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 Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]

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Evan "Sniper" Kurtz


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MessageSujet: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Mer 26 Aoû - 13:03


Is There Anybody Out There ?

ft. Daniele Ricci


UCLA Medical Center, 757 Westwood Plaza, Los Angeles, CA, 1972

Cette année 1972 commençait superbement bien. On fait le bilan ? J'étais sourd ; The Army, c'était fini ; Nuts en était à sa 5ième cure de désintoxication ; j'avais perdu la garde de ma fille ce qui faisait que je ne les voyais plus, ni Jess, ni Barbara ; et j'avais changé de look, comme si Sniper était mort et qu'il ne restait plus que la moitié d'Evan … Vous croyez que c'est tout.

Et ben non. Ce matin, j'étais allé à l’hôpital... Ça faisait des mois que le peu de gens que je voyais, ce qui se limitait presque uniquement à des médecins et aux membres de The Army, étaient obligés de me parler par écrit. Et je déprimais parce que je me disais que jamais j'allais entendre la voix de ma fille, comment elle allait évoluer, si elle allait chopper mes intonations ou celles de sa mère.  

La communication étant devenue beaucoup trop difficile avec moi, par la force des choses, le peu de coups de fil que Daniele passait pour voir où on en était, il les passait à Sherman. Du coup, je n'avais plus vu notre manager depuis qu'on avait atterri à notre retour d'Australie, ma tête enrubannée dans un bandage qui me couvrait mes oreilles éclatées.

Enfin, soit... J'étais allé à l’hôpital, donc... Et on m'avait soigné. Le médecin avait chipoté je sais pas quoi à mes deux oreilles y enfonçant et y accrochant quelque chose.

-Aïe... Aïe... Doucement, oh !

C'était froid et c'était lourd.

J'avais brusquement retrouvé mon audition. Et ce putain de sifflement qui ne s'arrêtait pas et m'empêchait de dormir, jusqu'à me rendre presque cinglé s'était arrêté, laissant place à la voix du médecin qui s'était occupé de moi depuis notre retour de notre dernière tournée. C'était la première fois que je l'entendais. Et je sus directement qu'il n'était pas de L.A. et ça m'avait rendu mon sourire aussi brusquement que mon audition.

-Putain... Je vous entends, merde !

J'en rigolais presque ! Et lui rigolait clairement. En même temps, je pense que ce pauvre gars ne m'avais jamais vu sourire une seule fois. Et il avait même dû essuyé plusieurs crises de colère dues à ma frustration de ne plus pouvoir communiquer comme je l'avais toujours fait. La première, ça avait été quand il m'avait annoncé que ça ne pouvait pas se résorber, que jamais je ne pourrais réentendre normalement.

Et les autres fois, c'était parce qu'il voulais absolument m'apprendre la langue des signe et que je ne voulais pas. Je ne voulais pas parce qu'on regarde toujours de travers le gens dans la rue qui parlent la langue des signes. Parce que ce n'est pas normal. Et j'avais pas envie qu'on me regarde comme ça. J'étais un sourd qui ne s'acceptait pas, en gros.

Et enfin, les autres crises... C'était simplement parce que j'arrivais bourré à l’hôpital.

Il me dit d'aller voir ce que ça donnait dans le miroir. Je me levai, je pensais déjà à toutes ces chansons qu'on allait pouvoir finaliser. Et à toutes les autres qu'on allait pouvoir écrire ! Mais une fois devant le miroir, je déchantai déjà à moitié.

Vous savez à quoi ressemble un appareil auditif des années 1970 ? Et ben ça a rien de discret.

-Putain de merde...

-Ça va te permettre d'entendre ce que les gens te disent, tu ne devras plus faire comme tu me l'as expliqué : essayer de lire sur les lèvres ou encore acquiescer à tout et n'importe quoi parce que tu as peur qu'on voit que tu n'entends rien.

Je ricanai, cynique et je sentais que la colère couvait en moi.

-C'est clair qu'avec ces trucs, ça va se voir, maintenant !

Il se leva et s'approcha de moi alors que j'étais toujours pris par mon propre reflet. J'enchaînai...

-Au moins, j'entends. Donc je peux jouer et chanter.

Mais la grimace perplexe que fis le médecin ne me dit rien qui vaille...

-Tu peux essayer... Avec quelques réglages, peut-être... Tu as plusieurs bouton pour adapter ces « trucs » à ton audition.  

Je me tournai vers lui, l'interrogeant du regard. Je voyais bien qu'il hésitait à me dire quelque chose...

-Mais?

Il soupira. Il était désolé pour moi, le pauvre mec et il avait fait de son mieux, je lui en voulais pas, j'en voulais à cette putain de situation de merde !

-Mais... Les concerts, tu peux oublier. C'est fait pour un niveau sonore normal, conversation, musique à un niveau raisonnable... Pas pour des concerts.

J'arrachai brusquement ces trucs de mes oreilles, me faisant mal au passage.

-Alors, gardez-les, vos trucs ! Si je peux pas jouer, CA SERT A RIEN !

Je les balançai à terre et sorti du cabinet. Arrivé dehors, je shootai dans un pot de fleur sous l’œil atterré d'une vieille patiente en chaise roulante. Puis un deuxième et quand je trouvai plus rien à casser, je me laissai tomber sur un banc, les larmes me coulant le long des joues. Puis me mettant à chialer pour de bon. Putain... Qu'est-ce que j'allais faire de ma vie maintenant ? Je pouvais pas être une rockstar et je ne pouvais pas être un père de famille, alors quoi ?

J'allumai une clope, pleurant toujours comme un gosse. Puis laissai retomber ma tête dans mes mains, ma cigarette se consumant entre mes doigts. Je n'entendis évidemment pas la vieille qui roula jusqu'à moi. Mais je sentis quand elle osa une main tremblante et légère sur mes épaules, me réconfortant doucement, m'aidant à me calmer.

Frottant mes yeux pour essuyer les larmes. Je la regardai. Ses lèvres ne bougeaient pas, elle ne prononçait pas un seul mot. Son geste suffisait. Je sais pas combien de temps elle resta là à simplement me consoler d'une main alors que la seule bande son que j'avais était ce putain de sifflement continu.

C'est alors que mon médecin sorti, voyant le carnage que j'avais fait, il vint s'asseoir à côté de moi. Puis il me donna un papier d'une main et me tendais les appareils auditifs de l'autre.

Essaye.

Je les pris. J'avais pas spécialement le choix. Au moins, ça arrêtait le sifflement. Je les remis, ce qui me pris un temps certain parce c'était la première fois que je les mettais tout seul. Puis, je me retournai vers la vieille, une fois que le son fut revenu.

-Merci... C'est quoi, votre nom ?

Elle hocha juste la tête, le regard bienveillant. Mais ne répondit pas à ma question. C'est le médecin qui répondit.

-C'est Lina. Elle a fait une thrombose. Elle est paralysée jusqu'à la ceinture et ne sais plus parler...

Alors de quoi je me plaignais ?

J'embrassai la vieille sur le front et puis annonçai au doc que c'était bon. J'allais essayer.

Villa de Sniper, Santa Monica, l'après-midi même.

Depuis mon divorce, depuis que Barbara n'était plus là pour me guider, la villa était dans un bordel monstre. Il y avait es bouteille de bière vides partout, des cartons de pizzas, des vieilles boîtes de hamburger. Les volets étaient toujours fermés. Je préférais vivre dans le noir.

J'étais rentré, oubliant de fermer la porte à clé... J'avais déposé ces putain de sonotones sur la table.

Et j'avais été prendre une douche froide. Tout habillé. J'arrivais pas à digérer que je pouvais entendre. Mais pas jouer.

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Daniele Ricci


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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Mer 26 Aoû - 15:14


Is There Anybody Out There?

ft.Evan "Sniper" Kurtz


-Tu as parlé à Evan ?

Je relevai le nez de l’exemplaire de Guitar&Pen que j’étais en train de lire. C’était ma pause-café et je les passais souvent à lire des magazines. L’individu qui se tenait devant moi avait un grand sourire aux lèvres. Oh, tiens, Dustin, qu’est-ce que cet enfoiré fait-là ? Il était manager comme moi et on se détestait. Il était nul, j’étais le meilleur. Oh, tiens, l’article que je venais de lire parlait justement de son groupe. Un grand groupe de rock qui avait fait la fierté de BSC mais qui était maintenant vivement critiqué par les critiques musicales. Ils n’étaient plus à la page les petits gars de Dustin et la musique qu’ils faisaient n’intéressait plus personne. Je reposais mon regard sur mon magazine. Les pages étaient plus belles à regarder que cette grosse bille de Dustin.

-Pas encore…

Je n’avais plus vu Evan depuis l’Australie. Je communiquais avec le groupe à travers Sherman. Depuis quelque mois, j’étais secrètement à la recherche d’un groupe capable de remplacer The Army. Le patron de BSC m’avait dit d’attendre le diagnostic complet de la pathologie d’Evan. Il disait que, peut-être, Evan retrouvera son audition et The Army pourras reprendre sa carrière là où il l’a laissé. Ouais, ouais… Il était bien optimiste mon patron. Il aimait surtout me voir patauger dans la mouise.

D’un coup, je jetai le magazine devant Dustin à la page qui parlait de son groupe. Un grand sourire s’afficha sur mon visage. Oh ouais Dustin, ne commence pas avec moi ou ça va mal finir.

-Et toi, comment va ton groupe ?, dis-je autant interrogateur que sarcastique.

Pas de répliquer de la part de Dustin, il se contenta de souffler et de snober ma question pour aller voir ailleurs si j’y suis. C’est ça, sort de mon bureau, enfoiré.

-C’est bien ce que je me disais, dis-je à moi-même.

Ouais, Evan… Faudra quand même que je prenne des nouvelles de lui, un jour. Je soupirais ouvrant un tiroir de mon bureau, où j’en sortis le contrat de résiliation. Celui qui me libérerait de The Army si Evan daignait le signer, ainsi que les autres. Je voulais avancer et je savais, au fond, qu’avec The Army, ça ne sera pas possible.

Je pris le contrat et l’enfuie dans ma poche. Je regardai ensuite le magasine, toujours ouvert sur la page qui parlait du groupe de Dustin. Une idée de génie me traversa la tête. Oh ouais, j’allais faire ça !  Je pris le cornet de téléphone et composai le numéro du chanteur du groupe de Dustin. Une sonnerie, deux sonneries, il décrocha.

-Salut Nigel, c’est Ricci. Dit, je viens de lire la critique qu’il y a dans le magasine Guitar&Pen… Et crois-en mes conseils, la solution c’est que vous changiez d’univers musical.

Il le savait mais il disait aussi que Dustin leur conseillait de ne pas changer car, pour mon rival, il fallait garder l’authenticité du groupe, ses sujets et sa sonorité. En fait, Dustin était véritablement fan de ce que faisait son groupe et ça lui aurait fait mal que Nigel et cie change complètement de registre. C’était pour ça que Dustin était un mauvais manager. Il avait un cœur trop grand…

-Tu fais ta musique pour qui Nigel ? Pour les gens ou pour Dustin ?

Un long silence suivit ma question avant que je n’obtienne la réponse que je voulais. Il voulait la faire pour les gens. Il voulait continuer sa carrière le plus longtemps possible.

-C’est bien ce qu’il me semblait, viens me voir demain on discutera contrat !, dis-je en jubilant intérieurement.

Il accepta. L’affaire était dans la poche. Le groupe de Dustin me passera le temps en attendant de trouver mieux. Puis, ça me permettra d’envoyer un gros va te faire foutre à mon rival.

Evan… Ouais… Fallait que je clos ce chapitre-là aussi… Je sortis la bouteille de whisky qui trainait dans mon tiroir. Je la bus jusqu’à la moitié pour me donner du courage. Il fallait que j’ai voir Evan… Pourquoi est-ce que j’avais si dur ? Putain, j’en savais rien. Des remords ? Je me secouais la tête. Non, Daniele Ricci ne pouvait pas avoir de remords. J’achevai la bouteille…

Bon… C’était parti. Je sortis du bâtiment de BSC et montai dans ma voiture direction Santa Monica. Le trajet avait été bien plus court que je ne l’aurais imaginé. En moins de temps qu’il ne le fallait pour le dire, j’étais déjà devant la villa de Sniper. Je toquais brièvement à la porte alors même que je savais qu’il y avait une sonnette. J’avais vraiment pas envie de le voir au fond. J’attendis quelques – longues, très longues – secondes, clignant de temps en temps des yeux pour essayer de faire disparaitre l’engourdissement de mon cerveau dû à l’alcool. Je finis par sonner à la sonnette. Toujours personne ne venait. Bon… Il était peut-être pas là. Tant pis ! Je me retournais avec de me rappeler une chose : Evan était sourd. Putain… Ouais… C’est juste. Je soupirais et décidait d’entrer. La porte n’étant pas fermé à clé, c’était facile. J’avançai doucement dans la villa qui était un véritable chantier. Putain, le bordel qu’il y avait ici. Ça aurait fait dresser les cheveux sur la tête d’Erik, ça.

-Evan ? T’es là ?, criais-je pour être sûr qu’il m’entende…

Putain il était sourd. Crier ne servait à rien. J’étais dans la pièce principale et, sans le faire exprès, j’avais shooté dans une bouteille de bière vide. Fallait que je fasse gaffe ou je marchais, moi.

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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Mer 26 Aoû - 16:33


Is There Anybody Out There ?

ft. Daniele Ricci


Je m'étais assis dans la douche, l'eau froide trempant mon treillis militaire et mon t-shirt kaki. Mes cheveux maintenant courts étaient plaqués sur mon crâne. Je fermais les yeux. Je ne voyais et n'entendait plus rien. J'étais dans le noir. Les seules choses qui existaient encore, c'était la froideur de l'eau et ce putain de sifflement qui ne s'arrêterait décidément jamais.

J'eus l'impression d'entendre de mon nom, de très loin. Mais j'avais pris l'habitude, en quelques mois, que des fois « j'entende » des trucs. C'était que des souvenirs, en fait, des voix qui n'existaient que dans ma tête. J'étais pas encore cinglé, bien sûr. Mais à force, je me demandais si j'allais pas le devenir. Et encore une fois, j'étais persuadé que ce n'était que dans ma tête. Au début, j'avais eu plusieurs fois de l'espoir quand ça était arrivé. Cette impression que quelqu'un m'appelait et que je l'entendais. Mais non, en fait... Personne ne m'appelait.

C'était qu'un exemple. Des fois, c'était la sonnerie du téléphone que j'avais l'impression d'entendre. Mais quand je décrochais, persuadé que j'allais entendre la petite voix de Jess à l'autre bout du fil mais en fait, le téléphone n'avait même pas sonné et je n'entendais même pas la tonalité une fois le cornet contre mon oreille.

Quand j'avais expliqué ça à mon médecin, il m'avait dit que c'était normal... Mon cerveau tentait de pallier l'absence des bruits du quotidien... Un peu comme les amputés qui ressentent un membre fantôme là où il n'y a plus rien.

N'empêche... J'avais l'impression que j'étais pas tout seul. Et c'est là que je me rappelai que j'avais oublié de fermer la porte d'entrée à clé.

-Merde...

Je me relevai et coupai l'eau. Et c'est complètement trempé que je sortis de la douche, me dirigeant vers le salon sans même chercher à éviter de mettre de l'eau partout ou à me sécher un minimum. J'en avais plus rien à foutre, de toute façon. Plus rien valait le coup d'être fait puisque j'étais plus rien moi non plus. J'étais plus personne.

Je sursautai quand je me retrouvai face à mon manager. Ça y était, j'avais des hallucinations, maintenant. Et ça m'avait pris beaucoup moins de temps que je ne le pensais.

Je restai un moment interdit à me demander si j'étais vraiment gaga ou si Daniele avait vraiment décidé de venir me voir. Je tentai une approche.

-Qu'est-ce que tu fous là ?

Vous savez ce que c'est de parler sans pouvoir vous entendre ? C'est comme ces putains de cauchemars où on essaye de hurler, d'appeler à l'aide... Et que malgré qu'on se tue à crier, y a aucun son qui sort.

Je n'approchais pas de Daniele. Pas parce que j'avais pas envie de le voir ou que j'avais envie de le frapper... Enfin un peu quand même. Non, je ne l'approchais pas parce que j'avais peur qu'il s'évapore. J'étais trop souvent seul, ces derniers temps... Je vis une bière pleine posée sur le rebord de la cheminée je m'en approchai, la pris et la décapsulai avec mes dents avant d'en boire la moitié. J'en avait cruellement besoin.

Je laissais des traces d'eau partout sur mon passage... Et je vis les lèvres de Daniele bouger... Putain... Évidemment, je n'entendis pas sa réponse. Ma bière en main, mes yeux se posèrent instinctivement sur les appareils auditifs tout neufs qui traînaient sur la table basse. Je me mordis la lèvre inférieur puis regardai Daniele.

Je les mettais devant lui, ou non ?

Les propres mots de Daniele me revinrent en tête... « Le style, les gars, le style ! »... Est-ce que Daniele Ricci A.K.A The Best devait vraiment être le premier à me voir avec ces trucs-là ? Alors que ce serait probablement le premier à se foutre de ma gueule. Lui qui accordait une telle importance à l'image...

N'empêche... J'allais jamais savoir ce qu'il voulait si je le faisais pas. Et son accent italien manquait à une partie de moi. Il me rappelait de bons souvenirs aussi, pas que des mauvais. Et puis... Il était, encore il y a peu, un ami pour moi au même titre que Nuts, Sherman et Captain...

Et puis j'étais même pas sûr d'avoir un putain de bic dans cette baraque. Enfin si, je devait en avoir avec mes carnets... Quelque part... Mais j'arrivais plus à me rappeler où.

Et les minutes à se regarder comme deux cons passaient et ça commençait à devenir lourd.

Je bus le reste de ma bière et balançai la bouteille n'importe où. Puis je m'avançai vers Daniele, le frôlant presque, pour me pencher sur la table basse et attraper mes deux sonotones.

Je me redressai et retombai nez à nez avec Daniele qui avait suivi mon mouvement. Je gardais mes appareils auditifs bien dissimulés dans mon poing fermé.

J'étais vraiment pas prêt à ça...

-Retournes-toi, me regarde pas!

Il allait bien sûr les voir une fois que je les aurais mis. Mais je ne voulais pas qu'il me vois les mettre... On aurait dit une vierge qui veut pas que son petit ami la regarde avant qu'elle soit nue, mais bien planquée dans les couvertures. C'était ridicule, mais c'était comme ça.

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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Mer 26 Aoû - 18:26


Is There Anybody Out There?

ft.Evan "Sniper" Kurtz


En avançant un peu plus dans le salon et en tendant un peu l’oreille, je pouvais déduire qu’Evan était dans sa douche. A moins qu’il n’ait oublié de fermé le robinet de la douche ce qui, venant d’Evan, ne m’étonnerait pas. Je patientais les mains dans les poches, écartant d’un pied les bouteilles de bières qu’il y avait autour de moi. La vie du mec célibataire qu’était Evan était un véritable bordel. Il lui faudrait quelqu’un comme Erik pour tout ranger…

Je regardais les objets au sol d’un air dégouté quand j’entendis la voix d’Evan résonner dans la pièce. Je sursautais une fois. Putain qu’est-ce qu’il pouvait gueuler ce type. C’est lui qui est sourd, pas moi, merde.

-Je suis venu pour…, je m’interrompu pour le regarder de haut en bas.

Il dégoulinait d’eau… Putain, il avait pris sa douche tout habillé. Ses cheveux étaient court… En fait, j’avais du mal à le reconnaitre tellement il avait pris un coup de vieux. Sherman m’avait pas vraiment mis au courant d’une telle transformation. Je croisais les bras.

-Pour voir comment tu allais…

J’avais pas besoin de demander vraiment comment il allait, j’avais la réponse devant moi. Il était complètement à la masse. Même avec tout l’alcool que j’avais dans le sang je pouvais clairement le voir. Il avait pris une bière qui trainait là pour la boire alors que je n’avais pas bougé d’un centimètre et que j’étais un peu fermé sur moi-même avec mes bras croisés. Après un moment de silence, je me rendis compte que, putain, ouais, il était sourd. Donc il n’avait rien entendu. Je soupirais, levant les yeux au ciel, la communication allait être difficile.

Il me lâcha du regard pour fixer autre chose. Moi, je continuais de le regarder penchant un peu la tête pour mieux le regarder. Putain, ça servait à rien que je parle… Comment on allait faire ? J’osais pas toucher au bordel ambiant pour chercher un putain de papier et un putain de bic pour pouvoir causer avec Evan. Surtout que cette manière de communiquer ne me plaisait pas. J’aimais utiliser mon intonation pour être bien sûr de me faire comprendre… J’excellais là-dedans.

Evan avait l’air embêté, mais il ne se doutait pas que, putain, moi aussi je l’étais. Le temps passait sans qu’aucun d’entre nous ne bouge. Comment on en était arrivé là déjà ? Je ne savais plus vraiment… On avait fait des tournées, on s’était amusé puis la malchance avait décidé de nous tomber dessus. Plus jamais la malchance ne me tombera dessus. C’est moi qui vais dicter les règles désormais. Chance et malchance, c’est moi qui allait choisir à partir de maintenant. Juste pour ne pas revivre ce grand moment de solitude que j’étais en train de vivre maintenant.

Il avait fini sa bière alors que moi, j’aurais bien besoin de me saouler encore plus que je ne l’étais déjà. Il s’en débarrassa en la jetant dans son bordel. Putain, c’était dégueulasse. Evan s’avança vers moi. Je le laissais faire. Il me frôla, mais c’est vers la table basse qu’il se pencha. Je me retournais vers elle et vers Evan, penchant la tête. Des appareils auditifs. Je les avais vu furtivement avant qu’Evan ne les dissimulent dans sa main. On se regardait droit dans les yeux. Putain, je ne savais pas vraiment quoi penser. The Army était fini, je l’avais compris dès que j’avais vu Evan sortir de sa douche tout habillé.

Il voulait que je me retourne. C’était sa putain de fierté qui parlait. Ok… Je me retournai en soupirant. J’attendis un moment… Un long moment, jusqu’à ce qu’il me dise que c’était bon. Je me retournais vers lui. Ses trucs étaient pas discret du tout et ça ne me faisait même pas rigoler… Je savais pas pourquoi, mais j’avais pas le cœur à rire d’un truc pareil.

-Tu entends bien avec ses trucs ? C’est genre un truc miracle ?, dis-je tentant une approche qui allait pouvoir répondre à la question - dont j’avais déjà la réponse - : est-ce que The Army allait pouvoir reprendre sa carrière?

Je croisais un peu plus les bras preuve que j’étais pas forcément à l’aise.

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Dernière édition par Daniele Ricci le Jeu 27 Aoû - 12:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Mer 26 Aoû - 20:32


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Daniele était là, debout au milieu de mon bordel, les bras croisés. Mais trop fort pour que ce soit une position naturelle et confortable. Il avait le non verbal d'un gars qui essayait de se protéger. Alors que moi, j'avais juste l'air d'un cinglé, avec mes vêtements trempés.

Je ne l'entendais pas, évidemment. Et j'avais hésité longtemps avant de me résigner à mettre mes nouveaux appareils auditifs. Mais pas sans que Daniele se retourne. Il ne protesta même pas. Et ça, ce n'était pas normal. On ne dictait pas à Daniele Ricci ce qu'il devait faire. Pas sur le ton sur lequel je l'avais demandé. Et pourtant, il l'avait fait. Alors est-ce que c'était par facilité parce que je n'aurais pas entendu ses protestations ou parce que la situation le foutait en l'air autant que moi.

Et ça m'avait pris encore du temps pour les mettre en plus, mais Daniele n'essaya pas une seule fois de se retourner pour me prendre au piège et me mettre encore plus mal à l'aise que je ne l'étais déjà. Il attendit simplement mon signal.

Le sifflement s'arrêta et le bruit ambiant repris ses droits. Pas vraiment de la façon dont je l'avais connu avant, mais c'était mieux que rien du tout. J'entendais les voitures qui passait sur la grand route devant la villa, mais c'était à peu prêt tout. La respiration de Daniele était un bruit trop ténu pour que je puisse l'entendre, pas avec mes pseudos nouveaux tympans.

Mais j'entendis Daniele quand il parla. Et c'était déjà un putain de changement quand même. Depuis le temps que j'avais pas vraiment entendu la voix de quelqu'un que je connaissais ! J'étais tiraillé entre un certain plaisir d'entendre à nouveau l'accent de merde de Daniele... Et le dégoût parce que tout ça ne serait pas arrivé s'il nous avait autorisé à nous arrêter.

Je haussai les épaules...

-Je t'entends.

Je baissai les yeux et fit tomber une bouteille de bière vide du bout de mon ABL. Ça fit un petit « cling » en touchant le carrelage.

Je ne voulais pas regarder mon manager. J'essayais de ne pas me remettre à chialer. Mais ces temps-ci, je devait avouer que j'avais du mal. Je chialais pour un oui ou pour un non. Tout seul devant la télé, le plus souvent, quand je me laissais emporter dans mes pensées et que je ne voyais aucun avenir pour The Army. Tout du moins, pas pour moi dans The Army.

Fallait que je réponde à la question sous-entendue de Daniele. J'étais sûr que par « truc miracle », il voulait savoir si j'allais pouvoir continuer.

Je hochai négativement la tête. Il n'en fallut pas plus pour que je ne puisse pas m'empêcher de pleurer. Mais au moins, ce coup-ci, je m'entendais le faire.

Mes jambes se mirent brutalement à trembler et je fus obligé de m'asseoir dans le divan.

Je finis quand même par regarder Daniele, les yeux rouges et la voix complètement enraillée.

-Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Barbara est partie, j'ai perdu la garde de Jess et je peux plus chanter ou jouer parce que ces trucs sont pas faits pour.

Là, je chialais vraiment. Pas juste un peu comme quand on pleure de tristesse. Non, je pleurais de rage, et ça me prenait tellement d'énergie que j'avais même pas la force de frapper sur quelque chose.

-Faut que tu m'aides...

Mais qu'est-ce qu'un manager pouvait faire avec moi, hein ?

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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Jeu 27 Aoû - 12:32


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Le temps que ça lui avait pris pour enfiler ses appareils auditifs m’avait paru une éternité. Ouais, une putain d’éternité que je passais debout au milieu du bordel à pas savoir bouger parce que j’avais l’impression que chaque petit déchet qui trainait au sol allait me sauter dessus.

Enfin, j’eus l’autorisation de me retourner et de poser la question qu’il fallait. Il entendait. Ouais mais Evan, ma question est plus vaste que ça. Tu le sais, je le sais. Tu sais ce que je veux… Tu sais qu’il va falloir répondre. Il fit tomber une bouteille de bière et ça me fit cligner des yeux quand elle atterri sur le carrelage d’une propreté douteuse de sa villa.

Il ne me regardait pas, me forçant à pencher un peu la tête sur le côté. Ma position était toujours la même et témoignait de mon malaise. Evan hocha négativement la tête. Non… Non… C’était fini, comme je l’avais prédit, c’était la fin. Il commença à pleurer et je me mordillais la lèvre inférieure devant ce spectacle. Il s’assit dans le divan. Il n’en pouvait plus. J’étais désemparé sans vraiment le montrer. Pour la première fois de ma putain de vie, je ne savais pas quoi faire…

Son regard se posa sur moi et j’en respirais un peu plus vite. Il ne savait pas quoi faire, alors que moi, je savais que le papier que j’avais dans la poche était ce que je devais faire. Il n’avait plus ni Barbara, ni Jess, alors que moi j’allais récupérer un groupe d’ici peu. Il ne pouvait plus ni chanter, ni jouer alors que moi j’allais continuer à m’occuper de groupe comme The Army. Une fois que je serais libre ma vie reprendra… La sienne… Je me secouais un peu la tête l’écoutant jusqu’au bout. Je n’avais toujours pas bougé de ma position.

Il voulait que je l’aide. Putain Evan, je suis que ton putain de manager, pas un putain de médecin, pas un putain de psy, pas un putain de conseillé conjugal ou un putain de juge. Je ne peux rien pour toi…

-Alors c’est fini… Plus d’album… Plus de tournée..., dis-je avec une toute petite pointe d’émotion dans la voix.

Il avait Nuts, Sherman et Captain. Eux, ils pouvaient l’aider à surmonter ça. Moi, je ne pouvais rien faire.

-Que veux-tu que je fasse, Evan ? Que je récupère ta femme et ta fille pour toi ? Que je te répare tes oreilles en un coup de baguette magique ? Je suis pas un putain de faiseur de miracle, je suis juste un putain de manager, dis-je en m’emballant un peu.

Je décroisais les bras pour enfuir ma main dans ma poche et en retirer le papier. Je le regardais longuement, ce putain de papier, le serrant fort dans ma main. Puis, je reposais mon regard sur Evan. Trouver le bon moment pour le lui donner… Mais… Pour ça… Il y avait pas de putain de bon moment.

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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Jeu 27 Aoû - 20:47


Is There Anybody Out There ?

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J'avais mal au crâne. Trop de pression. Trop de questions, surtout. Qu'est-ce que j'allais faire, qu'est-ce que j'allais devenir ? Je ne pouvais quand même pas vivre aux crochets de mes parents ou de mes amis. Je ne pouvais pas espérer de guérison non plus, à moins de faire un pèlerinage quelque part en Europe. Mais j'y croyais vraiment pas assez pour me lancer. S'il y avait un putain de Dieu quelque part, c'était qu'un enfoiré !

Daniele en rajouta une couche en reformulant ce que je lui avais signifié d'un simple mouvement de la tête. Et pourtant, mes sanglots se calmaient. Pas parce que je reprenais le dessus, mais parce que j'étais épuisé et que j'avais plus la force de chialer non plus. Avec un peu de chance, quand mes batteries allaient être complètement à plat, j'allais juste crever. Fin du problème.

Je me laissai aller en arrière, me vautrant sur le dossier du divan. J'avais les cheveux et les vêtements trempés à cause de la douche, mais mon visage, lui était trempé de larmes. Je passai une main dans mes cheveux courts, les ébouriffant du même coup. Fallait que je me calme, que je dorme... Et si possible, que je ne me réveille pas. Jess était petite, elle ne s'en rendrait même pas compte, si je ne revenais jamais la voir.

Ça améliorerait même peut-être sa vie de pas devoir traîner un boulet comme père.

Mais je m'accrochais quand même. Seulement à moitié, mais ça suffisait pour demander de l'aide à Daniele. Dans mon désarrois total, c'était la seule chose que je pouvais faire. Je ne savais pas quelle aide je demandais. Rien de fort concret.

Et Daniele me demanda ce qu'il voulait qu'il fasse. Qu'il n'avait pas les compétences pour. Que ce n'était qu'un manager ! Sous-entendu aussi qu'on ne pouvait vraiment plus rien tirer de moi. Mais ça, je le savais. J'avais juste du mal à accepter cette idée. Et plus Daniele parlait, parlant de plus en plus fort, plus je hochai négativement la tête... Puis je finis par commencer à parler alors qu'il avait même pas fini de me dire qu'il n'était pas tel truc ou tel truc ou tel truc qui pourrait m'aider.

-Nan nan nan nan NAN !!!

Je regardai brusquement Daniele dans les yeux. J'avais moi aussi parlé de plus en plus fort jusqu'à crier, suivant puis dépassant son propre niveau de voix. Je portai ma main à mon oreille qui était du côté de Daniele. On avait crié et ces trucs étaient pas faits pour. Ou mal réglés. J'avais pas encore eu ni le temps, ni l'envie de me pencher là dessus. Mais ça m'avait fait mal, en tout cas.

La main sur mon oreille, j'avais répliqué alors même qu'il venait de sortir son dernier mot.  

-Mais t'es mon putain d'ami, non ?

Mais je n'avais pas crié. Parce que ça venait de me faire trop mal pour retenter directement le coup. Pourtant, ce n'était pas vraiment l'envie qui manquait. Cependant, je n'aurais pas crié de colère, mais de panique. D'ailleurs, c'était bien ce qui transparaissait dans mon regard.

Je ne demandais pas un putain de miracle. Je ne l'attendais plus, plus depuis ce matin, plus depuis que je devais porter ces trucs immondes juste pour pouvoir communiquer...

Je voulais juste ne pas me sentir abandonné. Je voulais juste ne pas affronter ça tout seul. Bien sûr, j'avais Nuts, Sherman et Captain. Mais Daniele aussi faisait partie du groupe.

Et si lui me laissait tout seul, ça voulait dire que les autres pourraient le faire aussi. Je n'étais jamais qu'en train de subir ma première fois. Non... Rectification. C'était la deuxième fois. La première, c'était Babs...

Et j'avais pas envie de revivre ça, pas maintenant.

Ce n'est qu'à ce moment-là que je remarquai que Daniele tenait un papier en main. Je reniflai et frottai mes yeux, quittant Daniele du regard... Je soupirai, essayant de me reprendre. Mes yeux étaient fermés, mais je posai quand même la question quand je les rouvris, de ma voix éraillée par mes sanglots qui étaient passés.

-C'est quoi ça ?

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Daniele Ricci


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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Ven 28 Aoû - 14:17


Is There Anybody Out There?

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Arrête de chialer, Evan ! Me rend pas la tâche plus difficile qu’elle ne l’est déjà. Le chanteur s’était arrêté de pleurer et j’aurais soupiré de soulagement si je n’étais pas tout en train de lui dire que je ne pouvais rien faire pour lui. Parce que c’était le cas ! J’allais pas pouvoir lui rendre ce qu’il avait perdu. J’allais pas pouvoir trainer Evan derrière moi pendant des années… Je ne pouvais plus rien tirer de son groupe. Il ne pouvait plus faire de concert, il ne pouvait plus enregistrer. Le voyage de The Army était fini et moi j’étais juste le commandant de bord. Rien de plus, putain ! Je leur ai donné leur putain de gloire, leur putain de fric, je leur avais tout donné. Ça à mal fini… Il faut passer à autre chose.

Je continuais d’expliquer à Evan que je n’étais pas la bonne personne et lui n’était pas d’accord. Je m’arrêtais de parler d’un seul coup à son dernier « nan ». Il me regardait droit dans les yeux assez pour que ça  m’empêche de parler. Il mit ses mains sur ses oreilles. Il souffrait. Ses trucs n’étaient pas un truc miracle… Loin de là.

Il répliqua coup sur coup. Moi ? Son ami ? C’était quoi pour lui un ami ? C’était quoi pour moi ? Je me laissais hocher négativement la tête… Pas assez pour être catégorique, toutefois.

-Je suis ton manager, Evan…, dis-je un peu plus fort que le phrase précédente d’Evan. Avec l’intention que le mienne l’annulerait d’un seul coup. Pour ne pas que j’ai à la subir cette putain de question. Pour ne pas qu’elle me hante.

Ma gorge s’était serrée d’un seul coup mais l’effet passa très vite. J’étais son manager… Il y a pas de hiérarchie entre les amis… Des amis, ben… J’en ai pas tout simplement. Je me tus pour reprendre contenance et sortis le papier de ma poche. Je le fixais mais quelque chose m’empêchais d’aller au bout de mon action. Le mettre devant Evan, attendre qu’il signe, m’en aller… C’était simple. Plutôt, ça paraissait simple. Ça ne l’était pas même pour l’impitoyable Daniele Ricci. Je relevais le regard sur Evan… Il me posa la question, rendant d’un seul coup la chose plus facile…

-Oh, ça…, dis-je en avançant vers Evan et en déposant le papier sur la table devant lui. C’est ça…

Une fois le papier poser je croisais les bras. Je ne m’installais pas sur le divan près d’Evan, non. J’étais toujours debout, j’étais là pour ce putain de papier. Après, j’allais sortir… Probablement pour ne jamais revenir…

-C’est un contrat qui libère The Army de BSC…

Je n’avais pas perdu mes tactiques de commerciales malgré la putain de situation dans laquelle j’étais. C’était mieux de présenter les choses comme ça que « Un contrat qui libère BSC de The Army » ou bien encore « Un contrat qui me libère de toi, Evan… ».  Je continuai :

-Si tu le signes, tu as le droit de retrouver une autre maison de disques, de signer avec elle et de reprendre ta carrière.

Même si on sait, toi comme moi, que se sera impossible.

-Si tu le signes, tu continueras à toucher ta part de droit d’auteur sur chaque disque vendu. Et ça jusqu’à la fin de ta vie…

Je m’arrêtais de parler le laissant digérer l’information. Je ne souriais pas, je laissais toujours transparaitre ce malaise. The Army était mon premier groupe. Je ne m’étais encore donc jamais séparé d’un groupe. J’ai toujours cru que je n’aurais pas à le faire. Pas de cette manière en tout cas.

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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Ven 28 Aoû - 16:16


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Alors ça s'arrêtait là, pour lui ? Il était juste notre manager, rien de plus ? Ouais, au départ, peut-être, ça avait commencé comme ça, mais pour moi comme pour les autres, avec le temps, Daniele était passé du statut de manager à membre du groupe puis tout simplement à notre ami. Il avait le même âge que nous, pratiquement, alors c'était difficile de faire autrement. Si Daniele avait été 10 ou 15 ans plus vieux, les choses auraient été différentes, peut-être.

Parce qu'on avait tout vécu ensemble ! The Army était devenu connu grâce à Daniele, mais l'inverse était vrai aussi. On avait tous du commencé par faire nos preuve, au début de l'histoire. Lui devait convaincre BSC et nous, on devait convaincre le monde. The Army était devenu un des plus grand groupe du moment et Daniele était devenu The Best.

Mais je n'avais jamais pensé que pour Daniele, tout s'arrêtait là, que ce n'était que du donnant-donnant.

Moi qui pensais que je ne pouvais pas tomber plus bas, Daniele m'avait prouvé que si, y avait encore un peu de marge... Et il m'avait poussé un petit coup pour me le montrer.

-Tu...

Mais les mots s'étranglèrent dans ma gorge, j'aurais juste voulu lui dire qu'il était pas que ça ! Qu'il mentait ! Qu'il disait ça pour ne pas montrer ses failles ! Qu'il ne pouvait pas jouer les hommes d'affaire comme ça ! Pas avec moi ! Et merde ! Je ne recommençai cependant pas à pleurer. J'étais trop choqué pour ça. J'étais au-delà de ce qui pouvait me faire chialer.

C'était là que j'avais remarqué la feuille de papier dans ses mains. Je lui posai la question et il posa la feuille sur la table. J'avais limite peur de regarder ce truc. Parce qu'au fond de moi, je savais très bien ce que c'était, j'avais pas besoin qu'on me fasse un putain de dessin !

Daniele se mit à parler, à m'expliquer quand même ce que c'était. Un truc qui libérerait The Army de BSC... Ouais, c'est ça, tiens... Un truc qui ne m'empêchera pas de trouver une autre maison de disque avec laquelle signer. Encore mieux ! Et puis un truc qui me permettrait de gagner les droit d'auteur et un pourcentage sur les ventes des disques jusqu'à la fin de ma vie... Une putain de retraite, quoi !

Je regardai Daniele.

-Tu me prends vraiment pour un con!

Je savais que c'était fini, je savais aussi que Daniele n'avait pas trop le choix. Que ça devait arriver, j'étais pratiquement résigné à ça.

Mais pas à ce que Ricci me fasse un putain de papier qui résiliait non seulement notre collaboration avec BSC, mais aussi notre amitié. Parce que c'était ça. Je le savais, j'avais passé des années à côtoyer Ricci et je savais lire entre les lignes. Mais comme personne ne disait ces mots-là, ni lui, ni moi, et ben cette réalité-là n'existerait sans doute pas.

En gros, la réalité, ce serait : «Les excès de The Army ont mené le groupe à sa perte. BSC a donc dû de résigner à se séparer d'eux. Leur manager, Daniele Ricci a.k.a The Best a donc dû se trouver un nouveau groupe.»....

Et c'était pas forcément la même chose que : « Les excès de The Army et le manque de maturité de leur manager ont mené le groupe à sa fin. Forcé de mettre fin à leur carrière, Daniele Ricci a aussi mit fin à une amitié et une confiance qui durait depuis 1965 pour sauver son propre avenir. »

Jamais ça n'allait passer dans les journaux. Parce que j'étais pas Daniele... Et que j'allais pas lui faire ce coup-là. Il pouvait s'en sortir, comme les autres pouvaient s'en sortir. Y avait que moi qui était forcé de rester en arrière.

J'étais choqué, j'avais peur, j'étais triste à crever et j'allais me retrouver tout seul, c'était qu'une question de temps.

Si Daniele partait, les autres pouvaient partir aussi, et c'était cette idée qui m'obsédait.

Et avec tous ces sentiments que j'arrivais pas à gérer, je réagis de la seule manière que je connaissais, par la colère.

J'envoyai valser la table basse que laquelle était posée la feuille de papier qui allait faire disparaître Daniele de ma vie. Puis je me levai, suivis le mouvement de la table et y mis un deuxième coup de pied, puis un troisième et elle fini par se péter en deux.

-Je peux pas faire ça ! JE PEUX PAS FAIRE CA !

Puis je me tournai vers Daniele, tremblant de rage. Mais même dans mes pires crises, j'avais jamais frappé personne. Et j'allais pas commencé aujourd'hui.

-Je suis mort si je fais ça... Je vais être tout seul. Tu pars, et puis ? Ce sera qui le prochain ?

Et j'avais aucune idée d'ô combien mes paroles étaient prophétiques sauf que j'imaginais même pas à quel point ça allait être bien pire que je ne le pensais.

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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Ven 28 Aoû - 18:22


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Que pouvait répliquer Evan après ce que je venais de lui dire ? J’étais son manager, tout ça s’arrêtait là. Je n’étais pas Sherman, Nuts ou Captain. J’étais Daniele Ricci, Evan... Il n’arrivait pas à répliquer d’ailleurs même s’il l’avait voulu. Il était bouffé par l’émotion de cette putain de situation. Je tenais son regard, j’avais rien d’autre à faire que d’appuyer mes mots par un regard. Juste ton manager… C’est tout.

J’avais maintenant cette feuille de papier en main. Evan, va falloir que tu me permettes de tourner la page. On doit passer par là. Je l’avais déposé devant lui, j’avais expliqué de quoi il en retournait. Même si je savais qu’il savait. Il répliqua, je hochais négativement la tête ne sachant quoi dire. Non, je ne le prenais pas pour un con. Il fallait juste que j’explique, c’était comme ça. Il  recevrait de l’argent, je serais libre. C’était… Non, c’était pas vraiment du win-win… Je mettais fin à sa carrière qui était finie depuis l’Australie. Putain d’Australie ! On avait écrit un putain d’histoire ensemble Evan et moi, mais c’était fini. Faut tourner la page, clore ce putain de bouquin…

La table valsa et je sursautai en reculant de quelques pas. Il faisait une de ses putain de crise de colère et je n’étais pas bien sûr de pouvoir la gérer maintenant. Il pouvait pas faire ça… Non, il le devait… Il le savait qu’il le devait. Il se leva pour mettre encore une fois sa raclé à la table qui n’avait rien demandé. J’avais encore reculé.

-Putain, Evan ! Arrête !, dis-je en m’aidant de mes mains pour me faire comprendre.

Il se retourna vers moi et je fus parcouru d’un frisson de peur. Putain, il allait me frapper ? Je tendis mes mains devant moi au cas où il approcherait. Je ne les baissais que quand il recommença à parler en disant qu’il craignait d’être tout seul.

-Tu seras pas tout seul, Evan. T’as des amis. Ils te lâcheront pas. C’est pas leur genre. Il l’aurait déjà fait sinon… Vous vous connaissez depuis que vous êtes des gosses, non ? Il te lâcheront pas…, dis-je autant pour rassurer l’ancien chanteur que pour éviter qu’il ne me renvoie à la gueule sa crise de nerf.

Doucement, et en tendant toujours une main vers Evan pour ne pas qu’il m’approche, j’allais ramasser le morceau de papier dans les décombres de la table.

Je la lui tendit… Ouais cette fois je lui avais simplement tendu. Je tremblais. De peur, d’émotion, du manque ? Je ne savais plus vraiment.

-Signe-le, Evan. Si tu ne le signe pas, BSC va rompre le contrat d’une manière beaucoup moins conventionnel et ça risque de se finir en justice.

Je savais de quoi je parlais et je n’empêcherais pas la machine de se mettre en marche à ce moment-là. Parce que je voulais être libre.

-Et ils gagneront…

Putain, il avait vraiment fallu que j’en arrive là. Que je lui dise ces choses-là. Que j’en vienne à un putain de chantage…

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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Sam 29 Aoû - 13:43


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Je savais que je devais le faire, que j'avais pas le choix, et c'était bien ça qui me foutait en rogne ! Ce n'était cependant pas de ça que j'avais vraiment peur. Ce qui me foutait vraiment les jetons, c'était que je savais pertinemment qu'une fois ce papier signé, Daniele allait le reprendre, le foutre dans sa poche et s'en aller pour ne plus jamais revenir. Peu importait ce qu'il pensait être pour moi, ça ne changeait rien au fait que pour moi, il avait toujours été un ami.

Ce genre de chose ne passe pas du blanc au noir d'un claquement de doigt. Je devrais apprendre à détester Daniele pour ce qu'il était en train de faire, mais ça prendrait du temps. Ce que je ne savais pas non plus, c'était à quel point la vie allait m'aider à le faire.

Je m'étais retourné vers lui quand la table avait rendu l'âme, et j'avais vu une expression que je n'avais jamais vue sur le visage de mon manager : la peur. Daniele Ricci, d'habitude si sûr de lui, celui qui savait toujours quoi faire, celui qui avait la solution, crevait les jeton parce que je m'emballait un peu. Il avait les mains tendues devant lui, en signe d'apaisement ou de protection, je savais pas trop. Mais c'est pas ça qui me calma brusquement.

C'était sa peur. J'avais déjà vu la même expression sur le visage de Babs. Pas souvent, mais je l'avais déjà vue, et ça me suffisait. Bien que mes crises de colère d'avant n'avaient rien en commun avec celles que j'étais capable de faire depuis que je n'y entendais plus rien.

Et je lui avouai que j'avais peur aussi, que j'avais peur d'être tout seul, putain ! Là, Ricci baissa les mains et m'expliqua que les autres seraient là. Parce qu'on se connaissait depuis qu'on était gosse, etc. Ouais mon pote mais...

-Ouais, je croyais aussi que tu me lâcherais pas...

Il alla ramasser ensuite son putain de papier à la con dans les décombres de la table basse, du bout des doigts. Je tremblais et je respirais trop fort, essayant de me calmer, les poing serrés, tous les muscles de mon corps au bord de la rupture. Daniele avait de la chance que je n'avais jamais osé frapper personne, que j'étais pas violent envers les gens. J'étais pas né colérique non plus... Ce qui m'avait rendu colérique, c'était l'alcool... Ou plutôt, toutes ces fois où j'avais essayé d'arrêter pour Barbara. Et c'était d'ailleurs en partie parce que j'avais peur de ces crises et de ce qui pouvait se passer si jamais, un jour, je déconnais, que chaque fois je recommençais à boire.

Résultat, j'avais jamais frappé Babs... Et même si ça avait mené à notre divorce, je m'en foutais. Plutôt ça que de devenir un putain d'enfoiré qui frappe les femmes.

Il me tendis son truc. Il tremblait et j'arrivais quand même à m'en vouloir de lui avoir fait peur. Putain ! Tout serait vachement plus facile si je lui en avais voulu à mort direct ! Mais je pouvais pas lui en vouloir de vouloir avancer. Je ne pouvais pas lui demander de couler avec nous... avec moi, plutôt. Les autres avaient encore leur chance.

Je pris brusquement la feuille de la main de Daniele. Je regardai brièvement les mots qui s'étalaient dessus sans les lires pour je relevai mon regard sur Ricci qui continuait de parler. Il me menaçait. D'une façon fort adoucie, mais c'était une menace quand même. Et le dernier endroit où j'avais envie de me retrouver, c'était devant un tribunal. J'avais déjà donné. Et j'avais déjà perdu je savais ce que c'était. Et Daniele savait que je le savais.

Et de toute façon, j'avais pas envie de foutre les autres, et même Daniele lui-même, dans la merde. J'avais pas eu de chance. Je devais laisser mes amis aller, maintenant. Si j'étais vraiment leur ami, c'était ce que je devais faire.

-Ok... Ok... Putain...

Je m'approchai de Daniele. J'avais remarqué qu'il avait un bic dans sa poche de poitrine. Il avait tout prévu, évidemment... Je pris le bic directement sur lui et m'appuyai, le papier plaqué contre le mur le plus proche. Je posai la mine du bic sur la feuille, sans même lire un seul mot de ce qu'il y avait dessus. De toute façon, j'étais fini, alors me faire arnaquer était un peu le cadet de mes soucis.

Mais je me résignai, fermai les yeux et posai mon front contre cette foutue feuille. Je soupirai, ma tête tournais à cause de l'alcool que j'avais dans le sang et qui avait en plus dû sérieusement chauffer quand je m'étais énervé.

-Si les autres arrive à remonter un truc... Promets-moi que tu t'occuperas d'eux, ok ? Les laisse pas tomber, eux...

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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Sam 29 Aoû - 15:32


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Je ne croyais pas que ça allait finir comme ça… Je voulais lui répliquer ça quand il insinua que je le lâchais. Ouais, je le lâchais mais je n’avais pas le choix. Ses amis ne feront pas pareil. Je voulais lui dire tout ça mais les mots restaient coincés dans ma gorge. Je ne baissais pas les yeux. Je ne voulais pas faire transparaitre la moindre putain de faiblesse. Déjà que la peur, en elle-même, en était une. Mais je n’y pouvais rien, j’avais peur, je n’arrivais pas à le cacher. J’avais peur des putain de réactions d’Evan.

La pièce était encore plus en désordre après la tornade Sniper. J’allais déterrer des décombres mon ticket de sortie et celui d’Evan. Il fallait qu’il le signe. Je le lui tendis, sortant les menaces… Je n’avais plus que ça, des putain de menace. Je crevais de trouille qu’il me frappe mais je n’en soutenais pas moins son regard. Si je devais me prendre des coups, j’allais le faire la tête haute. Evan tremblait de tous ses membres bien plus que je ne tremblais moi-même. Il avait pris le papier et je continuais de le menacer en parlant de justice et de tous ces trucs légaux qui pourraient réduire à néant la vie d’Evan en une seule petite décision. Et je ne voulais pas que ça arrive, sauf s’il m’y forçait.

Il accepta et je soupirais de soulagement, levant les yeux au ciel. Putain, on y était enfin. Mon cœur se desserra et Evan m’approcha. Je me mordis la lèvre fermant les yeux quand il fut tout près de moi. Alors que je m’attendais à me prendre un poing dans la figure. Il ne fit que prendre le bic qu’il y avait dans ma poche. Je rouvris les yeux. Ouf !

Il plaqua le papier contre le mur. Je ne bougeais pas. Signe… Signe… Signe… Putain mais signe… Non… Il se résigna et je hochais négativement de la tête en fermant les yeux. On y était presque mais… Non… Il ne l’avait pas fait. Il voulait que je lui fasse une promesse et pas n’importe laquelle. Celui de m’occuper de ce qu’il restait de The Army si jamais ils arrivaient à remonter un truc.

-Je te le promets, dis-je alors que ma voix s’était un peu éraillée à cause de cette putain de peur.

Je n’étais pas bien sûr qu’ils y arrivent. Sans leur chanteur et après tout ce qu’il s’était passé, j’y croyais pas. Et si quand bien même ils y arrivaient, je n’étais pas sûr moi d’arriver à reprendre la tête de leur avion. Parce que j’avais échoué… Et que Nuts, Captain, Sherman et Sniper me rappelait ce putain d’échec. Mais je lui promets sans même savoir si j’allais être capable de la tenir cette promesse.

-Signe-le, Evan…, l’incitais-je.

Ma liberté était proche. J’avais donné à Evan tout ce que je pouvais lui donné. De l’argent, une promesse. Je ne pouvais rien de plus… Je n’étais que son manager…

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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Sam 29 Aoû - 17:49


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Daniele avait fermé les yeux quand j'avais été piocher le bic dans sa poche. Sans déconner ?! Il croyais sérieusement que j'allais le frapper ? Il m'en croyais capable ? Putain... Soit j'avais vraiment l'air violent, soit j'étais bien bas dans l'estime de mon manager et ami... Ex-ami... Ex-manager aussi... Cela semblait inévitable.

J'avais plaqué le papier contre le mur et j'étais prêt à le signer. Mais, ma tête collée contre le mur, j'avais réfléchi à un truc. J'étais pas tout seul dans cette putain d'histoire. Fallait que j'arrive à faire un truc pour les autres. Je voulais pas être, dans la presse, celui qui aurait signé un papier mettant fin à toute chance pour The Army.

Alors j'avais fait faire une promesse à Daniele. Un deal. Il pouvait m'abandonner moi, mais pas le groupe. S'ils arrivaient à quelque chose, sans moi, je voulais que Daniele s'en occupe comme il s'était toujours occupé de nous, malgré les erreurs qu'il avait pu commettre. Malgré les erreurs qu'on avait tous commises.

Je ne regardai pas Daniele quand il me promit de le faire. Je ne voulais pas le regarder. Non seulement, mon crâne était très bien là où il était, collé contre le mur, mais en plus, je ne voulais pas voir dans le regard de Daniele s'il me faisait une vraie promesse ou s'il me disait seulement ce que j'avais envie d'entendre. S'il mentait, je ne voulais pas le savoir.

Je soupirai et ce soupir se changea en gémissement étranglé quand je relevai la tête vers la feuille. Deux grosses larmes tombèrent encore de mes joues alors que je reposais une mine de bic tremblante sur le papier. J'hésitai encore quelques secondes. J'avais des putains de flashback de comment c'était avant.

Et évidemment, c'est quand on veut se rappeler des pires moments, du style mon divorce ; la maladie du foie qui avait mené Sherman à se retrouver à l’hôpital ; l'overdose de Nuts dont il s'était par miracle, sorti ; ou encore la perte de la garde de Jess ; que je ne me rappelais que les super bons moments : ma rencontre avec Babs, les albums, notre première virée à Las Vegas, la naissance de Jess, les concerts, les tournées, notre public... Bref, tout ce que j'avais vécu avec The Army.

Mais c'était fini tout ça, pour moi. Et fallait que je signe la fin de l'histoire.

Lu et approuvé par Evan « Sniper » Kurtz.

Je signai, serrant tellement fort le bic dans ma mains que mes jointures en étaient toutes blanches.

Puis, je me retournai, frottant mes yeux... J'étais fatigué. J'avais l'intention de poser ce truc sur la table basse, mais celle-ci avait morflé. Alors je la posai sur le dossier du fauteuil. Puis me reculai de deux pas, fixant Daniele de mes yeux bleu vert cerclés de rouge. J'avais voulu faire les choses dans les règles, et on ne tend pas des trucs à Daniele Ricci.

Je haussai les épaules...

-Tu reviendras pas, hein... ?

J'en avais rien à foutre du manager qu'il était. Ce que je voulais savoir, c'était s'il viendrait me voir, s'il viendrait encore quand Sherman organiserait un barbecue chez lui, si simplement, il serait toujours notre ami...

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Daniele Ricci


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MessageSujet: Re: Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]   Dim 30 Aoû - 14:08


Is There Anybody Out There?

ft.Evan "Sniper" Kurtz


J’avais signé mentalement le deal en lui donnant ma parole. Il ne m’avait pas regardé, pas une seul fois croisé mon regard, il restait la tête collée contre le mur.

Je ne lui promettais ni bonne foi, ni mensonge parce que je ne savais pas. J’étais pas un putain de devin, je ne savais pas ce que l’avenir allait nous réserver à moi et les autres membres du groupe. Il soupira et je l’incitais à signer. Il continuait d’hésiter et les putain de minutes passaient. J’avais cette impression que ça faisait des jours entiers que j’étais ici à essayer de convaincre Evan de me rendre ma liberté. De me permettre de revivre, de retrouver un groupe et de reprendre ma gloire là où je l’avais laissé. C’est-à-dire en Australie. Je voulais recommencer à faire des tournées, des fêtes, à voir des concerts et à écraser mes rivaux. Je ne pouvais plus le faire avec The Army. Plus avec Evan.

Il signa, mais les larmes coulaient le long de ses joues. Je m’en mordis brutalement la lèvre jusqu’à sang. Il se retourna et je le regardais poser la feuille sur le dossier du fauteuil. C’était le seul endroit encore valable où il pouvait poser quelque chose. Ça dans le seul but de ne pas me le tendre. Je m’avançais vers le dossier et pris la feuille. Je vérifiai si la signature était bien là. Elle l’était… J’étais libre. Je relevais le regard vers mon ancien chanteur alors qu’il posait une question. Non, il posait LA question. Je soupirais un grand coup, j’allais sceller notre putain d’avenir… Je fis « non » de la tête, fermant légèrement les yeux. Je ne pouvais pas revenir, je ne pouvais plus vraiment voir Evan en face sans repenser à l’Australie. Sans repenser à ce que je voulais effacer. La fin de The Army, c’était ma faute… Il fallait que j’efface cette faute et pour ça, il fallait que je fasse une croix sur tout. Y compris Evan.

J’enfuis le papier dans ma poche et tournais les talons pour me diriger vers la porte d’entrée. Je ne m’arrêtais que pour dire :

-Au revoir, Evan…

Puis sortir dehors pour rejoindre ma voiture. Une fois à l’intérieur de celle-ci je claquai la porte et respirait un grand coup avant de frapper violement le volant.

-Putain !!

Mes yeux commençaient à devenir humides et je passais ma main dessus comme pour effacer ce moment de faiblesse. Je les levai ensuite au ciel comme pour m’aider à faire passer l’émotion. Impossible. Putain j’étais tellement désolé, je voulais pas qu’on en arrive là… Je voulais pas que ça finisse comme ça.

Je pris de grosses bouffées d’air et réussi à ne verser aucune larme. Je devais faire une putain de croix. Une putain de croix sur le passé. Je regardais vers ma boite à gant. Une croix, tu dis… On efface tout ? Absolument tout ? Je l’ouvris, en sortis mon petit sachet de coke. Je le regardais. Ouvris la fenêtre et balançais la coke par-dessus bord avant de démarrer en trombe… J’allais repartir, comme neuf. J’allais oublier The Army. C’était la fin de ce chapitre. J’avais tourné la page…

Cinq mois plus tard, Nuts mourrait d’une overdose…

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Is There Anybody Out There (1972) [PV Daniele][TERMINE]

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