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 A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]

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Gaïana Dugopoliac
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MessageSujet: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeJeu 27 Aoû - 21:45




C’était un connard. Je me demande encore comment j’ai pu être aussi naïve. J’ai suivi un mec, j’ai tout claqué, ma famille, mes amis -pour le peu que j’avais-, bref le peu de stabilité que j’avais pour me retrouvée dans une situation plus critique encore. Ce n’était pas normal de réagir de la sorte… Étais-je si dérangée dans ma tête pour avoir cru à de si gros mensonges ? Je me le demandais bien.

En tout cas ce n'était pas en errant dans la rue que j'allais forcément arranger les choses, sans le sous et sans logement véritable, il me fallait trouver une solution rapidement. Si je n'avais pas gâché le restant de mon argent pour un dernier tatouage, j'aurai peut-être eu de quoi me payer un hôtel un jour ou deux. Au lieu de cela, j'avais juste trouvé quelques dollars pour me permettre de prendre le train pour revenir ici à Los Angeles où, au moins, les quartiers m'étaient plus familiers et me semblaient surtout plus accueillants. J'avais déposé quelques vêtements dans un sac, à l'abri dans une consigne à la gare. Plus pratique, étant donné que j'avais encore un petit sac à dos sur mon épaule avec le strict nécessaire.

J'avais parcouru de nombreuses rues dans Los Angeles, j'ai veillé toute la nuit, ne sachant où me poser, trop effrayée de passer pour une vraie clocharde et dormir à même le sol dans la saleté et voire même la pisse. J'avais marché encore, encore et encore. Putain. J'ai toujours regretté de ne pas savoir où Cash vivait et maintenant pire encore. Il était sans doute le seul qui m'aurait accueilli sans réfléchir à deux fois. Les autres... Je l'imaginais plus difficilement. Ou alors, je leur serais sans doute redevable de quelque chose. Et j'aimais trop mon indépendance pour me rabaisser à ça. La fierté, vous voyez, c'est sacré quand il ne nous reste plus que ça...

Éreintée par des heures de marche, je finis par m'adosser contre les briques d'une maison dans le quartier Eastside. Je savais que l'endroit n'était pas le meilleur mais je n'avais pas encore de réelle idée de où aller, peut-être devrais-je quand même essayer de retourner à L.A People pour demander de l'aide à Amon. Je n'aimais pas trop cette idée là, même si au point où j'en étais, ce serait très certainement la plus age des décisions. Il me fallait un endroit où dormir, me reposer, me requinquer. Trouver un nouveau job, refaire des photos pour le danois et me poser tranquille dans un appartement ou un kot minable à deux francs.

Lentement, je me laissais aller et fléchissais les genoux pour finir assise à même le sol. J'enrobais mes jambes des mes bras et je regardais le vide devant moi un court instant. Réfléchis ma belle, tu dois t'en sortir. Tu vas quand même pas te laisser crever.

Et pendant un instant, si, je m'imaginais crever. Mourir d'inanition, finir puante à arpenter les métro pour mendier de maigres sous et voir les gens m'éviter parce que je me serais chiée dessus et que je ne changeais plus de vêtements depuis trop longtemps pour qu'ils soient, ne serait-ce qu'un jour, à nouveau propres. Je soupirais et retint des larmes en un faible hoquet. Non, t'es forte Gaïa... Laisses-la chance te sourire, prépares-toi à ce moment et le jour où ça arrive, tu la chopes cette putain d'occasion ! T'as plus le droit à l'erreur maintenant.

Ainsi adossée contre le mur, ma jupe qui découvrait peut-être un rien trop de mes jambes couverte d'un bas collant légèrement troué, un tee-shirt noir et ma fidèle veste en cuire, je regardais les gens passer. J'espérais une idée, une chance, un miracle... N'importe quoi, tant que je sortais de là, que je sortais de cette merde monumentale...
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Evan
Evan "Sniper" Kurtz


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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeJeu 27 Aoû - 22:52


A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul.

ft. Gaïana Dugopoliac


J'étais à deux doigts de péter les plombs... Ma rencontre avec ce foutu manager à l'accent anglais m'avait encore foutu plus en l'air que ce que je ne l'étais déjà. J'en avais l'estomac retourné. J'étais même pas sûr de pouvoir bouffer le paquet de chips que je venais d'acheter au magasin... Parce que j'avais faim. C'était ça qui m'avait fait sortir de mon antre. Fallait que je me ravitaille. J'étais donc allé jusqu'au magasin. Mais j'avais évité le night shop où j'avais rencontré ce manager dont j'avais oublié le nom. De toute façon, le night shop était pas ouvert, avais-je découvert en arrivant sur le pas de ma porte.

Pour la simple et bonne raison qu'il faisait toujours jour... J'avais froncé les sourcils, protégeant mes yeux bleu vert de la lumière d'une main. J'aurais pas pu le savoir avant de sortir de mon appartement vu que j'avais colmaté les fenêtres et que, du coup, il y faisait toujours sombre. Il avait donc fallu que j'aille un peu plus loin.

Mais les rayons où étaient entreposées les marchandises avaient suffit pour me rappeler cette putain de nuit à la con. Cette nuit où j'avais tout dit à ce gars. Il avait trouvé les bon mots, il avait appuyé là ou ça faisait mal, il m'avait comme envoûté.

Et je lui avais livré Daniele, sans savoir réellement qui ce gars était, ce qu'il voulait en faire de ces informations. Je lui avais donné tout ce qu'il fallait pour porter un sacré coup à mon ancien manager, c'était tout ce que je savais.

Ça aurait dû me réjouir, peut-être... Ben c'était loin d'être le cas. Je m'en voulais plutôt à mort.

Du coup, j'avais plus faim et je me trimballais quand même dans la rue comme un con avec mon paquet de chips et mon pack de six cannettes de 50cl de bière.

J'avais été obligé de mettre mes appareils auditifs, comme chaque fois que je sortais. Il était bien trop dangereux de sortir au milieu de l'Eastside sans pouvoir entendre ce qui se passe autour. J'avais aussi mon vieux treillis militaire, mes combat shoes, les plaques d'identifications de l'armée de mon père et un t-shirt kaki... Je m'habillais toujours pareil qu'à l'âge d'or de The Army... Je m'étais jamais résigné à changer. J'y arrivais pas.

Par contre, je marchais toujours en regardant le sol. Déjà, ça m'évitait de marcher dans de la merde et ensuite, ça me permettait de ne croiser le regard de personne. Parce que le problème, c'étaient mes yeux. C'était comme ça, j'en étais sûr, que le manager anglais m'avait reconnu ! Ce qui avait été un putain d'atout dans ma jeunesse, ce qui m'avait valu mon surnom, était maintenant une putain de malédiction !

Et comme je regardais le sol, je ne pouvais voir que ce qui était au sol. Et y avait une fille au sol... Enfin plutôt une jeune femme, je crois... Avec des collants troués et une jupe courte, puis un veste en cuir et des cheveux en bataille. Elle avait le regard dans le vide. Elle avait l'air aussi paumé que moi... Aussi sale aussi... Bref, elle avait l'air d'être dans la merde.

Mais fallait que je passe mon chemin. Il fallait que je rentre à la maison, en sécurité, là où y avait personne. Là où personne me poserait de questions sur Daniele Ricci, même si j'avais l'impression que c'était un peu trop tard pour le protéger...

Mais merde ! Ça avait toujours été mon putain de problème ! Je n'étais pas Daniele, je n'avais jamais été Daniele ! Je ne pouvais pas laisser quelqu'un dans la merde si je pouvais faire quelque chose. Même si c'était pas grand chose. Alors que lui, il avait pas hésité à me laisser tomber, à se débarrasser de nous et à aller voir ailleurs si l'herbe était pas plus verte... Parce que celle sur laquelle on avait posé notre cul commençait sérieusement à roussir...

Puis j'avais plus faim alors...

-Hey... T'as faim ?

Je m'étais accroupis devant la jeune femme, mais je ne l'avais pas regarder dans les yeux. J'essayais de lui dissimuler mon regard, ces yeux bleu vert qui m'étaient si caractéristiques. Et je lui tendis le chips, sans la regarder. J'avais choisi de regarder le trottoir, juste entre mes genoux.

© Billy Lighter












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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeJeu 27 Aoû - 23:54



Le regard toujours dans le vide, je commençais à me poser des questions existentielles mais du genre, super méga important... Surtout quand on a plus rien. Aurais-je un jour de nouveau la chance de pouvoir dormir dans un lit douillet? Putain, comme ça me faisait envie, j'en ai les yeux qui se ferment tout seul !

Pour éviter de m'endormir, j'inspirais un grand coup. Ne pas flancher, ne pas flancher... Et puis merde... Je suis une clocharde, et alors? Roh non... Pas possible... Je ne peux pas me laisser à tant de bassesse. Je regarde les gens passer devant moi, rentrer dans les rares magasins du coin puis de nouveau, les questions existentielles... J'ai faim. Je dois dormir. J'ai peur du futur.

Je pourrais éventuellement me relever et demander pitié aux gens qui passent. Mieux encore, je vais chercher un gobelet minable dans une poubelle pour ajouter à la caricature de la fille qui n'a plus rien... Mais que dis-je? Une caricature?... Non, c'est sans doute juste la vérité. Mais... J'ai encore quelques atouts, non? Un petit charme à moi? C'est déci...

« Hey... T'as faim? »

Le gars, il a carrément coupé court à mes pensées ! Je lève ma tête vers lui et le voilà qu'il s'accroupit. Habillé à la militaire, il ferait presque peur. Je me demande tout d'un coup si je devrais pas avoir peur pour ma vie. Les pédophiles, c'est pas leur truc? Proposer un bonbon ou une sucette... Je remarque vite son paquet de chips dans sa main et là putain, je me dis qu'il a beau avoir foutu du GHB dedans que je m'en foutrais, j'ai trop la dalle... J'avale ma salive et je jette un oeil autour de nous. Bon, ce serait pas trop discret s'il essayait de m'enlever ici, trop de monde. Tant pis, je tente le diable.

« Non... -Petit silence- Je meurs littéralement de faim ! »

Il me tend alors son paquet de chips que je n'avais plus lâché des yeux une fois la vérification des lieux faites. Cinq minutes auparavant, j'aurai rêvé d'un truc bien consistant ou d'un spaghetti bolognaise, même le pire que j'ai fait chez Billy par exemple, tellement je suis affamée mais là, même un paquet de chips venant d'un étranger je refuse pas. Je l'ouvre alors et je prends une petite poignée de chips et m'extasie avant de limite tout gober.

D'un petit signe de la main, j'invite le gars à s'asseoir à côté de moi et je lui montre également le paquet pour qu'il en prenne. Il a beau faire un petit geste pour moi, qui me dit qu'il ne voudrait pas retourner avec la moitié du paquet après... Après, tout en reprenant une poignée de chips dont je prends à peine le temps de goûter, je regarde mon "sauveur". C'est le temps de passer à l'attaque. Il y a peut-être moyen que je réussisse à lui soutirer de l'argent...

« Tu es militaire? En tout cas, j'adore tes shoes ! J'aurai adoré avoir les mêmes, mais elles doivent coûter cher, non? J'avoue que pour le moment, j'ai pas trop la tête à ça... Ni les sous. - Petit temps d'arrêt, que j'avale quelques chips supplémentaires- Puis, c'est quand on est dans la merde qu'on voit à quel point la vie est chère... Tu trouves pas? »  

Je reprends une poignée supplémentaire, je mâche et j'ingurgite puis, pour ne pas en perdre une miette, je lèche mes doigts pour en reprendre toutes les épices. Enfin je repose mon regard sur le gars et je souris, heureuse. Comme ça fait du bien d'avaler un petit quelque chose... Je me serais sentie mal de me voir obligée de fouiller les poubelles cette nuit pour calmer cette douleur constante dans mon ventre.
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Evan
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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeVen 28 Aoû - 12:13


A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul.

ft. Gaïana Dugopoliac


Ce n'est que quand la jeune femme regarda à droite et à gauche que j'osai les yeux sur elle, tant qu'elle regardait ailleurs. Son maquillage avait coulé. Mon ex-femme avait toujours beaucoup aimé la mode et quand je vivais avec elle, on avait toujours des tas de magazines de mode partout. Je savais donc faire la différence entre du maquillage de merde et un maquillage de marque, pour la simple et bonne raison que du maquillage faisait toujours plaisir à Babs et que quand j'étais à court d'idées pour un cadeau à lui offrir, je prenais toujours ça.

Or, même s'il avait bien coulé, ce n'avait pas l'air d'être le maquillage bon marché que portaient les prostituées de l'Eastside (on passera les détails sur le pourquoi du comment je savais ça, par contre). Bon, c'était pas du maquillage super luxe non plus que j'avais l'habitude d'acheter à Babs du temps où The Army brassait tellement de fric qu'on ne savait plus quoi en faire. Mais c'était le genre qu'adoraient les femmes qui avaient une vie tout à fait normale...

Ses vêtements n'étaient pas encore assez sales non plus pour que ça fasse vraiment longtemps qu'elle était là.

Puis y avait un autre indice... Ses tatouages. Quand je regardais entre mes genoux, je pouvais apercevoir ceux qu'elle avait sur les jambes. C'était pas le genre de truc qu'on faisait en prison ou les tatouages vite fait en cachette dans une chambre d'ado juste pour faire chier les parents. Non, c'était de vraies œuvres d'art.

J'en venais à la conclusion que cette fille avait eu un problème, et que ça faisait pas longtemps qu'elle traînait dans la rue.

Sa faim le prouvait aussi. Elle avait pris le paquet de chips en disant qu'elle crevait de faim. Si ça faisait un bout de temps qu'elle était dans la rue, son instinct de survie aurait pris le dessus et elle aurait trouvé comment se débrouiller, que ce soit en mendiant, en volant ou en se rendant autant de fois qu'elle le pouvait à la soupe populaire qui se donnait à heures fixes deux pâtés de maison plus loin.

Mais quand j'étais tombé dessus, elle avait juste l'air paumée.

Quand elle s'était mise à manger, ouvrant le paquet de chips auquel je n'avais pas touché, elle avait relevé les yeux sur moi et je les avaient vite baissés, évitant son regard. Mais je captai son petit signe m'invitant à prendre place à côté d'elle. Sans vraiment sourire parce que j'avais pas vraiment le cœur à ça, je répondis à l'invitation et m'installai dans la crasse de l'Eastside. J'en avais rien à foutre, j'ai un peu crasseux moi-même t'façon. Et je posai mon pack de cannettes de bière sur mes genoux, entreprenant de retirer le plastique pour m'en prendre une.

Alors la jeune femme se mit à parler un peu plus longuement, me posant des questions. Elle réussi à quand même à me faire sourire quand elle fit un commentaire sur mes pompes.

-Non... Je suis pas un militaire, j'aurais peut-être mieux fait...

Je lâchai le plastique de mes bières et jouait deux secondes avec les plaques identification de mon père avant de les laisser retomber sur mon torse. Puis je regardai mes boots... Notre nouvelle position, l'un à côté de l'autre mais assez loin pour que je ne la frôle même pas, me permettait de ne pas devoir la regarder face à face. Je ne l'avais pas encore regardée une seule fois dans les yeux.

-Elles ont au moins 20 ans ces pompes... Je sais même plus où je les ai eues...

Y a que quand je sentais qu'elle ne me regardait pas que je tentais un regard, juste histoire de savoir à qui je parlais.

-Ouais... Et on y est bien, dans la merde, hein ?

Je finis par libérer une cannette de bière et rajustai mes appareils auditifs un par un... Eux aussi, ils commençaient à prendre de l'âge et je commençais à redouter le moment où ils allaient rendre l'âme. Parce que j'avais vraiment pas les moyens d'en racheter d'autres. J'avais même pas revus de médecin pour adapter ces trucs avec le temps, depuis que je les avais.

Toujours sans la regarder, je lui avais fait signe que je voulais pas des chips qu'elle me tendait... Mais en ouvrant ma cannette, je lui demandai :

-T'es mannequin, toi ?

Je pris une bonne gorgée de bière en regardant la rue devant moi, les gens qui passaient nous regardaient même pas. Ils passaient juste leur chemin, certains détournaient même le regard. Bienvenue à L.A.


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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeSam 5 Sep - 18:40

Le gars en face de moi n'avait pas osé croiser mon regard. Je fronçais des sourcils mais obnubilée par la pensée de remplir mon estomac, je laissais tomber et continuais de grignoter les chips avec une avidité croissante. Dans deux minutes, il n'en resterait plus rien. C'était limite si je n'oubliais pas par moment de respirer.

Tandis qu'il s'asseyait à côté de moi et que les chips croustillaient dans ma bouche, je remarquais que mon sauveur avait des appareils au niveau des oreilles. Ce qui piqua encore un peu ma curiosité. C'était pas très joli donc cela devait forcément avoir une utilité quelconque... Un appareil auditif?

« Non... Je suis pas un militaire, j'aurais peut-être mieux fait...
- Pourquoi tu dis ça? C'est vrai que c'est vachement classe les militaires mais putain, ça doit être chiant quand même aussi. C'est un métier étrange... »

Je plongeais ma main dans le paquet de chips pour en reprendre une poignée. J'avais l'impression d'avoir la bouche en feu, je retournais alors le paquet pour voir que les chips étaient en fait à un goût style piments. Chouette. Je fis un peu la moue puis mangea quand même la poignée que j'avais sorti du paquet. Difficile, mais affamée que j'étais, je ne laisserai rien dedans.


« Elles ont au moins 20 ans ces pompes... Je sais même plus où je les ai eues... »

La voix du gars me ressortit de mes petites guerres intérieures et je reposais alors les yeux sur ses chaussures. J'affichais alors un sourire en coin. Mais mon dieu, ces chaussures étaient de véritables vétérans !

« La vache ! C'est carrément dingue. Ces shoes sont d'authentiques dinosaures! On fabriquait pas du toc d'antan ! Je comprends que tu te souviens plus du prix, ça remonte à loin... »

Mon petit menton me démangea et d'une main je me frottais, me mettant quelques résidus de chips sur mon visage sans faire attention.

« Et ouais qu'on est dans la merde... Qu'est-ce que je ne donnerai pas pour me sortir de ce sale pétrin... J'ai l'impression limite que le monde entier est contre moi... »

Je me remémorais la période que je venais de vivre, dont je tentais aujourd'hui de me débarrasser. Je me rappelle les nuits humides et froides où j'attendais à moitié somnolente que le gars revienne me payer mes services lorsque je lui revendais parfois de la drogue à ses clients fidèles puis qu'il invitait ses potes jouer à des pokers interminables jusqu'au petit matin et dire ensuite qu'il avait tout perdu pendant la partie... Je haïssais ce gars.

La question de mon interlocuteur me rappela à l'ordre et je me rembrunis un peu. Moi? Mannequin... Si seulement, je pensais désormais que cette voie me serait totalement inaccessible. Je fume trop, je bois trop et je me drogue surtout... et de trop aussi. J'accumulais tellement les défauts que je n'en pouvais plus. J'avais une petite lueur d'espoir, en vain puisque j'ai été lamentablement roulée dans la farine...

« C'est un peu compliqué... Disons que... J'aurai bien aimé... Mais... J'ai pas de nom, aucune connaissance puis... regardes moi ! »

J'ajoutai des gestes à ma parole, me retournant de 90 degrés pour me retrouver face à l'ancienne rockstar que j'avais décidément pas reconnu, cherchant son regard, pour être sûre qu'il me voie comme je me voyais moi-même. Je me montrais du doigt, montrait le tas de déchet que j'étais devenue... dépitée.

« Je suis juste pitoyable... »

Je me remettais droite face à la rue, déposais le paquet de chips entre nous deux, vidé de deux tiers de son volume, et j'enlaçais mes jambes de mes bras pour lâcher un soupir, le regard dans le vague.
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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeDim 6 Sep - 11:57


A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul.

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Je savais pas depuis quand cette fille avait pas avalé quelque chose, mais ça devait remonter à une éternité vu comme elle engloutissait le paquet de chips. J'en restais un peu bouche bée, me demandant comment elle avait fait pour en arriver là. Puis je me repris... Y avait un tas de gens qui devaient se poser exactement la même question à propos de moi... Sauf qu'évidemment, à moi, ça me semblait logique vu que je connaissais bien, trop bien, ma propre histoire.

Elle m'avait demandé si j'étais militaire et on aurait pu le crois, mais j'avais répondu par la négative. J'avais voulu, à un moment donné. La jeune femme me demanda pourquoi j'avais voulu faire ça...

-C'est un boulot comme un autre, au final... Tous les métiers sont dangereux mais au moins, en tant que militaire, le danger est clair...

Ouais, parce que rockstar ça pouvait sembler être un métier tout à fait sécurisant. N'empêche que je me retrouvais quand même sourd et dans l'Eastside.

Elle me fit sourire en parlant de mes pompes qui dataient, pour elle, d'il y a une éternité. Normal, elle avait quel âge ? Mes pompes étaient peut-être carrément aussi vieilles qu'elle. J'avais fini par prendre une cannette de bière et par boire un coup. J'avais la gorge sèche et le geste de boire me permettait d'avoir le regard ailleurs que dans les yeux de la jeune femme.

A force, j'avais remarqué qu'elle avait un léger accent. C'était pas un accent des USA... Ou alors, c'étaient mes appareils auditifs qui déconnaient. Avec le temps, ils commençaient à donner des signes de faiblesses par moments.

Elle était d'accord avec moi, elle aussi était vraiment bien dans la merde et ça se voyait. Mais bon... Beaucoup de gens à L.A. étaient dans la merde parce qu'ils s'étaient grillés les ailes, attirés par les lumières et les promesses de cette ville. Je pensais que c'était le cas de la jeune femme aussi. Elle avait posé le paquet de chips presque vide entre nous, mais j'avais toujours vraiment pas faim. Juste soif, et la bière descendait bien.

Du coup, je lui avais demandé si elle était mannequin et par ses gestes, elle m'avait presque forcé à la regarder vraiment pour la première fois, sans vraiment le faire exprès. Mes grands yeux bleus vert suivaient ses mains qui la désignaient. Je fouillais en même temps dans la poche latérale de mon treillis pour en retirer une clope que j'allumai, nerveux. Si j'avais pu, j'aurais croisé les doigts dans mon dos pour être sûr qu'elle ne me reconnaisse pas, même si je savais pas expérience que ce truc de gosse ne fonctionnait pas du tout.

Elle affirmait qu'elle aurait bien aimé être mannequin. Elle ne l'avait donc jamais été. Ok, elle était pas mal ravagée, mais elle était encore très belle, si on l'arrangeait un peu... Et elle me semblait surtout très jeune, trop jeune pour se retrouver dans ces putains de rues de l'Eastside.

-Ouais, je vois... Je comprends...

Je soufflai la fumée de ma clope et laissai retomber ma tête contre le mur derrière moi, regardant le ciel plombé. Il faisait lourd et je serais pas étonné qu'on se choppe un putain d'orage. Et cette fille allait devoir rester là...

-Un mec m'a dit un jour, en me regardant : « Une bonne douche et tu seras reparti... »...

Je regardai à nouveau la jeune femme. Tant pis si elle me reconnaissait... Elle connaissait personne, de toute façon, qu'elle avait dit.

-Mais je suis trop vieux pour ces conneries maintenant... Toi, t'as peut-être une chance. Tu connais vraiment personne dans le coin, qui pourrait te recueillir une fois que tu seras lavée,  que t'auras dormi un peu et que tu seras remise d'aplomb ?

Je pouvais pas faire grand chose, j'arrivais déjà pratiquement plus à m'occuper de moi... La jeune femme s'était repliée sur elle-même et l'orage couvait de plus en plus...

-Va y avoir de l'orage, gamine...

Je voulais pas lui faire peur, mais je voyais pas comment lui proposer mon aide d'une autre façon.

-J'ai un appart avec une douche, un lit et un téléphone... Si tu penses que ça peut t'aider, t'es la bienvenue...

Je me relevai, ma cannette de bière en main, ma clope en bouche, mais je lui laissai le paquet de chips. Si elle voulait, elle avait qu'à me suivre...

© Billy Lighter












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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeMer 16 Sep - 23:46

Spoiler:
 

« Militaire? Un boulot comme un autre? »

Je n'y croyais pas trop, mon pote avait son père dans l'armée. Et, peu importe ce qu'on dit, chez lui c'était bizarre. Tout était limite contrôlé si son père revenait d'une de ses gardes... Sans oublier qu'on laisse parfois sa famille de côté pendant des mois... Un boulot oui, mais il fallait l'aimer.

« Ce n'est pas un boulot pour un parent... Et je suppose qu'il faut effectivement aimer l'action, aimer se dépenser physiquement... Et sans nul doute qu'il y a un danger derrière toi aussi... Non? »

Le paquet de chips à ma droite, juste entre Evan et moi, je regardais de nouveau le trottoir d'en face sans vraiment le voir. Pensive, je laissais un léger silence se faire entre nous. Un petit vent souffla dans la rue, signe que l'orage devrait bientôt se lever, balayant quelques déchets sur l'asphalte et par réflexe, ma main retrouva le sachet de chips pour ne pas le voir s'envoler et devoir courir après comme des nigauds. Surtout s'il n'était pas vide. L'air était plutôt frais pour la saison malgré les températures étouffantes et la bourrasque me fit en même temps légèrement frémir. Je rapprochais alors encore un peu mes genoux contre moi. Pas étonnant que je couvre une saloperie de microbe.

La rockstar prit un air assez compatissant tandis qu'il buvait sa bière puis qu'enfin, il décida de sortir une clope de sa veste pour la fumer non sans trembloter un court instant et faire vaciller la flamme. La cigarette finit tout de même par prendre et l'homme expira une longue bouffée de fumée. Il renversa sa tête en arrière puis finit par rompre le silence qui s'était installé entre eux.

D'un coup, il finit par me regarder pour de bon. C'est là que je remarquais qu'il avait évité mon regard pendant si longtemps. Ses yeux étaient... Magnifiques. Profonds... On s'y perdait. Peut-être l'avais déjà vu quelque part, dans les journaux, les magazines... Ou bien je me trompais totalement, ce qui fut fort probable. Je ne trahissais néanmoins aucune réaction si ce n'est une fascination pour leur couleur d'un bleu si pure.

Il avait prit un ton un peu plus dure lorsqu'il reprit la parole, j'y retrouvais un peu les manières de ma mère parfois lorsqu'elle aurait bien voulu me foutre un coup de pied au cul pour que je bosse pour l'école, en vain. Je soupirais lorsqu'il eu fini de parler, tentant de réfléchir... N'avais-je vraiment personne pour m'aider? Peut-être... Il fallait que j'y pense un peu plus minutieusement.


« Va y avoir de l'orage, gamine... »

Les rafales de vent reprirent alors de plus belle, mettant plus de véracité encore dans sa phrase. Je hochais de la tête, c'était sans aucun doute. Le ciel avait obscurcis les rues et les gens se dépêchaient pour rentrer ou faire leurs courses au plus vite. Bientôt, l'homme s'activa aussi, se leva non sans oublier de prendre les canettes de bière, sa clope toujours en bouche.

« Je vous suit, je ne refuserai pas... »

Alors, je pris le paquet de chips d'une main et, à mon tour, je me levais. Je croisai les bras devant ma poitrine, frissonnante. Non, une douche, un lit... Rien ne me ferait plus rêver que ça. cet homme au regard si pure devait sans doute être un ange tombé du ciel, déchu car il avait l'air tout aussi mal en point que moi, à sa façon.

L'homme reposa son regard sur moi un court instant pour voir si je le suivrais tandis qu'il fouillait ses poches d'une main comme pour s'assurer qu'il avait encore les clefs de son appart puis d'un léger signe de tête il m'invita à le suivre. Comme les autres personnes auparavant, on se mit à marcher d'un pas assez vif pour échapper à la pluie et les orages. J'espérais seulement ne pas me foutre dans un autre merdier pire encore que celui d'avant en le suivant... Ouais, franchement, un jour je devrais arrêter de suivre de parfaits inconnus même s'ils disent de belles paroles, ont une bonne tête ou de jolis yeux, en attendant, l'espoir fait vivre.
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Evan
Evan "Sniper" Kurtz


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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeVen 18 Sep - 10:02

Spoiler:
 


A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul.

ft. Gaïana Dugopoliac


Je souris... La jeune femme avait beau être vraiment dans la merde, elle était encore capable d'en faire abstraction pour parler de quelque chose d'autre, comme le métier de soldat. Bon, ok, les questions étaient légitimes et ne sortaient pas de nulle part vu qu'elle avait cru que j'en étais un. Je jouais avec mes plaques d'identifications alors qu'elle m'avouait ne pas trouver que c'était un métier comme les autres. Et elle avait raison.

-C'est vrai... Ce que je voulais dire, c'était que ce n'était pas le seul métier difficile ou dangereux.

Je relâchai mes plaques en métal et je m'étais ouvert une cannette de bière. Je regardais la jeune femme, le trottoir ou le ciel selon que ce soit l'un ou l'autre qui attire mon attention. La jeune femme quand elle parlait, le trottoir quand des gens passaient à proximité de nous et le ciel quand le se rappelait à nous par des menaces.

Le silence s'était installé entre elle et moi. Elle se perdait dans ses pensées et moi dans ma cannette. J'avais également allumé une clope. Là, maintenant, je me sentais mieux. C'était la première fois que je restais aussi longtemps dehors en quoi ? 5 ans ? Et je pensais bien que ça faisait encore plus longtemps que je n'avais pas vu d'orage. Et les bourrasques étaient désagréable.

Quand l'une de celle-ci fut assez puissante pour éteindre ma cigarette, je me décidai à me lever, ma clope éteinte en bouche, et regardant pour la première fois la jeune femme. Quand sa bouche s'entr'ouvrit et ses yeux s'écarquillèrent légèrement, j'eus un frisson. Merde... Je l'avais regardée... Mais bizarrement son expression ne semblait pas avoir pour origine qu'elle m'avait reconnu. Alors, je lui annonçai qu'il allait y avoir de l'orage, comme si elle n'était pas capable de s'en rendre compte par elle-même. Ça me faisait mal au cœur de la voir comme ça, recroquevillée sur le trottoir. Et à l'idée qu'elle se ramasse la drache qui allait pas tarder, qu'elle allait finir trempée ou pire, se faire attaquer, je décidai de lui proposer de venir s'abriter dans mon appartement. De là, en plus, quand elle le voudrait, elle pourrait appeler quelqu'un.

Puis j'avais commencé à marcher, la tête recroquevillée entre mes épaules pour avancer contre le vent. Et la jeune femme me suivit, récupérant son paquet de chips. Nos regards se croisèrent à nouveau et je lui souris. Même si je vivais reclus, je savais intérieurement que ça me faisait énormément de bien quand je n'étais pas tout seul. Mais j'avais tellement peur et honte de ce que j'étais devenu avec mes appareils auditifs énormes autour de mes oreilles que je sortais le moins possible... Seules quelques personnes venaient me rendre visite pour des raisons qui me dépassaient. Mais je leur en étais reconnaissant, même si je le disais jamais.

-J'ai pas grand chose... Mais au moins, tu seras au sec.

C'est là que de grosses gouttes de pluie commencèrent à tomber, dégoulinant sur mes cheveux courts un peu en bataille et le long de mon visage. Je me débarrassai de ma veste et la posai sur les épaules de la jeune femme qui était habillée de façon bien trop légère pour ce temps de merde. J'activai encore un peu le pas, mais la pluie tomba plus fort, nous forçant à courir. Enfin... Je courais pas très très vite, ma condition physique n'étaient pas au mieux. Je fumais et je buvais beaucoup trop. Et de toute façon, ça servait à rien de vouloir aller trop vite parce qu'on serait quand même mouillés et qu'en plus, la jeune femme qui m'emboîtait le pas était faible elle aussi.

Une énorme goutte tomba sur la clope que j'avais gardée en bouche, même éteinte, et elle tomba à terre.

-Et merde... Putain...

Je soupirai et regardai la fille.

-On y est presque !

On arriva devant l'immeuble et je fouillai dans mes poche. Mais avec une seule main vu que j'avais ma cannette toujours en main (avec de la bière coupée à l'eau dedans, maintenant), c'était pas simple. Alors je la tendis à la jeune femme pour qu'elle m'aide et finalement, alors que mes cheveux étaient plaqués sur mon crâne et mes vêtements trempés, je trouvai mes clés. Après plusieurs essais infructueux, j'arrivai à la glisser dans la serrure et à ouvrir. Putain, ma dextérité, c'était plus trop ça non plus. J'étais même pas sûr que j'arriverais encore à jouer de la guitare. Pourtant, j'en avais encore une, la seule que j'avais gardée, une électro-acoustique, dans mon appartement.

Une fois dans le hall, je me tournai vers la jeune femme.

-Ça va ? Tu vas pouvoir te sécher... Comment tu t'appelles ? Moi, c'est Evan.

©️ Billy Lighter












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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeVen 25 Sep - 13:51

L'ancienne rockstar était devant moi, d'un regard entendu, on s'était mis à marcher, limite comme des automates. De dos, on avait tout de même cette impression que sous sa veste, l'homme en question était plus chétif qu'il n'y paraissait, son pantalon étant devenu peut-être même aussi un peu trop grand. Je n'étais donc visiblement pas la seule à avoir vraiment besoin d'aide, il ne devait pas se nourrir de manière correcte depuis longtemps et de plus, il est vrai qu'il sentait l'alcool à plein nez, même si cette odeur ne me déplaisait pas. Trop l'habitude de ces soirées arrosées où finalement, notre sens de l'odorat a dû en morfler un coup avec toutes les odeurs nauséabondes auxquelles on est exposé.

« J'ai pas grand chose... Mais au moins, tu seras au sec. »

J'eus un fin sourire, mes yeux pleine d'une gratitude envers cet inconnu qui n'avait pas besoin de paroles pour s'exprimer. Le vent souffla alors dans les ruelles étroites de l'Eastside, plus fort encore que là-tantôt, le temps orageux se faisant de plus en plus pressant. L'humidité rendait l'atmosphère légèrement lourde à la fois et ce fut alors que les premières gouttes tombèrent du ciel. D'abord en fines goutte, pas très dérangeantes mais bientôt la pluie s'intensifia. Je recopiais l'homme devant moi en tentant d'enfouir ma tête entre mes épaules pour me protéger un maximum.

Sans se poser la moindre question, je voyais mon guide retirer sa veste dévoilant son tee-shirt kaki assorti à son treillis militaire. Il déposa le vêtement sur mes épaules pour me garder au chaud et au sec mais il se retourna directement pour se remettre en marche. L'averse redoubla d'intensité et comme d'un commun accord, on s'était mis à courir. Ou plutôt trottiner vu notre condition physique à tous les deux, nous n'allions pas gagner un sprint dans les jours qui viennent avec nos performances, c'était sûr. On finit donc vite par remarcher, avec un certain entrain et j'entendais jurer l'homme lorsque sa clope tomba à terre, sur le sol déjà trempé par la flotte qui nous tombait dessus. Je souris alors qu'il me racontait que nous n'étions plus très loin. L'effort qu'il faisait pour m'aider me mettait du baume au coeur, quel homme...

Après plusieurs centaines de mètres à marcher sous la drache, l'alcoolique finit enfin par s'arrêter devant un bâtiment assez imposant même si les murs semblaient plutôt sales, j'y retrouvais l'ancienne ambiance de mon ancien studio et m'y sentais déjà presque comme chez moi.

Dégoulinants tous les deux, j'attendais sagement que mon guide retrouve ses clefs dans ses poches. En vain. Embêté par sa canette, il finit par me la tendre pour gagner quelques précieuses secondes et je la pris instinctivement pour l'aider. Puis, ça en a des poches un froc de l'armée, je comprenais qu'il avait du mal à s'y retrouver. Grande joie quand, enfin, il réussit à les sortir. Il fallut alors quelques minutes supplémentaires pour l'alcoolique réussir à insérer la clef dans la serrure.

J'entrai dans le hall sans me faire prier. Il y faisait encore frais et légèrement humide ou alors c'étaient parce que nous étions entièrement trempés que cela me faisait cet effet-là. Mon sauveur ferma la porte derrière nous. Voilà, je n'avais plus d'échappatoire à partir de maintenant, enfin, bientôt plus. J'espérais qu'il était vraiment un homme de confiance, sinon, il était temps de me barrer, et vite. Cependant, il se montra encore attentionné en me demandant comment j'allais et puis, il se présenta.

« Merci beaucoup... Vraiment. »

J'enlevais la veste d'Evan pour pouvoir la lui rendre et me présentais tandis que je la lui tendais.

« Et moi c'est Gaïana... Enchantée. »

Le hall était assez étroit mais le plafond haut. Sur notre gauche le mur était blanc maculé de quelques taches par-ci par-là et des traces d'humidité, il arborait également un miroir dans lequel je vis mon reflet et détournai rapidement les yeux. A notre droite se trouvait les portes d'un ascenseur mais je n'étais pas sûre qu'il fonctionnait encore vu l'état dans lequel il semblait être et juste devant nous, un escalier. Je laissais à Evan le soin de me montrer le chemin à prendre pour arriver à son appartement.

« Je... Je te suis. »

Je l'avais dit avec une voix un peu timide et me mettais alors un peu sur le côté pour pouvoir laisser passer l'ancienne rockstar devant moi et voir s'il prendrait l'ascenseur ou les escaliers. Je ne rêvais que d'une bonne douche et un lit bien douillet, bien qu'un canapé me suffise amplement, pour me requinquer et me reposer jusqu'à pas d'heures.
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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeDim 27 Sep - 15:40


A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul.

ft. Gaïana Dugopoliac


Entrer dans le hall de l'immeuble fut une véritable bénédiction. Même si on était trempés, au moins, la pluie avait arrêté de nous tomber dessus. Je m'étais alors présenté, lui dévoilant mon prénom et lui demandant le sien. J'avais la tête qui tournait à cause de l'alcool que j'avais ingurgité jusqu'ici depuis le matin, mais c'était surtout parce que j'avais un peu couru. D'ailleurs, j'étais essoufflé comme si je venais de courir 10 putains de kilomètres, ce qui était très loin d'être le cas. Mais bon. Passer 10 ans enfermé dans un appart complètement enfumé à boire des litres de bière n'était pas vraiment recommandé si on comptais piquer un sprint. Même si le sprint en question ressemblait à tout sauf à un sprint.

Trempée et frêle sous ma veste qu'elle me rendit tout en me remerciant, elle m'apprit qu'elle s'appelait Gaïana. Je lui souris en reprenant ma veste, la posant sur mon bras qui tenait les clés dont j'avais encore besoin pour ouvrir la porte proprement dite de mon appartement.

-C'est pas un nom courant, ça...

Enfin, peut-être qu'en 10 ans, ça l'était devenu, j'en savais strictement rien. Je ne savais pas grand chose de ce qui se passait dehors, j'avais déjà du mal à savoir quand on était le jour ou la nuit alors pour ce qui était du reste...

Je me mis à monter les escaliers, suivi de près par la jeune femme. On allait pas rester 20 ans dans le hall parce que je commençais à avoir froid tellement j'étais trempé. Les mains tremblantes, je chopait les clés de ma porte et l'ouvris aussi difficilement que la porte d'entrée. Je frottai mes yeux et recommençai une deuxième fois. Je n'avais pas l'habitude que mes yeux foirent. D'habitude, je visais bien, mais fallait croire que ça allait pas durer indéfiniment... Et le jour où ça arriverait, j'espérais que j'allais plus vivre trop longtemps parce qu'être sourd me suffisait amplement.

J'ouvris la porte de mon appartement, dévoilant... le bordel monstre qui y régnait. Il y avait des pochettes d'albums, dont ceux de The Army, des cartons de pizzas et des bouteilles de bières vides partout par terre, les fenêtres étaient colmatées par les plaques d'OSB que j'avais vissée le jour où je m'étais installé ici et où j'avais réellement réaliser que j'étais arrivé au point de non retour. Je ne voulais pas que les gens me voient. J'avais été une rockstar un jour et aujourd'hui, je n'étais plus rien. Et j'avais honte. Même si j'avais juste pas eu de chance... Et que j'avais eu un peu tendance à abuser de l'alcool. Tout ça m'avait mené là... Avec un peu d'aide de Daniele Ricci. Et puis il y avait la poussière qui envahissait tout... Sauf le tourne-disque et mon fauteuil.

Je posai les cannettes de bière sur la table basse et quand Gaïana fut entrée, je revins vite par derrière elle pour fermer la porte à clé. Vu comme ça, on aurait pu croire que je voulais la séquestrer. Sauf que je laissai la clé dans la serrure et que donc, de l'intérieur, elle pouvait très facilement rouvrir la porte. Et ce n'était pas juste un oubli, non, c'était fait exprès. Pas pour ne pas faire peur à Gaïana, juste pour qu'on ne puisse rien glisser de l'extérieur qui puisse ouvrir la serrure. Je me protégeais de ce qu'il y avait dehors.

Contradictoire vu que je venais de laisser entrer Gaïana ? Non, pas vraiment. Parce qu'elle avait autant besoin de protection que moi, me semblait-il. Du moins, pour le moment. Je m'approchai de Gaïana et tendis la main vers elle pour qu'elle me rende la cannette de bière que je lui avais donnée devant la porte d'entrée pour avoir les mains libres. Je secouai un peu la cannette pour voir ce qui restait et la vidait d'un coup avant de poser le cadavre sur le premier meuble à portée de main.

Je désignai une porte.

-La salle de bain est par là... T'y trouvera ce qu'il te faut pour te sécher... Je crois...

Puis une autre porte.

-Là, tu peux aller dormir, c'est la chambre... Moi, je dors dans le fauteuil qui est là, de toute façon...

Il allait probablement falloir qu'elle secoue la poussière des couverture, mais moi, je vivais dedans alors je la voyais plus, la poussière.

Je me grattai derrière l'oreille... Mes appareils auditifs me démangeaient... A force de les porter pour écouter de la musique, il m'arrivait d'avoir des irritations là où le plastique était en contact direct avec la peau.

Je souris à la jeune femme. Mes yeux semblaient fatigués, maintenant. Tout ça, c'était beaucoup plus que ce à quoi je m'étais habitué les dernières années. Je finis par me diriger vers le fauteuil pour m'y laisser tomber en soupirant et en frottant mes yeux. Puis j'allumai une nouvelle clope.

Je me tournai vers la jeune femme...

-Ça fait combien de temps que t'es dans la rue ?

Mes cheveux trempés dégoulinaient le long de mon cou et derrière mes appareils auditifs... C'était ça qui me grattait...

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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeSam 12 Déc - 21:30



Spoiler:
 


Evan sourit lorsqu'il reprit sa veste. Ça valait dix fois mieux qu'un «de rien» atone. J'étais contente si mes bonnes manières avaient encore un effet quelconque sur quelqu'un, parfois, je les oublie vite. A force de côtoyer des personnes pas trop nettes, on finit vite par oublier les petits mots qui font toute la différence et un merci était sans doute le plus important de tous.

Ce fut à mon tour de sourire lorsqu'il me parlait de mon nom. C'est vrai que dans le coin, il n'était pas courant du tout. Au début, ce fut une véritable frustration d'entendre tout le monde l'écorcher à longueur de journée et elle devait généralement le répéter deux à trois fois avant que la personne en face de moi comprenne et sache le répéter. D'ailleurs, je n'étais pas sûre du tout qu'Evan puisse le prononcer et il se trompera sûrement plus tard. Pas grave, j'ai l'habitude après tout.

« C'est normal, je ne suis pas vraiment d'ici... J'ai des origines slaves... »

On montait enfin les escaliers, me confirmant que l'ascenseur était bel et bien condamné. Devant moi, j'entendais le souffle rauque d'Evan. Il était clair que cet homme manquait énormément de condition et vu qu'il sentait la bière à dix kilomètres à la ronde, il était sûr que son problème d'alcool ne l'aidait pas à se remettre rapidement de cette petite course. Je le suivais tranquillement, laissant une distance respectable entre nous. Le genre de distance qui me permettrait de pas tomber sur Evan si je devais basculer vers l'avant en manquant une marche, que je ne manquais heureusement pas. Par contre, Evan manqua plusieurs fois la serrure avec sa clé. Je le prenais limite déjà en pitié, je l'aurai bien aidé en le faisant moi-même mais j'avais peur de le diminuer en le lui proposant... Vous savez, un homme a toujours son côté viril à défendre et on ne rigole pas quand on parle de leurs capacités... Enfin, quoi qu'il en soi, à sa place, je me sentirai déjà assez démunie comme ça. Avec des appareils auditifs pareils on aurait dit Dumbo puis s'il est complètement détruit par l'alcool...

Je lâchais un soupire de soulagement lorsque la clé tourna et que la porte s'ouvrit. L'appartement était un capharnaüm monstre et en passant le pas de la porte j'avais l'impression que l'air y était devenu opaque. Une odeur nauséabonde planait partout dans le foyer, sans doute qu'Evan ne le sentait pas tant il devait y passer du temps et que cela faisait partie de son quotidien. J'y recelais l'humidité, la bière, la poussière, la saleté, quelques débris de nourriture qui avaient fait apparaître quelques petits mouchettes près de la cuisine, à supposer les cartons de nourritures, de poubelles remplies qui y trônaient. Je fermais les yeux sur ce bordel. Je n'en avais jamais vu de pareil mais le bordel, je connaissais quand même bien. Pour le nez, j'ouvrirais bien toutes les fenêtres pour aérer un max lorsque je serais plus à l'aise...

Evan se retourna pour fermer derrière moi, je le regardais faire sans dire un mot. Celui-ci ne s'excusait pas pour le bordel, je pense que cela tombait sous le sens, à moins qu'il soit complètement aveugle et que cela ne lui semblait vraiment pas être un problème. De toute façon, ça n'y changeait rien. Sur le coup, ça me manquait de pas être la petite femme à tout faire de Billy. Je nettoyais tout dix milles fois, on s'engueulait à longueur de journée, je cuisinais de la merde mais putain, au moins, ça puait pas la mort comme ici.

Une petite malle pleines de disque était devant la porte de la salle de bain que l'ancienne rockstar me désignait. J'espérais qu'il aurait de l'eau chaude, je rêve d'une vraie bonne douche sans en ressortir glacée par les coupures à cause du chauffe-eau ou parce qu'il n'y aurait plus que de l'eau froide.

La porte suivante était la chambre d'Evan, je pourrais en occuper le lit, ça, c'était trop cool. Je croisais les doigts pour qu'il soit confortable, sinon, je voulais bien prendre le canapé aussi... Je hochai de la tête à l'intention d'Evan, qui se grattait derrière les oreilles, pour lui montrer que j'avais bien compris. Il sourit et s'affala dans son canapé d'un air complètement exténué.

« Ça fait combien de temps que t'es dans la rue ? »

Je m'adossai contre le mur du couloir et levai les yeux aux plafond pour réfléchir à la question.

« Et bien, ça doit bien faire 3 jours. J'ai suivi un gars pas très net en fait... J'ai été trop naïve de croire à ce qu'il me promettait et j'ai mis bien trop longtemps à me décider à partir lorsque j'ai compris qu'il m'avait menti du début à la fin... Du coup, je suis partie avant-hier, j'ai pris le train hier pour revenir à Los Angeles et me voilà ici... Dans cette situation. »

Sur ces paroles je regardais autour de moi d'un air un peu attristé et en même temps, je gardais toujours cette haine profonde pour ma stupidité, j'étais amère. Amère de ne pas avoir compris avant de partir. Plus jamais je ne croirai les gens de la sorte... Ce gars avait tellement bien planifié son coup, tellement bien ficelé ses discours... J'étais littéralement dégoûtée. Je me décidais donc d'aller me laver avant d'avoir envie de donner un coup de pied dans toutes les affaires d'Evan qui aurait pu traîner à ma portée.

« Bon, je vais prendre une douche alors... »

De ma main droite, je vins défaire mes cheveux attachés en queue de cheval. Ils retombèrent en cascade sur mes épaules, ondulés par la pluie. Je dégageai la porte de la salle de bain, remettant sur le côté la malle pleine de disque dont celui de The Army qui présidait fièrement au-dessus de tous. La pièce dans laquelle j'entrais était petite et contenait une toilette, une petite baignoire avec un pommeau de douche, une petite armoire dans laquelle il ne restait que trois petites serviettes et une machine à laver dont l'état me semblait déplorable. Je refermais la porte derrière moi avec un petit cliquetis me retrouvant seule avec moi-même. Pendant quelques instants, je restais là, sans bouger, juste à réfléchir sur ma situation, qu'est-ce que je fais là? Que vais-je faire? Puis je soupirais et commençais à me déshabiller lentement. Je fis couler l'eau qui finit par être brûlante au bout de deux minutes et rentrais mes pieds dans la baignoire et fit couler l'eau sur ma peau qui eu tôt fait d'avoir la chair de poule avec le changement de température entre l'air frais de la pièce et l'eau chaude qui coulait sur mon corps. Je prenais le savon et me lavais à mon aise. Je lâchais cependant un petit cri d'effroi lorsqu'entièrement savonnée je me remis sous l'eau et qu'elle était glaciale. Le bonheur était de courte durée. Je pris mon courage à deux mains et me rinçais rapidement avant d'enjamber la baignoire et chercher une serviette qui ne me couvrait que très peu. Je fis vite pour me rhabiller et sortit de la salle de bain. Devant moi, je vis les bières qu'Evan avait achetées et j'en pris une. La canette fit un "psshiit!" caractéristique des boissons gazeuse. La canette à la bouche, je m'avançais vers le "salon" et découvrit que l'alcoolique s'était assoupi dans son fauteuil. Il avait mis un disque qui tournait encore sur la platine et je souris en voyant le tableau. En silence, je rejoignais la chambre où, sans même me soucier de la poussière, je me couvrais de la couverture et m'endormis sans même me rendre compte que j'avais oublié d'ouvrir la fenêtre pour aérer.

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MessageSujet: Re: A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE]   A force de n'avoir besoin de personne, on se retrouve tout seul. (Evan)[TERMINE] I_icon_minitimeDim 13 Déc - 15:32


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ft. Gaïana Dugopoliac


On était finalement au sec dans mon appartement dans lequel je nous enfermai dès que la porte se fut refermée derrière moi. Gaïana avait un drôle de nom parce qu'elle était d'origine slave. Je hochai la tête, pour signaler que je comprenais ce qu'elle disait, que j'étais toujours plus ou moins connecté à elle, toujours réceptif. Parce que parfois, quand mes yeux se perdaient dans le vide ou dans le passé, on pouvait penser que je ne suivais plus... Ce qui était le cas...

Mais pas là, bien que je sentais que je n'allais plus tenir très longtemps. Avec le sprint qu'on venait de piquer pour échapper à la pluie, j'avais poussé mon corps affaibli jusque dans ces derniers retranchements et j'avais du mal à reprendre mon souffle. Y avait de grande chance que je tombe malade d'ailleurs, après avoir été rincé comme ça par la pluie.

Je lui expliquai en deux mots comment s’agençait l'appartement. Elle pouvait disposer à son aise du peu que j'avais à offrir, soit une salle de bain et une chambre, ce qui était déjà mieux que les petites rues de l'Eastside par temps de pluie.

Puis je lui demandai depuis combien de temps elle était dans cette situation à la con. Une situation que je n'avais encore jamais connu. Ça arriverait peut-être un jour, mais jusque-là, je touche du bois, j'avais toujours réussi à avoir un toit au dessus de ma tête... Trois jours. Cela ne faisait que trois jours et ce parce qu'elle avait cru aux promesse d'un enculé... Un peu comme moi...

Elle avait peut-être encore une chance de s'en sortir, de ne pas tomber dans un cercle vicieux. Et si je pouvais aider en lui mettant deux ou trois trucs à disposition, ce serait déjà ça. Elle était jeune et je ne voulais pas qu'elle se retrouve complètement dans la merde pour des conneries...

-Trois jours... Ça devrait aller si tu te reprends maintenant. Faut pas te laisser aller...

Je lui souris, affalé que j'étais dans mon fauteuil, une clope à la main...

-Si tu connais quelqu'un à L.A., quelqu'un qui a un peu plus de ressources que moi, n'hésite pas, le téléphone est là.

Je désignai un téléphone noir à pavé numérique circulaire. Cela faisait un bail que je n'avais pas osé passer un coup de fil chez Babs en espérant avoir Jess au bout du fil. Elle entrait dans l'adolescence et était de moins en moins à la maison... Elle préférait certainement passer du temps dehors avec ses potes ou jouer de la guitare dans la rue et ramener fièrement les quelques pièces que ces prestations auraient rapporté.

La jeune femme préféra aller prendre une douche et je la laissai faire. Lorsque j'entendis l'eau couler, je me levai doucement, faisant attention à ne pas trébucher dans mon propre bordel et pris un disque, au hasard, que je plaçai dans mon pick up... Le seul truc dans cet appart' qui n'était pas couvert de poussière.



Je me replaçai ensuite dans mon fauteuil et continuai à fumer ma clope, perdu dans mes pensées, oubliant totalement la présence de la jeune Ruskov. Et s'en m'en rendre compte, je finis par m'endormir, épuisé par le peu que j'avais fait de cette journée...

© Billy Lighter












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