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 Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]

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Howard Stone


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MessageSujet: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Dim 6 Déc - 21:16


Boredom Is Boring

ft. Cash Izbel


-J’ai gagné !

Les expressions du visage de mes adversaires étaient d’un froid à glacé le sang alors que je rassemblais les jetons pour les mettre en petite pile devant moi. Troisième partie, troisième victoire. Mes adversaires du jour : un manager de BSC, un acteur visiblement déjà bien entamé par l’alcool (à l’instar de moi) et un chef d’entreprise au nom tellement italien que je le soupçonnais de faire partie d’une mafia ou l’autre. Quoi qu’il en soit, j’avais encore gagné !

-Souriez ! C’est le Réveillon de Noël !

Moi, je souriais mais c’était pas suffisant pour les faire rester à la table. Ils me traitèrent tous en chœur de tricheur avant de quitter tous la table me plantant là comme un con. J’avais soupiré un grand coup et pris une cigarette dans mon paquet tout en mettant mes pieds sur la table et me balançant sur ma chaise. Moi qui croyais que tous les invités de Daniele Ricci étaient cool… Je m’étais trompé… Ce gars invitait vraiment n’importe qui… La preuve : j’étais là… Le manager italien m’invitait à toutes ses grandes fêtes depuis trois ans déjà et je n’en avais jamais ratée une. Le luxe de sa villa ainsi que l’alcool était suffisant à me donner envie de venir.

Alors, alors… Qu’est-ce qu’on avait dans les alentours ? De ma chaise, je pouvais voir la mère North discuter avec son mari. Cette femme était très belle malgré son âge à croire que les années n’avaient pas d’emprise sur elle. Il y avait aussi le maitre de la maison : Daniele Ricci qui flirtait avec une femme que je ne connaissais pas. Il y avait aussi une demi-douzaine de journaliste et des rockstars à profusion… Je n’étais qu’un vulgaire morceau de carotte dans la grosse soupe concoctée par Ricci. A cette idée, je me pinçais les lèvres. Que ça ? Bordel, c’était bien triste…

Je me levai de ma chaise prenant quelques secondes pour avoir une équilibre parfait (mais tout de même relatif) et enfuis mes jetons dans mes poches. Je devais avoir bus… Je sais plus… En tout cas, il était temps de se mêler à ce beau monde en cherchant les gens les plus cool. Dans ma longue quête, je rencontrai un plateau d’où je pris un cocktail d’un bleu étrange… Je me fichais complètement de ce que c’était, il avait juste une couleur cool alors je l’avais pris. J’en bus une gorgée, puis une autre et fini par tomber droit sur Lauren, une jeune australienne qui était secrétaire chez BSC. Elle était tout simple, Lauren. Pas trop de maquillage, une robe pas trop chère. Je la voyais à toute les fêtes de Ricci et on commençait à bien se connaitre elle et moi.

-Tu sais où est l’action toi ? Moi je l’ai pas trouvé…

Elle éclata de rire avant de me convaincre de ne surtout pas aller dire ça à Daniele Ricci. Elle me montra la scène du doigt en m’incitant à aller mettre l’action moi-même.

-Aria n’est pas là…

Encore une fois elle rigola me trouvant difficile et mettant en avant que le matériel de Ricci était à la pointe… Je soupirai… Même le matériel haut de gamme de Daniele ne pouvait pas remplacer Aria.

Soudain, je remarquai dans un coin Cash Izbel. Un sourire s’afficha sur mon visage. Cash était le guitariste de The Lightening. Ils étaient actuellement en tournée et avait dû faire une pause pour les fêtes. Ce mec-là était space mais il savait faire la fête. Peut-être qui lui, il savait où était l’ambiance… Je coupai d’un coup la conversation avec la jeune femme.

-Désolé Lauren… Je crois que je sais où trouver de quoi m’amuser ! Je te promets de venir te revoir plus tard.

Elle rigola à nouveau alors que son rire était de plus en plus lointain à mesure que je me rapprochais de Cash et à mesure que je buvais ce cocktail bleu.

-Hey !!! Cash !!!! Tu sais où est l’ambiance toi ???


J’avais crié ça alors que je n’étais qu’à deux mètres du guitariste. Il était souvent dans la lune alors je l’interpellais tout le temps en criant.

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Cash Izbel


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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Mer 9 Déc - 17:39


Boredom Is Boring

ft. Howard Stone


Bouteille de Jack Daniels ambré dans une main, cigarette dans l'autre, les cendres tombant en petits cercles hypnotiques sur la moquette, j'étais affalé dans un coin de la salle de réception de la villa Ricci. Mes yeux noirs grands ouverts derrière les verres fumés de mes lunettes de soleil, j'observais la faune qui composait cette jungle impitoyable de la jet set dont nous faisions désormais partie après notre ascension fulgurante.

Il y avait de ça un an, nous n'étions encore rien, personne. Billy était un petit blanc bouseux de l'Indiana qui bouffait du maïs à tous les repas et moi, une âme errante et vaporeuse de L.A., une drogue empoisonnant le réseaux veineux de ses petites rues, campée sur les deux roues de mon BMX.

Et aujourd'hui, nous nous résumions en un seul nom : « The Lightening ». La combinaison de nos caractères opposés provoquant une foudre destructrice et  des éclairs de génie. Et L.A. ne pouvait plus rien nous refuser. Je comptais bien tout lui prendre, profiter d'elle jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus... Et me reprenne tout.

Sexe, drogues et Rock'n'Roll... Tel était, dans les grandes lignes, mon mode de vie. Bien que je n'ai pas attendu la célébrité pour vivre de la sorte. J'étais un guitariste junkie et séducteur bien avant de monter sur ma première scène. La seule différence avec avant, c'était l'étendue de ma plaine de jeu.

Devant moi s'étendait le monde dans lequel j'avais maintenant un pied. Mais je ne comptais pas y mettre les deux. J'avais grandi à L.A., dans les rues d'Hollywood. Et un gars comme moi ne pouvait pas tourner le dos à ses origines comme essayait en vain de le faire Billy. Parce que ma naissance et ces rues faisaient tout ce que j'étais : ni noir, ni blanc, ni riche, ni pauvre, ni religieux, ni athée. Je n'avais jamais appartenu à aucun monde, et toujours à plusieurs à la fois. Un électron libre et fou de cette liberté.

Ma cigarette laissa place à la bouteille contre mes lèvres et une langue de feu couru jusqu'à mon estomac, faisant gentiment et agréablement tourner ma tête, nimbant tout ce beau monde invité par le meilleur manager de Los Angeles d'un magnifique brouillard lumineux. Certains étaient plus lumineux que d'autres. Les femmes, automatiquement. Je les aimais toutes. Mais la plus radieuse d'entre elle restait la matriarche de la bande, Sarah North. La seule femme invitée par Ricci qui ait été capable de donner la vie, ce qui la rendait encore plus majestueuse.

Rien n'était plus beau qu'une mère.

Aucune trace de Billy, par contre. Il était sûrement allé se réfugier dans l'une des luxueuses chambres de Daniele Ricci. Il y avait bien trop de monde pour lui, ici. Et il était incapable de faire abstraction de ces gens. Il était une éponge, alors que je pouvais rester totalement extérieur à tout ce qui se passait ici.

Je vis vaguement passer Erik, le majordome, devant moi et placer un cendrier à terre afin de recueillir les cendres qui tombaient de ma cigarette et qui commençaient non seulement à tacher, mais à brûler la moquette. Puis, il disparut, aussi silencieusement qu'il était apparu dans mon champ de vision.

Et alors, j'entendis mon nom, de loin, très loin, par au-dessus de la musique. Je crois que c'était The Lightening, mais je n'en étais pas sûr.

Je tournai mollement la tête dans la direction d'où était venu mon nom. Et malgré mes lunettes de soleil, je fus éboulis, au point que je levai ma main qui tenait ma clope, qui en était au filtre, pour protéger mes yeux.

Howard Stone, batteur de The Burning Fire. La base du groupe, contrairement à ce que voulait laisser croire la presse rock comme Guitar&Pen. Kayden et Nathan n'étaient que de pâles fantômes creux à côté d'Howard et Aria. Malgré les airs désinvoltes du batteur, c'était un gars avec une véritable âme... Un gars qui ne laissait pas la mort indifférente et qui flirtait avec elle, rivalisant avec moi à ses yeux.

Je jetai mon mégot à terre et me levai, sourire aux lèvres, me retrouvant face à Howard Stone. Nous faisions la même taille et pouvions, sans le moindre effort, nous regarder dans les yeux, à ceci près que je gardais mes lunettes de soleil pour me protéger de son aura... Et du reste du monde.

Pas de poignée de main, pas de « bonsoir », nous laissions ces banalités aux humains. Nous, nous étions autre chose.

De ma voix qui dénotait totalement avec mon apparence physique, je lui répondis après avoir hoché affirmativement la tête :

-Nous sommes là, non ?

Je lui fis signe de me suivre de la tête.

-Mais je sais où on peut aller... Je connais un bon endroit.

Laissant derrière nous les hôtes de Ricci, je me dirigeai vers l'un des escaliers montant à l'étage. On trouverait bien une salle de bain par là.

-Aria n'est pas avec toi ?

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Sam 12 Déc - 13:15


Boredom Is Boring

ft. Cash Izbel


Ma voix avait atteint sa cible : le cerveau de Cash Izbel. Sa tête se tourna vers moi me laissant voir sa touffe de cheveu impressionnante. Bordel, ça devait pas être facile à entretenir une telle coupe de cheveux. Il protégeait ses yeux de sa main. Des yeux que je ne pouvais pas voir, évidemment, à cause de ses cheveux noirs. Les gestes du guitariste étaient lents, aussi lent qu’une torture qui rejoint la mer.

Je ne bougeais pas, c’était Cash qui se leva pour me rejoindre. Moi, je sirotais toujours mon cocktail dont le bleu m’hypnotisait presque. Aussi hypnotisant que le mégot que Cash avait lâché à terre, juste à côté du cendrier et qui commençait à ronger la moquette. Il me faisait face alors que je cherchais toujours désespérément l’ambiance. Sa réponse me fit sourire alors que mes sourcils se levèrent brièvement. Il avait raison, on était là. J’approuvai de la tête le guitariste.

Il me fit signe de le suivre et je n’hésitai pas une seconde. Il savait où on pouvait aller et je savais qu’il aimait la même chose que moi : l’action et le danger. C’était notre gros point commun en plus de notre amour envers nos instruments respectifs. Lui sa guitare et moi mon Aria. D’ailleurs, directement et sans même qu’on ait à parler, il savait que je pensais à elle. Avec Cash, il était inutile de parler, je l’avais compris après un petit temps. Avant je lui parlais, alors que des signes et des regards suffisaient à se faire comprendre et à la comprendre. Mon sourire fit place à un petit soupire. Non, Aria n’était pas là.

-Non, hélas. Je n’ai pas su la transporter dans ma voiture de sport…

Je n’avais pas eu le choix, je n’avais pas d’autres voitures. Et les roadies étaient en vacances pour la plupart alors je n’avais pas pu en appeler un pour m’aider à transporter Aria jusqu’à la villa Ricci. C’était le seul défaut de mon Aria, celui d’être difficile à transporter. Et elle me manquait déjà.

-Et toi ? T’as pris ta guitare ?

Quand je vous disais que nos amours pour nos instruments étaient similaires, je n’exagérais pas. Cash adorait sa guitare et il n’aurait laissé personne d’autre que lui l’utiliser. Tout comme je ne laissais personne toucher Aria.

On monta les escaliers de la grande villa du manager de BSC. Arrivé en haut, je déposais mon verre vide sur un meuble du couloir de l’étage. Mon sourire revint arborer mon visage alors qu’on poussa la porte d’une des salles de bain de Ricci. Elle était grande cette foutue salle de bain avec sa grande baignoire aux allures de jacuzzi, sa douche à l’italienne et ses nombreux éviers. Elle avait presque la taille d’une chambre.

J’interrogeais Cash du regard. Qu’avait-il à me proposer pour trouver l’ambiance que je recherchais tant ?

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Cash Izbel


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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Sam 12 Déc - 20:11


Boredom Is Boring

ft. Howard Stone


J'aimais le sourire d'Howard. Il reflétait une curiosité sans borne et étrangère à la peur. Il exposait au monde un esprit dont les limites étaient absentes et les envies insatiables. Il aurait pu être mon frère, dans un certain sens. Il l'avait peut-être été, qui sait, ou le sera peut-être, un jour, dans un autre monde ou une autre vie. Quant à ses yeux ? Des yeux de menteur. D'une noirceur telle que les miens mais camouflés par une feuille d'or tape à l’œil qui les faisait paraître plus doux, d'un brun chaleureux, accueillants, attirants. Telle la lumière artificielle aux yeux multiples des papillons de nuit.

Mortelle.

Et si c'était cette apparence qui charmait la plupart des gens, moi, j'étais attiré par la vérité qu'elle camouflait. Cette promesse non tenue.

Le batteur de The Burning Fire ne se fit pas prié pour me suivre, sans prononcé un mot, sans poser aucune question. Il était depuis plus longtemps que moi dans ce monde de la jet set que j'étais seulement en train de découvrir. Il m'apprenait un tas de choses sans le savoir. Mais j'aimais penser qu'il avait appris de moi que les mots n'avaient pas toujours la grande importance que les habitants de ce monde voulaient à tout prix leur donner. Qu'il existait une autre forme de communication, bien au-delà des mots.

Je lui demandai des nouvelles de son Aria qui était son âme sœur, une partie de lui-même et c'était avec toute la tristesse requise qu'il me confia son absence. J'eus un regard endeuillé, dégageant mes cheveux pour le partagé avec lui. Il n'y avait rien de plus désagréable qu'un membre fantôme. C'était comme si on avait privé Billy Lighter de sa langue.

Et comme les convenance établies entre nous l'exigeait, c'est de ma guitare que l'on parla ensuite. Mon deuil laissa place au soulagement de ne pas être dans la même situation que mon comparse d'un soir.

-Elle m'attend dans mon lit...

Dans l'une des nombreuses chambres de la villa Ricci. Je n'avais pas de chez moi. J'habitais partout où j'étais, partout à la fois.

Nous arrivâmes à l'étage, sur un magnifique balcon le long duquel trônaient des meubles reflétant toute la richesse de Ricci. Howard y abandonna le cadavre d'un verre vide. Heureusement, je trimballais toujours avec moi ma bouteille de Jack, presque pleine. Et nous pénétrâmes dans l'une des salles de bains.

Spacieuse, épurée, ce n'était pas une salle de bain, pour moi. C'était un sas, l'entrée d'un portail vers un autre monde.

Je captai le regard du batteur qui m'interrogeai sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche, patient. Je souriais, mais mon esprit était déjà ailleurs.

Je marchai lentement, mais d'un pas décidé, vers la baignoire dans laquelle je m'installai. Je sortis une clope et l'allumai, une fois allongé confortablement. Je soufflai ma fumée tout en faisant signe à Howard de me rejoindre. La baignoire était plus qu'assez spacieuse pour deux hommes adultes, d'autant que nous n'étions pas de grands gabarits.

Je ne prononçai pas un mot jusqu'à ce qu'il m'eut rejoint. Et là, j'attendis encore quelques secondes, admirant ma propre clope se consumer. Puis, mes yeux se plantèrent brusquement dans ceux du batteur, comme si je venais de me rappeler qu'il était là. Je lui souris. Je savais qu'il hantait cette villa depuis bien plus longtemps que moi.

-Combien de clés possède la villa Ricci ? Pour combien de porte ?

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Lun 14 Déc - 18:33


Boredom Is Boring

ft. Cash Izbel


Aria n’était pas parmi nous ce soir et c’était ce qui rendait l’ambiance encore plus complexe à trouver. Ne pas l’avoir prise c’était un peu comme l’avoir abandonné dans le silence pesant de ma villa vide. Et je m’en voulais un peu de la laisser seule. C’était à Aria que je devais toute mes sentiments de culpabilités et rien qu’à elle. Pour personne d’autre je n’en avais. Et Cash comprenait mon léger désespoir et affichait un regarde endeuillé. Par de simple regard il me faisait part de sa proximité alors que je regrettais silencieusement l’absence de ma batterie.

Mais si Aria n’était pas présente ce n’était pas le cas de la guitare de Cash qui était belle et bien là, au chaud, dans la chambre réservée par le guitariste. Elle attendait tranquillement son compagnon bien installée sur un des lits luxueux de la villa Ricci. Je souris, il en avait de la chance ! Je pouvais lire dans les expressions de Cash qu’il était soulagé de ne pas être dans la même position que moi. Démuni de son âme-sœur.

On monta à l’étage, le guitariste et moi, en quête d’ambiance. Je savais que je pouvais compter sur Cash pour rendre une soirée inoubliable. Donc c’est aveuglément que je le suivis jusque dans une des salles de bains de Ricci. Une fois à l’intérieur, j’admirai la taille et le luxe de l’endroit. Bordel, il ne s’emmerdait pas le Ricci. Je crèverais pour pouvoir avoir une villa comme la sienne. Je savais pas où il pouvait se trouver toutes ces thunes…

D’un seul regard, je posais milles questions à Cash. Celle qui portait sur ce qu’on allait faire prédominait dans mon regard. Sans un son, encore, le guitariste s’installa dans la grande baignoire et sortis une cigarette de son paquet. Il me fit signe de le rejoindre. Mon petit sourire en coin vint s’afficher sur mon visage alors que je m’installai, moi aussi, dans la baignoire. Celle-ci était tellement grande qu’on était très loin de manquer de place. Du coup, je pris mes aise pour être mis le plus confortablement possible.

Je regardais toujours le guitariste. Il avait une bouteille de Jack et une clope. Ce qui signifiait qu’il avait beaucoup plus de trucs que moi. Pour combler cet écart, je sortis moi aussi une cigarette et l’allumai. J’en fumai une grosse bouffée le temps que les yeux de Cash, qui s’étaient perdu dans le vide, ne se fixent à nouveau sur moi. Et après vint une question qui, pour Cash, devait avoir beaucoup de signification. Je réfléchis quelques secondes en détachant mon regard du guitariste.

-Environs quatre-vingt, je crois. La villa compte plus ou moins quarante pièces et chaque clé à son double. Une pour Erik, une pour Ricci.

Ce n’était qu’une estimation. Je n’avais jamais compté, ni demandé au manager ou à son majordome le nombre exacte. Je replongeais mon regard le guitariste en soufflant la fumée de cigarette vers lui. Une fois qu’elle se fut dissipée je laissais apparaitre à nouveau mon regard interrogateur. Pourquoi une telle foutue question mon petit Izbel ?

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Mer 16 Déc - 11:04


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ft. Howard Stone


Howard me rejoint sans broncher dans la baignoire vide. Puis je le perdis brièvement de vue avant de revenir vers ce monde luxueux dans lequel nous étions plongés tout entier. Ce monde matérialiste et ostentatoire qui reflétait tout l’ego de Daniele Ricci. C'était pour ça que je venais ici : la villa Ricci pouvait paraître superficielle et pourtant, elle possédait une âme si on voulait bien y regarder de plus près... Combien de musiciens étaient passés par ici et y avaient fait leurs armes? Combien y avait perdu la vie à force de tirer sur la corde et y était maintenant prisonniers à tout jamais? Combien avaient atteint des sommets pour ensuite dégringoler la pente de la célébrité ? La villa Ricci était similaire à une lame à double tranchant. Elle pouvait tout vous donner et tout vous reprendre. Elle était la petite sœur de L.A.

Et comme Los Angeles, pour y évoluer, il fallait la connaître par cœur.

D'où ma question posée au batteur de The Burning Fire. J'écoutai sa réponse qu'il énonça après s'être allumé une clope. Il connaissait certes bien cette villa, mais pas de la même façon que moi. J'aurais été incapable de dire combien de pièces il y avait ici... Il m'apprenait également que chaque clé de la villa avait son double...

Je pris une grande gorgée de Jack Daniel's et lui tendis ensuite la bouteille, me penchant en avant et l'invitant à faire la même chose. Quand il l'eut en main, j'adossai mon torse nu de nouveau à la céramique froide immaculée de la baignoire et souris. Je levai le bras qui tenais ma clope, le coude sur le bord de la baignoire et mes cendres tombaient là où elles pouvaient tomber, sans que je me soucie d'éventuelles brûlures ou de mon jeans qui se trouait là où la cendre avait le temps de cramer.

Je frappai trois fois sur l'un des carrelages blanc, juste au niveau de ma main, comme si j'avais frappé à une porte. Tout était calculé ici, et si on savait où regarder, il y avait tout un tas de trésors que recelaient cette villa. Des trésors dont je n'était même pas sûr que Ricci lui-même les connaissent tous.

Au troisième coup, le carrelage se déchaussa et je pus l'enlever délicatement du mur, dévoilant une petite cache. Je plongeai ma main dedans tout en prononçant ces mots.

-Une seule clé...

Je sortis du mur une petite boule blanche, façonnée par une peau de cellophane et la maintint comme une offrande, dans ma main, entre le batteur et moi.

-...pour un nombre infini de portes.

Mon regard quitta la petite boule d'héroïne pour se plonger dans les yeux bruns d'Howard Stone.

-Ta déesse Aria peut être juste derrière l'une de ces portes.

Je tendis un bras pour attraper sa main et y plaçai l'héroïne. Je connaissais Howard, je l'avais observé. Je savais qu'il n'aurait pas peur de partir avec moi à la recherche de la vérité, de voir ce que tous les autres ne veulent pas voir.

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Jeu 17 Déc - 12:55


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J’étais pas certain que le nombre que j’avais dit était exacte… Mais c’était une très bonne estimation, de mon avis. Je connaissais le nombre de chambres, le nombre de salle de bain et je savais que Ricci avait un foutu studio de luxe (que je n’avais jamais vu étant donné qu’il ne laissait y entrer que ses groupes), restait à estimer les pièces du rez-de-chaussée. Quarante me semblait être un bon chiffre. Doublé parce que toute clé avait son double. Je tirais sur ma clope lançant à Cash un regard interrogateur. La raison d’une question pareille m’était inconnue. Mais je savais qu’avec le guitariste je n’allais pas être déçu quand j’allais apprendre les raisons.

Il but une gorgée de Jack avant de me tendre la bouteille. Je la pris en main regardant le liquide ambrer stagné au fond de la bouteille. Cash se réinstalla confortablement et leva le bras qui tenait sa clope. Je levai la bouteille avant de boire une énorme lampée. Un bref moment de silence presque total. Mon corps était encore plus détendu quand le whisky coula dans ma gorge. Mais je n’avais toujours pas la réponse. Je ne savais toujours pas ce que venaient faire les clés de Ricci dans l’histoire. Je savais que j’allais le savoir. Le mystère planait juste sur le « quand ». D’ailleurs, chez The Lightening, le mystère planait TOUJOURS sur le « quand ».

Cash frappa trois fois sur un carrelage de cette salle de bain aussi énorme que l’ego de son propriétaire. Je levai un sourcil, interrogateur, avant d’avaler encore une fois une gorgée de whisky. Le carrelage s’enleva alors au troisième coup marquant la surprise sur mon visage. Un cache secrète ! Je souris de mon petit sourire en coin. Cash y plongea sa main me rendant aussi impatient qu’un petit gosse la veille de Noël. Pour le guitariste, il n’y avait qu’une seul clé dans cette foutue villa de ce privilégié de Ricci. Une seule pour un nombre infini de portes. Il dévoila alors une petite boule blanche. Bien loin de mon calcul cartésien, Cash avait vu plus loin et mieux. Des portes il y en avait autant qu’on voulait.

Je sentais que Cash me regardait mais moi, j’étais maintenant obnubilé par la petite poudre blanche et mon attention n’était portée que sur elle. La drogue dure, j’avais déjà essayé, mais uniquement de la cocaïne. Ce que Cash me proposait été différent. Un défi supplémentaire entre moi et la mort.

Aria pouvait être derrière une des portes imaginaires qu’allait pouvoir m’ouvrir la poudre que tenait Cash dans sa main. Je faisais « oui » de la tête très lentement, comme si j’étais hypnotisé. Mon Aria me manquait, l’ambiance me manquait, beaucoup de choses maquaient et la clé était entre les mains du métis.

Entre les miennes maintenant… Cash déposa dans ma main sa clé et je la portai à hauteur de mon regard déposant, dans mon geste, la bouteille de Jack Daniel’s au bord de la baignoire juste à côté de moi.

-Une seule clé qui vaut mieux que les quatre-vingt de Ricci.

Parce qu’aucune clé de Ricci ne menait ni vers le fun, ni vers Aria. J’ouvris le petit paquet avant de disposer des lignes parfaite sur le bord de la baignoire. Une devant moi, une devant Cash. Je fixai le guitariste.

-Si Aria n’est pas derrière une de ses portes, Cash, tu me devras une soirée de fun !

Je souris. En d’autre terme cela signifiait que si je faisais un bad trip le petit Cash me devra des comptes. Après ces mises en garde, je n’attendis pas le guitariste avant de sniffer la première ligne. Fallait que je vois le monde dont parlait si souvent Cash. Voir s’il existait vraiment.

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Mer 23 Déc - 19:34


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J'avais perdu le regard d'Howard. C'était la clé qui avait maintenant toute son attention. La seule et unique clé qui comptait chez Daniele Ricci. Je la lui passai donc, qu'il puisse l'examiner à sa guise. Quand j'étais petit, ma mère me racontait sans cesse l'histoire d'Oz et de la cité d’émeraude. Elle me le racontait sans cesse parce que je le lui demandais sans cesse. En m'endormant, je pouvais alors trouver la porte qui me menait droit dans ce monde où les lions parlaient, où les épouvantails marchaient et surtout, où il y avait moyen de tellement bien se perdre qu'on pouvait ne jamais rentrer à la maison.

C'était ce que je voulais à l'époque. C'était ce que je voulais aujourd'hui. Mais j'étais trop grand pour les contes. Mon cerveau était devenu moins réceptif à certaines choses, moins apte à se déplacer d'un monde à l'autre, comme c'était la malédiction de tous les enfants en grandissant.  

Jusqu'à ce que je trouve cette clé que tenait maintenant Howard au creux de sa main.

Je souris quand Howard déclara que cette clé valait bien toute celles de Ricci. Je tendis le bars pour récupérer ma bouteille de Jack Daniel's pendant que le batteur ouvrait la petite boule de cellophane avant de former des lignes de poudre au bord de la baignoire avec une dextérité d'expert. Je portai le goulot de la bouteille à ma bouche et ingurgitai l'alcool ambré. Une douce somnolence envahissait mon corps, mais pas mon esprit qui observait Howard de derrière mes boucles de cheveux.

Howard me mit alors en garde, ce qui allongea mon sourire. Je retrouvais bien en lui le joueur de pocker, le tricheur qui avait peur d'avoir à faire à un autre tricheur.

Pour toute réponse, je me penchai sans hésitation sur la ligne qu'il avait formée pour moi, sentier immaculé vers l'entrée d'un autre monde. Je bouchai ma narine de mon pouce, ne sachant même pas où était passé mon mégot de cigarette que j'avais encore en main quelques secondes plus tôt. Et j'inspirai d'une traite toute la ligne.

Puis, je me mis à genoux, comme je pouvais, et dégageai mes yeux, mais au passage, je renversai la bouteille de Jack, sans y accorder une once d'attention. L'alcool doré pris la fuite par le bouchon de la baignoire, se faisant la malle, lui aussi, vers le monde, plus sombre, plus sinueux, plus sale, des égouts. Pas sûr que nous allions voguer vers quelque chose de plus lumineux. Rien n'était jamais sûr. La clé ouvrait une infinité de portes, mais pas toujours celle qu'on souhaitait.

Je me sentais déjà partir, les contours de ce décors luxueux qui nous entourait devenait plus flous.

Je posai mon front contre celui d'Howard.

-Si ce monde est le vrai monde ? Pourquoi est-il si facile de s'échapper ?

Je soupirai, vidant mes poumons, puis inspirai. Je savais comment partir plus vite.

-Je vais dans le désert... Tu veux suivre le serpent ? Je te mènerai à Aria...

Je lâchai la nuque d'Howard pour me laisser glisser en arrière, lentement, ramenant mes jambes en avant pour me lover à nouveau, mon dos nu contre la céramique froide immaculée de la baignoire.

Ce n'était plus une baignoire... Ce n'était plus froid.

J'étais lové sur une dune de sable.

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Dernière édition par Cash Izbel le Sam 26 Déc - 17:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Jeu 24 Déc - 12:18


Boredom Is Boring

ft. Cash Izbel


Les lignes que j’avais formées reluisaient comme la neige au soleil. Un soleil d’hiver froid et lumineux. Sauf qu’on n’était pas dehors et que c’était la lumière artificielle qui faisait reluire la poudre tout aussi artificielle qu’on avait devant nous Cash et moi. Je savais que ses deux lignes pouvaient nous emmener très loin. Et je savais, aussi, qu’on pouvait très bien ne jamais revenir de cet endroit. Mais ça en valait le coup, non ?

Je conservais quand même mes arrières sous forme d’une dernière mise en garde. Je disais à Cash que si le voyage ne tenait pas ses promesses je lui demanderais des comptes. Les gens me prenaient souvent pour un inconscient alors que les trois-quarts du temps je savais parfaitement ce que je faisais. Les réputations étant souvent qu’une ébauche de vérité. Il souriait, le guitariste, comme toute réponse et ça me suffisait.

Je fondis sur la ligne la sniffant d’une traite comme le fit aussi mon frère spirituel du moment. L’hésitation n’avait été de mise pour aucun des deux car ça faisait bien longtemps qu’on hésitait plus pour beaucoup de choses. Je fermai les yeux un long moment, sentant doucement les effets arrivé bien plus vite que je ne l’aurais imaginé. J’entendais le whisky s’échapper par le bouchon comme si, lui aussi, cherchait une échappatoire vers un autre monde.

Je rouvris les yeux quand Cash posa son front contre le mien. Son visage, les délimitations de celui-ci commençaient à se mêler avec le décor luxueux de la salle de bain de Ricci. Il posa une question que seul un philosophe pouvait se poser. Et je n’avais pas la réponse. Pas encore… Si facile ? Je ne sais pas… Le moyen est facile, le choix les beaucoup moins pour certaines personnes. Parce que l’utilisation même de la clé peut-être un sacrifice. Un sacrifice que j’étais prêt à faire pour éviter la mort lente que me proposait l’ennui. Je haussais les épaules alors que je ne voyais presque plus Cash.

Il respirait plus profondément alors que je n’arrivais plus vraiment à contrôler ma propre respiration. C’est ce qui arrivait quand on était un novice. Cash était un voyageur aguerri, moi, c’était mon premier road-trip…

Il allait dans le désert… Je le regardais droit dans les yeux. Il connaissait le chemin qui menait à Aria. J’esquissai un léger sourire alors que mes yeux relevaient le défi de le suivre.

Cash me lâcha et se laissa aller contre la baignoire. Je fis pareil, de mon côté mais alors que le guitariste se recroquevilla sur lui-même, j’étendais mes bras sur le bord de la baignoire et laissait aller ma tête en arrière. Doucement, je n’entendais plus le silence de la salle de bain que j’étais en train de quitter. D’abord, c’est le noir complet qui m’entourait, puis, tout doucement, vint m’éblouir de la lumière. Ensuite vint la chaleur. Une chaleur ardente comme je n’en avais ressenti que dans les pays très chaud que j’avais visité lors d’une tournée mondiale de The Burning Fire. Le désert… J’y étais. Il se dessinait tout doucement. Pas une trace d’oasis, juste un désert de sable qui s’étendait sur des milliers de kilomètre.

Je plissais les yeux. Au loin, dans l’horizon ondulé pointait un serpent. Le serpent. Celui qui me conduira à Aria.

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Sam 26 Déc - 17:28


Boredom Is Boring

ft. Howard Stone


Je savais comment ça marchait. J'avais moi-même commencé à être formé à l'âge de 12 ans. J'avais commencé doucement, par des drogues douces et j'avais eu différents maîtres, j'avais rencontré différents shamans dans les rues de L.A. que je parcourais alors non en rampant, mais à toute vitesse sur deux roues. J'avais visité autant de mondes que j'avais eu de guides, chacun m'emmenant  dans les méandres de leurs propres esprits. Jusqu'à ce que je sois à même de trouver le mien, de le construire, de m'y attacher et finalement, de le rendre aussi réel et palpable que la soi-disant réalité.

La chaleur, le sable sous mon corps, je ressentais tout, et c'était dans ce désert que j'emmenais Howard.



Je l'avais déjà fait avant. J'avais eu des amis aussi fascinés que moi par ce genre de voyage et alors que nous étions tous égaux, nous nous amusions à nous emmener les uns les autres dans ces mondes fabuleux qui n'appartenaient qu'à nous. Car sans le guide, il était impossible de retrouver la bonne porte. Une seule d'entre elles nous appartenait vraiment car nous en avions la clé. Pour les autres, il fallait l'accord du propriétaire, au risque de se perdre dans le Néant.

Howard était un novice, je le savais de par sa mise en garde. Ceux qui sont comme moi n'ont pas peur de se perdre, parce qu'ils savent où aller. Et si jamais ça arrive, c'était une partie d'eux-même voulait se perdre, pour être sûr de ne jamais revenir.

Je guidais donc Howard alors que la salle de bain de Daniele Ricci, tellement artificielle, avait laissé place à mon monde. Un monde où j'étais un roi, un dieu, se nourrissant de soleil. Je ne savais pas si,  dans la « réalité », je parlais, si je décrivais les choses à Howard... Probablement, d'une certaine manière, ou alors, c'était grâce à une forme de télépathie dont nous ne pouvions avoir conscience que nous arrivions à rester ensemble, sans partir dans des trips différents.

Je ne sentais plus mon corps humain, je n'étais plus qu'un long être vivant de plusieurs mètres de long, couvert d'écailles, au sang glacé, mais aux pulsions ardentes.

Ici commençait notre quête pour Aria. Et ce serait à partir d'elle, de la véritable Aria, qu'il allait pouvoir avoir accès à son propre monde. Elle aussi était une sorte de porte. Une porte qui n'appartiendrait bientôt qu'a Howard... S'il le voulait.

De la musique flottait dans l'air, et si j'étais bel et bien le seul serpent, le monde entier était rythmé par le bruit d'un serpent à sonnette, venant de nulle part. Les symboles que dessinaient les écailles de ma peau ne cessaient de changer, incantations écrites ou chaos total sans qu'on ait le temps de déchiffrer ni l'un, ni l'autre avant qu'ils ne changent à nouveau de forme.

Je sifflai à l'attention d'Howard. Je pouvais le voir. D'abord flou, il se faisait de plus en plus distinct, de plus en plus réel et palpable. Il n'avait pas encore abandonné sa forme humaine. Un jour, peut-être, il se trouverait un totem. Un jour, peut-être, qui pouvait être aujourd'hui.

Il devait grimper la dune pour me rejoindre. Mais pour y arriver sans glisser, sans se faire ensevelir, il devrait s'accrocher à ce monde... Et plus à l'autre... Se laisser aller...

Nouveau sifflement... Un seul mot, une seule motivation que j'envoyai dans l'air brûlant comme les cheveux de Billy Lighter.

-Aria...

Je la lui avais promis... Je la lui trouverai, sa Déesse.

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Dim 27 Déc - 11:32


Boredom Is Boring

ft. Cash Izbel


Le sable était chaud et je le sentais même à travers mes chaussures. Il était à la fois lourd et léger et semblait s’envolé malgré qu’il n’y ait pas la moindre trace de vent. Pas la moindre brise chaude. Seul emplissait l’air une musique douce dont j’arrivai à déchiffrer le rythme comme un vieil automatisme que même un lieu inconnu ne pouvait réfréner.

Au départ perdu au sein de ce vaste désert doré, je fini par voir, au loin, le serpent. Celui du monde de Cash. Celui dont il parlait tant dans le monde réel. Autrefois une fiction, j’avais l’inestimable privilège de pouvoir le voir de mes propres yeux. De pouvoir en faire une réalité.

J’avançai doucement vers cet être qui me paraissait de plus en plus immense à chaque pas que je faisais vers lui. Comme un monstre de légende. Une vieille légende aussi fantastique que les histoires que me racontaient ma mère lorsque j’étais plus jeune. Et, alors que Roger était fasciné par les prouesses des héros, moi j’étais fasciné par la grandeur des monstres fantastiques. Comme si, à nous deux, nous étions les deux faces d’une pièce. Autant opposés que complémentaires. Et il est prouvé que les héros ne deviennent héro que quand ils rencontrent leur ennemi et qu’ils le combattent. Et si le héro ne peut être sans menace, la menace, elle, peut exister sans héro. Et Roger n’était plus. Il ne restait que moi. Et je n’avais pas besoin de lui pour exister.

Je marchais vers le serpent au gré de la musique. J’abandonnai, en chemin, ma veste en cuir qui rendait le soleil ardent insupportable. Je grimpais une énorme dune avant de redescendre précautionneusement celle-ci. La descente était compliquée. Je sentais mes chaussures glissées sur le sable brûlant. Je risquais de tomber deux ou trois fois mais je réussissais à garder un semblant d’équilibre. Je regardais le serpent. Il sifflait et son corps était maculé de signes impossibles à déchiffrer. Je parvins à comprendre le long sifflement du serpent. Il disait le nom de ma déesse. De mon amour unique. Seul motivation à ne pas trébucher avant d’arriver en bas de la dune à quelques pas du serpent.

Je lui faisais face. Il était impressionnant. Aussi inquiétant que fascinant.

-Montre-là moi.

Je voulais la voir. Je voulais l’entendre. J’attendais que le serpent me guide. Car où qu’il allait aller. Que ce soit à travers un volcan en lave ou dans un tourbillon d’eau glacée, je le suivrais.

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Lun 28 Déc - 13:26


Boredom Is Boring

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Howard m'avait rejoint, sans hésiter et presque sans aucune difficulté. Il avait un don. Ce monde l'acceptait autant que lui semblait s'y adapter. Une preuve que Howard avait du potentiel pour ce qui était de ce genre de voyage. S'il le voulait, avec le temps, il pourrait peut-être devenir un shaman lui-même. Le sable s'affaissait sous son poids avec un réalisme qui prouvait bien que Howard n'allait pas se perdre dans le Néant, ni revenir brusquement dans la salle de bain de Ricci.

Une fois qu'il fut à ma hauteur, je me dressais énorme, majestueux, devant le batteur, pour que ma tête de reptile soit face à celle du jeune homme à la peau légèrement bronzée, signe qu'il était lui aussi un enfant de Los Angeles.

Sur le ton d'une incantation, il me demanda, m'ordonna, me supplia, de lui montrer Aria, sa Déesse, la seule qui comptait. Elle était aussi importante à ses yeux que l'était pour moi ce désert, ce sanctuaire que je m'étais créé, loin des humains.

Je me retournai alors, faisant face à une nouvelle dune qui venait d'apparaître et semblait être si haute qu'elle menait jusqu'au soleil. Et commençai à avancer, rampant lentement sur le sable dans lequel se dessinait le sillon creusé par mon corps longiligne et lourd. Devant Howard défilaient les symboles d'écailles qui me couvraient, changeant, eux aussi, au gré du paysage et de la lumière, à mesure que le serpent que j'étais se déroulait pour avancer vers la boule de feu incandescente au sommet de la dune de sable.

Le temps ne s'égrainait pas de la même façon qu'à Los Angeles. Ici, il s'était élastique, ralentissant puis accélérant brusquement, rendant ma progression à la fois lente et rapide. Je pouvait être une fois encore en train de faire défiler mon corps devant les yeux du batteur, puis, brusquement, plus loin, plus petit parce que plus éloigné, puis revenir au point de départ. Mais de toute façon, un jour ou l'autre, Howard et moi finirions par atteindre notre but.

Que Howard choisisse de suivre en courant, en marchant, de grimper sur moi... C'était à lui d'en faire le choix. Mais il arriverait au sommet, s'il le voulait vraiment.

Moi, je fini par y arriver, après quelques secondes et quelques années de voyage. Le sommet de la dune formait une arête abrupte qui semblait tranchante comme le fil d'un rasoir. Nous étions à la frontière de ce monde, de mon monde... Pour aujourd'hui, du moins, c'était ici et maintenant que ce trouvait la limite.

Mon monde s'arrêtait pour laisser place à celui d'Howard.

Je me dressai encore, faisant face non pas à Howard, mais à cette boule de feu immense. Elle allait tellement haut que je ne pouvais en voir ni le fond, ni le sommet. J'étais face à un mur de feu dont les flammes venaient flirter avec ma langue fourchue.

Je me retournai brièvement vers Howard, l'invitant d'un signe de tête à avancer. Ce n'était pas chaud pour qui n'était pas hostile à ce monde. S'il oubliait tout ce qu'il avait appris : que le feu brûle, que la glace fait frissonner, que l'eau mouille, que la pluie tombe du ciel vers la Terre et que la vie a une fin, il pourrait tout faire.

Y compris toucher le soleil.

Et y percevoir Aria.


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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Lun 28 Déc - 19:49


Boredom Is Boring

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Les yeux du serpent étaient en forme d’épingle. Il se tenait devant moi avec une prestance sans pareille. Se dégageais de lui l’aura de Cash. Je plissais les yeux comme pour essayer de percer le regard de ce serpent. C’était comme si ce reptile était le guitariste ou que le guitariste était ce reptile. Et, aussi mystique et invraisemblable que ça paraissait, cela me semblait vraiment normal que mon ami ait la forme de son animal fétiche.

Je voulais voir Aria et je savais que ce serpent avait la clé. Il semblait maitre de ce désert. Et il semblait en connaitre toutes les portes d’entrées et de sorties. Il se retourna et je suivais son regard. Une nouvelle dune venait d’apparaitre non loin de nous. Elle était haute si bien que son sommet se perdait dans les rayons lumineux du soleil. Je regardais vers le sommet, ébloui par la lumière ardente de l’astre. Le reptile avança et je le suivis sans un mot. Je regardais tantôt le corps du serpent et, tantôt, le sommet de la dune où j’espérais voir mon Aria. Le reptile n’était pas simple à suivre. Tantôt rapide, son rythme était par la suite plus lent. Perdre sa trace était la dernière chose au monde que je voulais car il devait m’amener voir ma princesse. Je marchais, puis courait essayant de suivre le serpent. La marche fut à la fois longue et court car le temps semblait stagner puis filer à toute vitesse. J’apprenais à chaque pas à m’habituer à ce monde si différent de tout ce que j’avais connu avant.

On gravit ensemble la dune et comme guide, on avait maintenant le soleil. Je marchais dans la trainée du serpent étant un peu à la traine de par ce voyage éreintant remplis de choses nouvelles. Une fois en haut, je sentais dans mes jambes le poids des mètres qu’on avait fait. Etait-ce vraiment des mètres ? N’était-il pas des kilomètres entiers ? J’en savais rien… Mais malgré tout ça, un sourire de satisfaction immense se dessina sur mon visage. Je voyais le feu. Il formait un mur qui semblait impénétrable. Mais j’avais l’impression que derrière ce dressait tout un monde majestueux. Un monde où, d’ici, je pouvais sentir l’aura de mon Aria. Elle était de l’autre côté. Du côté de ce monde. De mon monde. J’en avais l’intime sentiment.

Je regardai le serpent et il me regarda aussi. Il m’invitait à avancer. Il m’invitait à découvrir ce qu’il y avait derrière la barrière de feu. Bizarrement, je n’avais pas peur. Ni de me blesser, ni même de mourir. J’étais arrivé jusque-là et je n’avais pas l’intention de reculer. J’avançai de quelques pas regardant encore la barrière. Je commençai à distinguer ce qu’il y avait derrière. Je voyais la silhouette d’une femme… Une femme au sourire mystérieux et aux cheveux bruns. Elle m’incitait du regard à traverser.

-Aria…


Pas une question, une affirmation. J’avais reconnu mon Aria en cette jeune femme. Je devais la rejoindre sans plus attendre. Je me retournai vers le serpent et lui souris pour le remercier. J’avançai ensuite vers le mur de feu tendant la main vers les flammes. Le monde n’était qu’à quelques centimètres désormais

-Howard !!

Une voix stridente traversa mes tympans et je me bouchai les oreilles. Elle ne venait pas de la porte vers mon monde, elle venait d’ailleurs. Du ciel… Du sol… Je ne savais pas… La dune sous mes pieds se déroba provoquant une énorme angoisse en moi. Un sentiment désagréable. Je me mis à tomber pris dans un tourbillon de sable. Je ne voyais plus ni le serpent, ni le soleil, ni la porte de feu, ni la silhouette de mon Aria. Bientôt, je ne vus même plus le sable… Il faisait noir…

-Howard, qu’est-ce que tu fous ?

Un trou noir qui commença à se craqueler en rayons de lumière puis tout doucement, je pus reconnaitre les couleurs de la salle de bain que j’avais quitté… J’avais été projeté hors du monde qui m’avait accueilli de la plus brutale des manières. Et devant moi le visage concerné d’une seule personne : Loren… Je peinais à ouvrir totalement les yeux et je n’avais toujours pas totalement conscience de mon propre corps. Tout ce que je sentais c’était un énorme et terrible sentiment de frustration. J’avais Aria devant moi… Et on m’avait arraché à elle pour me ramener au monde de l’ennui total.  

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Mer 30 Déc - 13:56


Boredom Is Boring

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Nous étions arrivé à la frontière entre mon monde, et celui, encore embryonnaire, de Howard. Pour l'instant, il ne pouvait y avoir accès que via mon propre univers. Encore quelques voyages, et il pourrait partir seul en quête de son Aria.

Quant à elle, elle n'appartenait déjà qu'à lui et ce ne fut que lorsqu'il pu la visualiser, lui, que je pus la voir moi aussi. Ils étaient encore séparés par les flammes douce de cet astre immense, mais il l'avait reconnue directement, l'appelant par son unique prénom. C'est ensuite que je croisai le regard reconnaissant de Howard. J'avais tenu ma promesse et lui seul pouvais maintenant aller plus loin. Peut-être, un jour, ce sera lui qui m'invitera dans son monde, quand il l'aura rendu aussi réel que ce que l'on veut nous vendre comme réalité.

Il ne lui restait plus qu'à se lancer. Il lui fallait pour cela s'accrocher à ce qu'Aria représentait pour lui. Cela me semblait sans aucun danger car elle était tout pour lui et il ne risquait pas de se disperser et de se perdre.

Mais alors, une vibration désagréable me fit me retourner. Une voix de femme prononçait avec insistance le nom de Howard, mais ce n'était pas celle d'Aria dont l'expression de surprise était le reflet de celle du batteur. Emprisonnée qu'elle était dans le monde inachevé du rocker de The Burning Fire, elle n'avait pas encore la force d'agir, de retenir le batteur.

Et soudain, la dune englouti Howard, brusquement, sans prévenir. Et ça, c'était dangereux.

Je ne pouvais pas rester là, paisible, allongé dans le désert. Je m'étais trop souvent réveillé aux côté de cadavres d'amis qui n'étaient jamais revenu, qu'ils se soient perdu ou qu'ils ait finalement décidé de rester à tout jamais dans ce qui était désormais devenu leur monde permanent.

Aria avait disparu en même temps que Howard. Sans lui, elle n'était pas.

Mes yeux de reptile se fermèrent sur le désert pour se rouvrir sur un monde flou où le sable chaud avait laissé place à l'or froid de la salle de bain de Daniele Ricci. Mon corps était redevenu celui de l'humain dont mon esprit occupait le cerveau. Seuls mes pupilles avaient encore la forme étriquée du Serpent.

Howard et moi étions toujours allongés dans la baignoire, les yeux mi-clos et nous nous regardions d'un air entendu. Nous étions revenu tous deux de ce voyage bien trop court. Quant à Aria, elle avait laissé place à une jolie jeune femme à l'air plus qu'inquiet, mais dont l'aura était très loin de rivaliser avec celle de la Déesse.

Je souris à Howard, ignorant totalement la jeune femme et ce qu'elle pouvait dire. Seul Howard comptait. Parce que maintenant, Howard savait.

Ce monde n'est pas le seul, et certainement pas le plus fun.

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MessageSujet: Re: Boredom Is Boring (1979)[PV Cash][TERMINE]   Jeu 31 Déc - 12:52


Boredom Is Boring

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La pièce où j’étais brutalement revenu était froide comparé au désert brûlant où résidait le serpent. La baignoire où j’étais affalée était glacée comparé à la barrière de feu derrière laquelle s’était tenue mon Aria. Et je frissonnais d’un seul coup à cause de ce contraste pénible. Je n’étais plus qu’un sale amas de frustration pure. J’avais touché un nouveau monde du bout des doigts avant de tomber dans celui, ennuyeux, de ce que tout le monde appelait le monde réel. Un monde froid, sans âme, sans vie.

Lauren me regardait d’un air concerné alors que mes yeux étaient mi-clos. Elle me parlait, des paroles remplis de reproches et d’inquiétude. Je me détournai d’elle pour poser mon regard sur Cash. Etait-il revenu ? Ou avait-il sombré comme bien d’autre avant lui ? J’espérai sincèrement que mon ami s’en était sorti et, bizarrement, je n’en doutais pas. C’était un expert. C’était le shaman. Il avait ouvert les yeux et un maigre sourire apparu sur mon visage répondant au sien. Ses yeux étaient ceux du serpent. Je voyais le serpent, mon guide, en lui. Il était le serpent, j’en étais convaincu. Il était vivant, j’étais vivant. On était revenue entier.

Ce monde que j’avais touché des doigts me semblait à des années lumières de la salle de bain de Ricci. Et le voyage avait été plus éprouvant que je ne l’aurais imaginé. Mon corps, que je commençais tout doucement à sentir, était endolori comme si j’avais marché des kilomètres. Le voyage valait-il autant de dépense d’énergie ? La frustration me disait non, le visage d’Aria me disait oui. Et je ne savais pas vers où pencher.

Lauren me parlait toujours et je finis par la regarder dans les yeux. Elle se mis à ma hauteur et passa une main dans mes cheveux. Je soupirais prenant la main de Lauren et l’enlevant de mon visage.

-Je vais bien… J’allais bien…

Je marmonnais. J’avais du mal à articuler.

-T’as foutu en l’air tout le fun, là, Lauren…

Synonyme de dégage ? Ouais… Elle soupira, toujours inquiète même si, maintenant que je venais de la repousser, elle se recula un peu pour faire la fille outrée. « Démerde-toi alors! » Elle alla ensuite s’assurer que Cash allait bien avant de s’en aller me traitant d’enfoiré de drogué.

Je regardais à nouveau le guitariste, souriant. Le fun était parti mais ce voyage-là, j’allais m’en rappeler longtemps.    

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