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 You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]

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Gaby A. Wolff
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MessageSujet: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Lun 17 Aoû - 19:17

You've Got Time ft. Billy Lighter


Cet homme était aussi nocif qu'un cancer. Voilà la conclusion à laquelle j'étais arrivée, après une certaine période de cohabitation avec Billy. Il était imbuvable, difficile à vivre, lunatique, limite malpoli. Un vrai malpropre. Je rongeais mon frein depuis quelques temps déjà, n'ayant ni le temps ni l'envie de hausser le ton avec lui. Au fond, je l'aimais bien ; mais sa conduite ruinait cette amitié naissante, la remplaçant par un incomparable sentiment de colère qui, peu à peu, sabotait le peu que nous avions réussi à construire. J'étais dans la rue, le soir, sur le chemin du retour. Je n'avais aucune envie de rentrer chez moi, mais j'étais bien obligée ; je me levais tôt, le lendemain, Dayanara m'avait donné rendez-vous. Et on n'arrive pas en retard quand Daya vous dit de ne pas l'être. Alors, oui, j'étais fatiguée, sur les nerfs, et stressée : c'était bien pour cela que je ne voulais pas rentrer. Dans des moments comme celui-ci, mon filtre sautait, et je disais les choses comme je les pensais ; et cela pouvait faire très mal. Je n'avais aucune envie de me fâcher avec Billy, cette perspective m'épuisant d'avance. Mais bon... Je commençais à croire qu'il ne comprenait les choses que lorsque quelqu'un lui hurlait dessus. Alors, oui ; j'étais résignée à ce triste sort. Pas de bain au lilas ce soir, ni de masque detoxifiant sur du Boney M.

Et merde ! Je jurais en allemand dans la rue, venant de coincer un de mes talons dans un pavé mal agencé. Je me tordais la cheville, perdis l'équilibre, et me retrouvais par terre, un craquement sinistre ayant accompagné ma chute... Le pire était arrivé. J'avais cassé un talon de ma paire de Louboutin. Je me mettais à jurer comme un charretier dans ma langue natale, n'ayant cure des regards de travers que je m'attirais. Je me relevais dignement, enleva mes chaussures et repartit en collants, boitant légèrement. Bordel... Comme si je n'étais pas déjà assez énervée comme ça. Mes talons. MES TALONS. Je continuais de rager toute seule, finissant par arriver laborieusement à mon appartement, dans le petit quartier dégoûtant que j'habitais. Billy devait déjà sûrement y être. Je n'en savais rien, et, honnêtement, au diable ce petit rouquin insolent ! Je marmonnais des insultes contre le monde entier en montant les escaliers, avant d'entrer dans mon appartement, claquant furieusement la porte derrière moi. Je m'attirais quelques injures des voisins, qui avaient apparemment été dérangés par mon magistral claquement de porte : eh oui, les murs fins comme du papier ne réussissent à personne...

Je posais mes affaires dans un coin, me servais un immense verre de vin, avant de me diriger vers le canapé miteux, à l'autre bout de la pièce... Quoiqu'après mûre réflexion, j'emportais la bouteille avec moi. Mon appartement était composé d'une grande pièce à vivre faisant office de cuisine, salon, et salle à manger ; j'avais un tapis rose poudré dans le coin salon, une table basse aussi vieille et retapée que la voisine du fond, et une petite télévision que je n'utilisais presque jamais. Une grande table assez vétuste était au milieu de la pièce, avec les meubles de la cuisine faisant l'angle de la pièce. C'était le territoire de Billy le roux, et moi j'avais ma chambre. Ma petite chambre de princesse, parce que oui, je me considérais comme une princesse. On a tous droits de se bercer d'illusions, non ?

Je me mettais à boire du vin rouge dans un verre à pieds, tout en pleurant mes chaussures à talons. Je les avais posées sur la table basse, et leur parlait, essayant de faire mon deuil. J'avais mis deux ans avant de pouvoir me permettre de telles chaussures... Elles étaient la pièce maîtresse de ma petite collection, la seule paire me satisfaisant totalement parmi la cinquantaine que je possédais... Si seulement j'arrivais à arrêter de faire des achats compulsifs !, j'aurais pu me tirer de ce trou à rats. Mais on ne dit pas non à l'appel de Chanel, Prada, Yves Saint Laurent... Sans même m'en rendre compte, je m'étais mise à phaser sur la table, perdue dans mes rêves de grandes marques et d'argent. Putain, ce que j'aimais l'argent.

Je buvais plus que de raison, avant de mettre de la musique sur mon lecteur vinyle. Au diable Billy et ses conneries. Je passais un bon moment, à danser toute seule avec mon verre. Si il avait l'audace de gâcher cet instant libérateur, qu'il s'attende à en prendre pour son grade. Fuck, on se rebelle.
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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Mar 18 Aoû - 11:18


You've got time

ft. Gaby A. Wolff


J’étais crevé ! Il était… 17h et j’étais crevé… J’avais une répétition avec les gars à 23h mais ma gorge me tuait tellement j’avais mal. J’avais dû choper un virus ou quelque chose comme ça…

Malgré ce putain de mal de gorge, j’avais quand même passé la journée dans la rue. J’avais juste fait une escale chez une amie qui rêvait de faire mes cheveux. Elle s’était amusée à les effiler, me les mettre en bataille et les teindre en blond. Ça tombait bien, j’en avais marre du roux. Le résultat était plutôt pas mal et j’étais impatient de faire un concert avec cette nouvelle coiffure. Je me demandais si Gaby allait apprécier.

Gaby, tiens, tant qu’on en parle ! Elle commençait sérieusement à me taper sur les nerfs avec ses règles à la con. Je faisais des efforts pour être supportable mais elle était autoritaire quand elle voulait. Et je détestais l’autorité quelle qu’elle soit. Bon, ok, elle était sympa de m’héberger mais bon il ne fallait pas abuser… En pensant à ça, je shootais dans un de ses sacs qui trainaient au sol. Un truc de marque comme d’habitude. Putain, elle pourrait se payer un bien plus bel appartement si elle ne s’amusait pas à acheter des trucs inutiles et super cher. Je comprenais pas les filles, moi !

Je chopais une bière dans le frigo et la bus très rapidement en espérant que ça ferait passer ce foutu mal de gorge. Mais rien n’y fit. Je déposais la bouteille vide près de l’évier et me dirigeais vers la réserve de médicaments de Gaby. Je sortis deux anti-douleurs que je pris.  Je laissais trainer la boite là, sur le meuble. J’avais faim… Quand est-ce qu’elle rentrait Gaby, déjà ? Bordel, j’en savais rien… Fallait qu’elle me fasse à manger ! Moi, je savais pas le faire…

Je restais planté au milieu de la pièce avant de décider d’aller dormir. Pas de bouffe, pas de vie… Alors je me dirigeais vers la chambre de Gaby. Profitons-en pour dormir dans un bon lit pendant qu’elle n’était pas là. Je m’écroulais dessus. Un vrai lit de petite fille tout comme la décoration de la pièce. De rose partout. Beurk… J’aimais pas le rose… M’en fiche… Je m’endormis presque instantanément, fatigué par la fièvre et les anti-douleurs.

C’est une musique qui me réveillé tout doucement. J’ouvris les yeux me rendant compte que cette musique provenant de la pièce à côté. Putain, ça devait être Gaby… Je savais même pas l’heure qu’il était. J’essayais de me boucher les oreilles avec le coussin mais en vain. Les murs étaient tellement fins que j’avais l’impression que la musique était dans la pièce où je dormais.

Je me levais, de mauvaise humeur bien sûr, et ouvris brutalement la porte qui séparait les deux pièces. Gaby dansait au milieu de la pièce avec un verre de vin à la main. Mon mal de crâne et de gorge était encore plus fort qu’avant ma sieste. Je m’appuyais contre le mur, les sourcils froncés.

-Putain Gaby, je dormais, merde !

Dans son lit. Elle allait pas apprécier…

-Tu me fais à manger ? J’ai faim… J’ai une répétition à 23h.

Mon ton était autoritaire malgré ma voix détruite pas mon mal de gorge. Au fait il était qu’elle heure ?

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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Mar 18 Aoû - 22:35

You've Got Time ft. Billy Lighter


- Now I feel ten feet taaaaaall, Sunny one so truuuue I love youuuu !

Je chantais très fort - et très faux, soit dit en passant. Je dansais en tailleur Chanel, collants couture, oui madame ! Mon chignon strict s'était défait, laissant mes longs cheveux s'ébattre dans tous les sens. Je continuais de chanter, de danser, de boire ; je faisais enfin partir toute la pression accumulée lors de cette maudite journée ! Et, pour une fois, Billy n'était pas là pour me taper sur les nerfs. Je souriais éperdument, sentant enfin toutes ces conneries m'échapper et partir loin ; très loin.

Mais le rêve fut de courte durée. Je sursautais violemment en entendant la voix de Billy, et me retournait violemment vers lui. En faisant cela, je lâchais presque mon verre par terre, le posant in extremis sur la grande table en bois. Je fronçais les sourcils et mettais mes petites mains sur mes hanches. Je relevais la tête, un air de défi sur le visage. J'étais bourrée, j'espère qu'il le savait, parce que j'étais aussi tumeur que lui dans ces moments-là.

- Tu dormais ? Oh, pauvre Billy ! Tu dormais dans mon lit et je te réveille ? Ohhh, excuse-moi ! - Je sentais l'irritation et la colère contre lui remonter rapidement, décuplées par l'alcool. Je me mettais à hausser le ton, comme l'ivrogne que j'étais. - Appends à la fermer un peu ! C'est chez moi, j'ai le droit d'écouter de la musique et de te demander à TOI de fermer ta putain de grande gueule ! T'es chiant, tu fous rien, t'es un boulet qui sait utiliser ses mains que pour s'inventer une vie sexuelle et tu me gâches la vie !

Ahhhh ! Voilà ! Allez boum, là ça soulage. Je plissais les yeux, aussi venimeuse qu'une vipère. Il m'avait poussée à bout, et voilà ce qu'on en retire. Je me rapprochais de lui d'un air provocateur et insultant. Je laissais une main sur ma hanche et le dévisageais dans la parfaite attitude de la connasse de première. Je riais bêtement avant de planter un index dans sa poitrine. Je le fixais.

- Parce que tu penses qu'après m'avoir parlé comme si j'étais une sous-merde, squatter mon lit et te permettre de te plaindre continuellement, mettre mes affaires en vrac je vais te faire à manger !? Mais démerde toi putain, je suis pas ta bonne ! J'en ai marre que tu me traite comme ça ! Pas étonnant que personne te garde très longtemps et qu'on ne t'aime pas, t'es INSUPPORTABLE ! - Je finissais par lui crier dessus, me fichant éperdument de sa réaction. - On dirait que je ne suis même pas une amie, mais juste une pauvre conne chez qui tu peux squatter et te faire servir ! Et puis quoi encore !? Redescends sur terre, je te dois rien, et tu me dois beaucoup Billy !

Je me taisais enfin, essoufflée par ma longue diatribe. Je m'éloignais d'un pas incertain, mon doigt toujours pointé vers lui, accusateur, même s'il ne touchait plus Billy. Je restais silencieuse, et la réalisation vint enfin. Je levais de grands yeux sur lui et me reculais encore un peu, appréhendant sa réaction. Je le connaissais un minimum et une des premières choses que j'avais vu était sa propension à se mettre dans des fureurs noires - dont je ne voulais pas faire les frais. Mais, apparemment, c'était mal parti pour.

- Si tu veux me frapper, sache que je n'aurai aucune honte à te priver de tes bijoux de famille. - Je le fixais avec de grands de biche, me recroquevilla nt un peu sur moi-même. Avec tant d'alcool dans le sang ça n'allait pas être facile... Je ne savais même pas pourquoi une telle idée m'était sortie de la tête ! C'était pas comme si il allait me frapper ; ça me semblait inimaginable. Et, donc, dans mon cerveau enivré, cette remarque à moi-même était drôle. Je me mis finalement à rire, ici et maintenant, au moment le moins opportun du monde.
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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Mer 19 Aoû - 12:45


You've got time

ft. Gaby A. Wolff


Gaby chantait tellement faut que c’était vraiment strictement impossible de dormir une seule petite minute de plus. Qu’est-ce qu’il lui prenait de chanter comme ça ? Elle sait très bien que les murs sont en papier !

J’étais sorti de la chambre et je m’étais appuyé sur l’un de ses murs en carton en croisant les bras. Elle dansait et chantait alors que je mourrais de faim. Elle n’avait même pas encore commencé à faire la cuisine. Donc, je l’interpellai à la manière Billy. Un Billy de très très mauvaise humeur. Je n’aimais pas qu’on me réveille de cette manière.

Elle avait sursauté. Je la toisai du regard, mes sourcils froncés. Elle faisait de même et explosa littéralement. Elle haussa le ton suffisamment pour que tous les voisins de l’immeuble l’entendent bien clairement. Elle m’insultait, me trouvais insupportable, disait que j’étais un boulet. La tension mentait en moi à une vitesse hallucinante. Je ne pouvais plus rien faire contre ça. J’étais malade, fatigué et j’avais faim ce qui n’arrangeait en rien à mon état d’énervement qui était en train de culminer à des sommets que j’avais rarement atteint.

Elle se rapprochait de moi et je décroisais les bras pour serrer les poings. Son index toucha ma poitrine et je pouvais sentir l’odeur d’alcool qui émanait de Gaby. Elle était plus que bourrée. Aussi prêt que j’étais d’elle, je me retenais de lui envoyer un poing dans la figure. Je me retenais en serrant un peu plus les poings enfonçant mes ongles dans ma peau. Elle continuait à se plaindre, à me faire la morale comme si elle vidait tout ce qu’elle avait sur le cœur. Elle finit par se terre et un silence de mort régna subitement dans la pièce. Bordel, qu’elle… Comment elle avait osé me parlé comme ça. Elle avait reculé, réalisant de quoi j’étais capable. Prêt à se défendre au cas où. Comme si elle avait la moindre chance contre un Billy en colère. Après avoir déversé toute sa haine sur moi, elle me faisait des yeux de biche et se recroquevilla sur elle. Bordel, les filles sont toutes les mêmes. Elles attaquent puis se positionne en victime. Cette réaction ne fit qu’amplifier la colère insurmontable qu’il était monté en moi au fur et à mesure du discours de Gaby. Son rire, c’était la goute de trop… Je m’avançais doucement vers elle pour n’être plus qu’à un bon mettre d’elle. D’un coup violent du bras, j’envoyais une petite lampe s’écraser au sol. L’ampoule éclata.

-T’est bourrée Gaby ! T’ose me faire ta morale à deux balles alors que t’es bourrée !

J’avais haussé le ton encore plus fort que Gaby il y a quelques minutes.

-Puis maintenant tu me fais tes yeux de petites malheureuse pour ne pas que je t’en foute plein la gueule ? Tu crois vraiment que tu vas t’en sortir comme ça ? Je veux juste à manger, bordel ! Ouais j’ai dormis dans ton lit mais j’avais trop froid ici ! Bordel, tu crois que t’es pas insupportable, toi avec tes trucs de marques à la con alors que tu pourrais utiliser ton foutu fric pour un appart’ plus grand ! Est-ce que je t’ai déjà fait la morale ?  

Je cherchais des arguments assez fort pour contre balancé les foutues vérités qu’elle m’avait envoyé à la gueule. Je shootais dans la table basse pour ne pas envoyer mon poing dans la figure de Gaby. Sauf que la table, ben elle était plus forte…

-Aïe, putain !!

Table 1 – Billy 0… Je regardais Gaby droit dans les yeux me tenant la jambe là où j’avais eu mal.

-Bordel, pourquoi tu t’es bourré la gueule ?


Je lui en voulais à mort. Pour tout ce qu’elle avait dit.

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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Mer 19 Aoû - 22:55

You've Got Time ft. Billy Lighter


Je sursautais violemment en entendant la lampe se fracasser au sol. Elle mit doucha brusquement ma colère bouillante, me laissant transie de froid et épuisée. Je n'avais plus la force de combattre un homme colérique, comme l'étais mon père. Je reculais un peu plus, mes pas plus qu'incertains. J'évitais le regard de Billy, la mâchoire crispée. Mon esprit oscillait encore entre détaler comme un lapin pour fuir la dispute et, inévitablement, les coups ; ou se défendre. Quitte à se faire fracasser la gueule, se défendre et défendre sa fierté et son honneur. Je redressais soudainement la tête, et soutint le regard de Billy. J'allais me défendre, rendre coup pour coup. Comme je savais devoir le faire.

- Ouais, je suis bourrée et alors ? Tu l'es souvent aussi, et je te dis jamais rien ! Alors fais pas chier, et arrête de jouer les hypocrites Billy, merde ! Non, tu me fais pas la morale, parce que de toute façon, t'en a aucune ! Encore heureux que tu ferme ta gueule là-dessus !- La colère était de retour, encore plus flamboyante qu'auparavant. Je levais un index menaçant, mon autre main étant sur ma hanche. Je me rapprochais de nouveau de lui, haussant le ton deux fois plus fort. En fait, j'étais presque entrain de lui hurler dessus.

- Joue pas au plus con avec moi, tu sais pas qui va gagner ! Tu veux à manger ? Fais toi à manger, alors, gros con ! Deviens indépendant, Billy, tu pourra pas vivre perpétuellement aux crochets des autres ; tu me fais honte ! T'es qu'un enfant, un enfant dans un corps d'adulte qui se prétend indépendant sans même comprendre le sens du mot !

Outch. Les fringues de luxe, l'appart... Il avait fait mouche. Je le regardais fixement, le cœur au bord des lèvres. Voilà, c'était ça, Billy. Un petit con prétentieux qui visait un peu trop bien à mon goût. L'alcool me rendait honnête et impulsive et, sans que je m'en rende compte, je lui répondais - alors que je ne voulais pas répondre. On n'est pas sensé se dévoiler aux autres. Il faut savoir porter un masque en toutes circonstances : c'est l'assurance d'une survie plus longue et d'une lutte moins douloureuse. Je riais jaune, mon ton étant revenu à la normale.

- Et alors ? Ça te fait quoi que je n'investisse mon argent que dans des futilités ? C'est frustrant, hein, parce que t'aurait pu squatter un appartement plus grand, c'est ça ? - Je serrais la mâchoire, mon ton s'élevant à nouveau. - Triste que ce soit pas le cas ! Maintenant t'es coincé ici avec la donneuse de leçons qui jette son pognon par les fenêtres, elle est tellement dure ta vie petit parasite ! Je reculais et prenais un sac de marque au sol, lui balançant à la gueule. - Personne ne s'est jamais occupé de moi, alors faut bien que je le fasse ! - Je lui balançais une chaussure à la gueule. - C'est une des seules choses qui me rend heureuse, alors laisse moi au moins ça ! C'est MON truc à moi, MON jardin secret, alors t'as pas le droit de le critiquer ! - Ma  voix tremblait et je me retrouvais de nouveau à lui crier dessus, en lui jetant tout ce qui me passait sous la main. - On m'a jamais valorisée, alors j'le fais moi-même, j'ai besoin de personne !

J'arrêtais soudainement, essoufflée, et à cours de projectiles. Je soutenais son regard, laissant le silence imprégner la pièce à vivre, sa question restant en suspens. Je daignais enfin lui répondre, irradiant la colère.

- Je bois parce que tu me déprimes.
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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Jeu 20 Aoû - 12:52


You've got time

ft. Gaby A. Wolff


J’étais crispé et colérique. J’étais au bord de l’explosion, si bien que certains objets y étaient déjà passer alors que j’essayais d’évacuer le trop plein de colère que j’avais en moi. Le genre de colère qui consume jusqu’à tuer. Gaby avait détourné le regard. Etait-elle enfin prête à se taire et à me faire à manger ? Non… Son regard se reposa sur moi. Elle était déterminée à m’affronter. Je fronçais les sourcils. Non, Gaby… Ne fait pas ça…

Hypocrite moi ? Je serais à nouveau les poings. J’étais bourré ouais. Mais c’était pour affronter la scène. C’est quelque chose qu’on fait dans mon métier. Voilà ! Elle, c’était une fille. Elle avait pas le droit d’être bourrée alors qu’elle doit s’occuper de moi. Et je suis pas un enfoiré de gosse ! Non, je suis pas un gosse ! Je le suis plus ! Je veux pas l’être ! Elle avait pas le droit de dire ça. Elle n’avait pas le droit de me faire la morale alors qu’elle n’était pas plus vieille que moi !

Fâche, j’avais répliqué en parlant de ses foutues dépenses à la con ! Ayant toujours vécu avec très peu d’argent, j’en connaissais sa foutue valeur. Là encore, elle se défendait disant, en gros, que c’était pas mes affaires. Elle ma balança un sac à la gueule, je le rattrapai et le jetai à sol. M’envoie pas tes foutus trucs dans la gueule. Mon cœur se déchira en deux quand elle disait que jamais personne ne s’était occupé de moi. Mon cerveau se focalisa uniquement sur cette foutue phrase et sur rien d’autre. Je me protégeais la figure avec mes bras alors qu’elle m’envoyais des trucs dans la gueule en continuant sa foutue tirade.

-Gaby ! Arrête, bordel !

Les projectiles arrêtèrent de me tomber dessus. Mes bras me faisaient mal et j’avais les larmes aux yeux à cause de la colère. Je remis les bras le long de mon corps quand elle affirma que je la déprimais et que c’était pour ça qu’elle buvait. Mais j’étais toujours coincé sur la phrase de tout à l’heure. Je ne savais pas si j’avais envie de chialer ou si j’allais simplement exploser de rage sur Gaby. Je ne savais pas si je devais choisir d’en rester là ou bien de gagner la manche.

-T’as aucune raison de boire ! Si je te déprime tant pourquoi tu me fous pas dehors hein ! Il y a des filles bien plus sympa que toi dehors chez qui je pourrais dormir. Mais je sais que tu as trop besoin de moi dans ta foutue vie !


C’était faux. Gaby m’avait trouvé dans la rue et depuis, je m’étais accrochée à elle parce que j’avais l’impression qu’elle me comprenait. J’attrapai une chaussure qui trainait au sol et la lui envoya dessus avec un force amplifié par la colère. Je touchai ma cible. Je m’approchai ensuite d’elle, pour n’être plus qu’à un petit mètre.

-Pourquoi t’as dit tout ça ? Je suis pas un foutu môme ! Je suis venu jusqu’à L.A. tout seul, j’ai pas eu besoin de toi pour ça…

J’étais à court d’arguments valable et ça me faisait mal. Je ne voulais pas avouer qu’elle avait raison parce que j’étais trop en colère pour le faire et me détendre.

-Non personne c’est occupé de moi ! Personne ! Ok ! Je sais !

J’avais dit ça en criant et en fermant les yeux pour que cette phrase arrête de me tourner dans la tête. Je levai la main comme pour la frappé, j’étais suffisamment en colère pour ça et je laissais le coup partir sur Gaby.

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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Ven 21 Aoû - 21:47

You've Got Time ft. Billy Lighter

(Straßenkind = "enfant des rues" -> je te mets la trad pour le rp)

Je riais. En vérité, je venais de partir dans un fou-rire nerveux, alcoolisé, qui semblait ne jamais vouloir prendre fin. J'avais mal là où Billy m'avait lancé la chaussure, mais je n'avais même pas essayé d'esquiver le coup. Et sa gifle m'avait fait me cogner contre la table ; l'alcool m'avait fait tomber par terre, à la renverse. Et j'y étais toujours. J'étais par terre, la joue rouge et cuisante, un peu de sang à la commissure des lèvres : et je riais. Je crois que c'est ma manière à moi de gérer les choses : le rire. Je ne pouvais m'en empêcher ! J'avais ris à l'enterrement de ma mère, c'est pour vous dire ; et pourtant, Dieu seul sait à quel point j'aimais cette femme de tout mon être. Elle était tout pour moi. Alors, à cet instant, je riais. La situation était devenue trop violente et ingérable pour moi. D'autant auraient fondu en larmes ou pété les plombs. Moi, je faisais un peu des deux... J'étais littéralement entrain de pleurer de rire, au sol.

- Aïe, putain ! Ca fait, - je riais - ça fait mal !

Je riais encore un moment avant d'avoir trop mal au ventre, et d'être obligée d'arrêter. J'avais la tête qui tournait de spiritueux, une douleur sourde dans la joue et le ventre, et j'étais très en colère. Très, très en colère. Je finissais par me relever laborieusement, m'aidant pour cela de la table derrière moi. Une fois debout, je regardais Billy fixement. Ce furent la peur et une colère qui me poussèrent à tenir ma promesse. Je m'approchais de Billy et lui mis une gifle magistrale.

- Tu me dois le respect Straßenkind ! Je t'ai recueilli, tu me dois le respect !

Je lui crachais ces paroles au visage, emplies de mépris, de violence, comme mon père le faisait lorsqu'il me "disciplinait", plus jeune. Sauf que, chez moi, c'était plus du bluff et de la gueule qu'autre chose. Au fond, en cet instant j'avais juste envie de me rouler en boule dans un coin ; la peur qu'il me frappe à nouveau me faisait froid dans le dos, me glaçait les sangs. Mais mon unique défense étant ma langue, je l'employais de la manière la plus meurtrière que je le puisse. Mes lèvres se pincèrent en un mince pli. Ca n'était pas moi, ça. Ma façade se brisa aussi vite qu'elle s'était construite, laissant place à mes véritables émotions : j'étais très en colère, extrêmement blessée, et je lui en voulais à mort.

- T'es con putain ! T'es complètement fou, tu cognes dès que les mots sont trop pour toi ! Tu peux pas taper tout le monde jusqu'à aller mieux, ça marche pas comme ça Billy, merde, c'est quand que tu vas le comprendre !? T'as AUCUN droit de me frapper, tu es misérable, plus bas que terre ! Si tu portes la main une fois de plus sur moi, tu dégages, et tu reviens plus jamais ! Tu redeviens un putain de clochard, et ça c'est moi qui te l'assure !

Je serrais les poings à en avoir les jointures blanches.

- T'es pas le seul à te sentir seul, t'as pas le monopole de la souffrance, on est tous dans la même merde. Tu te plains d'être seul, mais tu repousses tout le monde en étant imbuvable, comme si tu voulais juste avoir du crédit pour te rouler dans ton propre apitoiement personnel. - Ma voix vibrait et déraillait, et, dans ces propos, je parlais plus de moi-même qu'autre chose.

- Ouvre les yeux putain, tu vas finir vraiment seul un jour. Ma voix était revenue à la normale.

Je me détournais et partais me resservir un verre de vin avec, je l'espérais, un minimum de classe. J'avais les larmes aux yeux et une nausée commençait à monter. Tout, chez moi, n'était que façade, superficiel. Que du bluff, que de la gueule. Ce qui marchait, c'était les artifices, parce que les gens ont toujours envie de croire aux artifices. Au fond, je me permettais de porter morale et jugements sur Billy, de lui rétorquer de pareilles choses, alors que j'étais aussi jeune et aussi paumée que lui. Super.
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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Sam 22 Aoû - 11:56


You've got time

ft. Gaby A. Wolff


Le temps s’était suspendu tout seul. Ma main avait violemment frappé la joue de Gaby.  Elle s’était cognée contre la table et était tombée par terre. Moi j’étais debout, pétrifié par mon propre geste. Elle saignait. Elle riait. Mon cœur battait très vite oscillent entre la colère et une énorme culpabilité. Je bouchais mes oreilles pour ne plus l’entendre rire. Non, arrête Gaby, s’il te plait. Ce rire était une arme qui me disait : « Regard ce que tu as fait Billy ! Regarde ! ». Et je m’en voulais pour tout.

Le rire s’arrêta et je débouchais mes oreilles tout doucement. Regardant Gaby avec beaucoup moins d’assurance qu’avant. Elle se releva, me gifla. Je l’avais mérité. Je n’avais pas mal. J’avais bien trop de fois été frappé pour avoir mal. J’avais juste mal au cœur. Je saignais moi aussi. Gaby continua… M’asséna des coups verbaux pour m’achever. L’alcool la faisait tenir debout et l’aidait à continuer autant qu’il la faisait tanguer. Ses paroles remplis de mépris me faisaient reculer. L’Allemand qu’elle employait me faisait frissonner tellement cela ajoutais du poids à ses mots même si je n’y comprenais rien. Le mépris fit place à la colère et les dernières paroles me tombèrent dessus comme des coups de couteaux dans le ventre. Menace, violence, souffrance et une foutue vérité encore. La voix de Gaby tremblait alors que les larmes commençaient à me venir à moi aussi. Ensuite, le dernier coup… Fatale celui-là. Je voulais pas crever seul… Et ce n’était pas la première à me dire que j’allais crever seul. Même ma mère me l’avait dit… Quant à mon père il m’a dit qu’il allait s’en assurer.

Elle se détourna de moi pour retourner près de sa bouteille et je me laissais envahir par mes émotions. Colères, tristesses, rancœur.

-JE VEUX PAS CREVER SEUL !

Mon cri avait percé le silence et les larmes coulaient le long de mes joues. Ma voix s’était brisée et mon mal de gorge revint à l’assaut.  Je serrais les poings et les dents. J’avais reculé jusqu’au mur et, d’un seul coup, me laissais glissé tout le long avant de finir au sol. Je regardais Gaby entre mes larmes.

-Je suis désolé… Je voulais pas te frapper. Je suis un enfoiré… Je voulais pas, je te le jure. Ça n’arrivera plus. S’il te plait crois-moi.

Je passais ma main devant mes yeux pour essuyer mes larmes.

-Je veux pas que tu me laisse tout seul. Je suis rien tout seul.


Juste un gosse perdu. Comme je l’avais toujours été. Je m’en voulais de l’avoir jugé, je m’en voulais pour tout.  

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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Dim 23 Aoû - 1:54

You've Got Time ft. Billy Lighter


Je restais dos à lui, me versant un généreux verre. L'alcool constituait, en cette fatidique soirée, mon courage et mon seul rempart avant de m'effondrer. J'avais toujours essayé d'être forte, depuis le décès de ma mère ; je le devais, car j'avais l'exemple concret sous mes yeux des conséquences de la faiblesse. Mon père ne s'était pas fait violence et n'avait pas su tenir droit : alors, il avait sombré. Tout simplement. Il n'avait pas su continuer, et se croyait seul, m'excluant de sa vie. Depuis ce jour, je m'étais toujours interdit de sombrer, quitte à en devenir complètement tarée. Pourtant... En cet instant, je crois que je comprenais mon père, dans une certaine mesure ; la douleur, je le savais, était trop insupportable pour moi, alors je m'anesthésiais à coup d'alcool, d'hyperactivité, d'achats compulsifs. Ma manière de vivre n'était ni plus ni moins bonne que la sienne, ou que celle de Billy. Mon coeur se serra. Je me permettais de lui asséner des propos qu'il n'avait peut-être pas la force d'entendre, je me faisais juge et bourreau, je devenais tout ce que je haïssais chez Franz. Je pinçais les lèvres, et finis par boire une longue gorgée. Je restais toujours dos à Billy, comme si, inconsciemment, je lui niais le droit d'exister. J'étais le sosie de mon père... Je me sentais trembler. Non !, je ne le pouvais. Il fallait tenir. Toujours tenir.

Je sursautais violemment à l'exclamation, au cri de détresse de Billy. Je serrais plus fort mon verre, le regardant maladivement, et me remettais à boire compulsivement. Je restais dos à lui. Il fallait tenir. Toujours tenir. Mais il ne me rendait pas la tâche facile... Je sentis résolution faiblir de plus en plus, à chaque mot qu'il prononçait. Mon coeur se serra violemment en l'entendant s'excuser, babiller comme un petit enfant, et.. Et j'entendais sa voix, sa détresse, je pouvais presque imaginer son visage.

Mes yeux se fermèrent pour retenir mes larmes, l'entendant parler de sa peur de la solitude. Oui... Billy était un enfant, un enfant perdu, seul et solitaire, malheureux, que je me devais de protéger comme personne ne m'avait jamais protégée. Je me devais de l'aider à réparer ce qui pouvait être réparé, à soigner ce qui pouvait être soigné, à sauver ce qui pouvait être sauvé. Je ne comprenais que trop bien ce sentiment. Je reposais mon verre, tremblante, et finit par me tourner vers lui. Sans plus réfléchir, je m'avançais vers lui et m'assis à ses côtés. Il s'était laisser tomber au sol, petite chose sans plus de défenses... Je le prenais dans mes bras sans plus de cérémonie, fourrant son visage dans mon cou, lui caressait les cheveux.

Il y a deux types de personnes, en ce bas-monde : les personnes qui ont besoin d'aide, et ceux qui ont besoin qu'on ai besoin d'eux. Malheureusement pour moi, je venais de me persuader que Billy avait besoin d'aide, avait besoin de moi. Il avait besoin d'aide, et j'avais besoin qu'on ai besoin de moi. J'avais ce besoin maladif d'aider ceux en qui je me reconnaissais, comme si, en les aidant, je pouvais effacer le fait que, moi, personne ne m'avait aidé. J'avais ce besoin maladif d'aider ceux en qui je me reconnaissais, comme si, en les aidant, je m'aidais moi-même.

Je continuais à caresser machinalement les cheveux de Billy, l'enserrant de toutes mes forces. Je me rappelais des câlins de ma mère : je me sentais en sécurité. Aimée. Entourée. J'avais l'impression d'être le petit cocon chaud et plein de vie autour duquel tout l'amour du monde se mouvait. Je crois, ce me semble, que ce fut l'époque la plus heureuse de ma vie ; elle ne dura malheureusement qu'un bref battement de coeur. Je ne connaissais pas plus que cela l'homme que je serrais dans mes bras ; mais je connaissais bien l'enfant qui avait parlé, car je l'avais été, cet enfant seul et terrorisé. Et je l'étais toujours, malgré toute ma bonne volonté. Je m'adressais à Billy le petit garçon, l'enfant perdu. C'était lui que je serrais dans mes bras, que je voulais rassurer, comme ma mère m'avait rassurée.

Je ne pense pas que les mots soient nécessaire, en cet instant. A vrai dire, même si je l'avais voulu, je n'aurais pu décrocher un mot. Je ne faisais que serrer Billy dans mes bras : tout geste équivaut au plus grand discours du monde.
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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Dim 23 Aoû - 12:18


You've got time

ft. Gaby A. Wolff


Un cri puis des excuses. Je regardais le dos de Gaby. Elle ne m’avait pas encore fait face et c’était encore plus dur pour moi. Comme si elle n’allait jamais se retourner. Comme si je n’allais plus jamais la voir sourire. Je ne voulais pas qu’elle me lâche. Je voulais rester ici avec elle. En dehors de mon groupe, c’était l’amie la plus chère que j’avais.

Je m’étais mis à pleurer comme j’avais pleuré des millions de fois dans ma vie. Je pleurais depuis que j’étais tout petit… Je pleurais déjà dans ce placard où je me cachais pour éviter les disputes de mes parents et les coups de mon père. Je pleurais parfois pour une simple dispute. Je pleurais aussi souvent que pourrait le faire un enfant de deux ans. Et jamais je n’en avais eu honte. Parce que je savais que mon père désapprouvais ça et que je faisais tout l’inverse de ce que m’avais dit mon père. Et pourtant… Parfois… J’étais comme lui. Je frappais pour rien. J’avais frappé Gaby.

J’étais assis par terre complètement replié sur moi-même. Gaby s’était retournée vers moi. Je n’avais plus d’excuse, ni de mots. Les sanglots m’empêchaient de parler. Elle s’approcha de moi, s’assis à mes côtés et me serra dans ses bras. Je me laissais faire, complètement détruit, complètement sans défense. J’enfuis mon visage dans son cou. Ma mère ne m’avait jamais serré comme ça dans ses bras. Et ça se sentait dans tous mes actes, dans toutes mes paroles. Ma vie était dictée par ce qui m’avait manqué. Si j’agissais comme un gosse c’est parce que personne ne m’avait permis de grandir. Un gosse paumé à L.A., un gosse qui cherchait par tous les moyens à atteindre la célébrité. Comme si c’était le seul moyen qu’il avait pour devenir adulte. Un moyen extrême.

Elle caressait mes cheveux, sans rien dire. Je me nourrissais de ce contact pour me remettre de notre dispute. De longues minutes passèrent alors qu’on était toujours là, assis par terre à essayer de se remettre de ce qui venait de nous arriver. Gaby sentait toujours l’alcool autant que je brûlais à cause du trop plein d’émotions. Après ce moment suspendu, je me redressais, fixant Gaby droit dans les yeux. Mes larmes avaient séchées mais mes yeux étaient toujours rouges.

-Si tu veux bien que je reste… Je vais essayer de faire une omelette… J’irai pas à la répétition…


Je voulais rester avec Gaby, je voulais me faire pardonner en lui donnant tout ce qu’elle voudrait. C’était toujours comme ça. Il fallait que je donne au centuple pour pouvoir obtenir un pardon pour mes foutues conneries. Je faisais ça avec tout le monde. Comme un gosse qui aurait poussé sa petite sœur et qui, pour se faire pardonner, lui donnerait tous ses jouets. Chaque fois que je frappais une fille, je faisais ça. Je donnais encore et encore. Pour m’efforcer de croire que tout pourra changer un jour et pour me convaincre que je n’étais pas comme mon père.  

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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Dim 23 Aoû - 14:43

You've Got Time ft. Billy Lighter


Je ne sais combien de temps je restais là, Billy dans mes bras. Je ne pensais pas que ce contact me ferait tant de bien ; mais, pourtant, c'était le cas. La chaleur humaine, le contact, m'avaient manqué et je ne m'en rendais compte que maintenant. A force de ne penser qu'à l'argent, qu'à amasser, accumuler... Je crois que j'en avais oublié que j'étais quelqu'un. Que je n'avais plus à être dans cette logique de survie : oh, oui, cette logique m'avait pourtant permis de continuer à vivre, elle m'avait porté, toutes ces années, elle avait été mon moteur, mon feu sacré. Sans elle, je serais certainement six pieds sous terre aujourd'hui. Mais... Ce temps était largement passé, derrière moi, et ce depuis longtemps. Je devais l'accepter et laisser partir. Laisser aller. J'avais réussi, j'avais atteint mon but : je n'avais plus à courir pour ma survie.

Je détaillais Billy du regard, lorsqu'il se redressa. Un petit sourire se peint sur mes lèvres. Billy était toujours entrain de courir pour sa survie. Il était toujours dans cette logique, ça je pouvais le comprendre. Je caressais sa joue avec douceur, du bout des doigts, avant de la retirer. Je rangeais une mèche de cheveux derrière son oreille. Ma voix était douce, et sincère, quand je lui répondis.

- Non, vas à ta répétition Billy. Je serai toujours là quand tu reviendra, je ne vais pas partir. On a tout le temps de t'apprendre à cuisiner plus tard... - Je lui souriais avec chaleur. - T'inquiète pas vas, tu restes avec moi.

Je crois sincèrement que Billy fais partie, vous savez, de ces personnes que vous rencontrez et dont vous vous entichez vite. C'était une personnalité forte et attachante, et je crois que, quelque part, j'aimais bien ces sursauts de vie et ces contrastes avec ma vie un peu trop bien rangée. Je ne comptais pas abandonner Billy, je comptais rester, et l'aider ; lui apporter, dans la mesure du possible, ce qui lui manquait et que j'avais à donner en abondance. On ne jette pas à la rue un chaton sauvage parce qu'il a déchiré des rideaux. Dans mon imaginaire, Billy était un petit chat perdu, qui avait besoin qu'on l'aide. J'avais toujours eu une passion, réparer ce qui était cassé.

- On a beaucoup de choses à mettre au clair pour que tout se passe bien, tant que tu aura besoin d'habiter ici. Je ne compte pas te jeter à la rue parce que tu es lunatique ; je te demanderai juste qu'on établisse quelques règles de vie pour éviter de se bouffer le nez à chaque fois que l'autre ne sera pas content. Ca t'irait ? - Je sentais l'alcool me détendre, tel un liquide bienfaiteur. Je laissais un silence reposant prendre place, triturant distraitement une de mes mèches blondes. Je plantais finalement mon regard dans celui de Billy, ajoutant très sérieusement - Tant que tu aura besoin de moi, je serai là.

Même à mes propres oreilles, cette phrase sonnait comme une promesse. Mon coeur se serra ; personne n'avait jamais su respecter cette promesse à mon égard. J'espérais, moi, en être à la hauteur.
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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Lun 24 Aoû - 12:29


You've got time

ft. Gaby A. Wolff


On se regardait plongeant nos regards dans nos yeux brillants. Je pouvais voir le sourire de Gaby apparaitre sur son visage. C’était comme un énorme soulagement. Je la laissais caresser ma joue, appréciant le contact. Pas comme celui de deux amants mais celui d’une amie à un ami. Elle était ma protectrice et endossait le rôle depuis le jour où elle m’avait ramassé dans la rue. J’aurais dû être son protecteur. J’étais plus vieux, j’étais un garçon. Mais, au fond, elle était plus forte que moi. Et j’avais du mal à accepter ça.

Sa voix était douce comme ne l’avait jamais été celle de ma mère. Elle me poussait à tout de même aller à la répétition. C’était le seul moyen de faire avancer le groupe, le seul moyen d’arrivé à mon but. Celui d’obtenir un contrat et de me venger. Elle me promettait d’être toujours là à mon retour. Elle me promettait que je pouvais rester. J’avais envie de rester avec elle pour m’assurer qu’elle disait vrai. J’étais un enfant sauvage. Le mot confiance n’avait jamais existé pour moi. Je n’avais confiance en personne. Quand on né, on fait confiance à sa mère. Si elle vous trahi, c’est la trahison ultime. Il n’y a plus moyen de faire confiance.

Mais le regard que Gaby m’envoyais était sans équivoque. Il me donnait confiance en elle. Malgré tout ce que je lui avais fait elle continuait à me promettre des choses. Et à le tenir, comme elle l’avait toujours fait. J’approuvais de la tête. Oui, j’allais aller à cette foutue répétition. Parce que j’étais dans des conditions optimale. Après une tel dispute, évacuer en chantant était la façon la plus saine de se remettre.

Gaby enchaina en ayant des projets pour l’avenir. Des règles à tenir pour ne plus qu’on se déchire.

-Oui…

Oui ça m’allait. Tant que je pouvais rester avec elle, ça m’allait. Tant qu’elle me pardonnait ça m’allait. Elle était là pour moi, elle me le promis. Je me relevais tendant la main vers Gaby pour l’aider à se relever.

-Je suis là pour toi aussi, tu sais…


Ma voix n’était plus en détresse. Elle était plus calme et plus grave. Je reprenais le contrôle petit à petit. Je fixais l’horloge. Il était 23h. C’était l’heure de ma répétition.

-Je vais encore me faire attendre… Je devrais déjà y être.

Je souriais. Tout ça n’avait pas vraiment d’importance. Je pris ma veste me tournant encore une fois vers Gaby.

-Quand je serais célèbre. Je t’achèterais tous les sacs de marque que tu veux.

Je lui avais dit ça en rigolant comme pour finir sur une touche légère. Je crois que je pouvais partir en paix. Et, au fond, j’espérais qu’une crise pareille ne nous arrivera plus jamais. L’espoir fait vivre.  

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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Lun 24 Aoû - 19:37

You've Got Time ft. Billy Lighter


Je saisis avec gratitude la main tendue de Billy, me remettant difficilement sur mes pieds. Je tanguais plus qu'un peu et prenais lourdement appui sur lui. Être assise m'avait fait oublier que je ne tenais plus très droit. Oui, j'étais allemande, mais j'avoue avec honte ne jamais vraiment avoir possédé leur descente légendaire. Moi j'étais plutôt petite joueuse, hein, on va pas se mentir. Je souriais à Billy, hochant la tête. Je savais qu'il serait là pour moi ; et même s'il ne l'était pas, ça ne serait pas le premier. Je ne trouvais rien de plus à répondre qu'un léger sourire, sachant que seul le temps prouverai ses dires - tout comme les miens. Je riais lourdement, mon accent ressortant avec mon taux d'alcoolémie. Je détestais ça, j'avais toujours eu l'impression de faire peur aux gens à parler comme ça.

- Oui, oui, vas-y ! Ils vont finir par te prendre pour une dramaqueen si tu te pointes toujours en retard. - Je lui lançais un sourire espiègle, les yeux pétillants, avant de le pousser vers la porte une fois qu'il eut pris sa veste. Je haussais les sourcils : tous les sacs que je voulais ? Oh, mais... Il ne me connaissait pas lui... J'allais le ruiner à coup de Prada et de Chanel, et il allait me maudire moi et toute ma famille. Je faisais une moue joueuse, soutenant son regard.

- On verra ça ! Je crois que t'es pas prêt à me payer tous les sacs dont j'ai envie Billy, je te l'assure ! - Je riais doucement, avant de lui sourire de nouveau, avec chaleur. - Essaye de pas réveiller tout l'immeuble en rentrant. Je laisserai la porte ouverte, de toute façon, je ne dormirai pas quand tu sera de retour.

J'étirais mon corps tout mou, avant d'aller me servir un verre d'eau. Je le buvais d'un trait avant de faire la grimace - j'allais devoir m'imbiber d'eau pour éviter la nausée ou la légendaire gueule de bois du lendemain. Je passais une main lourde dans mes cheveux, les repoussant de mon visage avec une petite moue.

- Je vais essayer de faire quelque chose à manger, mais vu mon état, je promets rien... - Je lui adressais un petit sourire d'excuses.

Je me rendais soudain compte que je m'accrochais à lui ; à la vérité, mon babillage incessant le retenait ici, avec moi. Cette réalisation soudaine me fit froncer les sourcils. A force d'être un moulin à paroles, on s'en rend ridicule : voici ce que ma mère me répétait sans cesse, lorsque j'étais petite, afin de me faire taire. Au jour d'aujourd'hui, ça n'avait toujours pas marché... Ah, mon dieu. Mon cerveau partait dans tous les sens, pouvant enfin se défaire de la tension qui nous habitait, Billy et moi. Je me sentais soulagée que notre dispute se soit soldée par un happy ending, parce que les psychodrames et moi... On était pas très amis. Je n'aimais pas les tourbillons émotionnels que font ressortir les disputes aussi violentes que celle qui venait d'arriver ; pour une personne aussi contrôlée que moi, cela revenait à se tirer une balle dans le pieds. Je n'aimais pas le fait que Billy puisse faire sauter mon filtre, et enlève leurs chaînes à ma colère, et ma frustration. Ces choses étaient sensé rester enfouies à jamais, tout au fond, quelque part où moi-même ne pourrait jamais les retrouver.

Malheureusement, malgré la confiance que je lui accordais, je ne pouvais qu'être méfiante. Billy m'avait frappée, et, sous un nouvel accès de colère pourrait très bien recommencer. A la réflexion, pas la peine de me mentir : je savais que je ne lui vouerai jamais une confiance aveugle, jamais, parce qu'une personne colérique et violente le reste toute sa vie. Et Billy, malgré sa ressemblance à un chaton inoffensif par certains aspects, n'en était pas moins agressif. Je revenais soudain à moi, me rendant compte que j'étais perdue dans mes pensées. Je relevais les yeux de mon verre et souriais à mon nouveau colocataire.

- A tout à l'heure, Billy.
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MessageSujet: Re: You've got time (PV Billy Lighter) - 1978 [Terminé]   Mar 25 Aoû - 15:25


You've got time

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Gaby riait et c’était suffisant pour me rendre le sourire. Comme le beau temps après la tempête. Son accent allemand ressortait et c’était assez marrant. Quelque part, on n’était pas très différent. On était tous les deux pas de Los Angeles. La ville des anges nous avaient adoptés, nous donnant tout ce qu’elle avait de bon et de mauvais.

Je riais réellement à sa remarque sur le retard. Elle n’était pas loin de la vérité en disant ça.

-Je crois que c’est déjà le cas.


J’avais mis ma veste et Gaby me poussait dehors. Pour ne plus être en retard il aurait fallu que Gaby soit derrière moi tout le temps. Comme une mère qui motive son enfant à aller à l’école chaque matin. Parce qu’il me fallait des coups de pieds au cul pour que je me bouge.

Je continuais mes promesses en disant que je, dès que je serais riche et célèbre, je lui offrirais tous les sacs de marques qu’elle voudrait. Pour me faire pardonner et pour la remercier de m’avoir supporté. Je lui devais bien plus que cela d’ailleurs. Elle disait que je n’étais pas encore prêt à ça. Ouais vu ce que ses trucs coutaient ça ne m’étonnait pas. Je lui fis un clin d’œil et elle me conseilla de ne pas trop faire de bruit et que la porte sera ouverte à mon retour.

-Tu me connais, je suis discret.

Sauf sur scène, je ne l’étais pas du tout. J’étais déchainé sur scène. En dehors, j’étais une bombe. A retardement. Le genre à se faire discret sauf quand ça explose. Le genre imprévisible.

Gaby se servis un verre d’eau. Enfin, elle était devenue raisonnable. Elle me promit de me faire à manger. Enfin plutôt, elle ne me le promis pas.

-Ne te fatigue pas à ça. Je mangerai en chemin.

Je lui fis un second clin d’œil. Elle me parlait, accentuant mon retard. Moi, je l’écoutais parce que j’étais content que tout soit rentré dans l’ordre. Quand elle me dit au revoir, je disparu derrière la porte.

La violence, la colère, tout ça avait disparu avec les promesses et les excuses. Et moi, je croyais que tout ça ne reviendra plus nous hanter. Parce ce que c’était toujours ce que je pensais. Que chaque dispute ne se reproduirait jamais. Que mes promesses seraient tenues. J’y croyais, sans jamais que ma croyance se réalise.

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