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 Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]

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Evan "Sniper" Kurtz


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MessageSujet: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Ven 17 Juil - 11:50

Your lips move but I can't hear what you're saying ft. Daniele Ricci


Ça aurait dû être l'enfer, mais j'étais trop claqué pour m'en rendre compte, et je m'étais endormi comme une masse sur le canapé défoncé de la loge de The Army. Nous étions à... Je n'aurais même plus su le dire. On était où, déjà ? A Sidney, je crois, d'après la chaleur qu'il faisait dehors. Mais à l'intérieur de la loge, avec la climatisation qui me rendait malade comme en plein hiver, c'était le seul endroit où il y avait moyen de dormir.

Mais j'aurais quand même pas du m'endormir. Parce qu'on était à quoi ? Un quart d'heure du concert ? Que les fans étaient déjà dans la fosse... Et qu'il y avait un boucan pas possible, à donner la migraine. Les roadies testaient le matériel sur la scène, les basses faisait trembler le sol... Et moi je roupillais, transpirant de fièvre, me tournant et me retournant sans m'en rendre compte, sans trouver une bonne position à cause de la douleur qui me vrillait les oreilles.

Mais le bruit, je ne l'entendais pas vraiment. Enfin, si, un peu, de loin, comme un bruit de fond.

Et je pouvais pas m'empêcher de cauchemarder non plus, à cause de la chaleur, de la fièvre et de la douleur mélangée. Dans mon rêve, ma petite se faisait enlever alors que j'étais à l'autre bout du monde. Où elle se faisait écraser. Ou alors, sa mère la mangeait toute crue. Bref, je délirais littéralement.

On aurait du s'arrêter, j'aurais dû aller chez un médecin. Mais ce n'était pas une option pour Daniele qui nous promettait que dès que cette tournée finirait, on aurait droit à trois mois de pause. Puis, on pourrait ralentir un peu le rythme. Mais on allait devoir revoir notre mentalité, notre style, nous adapter qu'il disait, l'italien.

Il n'en était pas question !

J'aurais quand même pas eu la force d'en parler si Daniele avait lancé le sujet maintenant, de toute façon. Et puis, j'étais perdu dans mes rêves.

Mon nom flottait dans l'air, loin, très loin, à des milliers de kilomètres. Une voix d'homme. Celle de mon père ? Pas sûr... J'arrivais pas trop à le déterminer...

Mais ce n'était pas un rêve. Quelqu'un fini par me secouer, mais il me fallut un certain temps pour émerger. Mon t-shirt et mes cheveux étaient trempé, le canapé aussi. Et au dessus de moi flottait le visage de Daniele. Le bruit ambiant se fit un tout petit peu plus net, mais pas de grand chose. Comme si la scène était de l'autre côté de la rue, dans une autre salle.

-Merde ! Daniele ! Il reste combien de temps ?

Je me redressai tant bien que mal. J'avais presque crié parce que je ne m'entendais pas, en fait. Mais je n'en avais pas conscience.

Je tendis le bras, assis que j'étais dans le canapé et chopai une bière, qui était posée sur la table basse, que je décapsulai avec mes dents. J'en pris une gorgée et eu un air dégoûté.

-Elle est chaude, putain... Tout est chaud ici...

J'épongeai mon front de mon avant-bras avant d'être pris d'une quinte de toux.

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Dernière édition par Evan "Sniper" Kurtz le Sam 25 Juil - 13:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Ven 17 Juil - 20:28

Your lips move but I can't hear what you're saying
ft. Evan "Sniper" Kurtz


Il est où le Evan ?

C’était la grosse question à un quart d’heure du concert et c’est un Al Grant pâlot qui me répondit qu’il était dans sa loge. Encore ? Il restait quoi ? Trois concerts ? Ce n’était pas grand-chose et j’avais demandé à un groupe malade de mordre sur sa chique pendant les quelques dates qui restaient.

Bon, le soleil de plomb de Sidney n’arrangeait pas les choses – même si à moi il me donnait un tain plus halé que d’habitude – et le groupe me semblait encore plus malade qu’avant depuis qu’on avait débarqué en Australie. J’avais gentiment refusé l’arrêt prématuré de la tournée que m’avait demandé Evan alors qu’il souffrait… De quoi encore ? Je sais plus. J’avais d’autres choses à penser. Les interviews, la préparation des concerts et tout ce que je mettais en place pour ce groupe. Je devais être sur tous les plans pour garder ma réputation intacte.

Je me dirigeais d’un pas décidé et une bouteille de whisky à la main – et de temps en temps portée à ma bouche – vers la loge de Kurtz. Je frappai à la porte mais aucune réponse alors j’y entrai sans attendre de recevoir la bénédiction de Sniper.

Je le découvris allongé sur le canapé, transpirant de partout et l’air aussi pale que son pote Al.

-Evan ! Debout !

Aucune réponse. Merde, s’il était mort j’étais bien mal barré moi.  Mon super groupe privé de son chanteur et guitariste ça signifiait sa fin, surtout que ça faisait un petit temps qu’il était temps qu’il change de direction artistique. La mode c’était tous ses trucs plus soft qu’écoutait ces hippies. Le truc bien différent et bien trop contradictoire avec la musique et les paroles que faisait The Army. Après cette tournée et pendant le congé des gars, il allait falloir en parler sérieusement. Mais en attendant, ça marchait toujours. Et on ne change pas ce qui marche.

Je m’approchai d’Evan et le secouait.

-Réveille-toi, Evan !

Il finit par regarder vers moi. Yes, il était toujours en vie. Plus qu’à le faire monter sur scène. Il criait presque comme s’il avait peur que je ne l’entende pas. Je regardais ma montre.

-Il reste un peu plus de 10 minutes.

Il se redressa pour choper une bière qu’il trouva trop chaud. Je lui tendis ma bouteille de whisky. De quoi lui redonner un peu de couleur.

-Normal, il fait 41 degrés à l’ombre. On est en Australie, ici pas en Finlande.

Il fut pris d’une quinte de toux. Merde, il n’avait vraiment pas bonne mine. Ça commençait à vraiment sentir le roussi. Espérons que l’alcool lui donne le courage de faire un concert acceptable.

-Plus que trois dates et tu pourras revoir ta fille.

Je ne savais même pas s’il la voyait pendant ses temps de pause. Il ne m’en parlait pas vraiment. Ce qui comptait c’était qu’il fasse les concerts qui restent de toute façon.  
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Dernière édition par Daniele Ricci le Dim 19 Juil - 19:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Sam 18 Juil - 19:36

Your lips move but I can't hear what you're saying ft. Daniele Ricci


Daniele regarda sa montre. Putain comme j'avais peur d'être en retard ! J'avais même pas encore testé les retours avec les régisseurs. Je fronçai les sourcils en me concentrant pour capter les paroles de mon manager. J'étais vraiment dans le gaz et le moindre truc me demandait une concentration considérable. Mais comme le disait Daniele : il n'y avait plus que trois concerts éloignés de quelques milliers de kilomètres seulement. On avait survécu à pire que ça...

Mouais... Ben pour la première fois, j'étais pas vraiment sûr que j'allais tenir le coup... Ni que les autres allaient pouvoir le faire d'ailleurs.

Mais on faisait bien plus confiance à Daniele qu'à notre propre ressenti... Car c'était bien lui qui nous avait mené jusque là alors même qu'il n'était qu'un an plus âgé que nous. Il était intelligent, bien plus que nous, y avait pas à dire...

-10 minutes, putain...

Je tendis le bras pour poser ma bière chaude sur la table basse et attrapai la bouteille de Whisky que Daniele me tendait. Ouais, avec ça, ça devrait aller un peu mieux. J'en bus une grosse gorgée puis soupirai... Daniele affirmait qu'il faisait 41° à l'ombre. J'avais pas trop compris le commentaire qui avait suivi, mais vu sa tête, ça devait être sarcastique.

Je portai mon auriculaire à mon oreille droite tout en lui rendant sa bouteille. Mais ma petite séance de grattage fut vite écourtée tellement ça faisait mal...

Mouais... Ben essaye d'éviter l'Australie pour la prochaine tournée, tu veux...

Je frappai sur mes oreilles, comme si j'allais arriver à en faire sortir quelque chose qui me gênait.

-Je dois avoir des bouchons, un trucs dans le genre, c'est pas possible autrement ! Putain !

Sous-entendu, encore une fois : « j'aimerais bien aller chez le doc un de ces quatre, Daniele... Merci de prendre ça en considération... ». Ça commençait sérieusement à m'énerver et la fièvre n'aidait pas. Mais pour l'instant, au moins, il semblait que l'alcool avait tué ma toux.

La réponse directe à mon sous-entendu était toujours la même : « Plus que trois date... et tu pourras revoir ta gamine... ». Je me levai du canapé trempé et m'étirai.

-Mouais... Ça, c'est pas gagné non plus...

Ok, ok, je l'admets, je n'étais pas forcément de bonne humeur et c'était quand même peut-être pas juste que tout le monde, surtout Daniele, en prenne plein la gueule parce que j'étais un peu fatigué, fiévreux, et que j'avais un peu mal partout.

J'enlevai mon t-shirt qui était trempé, de toute façon, me retrouvant torse nu.

-Bon, ben on y va alors... Faut que je vérifie les retours avant qu'on commence. Je l'ai pas encore fait.

Je sortis de la loge, suivi de près par Daniele. Les autres m’emboîtèrent le pas directement, non sans me demander si ça allait. Je répondis par l'affirmative et leur renvoyai la question. Affirmatif pour eux aussi. Sauf qu'en réalité, on avait tous des tronches de déterrés. Point positif : on se serrait les coudes comme au tout début.

La scène était typique de ces années là. Une scène avec un rideau noir qui nous séparait et nous cachait du public jusqu'au début du concert, ce qui nous permettait de faire les tests au dernier moment sans attiser la foule.

Arrivé derrière le micro, je fronçai les sourcils. Sherman testait sa batterie, mais ça manquait cruellement de punch. Pourtant, putain, ça vibrait. Mais j'avais pas l'impression que le son suivait... Je fis signe à Ricci pour qu'il passe le message à la régie via son talkie-walkie et hurlai à m'en faire mal à la gorge.

-On a pas plus de son que ça ???!

Mes oreilles me faisait souffrir, je sentais mes tympans vibrer atrocement. Daniele me regarda perplexe avant de dire quelque chose à la radio... mais je haussai les épaules. Ça ne changeait rien pour moi. Il me fit signe d'essayer mon micro. Je testai quelques sons mais bien vite, tout en continuant à jouer avec ma voix, je fis signe du pouce vers le haut à Daniele : « Plus fort ».

Je finis par m'arrêter... et dire dans le mirco pour ne pas encore hurler.

-J'ai des larsen dans les retours en plus...

La foule derrière le rideau, avait reconnu ma voix et se mit à hurler... Mais j'avais l'impression qu'on les avait mis à 500 mètres de la scène.

Et, m'adressant encore une fois à Daniele qui avait pas l'air de me croire.

-Ben monte ici, viens voir, je te jure qui a du larsen.

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Daniele Ricci


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MessageSujet: Re: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Dim 19 Juil - 19:51

Your lips move but I can't hear what you're saying
ft. Evan "Sniper" Kurtz


Ouais, 10 putain de minutes. Tu veux du temps additionnel, Evan ? Non, t’en aura pas on n’est pas au football ici. Il chopa la bouteille de whisky me prouvant qu’il savait encore bouger. C’était déjà ça.

Après ça, je lui fis un point météo. Pourtant, je n’avais pas la tronche de ses bonnes femmes qui font la météo alors je me permis un touche de sarcasme. Il croyait quoi le Evan ? Qu’on était au pôle nord ? Il me retendit la bouteille et je lui fis signe de la poser à côté de lui. On ne me tendait pas des trucs. Evan n’aimait pas l’Australie, il voulait, qu’à l’avenir on l’évite.

-Tu oublies les fans australiens. Quand on devient connu, on assume, Sniper !

Puis moi j’aimais bien l’Australie alors on y retournera autant de fois que je le veux. Il y avait de belles blondes ici, comme cette filles que j’avais rencontré hier soir et dont j’ai déjà oublié le nom.

Evan continuait à se plaindre. La chaleur et puis maintenant ses soi-disant bouchon dans les oreilles. Ce type était un syndicat à lui tout seul. Qu’est-ce que j’en pouvais moi s’il s’enfonçait n’importe quoi dans les oreilles ?

-T’auras cas demander à l’ingénieur du son de vérifier ça après le concert. Il s’y connaitre peut-être en oreille.

Sous-entendu : « Tais-toi et monte sur scène. Les bouchons partiront avec le temps. » Puis j’enchainais en lui disant qu’il ne restait que trois dates et qu’après il pourrait revoir sa chère fille. Là-dessus, il s’était levé. Comme quoi il suffisait de mettre les bons mots dans le bon ordre pour le faire lever. Voir sa fille n’était, apparemment, pas gagné. Pauvre Evan. Que voulez-vous que je dise à ça ? Que je lui donne des conseils ? Je haussais les épaules, plutôt tout en reprenant la bouteille de whisky que j’avais fait signe à Evan de déposer à côté de lui.

Sniper devait encore tester les retours alors il était temps de se bouger. Il sortit de la loge et je le suivis tout en buvant le whisky. Il était bon ce whisky, qui l’avait choisi déjà ? Ah oui, moi ! Bon choix, Ricci.

En chemin, les autres membres de The Army nous rejoignirent. Waw, on marchait comme une véritable équipe de choc. J’étais le chef de ce petit monde, bien sûr. Ils allaient tous bien et tant qu’il le disait et le croyait, c’était tout ce qui comptait pour moi. La vérité n’est que c’est qu’on croit.

Arrivé sur scène, je me plantais un peu sur le côté, whisky dans une main, talkie-walkie dans l’autre pour parler avec la régie. Tous se plantèrent devant leur instrument et c’est Sherman qui testa la batterie en premier. Evan gueula qu’il fallait plus de son et me fis signe de faire passer le message. Il déconnait ou quoi ? Bon, ok, comme tu voudras.

-Un rien plus de son…, dis-je dans le talkie-walkie.

Perplexe, je regardais intensément Evan. Le son me semblait bon à moi. Plus fort, ça allait casser les oreilles du public. Je lui fis signe d’essayer le micro mais là encore il me demandait de monter le son tout en se plaignant de larsen. Des larsens ? Quels larsens ?

-Attends deux secondes, ne modifie rien…,dis-je encore dans mon talkie-walkie.

On entendait la foule hurler tellement Evan gueulait dans le micro. Il allait tout faire foirer s’il continuait à faire le con. Evan me demanda de venir vérifier moi-même qu’il y avait bien des larsens. Je soupirai et m’approchai d’Evan et du micro. Je testais deux secondes le micro. Aucun larsen et le son était bon.

-Il y a pas de larsens, Kurtz. C’est l’alcool qui te monte à la tête ou quoi ?, dis-je en buvant un coup de whisky.

N’empêche, tout ça ne me disait rien qui vaille. Evan qui se plaint de bouchons, le son qui est trop bas alors qu’il est à bon niveau et maintenant des larsens imaginaires. J’étais assez intelligent pour me rendre compte qu’il y avait une sale coïncidence.

-Fait le concert. Le son est bon. T’en fais pas.

Ouais et on vérifiera tes oreilles après, si tu veux. Mais ce n’était pas forcément le moment.

Les autres membres du groupe avaient quitté leurs instruments pour s’approcher d’Evan. Ils s’inquiétaient. Là, c’était clair, ça sentait réellement le roussi.  
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Dernière édition par Daniele Ricci le Lun 20 Juil - 17:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Lun 20 Juil - 12:30

Your lips move but I can't hear what you're saying ft. Daniele Ricci


Putain. Ouais. J'avais oublié. Daniele n'allait jamais reprendre la bouteille de whisky, SA foutue bouteille que je lui tendais. Je ne me l'expliquais pas, mais c'était comme ça. Il allait certainement la reprendre à un moment donné, mais pas si je lui tendais. Je fis ce qu'il me fit signe de faire, soit la poser près de moi.

Et le pire, c'est qu'il avait raison. Sur l'Australie, je veux dire. Les fans en pouvaient rien s'ils habitaient un pays au climat merdique...

-Ouais... Ouais... C'est bon, je le sais ça. Je déconnais...

Pas vraiment, mais bon. J'avais envie que Daniele me lâche les baskets. J'avais envie de rentrer à la maison, de me foutre au lit et de dormir pendant les trois prochaines années à venir.

J'avais mal à j'en fis part à mon manager. Qui n'en avait bien sûr rien à foutre. Et je doutais que l'ingénieur du son puisse aider. Alors, résigné, je me levai. En même temps, on le devait aux fans. Et c'était pour eux que je le faisais, sûrement pas pour Daniele. J'étais bien conscient que le pauvre ne faisait que son job. Mais putain, qu'est-ce que je me sentais mal. Et puis Sherman s'était pas encore tout à fait remis de son opération... Et... Je l'avais pas dit à Daniele, mais le batteur avait bu quelques bières hier soir... Et j'étais pas sûr que ce soit hyper bon pour lui.

Bon, ok, personne l'en avait réellement empêché non plus, mais on était tous bourrés hier soir...

On fini par faire les tests sono, mais rien ne fonctionnait. Je pouvais pas chanter avec des larsens comme retours. Alors je fis signe à Daniele de venir. Il jurait qu'il n'y avait pas de larsen alors qu'ils me pétaient dans les oreilles. J'écarquillai les yeux avant de froncer les sourcils. Je savais qu'il voulait faire ces trois foutues dernières dates, et on allait les faire, mais alors, je voulais au moins un son correct. Quitte à être un peu en retard.

-Tu rigoles ou quoi ? T'es sourd, ma parole !

Mouais... Faites pas cette tête-là. J'étais pas con non plus à moitié bourré, peut-être, mais pas con. Je prenais vaguement conscience de ce qui arrivait. C'était juste qu'entre s'en rendre compte et l'accepter, y avait un pas énorme que j'étais pas prêt de faire. Je préférais ce que soit Daniele qui le soit...

Daniele parla à nouveau des larsen en secouant légèrement négativement la tête. Ce qui voulait dire « pas de larsen ». Et il parla aussi d'alcool avant de porter la bouteille de whisky à sa bouche.

-Quoi ?! T'as vraiment un accent de merde, Daniele ! Articule, je pige que dalle...

La bonne excuse.

Et puis un ordre. Fait le concert. Assez fort pour que je l'entende. Ce qui fait que je compris qu'il avait compris ce que j'avais moi aussi fini par comprendre... Enfin, je me comprend. Il affirmait que le son était bon. Sous-entendu : « Même si pour toi, c'est pas le cas, le public s'en rendra pas compte. »

Aucun doute. Il avait compris. Et ça, ça me faisait flipper. Putain, comment un truc pareil avait pu arriver ! Une cirrhose, j'aurais pu y croire et je l'aurais cherché, mais pas ça !

-Ok.

Je choppai la bouteille des mains de mon manager.

-Je fais ce concert, mais la bouteille reste avec moi.

Et j'en pris plusieurs énormes gorgées pendant que les autres se mettaient en place. Ils s'inquiétaient, les autres... Et ben moi aussi...

Je commençai à chanter de derrière le rideau.



Le rideau se leva et Daniele se remis sur le côté. Je hurlai dans le micro. A croire que The Army s'était brutalement changé en groupe de metal.

-Hut Hut Hut ho hee up Hut Hut Hut ho hee up Hut Hut Hut ho hee up
Comp'nee Halt
Preeee-zent!
Arms!


Compte à rebours de Sherman que j'entendais de loin. Le tout couvert par ces horrible larsen.

Coup de feu.

Un début de concert presque normal. Jusqu'à ce que la douleur et les larsens me rendent complètement dingue et que sans rien demander à personne, j'éclate la bouteille qui se brisa au sol et que je quitte la scène, les mains plaquées sur les oreilles...

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MessageSujet: Re: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Lun 20 Juil - 17:38

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L’Australie lui plaisait pas, il avait mal aux oreilles. Putain, on n’est pas au bureau des plaintes ici. Puis ce n’était pas le moment, dans moins de 10 minutes le concert allait commencer, qu’il fasse 41 degrés ou non, il allait devoir se bouger.

Bon, pour le motiver, il fallait tendre une petite carotte et rien de tel que de brandir le truc du « tu reverras ta fille dès que tout ça sera fini ». Ça marchait bien sûr parce que je savais que Kurtz aimait sa gosse. Après avoir passé le long couloir, on s’est retrouvé sur scène à faire les tests son. Rien ne semblait aller pour Sniper qui se plaignait que le son était trop bas. Il se foutait de moi, ou bien ? Puis, encore une plainte de sa part, il y avait des larsens. Moi, j’en entendais pas alors je m’étais rapproché d’Evan qui gueulait tellement que la foule lui répondait de derrière le rideau.

Arrivé là, même constatation, il n’y avait aucun larsen et ça ce n’était pas bon du tout… Puis vint une remarque désobligeante de mon poulain comme quoi j’étais sourd. Non, le sourd, c’est toi Kurtz. Ouais, mais je n’allais pas lui dire, sinon il n’allait pas vouloir faire ce concert. Je préférais lui faire signe que non, décidément, il n’y avait aucun larsen. Quoi ? Encore une remarque désobligeante sur mon accent cette fois ? Ce n’est pas mon accent le problème, cazzo ! Je pensais ça tout en buvant encore une grosse gorgée de whisky.

Ses oreilles avaient un sacré problème qui bizarrement, ne me retournait pas l’estomac. Je préférais lui dire, le plus fort possible, de faire le concert et que le son était de toute façon très bon. Vu sa tête, je pense qu’il avait compris que le problème venait de lui. La tête des autres membres du groupe le lui montrait aussi. S’il chante comme d’habitude, le public n’y verra que du feu. Il fallait qu’il fasse le concert, on verrait pour ses oreilles après.

Il accepta et j’étais satisfait même s’il en profita pour me voler ma bouteille de whisky. Je haussais les épaules.

-Garde-là, il reste plus grand-chose de toute façon.

Tout comme j’avais l’impression qu’il ne restait plus grand-chose à tirer de The Army. Je quittais la scène pour me mettre sur le côté. Claquant du doigt devant un roadie pour qu’on m’amène une nouvelle bouteille. Aussitôt demandé, ma bouteille arriva.

Evan hurlait, mais ce n’était pas grave. Le tout c’est qu’il fasse le concert. S’ils étaient moins bons que d’habitude, on pourra remettre ça sur la fatigue dû à la tournée. Je buvais la bouteille presque sans discontinuer pour atténuer le rien d’angoisse que j’avais au fond de moi. Merde, qu’est ce qui allait se passer s’ils étaient incapables de faire les deux concert restant ? Daniele Ricci n’avait jamais annulé de concert.

Puis vint le drame. Evan éclata la bouteille de whisky et quitta la scène. Je me mordis la lèvre inférieure à sang en voyant ça. Il s’avança vers moi.

-Qu’es-tu fous ? Remonte sur scène ! Tu vas tout faire foirer !

Il avait les mains plaqué sur les oreilles et je le retenais par la bras pour l’emmener vers les coulisses.

-T’as entendu ? Faut que tu remontes. On peut pas annuler maintenant !

Je cirais assez fort pour qu’il m’entende.  
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MessageSujet: Re: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Lun 20 Juil - 19:12

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« Patch ! » c'était plus ou moins ce que j'avais entendu. Sans savoir que c'était plus ou moins la dernière chose que j'allais entendre nettement de toute ma vie. Quelque chose avait éclaté, je ne savais qpas quoi, mais quelque chose, quelque part, avait merdé. Et si ça n'avait été la douleur qui me signalait très bien d'où ça venait, j'aurais probablement cru à un ampli qui implosait ou quelque chose comme ça.

Mais non. La douleur m'avait fait lancer la bouteille qui s'était brisée au sol. Et ça faisait un effet vraiment bizarre d'avoir l'image et pas le son. J'avais plaqué directement les mains sur mes oreilles et était sorti de scène tant les vibrations venant des amplificateurs me faisaient mal.

Ce n'était pas un caprice. Jamais j'aurais quitté la scène par caprice. Parce que je le devais au public. Parce que je tenais vraiment à faire passer le message qu'on colportait. Et puis, parce que si on avait du le faire un jour, ce qui n'était jamais arrivé, le groupe entier se serait concerté avant.

Non, c'était la douleur qui me faisait fuir. Et pour être exact, je ne quittais pas la scène, je fuyais carrément.

C'est Daniele qui me rattrapa par le bras. J'aurais continué tout droit sinon, sans savoir vraiment où aller tellement je paniquais. C'est mon manager qui me guida vers les coulisses. Mais j'avais aucune idée de ce qu'il disait. En plus, plein de gens, des roadies, des journalistes, des types qui avaient rien à faire là, nous avait emboîté le pas. Mais, heureusement peut-être, je ne voyais que Daniele.

Je finis par m'arrêter net dans le couloir. Je voyais bien que Daniele gueulait, mais je ne l'entendais pas et j'avais toujours les mains plaquées sur mes oreilles. Fallait que je lui fasse comprendre que c'était inutile. Et même pour moi, il puait l'alcool fort tellement il était près de moi.

-JE CREVE DE MAL PUTAIN ! PUIS JE T'ENTENDS PAS !!!

La panique se lisait clairement dans mes yeux qui se remplissaient de larmes.

-JE T'ENTENDS PAS... JE T'ENTENDS PAS ! QUELQUE CHOSE A PETE, PUTAIN !

Je finis, sous la pression de Daniele, par décoller mes foutues mains de mes foutues oreilles. Des filets de sang suivaient les lignes de mes mains. J'étais maudit. Le reste de mon destin était maudit. Inutile de les retenir maintenant. Les larmes coulèrent sur mes joues, douleur et peur mélangées.

-QU'EST-CE QUI SE PASSE? BORDEL !

Si je n'entendais plus, c'en était fini de The Army. Enfin, peut-être pas de The Army, mais moi, j'allais couler, c'était clair. Comment je pourrais jouer sans m'entendre ?

Je regarda Daniele tout en m'écroulant par terre, glissant le long du mur. On était entourés de quelques roadies que je connaissais, mais le reste des personnes présentes ne me disait rien et j'avais l'impression que les flash des photographes allaient me rendre aveugles en plus de ça.

Alors je protégeai d'une main tout ce qui me restait à protéger : mes yeux.

-FAIT-LES PARTIR ! S'IL TE PLAIT, DANIELE, FAIT-LES PARTIR!
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MessageSujet: Re: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Mer 22 Juil - 14:01

Your lips move but I can't hear what you're saying
ft. Evan "Sniper" Kurtz


Vous savez ce que c’est de vivre le pire jour de votre vie ? Ben moi, j’étais en train de le vivre et ça ne faisait que s’empirer. En face de moi, il y avait Evan, les mains plaquées contre ses oreilles. Et bientôt, il y avait aussi tout un tas d’autres personnes curieuses de savoir ce qui était en train de se passer.

Fallut pas longtemps avant que les flashs ne commencent à nous éblouir tous. J’exhortais Evan à remonter sur scène. Je voulais qu’il monte et qu’on en parle plus. Il devait achever ce concert parce qu’on avait un contrat et que je les remplis toujours ces enculés de contrats. Je croyais crier assez fort mais en entend Evan gueuler qu’il m’entendait pas et que quelque chose avait péter. Merde, c’était bien pire que je ne le croyais.

Les flashs étaient de plus en plus intenses. Je me tournais vers un roadie.

-Va dire au public de patienter ! Invente un truc, n’importe quoi !

Il s’en alla essayant de se frayer un chemin dans la marée de journalistes et autre qui nous entouraient comme si on était de bête de foire.  Evan continuait de gueuler et je l’aurais bien payé pour qu’il arrête ça. J’étais à quelques centimètres de lui, je l’entendais. Il chialait comme un môme mais je n’avais toujours pas ce pincement au cœur qui signifiait que j’avais un gramme de compassion. Non, j’étais trop occupé à essayer de rattraper la situation. Quand mes yeux retrouvèrent un peu leur capacité entre deux flashs, je remarquais les filets de sangs qui coulaient des oreilles de Sniper. Putain… Je pouvais faire une croix définitive sur ce putain de concert. Je me tournais vers un autre roadie.

-Va me chercher un putain de médecin!

Il s’exécuta. Difficile de communiquer avec Evan dans ses conditions. Les journalistes autour de nous faisaient bien trop de bruit. Sniper se laissa glisser au sol. Il voulait que ses journalistes dégagent. Il n’était pas le seul. D’un regard vers moi, les roadies avaient compris. On allait forcer le passage. J’aidais Evan à se lever le soutenant un peu.

-LAISSEZ PASSER !

Les roadies jouaient des coudes avec les journalistes et nous entouraient suffisamment pour qu’on puisse se tirer de là sans trop d’encombre. Je soutenais toujours Evan portant dans ma main libre la bouteille de whisky entre à moitié remplie. Je bifurquais jusque dans la toute première loge que j’avais sous la main, c’est-à-dire la mienne. Je nous enfermais tous les deux dedans à clé et lâchais Evan avant de m’appuyer contre la porte pour reprendre mon souffle. Afin de m’y aider, je bu un bon coup de whisky.

Evan était là, le sang lui coulait toujours des oreilles et il était complètement déstabilisé. Lui parler est-ce que ça servait vraiment à quelque chose ? Je ne savais même pas s’il allait m’entendre.

-JE CROIS QUE TES OREILLES ONT UN PROBLEME !

Je crois que ça il le savait... Je gueulais et les roadies qui gardaient la porte de l’autre côté devait m’entendre clairement.

-UN MEDECIN VA ARRIVER.

Encore un gros coup de whisky. Je regardais ma loge qui était totalement à mon image avec des photos de bagnoles de sport partout. A chaque endroit, j’essayais que ma loge ressemble le plus possible à mon bureau et à ma maison. Je devais faire quoi en attendant ? Lui proposer une bière ? J’étais pas médecin, je n’avais pas d’idée de ce qui fallait faire. Heureusement, ici, il y avait que moi et Evan qui pouvions constater de mon impuissance face à cette situation. Qu’est-ce qu’aurait fait Erik à ce moment précis ? 
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MessageSujet: Re: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Jeu 23 Juil - 13:23

Your lips move but I can't hear what you're saying ft. Daniele Ricci


Contrairement à ce qu'on pouvais croire, ce n'était pas le silence total. Le silence aurait été presque apaisant, même si ça aurait été flippant quand même. Ce que j'aimais, c'était faire de la musique... Mais je pouvais pas prétendre devenir Beethoven non plus. Fallait que j'entende ce qu'on faisait pour pouvoir créer quelque chose avec les autres.

C'était pas le silence. Il y avait ce son continu, comme un micro qui déconne. Un micro qui zune parce qu'il est trop près d'un ampli. Et aussi toutes les basses. Les bruits les plus forts étaient étouffés. Les plus aigus n'existaient plus. Et le sang qui emplissait mes conduits auditifs n'aidaient pas.

Une partie de moi, dans le fond, alors que je m'écroulais au sol, espérait que ça allait être temporaire. Que c'était que l'otite qui signalait qu'il était temps de la soigner et qu'après une ou deux boîtes d'antibiotique, The Army serait de nouveau sur les routes. Ouais, parce qu'au final, je voulais plus l'arrêter, cette tournée, j'étais prêt à faire encore 20 dates, si seulement ce cauchemar s'arrêtait. Et je les ferais sans râler.

De mes yeux humides, je vis Daniele dire quelque chose à un roadie. Mais j'en pouvais plus de tous ces gens autour de nous qui arrêtaient pas de faire des basses. Qui rendaient le décor apocalyptique.

En voyant le sang sur mes mains, j'avais paniqué encore plus. Et alors que Daniele avait dit un truc à un autre roadie qui s'était mis à courir comme le premier, je me sentis partir, tomber dans les pommes. J'avais les joues trempées de larmes, et j'avais presque plus la force de chialer.

Mais Daniele, comme toujours, ne me laissa pas le temps de tomber dans les pommes. Il me souleva avec l'aide d'un roadie pendant que les autres faisaient dégager le passage. Le mouvement me fit revenir à moi. Et bizarrement, j'avais l'impression d'avoir dessaoulé d'un coup. Ce qui ne m'était pas arrivé depuis des mois et ce que je n'étais pas. C'était juste que tout ça était beaucoup plus réel que je ne le voulais.

Je me laissai traîner jusqu'à une pièce, sans trop savoir où on avait fini. Ce n'est qu'une fois assis dans un fauteuil étrangement confortable que je pris le temps, d'un air ahuri, mes grand yeux humides ouverts à fond comme si ça pouvait m'aider à entendre, de regarder autour de moi. C'était la loge de Daniele, le décor le trahissait.

Ma tête se remis à tourner, mais je n'osais plus fermer les yeux. C'était le seul de mes sens qui me semblait fonctionner encore de manière optimale, vu que mon touché était anesthésié par l'alcool et que mon nez était bouché pour la même raison et aussi parce que je chialais. Je regardai mes mains pleines de sang puis Daniele.

Il était en train de gueuler, je le voyais. Je fronçai les sourcils pour lire sur ses lèvres, mais dans mon état, c'était pas évident et en plus, j'avais jamais fait ça.

En tout cas, à la tronche de Daniele, je comprenais bien que tout ça, c'était le début de la fin. Le manager avait porté sa bouteille à sa bouche pour en boire une longue gorgée. Putain...

Je pris un bic qui traînait dans un pot sur la table (Daniele avait souvent des trucs à signer et il y avait toujours des bics partout). Comme il était tout près de moi, je lui pris sa bouteille des mains, l'échangeant par le bic, un truc qu'Erik m'avait appris lors d'une soirée à la villa Ricci. Mais mes mouvements n'étaient pas fluides parce que la douleur me faisait constamment  porter mes mains à mes oreilles ou mon visage, maculant mon t-shirt de sang en passant.

-JE T'ENTENDS PAS... ECRIS, S'IL TE PLAIT...

Pendant qu'il allait chercher un support pour écrire, moi, j'essayai de tuer la douleur en sifflant tout le reste de la bouteilles en quelques gorgées. Ma gorge légèrement irritée protesta, me faisant tousser un peu, mais l'effet de l'alcool me monta directement à la tête.

Mon cœur battait la chamade de trouille. Et Daniele me fit savoir qu'il y avait un médecin qui allait arriver.

-PRESQUE TEMPS...

Je le fusillai du regard. C'est ta faute Daniele, c'est toi qui a merdé. Ça fait une semaine que je veux me faire soigner. Et il avait fallu une catastrophe pour que le manager réagisse.

-SONT OU LES AUTRES ?

Je ne savais pas qu'un roadie avait été envoyé pour mentir au public et les faire patienter. Mais je n'entendais pas non plus que mes amis protestaient derrière la porte pour que les roadies (ou plutôt, les gardes du corps de Daniele) les laissent entrer. Si je l'avais su, j'aurais été ouvrir la porte moi-même.

En fait, si j'avais eu la force, si j'avais eu moins mal et si j'avais été moins bourré... Si j'avais été moins naïf... J'aurais probablement mis une raclée à Daniele. Ça faisait beaucoup de « si » et je ne remplissait aucune de ces conditions.

J'enfouis mon visage dans mes mains.

-QU'EST-CE QU'ON VA FAIRE ?... C'EST LA FIN ?

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MessageSujet: Re: Your lips move but I can't hear what you're saying (1971) [PV Daniele][TERMINE]   Ven 24 Juil - 11:28

Your lips move but I can't hear what you're saying
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Je ne voyais pas d’autre endroit où me placer que contre cette porte. Elle nous séparait du boucan qu’il y avait dehors et aussi de toutes les questions qu’allaient bientôt poser tous ses journalistes présent.

Je gueulais qu’un médecin allait arriver à Evan entre de longues gorgées de whisky. Il avait du sang partout près de ses oreilles et je sentais, bizarrement, au fond de moi que c’était la fin… Mais la vrai fin, celle du groupe entier. Le médecin devait arriver et j’espérais que ce cet enfoiré n’allait pas trainer. Juste pour que je sois fixé sur l’avenir du groupe, et sur le mien tant qu’on y était. Surtout sur le mien, en fait.

Il ne captait rien même quand je gueulais comme un malade. Pourtant je n’avais jamais autant gueulé de ma vie qu’aujourd’hui. Je le regardais prendre un bic clignant plusieurs fois des yeux, l’alcool commençait à sérieusement me monter à la tête et l’environnement bien réel que j’avais autour de moi devenait flou et j’avais comme l’impression d’être dans un de ses flashbacks flou d’un film à deux balles. Putain que j’aurais aimé que ce moment soit tout droit sorti d’un film et que j’étais pas en train de le vivre.

Evan échangea le bic contre la bouteille me disant que c’était mieux d’écrire. C’était à ce point-là ? J’entendais derrière la porte les autres membres de The Army qui voulaient voir Evan. C’était pas le moment pour un meeting, c’était plutôt le moment d’éclaircir la situation.

Je pris une feuille de papier – la première qui m’étais passé sous la main - et me mis à écrire qu’un médecin allait arriver. Mon écriture était chaotique à cause des effets de l’alcool. Mes lettres n’étaient pas droites et on aurait dit une écriture d’un gamin de première primaire. Je montrais le papier à Evan qui avait, entre temps, bu toute ma bouteille ce qui me fis faire une moue. Deuxième fois qu’il me volait mes affaires !

A la remarque cynique d’Evan je haussais les épaules d’un air détaché. Ce n’était pas ma faute si on n’avait pas eu le temps jusque-là. Je ne savais pas qu’il allait devenir le nouveau Beethoven en une tournée moi, cet enfoiré de Sniper. Lui, il me fusillait du regard comme si c’était moi qui avais éclaté ses précieuses oreilles.

Il me pausa la question de savoir où étaient les autres. Toujours en criant. Suffisamment pour que les autres derrières entendent et crient qu’ils étaient-là. Mais pas assez fort pour qu’Evan entendent.

-Ils sont dans les coulisses. Ils attendent que le médecin arrive.

J’avais parlé et ça ne servait à rien. M’en rendant compte rapidement, j’écrivis ce que je venais de dire sur mon papier que je montrais à Evan. Sniper était désespéré et me posa la question qu’il ne fallait pas poser dans ces conditions. Je regardais son t-shirt maculé de sang et soupirais avant d’aller cherche, dans un des tiroir de ma loge, une nouvelle bouteille de whisky. Pour moi tout seul, celle-là. Je l’ouvris, approuvais de la tête et bus une longue gorgée.

-Si tes oreilles sont irréparables. Oui, ce sera fini.

Mes gestes avaient suffi pour qu’il comprenne et je n’avais pas besoin d’écrire cette fatalité. Comment pourrait-il en être autrement ? Il pouvait plus composer dans cet état…

J’entendis un roadie me dire que le médecin était là.

-Faites-le entrer. Uniquement lui.

Le médecin entra, la porte se referma directement derrière lui et se rua vers Evan. Je me remis contre la porte les yeux grands ouverts, luttant pour qu’ils ne clignent pas. J’avais l’impression de perde un peu pied. Au fond, j’espérais quand même que le verdict n’allait pas être trop horrible. Même si, finalement, quel que soit le résultat, après ce qu’il s’est passé aujourd’hui une chose était sûr : The Army était fini.  
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