait sur le dossier.

Sauf qu'aucun juge ne verrait jamais ce dossier. Parce qu'il n'existerait pas.  

Une fois le directeur de l'hôtel sortit du commissariat, vu que Conrad était en congé, j'avais ris tout seul un véhicule de patrouille afin de me rendre chez MTI et de rencontrer le manager de The Lightening, toujours dans le but de régler ça à l'amiable. Si lui n'avait pas parlé de cette affaire à son manager, un certain Lenny, d'après ce que je savais, moi, j'allais le faire.

Qu'est-ce que je cherchais en faisant ça ? Une reconnaissance de la part de Lighter ? Non, pas du tout. Ce que je voulais, c'était ne pas ralentir la sortie du nouvel album que j'attendais depuis un bail... Et puis, je devais avouer que je n'étais pas non plus un saint... Et que la réaction que Lighter avait eu ce soir-là, j'aurais pu l'avoir moi-même.

La fille de l'accueil de MTI, qui vu son regard à moitié absent et injecté de sang, devait revenir de sa pause marijuana, m'indiqua le bureau où je devait me rendre. Mais une fois arrivé devant, après d'être passé d'un couloir blanc à un autre couloir blanc, je remarquai que le nom de Lenny venait d'être gratté sur la porte... J'espérais, tout en frappant à la porte, peut-être un peu trop fort par habitude, que j'étais bien au bon endroit...

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JORDAN
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Jeu 11 Déc - 21:35

Une blonde évanescente, brushing à la Marilyn Monroe, robe fuseau argentée à paillettes, riait aux éclats sur une vieille photo au coin du bureau. C'était la seule image de paix et de plaisir à l'horizon ; partout ailleurs, c'était le chaos, les dossiers ouverts, les post-it marqués de numéros de téléphone, l'annuaire couvert de feutre surligneur et de flèches, des liasses de contrats, et une pile d'enveloppes couvertes d'adresses diverses.

Maureyn n'en avait visiblement pas assez ainsi, car il avait ramené un grand tableau de liège d'une salle de réunion et l'avait fixé au mur à côté de lui. D'ailleurs, le champ de bataille au milieu duquel il se démenait n'avait visiblement pas entamé sa belle humeur : il prenait la pose dans le fauteuil à roulettes, renversé dans le dossier, pieds croisés sur le rebord du bureau, et faisait distraitement rebondir une balle de squash contre le mur en buvant son café, perdu dans la contemplation du journal, le combiné du téléphone coincé entre son épaule et sa mâchoire. La conversation s'acheva abruptement.

"Désolé, je crains que vous ne fassiez pas l'affaire. Sans rancune ? Je dois vous laisser. Oui, on annule tout."

Une gorgée de café, un nom rayé sur la liste. Un bref accès de fatigué, un regard au feuillet légèrement jauni, sous plastique, préservé du temps, qui figurait à côté du cadre avec la photo. Quand il sentait son énergie faiblir, il relisait rapidement ce bref paragraphe qui avait changé sa vie, son cœur faisait un bond et il retrouvait l'adrénaline à laquelle il était devenu addict, l'agressivité qui faisait tout son talent. Il ne s'y habituerait jamais. Depuis toutes ces années, ça lui faisait toujours autant d'effet. L'indignation, la haine, regonflaient instantanément ses batteries à bloc, et il était prêt à en découdre, nerveusement, avec la précision, l'efficacité d'un sniper.

Il s'aperçut de son propre état de tension lorsqu'il tenta de le faire retomber, et réalisa qu'il n'y parvenait pas. Quelqu'un demandait à entrer, il souhaitait se reprendre pour lui souhaiter la bienvenue d'un ton décontracté et amical, et cela lui était impossible. Le ton de sa voix était incisif lorsqu'il invita la personne à pénétrer dans son petit royaume. Et, malgré toute son assurance affichée, il avait encore un peu l'impression d'avoir usurpé ce royaume, car il se leva dans le même temps, mécaniquement, pour aller ouvrir. C'était étrange d'occuper le bureau d'un autre, de baigner dans son énergie résiduelle, et il se sentait hyperactif, il avait besoin de bouger. L'organisation de la future tournée lui réclamait beaucoup de travail assis. Pas son préféré. Si c'était à une mignonne demoiselle amoureuse du groupe qu'il avait affaire, il lui proposerait un poste de secrétaire, tiens ! Pari accepté.

Ce n'était pas une mignonne demoiselle.

"Bonjour. Maureyn Legrio. Que puis-je faire pour vous ?"

En détaillant brièvement le bonhomme des pieds à la tête, Maureyn se sentit vaguement réagir, dans les tréfonds de son être : autrefois, à l'époque où il avait autre chose à faire de sa vie, il avait eu un goût prononcé pour les bad boys et les figures d'autorité, et cette mine peu engageante lui plaisait vaguement. Mais bien sûr, on n'en était plus à cette époque-là. C'était forcément pour le boulot, voyons, avait-il oublié un rendez-vous ? Il fit signe à l'arrivant de s'asseoir dans le siège vis-à-vis du sien, où il retourna se vautrer royalement, essayant de ne pas avoir l'air trop jeune, pas trop pris de court, pas trop dépassé par la situation. Crédible, s'il n'arrivait pas à atteindre la barre du "charismatique".
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Jordan Keller
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Mar 16 Déc - 20:23

L'ordre, car le ton de la voix était bien celui d'un ordre, me fut à peine donné d'entrer que la porte s'ouvrit. Comme tous les fans de The Lightening, je savais que le manager du groupe se nommait Lenny Knowles et que Billy Lighter ne le portait pas forcément dans son cœur, le décrivant comme un gros mou qui, sommes toute était beaucoup trop nerveux. Mais je n'avais aucune idée de ce à quoi ressemblait le manager.

Mais quand la porte s'ouvrit sur un jeune gars blond, mince et assez grand, j'étais pourtant certain que ce type n'était pas Lenny Knowles. Cela expliquait que le nom de ce dernier ai été récemment gratté. Alors quoi ? Changement de manager ? Et ben ça, si c'était pas un scoop ! Me restait plus qu'à changer mon nom en Sørensen et j'allais pouvoir m'acheter moi aussi une villa à Malibu !

Mais je gardai mon humour noir pour moi. Et je serrai la main du jeune gars. Maureyn Legrio qu'il s'appelait.

-Bonjour. Inspecteur Keller, Zone L.A. North.

Maureyn Legrio m'invita d'un geste à entrer et à prendre place sur le siège en face de son bureau. Je ne me fis pas prier. D'ailleurs, je le fis même pas réflexe. Les gens hauts placés préféraient toujours nous avoir à l'intérieur pour parler que de nous laisser dans un couloir, au vu et au su de tous.

Mais celui-là semblait ailleurs et ne même pas percuter que j'étais de la police, pourtant, l'arme à mon ceinturon n'avait rien d'un jouet... Et en voyant l'état de son bureau, je pouvais comprendre. Le désordre ambiant qui révélait quand même une certaine logique laissait paraître que la vie de manager n'était pas facile tous les jours. Mon regard était attiré par un tas de truc, sans grande importance pour moi, mais en tant que militaire, j'avais appris à être alerte... Et en tant que flic, à être curieux. Et le décor pouvait m'en apprendre pas mal sur mon interlocuteur. Rien que les post-it avec « The Lightening », « Lighter » ou encore « Cash ???? », m'apprenait que j'étais probablement au bon endroit.

Restait à savoir si j'avais la bonne personne en face de moi...

Je sortis une copie de la déposition du directeur de l'hôtel Hilton de la poche intérieure de ma veste d'intervention. Juste histoire d'avoir quelque chose en main, quelque chose qui justifiait ma présence ici.

-Je suppose que vous n'êtes pas Lenny Knowles ? C'est à lui que je dois parler. Enfin, tout du moins au gars qui s'occupe de The Lightening, et plus précisément de Billy Lighter.

Petite pause. J'avais déjà envie d'une clope. Mais j'avais pour habitude, sauf endroit ouvert, d'attendre que mon interlocuteur s'en grille une avant de m'en griller une moi-même. En espérant que le jeunot était fumeur...

Je désignai du pouce la porte derrière moi.

-J'ai vu qu'on avait gratté le nom de Knowles sur la porte. Changement de manager ?

Je n'avais pas pour habitude de m'encombrer même avec des titres aussi simplissimes que « Monsieur », « Madame » ou ce genre de truc. Je parlais toujours comme un militaire. Et chez nous, seul le grade importait.











JORDAN
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Mer 17 Déc - 0:32

"Inspecteur Keller."

Il y a bleu et bleu. Le bleu électrique du regard d'un manager surbooké, en plein rush, qui invite un inconnu potentiellement utile à pénétrer sur son territoire, venait de basculer vers le bleu glacial, digne d'un iceberg en quête du Titanic de ses rêves. Allons bon, voilà qu'un flicard venait lui faire perdre son temps à un moment pareil ? L'estime vestimentaire, si l'on peut ainsi s'exprimer, qu'il nourrissait pour le nouveau venu s'effondra comme un château de cartes et fut remplacé par une hostilité contrôlée, sous-jacente, un venin dilué dans l'océan d'une maîtrise de soi à toute épreuve - mais cependant capable d'effet, à dose homéopathique. Etrangement, ce renversement de situation eut un effet calmant sur l'attitude de Maureyn, en surface du moins. Il posa ses deux mains à plat sur le bureau et se redressa légèrement, comme l'aurait fait un cobra.

"Vous avez toute mon attention, inspecteur. Je suis en effet le manager actuel ; si vous souhaitez régler un litige, c'est avec moi que ça se passe."

Une forme quelconque d'explication semblait s'imposer, et il n'eut pas à se creuser la tête bien longtemps pour mobiliser une formule politiquement correcte, car il l'avait déjà potassée au cas où la presse lui tombe dessus : "La collaboration avec monsieur Knowles a pris fin d'un commun accord, au terme d'une longue suite de désaccords. Vous savez ce que c'est, dans le monde du spectacle : il faut ménager les sensibilités des uns et des autres."

Un petit quelque chose, dans le ton de sa voix, disait assez clairement qu'il était là parce qu'il n'avait pas de sensibilité à ménager, et qu'il savait gérer celles des autres sans états d'âme, en gardant le cap sur les enjeux commerciaux. Un loup de la finance, mais sans costard-cravate, sans coupe réglementaire et en somme, sans l'aura d'austérité scientifique qui entoure, dans l'imaginaire populaire, ceux qui brassent des chiffres. Mais l'énigme s'expliquait d'elle-même quand on prenait conscience que tous les petits papiers qui l'entouraient portaient rarement des chiffres, à part des numéros de contacts téléphoniques, et majoritairement des noms. Il était un général, un stratège, non un comptable. Il brassait des hommes et non des chiffres. Il jouait précisément sa partie en se faisant des atouts des diverses sensibilités en jeu. Quant à la crispation implacable de sa mâchoire, c'était le seul indice physique de l'aversion viscérale que lui inspirait la profession de son interlocuteur.

Cela ne l'empêchait pas d'être curieux, et de vouloir être efficace. Il tendit la main vers le papier que tenait le flic, une simple désignation pour le moment, mais il apprécierait de pouvoir le parcourir de ses propres yeux - simple précaution.

"Je vous en prie, résumez-moi la situation. Il y a un problème avec Billy ?"

Ce sacré Billy, c'était lui qui l'avait entraîné dans cette aventure. Et voilà qu'il lui valait la visite d'un inspecteur de police... joyeux Noël. Billy la comète, avec son sillage de cheveux longs, de folie douce et d'éclats flamboyants, c'était lui qui l'avait convaincu de rejoindre la caravane et de gérer leurs étranges problématiques de saltimbanques et de stars montantes. Le nouveau manager aurait peut-être dû lui en vouloir, mais il ne pouvait pas. S'il y avait une solution à l'amiable, Maureyn la trouverait, quelque part dans le labyrinthe de ses combines tortueuses.
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Jordan Keller
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Dim 21 Déc - 21:55

Je pus instantanément dire quand le manager réalisa que je n'étais pas un acteur porno à deux balles, mais bien un vrai flic, avec tout ce que ça impliquait. Je reconnus le switch caractéristique dans son regard. Le même switch que quand on sonne à une porte et que les occupants de la maison se retrouvent face à nous. On sait alors directement si ça va aller... ou pas...

Et j'avais cette putain de nette impression que ça n'irait pas. Et c'était dans ces cas-là que je regrettais que les flics n'aient pas la même façon de fonctionner que les militaires. Je voulais aider le poulain de ce mec... Mais ce ne serait pas sans efforts.

Le ton de du manager était poli, mais sans fioriture avec juste le respect qu'il fallait pour ne pas avoir de problème. Je n'avais aucun doute. Ce mec haïssait mon uniforme. Va savoir pourquoi ? Parce qu'il était pas net ? Ou parce qu'il était tombé sur un collègue assez con pour créer cette haine chez des gens qui, à la base, n'ont aucune raison de nous en vouloir ?

Son attitude non verbale était elle aussi hostile... Ses mouvement, son regard, évoquait un serpent sur le qui-vive, prêt à frapper.

Il m'informa que c'était désormais bien lui le nouveau manager de The Lightening. Donc, j'étais bien au bon endroit, c'était tout ce qui m'importait. Que ce soit lui ou Knowles, je m'en foutais. Ce dont j'avais besoin, c'était d'un intermédiaire avec Lighter.

Et finalement, je me disais que la haine que semblait porter Legrio au corps que je représentais n'allais peut-être pas être un désavantage, dans le sens où il n'aurait certainement pas envie que les conneries de Lighter mène à une véritable procédure judiciaire. Surtout s'il venait de prendre le groupe sous son aile.

Il pensait que c'était pour un litige entre lui et Knowles que j'étais là. Un petit sourire en coin se dessina malgré moi sur mon visage alors que je lui tendais la déposition du directeur du Hilton. Évidemment, ce blondinet bien sapé, qui semblait tellement en forme, n'avait rien à voir avec le vétéran aux yeux cernés que j'étais. Et ce mec devait être assez imbu de sa personne, assez en tout cas pour penser que j'étais là pour lui... Sauf que la star, hé, mec, c'est Lighter.

-Je ne suis pas là pour ça. Vous auriez même un problème avec Knowles que ça ne regarderait pas un flic de la rue comme moi. Ce que vous avez en main est une déposition de plainte du Directeur de l'Hôtel Hilton de L.A. contre Billy Lighter. Il a vandalisé sa chambre d'hôtel alors qu'il séjournait là-bas.

D'habitude, j'aurais employé le conditionnel pour laisser à Lighter le bénéfice du doute. Mais dans ce cas-ci, j'étais présent et c'était nous qui avions géré l'intervention.

Tout en parlant, je ne me rendais pas compte que j'avais glissé ma main dans la poche latérale de mon pantalon d'uniforme. Là où se trouvait mon paquet de clopes. Mais sans l'en sortir.

-J'étais présent sur les lieux ce soir-là, et je peux comprendre que Lighter ait pété un câble. Et c'est moi aussi qui vient de prendre, ce matin, la déposition du directeur. Mais le dossier n'est pas encore monté. Je suis ici pour lui éviter plus de problèmes. La meilleure solution serait un arrangement à l'amiable entre vous et la société Hilton. Ça évitera une procédure judiciaire qui pourrait aller plus loin que la destruction d'une simple chambre d'hôtel.


Ouais... Parce que j'en avais pas parlé, mais la fille qui était présente ce soir-là, si elle entendait parlé d'un procès, risquait de refaire surface.

Je finis par attraper mon paquet de clopes et le désignai au manager...

-Ça vous dérange si j'en grille une ?











JORDAN
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Lun 22 Déc - 18:15

Pendant une longue seconde, Maureyn se donna le luxe d'hésiter. Il regarda des pieds à la tête le bonhomme qui lui accordait un tel pouvoir, en se demandant si sa réponse changerait vraiment quelque chose. Mais il était temps de prendre possession de son territoire, et de jouer les grands seigneurs. Magnanime, il jeta un petit signe de la main en direction du paquet de clopes, en optant pour la réponse attendue et le respect des conventions sociales.

"Pas du tout."

Pour le reste, il allait avoir besoin de classer mentalement quelques informations. Il s'empara d'un énième post-it et y griffonna le nom du flic des rues, quelques abréviations détaillant les raisons de sa visite, et le colla sur son téléphone. Il aurait un petit coup de fil à passer à quelqu'un, après le départ du monsieur. Ceci fait, il lui rendit toute son attention. A nouveau, il hésita l'espace d'une seconde puis prit le parti de sourire de toutes ses dents. C'était un allié qu'il avait devant lui... n'est-ce pas ?

"Je vais compter sur le secret professionnel, et vous confier un scoop. Nous avons besoin de tout l'argent que nous pouvons mettre de côté pour un projet en cours de préparation. Si arrangement à l'amiable il y a, il faudra vraiment que ça ne me coûte pas trop cher. Et comme vous êtes le seul à pouvoir me renseigner..."

Il se renversa sur son siège avec un léger soupir de lassitude, manifestant tout son ravissement à l'idée de traiter avec un allié si merveilleusement choisi par le destin, et ouvrit un tiroir d'où il tira un catalogue. Une série de photos y détaillait le merchandising qu'il avait prévu de vendre autour du concert : affiches, t-shirts, mugs, et autres artefacts classiques du petit magicien de l'après-spectacle. Y compris les petits simili-appareils-photo en pur plastique, contenant un diaporama vaguement rétro-éclairé. Il comptait sur les photographes de la tournée pour lui pondre de belles images de fond, sans ça, les trucs et machins ne se vendraient pas aussi bien.

"Vous les connaissez un peu, à cet hôtel ? Y a moyen qu'ils soient intéressés par ce genre d'articles ? J'apprécierais, en fait, ça me coûterait moins cher de leur en mettre de côté que de mettre la main à ma poche. Mais bien sûr, s'ils ne veulent plus jamais voir la tronche de Billy, ils risquent de voir la proposition comme une provocation."


Il ne voulait pas seulement savoir ce que ce type pensait de l'hôtel, il voulait savoir qui était ce type. Il y avait bien un type, dans cet uniforme, et par pure phobie personnelle, il avait besoin de savoir quel genre de type, et s'il fallait qu'il soit en alerte permanente ou juste légèrement méfiant.
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Jordan Keller
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Mer 24 Déc - 11:50

J'allumai ma clope quand le manager m'autorisa à le faire. Pas vraiment que j'aie besoin de son autorisation : on aurait été dans un autre contexte social, j'aurais pas hésité une seconde, mais là, il me semblait que le mieux était de jouer la politesse, le politiquement correct. Ce dont je n'avais en réalité rien à foutre, mais faire semblant, parfois, pouvait être bénéfique.

Je sentais bien que le jeune gars, qui apparemment, n'était pas à sa place depuis longtemps chez MTI, n'y était pas encore habitué. Malgré les grands airs qu'ils se donnait. Et, en tant que fan, j'en venait à me demander si The Lightening avait bien fait de changer de manager. Lenny Knowles se laissait certes un peu marcher sur les pieds par le groupe, d'après ce que je savais de ce que j'avais lu dans les articles de Guitar&Pen. Mais le gros avait l'avantage d'avoir un style qui collait à celui des jeunes rockers de The Lightening. Gros, suant, avec un visage soit rigolard, soit stressé, mais surtout, il était effacé. C'était eux les stars... Pas lui.

M'était avis que ça n'allait pas être pareil avec celui-ci. Bien trop sûr de lui qu'il était... Peut-être que ça rassurerait Lighter. Mais aucun doute qu'un gars comme Izbel allait se sentir menacé...

Moi-même, il commençait à me casser légèrement les couilles avec ses grands airs. Il comptait sur le secret professionnel, blablabla. Un scoop... J'en avais un peu rien à foutre. J'étais fan de The Lightening et je voulais éviter un problème à Lighter. Ce que ça allait coûter, ça le regardait.

Je soufflai ma fumée droit dans son visage. Il fallait qu'il arrête de parler. Tout compte fait, je pensais que moi aussi, j'aurais été mieux face à Lenny Knowles...

-Ecoutez, ça, c'est votre problème. Vous avez voulu Lighter, vous l'avez eu, maintenant, faut assumer. Moi, je viens juste vous prévenir qu'une plainte peut être déposée contre lui. Et pourrait d'ailleurs déjà l'être si le directeur du Hilton était tombé sur un de mes collègues.

Je repris une longue bouffée de ma clope avant de continuer. Il ne fallait pas oublié pourquoi cette histoire me tenait tant à cœur : Billy sortait avec Ruby, une amie que j'avais rencontrée dans un bar il y avait de ça quatre ans. Si Billy avait des problèmes, elle en aurait aussi. C'était son idée de produits dérivés de The Lightening qui était complètement absurde.

-Et je ne suis pas sûr que des t-shirt avec la tronche de Lighter dessus soit la solution. J'appellerai plutôt ça de la provocation. Si le but c'est d'avoir votre tronche à vous dans les magazine People, faites-le, si 'est pour votre propre notoriété. Si c'est pour aider Lighter, tenez-vous tranquille.


Je ne m'emballais pas. Mon ton restait calme. Mais mon ton ne laissait aucun doute. Legrio n'était pas le genre de gars qui vivait dans le même monde que moi.

Je me tus, deux secondes. Ce que je venais de dire me faisais cogiter. J'avais peut-être une idée. Au risque de couper le manager s'il voulait réagir, je continuai, sans même prendre le temps d'expulser la fumée de mes poumons, la laissant sortir par elle-même.

-Mais... Y a un truc qui pourrait marché pour tous les deux. Enfin je suis pas un commercial alors je sais pas si c'est possible... Mais bon, vu que je suis même pas sensé me trouver ici... Autant aller jusqu'au bout.

Je pris une seconde pour mettre mes idées en place puis me lançai.

-Lighter a éclaté cette chambre d'hôtel. Combien de fans rêveraient de dormir dans ce genre d'endroit ?

Ce n'était pas vraiment mon trip. Mais je savais que dans les fans se trouvait bon nombre de tarés.











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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Lun 12 Jan - 17:46

Spoiler:
 

Assumer Lighter financièrement, bon courage, ce n'était pas exactement une chose que Maureyn avait prévue ou dont il se sentait capable. Toute la stratégie du monde ne le rendrait pas riche à millions ou influent, sinon il aurait déjà utilisé ce pouvoir magique pour retrouver l'objet de son enquête. Peut-être, après, il utiliserait ce qui resterait de sa fortune pour devenir le mécène d'électrons libres et chaotiques comme des rockstars ou des actrices de luxe. Pourquoi pas ? Ou pour financer la recherche en géologie marine, peu importe.

Il n'avait pas du tout prévu ce qu'il ferait de sa vie une fois ce but de vengeance accompli, voilà la vérité ; au final il n'avait même pas prévu d'y survivre. Le monde n'était pas fait pour ça, sinon la police aurait fait le boulot, pas vrai ? Son regard se perdit dans le vide quelques secondes, et quand il le reporta sur son brillant interlocuteur, une légère lueur venimeuse et hostile y dansait comme une flamme verte, présageant d'une suite tout sauf agréable. Cependant, il parvint à se reprendre et à considérer la possibilité soulevée avec objectivité, selon ses mérites.

Et elle en avait. Ce poulet était loin d'être dinde, il fallait bien le reconnaître. Juste gratuitement méfiant envers les types aux boucles blondes, mais ça, Maureyn avait maintenant l'habitude. Au final, c'était un environnement confortable, pour un type qui se sentait toujours un besoin maladif de faire ses preuves par tous les efforts imaginables. C'était la justification morale de son hyperactivité. Bref, sans être totalement soumis à la critique, Maureyn pouvait l'absorber comme un défi grisant, et résister à l'envie de piquer une bête crise de nerfs. A nouveau, le tic au coin de sa mâchoire dénota une soudaine crispation nerveuse, et ce fut le seul indice d'une quelconque mauvaise humeur au portrait peu flatteur qui était brossé de sa personne, et des intentions qu'on lui prêtait.

"A vous de me le dire, vous pratiquez les gens de cette ville depuis plus longtemps que moi, mais il y a certainement un deal à faire, vous avez raison."

De quelques lignes sur un bout de papier vierge, il prit note, avant de relever son regard perçant, laissant planer le doute sur le statut de ses paroles, analyse ou plaisanterie.

"Peut-être même que vous feriez partie du lot ? Non, vous êtes un type sérieux, vous, c'est pour l'amour de l'art que vous intervenez, ça va de soi. Et c'est aussi pour ça que vous me donnez tous ces bons conseils d'homme à homme ? Moi qui manquais justement d'une figure paternelle dans ma vie."

Trop facile de critiquer le rôle de la police après l'assassinat de sa mère, trop facile pour le flic de faire une rapide recherche, de ressortir les horreurs débitées par ses collègues pour discréditer la victime au lieu de rechercher la meurtrière, de le blesser encore une fois au niveau de plaies encore très mal refermées. Trop de raisons d'être sur la défensive, de garder toute information pour lui, dans sa coquille de jeune premier invulnérable. Mais Maureyn se permit cependant une légère entorse à son habituelle prudence. Après tout, il avait énormément travaillé depuis quelques jours, et ses réflexes avaient un peu faibli. Et comme il disait toujours : mieux valait craquer légèrement de temps en temps, et réparer après, que tenir au max et craquer un jour pour de bon, sans espoir de réparation possible. Au fond, il niait l'évidence, son appartenance à la race des volcans.

"Vous êtes tout à fait à votre place ici, rassurez-vous. Bien plus efficace que nombre de vos collègues sur certaines scènes de crime."
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Mar 13 Jan - 17:32

I Fought The Law... ft. Maureyn Legrio


Que répondre à l'arrogance du jeune manager. Justement, il était jeune. Enfin, dans les fait, il ne devait pas être beaucoup plus jeune que moi. Il avait quoi ? La trentaine, même pas ? Mais il me semblait qu'intérieurement, on avait 20 ans de différence. Fallait dire que le Vietnam n'avait rien eu d'une cure thermale... Mon visage était marqué. Prématurément, des petites rides s'étaient formées sur mon front et aux coins de mes yeux. Contraste total face au visage bien lisse de Legrio.

Et pourtant, bien qu'il portait son arrogance comme une armure, je le sentais fatigué. Rien que son bureau, l'état de bordel organisé dans lequel il était, me donnait l'effet d'être une projection de l'état mental du manager.

Et puis... Il avait ces léger tics nerveux, presque imperceptibles, mais que j'avais eu et vu, dans d'autres circonstances. Un target un peu récalcitrant pouvait me donner les mêmes tics : contraction de la mâchoire, regard glacial...

Ce que j'avais du mal à comprendre, c'était qu'en essayant d'aider Lighter, j'essayais de l'aider lui. Et sa méfiance devait bien venir de quelque part. Ça, je le savais aussi... Il fallait être réaliste, la vue d'hommes asiatiques se baladant dans les rues de L.A., sur mon territoire, ne me laissait pas indifférent, j'étais méfiant moi aussi... Je savais pourquoi... Et donc, je savais faire la part des choses.

Et pour rester également réaliste... Legrio n'était pas le premier type à qui je m'adressais et qui avait une sainte horreur des flics... Depuis 4 ans, je commençais à avoir l'habitude. Mais j'étais prêt à lui montrer que j'étais là pour aider, pas pour emmerder le monde... D'ailleurs, je devais en faire un autocollant, de cette devise, et le coller sur le pare-choc de ma bagnole...

Au moins le manager consentait-il à admettre qu'un deal serait la meilleure solution. C'était un petit pas pour l'humanité, mais un grand pas pour Lighter...

Je lui proposai donc, par exemple, de proposer au directeur de l'hôtel de louer cette foutue chambre aux fans déjantés de Lighter. Ce à quoi il répondit par... Je ne savais pas trop quoi. Humour ? Arrogance encore une fois ? Ironie ? Moquerie ? Ou plus probablement tout ça à la fois ?

Il y avait de ça quelques années, alors que je venais de renter à l'instruction militaire, je lui aurais probablement écrasé la face sur son bureau... Ce que je me savais encore capable de faire. Après tout, j'étais entraîné pour tuer. Mais j'avais mûri et j'avais appris à être moins impulsif. Mouais, n'empêche que je tirai quand même un grand coup sur ma clope avant de sourire. Style que j'appréciais la plaisanterie. J'étais loin d'être un père, et je ne le serait probablement jamais. Plus maintenant, même si j'avais caressé cet espoir, vaguement, pendant un court laps de temps, avec Roxxy.

-Ni pour l'amour de l'art, ni pour vous, et pas seulement pour Billy Lighter.

Je soufflai la fumée de ma clope et fusillai Legrio du regard. Ben ouais, je pouvais pas tout contrôler...

-To Protect And Serve.

C'était la devise du LAPD, mais surtout, je l'avais fait mienne. Et ce depuis longtemps, avant même de la connaître.

Legrio assura que j'étais à ma place. Ouais, pour lui, peut-être. Mais ce que je venais faire ici n'avait rien d'officiel. Au contraire, c'était pas tout à fait correct d'un point de vue purement procédurier. Mais que la procédure aille se faire voir ! Surtout si ça pouvait m'éviter de taper un rapport.

Je fronçai les sourcils quand il insinua que des collègues avaient mal fait leur job sur une scène de crime. Ah. Peut-être qu'on touchait là à ce qui ne lui revenait pas dans mon uniforme. Il aurait eu à faire à des clinches... Mouais... Ou à des bons flics qui l'auraient foutus dans la merde dans le passé. Ou aux deux en même temps.

-Ce que font mes collègues, ça les regarde. Le seul truc qui compte, c'est comment mon binôme et moi, on fait le nôtre.

Je cherchai des yeux un cendrier pour y écraser mon mégot, mais n'en trouvant pas, je laissai le feu s'éteindre de lui-même et gardai le mégot en main.

-Un autre que moi se serait déjà taillé devant votre arrogance pour vous taper un PV pas piqué des vers pour vous mettre, vous et Lighter, et MTI, tant qu'on y est, bien dans la merde.

Je marquai une pause j'avais envie d'allumer une deuxième clope, déjà.

-Je suis venu vous prévenir de la plainte qui pourrait être déposée contre vous. Vous dire qu'il vous faut réagir et arranger vos bidon avec Hilton. Après, vous faites ce que vous voulez de l'info. Mais il faut que je sache maintenant : quand je rentre au commissariat après avoir quitté votre bureau, je le tape, ce PV, ou pas ?

Et sincèrement, j'espérais que non. Parce qu'il n'y avait rien de plus chiant que taper des PV...
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Jeu 15 Jan - 13:39

"Non, inutile de vous imposer cette peine. Votre idée a été entendue et prise en considération, croyez-le bien ; il me faudra seulement vérifier quelques points légaux afin d'employer les bons termes, quand je m'adresserai à notre ami commun de l'hôtel. Je n'avais pas ce genre de litiges à gérer, dans mon ancien emploi."

A vrai dire, dans son ancien emploi, l'équivalent de Lighter serait passé sous le bureau et ça en serait resté là, un genre d'autographe signé avec la langue ; mais bien sûr, ce type d'arrangement n'était plus envisageable. Maintenant, il fallait écouter un vieux flicard sans manières lui parler de la charmante devise de sa profession, et faire comme s'il le croyait. Pourquoi pas, finalement. A la réflexion, c'était presque une situation familière qui s'installait peu à peu ; il suffisait de faire un effort d'imagination, et ça, c'était tout à fait habituel chez Maureyn, une sorte de déformation professionnelle qui lui permettait d'endosser la peau nécessaire, de s'insinuer dans les bonnes grâces du client désiré.

Même si ce bonhomme mal rasé n'était pas un client, c'était quand même un interlocuteur qui pouvait lui faire gagner, ou perdre, beaucoup d'argent sur un caprice. Autant se fourrer dans le crâne qu'il s'agissait d'une scène de théâtre, que ce type n'était jamais qu'un acteur de plus dans la grande comédie de la vie, et que cette dimension parallèle comportait quelques képis intègres dotés de principes chevaleresques.

Et dans ces conditions... ça devenait envisageable de se laisser insulter avec le sourire ? Non, quand même pas. Mais dans un accès de sympathie artificielle, Maureyn prit à son tour une cigarette et l'alluma d'un claquement nerveux de son briquet aux couleurs du groupe. Fumeur social, il se méfiait de l'addiction comme de la peste mais ne crachait pas sur une cigarette symbolique, comme celle du condamné à mort. En l'occurrence, ça l'aiderait à se mettre dans son rôle de bon citoyen docile, et à éviter les écarts de langage.

"Et quant à votre conscience professionnelle, elle est toute à votre honneur. J'aurais aimé avoir affaire à une telle attitude dans toutes mes interactions avec votre profession. Mais, bien sûr, ça vous est égal. Les flics de Frisco, ce sont des frimeurs juste bons à draguer sur la plage, pas vrai ? J'imagine qu'on raconte ce genre de chose ?"

Il aurait aimé pouvoir se permettre un ricanement complice, mais son rôle n'allait pas jusque-là. Il le regrettait sincèrement. La cigarette faisait partie de ce léger accès de mauvaise conscience. Il s'aperçut soudain qu'il n'avait pas de cendrier, et fouilla dans les tiroirs pour récupérer celui qu'avait laissé son prédécesseur ; le salaud avait bien abandonné quelques possessions matérielles, au moins le minimum vital ? Et, oui, sans couleur, sans forme, sans autre but que son usage pratique, il y avait là un bon vieux cendrier des familles encore noirci de ses usages passés. Il le colla sur le bureau entre eux deux, dans le no-man's land qui le séparait toujours de la justice officielle, et pour encore longtemps.
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Dim 18 Jan - 12:06

Spoiler:
 

I Fought The Law... ft. Maureyn Legrio


Le jeune manager n'étais pas dénué de bon sens, à ce qu'il semblait. Il avait beau haïr les vêtements que j'avais sur le dos, il avait quand même écouté ce que j'avais dit et semblait vouloir en tenir compte. Bien... Après tout, maintenant qu'il le fasse réellement ou pas n'était pas mon problème. J'avais fait mon job, je l'avais prévenu. La balle était dans son camp maintenant. Et sa décision allait probablement avoir un influence sur le départ en tournée de The Lightening. Parce que malheureusement, si Billy Lighter et MTI devaient se démener avec un procès, ils ne pourraient pas partir tant que ce ne serait pas arranger... Et vu les circonstances, si l'ex de Lighter en profitait également pour venir porter plainte pour coups et blessures (ce qu'il n'y avait pas eu), ça pourrait durer vraiment longtemps et avoir des conséquences allant un peu au delà d'un simple remboursement de l'hôtel.

-Bien... Tant mieux... Je hais taper ces foutus rapports...

Pas que je ne trouvais pas ça nécessaire, au contraire. C'était le premier pas pour obtenir justice dans certains cas. En général, Conrad et moi, on essayait quand même de gérer la plupart des trucs à l'amiable... Un PV ne servait à rien dans le cas d'une bagarre entre SDF par exemple... Il était plus efficace de régler le problème à l'amiable dans l'immédiat et puis ensuite de repasser dans cette rue pendant plusieurs jours ou semaines après pour voir si tout allait bien et si l'accord tenait.

Maintenant, bien sûr, il en allait autrement pour les faits plus graves, les litiges entre personnes ayant du fric et qui ne juraient que par un tribunal ou encore, les intervention où l'un ou l'autre de nos client nous avaient fait chier. Là, on ne se gênait pas pour taper un rapport et préciser tout ce qui pouvait se porter à charge de la personne en question. Ah ça... Fallait pas faire chier.

Mais quand même... Dans ces cas-là, je regrettais l'armée... Où on réglait ces choses là encore autrement...

Et puis les PV, les gars, à notre époque, c'est une machine à écrire et des feuilles de papier carbone... Bref, de la merde à faire...

Legrio alluma une cigarette et sortit un cendrier d'un tiroir. Ce n'était pas un fumeur régulier, sinon, il en aurait allumer une dès le début de notre conversation, comme je l'avais fait. Et en plus, si le briquet était bien à lui, le cendrier ne l'était pas : il avait mis trop de temps à le trouver... Et je doutai que Legrio eu fait le choix d'un cendrier au design aussi simple. Bref, il fumait parce que je fumais.

Je profitai du cendrier pour me libérer du mégot que j'avais en main et rallumer une nouvelle clope. C'était une forme de politesse de ne pas laisser fumer quelqu'un tout seul. Du moins, lorsqu'on était fumeur.

Legrio me parla encore une fois de professionnalisme... Je fronçai les sourcils tout en tirant sur ma cigarette et en l'écoutant. Ça semblait lui poser vraiment un sacré problème... Il me donnait quelques indices sur ce qui le menait à penser de la sorte et à avoir cette aversion pour l'uniforme. Il me donna assez d'indice déjà pour que je puisse faire une recherche. Il s'appelait Maureyn Legrio et avait eu des problèmes avec les flics de San Francisco.

Je soufflai la fumée de ma clope que j'avais laissé longtemps voyager dans mes poumons.

-Les flics, c'est comme les managers, l'un n'est pas l'autre. On est tous différents, on a pas les mêmes expériences, y a des jeunes et des plus vieux, des bons et des mauvais. Et comme vous avec les managers de BSC, je suppose, ouais, il y a des rivalités. Ne serait-ce qu'entre les fédéraux et les locaux...

Je marquai une pause, il avait piqué ma curiosité.

-Je suis jamais allé à San Francisco... Je ne peux pas critiquer ce que je ne connais pas. Ils sont si mauvais que ça là-bas ?

Je voulais essayer de le faire aller plus loin dans ses insinuation, sans lui poser la question de front. Les mots prononcés par Legrio me tournait dans la tête... « Scène de crime »...
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Ven 23 Jan - 13:17

Spoiler:
 

Voilà ce que Maureyn appréciait avec les hommes. Il idolâtrait les femmes comme tout bon fan de Clark Gable qui se respecte, mais avec elles, il y avait rarement ce confort de la conversation tacite, et quand elle s'établissait par miracle, le faux pas ou la bavure étaient toujours en suspens comme une épée de Damoclès. Peut-être qu'il avait simplement eu trop de problèmes avec sa mère, mais en tout cas, c'était un terrain sur lequel il n'arrivait pas à être totalement à l'aise.

Les hommes étaient parfois nuls pour la communication, c'est vrai ; mais ils étaient les maîtres des plages de silence. Et si quelqu'un avait pu pondre une chanson sur un tel sujet, il aurait presque pu le faire siffloter sous la douche comme la première fangirl venue. Bon, pas sur n'importe quel air, quand même, il avait un minimum de standards... Mais le fait est que leur petite cigarette commune avait signalé un virage dans la conversation, et que cette étiquette, que chacun était naturellement libre de respecter ou d'ignorer, lui convenait parfaitement.

"Mauvais, non. Mais ils ne sont pas impartiaux, et ça, je suppose que c'est un peu contraire à toute l'idée de la chose. Je ne les ai pas fréquentés beaucoup non plus, à vrai dire ; juste ce qu'il faut pour remarquer ce trait."

Il était sur la pente glissante, il le sentait, et ce qu'il aurait presque pu apprécier chez ce flic en particulier était en même temps ce qui le menaçait le plus : il s'y prenait bien. Il était capable de le faire parler. Putain, il aurait été capable de faire parler une certaine personne et de l'envoyer moisir là où elle avait sa place... Mais il ne fallait pas y penser. Comme après un divorce sanglant, intolérable, il ne fallait plus penser à l'objet de ses désirs les plus fous qu'il ne retrouverait jamais, du moins hors du royaume des rêves. C'était se faire du mal inutilement. Pour la justice, il se débrouillerait avec sa main droite comme un pauvre célibataire qui n'a pas de fric pour se payer de la compagnie. Ah, ça... s'il était assez riche pour se payer les services de la police... ça aussi, c'était un beau rêve. Un peu plus réaliste, peut-être ? Faudrait voir avec le succès de la tournée. Dans ce monde de paillettes, on pouvait parfois trouver de l'or, et devenir tout-puissant du jour au lendemain.

"Bien sûr, vous ne pouvez pas avoir de rivalités avec des inconnus, mais vous avez déjà croisé ce type d'individus ici. C'est une constante, je ne blâme pas San Francisco en tant que ville. Ya des mecs qui sont en guerre contre une partie de la population qu'ils étaient censés protéger... Comme si certains managers sabotaient la carrière des artistes qui ne leur reviennent pas, c'est contraire à l'éthique du métier, même si, je suis le premier à l'admettre, elle est extrêmement mince."

En rigolant à moitié, il se leva et alla ouvrir la fenêtre, juste le temps de se remettre les idées en place. Bien sûr, il ne pouvait pas accuser comme ça à coups d'allusions, pas devant un type qui organisait des poursuites en diffamation dans le courant de son boulot quotidien. Mais s'il s'expliquait trop précisément, il ouvrait des pistes, et ça n'était pas bon non plus. Un regard sur le panorama enfumé, et il se décida à lâcher une vague justification, dans un ruban de fumée bleue qui s'envola pour aller s'ajouter à la brume ambiante, seule couverture contre le soleil local.

"Vous savez bien... pour l'un, ce sont les Mexicains qui peuvent crever. Pour l'autre, ce sont les homos. Pour l'autre, les Indiens ou les putes, ou les Mormons... Qu'est-ce que j'en sais, moi. J'ai jamais compris ce genre de raisonnement. Vous devez bien vous rendre compte que les flics ne sont pas mes amis, mais j'en laisserais pas un crever sans rien faire."
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Ven 23 Jan - 18:18

I Fought The Law... ft. Maureyn Legrio


J'étais assez bon en argumentation quand j'avais en face de moi les plus démunis de L.A., les moins instruits (ce qui ne signifiait pas les moins intelligents, loin de là). Mais là, je devais dire que j'avais très peu l'habitude de me retrouver face à des personnes de l'acabit de Legrio. Des gens qui savaient manier la langue mieux que je ne pourrais jamais le faire. Des gens qui voyaient loin aussi. Et surtout, qui risquaient de voir clair dans mon jeu. Du coup, j'avais choisi de m'écraser légèrement, et de jouer la carte de la sincérité... De toute façon, j'étais un très mauvais menteur.

Ça sembla marcher, la langue du manager se délia. Il avait des trucs sur le cœur, ça, c'était sûr. Mais quoi exactement ? Il restait prudent. Mais ce qui m'impressionnait le plus, c'était que malgré sa colère sous-jacente que je pouvais presque palper, il restait réaliste. Je n'étais pas sûr de pouvoir garder un tel sang-froid à sa place, surtout si sa colère venait d'un injustice.

Je le laissai parler, terminant une clope, en allumant une autre directement. J'avais dans l'idée que si je l'interrompais, le charme serait rompu. C'était un truc que j'utilisais souvent en audition. Toucher là où ça fait mal, puis laisser l'hémorragie se répandre. Et surtout, ouvrir grand mes oreilles.

A un moment, Legrio se leva et ouvrit la fenêtre du bureau, laissant entrer les bruits si familiers du L.A. du début d'après-midi : bruits de moteur, sirène de police ou d'ambulance, conversation à moitié effacé par les cris de jeunes entrain de jouer à s'emmerder les uns les autres... Et si on tendait vraiment bien l'oreille, il y avait toujours quelqu'un, pas loin, qui avait sa radio allumée, rendant le rock omniprésent.

Le manager repris ma métaphore, comparant flics et manager... Ou plutôt, les gens en général et les manager. Et là, je me demandais ce que je pouvais bien répondre... Qu'ajouter aux mots d'un type qui avait parfaitement raison ? Ou du moins, à un type qui pensait comme moi. Bien sûr, que, dans la police comme ailleurs, il y avait des corrompus, des intolérants, des racistes, des « bons », des « mauvais », des glandeurs, des zélés... Comme partout ailleurs...

Le tout, c'était de ne pas laisser ces idées avoir une influence sur le job. Et c'était là toute la difficulté.

Et je n'étais pas en reste. N'étais-je pas ici aujourd'hui parce que je connaissais Lighter ? parce qu'il était l'ex d'une amie ? Cela ne faisait-il pas du chanteur un privilégié ? Est-ce que j'aurais fait ça pour un autre ? Pour un Viet ?

Maureyn disait ne jamais avoir compris ce genre de raisonnement. Moi, ouais. Je me levai et m'approchai de la fenêtre, rejoignant le manager, regardant L.A. qui s'étendait devant nous.

-Si vous ne comprenez pas, alors vous êtes meilleur que la plupart des Hommes et des Femmes de ce monde...

Je fis tomber les cendres de ma clope par la fenêtre ouverte avant d'en reprendre une bouffée.

-Mais je ne pense pas que vous l'êtes. Parce que la majorité de ces Hommes et de ces Femmes feraient comme vous s'ils voyaient un être, qui pourtant est un représentant de l'objet de leur haine, entrain de crever.

Je regardai Legrio dans les yeux.

-Parce que quand on crève, on gueule tous pareil.

Je parlais d'expérience. Je devais avoir sauvé autant de Viets que je n'en avais buté. Je m'étais même retrouvé dans la situation bizarre où j'avais tiré... Puis essayé de sauver le gars que je venais d'essayer de tuer...

-On a tous une raison de haïr quelqu'un... Et on reporte ça sur tous les gens qui ressemble à ce quelqu'un... C'est humain.

C'est normal... Acceptable ? J'ai pas dit ça. Mais je ne me mentais pas à moi-même, au moins... Combien de fois, après quelques jours d'affilée à faire garde cellule avec un Alvarez arrogant pour seule compagnie, je n'étais pas rentré à la maison en regardant tous les latinos de travers ?

Je me rapprochai du bureau du manager pour écraser mon mégot dans le cendrier... Ce jeune blond qui m'avait semblé arrogant au premier abord me semblait maintenant cacher quelqu'un de bien plus complexe. Quelqu'un qui s'était forgé un personnage. De ma poche de poitrine, je sortis ma carte.

-Je vous laisse ma carte sur votre bureau. Que ce soit pour Lighter... ou pour autre chose...

Ma façon de demander congé. J'avais des patrouilles à faire pour le reste de la journée. Mais je trouvais plus intelligent de laisser à Legrio la liberté de me libérer. Une façon subtile de lui laisser les commandes...
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Ven 23 Jan - 19:32

Un sourire de loup rôda sur le visage déjà refermé, le masque d'or antique qui rejetait en bloc toute la description de l'humanité qui venait de lui être proposée. Non, il n'y croyait pas. Aucun dogmatisme, si le flic avait besoin de voir le monde ainsi, ou de fumer, ou tout autre exutoire plus ou moins malsain, c'était sa liberté d'adulte, et Maureyn ne se serait pas permis de critiquer un truc aussi fondamental ; on était aux Etats-Unis, merde ! En revanche, il était loin d'être converti. Le pardon ne serait pas si facile. Quant à l'oubli... on pouvait oublier. Ce monde était pourri, et... Tiens, une carte. La clope à moitié fumée, à moitié mâchée prit son vol à l'extérieur de la fenêtre, et disparut dans le néant. Maureyn ramassa la carte, comme pour s'assurer qu'il voyait bien l'objet annoncé.

"C'est noté. Au besoin..."

Besoin de quoi ? Maintenant que l'affaire de l'hôtel était entre ses mains, il allait assurer, comme le petit avocat véreux qu'il aurait pu être s'il avait aimé les études. Besoin de causer ? Tant que c'était en silence, pourquoi pas... Quelque chose lui disait que ce gars aurait de bons bars à lui présenter. Ouais, des bars à flics, cette blague... Mais pourtant, il aurait eu besoin d'une chose. Une seule qu'il ne puisse pas obtenir par ses propres efforts, mais un besoin criant. Une vie après la mort, celle de sa mère, celle de la tueuse s'il lui mettait la main dessus peut-être, celle de Maureyn en tant que vengeur au coeur de glace, en tout cas. Et si cette vie existait dans l'avenir, alors... elle aurait aussi pu exister dans le présent.

Pendant quelques secondes, la fenêtre s'ouvrit dans une cave qui n'existait que dans le crâne de Maureyn, une sombre cellule où il avait oublié volontairement une partie de sa personne, et les échos du monde au-dehors, un monde plein de possibilités et de vie, affluèrent à flots comme une énorme claque dans la gueule. Mais il était aussi le geôlier dans ce scénario, et il eut tôt fait de refermer la fenêtre en question. Trop tard ; le mal était fait. Il trouverait une solution plus tard. En privé, certainement pas en présence du flic. A nouveau, il fouilla son bureau à la recherche d'un autre petit carton, criard, en papier glacé, qu'il mit pourtant encore plus de temps à trouver ; le temps de se remettre.

"Je vais aussi vous donner la mienne, ça vous évitera de vous déplacer au cas où on ait d'autres catastrophes à éviter. Je ne le souhaite pas, mais ça arrivera forcément, tôt ou tard."

Un petit haussement d'épaules, comme pour s'excuser de l'imperfection de leurs vies respectives. Et il lui tendit sa carte à son tour, personnelle, pas celle du bâtiment. On avait toujours besoin de ce types de contacts, tout ne pouvait pas passer sous l'oeil des patrons, et ça allait surtout plus vite. Bon Dieu... une vie à côté de celle qu'il menait en cet instant. Un instant, son regard fuyant de pseudo-visionnaire croisa celui de son interlocuteur sous la barre des sourcils tendus, et il en ressentit presque une souffrance poignante, un choc au sternum. Bien sûr qu'il aurait pu faire autre chose de sa vie. Il aurait pu se rendre utile. Monsieur ne croyait pas que certaines créatures humaines pouvaient crever sans qu'on lève le petit doigt, monsieur aurait pu découvrir quelque chose d'intéressant. Ce fut le déclic qui ramena Maureyn à la réalité ; pendant une seconde, au lieu de haïr le travail de la police, il avait rêvé l'améliorer. Fallait vraiment se calmer sur le complexe du chevalier errant, ça devenait maladif.

"Je vous raccompagne ? Inutile d'abuser de votre temps plus longtemps. Dieu sait quels crimes ont été commis en votre absence."
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MessageSujet: Re: I fought The Law... [PV Maureyn][TERMINE]   Ven 23 Jan - 23:08

I Fought The Law... ft. Maureyn Legrio


J'avais fait une erreur en voulant absolument donner ma vision des choses. J'aurais du,  la limite, poser encore une autre question, et le laisser débiter à nouveau. Au lieu de ça, j'avais brisé l'ambiance dans laquelle j'avais réussi à mettre Legrio. Et c'était fini. Je n'allais plus rien en tirer. On venait de mondes trop différents, peut-être, pour pouvoir se comprendre.

Pas grave. Ce serait pour une autre fois peut-être. Ou plus probablement jamais. J'étais presque certain que j'aurais eu beaucoup plus facile de dialoguer avec Billy Lighter, malgré tout ce que la presse pouvait en dire... Je laissai malgré tout ma carte au jeune blond.

Et, surprise, en échange, il me donna la sienne. Une petite carte à son image, colorée, criarde... Alors que la mienne était simplement blanche et bleue... Original, pour un flic...

Je pris le carton qu'il me tendais et le glissai dans ma poche de poitrine, là où j'avais été piocher la mienne. Au moins, j'étais sûr de ne pas la perdre. Je souris.

-Mouais... Avec Lighter comme poulain, on est jamais à l'abri...

J'avais dit Lighter... Mais c'était sans compter sur Izbel et Stix qui étaient aussi graves, à leur façon. Puis, je me dirigeai vers la porte. Legrio ne pu se retenir de me lancer une dernière pique. Mais comme j'aimais pas trop les moqueries et que je n'étais pas doué en joutes verbales, je lui répondis au second degré, en le prenant plus ou moins au sérieux... Et en haussant les épaules...

-Bah... Le crime, c'est plutôt comme une fuite... Quand tu bouches d'un côté, ça pisse par un autre, alors...

Et je pensais réellement ce que je venais de dire... Parce que pour être dedans tout le temps, je savais que c'était vrai. Du moins, pour les flics à mon niveau, qui patrouillaient les rues, réglaient des petites bagarres, des cambriolages, des vols de sacs à mains, choppaient des petites dealers... Pour une affaire réglées, il y en avait 50 qui se passaient dans notre dos...

Le principe, c'était de faire du mieux qu'on pouvait pour les victimes... Et le lendemain, recommencer. Fallait pas croire qu'on allait changer le monde... Sinon, on allait devenir cinglés.

-Bonne fin de journée.

Je sortis. Mission accomplie ? Je l'espérais, sans certitude. Mais au moins, je sortais de là avec l'impression d'avoir fait mon possible. Et c'était le principal.

Je jetai un dernier regard à la fenêtre où devait se trouver le bureau de Legrio avant de m'engouffrer dans ma voiture de patrouille. Une fois derrière le volant, j'allumai une clope, puis démarrai... Et j'étais bien content de retourner patrouiller parmi les SDF, les petits dealers, et autres... Parce qu'ils étaient moins complexes... La politique, la manipulation, ce n'était pas pour moi.
© Billy Lighter











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